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Mosaïque Rome Italie Campanie Stabie Nymphée en Pâte de Verre Villa San Marco Naples MANN
Mosaïque Rome Italie Campanie Stabie Nymphée en Pâte de Verre Villa San Marco Naples MANN
English Translation
Tableaux générés par IA et merci à Patrizio
Historique Voir ICI
History Click HERE
Mosaïque en pate de verre
La découverte et son contexte exact La Villa San Marco— La plus grande villa de villégiature de Campanie
Stabiae est un site encore largement inexploré
La protection des villas partiellement excavées, avec une attention particulière au nymphée de la Villa San Marco, figure parmi les objectifs prioritaires du projet Restoring Ancient Stabiae (RAS).
Stabiae offre la clé pour comprendre comment vivait l'élite, la haute société qui investissait d'immenses ressources pour construire des villas de rêve avec fresques, mosaïques, jardins, nymphées et belvédères pour recevoir ses invités.
La Villa San Marco est notamment remarquable pour être la plus grande villa de villégiature de toute la région de Campanie et le principal site des fouilles de Stabiae. La villa est en excellent état de conservation après avoir été ensevelie sous des mètres de cendres pendant plusieurs siècles.
Stabiae
Stabiae joua un rôle stratégique et commercial important dès l'âge archaïque. La plus grande concentration de villas eut lieu entre la destruction de la ville par Lucius Cornelius Sulla en 89 av. J.-C. et l'éruption du Vésuve en 79 ap. J.-C. Sur le bord nord de la colline de Varano, de nombreuses villae furent construites dans une position panoramique, conçues principalement à des fins résidentielles, avec de grandes pièces d'habitation, des thermes, des portiques et des nymphées magnifiquement décorés.
Pline l'Ancien rapporta que la ville avait été reconstruite après sa destruction et était devenue une station balnéaire pour les riches Romains, avec de luxueuses villas s'étendant sur toute la côte sur plusieurs kilomètres, toutes ayant une superbe vue panoramique sur la baie de Naples.
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Histoire de la villa
La Villa San Marco tire son nom d'une chapelle dédiée à saint Marc construite au XVIIIe siècle à proximité du site. Elle fut découverte entre 1749 et 1754 lors des fouilles bourboniennes, puis étudiée de manière systématique entre 1950 et 1962.
La villa fut bâtie à l'époque d'Auguste. Au Ier siècle ap. J.-C., le noyau d'origine fut agrandi par l'adjonction d'un grand jardin avec portique, d'une loggia et l'aménagement d'une piscine entourée de deux rangées de platanes.
La villa fut édifiée sur deux niveaux dans un style architectural somptueux, l'ensemble de la résidence occupant une superficie de plus de 11 000 m2
Cette villa devait apartenir à Narcisse, un ancien esclave affranchi de l'empereur Claude, devenu l'un des hommes les plus puissants et les plus riches de Rome. Près de l'autel réservé au culte des dieux lares, se trouvent deux socles qui supportaient autrefois un coffre-fort d'une taille particulièrement volumineuse.
Architecture
L'organisation planimetrique de la villa se développe selon un double orientation : la majeure partie du complexe suit le tracé de la colline, avec les espaces les plus représentatifs en position panoramique sur la mer. Le secteur thermal suit en revanche l'orientation de l'implantation urbaine, comme l'attestent les relevés de Carlo Weber de 1759
La villa est organisée en quartiers d'orientation différente : en face, le quartier de la piscine avec le nymphée en demi-cercle et un immense triclinium donnant sur la baie ; à droite, le portique en forme de U dont il manque la galerie droite ; à gauche, le quartier des bains ; en oblique en haut, l'atrium — partie la plus ancienne — donnant sur une rue de l'antique Stabiae.
La piscine et le nymphée qui sont le cœur de la villa
C'est l'élément le plus spectaculaire de la villa. Au centre se trouvait un jardin avec portique, une loggia (galerie supérieure) et surtout une piscine longue et étroite, entourée de deux rangs de platanes et terminée par un nymphée : un hémicycle de 28,50 m de largeur, rythmé par 8 niches séparées par des colonnes engagées et comportant un décor original associant stuc coloré, mosaïque murale et peintures de IVe style
La galerie au nord de la piscine était scandée de médaillons représentant des paysages avec des villas romaines. Si certaines avec leur façade courbe paraissent imaginaires, d'autres ressemblent avec leur portique à la villa San Marco elle-même. Une mise en abyme fascinante : la villa se représentant elle-même dans ses propres fresques.
