Gironde Soulac Festung Gironde Mündung Süd









Gironde Soulac Festung Gironde Mündung Süd
English Translation
Merci à Christophe 24 pour les photographies
 

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Le Mur
 
La ligne côtière de défense du Nord-Médoc présente des caractéristiques similaires aux autres secteurs du mur de l'Atlantique : une succession de points fortifiés, codifiés et numérotés du nord au sud, qui s'égrènent sur le cordon dunaire et sont séparés de quelques centaines de mètres à près de deux kilomètres.
Des obstacles de plage peuvent compléter le dispositif et l'arrière des positions est protégé par des champs de mines. 
Carte des points fortifiés constituant la ligne de défense côtière



Les positions de défense peuvent être de deux types : 
  • Le "point d'appui" (Stützpunkt) qui regroupe un certain nombre d'ouvrages fortifiés et lourdement armés. Il est destiné à la protection d'un secteur de la côte défini comme étant stratégique et doit interdire toute approche des troupes alliées, côté océan.
  • Le "nid de résistance" (Wiederstandsnest) regroupe lui aussi des ouvrages fortifiés, mais sur un secteur côtier intermédiaire. Son rôle est de contrer une tentative de débarquement et son armement est généralement de calibres et de portées inférieurs.

De rares exceptions mises à part, les ouvrages en béton armé constituant ces positions de défense sont construits à partir de plans types, élaborés et référencés pour les programmes de construction du réseau défensif s'étendant du nord de la Norvège à la frontière franco-espagnole. Ce sont donc des constructions normalisées (Regelbauten) dont la standardisation va jusque dans les équipements des ouvrages eux-mêmes (portes, circuits de ventilation, chauffage, etc...). 
Le secteur codé "Gi sud" (Gi300 à Gi353) n'a pas échappé à cette règle et tous les ouvrages que nous avons inventoriés sur la ligne de côte océane sont, en majeure partie, conformes aux plans normalisés. Certains abris dits "légers" tels que les abris du type "tôle métro" (HWB), les abris sanitaires et autres structures spécifiques non fortifiées ne sont pas concernés par la normalisation de construction.

Par convention, nous répartirons en cinq groupes les ouvrages étudiés sur le secteur :
  • Les casemates qui sont des ouvrages du type "Ständig" (permanent) en béton armé destinés à abriter une pièce d'artillerie, et dotés d'une épaisseur de béton minimum de 2 mètres (murs et toit). Leur plan intègre une chambre de tir avec embrasure et, suivant le modèle, une partie soute à munitions. 
  • Les bunkers qui sont des abris du type "Ständig" (permanent), réalisés en béton armé et dotés d'une épaisseur de béton minimum de 2 mètres (murs et toit), mais dont la destination est toute autre : abri pour personnel, poste de commandement, soute, abri puits, réserve, etc... 
  • Les autres abris... Cette catégorie comprend les abris réalisés d'après des plans normalisés mais dont le renforcement de la construction est inférieur en raison de leur destination (exemple : abri pour citerne à eau), ou ceux classés comme "Verstärkt Feldmäßig" ( "fortifié" "de campagne"), double qualificatif désignant un ouvrage non classé Ständig mais disposant de murs renforcés d'un mètre d'épaisseur.   
  • Les Ringstände et emplacements de tir...  Nous classons dans cette catégorie toutes les structures servant de support pour une pièce d'artillerie ou une mitrailleuse. Ce groupe comprend les plateformes de tir, les cuves d'artillerie, les cuves de DCA (Flak), les tobrouks, etc...
  • Les supports et cuves radars. Cette catégorie regroupe les structures réalisées pour supporter ou abriter un matériel de détection, guidage de chasse, conduite de tir...  
Hormis de rares cas (configuration particulière de terrain), les casemates et les bunkers de plan type, recensés et étudiés jusqu'à présent par notre groupe, correspondent à la classe B (Baustärke B), en matière de protection, c'est-à-dire qu'ils sont dotés d'un toit et de murs de deux mètres d'épaisseur de béton armé pour résister à des tirs directs... selon les critères pris en compte à l'époque. 
 


