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Rome Mosaïques dans Le Monde Romain Catalogue
Article fait par :Claude Balmefrezol
Mis en ligne le 19/04/2026 à 08:48:07

Les Mosaïque du Monde Romain
Art, techniques et écoles provinciales
Photoscopes par Provincia
De la République au Bas-Empire, Ier siècle av. J.-C. – Ve siècle apr. J.-C.
Introduction : Qu'est-ce que la mosaïque romaine ?
La mosaïque est l'un des arts les plus caractéristiques de la civilisation romaine. Héritée des pratiques grecques et hellénistiques, elle devient sous Rome un véritable langage visuel commun à tout l'Empire, depuis les froides provinces du nord de la Bretagne jusqu'aux rives sahariennes de l'Afrique Proconsulaire. On l'appelle en latin opus musivum — littéralement « œuvre des Muses » — et elle couvre aussi bien les sols des domus aristocratiques que les murs et voûtes des thermes, des basiliques ou des tombeaux.
Ce qui frappe d'emblée dans la mosaïque romaine, c'est sa capacité à conjuguer une technique universelle avec des sensibilités locales profondément distinctes. En étudiant les mosaïques province par province, on découvre non seulement l'histoire de l'art antique, mais aussi la géographie culturelle d'un empire qui laissait aux peuples conquis une large part de leur identité visuelle.
II. Origines et technique
. Les racines grecques et hellénistiques
La mosaïque trouve ses origines les plus profondes dans l'Orient grec des VIIe–VIe siècles av. J.-C., où des galets colorés sont disposés pour former des motifs géométriques sur le sol. La grande révolution technique intervient au IVe siècle av. J.-C., lorsque des artisans grecs commencent à tailler des tesselles qui sont de petits cubes de pierre, de terre cuite ou de verre — permettant une précision infiniment supérieure.
La cité d'Alexandrie, foyer du monde hellénistique, joue un rôle fondateur : c'est là que s'élabore l'opus vermiculatum, une technique ultra-raffinée où des tesselles minuscules (parfois moins d'un millimètre) sont disposées en lignes courbes imitant les contours peints. Les grandes compositions hellénistiques — scènes de chasse, de banquet, paysages nilotiques — seront reprises, copiées et réinterprétées pendant des siècles dans tout le monde romain.
Les techniques romaines
Opus signinum : Le plus ancien procédé romain consiste à mêler des tesselles ou des tessons à un mortier de tuileau (opus signinum) pour former des décors géométriques rudimentaires. Très répandu à l'époque républicaine.
Opus tessellatum : La technique dominante dans les provinces. Des tesselles de taille uniforme (généralement 1 à 2 cm) sont assemblées dans un lit de mortier pour former de grands panneaux décoratifs. Idéal pour les motifs géométriques et les bordures.
Opus vermiculatum : Réservé aux zones centrales figuratives (emblemata), il exige des tesselles microscopiques et un artisanat de très haute qualité. Les ateliers alexandrins et campaniens y excellent.
Opus sectile : Plutôt qu'assemblées, les pièces sont découpées en formes précises (triangles, losanges, disques) dans des marbres précieux. Technique aristocratique, souvent réservée aux sols de prestige.
Opus musivum pariétal : À partir du Ier–IIe siècle apr. J.-C., la mosaïque gagne les murs et les voûtes, surtout dans les nymphées et les fontaines. Les tesselles de verre coloré ou dorées donnent des effets lumineux spectaculaires. Ce procédé sera l'ancêtre direct de la mosaïque byzantine.
Les matériaux
Les tesselles romaines sont taillées dans une grande variété de matériaux : calcaire et marbre blancs ou colorés, basalte noir, pâtes de verre colorées (bleu égyptien, vert, rouge, jaune), feuilles d'or emprisonnées dans du verre transparent pour les fonds dorés tardifs, et parfois des émaux. La provenance des marbres est elle-même un indicateur de statut social : le pavonazzetto de Phrygie, le porphyre rouge d'Égypte ou le cipolin d'Eubée se retrouvent dans les demeures les plus opulentes.
L'organisation du travail : musivarii et pictor
La réalisation d'une grande mosaïque implique une chaîne d'acteurs spécialisés. Le pictor imaginarius conçoit le dessin et prépare le carton (sinopia tracée sur l'enduit). L'ordinator trace la composition sur le mortier frais. Les musivarii, artisans mosaïstes, posent les tesselles, souvent en spécialisant chaque ouvrier : les plus habiles réalisent les visages et les parties complexes, les apprentis s'occupent des fonds. Les ateliers itinérants (officinae) parcourent les provinces en transportant leurs cartons et leurs matériaux, ce qui explique l'homogénéité stylistique parfois surprenante entre des régions éloignées.