C'est de ce nymphée que proviennent les célèbres mosaïques en pâte de verre dont nous avons parlé, dont celle représentant l'Enlèvement d'Europe — aujourd'hui au Musée Condé de Chantilly — et Frixus et Hellé au MANN de Naples.
Le complexe thermal
Parmi les éléments les plus significatifs de la villa figurent les thermes privés, avec calidarium, tepidarium et frigidarium. Il est particulièrement intéressant de visiter le caldarium où l'on peut voir un dispositif très efficace pour maintenir l'eau bien chaude .De chaque côté du nymphée se trouvaient des appartements exposés différemment : l'un bien exposé au soleil pour l'hiver, l'autre dans la pénombre pour l'été — une conception climatique sophistiquée typique de l'architecture de villégiature romaine.
La cuisine
La villa compte une immense cuisine où l'on peut encore voir le banc de cuisson l'un des éléments les mieux conservés du site, témoignant de l'organisation des espaces de service dans une grande villa aristocratique romaine.
L'atrium c'est le noyau le plus ancien
L'atrium, décoré d'un socle noir avec centaures et panthères, constitue la partie la plus ancienne de la villa, orientée différemment du reste du complexe et donnant sur une rue de l'antique Stabiae.
Les fresques
L'intérêt premier de Stabiae réside dans ses fresques, issues d'une « grande école de peinture » originale par rapport aux « centres provinciaux » que sont Pompéi et Herculanum. Ces fresques sont à voir principalement au Musée Archéologique National de Naples. Military Factory
Les fresques de la Villa San Marco décorent les murs des pièces, représentant des scènes mythologiques et des paysages. La villa compte un grand nombre de pièces dont certaines étaient décorées de magnifiques fresques, sculptures et mosaïques qui n'ont rien à envier à celles découvertes à Pompéi et Herculanum.
Le projet RAS
Depuis les années 2000, le projet Restoring Ancient Stabiae (RAS), collaboration italo-américaine, s'attèle à la conservation et à la mise en valeur du site. La Villa San Marco et son nymphée constituent les priorités absolues de ce programme.
| Critère |
Valeur |
| Superficie |
11 000 m² — l'une des plus grandes villas de Campanie |
| Construction |
Époque augustéenne, agrandie au Ier s. ap. J.-C. |
| Propriétaire probable |
Narcisse, affranchi de l'empereur Claude |
| Nymphée |
Hémicycle de 28,50 m — 8 niches décorées |
| Piscine |
Longue piscine entourée de platanes |
| Thermes |
Complexe complet : calidarium, tepidarium, frigidarium |
| Fresques |
École de peinture originale de Stabiae |
| Mosaïques dispersées |
Chantilly, Naples (MANN) |
| Fouilles |
1749-1754 (Bourbons), 1950-1962 (D'Orsi), en cours |
| Accès |
Gratuit, Castellammare di Stabia |
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On entre dans un grand jardin à portiques avec une piscine monumentale et un véritable nymphée avec des stucs sur le mur en hémicycle. Les pièces disposées de chaque côté du jardin, destinées au repos ou à la conversation, étaient somptueusement ornées.
Sur le côté sud de la grande portique avec piscine se trouvait un mur courbe (nymphée) subdivisé en huit exèdres plaquées de stucs polychromes, de motifs architecturaux et de vues animées, faisant office de façade scénique pour la piscine. Les niches centrales contenaient des mosaïques représentant
L'Enlèvement d'Europe et Frixus avec Hellé. C'est donc précisément de ce nymphée de la Zone 64 de la Villa San Marco que provient la niche en pâte de verre
Le destin dispersé des mosaïques du nymphée
C'est ici que l'histoire devient particulièrement fascinante et tragique pour l'unité du site.
La mosaïque centrale représentant Europa sur le taureau, découverte le 23 avril 1752, se trouve aujourd'hui au Musée Condé de Chantilly, Une reproduction de cette mosaïque peut être vue dans la salle 12 de la villa.