La Forteresse
 
La pointe du Nord-Médoc dessinée par la rencontre de la Gironde et de l'océan constitue un emplacement stratégique idéal pour contrôler l'approche et l'entrée de l'estuaire.
Cette situation a été bien évidemment exploitée par les Allemands qui ont fait de ce territoire une place fortifiée et lourdement armée à des fins de blocus, le cas échéant, mais également pour contrôler cette porte d'entrée vers la base sous-marine de Bordeaux-Bacalan.
Deux lignes de fortifications
Présentée d'une manière synthétique, la ligne de fortifications occupant le cordon dunaire, face à l'océan entre la Pointe de Grave et Soulac, présente une plus grande densité de positions que sur la partie sud. Il s'agit de points d'appui lourdement armés dont l'implantation est justifiée par la proximité de l'estuaire. Cette ligne de défenses côtières va jusqu'à l'enracinement de la jetée nord où un projecteur sous abri et une casemate de type 506c, armée de sa pièce 4,7 cm Skoda, permettent de protéger l'accès au port Bloc.
Pour compléter le dispositif, deux pièces de 28 cm KBK sur voie ferrée (Eisenbahnbatterie 721) sont placées entre l'océan et la Gironde dès 1942. 
Côté Gironde, un alignement de postes de DCA (Flak) prend place sur la rive estuarienne, de port Bloc à la zone portuaire du Verdon. Cette défense antiaérienne a pour objectifs la protection des deux zones portuaires et des réservoirs de carburant qui sont construits au môle d'escale, ainsi que celle de l'estuaire contre le largage de mines par l'aviation alliée.
implantation des positions défensives

 

 
Un camp retranché
Nous savons que, dès 1941, l'occupant allemand avait prévu de maintenir le contrôle de l'entrée de l'estuaire, même en situation de repli face à une attaque terrestre par le sud. Un projet de fossé antichar reliant l'estuaire à l'océan, barrant ainsi le sud de la pointe de port Neyran à Soulac a donc vu le jour. Initialement, ce fossé devait être bordé par une succession d'ouvrages fortifiés à l'image des positions implantées sur le cordon dunaire, mais l'ampleur des travaux semble avoir amené l'occupant à revoir son projet à l'économie (matériaux et main-d'oeuvre) pour se limiter à une ligne de postes de mitrailleuses en tobrouks ou en nids de rondins.
Partant de l'estuaire, le creusement du fossé antichar n'a pu être achevé et son tracé s'arrête aux Cousteaux, à Soulac. Deux hypothèses sont aujourd'hui avancées afin de justifier l'interruption de ces travaux : Pénurie de carburant pour le fonctionnement des engins et problèmes rencontrés lorsque le creusement a atteint des zones sablonneuses et instables...
 
Enfin, plus au sud, une ligne d'avant-postes partant de la Gironde et rejoignant Montalivet, après avoir contourné Saint-Vivien et Vensac par l'est, constitue le Vorfeld (terrain avancé). Ces positions représentent le premier niveau de résistance pour contrer une attaque terrestre.
 
Ce camp retranché abrite une importante station radar de la Luftwaffe baptisée Vogel (oiseau). Son site principal est la dune du terrier Saint-Nicolas, sur la commune du Verdon, et elle dispose de deux annexes, l'une située juste au nord de la batterie des Arros et équipé d'un radar de type Mammuth  et l'autre,  installée au nord du lieu-dit "Les Cantines".
Cette position, numérotée Gi305, sera le lieu de repli et de résistance acharnée du bataillon Narvick de la Kriegsmarine, lors des combats d'avril 1945.
 
La Festung Gironde sud
Le statut de forteresse "festung" sera attribué au groupe de fortifications concentrées sur la pointe de Grave et défendant l'estuaire de la Gironde sur une directive d'Hitler en 1944. Le surclassement des grands ports est ordonné afin de renforcer leur niveau de protection et les estuaires s'en trouvent aussi concernés. 
C'est ainsi que la pointe nord du Médoc est devenue la "Festung Gironde Mündung Süd" (Forteresse Gironde Rive Sud).
Enfin, il convient d'ajouter que sur la rive nord de l'estuaire, le secteur de Royan a lui aussi été impacté par ces mesures de renforcement et son ensemble de fortifications a constitué la "Forteresse Gironde nord". Ainsi, deux ensembles fortifiés et lourdement armés se faisaient face et barraient l'entrée de l'estuaire de la Gironde.
 
 
 
 
   


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