Les provinces et leurs écoles
Italia L'Italie et Rome, le foyer de l'art
L'Italie est le berceau de la mosaïque romaine au sens propre, non parce qu'elle l'a inventée, mais parce qu'elle l'a codifiée et diffusée. Les villes du Campanie — Pompéi, Herculanum, Stabies — offrent un panorama exceptionnel des pratiques du Ier siècle apr. J.-C., figées par l'éruption du Vésuve en 79. Les grandes domus pompéiennes combinent des sols en opus tessellatum pour les espaces de circulation et des emblemata en opus vermiculatum pour les triclinia et cubicula.
Rome elle-même concentre les ateliers les plus raffinés. Les Thermes de Caracalla (début IIIe siècle), les Thermes de Dioclétien et le Palatin livrent des fragments de pavement à décors géométriques complexes d'une qualité technique éblouissante. L'atelier romain influence l'ensemble des provinces, notamment via les commandes impériales qui diffusent des modèles dans tout l'Empire.
École de Campanie
Africa Proconsularis — La mosaïque africaine, école reine
L'Afrique du Nord — correspondant grossièrement à la Tunisie actuelle — est sans conteste la région qui a produit le corpus le plus riche, le plus varié et le mieux conservé de mosaïques romaines. Les fouilles de Carthage, d'El Jem (Thysdrus), de Sousse (Hadrumetum), de Tunis-Bardo et de nombreux sites ruraux ont mis au jour des milliers de panneaux, permettant de reconstituer une véritable école africaine.
Cette école se distingue par son invention formelle et sa narrativité. Elle développe dès le IIe siècle un répertoire propre : chasses spectaculaires (venationes) où des fauves affrontent des bestiaires dans l'arène, scènes de la vie maritime avec des pêcheurs et des dauphins, portraits de dominus et domina entourés de leurs terres et de leurs serviteurs. Ce genre du « tableau de domaine » (Herrenbildnis) est une création africaine sans équivalent.
La mosaïque d'Oudna (Uthina) représentant Dionysos, les mosaïques de chasse de la villa de Zliten, ou encore la célèbre mosaïque des Saisons d'El Jem témoignent d'une maîtrise technique et d'une invention iconographique qui rayonneront jusqu'en Sicile et en Sardaigne.
Ecole africaine : caractéristiques
Goût prononcé pour les scènes animées et narratives ; fond blanc ou crème dominant ; bordures à décors de rinceau d'acanthe ; figures dessinées avec un contour appuyé et expressif ; taille des tesselles plus grande qu'en Campanie, donnant un aspect plus « graphique » ; usage fréquent des mosaïques de pavement pour commémorer des évergètes et des notables locaux, avec inscriptions dédicatoires.
C. Mauretania Caesariensis et Mauretania Tingitana — L'extrême-ouest africain
Ces deux provinces — correspondant à l'Algérie occidentale et au Maroc actuels — ont longtemps été considérées comme périphériques dans l'histoire de la mosaïque romaine. Les fouilles récentes à Caesarea (Cherchell), Volubilis et Tingis (Tanger) révèlent pourtant une production locale de grande qualité. Volubilis en particulier a livré une série de mosaïques à thèmes mythologiques (Dionysos, Orphée charmant les animaux, les Travaux d'Hercule) d'une facture soignée, témoignant d'ateliers itinérants venus d'Afrique Proconsulaire.
D. Hispania — L'Espagne romaine, carrefour d'influences
La péninsule ibérique, romanisée très tôt (IIe siècle av. J.-C.),
Elle développe une tradition mosaïstique riche qui combine des apports italiens, africains et orientaux. Les principales capitales provinciales — Emerita Augusta (Mérida), Caesaraugusta (Saragosse), Corduba (Cordoue), Italica (Santiponce) — concentrent les découvertes les plus spectaculaires.
L'école hispanique se caractérise par un goût marqué pour les thèmes mythologiques complexes (Orphée, Dionysos, les Muses, les Saisons), par des compositions en médaillons rayonnants autour d'une figure centrale, et par une gamme chromatique plus contrastée que l'école africaine. La mosaïque dite des Muses de Mérida (IIIe siècle) ou celles de la villa de Carranque illustrent cette tendance à la monumentalité.
Influence orientale en Hispania
Certaines mosaïques de la côte est (région de Carthago Nova / Carthagène) trahissent des influences directement venues de la Méditerranée orientale, notamment par les thèmes isiaque et nilotique, suggérant des connexions commerciales et artistiques directes avec l'Égypte et la Syrie.
Gallia Narbonensis et les autres Gaules
La Gaule romaine, divisée en plusieurs provinces (Narbonensis, Lugdunensis, Belgica, Aquitania), offre un panorama contrasté. La Narbonnaise — la plus anciennement romanisée, avec des villes comme Narbo Martius (Narbonne), Arelate (Arles), Nemausus (Nîmes) et Massalia (Marseille) — absorbe très tôt l'influence italienne et développe des ateliers locaux dès le Ier siècle.
