Mosaïque Opus Sectile Rome Italie Basilique Bassus Rapt Hylias Rome Massimo









Mosaïque Opus Sectile  Rome Italie Basilique Bassus Rapt Hylias Rome  Massimo
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Panneaux Opus Sectile Rapt Hylias   Basilique de Junius Bassus · IVe siècle · Musée Massimo et Tigresse Attaquant un Taureau Rapt Hylias Pompa Consularis

La fiche de l'œuvre

Technique : marbres colorés. Dimensions : 124 × 184 cm
Date : deuxième quart du IVe siècle apr. J.-C. Origine
 Rome, Esquilin — Basilique de Giunio Basso. 

La Basilique de Junius BassusLa basilique de Junius Bassus est une basilique civile de Rome, édifiée par Junius Bassus, consul en 331. Il en reste aujourd'hui un riche décor en opus sectile.
Elle est située sur l'Esquilin, précisément sur le mont Cispius. L'édifice civil est transformé, au milieu du Ve siècle, sous le pape Simplice, en une église chrétienne du nom de Sant'Andrea Cantabarbara.


En B

La Basilique de Junius Bassus — Rome, 331 apr. J.-C.

Le commanditaire

Junius Annius Bassus est un homme politique romain ayant vécu au cours du IVe siècle, sous le règne de Constantin. Il est préfet du prétoire pendant quatorze ans, comme nous l'apprend une inscription découverte sur une base honorifique dédiée en 364 à son fils.
Junius Bassus atteint le consulat pour l'année 331, fonction qu'il cumule avec son poste de préfet. Durant cette même année, il fait construire à Rome, sur l'Esquilin, la basilique qui porte son nom, comme l'atteste une inscription jointe à la mosaïque de l'édifice : Iunius Bassus, v.c., consul ordinarius, propria impensa a solo fecit et dedicavit feliciter — « Junius Bassus, clarissime, consul ordinaire, a construit de ses propres deniers depuis les fondations et dédiée heureusement »

C'est un détail crucial : il s'agit d'une construction entièrement privée, financée sur la fortune personnelle du commanditaire — un acte d'évergétisme typique de l'aristocratie romaine tardive, qui rivalisait de somptuosité pour affirmer son rang.
Son fils Junius Bassus, qui deviendra préfet de Rome, mourra en 359 à 42 ans, converti au christianisme peu avant sa mort. Son sarcophage, aujourd'hui au musée de la Basilique Saint-Pierre au Vatican, est le plus ancien conservé sculpté de thèmes chrétiens. une famille à la charnière exacte entre le monde romain classique et le monde chrétien.

L'édifice
La basilique de Junius Bassus est une basilique civile de Rome édifiée sur l'Esquilin, précisément sur le mont Cispius. Le lieu, à l'est de la basilique Sainte-Marie-Majeure, via Napoleone III n° 3, est actuellement occupé par le Seminario Pontificio di Studi Orientali.

Mesurant approximativement 20 mètres de long sur 14 à 14,5 mètres de large, elle présentait une nef unique avec une abside à l'est, des murs de briques pouvant atteindre 15 mètres de hauteur, et d'élaborés revêtements en opus sectile de pavements et de murs utilisant des marbres importés comme le porphyre phrygien et le jaune numidien (giallo antico)
Pour reconstituer visuellement le bâtiment aujourd'hui disparu, les chercheurs disposent notamment d'un dessin d'élévation de la fin du XVe siècle par Giuliano da Sangallo et des pages des carnets de Cassiano dal Pozzo, qui montrent des décorations murales aujourd'hui perdues, ainsi que des données archéologiques des fouilles de 1929.

Destin de l'édifice
L'édifice civil est transformé, au milieu du Ve siècle, sous le pape Simplice (468–483), en une église chrétienne du nom de Sant'Andrea Cantabarbara.
Ses derniers vestiges ont été redécouverts et démolis en 1930. Ces fouilles révélèrent également une maison d'époque augustéenne contenant des mosaïques du IIIe siècle à sujets dionysiaques, aujourd'hui exposées au séminaire.

Le programme décoratif en opus sectile
Il s'agissait d'un édifice à abside, pourvu d'un atrium dont les côtés incurvés étaient entièrement couverts de scènes décoratives en opus sectile, sorte de mosaïques en panneaux de marbres et pierres de différentes couleurs, soigneusement découpés.
Les décorations en opus sectile utilisaient des marbres de luxe provenant des carrières impériales de toute la Méditerranée, dont le giallo antico (jaune de Numidie), la serpentine, le porphyre, et des pâtes de verre pour les effets polychromes, souvent fixés avec des crampons de bronze et détaillés par des incisions pour rendre des textures comme la fourrure ou le sang.