La mosaïque de Frixus et Hellé, elle, se trouve aujourd'hui au Musée Archéologique National de Naples (MANN).
La pratique bourbonienne du XVIIIe siècle était systématique : les archéologues bourboniens procédaient au détachement et à l'exportation des fresques et mosaïques jugées les plus précieuses, laissant des « béances » ouvertes dans les murs.
Heureusement, des recherches modernes ont permis de récupérer certaines de ces décorations et d'en ramener quelques-unes sur le site. Les autres sont conservées dans divers musées, dont le Musée Archéologique National de Naples.
Les huit niches du nymphée — Zone 64
| Niche |
Décoration |
Localisation actuelle |
| Niche centrale SE |
Mosaïque : Europa sur le taureau |
Musée Condé, Chantilly (OA123) |
| Niche centrale NO |
Mosaïque : Frixus et Hellé |
MANN Naples |
| Niche 8 |
Stuc : Le chasseur (Diana et Actéon) |
In situ (partiellement) |
| Niches 1-7 |
Stucs polychromes, motifs architecturaux |
In situ / dispersées |
| 10014 |
Niche en pâte de verre |
MANN Naples |
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La pâte de verre dans ce contexte précis
Mais avant voyons ce qu'est la mosaique en pate de verre
La pâte de verre serait une technique pratiquée il y a trois mille ans en Égypte, avec des preuves de son utilisation à Rome et en Chine il y a des millénaires. L'art fut ensuite perdu et oublié, avant d'être relancé en France pendant la période Art Nouveau.
Le verre mosaïqué fut largement pratiqué dans le monde antique dès le IIIe siècle av. J.-C. par les verriers hellénistiques et romains, mais ses origines bien plus anciennes remontent à la civilisation mésopotamienne.
Pline et d'autres écrivains de l'Antiquité rapportent que l'on couvrait alors les murs et les plafonds de pavés de pâte de verre de diverses couleurs. La maîtrise de l'art du verre par les artistes de l'Antiquité à Rome était telle qu'ils étaient capables d'employer alternativement du verre opaque et du verre transparent sur des pièces décoratives, et ils étaient très habiles dans l'imitation des pierres fines.
Les ingrédients de base
Pour faire fondre la silice à basse température, les Romains utilisaient de la
Les trois composants fondamentaux étaient donc :
| Composant |
Rôle |
Source |
| Sable siliceux |
Base vitreuse |
Plages, rivières |
| Natron / soude |
Fondant (abaisse la température de fusion) |
Égypte (Wadi El Natrun) |
| Chaux / magnésie |
Stabilisant |
Sable de plage, roches calcaires |
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3. Les colorants
Les Romains utilisaient des colorants pour donner au verre une couleur spécifique. Le processus de production commençait dans de grandes installations contenant de grands fours et des réservoirs géants où le verre fondu était versé, puis distribué en petits morceaux à des unités de production plus petites à travers l'Empire.
Les principaux colorants utilisés étaient des oxydes métalliques :
| Couleur |
Colorant |
Oxyde/Minéral |
| Bleu profond |
Bleu égyptien |
Cuprorivaïte (silicate de cuivre et calcium) |
| Bleu cobalt |
Cobalt |
Oxyde de cobalt |
| Vert |
Cuivre |
Oxyde de cuivre (CuO) |
| Rouge / brun |
Fer |
Oxyde de fer (Fe?O?) |
| Jaune |
Antimoine + plomb |
Antimonate de plomb |
| Blanc opaque |
Étain |
Oxyde d'étain (SnO?) |
| Noir |
Manganèse |
Oxyde de manganèse |
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ganèse + cobalt |
Mélange d'oxydes |
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Le Bleu Égyptien; C'est la couleur reine des nymphées
Il est obtenu par un mélange de sable siliceux, de calcium, de cuivre et de fondants comme des cendres végétales, porté à haute température (autour de 900°C) pendant 24 à 48 heures. Le produit final se présentait le plus souvent sous forme de petites boulettes de deux à trois centimètres de diamètre. Des ateliers italiens fabriquaient du bleu égyptien, notamment dans la région de Naples, en Campanie, d'où il était exporté vers les autres régions d'Europe.