La grande originalité gauloise réside dans la mosaïque dite « de la Loire » ou école des Trois Gaules, centrée sur Lyon (Lugdunum). Cette école, active du IIe au IVe siècle, se distingue par ses fonds noirs contrastant avec des figures blanches ou polychromes, par des compositions géométriques d'une grande rigueur mathématique, et par un répertoire iconographique plus sobre que celui des provinces africaines ou hispanes. La mosaïque du Triomphe de Neptune découverte à Lyon témoigne de cette synthèse entre rigueur formelle et richesse iconographique. En Belgique romaine et dans les cités mosanes, la mosaïque se signale par son adaptation au contexte plus froid : des sols chauds aux motifs géométriques simples, souvent associés à des hypocaustes, dominent dans les riches villae rurales.
L'école de Lyon
L'atelier lyonnais est l'un des rares ateliers provinciaux dont on peut retracer l'activité sur plusieurs générations, grâce aux similarités stylistiques entre les pavements de différentes domus. Ses signatures caractéristiques : fond noir intense, motifs géométriques en opus tessellatum à bichromie tranchée, et insertions de petits emblèmes figuratifs dans des médaillons centraux.
Britannia — La mosaïque au bout du monde romain
La Bretagne romaine est l'une des provinces qui surprennent le plus les spécialistes. Malgré son éloignement, son climat inhospitalier et une romanisation plus partielle que dans les provinces méditerranéennes, elle a produit un corpus de plusieurs centaines de mosaïques, concentrées surtout dans les villae rurales du IIIe–IVe siècle.
L'école britannique se divise en plusieurs groupes régionaux identifiés par les chercheurs. L'école de Durnovaria (Dorchester) privilégie les scènes mythologiques sur fond blanc, avec un dessin linéaire caractéristique. L'école de Corinium Dobunnorum (Cirencester) développe un style plus sophistiqué avec des médaillons en opus vermiculatum. La célèbre mosaïque d'Orphée de Woodchester (IVe siècle) — la plus grande de l'Empire au nord des Alpes — illustre l'ambition artistique de l'aristocratie provinciale britanno-romaine.
Germania Superior et Inferior
Les provinces germaniques, installées le long du Rhin, développent une tradition mosaïstique intimement liée aux exigences pratiques du climat septentrional. Les mosaïques y sont avant tout des sols chauffants, combinés à des hypocaustes dans les thermes militaires et civils. Les grandes villae de la région mosane et rhénane — notamment autour de Trèves (Augusta Treverorum), qui devient au IVe siècle une des capitales impériales — livrent des pavements d'une grande qualité.
La mosaïque de Trèves est particulièrement importante pour comprendre l'art de la fin de l'Empire. Dans le palais impérial et les grandes domus trévires, des ateliers de haut niveau réalisent des compositions à personnifications de provinces, de saisons, ou des scènes mythologiques qui annoncent les conventions byzantines par leur fond d'or et leurs figures hiératiques.
Pannonia et Illyricum Les Balkans romains
Les provinces pannonniennes et illyriennes (correspondant grossièrement à la Hongrie, la Slovénie, la Croatie et la Bosnie actuelles) constituent une zone de transition entre l'Occident latin et l'Orient grec. Les fouilles de Siscia (Sisak), de Poetovio (Ptuj) et de Salone (Salona) révèlent des ateliers locaux fortement influencés par les courants italiens du Ier–IIe siècle, puis, à partir du IIIe siècle, par les apports orientaux.
Graecia Retour aux sources
La province de Grèce (Achaia) occupe une position paradoxale : c'est la région qui a inventé la grande mosaïque figurative hellénistique, mais la production de l'époque impériale y est relativement modeste. Les grandes cités — Corinthe (colonie romaine depuis 44 av. J.-C.), Athènes, Patras — livrent des pavements qui conservent un fort accent hellénisant, notamment dans le choix des thèmes mythologiques et dans la préférence pour l'opus vermiculatum de haute qualité.
Asia L'Asie Mineure, l'Orient Grec
La province d'Asia (côte occidentale de l'actuelle Turquie) est un centre de production majeur, longtemps sous-estimé parce que les fouilles y sont plus récentes. Éphèse, Pergame, Sardes et Aphrodisias ont livré des pavements de tout premier ordre. L'école d'Asie se caractérise par un chromatisme très riche, par une maîtrise exceptionnelle de l'opus vermiculatum pour les portraits et les scènes mythologiques, et par une attention particulière portée aux architectures en trompe-l'œil (perspectives à caissons, colonnades fictives).
L'apport anatolien est considérable pour comprendre la transition entre la mosaïque romaine classique et la mosaïque byzantine : c'est dans les grands ateliers de la côte égéenne que se développe, aux IVe–Ve siècles, la codification du fond d'or et des motifs végétaux en rinceau continu qui deviendront les signatures de l'art de Constantinople.
