Mosaïque Rome Italie Campanie Avella Mosaïque Œdipe et Laïos Naples MAN









Mosaïque Rome Italie  Campanie Avella Mosaïque Œdipe et Laïos Naples MAN 
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La mosaique est en opus tesselatum
La mosaïque "Œdipe et Laïos" — MANN Naples, inv. 139521
La mosaïque provient d'Avella (ancienne Abella en latin), petite ville de Campanie située dans la province d'Avellino, à une trentaine de kilomètres à l'est de Naples. Avella était une cité samnite puis romaine prospère, moins connue que Pompéi mais ayant livré des témoignages archéologiques de grande qualité.

Avella à l'époque romaine
Avella (Abella en latin) est une petite ville de Campanie, située dans l'actuelle province d'Avellino, à une trentaine de kilomètres à l'est de Naples, au pied du mont Avella dans la vallée du Clanio. Sa position lui permettait de contrôler un axe de communication important entre la côte campanienne et l'intérieur des terres samnites.
La ville est d'abord une cité osco-samnite prospère. Elle est mentionnée par Virgile dans l'Énéide parmi les peuples italiques alliés de Turnus — ce qui témoigne de son importance dans la mémoire collective antique. Elle frappait sa propre monnaie en langue osque avant la romanisation.
La romanisation
Après la Guerre Sociale (91-87 av. J.-C.) qui accorda la citoyenneté romaine aux alliés italiques, Abella devient un municipium romain à part entière. Elle s'intègre progressivement dans le réseau urbain campanien, avec ses institutions, ses édifices publics et une élite locale romanisée exactement le type de commanditaire qui pouvait passer commande d'un beau pavement en mosaïque figurée comme notre Œdipe et Laïos.
La ville est surtout connue pour la
Tavola di Avella  une inscription en langue osque sur bronze, document majeur pour la connaissance de cette langue pré-romaine.

 

Des fouilles ont également mis au jour des thermes, des nécropoles et plusieurs maisons aristocratiques romaines, dont provient vraisemblablement notre mosaïque.
Le numéro d'inventaire élevé (139521) confirme qu'il s'agit d'une acquisition ou d'un catalogage tardif au MANN, probablement issue de fouilles ou de découvertes postérieures aux grands chantiers bourboniens du XVIIIe-XIXe siècle.
Description technique
Il s'agit d'un emblema pavimentale — un panneau central de mosaïque de sol  réalisé en tesselles polychromes. Ce type de panneau figuré était incrusté au centre d'un pavement plus simple, constituant le point focal décoratif d'une pièce de réception (triclinium ou oecus). La datation établie par le MANN est la première moitié du Ier siècle ap. J.-C., ce qui correspond au 3e ou 4e style pompéien, période de grande virtuosité dans l'art de la mosaïque campanienne.
La scène représentée

 

La scène illustre l'un des épisodes les plus dramatiques de la mythologie grecque, tiré du cycle thébain : la rencontre fatale sur la route de Delphes entre Œdipe et son père Laïos, roi de Thèbes, que le jeune homme ne reconnaît pas. Selon Sophocle (Œdipe Roi) et les sources antiques, Laïos et son escorte refusent de céder le passage à Œdipe sur un chemin étroit. La confrontation tourne au massacre : Œdipe tue Laïos et ses gardes, ignorant qu'il vient de tuer son propre père — acte qui déclenchera toute la tragédie thébaine.
Ce que la mosaïque montre avec précision
Plusieurs détails iconographiques méritent l'attention des passionnés de reconstitution historique et de maquettisme :
Le char (bige) est tiré par deux chevaux pie au galop, représentés avec un grand dynamisme. La roue à rayons visible dans la partie basse est caractéristique du char de guerre grec et romain léger, très différent du lourd char de combat oriental. Le bouclier rond au sol appartient à l'un des gardes de Laïos  détail narratif précis qui indique que le combat est déjà engagé et que des hommes sont déjà tombés.
La bordure à rinceaux végétaux sur fond sombre encadrant le panneau central est typique des emblemata campaniens du Ier siècle.
Rareté iconographique
La scène d'Œdipe et Laïos en mosaïque est extrêmement rare. Alors que les thèmes troyens (Achille, Hector, Alexandre) sont bien représentés dans l'art pompéien et campanien, le cycle thébain est bien moins fréquent. La confusion initiale avec un combat Achille/Hector est d'ailleurs révélatrice : la composition  char au galop, guerrier debout, bouclier au sol — est exactement la même, car les mosaïstes romains puisaient dans un répertoire de modèles (exempla picta) communs, adaptés ensuite au sujet voulu par le commanditaire.
C'est précisément ce qui rend cette pièce précieuse : elle témoigne de la façon dont un atelier campanien du Ier siècle pouvait adapter une composition iconographique standard à un sujet mythologique moins courant, sur commande d'un propriétaire cultivé d'Avella souhaitant afficher sa connaissance du cycle tragique grec.


 
 
   


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