Le bleu égyptien était produit par cuisson d'un minerai de cuivre — silicate de calcium cuivre CaCuSi?O?? — avec un fondant, des sables siliceux et des roches calcaires, ce qui en fait une sorte de verre coloré. Il est considéré comme le premier pigment synthétique de l'histoire. Vitruve le mentionne sous le nom de cœruleum, mais aussi de « bleu d'Alexandrie », « bleu vestorien » ou « bleu de Pouzzoles ».
La fabrication des tesselles
La mise en œuvre de pièces en verre mosaïqué exigeait plusieurs étapes successives. La première consistait à étirer des baguettes de verre puis à les tronçonner en petits morceaux. Ces rondelles, qui pouvaient être de couleurs et de dessins différents, étaient disposées sur un support de céramique. L'ensemble était porté au four pour obtenir un disque homogène. Après cette étape de fusion venait une étape de thermoformage au cours de laquelle le disque était mis en place sur une forme préfigurant l'état final de l'objet.
Le processus complet de fabrication des tesselles se déroulait en plusieurs étapes :
Étape 1 — Fusion : les matières premières (sable, natron, chaux, colorants) sont chauffées ensemble dans un four à 1 000-1 200°C jusqu'à obtention d'une masse vitreuse homogène.
Étape 2 — Formage : la masse en fusion est coulée ou soufflée en plaques, baguettes ou lingots selon l'usage prévu.
Étape 3 — Découpe des tesselles : les plaques refroidies sont découpées en petits cubes — les tesselles — à l'aide d'un ciseau et d'un marteau (en latin tesserae = petits cubes). Pour la mosaïque murale des nymphées, elles étaient souvent très petites (5 à 15 mm de côté).
Étape 4 — Dorure (optionnel) : pour les tesselles dorées, une feuille d'or était prise en sandwich entre deux couches de verre fondu — technique visible dans les mosaïques byzantines ultérieures.
La mise en place
La mise en œuvre de la mosaïque en pâte de verre différait selon le support et la destination :
Pour les sols (opus tessellatum) Le mosaïste travaillait sur un lit de mortier composé de trois couches successives :
Le statumen : couche de base en pierres et moellons
Le rudus : couche intermédiaire de mortier grossier
Le nucleus : couche fine de mortier de finition sur laquelle les tesselles étaient posées
Pour les murs et nymphées (opus musivum) Les Romains se servirent des tesselles en verre essentiellement pour les bassins et les fontaines, afin de donner un bel aspect à l'eau grâce à la réfraction de la lumière
Pour les parois verticales comme les nymphées de la Villa San Marco, la technique différait :
Le mortier était appliqué en couches successives sur le mur
Les tesselles étaient enfoncées dans le mortier encore frais en biais — légèrement inclinées — pour maximiser la capture et la réflexion de la lumière
Des coquillages et des fragments de pierre ponce volcanique étaient souvent intégrés entre les tesselles pour accentuer l'effet de grotte marine
L'inclinaison des tesselles c'est la que reside tout le secret de la lumière
C'est le détail technique le plus fascinant de la mosaïque en pâte de verre pour nymphées. Les tesselles n'étaient pas posées à plat, mais inclinées à des angles différents selon leur position dans la composition :
Les tesselles du fond étaient légèrement inclinées vers le bas pour refléter la lumière vers le spectateur Celles des côtés étaient inclinées latéralement Cette disposition créait un scintillement changeant selon l'angle d'observation et la source lumineuse soleil, torches ou reflets de l'eau
C'est précisément pour cette raison que les nymphées en pâte de verre étaient si recherchés : ils transformaient la lumière naturelle en un spectacle de miroitements perpétuellement changeant, imitant le fond d'une source sacrée ou d'une grotte sous-marine.
La palette des nymphées vésuviens
Les mosaïques de nymphées comme celles de la Villa San Marco employaient une gamme chromatique précise et codifiée :
CouleurEffet recherchéPlacement typiqueBleu égyptien profondEau, ciel, profondeur marineFond des nichesVert cuivreVégétation aquatique, alguesBorduresBlanc opaqueÉcume, lumièreRehauts et sailliesJaune/orLumière solaire, richesseFilets décoratifsRouge/brunTerre, corps des personnagesScènes figuréesNoir Contours, ombres Délimitation des motifs
La renaissance de la pâte de verre — De Murano à l'Art Nouveau
Ce type de verre fut remis en pratique à la fin du XIXe siècle par le verrier vénitien Vincenzo Moretti, dans le courant de redécouverte du verre antique.