Syria et Orient Le Levant, laboratoire de l'image
La Syrie romaine est sans doute la région où la mosaïque connaît son développement le plus original et le plus tardif. Antioche sur l'Oronte (capitale de la province), Apamée, Shahba (Philippopolis), et Daphné ont livré des milliers de mètres carrés de mosaïques, dont le dépouillement a occupé les fouilleurs franco-américains pendant tout le XXe siècle.
L'école antiochéenne se distingue par plusieurs traits saillants : un goût prononcé pour les représentations de l'espace architectural (colonnes, arcs, niches), une convention de représentation des visages dite « frontale » qui marque la rupture avec le naturalisme classique, et un répertoire iconographique qui mêle les mythes grecs, les thèmes dionysiaques et des allégories locales (personnifications de fleuves comme l'Oronte ou de villes comme Antioche couronnée de créneaux). La mosaïque de la Chasse de Yahmour et les pavements de Daphné illustrent ces tendances avec éclat.
Antioche et la naissance de l'iconographie chrétienne
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| C'est dans la région syrienne et palestinienne qu'apparaissent, aux IVe–Ve siècles, les premières grandes mosaïques chrétiennes sur sol : représentations du paradis terrestre avec des animaux symboliques, scènes de l'Ancien Testament dans les synagogues (Bet Alfa, Beth She'an), qui coexistent avec des thèmes encore pleinement pagano-romains. Ce double héritage fait de la Syrie un laboratoire unique pour comprendre la naissance de l'art chrétien. |
Aegyptus — L'Égypte, la matrice nilotique
L'Égypte romaine (province à partir de 30 av. J.-C.) est la région qui a le plus influencé l'iconographie mosaïstique romaine dans son ensemble, bien davantage qu'elle n'est productrice de mosaïques. Le thème nilotique — paysages de marécages avec des pygmées, des hippopotames, des ibis, des crocodiles et une faune exotique abondante — est une invention alexandrine des IIe–Ier siècles av. J.-C. qui conquiert l'ensemble du monde romain. La célébrissime mosaïque du Nil de Palestrina (Praeneste), datée du IIe–Ier siècle av. J.-C., est le reflet direct des compositions alexandrines. Alexandria elle-même, grande métropole cosmopolite, abrite des ateliers de très haute qualité, mais les destructions successives de la ville ont considérablement réduit le corpus disponible
Les grandes thématiques
Le répertoire mythologique
Les dieux et les héros grecs constituent le fond commun de l'iconographie mosaïstique romaine. Dionysos / Bacchus — dieu du vin, de la fête et du dépassement de soi — est le personnage le plus représenté, suivi d'Orphée (maître de la musique apaisant les animaux sauvages, puissante métaphore de la civilisation sur la barbarie), de Neptune et de Vénus pour les villas côtières, et de Jupiter pour les espaces officiels. Les Travaux d'Hercule, archétype du héros civilisateur, sont particulièrement appréciés dans les
Les scènes de la vie quotidienne
À côté des grands mythes, la mosaïque romaine capture la vie dans toute sa diversité : combats de gladiateurs dans les arènes, venationes (chasses aux fauves), courses de chars au cirque, scènes de banquet, portraits d'acteurs et de philosophes. Ces représentations ont une valeur documentaire extraordinaire pour comprendre la société romaine.
Le décor géométrique et abstrait
Ne réduisons pas la mosaïque romaine à ses figures : dans la grande majorité des cas, le sol est couvert de motifs purement ornementaux — guilloche (tresse à deux brins), méandre en swastika, damier, losanges enchaînés, fleurs à quatre pétales, étoiles à huit branches, roses des vents. Ce répertoire géométrique, d'une richesse combinatoire inépuisable, est la véritable lingua franca de la mosaïque impériale, commune à toutes les provinces.
La mosaïque tardo-antique et la transition vers Byzance
Entre le IIIe et le Ve siècle, la mosaïque romaine connaît une profonde transformation stylistique qui accompagne les mutations politiques et religieuses de l'Empire. Le naturalisme classique — l'illusion du volume par les ombres, la perspective raccourcie, le rendu de la profondeur — cède progressivement la place à une frontalité hiératique, à des personnages aux yeux démesurément grands tournés vers le spectateur, à des fonds d'or ou d'azur qui abolissent l'espace réaliste.
Cette révolution formelle n'est pas une décadence : c'est une réponse à de nouveaux besoins. L'art chrétien, qui s'empare des basiliques et des baptistères dès le IVe siècle, a besoin d'une image qui ne représente pas le monde tel qu'il est mais tel qu'il devrait être — transfiguré, lumineux, éternel. La mosaïque, avec ses tesselles de verre doré scintillant à la lueur des bougies, est l'outil parfait pour cette nouvelle théologie de l'image. Mausolées de Galla Placidia à Ravenne, baptistère de Naples, basilique de Sainte-Constance à Rome : ces œuvres monumentales du IVe–Ve siècle sont à la fois le testament de la tradition romaine et le premier chapitre de l'art byzantin.
