Allemagne Les Fallschirmjäger Grüne Teufel 2 e partie

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 06/04/2026 à 23:36:58



Allemagne Fallschirmjäger 1935–45   2e Partie
1e partie Voir ICI

L’armement
Armes de poing

 


Chaque Fallschirmjäger portait un pistolet en permanence
C'était parfois la seule arme disponible entre l'atterrissage et la récupération du conteneur de matériel. Le pistolet était aussi le symbole d'autorité des officiers et sous-officiers.
Sa dotation dans les unités était  supérieure à l'infanterie standard car c'était la seule arme disponible entre l'atterrissage et le conteneur de matériel.
Luger P08,
Adopté par l'armée allemande en 1908. Plus de 2 millions produits en 35 variantes. Son mécanisme à genouillère est sensible à la saleté — inconvénient majeur au combat. Néanmoins très apprécié pour sa précision.
Walther P38
Premier pistolet militaire à double action de grande série. Moins élégant que le Luger mais plus fiable, plus facile à produire. La sécurité automatique le rend particulièrement prisé des parachutistes à l'atterrissage.
 PP/PPK
Produit à l'origine en 1929 comme pistolet de police, il fut émis en grand nombre à la Luftwaffe. Les Fallschirmjäger l'appréciaient car sa petite taille et son poids lui permettaient d'être porté sous le harnais — seule arme accessible sans délai à l'atterrissage.
Il y eu aussi des armes de poing de prise comme le Colt 45
Mitraillettes
Le MP 40   Schmeisser était l’ arme  distribuée en plus grand nombre   que dans l'infanterie classique. Certains l'emportaient glissé sous le harnais pendant le saut, malgré les risques.
Conçu par Erma, souvent attribué à tort à Hugo Schmeisser. Sa crosse pliante le rend idéal pour les parachutistes. Distribué aux Fallschirmjäger en quantité supérieure à toute autre unité — parfois 1 pour 4 hommes contre 1 pour 20 en infanterie standard. En Crète (1941), certains le portaient glissé sous le harnais pendant le saut.
MP38
Premier en 1938, il équipa les unités parachutistes lors des campagnes de Pologne et de France. Techniquement identique au MP 40 mais plus cher à produire. Reconnaissable à son crochet sous le canon permettant de le stabiliser sur le bord d'un véhicule.
Fusils, carabines et fusils d'assaut

L'armement individuel standard restait le fusil bolt-action, mais les Fallschirmjäger reçurent des armes spécifiquement développées pour leurs besoins : démontables, pliantes ou semi-automatiques.
Le FG 42 (Fallschirmgewehr 42),

 


C’est l'armement le plus original  développé exclusivement pour eux après les leçons de Crète : semi-auto et full-auto, bipied intégré, chargeur latéral un fusil d'assaut 30 ans avant l'heure, produit à seulement ~7 000 exemplaires.
Karabiner 98k
Version raccourcie du Gewehr 98 de 1914. Porté par les Fallschirmjäger dans les conteneurs de matériel pendant les sauts ils étaient donc temporairement désarmés à l'atterrissage. Certains le remplacèrent par le MP 40 ou le FG 42 pour cette raison
.Gewehr 43
Adopté en 1943, il équipa de nombreux Fallschirmjäger en Normandie et dans les Ardennes. Version améliorée du Gewehr 41. Compatible avec les lunettes de visée ZF 4 en version tireur d'élite. Visible sur plusieurs photos de Normandie (1944), notamment dans les unités du FJR 6.
StG 44  Sturmgewehr  distribué en Fin de guerre .C’est Le premier vrai fusil d'assaut de l'histoire militaire
Distribué aux Fallschirmjäger à partir de 1944, notamment lors des Ardennes. La cartouche intermédiaire Kurz réduit le recul et permet un tir précis en rafale. Modèle conceptuel de tous les fusils d'assaut modernes (AK-47, FAMAS…). Hitler lui donna lui-même son nom après avoir interdit son développement.
Mitrailleuses
La MG 34 puis la MG 42 (jusqu'à 1 500 coups/min) surnommée ll        "Hitler's buzzsaw" tronçonneuse d’ Hitler  par les Alliés,
Elle était en dotation en plus grand nombre  par section que dans les sections classique d’infanterie.car elles étaient des armes  essentielles pour créer une puissance de feu immédiate après l'atterrissage, avant l'arrivée des renforts.
Armes antichar
En l'absence de véhicules blindés propres, les Fallschirmjäger durent développer des solutions portatives pour neutraliser les blindés ennemis
Ces armes allaient du Panzerfaust jetable au RPzB 54 (« Ofenrohr »/Stovepipe), en passant par la mine magnétique Hafthohlladung  pour laquelle il fallait s'approcher au contact du char, mission quasi suicidaire.
Arme antichar jetable — révolution du combat d'infanterie.
Panzerfaust  30 ou  90
Premier antichar jetable moderne — lancé sans recul, guidé par instinct, dangereusement précis à courte portée. Un seul homme suffit pour le mettre en œuvre, ce qui en fait l'arme antichar idéale pour les parachutistes isolés. Le souffle arrière est son principal défaut : interdit en espace confiné. Les Alliés en craignaient l'effet sur leurs Sherman.
RPzB 54 — « Ofenrohr » Réutilisable Panzerschreck 