C'est cet esprit d'innovation qui poussa la Maison Daum à investir dans la méthode de la pâte de verre coulée en 1906. Au début du XVIIIe siècle, la pâte de verre avait connu un regain d'intérêt, le duc d'Orléans encourageant la redécouverte de la technique et suivant les recherches du chimiste Hamberg.
La pâte de verre aujourd'hui
Les pâtes de verre ont été utilisées dans la mosaïque depuis l'Antiquité. Les artisans mosaïstes les utilisent aujourd'hui pour leur éclat et leur durabilité. Teintées dans la masse, elles présentent une luminosité et une brillance qui reflètent la lumière de manière unique, et peuvent être coupées avec une pince Zag-Zag ou une pince à molette de type Leponitt.
Les grandes manufactures actuelles — notamment Murano en Italie et Briare en France — perpétuent cette tradition millénaire en produisant des tesselles en pâte de verre aux couleurs infiniment variées, utilisées aussi bien pour les mosaïques artistiques contemporaines que pour la restauration des mosaïques antiques.
La niche en pâte de verre fait partie du nymphée, dont les tesselles de verre coloré jouaient un rôle crucial : reflétant la surface de la grande piscine (environ 30 mètres de long) qui s'étendait devant, elles créaient un effet de miroitement entre l'eau réelle et l'eau évoquée par les couleurs — bleu égyptien, vert, blanc irisé — de la mosaïque. Le propriétaire et ses invités, déjeunant ou se reposant dans le jardin portiqué, voyaient ainsi se fondre piscine et nymphée dans un continuum visuel somptueux.En résumé, la niche RF 10014 est un fragment rescapé du programme décoratif le plus ambitieux de la Villa San Marco — ce nymphée semi-circulaire à huit exèdres qui servait à la fois de toile de fond mythologique à la grande piscine et de symbole ostentatoire de la richesse et du raffinement de son propriétaire.
Dans l'architecture romaine, le nymphée (nymphaeum) était une fontaine monumentale ou un espace décoratif consacré aux Nymphes divinités des eaux. Dans les maisons privées de Pompéi et Herculanum, il prenait la forme d'une niche ornementale avec fontaine, placée dans le jardin ou le triclinium d'été (salle à manger extérieure), destinée à rafraîchir l'atmosphère et à créer une atmosphère de grotte enchantée.
Il faut savoir qu' un nymphée est composé d'une niche centrale en arc de cercle flanquée de deux niches rectangulaires, décoré de mosaïques
Signification sociale et culturelle
La présence d'un tel nymphée dans une maison romaine n'était pas qu'un caprice décoratif c'était un marqueur de statut social fort.
Les grandes grottes artificielles (nymphaea) des villas impériales et des jardins d'élite de la renaissance comme la Villa d'Este ou le Jardin de Boboli
Le Ninfeo di Egeria — la célèbre grotte artificielle romaine
La capacité du propriétaire pouvoir avoir l'eau courante dans sa maison était un luxe considérable à l'époque
Le triclinium d'été, avec son nymphée, ses mosaïques et ses peintures de jardins, transformait un espace ordinaire en une véritable miniature de villa, où les habitants pouvaient dîner comme leurs pairs les plus distingués.
La technique de la pâte de verre
Les pièces en pâte de verre se caractérisent par leurs couleurs brillantes qui reflétaient la lumière du soleil et de l'eau dans les jardins et les nymphées. Cette technique consistait à utiliser de petites tesselles (cubes) en verre coloré fondu — souvent en bleu égyptien (Egyptian blue, le premier pigment synthétique de l'histoire), en vert, rouge, jaune et blanc — pour créer des mosaïques aux reflets chatoyants.
La pâte de verre était particulièrement adaptée aux nymphées pour une raison essentielle : ses propriétés réfléchissantes. Lorsque l'eau d'une fontaine scintillait devant la niche, les tesselles de verre renvoyaient la lumière dans toutes les directions, créant un effet de miroitement magique qui imitait le fond d'une grotte sous-marine ou d'une source sacrée.