Conclusion : un art universel aux visages multiples
La mosaïque romaine est bien plus qu'un ornement de sol : c'est un document de civilisation d'une richesse incomparable. Elle nous raconte les croyances, les ambitions, les modes de vie et les identités culturelles de millions d'individus répartis sur trois continents et dix siècles d'histoire. Chaque province y apporte sa tonalité propre — la vivacité narrative de l'Afrique, la rigueur géométrique de la Gaule, l'orientalisme sophistiqué de la Syrie, la frontalité expressive de la Grande-Bretagne du Bas-Empire — tout en partageant un vocabulaire formel commun qui est l'une des expressions les plus profondes de ce que Rome a signifié : non une uniformisation du monde, mais une conversation entre les cultures sous le signe d'une civilisation commune.
Aujourd'hui, les musées qui conservent ces chefs-d'œuvre — le Musée du Bardo à Tunis (le plus grand musée de mosaïques au monde), le Musée national romain, le Musée archéologique de Naples, le Louvre, les musées d'Antioche à Hatay — sont les gardiens de cette mémoire fragmentée et éblouissante. Chaque tesselle est un fragment d'une image du monde que Rome a proposée à l'humanité.
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| In Memoriam Alain Houot |
| Nom de la province |
Date de création |
Date de disparition |
Capitale(s) |
Détachée de… |
Démembrée en… |
Statut vers 200 |
Remarques |
| Achaïe Achaia |
146 et 27 av. J.-C. |
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Corinthe Corinthum |
Macédoine (en -27) |
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Province Sénatoriale Proprétorienne |
Rattachée un temps à la Macédoine. Province inchangée au Bas-Empire. |
| Afrique proconsulaire Africa |
146 av. J.-C. |
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Utique Utica puis Carthage Carthago |
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Afrique proconsulaire, Byzacène, Tripolitaine |
Province Sénatoriale Proconsulaire
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Ancienne zone d'influence de Carthage. Province démembrée sous Dioclétien. L'Afrique proconsulaire résiduelle est souvent appelée Zeugitane. |
| Africa nova |
46 av. J.-C. |
27 av. J.-C. ? |
? |
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— |
Province éphémère, créée par Jules César et à nouveau rattachée à l'Afrique proconsulaire par Auguste. Elle couvrait la partie occidentale de l'Afrique proconsulaire ainsi qu'une partie de la Numidie. |
| Alpes cottiennes Alpes Cottiae |
Sous Néron |
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Suse Segusio |
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Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
Ancien royaume client rattaché à l'Empire par Néron. |
| Alpes grées Alpes Graiae |
25-14 av. J.C. |
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Aime Axima puis Moûtiers Darantasia |
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Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
A partir de Septime Sévère, forme la province des Alpes grées et pennines. |
| Alpes maritimes Alpes maritimae |
14 |
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Cimiez Cemenelum puis Embrun |
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Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
Province inchangée au Bas-Empire. |
| Alpes pennines Alpes Poeninae |
IIe siècle |
303 |
Martigny Octodurum |
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Alpes grées et pennines |
Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
Parfois rattachées aux Alpes grées, en particulier à partir de Dioclétien (Alpes grées et pennines). |
| Aquitaine Aquitania ou Gaule aquitaine Gallia Aquitania |
16 |
303 |
Saintes Mediolanum puis Bordeaux Burdigala |
Gaule transalpine |
Novempopulanie, Aquitaine I, Aquitaine II, |
Province Impériale à Légat rang Prétorien |
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| Arabie Arabia ou Arabie pétrée |
105 |
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Bosra |
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Province Impériale à Légat rang Prétorien |
Conquête de Trajan. Une partie de la province est détachée au Bas-Empire et rejoint la nouvelle province de Palestine III. |
| Arménie Armenia |
115 |
117 |
? |
|
|
— |
Conquête de Trajan, abandonnée par Hadrien. |
| Assyrie Assyria |
115 |
117 |
? |
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|
— |
Conquête de Trajan, abandonnée par Hadrien. |
| Asie proconsulaire Asia |
v. 129 av. J.-C. |
|
Éphèse Ephesus |
|
Asie, Hellespont, Lydie, Phrygie I et II, Carie, Îles |
Province Sénatoriale Proconsulaire |
Formé pour l'essentiel de l'ancien royaume de Pergame. Province démembrée sous Dioclétien : une province d'Asie résiduelle subsiste. |
| Belgique ou Gaule belgique Gallia Belgica |
16 |
303 |
Reims Duroctorum |
Gaule transalpine |
Belgique I, Belgique II |
Province Impériale à Légat rang Prétorien |
