

|
|
|
Tableau comparatif
|
|
Les Flakscheinwerfer 34 et 37 sont les deux principaux projecteurs antiaériens de 150 cm de la Wehrmacht et de la Luftwaffe pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils équipaient les batteries de projecteurs (Scheinwerferbatterien) chargées d'illuminer les bombardiers de nuit pour la Flak et la chasse de nuit. Caractéristiques communesLes deux modèles reposent sur la même base technique :
Différences entre le Sw 34 et le Sw 37Le Flak-Sw 34 est le modèle initial. Il était orienté manuellement par ses servants à l'aide de volants. Les données de pointage venaient d'un appareil d'écoute (Horchgerät), en particulier du Ringtrichterrichtungshörer, et elles étaient transmises à l'équipage par téléphone ou par des indicateurs. Le Flak-Sw 37 est la version améliorée. Sa principale nouveauté est la commande à distance électrique (Fernsteuerung). Le projecteur pouvait ainsi être asservi directement à l'appareil de repérage, d'abord l'écoute puis, à partir de 1941-1942, les radars Würzburg. La recherche de la cible devenait plus rapide et plus précise. On pouvait aussi amener le faisceau sur l'avion avant même de l'allumer, ce qui préservait l'effet de surprise. Le Sw 37 a également reçu quelques améliorations mécaniques et optiques de détail. EmploiLes projecteurs travaillaient en groupe. Un projecteur maître (Leitscheinwerfer), guidé par le radar, accrochait l'avion, puis plusieurs autres projecteurs convergeaient pour former un « cône » dont l'équipage du bombardier avait du mal à s'échapper. Ils ont notamment servi dans la ligne Kammhuber (« Helle Nachtjagd ») et autour des grandes villes du Reich. Ils ont ensuite été complétés par le Flakscheinwerfer 40 de 200 cm, encore plus puissant. Les valeurs chiffrées ci-dessus (intensité, courant, portée) varient selon les sources. Pour des données précises, les manuels d'époque (D.-Vorschriften / L.Dv.) et les ouvrages spécialisés sur la Flak allemande, comme ceux de Werner Müller, restent la meilleure référence. |
Sonderanhänger 102 et 104 : le transport du projecteur de 150 cmLe principe commun. Les Sonderanhänger (Sd.Ah., « remorques spéciales ») de la Flak ne sont pas des remorques à plateau classiques. Ce sont deux trains roulants indépendants, un avant et un arrière, qui s'accrochent directement sous la charge. C'est la charge elle-même qui fait office de châssis. Une fois en position, on dételle les essieux et on pose l'appareil au sol. C'est le même concept que les Sd.Ah. 201 et 202 de la 8,8 cm Flak. Le Sd.Ah. 102, première génération. Mis au point en 1934, le Flakscheinwerfer 34 était à l'origine transporté sur le Sd.Ah. 102, qui a été progressivement remplacé par le Sd.Ah. 104. Comme vous le précisez, ses deux essieux n'étaient pas suspendus. Cela limitait la vitesse de remorquage et exposait à des chocs un matériel fragile : miroir en verre de 150 cm, lampe à arc, mécanismes de pointage. C'était un vrai défaut pour une arme appelée à se déplacer souvent. Le Sd.Ah. 104, la version standard. Il se compose aussi de deux essieux séparés, avant et arrière, non reliés entre eux, mais cette fois suspendus. Ces essieux peuvent être détachés de l'objet transporté et réutilisés sous différents types de charges. Côté chiffres, le Sd.Ah. 104 pesait 1 830 kg, pouvait porter 2 500 kg et mesurait 6,5 m de long au total. Cette standardisation était son grand atout. Le même train roulant servait sous le groupe électrogène de 24 kW, le projecteur Sw 34, la 3,7 cm Flak 18, le Kommandogerät (télémètre/calculateur de tir) et d'autres charges d'une même catégorie de poids. Le groupe électrogène associé. Le projecteur ne voyageait jamais seul. Son Maschinensatz de 24 kW roulait lui aussi sur Sd.Ah. 104. Un moteur Mercedes-Benz 8 cylindres de 51 ch fournissait 200 A sous 110 V, et le groupe était relié au projecteur par un câble de 200 m. Cet éloignement permettait de placer le groupe électrogène, bruyant, à distance de la position. La mise en œuvre typique. Un semi-chenillé de 12 t Sd.Kfz. 8, avec assez de places pour l'équipage (2 hommes pour le véhicule et 11 pour le projecteur et le groupe), pouvait tracter à la fois le projecteur de 150 cm et le groupe de 24 kW, chacun sur son jeu de Sd.Ah. 104.
|
|
|
|
Vue de face du projecteur montrant le miroir parabolique de 150 cm et la grille de protection en verre cannelé.