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Niche de Nymphée — Villa San Marco, Stabiae
est il en pae de verrre Oui, partiellement car en regardant attentivement l'image, on distingue plusieurs matériaux différents :
Pâte de verre — visible principalement dans la niche centrale en arc de cercle (le fond bleu profond caractéristique du bleu égyptien en pâte de verre) et dans certains rehauts colorés des bordures. La brillance particulière de ces zones trahit la nature vitreuse des tesselles.
Tesselles de pierre et de marbre — les grandes zones rouges, brun-terre et blanches des encadrements architecturaux sont probablement en marbre coloré ou en calcaire teinté, avec une surface moins brillante que la pâte de verre.
Tesselles mixtes — les zones dorées et les motifs végétaux combinent probablement feuilles de métal (or ou dorure) enchâssées dans la pâte de verre, selon la technique romaine classique.
Descriptif détaillé
La bordure extérieure
Le cadre périphérique présente une succession de médaillons circulaires des roues à rayons alternant avec des motifs géométriques en noir, blanc et gris formant une frise continue sur les quatre côtés. Cette bordure en opus tessellatum géométrique encadre l'ensemble comme un tableau. Les tonalités grises et blanches créent un effet de trompe-l'œil imitant un encadrement architectural en marbre.
Les colonnes latérales
De chaque côté de la niche centrale, deux colonnes engagées de couleur rouge brique structurent la composition verticalement. Elles sont surmontées de chapiteaux stylisés et reposent sur des bases. Entre les colonnes et la bordure extérieure, des panneaux rectangulaires alternent le rouge vif et des motifs géométriques en damier noir et blanc imitant des placages de marbre précieux.
Le fronton et l'architrave
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La partie supérieure présente un entablement architectural richement décoré, avec des motifs végétaux des palmes et rinceaux en jaune doré — sur fond bleu nuit. Au centre trône un motif en palmette ou fleur de lotus stylisée, en jaune or brillant, flanquée de volutes végétales symétriques. Cette zone est particulièrement riche en pâte de verre dorée, les reflets métalliques
La niche centrale en arc de cercle
C'est le cœur de la composition et l'élément le plus spectaculaire. Une niche en plein cintre (arc en demi-cercle) au fond intensément bleu égyptien en pâte de verre crée un effet de profondeur saisissant. L'intérieur de la niche présente une surface légèrement irrégulière et sombre, suggérant que le fond était destiné à recevoir une statuette ou une petite fontaine jaillissante. Le bleu profond de la voûte contraste violemment avec le rouge des colonnes environnantes donnant un effet chromatique délibéré et puissant.
Le registre sous la niche

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C'est le détail le plus charmant et le plus inattendu de cette mosaïque. Sous la niche centrale se trouve un panneau rectangulaire représentant une nature morte animée : on distingue clairement un coq en train de picorer, accompagné de ce qui semble être des fruits ronds (grenades ou pommes) et peut-être un canard ou une perdrix.
Cette scène de genre, traitée avec un réalisme remarquable, contraste avec le formalisme architectural du reste de la composition. Les couleurs ocre, roux, bleu clair du fond sont particulièrement bien conservées.
Les panneaux latéraux inférieurs
De chaque côté du panneau à la nature morte, deux petits panneaux carrés présentent des motifs géométriques en damier ou en résille, dans les tonalités rouges et noires caractéristiques du IIIe style pompéien.
Style et datation
L'architecture peinte en mosaïque — avec ses colonnes, son entablement, sa niche en plein cintre et ses panneaux polychromes est typique du IIIe style romain (environ 20 av. J.-C. 50 ap. J.-C.), caractérisé par des architectures élancées et irréelles, des fonds monochromes et une grande richesse décorative. La présence du motif de palmette centrale et des rinceaux dorés confirme cette datation augustéenne ou du début du Ier siècle ap. J.-C.
En regardant attentivement la surface, on peut observer
Les tesselles de tailles variables — très petites dans les zones de détail (la nature morte, les palmettes dorées) et plus grandes dans les zones unies (le fond bleu de la niche)
La légère irrégularité de surface caractéristique des tesselles posées à la main dans le mortier frais
Les zones de restauration modernes, légèrement plus régulières et moins patinées que les zones antiques
L'encadrement en marbre gris moderne qui présente la pièce au musée comme un tableau — cadrage bourbonien typique du XVIIIe siècle
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