|
| Bétique Baetica |
27 av. J.-C. |
|
Séville Hispalis |
Hispanie ultérieure |
|
Province Sénatoriale Proconsulaire |
La province d'Hispanie ultérieure, créée en -197, est divisée par Auguste en Bétique et Lusitanie. Province inchangée au Bas-Empire. |
| Bithynie et Pont Bithynia et Pontus |
74 et 63 av. J.-C. |
303 |
Nicomédie Nicomedia ou Nicée Nicaea |
|
Bithynie, Honoriade, Paphlagonie |
Province Impériale à Légat rang Prétorien |
|
| Bretagne Britannia |
43 |
v. 210 |
Colchester Camulodunum |
|
Bretagnes inférieure et supérieure |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
Actuelle Grande-Bretagne. Province conquise par Claude, divisée en deux par Septime Sévère |
| Bretagne inférieure |
v. 210 |
303 |
York Eboracum |
Bretagne |
Bretagne II et Flavie césarienne, peut-être Valentia |
— |
|
| Bretagne supérieure |
v. 210 |
303 |
Londres Londinium |
Bretagne |
Bretagne I et Maxima Caesariensis |
— |
|
| Cappadoce Cappadocia |
17 |
303 |
Césarée de Cappadoce Caesarea |
|
Cappadoce I et II, Arménie I et II, Pont polémoniaque, Diospontus |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
|
| Chypre Cyprus |
58 puis 22 av. J.-C. |
|
Paphos ? |
Cilicie |
|
Province Sénatoriale Proconsulaire |
Détachée de la province de Cilicie, puis confiée à Cléopâtre par Antoine. Redevient romaine après Actium, puis est à nouveau érigée en province séparée par Auguste. Province inchangée au Bas-Empire. |
| Cilicie Cilicia |
102 av. J.-C. |
303 |
Tarse Tarsus |
|
Cilicie I et II, Isaurie |
Province Impériale à Légat rang Prétorien |
Province démembrée par Dioclétien : une province de Cilicie résiduelle subsiste, ensuite divisée en Cilicie I et II. |
| Corse et Sardaigne Corsica et Sardinia |
231 av. J.-C. |
Sous Auguste ? |
Cagliari Caralis |
|
|
— |
Divisée par Auguste en deux provinces équestres de Corse et de Sardaignes. Elles ont par la suite changé plusieurs fois de statut, pour devenir définitivement sous Vespasien deux provinces impériales équestres distinctes. |
| Corse Corsica |
Sous Auguste |
|
Aléria |
|
|
Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
Détachée d'une province républicaine de Corse et Sardaigne. Province inchangée au Bas-Empire. |
| Crète et Cyrénaïque Creta et Cyrenaica |
31 av. J.-C. |
303 |
Gortyne Gortyna |
|
Crète, Libye I, Libye II |
Province Sénatoriale Proconsulaire |
La Cyrénaïque, annexée en -96, et la Crète, annexée en -67, forment à partir de la bataille d'Actium une province unique. Elles sont à nouveau séparées à partir du règne de Dioclétien. |
| Dacie trajane Dacia Felix, puis Trois Dacies Tres Daciae |
107 et sous Marc Aurèle |
129 et v. 270 |
Ulpia Traiana Sarmizegetusa |
|
Dacie supérieure, Dacie inférieure, Dacie Porolissensis |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
Conquête de Trajan. Démembrée sous Hadrien, elle est réunifiée sous Marc Aurèle sous le nom de « Trois Dacies ». Elle est abandonnée sous Aurélien. |
| Dacie aurélienne Dacia aureliana ou Dacie cisdanubienne |
v. 270 |
303 |
Sardique Sardica ? |
Mésie inférieure |
Dacies I et II |
— |
À ne pas confondre avec la province de Dacie. La Dacie aurélienne, détachée de la Mésie dans les années 270, doit son nom au fait qu'elle était peuplée et protégée par des troupes rapatriées de la Dacie transdanubienne. |
| Dacie supérieure Dacia Apulensis |
129 |
Sous Marc Aurèle |
Alba Iulia Apulum ? |
Dacie |
|
— |
Rattachée à la province des Trois Dacies. |
| Dacie inférieure Dacia Malvensis |
129 |
Sous Marc Aurèle |
Romula Malva |
Dacie |
|
— |
Rattachée à la province des Trois Dacies. |
| Dacia Porolissensis |
129 |
Sous Marc Aurèle |
Porolissum |
Dacie |
|
— |
Rattachée à la province des Trois Dacies. |
| Dalmatie Dalmatia |
167 av. J.-C. |
|
Salone Salona |
|
|
Province Impériale à légat de rang consulaire |
D'abord appelée Illyrie, puis renommée Dalmatie au Ier siècle av. J.-C.[2]. Province inchangée au Bas-Empire. |
| Province romaine de l'Égypte Ægyptus |
30 av. J.-C. |
303 |
Alexandrie Alexandria |
|
Égypte Jovia, Augustamnique, Thébaïde I (Arcadie) et Thébaïde II |
Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
Royaume des Ptolémées, annexé par Auguste. |
| Épire Epirus |
Sous Vespasien |
303 |
Nicopolis (Actium) |
Macédoine |
Épire ancienne, Épire nouvelle |
Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
|
| Galatie Galatia |
25 av. J.-C. |
303 |
Ancyre Ancyra |
|
Galatie, Pisidie, Diospontus, partie de la Paphlagonie |
Province Impériale à Légat rang Prétorien |
Royaume client annexé par Auguste. |
| Galice ou Gallécie Callaecia |
? |
? |
Braga Bracara ? |
Hispanie citérieure |
|
— |
Brièvement détachée de l'Hispanie citérieure sous Caracalla. |
| Gaule cisalpine Gallia cisalpina |
81 av. J.-C. |
43/42 av. J.-C. |
Modène Mutina |
|
|
— |
Province annexée en -43/42 à l'Italie (région au statut spécial), dont elles forme les Regiones X et XI. |
| Gaule transalpine Galliae |
51 av. J.-C. |
16 |
Lyon Lugdunum |
|
Aquitaine, Belgique et Lyonnaise |