|
Les Scheinwerferbatterien (batteries de projecteurs de la Flak)Rôle. Les batteries de projecteurs n'abattaient rien elles-mêmes. Leur mission était de trouver et d'illuminer les avions ennemis de nuit, puis de les suivre, pour permettre deux choses : le tir des batteries lourdes de Flak, qui pointaient alors à vue sur une cible éclairée, et l'attaque des chasseurs de nuit. Elles avaient aussi un effet secondaire recherché : éblouir et désorienter les équipages, et perturber les bombardements. Organisation. Les batteries relevaient de la Luftwaffe, qui contrôlait l'essentiel de la Flak. Elles étaient regroupées en Flakscheinwerfer-Abteilungen (groupes de projecteurs, en général à trois batteries), elles-mêmes rattachées à des régiments de projecteurs. Une batterie comptait typiquement une douzaine à une quinzaine de projecteurs de 150 cm, répartis en sections (Züge) de trois ou quatre appareils. Elle disposait aussi de ses moyens de détection et de liaison : appareils d'écoute puis radars, réseau téléphonique, et parfois quelques projecteurs de 60 cm pour la défense rapprochée. Les effectifs variaient beaucoup selon les périodes et les secteurs. Chaque poste de projecteur. Chaque position regroupait le projecteur (Sw 34 ou 37, plus tard aussi le 200 cm Sw 40), son groupe électrogène de 24 kW placé à distance, et une équipe d'une dizaine d'hommes, qui se remplaçaient par rotation pour tenir des nuits entières. Méthodes d'emploi. Au début de la guerre, la détection se faisait par l'écoute, avec des appareils d'écoute acoustiques qui manquaient de précision. Les projecteurs balayaient le ciel pour chercher la cible. À partir de 1941-1942, le guidage passe au radar Würzburg. Un projecteur maître (Leitscheinwerfer), souvent reconnaissable à sa lumière bleutée, accrochait directement l'avion. Les autres projecteurs convergeaient ensuite sur lui pour former un « cône » dont le bombardier avait beaucoup de mal à sortir. Dans la ligne Kammhuber, de 1940 à 1942, de longues ceintures de projecteurs barraient la route des bombardiers vers l'Allemagne. C'était la « helle Nachtjagd » (chasse de nuit éclairée) : le chasseur attaquait dans la zone illuminée. Autour des villes et des sites industriels, les batteries de projecteurs étaient intégrées aux ceintures de Flak lourde. Elles appuyaient notamment la « Wilde Sau » à partir de 1943, des chasseurs monoplaces qui attaquaient au-dessus des villes, éclairés par les projecteurs, les incendies et les fusées. Personnel. Au fil de la guerre, les hommes aptes au front furent progressivement remplacés par des jeunes Luftwaffenhelfer (lycéens), des membres du RAD, des auxiliaires étrangers et surtout par des femmes, les Flakwaffenhelferinnen. Celles-ci servirent très largement dans les batteries de projecteurs à partir de 1943-1944. Bilan. Face aux raids massifs de la RAF, aux leurres et au brouillage radar (Window, à partir de juillet 1943), l'efficacité des projecteurs déclina. Ils restèrent néanmoins un élément important de la défense du Reich jusqu'en 1945. |
|
Caractéristique
|
60 cm Flakscheinwerfer 36
|
150 cm Flakscheinwerfer 34
|
|
Diamètre du miroir
|
60 cm
|
150 cm
|
|
Type de lampe
|
Lampe à arc auto-régulatrice, montage droit
|
Lampe à arc « Invert », montée tête en bas
|
|
Intensité lumineuse
|
≈ 150 millions de bougies Hefner
|
Très supérieure (portée de détection nettement accrue)
|
|
Portée de détection
|
2 000 à 5 000 m
|
Jusqu'à 8 000 m
|
|
Poids du projecteur
|
≈ 643 kg
|
Nettement supérieur (affût à quatre roues, double suspension)
|
|
Affût de transport
|
Sonderanhänger 51 (2 roues)
|
Sonderanhänger 102 puis 104 (4 roues, suspension à lames)
|
|
Groupe électrogène
|
Maschinensatz 6-8 kW
|
Maschinensatz 24 kW (moteur Mercedes-Benz 8 cyl., 51 ch)
|
|
Emploi
|
DCA légère/moyenne, défense rapprochée
|
DCA lourde, détection longue portée en soutien du 88 mm
|
|
Équipage
|
1 chef + 3 servants
|
Au moins 7 servants (projecteur + groupe électrogène)
|
|
Désignation
|
150 cm Flakscheinwerfer 34 (Flak-Sw 34), aussi appelé Scheinwerfer 34
|
|
Rôle
|
Projecteur de repérage nocturne pour la défense antiaérienne lourde (schwere Flak)
|
|
Miroir
|
Parabolique en verre, 150 cm de diamètre, environ 650 mm de focale
|
|
Lampe
|
Lampe à arc au charbon « Invert » (montée tête en bas), type G 150 K — fabricant Siemens-Schuckert-Werke AG (code d'arsenal « azg »)
|
|
Débattement
|
Rotation sur 360°, hausse de -12° à +192°
|
|
Portée de détection
|
Jusqu'à 8 km, pour des avions volant entre 4 000 et 5 000 m d'altitude
|
|
Affût / transport
|
Sonderanhänger 102 à l'origine (deux essieux non suspendus), puis Sonderanhänger 104 (double suspension à lames, comme visible sur les photos)
|
|
Alimentation électrique
|
Groupe électrogène mobile de 24 kW (Maschinensatz 33 ou 37)
|
|
Équipage
|
Au moins 7 servants pour l'ensemble projecteur + groupe électrogène
|
|
Date de développement
|
1934
|
|
Évolution
|
Modèle amélioré Flakscheinwerfer 37 (Flak-Sw 37), de caractéristiques proches
|