 


Le « tuyau de poêle » — l'antichar lourd réutilisable des Fallschirmjäger. Inspiré du bazooka américain capturé en Afrique du Nord (1942), le RPzB 54 amélioré est plus puissant que son modèle. Son souffle arrière oblige le tireur à porter un masque à gaz. Surnommé « Ofenrohr » Parfois on trouve aussi le (tuyau de poêle) ou « Stovepipe » par les Alliés. Deux servants sont nécessaires : tireur et chargeur. Très utilisé par les Fallschirmjäger en Italie et dans les Ardennes.
Il y a aussi parfois meme  de 
2,8-cm Raketenwerfer 43  desCanon Anti Char 8.8 cm Raketenwerfer 43 Puppchen et le Canon Sans recul 7.5cm Leicht Geschütz 40 et aussi en tant qu'infanterie des PaK 38  et 40  

 


Hafthohlladung  ou Mine magnétique
Le Fallschirmjäger devait s'approcher au contact du char pour coller la mine sur sa coque, puis fuir avant l'explosion — mission quasiment suicidaire. Hitler lui-même avait institué un ordre spécial pour récompenser les « chasseurs de chars » (Panzerjäger). Très utilisée en Crète et à Cassino pour manque d'armes antichar plus efficaces.
Grenades, mortiers armes spéciales


Stielhandgranate 24 Grenade à manche
Le manche en bois prolonge le bras du lanceur et augmente la portée de 40 %. Armement par traction d'une cordelette dans le fond du manche. Sept grenades peuvent être assemblées en faisceau pour former une Geballte Ladung, utile contre les véhicules blindés légers. Les Fallschirmjäger en portaient plusieurs glissées dans les poches de leur combinaison de saut.
Eihandgranate 39 ou Grenade œuf
Sa compacité permettait de la loger en grande quantité dans les poches de la combinaison de saut (Fallschirmkittel). Les Fallschirmjäger en portaient souvent 4 à 6 sur eux. La fragmentation est moins puissante que la Stielhandgranate, mais son format facilite le transport et le lancer dans des tranchées ou des bâtiments.
Ils ont aussi utilise des lance flammes Flammenwerfer 42 fm W 42
Granatwerfer 36  kurzer duistribué exclusivement aux Fallschirmjäger
Le kurzer Granatwerfer 36 est une version raccourcie et allégée du GrW 36 standard, spécialement développée pour les Fallschirmjäger. Sa légèreté le rend largable dans les containers standard. Appui feu organique de la section, il compense l'absence d'artillerie lourde lors des premières heures après un saut.


Fallschirmjäger-Messer Couteau de gravité
 


Conçu spécifiquement pour le Fallschirmjäger : une main occupée à saisir son voile, l'autre devait couper les lignes de parachute en cas d'urgence. La lame lestée se déploie seule par rotation du poignet, verrouillée par une pression du pouce. Logé dans la poche cuisse droite, il était accessible d'une seule main. Produit par plusieurs fabricants, reconnaissable à son manche bakelite vert.
Il y avait aussi une baionette


A ces equipement il faurt rajouter : le DFS 230  un planeur  En complément des parachutes individuels, les Allemands utilisèrent massivement les planeurs DFS 230 pour débarquer des troupes sans parachute du tout. Ce planeur en bois et toile, remorqué par un Ju 52, pouvait transporter 9 soldats équipés. Il fut utilisé à Eben Emael (1940), en Crète (1941) et lors du raid de sauvetage de Mussolini sur le Gran Sasso (1943)
L'avantage décisif du planeur : les hommes atterrissaient ensemble, armés, regroupés — résolvant d'un coup les trois défauts majeurs du systèmede parachute allemand  RZ. La Sturmgruppe « Granit » d'Eben Emael (85 hommes dans 11 DFS 230) en fit la démonstration la plus éclatante.
Les parachutes allemands 1935–1945

 