— |
Conquête de Jules César, organisée en trois provinces sous le règne d'Auguste. |
| Germanie supérieure Germania superior |
Sous Domitien |
|
Mayence Mogontiacum |
Belgique |
Germanie supérieure, Maxima Sequanorum (Séquanaise) |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
Les Germanies n'eurent pas immédiatement le titre officiel de province, mais furent considérées comme des districts militaires en marge de la province de Belgique. Elles n'obtiennent le statut provincial qu'après la révolte d'Antonius Saturninus en 89. |
| Germanie inférieure Germania inferior |
Sous Domitien |
|
Cologne Colonia Agrippina |
Belgique |
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Province Impériale à légat de rang consulaire |
Province inchangée au Bas-Empire. |
| Hispanie citérieure Hispania citerior |
197 av. J.-C. |
303 |
Tarragone Tarraco |
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Baléares, Carthaginoise, Galice, Tarraconaise |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
La Galice a parfois formé (sous Caracalla en particulier) une province séparée. |
| Hispanie ultérieure Hispania ulterior |
197 av. J.-C. |
27 av. J.-C. |
Mérida Emerita |
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Bétique, Lusitanie |
— |
Province républicaine démembrée par Auguste. |
| Illyrie Illyria |
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Voir Dalmatie. |
| Judée Judaea puis Syrie-Palestine Syria Palaestina |
6 av. J.-C. |
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Césarée Caesarea |
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Palestine I, II et III |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
Annexée progressivement entre l'époque de Pompée et celle de Claude. La province de Judée devient sous Hadrien la province de Syrie-Palestine. |
| Lusitanie Lusitania |
27 av. J.-C. |
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Mérida Emerita |
Hispanie ultérieure |
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Province Impériale à Légat rang Prétorien |
Détachée de l'Hispanie ultérieure. Province inchangée au Bas-Empire. |
| Lycie et Pamphylie Lycia et Pamphylia |
43 |
303 |
Patare Patara/Myra |
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Lycie, Pamphylie |
Province Sénatoriale Proprétorienne |
La Lycie est annexée en 43, sous Claude, et incorporée avec la Pamphylie dans une nouvelle province de Lycie et Pamphylie. Les deux régions sont à nouveau séparées sous Dioclétien. |
| Lyonnaise ou Gaule lyonnaise Gallia lugdunensis |
16 |
303 |
Lyon Lugdunum |
Gaule transalpine |
Lyonnaises I et II, puis I, II, III et IV |
Province Impériale à Légat rang Prétorien |
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| Macédoine Macedonia |
146 av. J.-C. |
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Thessalonique Thessalonica |
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Macédoine,Épire, puis Thessalie |
Province Sénatoriale Proconsulaire |
Ancien royaume antigonide de Macédoine. Les provinces d'Épire (sous Vespasien) et de Thessalie (sous Dioclétien) sont détachées de la Macédoine. |
| Maurétanie césarienne Mauritania caesariensis |
40 |
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Césarée de Maurétanie Caesarea |
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Maurétanie césarienne, Maurétanie sitifienne |
Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
Partie orientale de l'ancien royaume de Maurétanie. Divisée au Bas-Empire entre Maurétanies césarienne et sitifienne. |
| Maurétanie tingitane Mauritania tingitania |
40 |
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Tanger Tingis |
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Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
Partie occidentale de l'ancien royaume de Maurétanie. Au Bas-Empire, la partie méridionale de la province est abandonnée. |
| Mésie Moesia |
29 av. J.-C. |
90 |
Kostolac Viminacium |
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Mésies supérieure et inférieure |
— |
Divisée sous Domitien en deux provinces nouvelles. |
| Mésie supérieure |
90 |
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Kostolac Viminacium |
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Mésie I, Prévalitane, Dardanie |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
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| Mésie inférieure |
90 |
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? |
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Mésie inférieure et Dacie aurélienne, puis Mésie II et Scythie |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
La Dacie aurélienne est détachée vers 270. Le reste de la province est à nouveau divisé sous Dioclétien. |
| Mésopotamie Mesopotamia |
115 et 198 |
117 |
? (sous Trajan), puis Nisibe Nisibis |
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Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