Les panneaux conservés  sont dispersés entre les Musées Capitolins et le Palazzo Massimo alle Terme forment un ensemble cohérent :
. Les tigres et le veau  deux versions symétriques, probablement arrangées pour encadrer un espace particulier de la basilique  sur fond de porphyre noir absolu.
. Le processus consularis  procession d'entrée en fonction consulaire de Junius Bassus lui-même
avec cavaliers et factions du cirque, véritable autoportrait politique en marbre.
. Hylas enlevé par les Nymphes  le plateau circulaire montre une scène mythologique avec Hylas enlevé par les Nymphes. Le plateau est curieusement bordé d'un napperon orné de broderies d'inspiration égyptienne, nommé velum alexandrinum (« voile alexandrin ») par les commentateurs.

Ce que la basilique nous dit de son époque
La Basilique de Junius Bassus est construite en 331  exactement la même année que le Concile de Nicée, à l'époque de Constantin, quand l'Empire bascule vers le christianisme. Or son programme décoratif est entièrement paien : mythologie grecque (Hylas), scènes de cirque, animaux de combat. Les éléments décoratifs de la basilique illustraient la transition entre l'art romain et chrétien par la fusion des techniques classiques avec des sujets en voie de disparition.
C'est ce moment de bascule  entre deux mondes, deux croyances, deux esthétiques  qui fait de cette basilique l'un des témoignages les plus précieux de l'Antiquité tardive.
Il s'agissait d'un édifice à abside, pourvu d'un atrium dont les côtés incurvés étaient entièrement couverts de scènes décoratives en opus sectile, sorte de mosaïques en panneaux de marbres et pierres de différentes couleurs, soigneusement découpés.
Ses derniers vestiges ont été redécouverts et démolis en 1930 lors de fouilles qui révélèrent également une maison augustéenne contenant des mosaïques du IIIe siècle.

La technique Opus Sectile

L'opus sectile (« appareil découpé ») est une technique artistique ancienne qui utilise des marbres taillés pour la décoration de pavements et de marqueteries. Les plaquettes de marbre ou de pierre de couleur — pouvant aussi inclure du verre coloré, de la nacre ou du métal — sont découpées et assemblées de façon jointive pour constituer un dessin géométrique ou figuratif.
La différence fondamentale avec la mosaïque en tesselles (opus vermiculatum ou tessellatum) est philosophique : au lieu d'accumuler des milliers de petits cubes pour construire l'image, l'opus sectile taille chaque pierre à la forme exacte de la partie du dessin qu'elle doit incarner. Moins de pièces, mais chacune unique. C'est davantage de la marqueterie de marbre que de la mosaïque au sens strict.
Les marbres parmi les plus classiques et précieux de l'Empire romain y forment des scènes figuratives de tigres et lions chassant et de délicates frises de rinceaux, le tout très précisément découpé, jointé et poli.

Le panneau 

La scène représente le Rapt d'Hylas 
Le mythe d'Hylas
Hylas était le jeune compagnon d'Héraclès lors de l'expédition des Argonautes. Parti puiser de l'eau à une source en Mysie (actuelle Turquie), il fut enlevé par des nymphes éprises de sa beauté et entraîné au fond de l'eau, disparaissant à jamais. Ce thème, associé à l'eau et à la séduction fatale, était très populaire dans l'art romain.
Autres mosaiques  représentant ce sujet
Au  Musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal : Un revêtement de sol antique représentant l'enlèvement d'Hylas par les nymphes, acquis en 1903, a été mis en dépôt au Musée Gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal en 1996.

Au centre du panneau est représentée la scène du Rapt d'Hylas. On y distingue trois nymphes. En dessous de la scène centrale court une frise avec de petites figurines dans un style égyptien.

 

Le panneau en opus sectile représentant le rapt d'Hylas par les nymphes, provenant de la basilique de Junius Bassus. L'opus sectile est une technique décorative distincte de la mosaïque : au lieu de tesselles, on y découpe des plaques de marbre coloré en formes précises pour composer l'image, comme un puzzle de pierres précieuses.


 

La scène représente l'enlèvement d'Hylas par les nymphes. Héraclès, lors de l'expédition des Argonautes, lors d'une escale en Mysie, était allé couper un arbre pour remplacer une rame cassée et avait chargé Hylas d'aller puiser de l'eau à une source dans la forêt. Là, les nymphes le trouvèrent si beau qu'elles l'enlevèrent à leur tour, pour lui donner l'immortalité Ce thème était très apprécié dans la décoration des villas romaines car il combinait la beauté érotique, l'eau (idéale pour les triclinia et les nymphées) et la culture grecque, signe de raffinement pour l'aristocratie romaine.

 


 

   


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