Conquise par Trajan, abandonnée par Hadrien et transformée en royaume client (Adiabène). À nouveau annexée et organisée en province par Septime Sévère. Province inchangée au Bas-Empire. |
| Narbonnaise ou Gaule narbonnaise Gallia narbonensis |
Entre -118 et -70[2] |
303 |
Narbonne Narbo Martius |
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Narbonnaise I et II, Viennoise I |
Province Sénatoriale Proconsulaire |
Conquise à partir -120, elle forme la provincia (d'où le nom de la Provence). |
| Norique Noricum |
15 |
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Virunum |
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Norique I et II |
Province Impériale à Légat rang Prétorien |
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| Numidie Numidia |
193 |
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Lambèse |
Afrique proconsulaire |
Numidie militaire, Numidie cirtéenne |
Province Impériale à Légat rang Prétorien |
District militaire sous l'autorité d'un légat propréteur au moins depuis le règne de Claude, la Numidie n'est organisée en province que sous Septime Sévère. Après 313 la capitale est Constantine Cirta |
| Osroène Osrhoena |
195 |
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Carrhes Carrhae, puis Édesse Edessa |
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Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
Province inchangée au Bas-Empire. |
| Pamphylie Pamphylia |
24 av. J.-C. |
43 |
Perge ? |
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— |
Incorporée en 43 avec la Lycie à la nouvelle province de Lycie et Pamphylie. |
| Pannonie Pannonia |
10 |
105 |
Carnuntum |
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Pannonie inférieure, Pannonie supérieure |
— |
Divisée sous Trajan en deux nouvelles provinces. |
| Pannonie inférieure |
105 |
303 |
Budapest Aquincum |
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Pannonie I, Savensis |
Province Impériale à Légat rang Prétorien ? |
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| Pannonie supérieure |
105 |
303 |
Carnuntum |
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Pannonie II, Valeria |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
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| Rhétie Raetia |
15 |
303 |
Augsbourg Augusta Vindelicorum |
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Rhétie I et II |
Province Impériale à Légat rang Prétorien |
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| Sardaigne |
Sous Auguste |
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Cagliari Caralis |
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Province impériale
Gouverneur Rang Equestre |
Détachée d'une province républicaine de Corse-Sardaigne. Province inchangée au Bas-Empire. |
| Sicile Sicilia |
241 av. J.-C. |
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Syracuse Syracusa |
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Province Sénatoriale Proconsulaire |
Plus ancienne province romaine. Inchangée pendant toute la période, ainsi qu'au Bas-Empire. |
| Syrie Syria |
64 av. J.-C. |
197 |
Antioche Antiochia |
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Syrie-Cœlé, Syrie-Phénicie |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
Ancien royaume séleucide, annexé par Pompée. Divisé sous Septime Sévère en deux provinces. |
| Syrie-Cœlé ou Syrie creuse Coelesyria |
197 |
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Antioche |
Syrie |
Syrie-Cœlé, Euphratèse, Syrie Salutaire |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
Divisée à nouveau au Bas-Empire. Une province résiduelle de Syrie-Cœlé est conservée, avec Antioche pour capitale. |
| Syrie-Palestine Syria Palaestina |
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Voir Judée. |
| Syrie-Phénicie Syria Foenice |
197 |
303 |
Tyr ou Émèse |
Syrie |
Phénicie, Phénicie Libanaise |
Province Impériale à légat de rang consulaire |
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| Thrace Thracia |
46 |
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Périnthe Perinthus |
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Thrace, Hæmimont, Europe, Rhodope |
Province Impériale à Légat rang Prétorien |
Royaume client annexé par Claude. Divisée au Bas-Empire : une province résiduelle de Thrace est conservée. |
L'Italie est un cas à part : ce n'est donc pas une province. Disposant d'un statut spécial au Haut-Empire, elle est divisée en onze régions administratives par Auguste. Le statut de ces régions est peu à peu, au cours des IIe et IIIe siècles transformé de manière à ressembler de plus en plus aux provinces. À partir de Dioclétien, au début IVe siècle, l'Italie est découpée en provinces comme le reste de l'Empire. En revanche, Rome (avec la zone de 100 000 pas autour de la ville) a toujours conservé un statut extra-provincial ; il en fut de même pour Constantinople au Bas-Empire.
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| Wikipedia |