Ils sont de plusieurs types   La famille RZ pour  Rückenpackung Zwangsauslösung
Z 1, RZ 16, RZ 20
Tous les parachutes des Fallschirmjäger appartiennent à la famille RZ — abréviation de Rückenpackung Zwangsauslösung, soit « sac dorsal à ouverture forcée ». Le principe est invariable : le parachute s'ouvre automatiquement par un câble statique (Fangleine) accroché à un câble tendu dans l'avion — le sauteur n'a rien à déclencher lui-même. Ce système permet des sauts depuis des hauteurs très basses (dès 75–100 m), réduisant le temps d'exposition au tir ennemi. En contrepartie, il impose une contrainte majeure et fatale : la convergence des suspentes dans le dos, qui rend le parachute impossible à diriger.
RZ 1 1937–1940
Le câble statique de 9 m assure un déploiement complet avant que le sauteur ait chuté de 25–30 m. Mais le RZ 1 causa de nombreuses blessures et plusieurs décès à l'entraînement — ses défauts de conception (harnais glissant, ligne statique mal positionnée) déclenchèrent une révision complète dès 1940.
RZ 16  1940–1942
La principale amélioration est la sangle transversale reliant les sangles d'épaules juste sous les anneaux en D, évitant que les sangles ne glissent lors de l'ouverture brutale. La ligne statique est désormais repliée sur le dessus du sac (et non sur le côté droit comme dans le RZ 1). Ce parachute équipa les Fallschirmjäger lors de la bataille de Crète (mai 1941).
RZ 20 1941–1945
Introduit après les leçons de Crète (1941), le RZ 20 est plus solide et tolère une charge plus lourde. À partir de 1943, la soie se raréfie et le nylon la remplace progressivement. C'est la version utilisée lors des opérations tardives : Ardennes (1944), tentative de saut sur Tito en Yougoslavie (1944). Le défaut fondamental  l'absence de guidage  n'est jamais corrigé.
Le défaut majeur : l'impossibilité de se diriger


Le problème central de tous les parachutes RZ allemands est la convergence des suspentes dans le dos. Contrairement aux parachutes alliés (britanniques, américains) dont les suspentes se rejoignent au-dessus de la tête en un point central permettant de tirer sur les élévateurs pour se diriger, le RZ ne laisse au sauteur aucun contrôle sur sa trajectoire. Il tombe là où le vent le porte. Cette contrainte eut des conséquences tactiques dramatiques, particulièrement lors de la bataille de Crète (mai 1941) : les conteneurs de matériel (armes lourdes, munitions) étaient largués séparément et atterrissaient loin des hommes. Les parachutistes se retrouvaient au sol, momentanément désarmés, incapables de rejoindre leur point de regroupement prévu — et souvent faucardés par les défenseurs avant d'avoir pu récupérer leurs armes.
La solution adoptée : lancer les conteneurs en premier depuis l'avion, pour que les hommes puissent les repérer pendant leur descente et s'en approcher. Mais sans possibilité de se diriger, ce calcul était souvent illusoire.
La supériorité technique des parachutes alliés — notamment britannique (X-Type) et américain (T-5) — était flagrante. Le système de suspentes convergentes au-dessus de la tête permettait au sauteur de tirer sur ses élévateurs, de se diriger, et de se poser debout de façon contrôlée. De plus, les soldats britanniques et américains portaient leurs armes dans un kitbag suspendu sous leurs pieds par une sangle — ils atterrissaient armés.
Les Allemands connurent ces systèmes dès 1940 lors de l'examen du matériel capturé, mais ne modifièrent jamais fondamentalement la conception de leurs parachutes. La raison avancée par les historiens : la décision d'Hitler de renoncer aux grandes opérations aéroportées après la Crète priva ce chantier de toute urgence.
Les conteneurs largables des Fallschirmjäger  Waffenbehälter, Versorgungsbehälter . c’est l'arsenal qui descend du ciel
Pourquoi des conteneurs séparés ?
Le parachute allemand RZ imposait au sauteur de se lancer en avant, bras écartés, dans une posture empêchant tout port d'équipement encombrant sur le corps. Là où les Britanniques et Américains glissaient leurs armes dans un kitbag accroché sous leurs pieds, les Fallschirmjäger ne pouvaient emporter sur eux que leur pistolet, des grenades et leur couteau. Tout le reste fusils, mitrailleuses, mortiers, munitions, matériel radio, vivres  devait être largué dans des conteneurs rigides séparés.
Ces conteneurs constituaient donc l'armement opérationnel réel de l'unité. Les récupérer rapidement, sous le feu, après l'atterrissage, devint l'une des épreuves les plus meurtrières de chaque opération parachutiste allemande.

 


 

Procédure de largage
Chargement et arrimage à bord
Les conteneurs sont arrimés dans la soute ou sous le fuselage du Junkers Ju 52/3m. Chaque appareil emporte en moyenne 12 soldats et 6 à 8 conteneurs selon le type de mission. Les câbles statiques des conteneurs sont accrochés au même câble dorsal que ceux des parachutistes.
Largage des conteneurs en premier
Le Absetzer (dispatcher) éjecte les conteneurs 2 à 3 secondes avant le premier homme. Objectif : que les parachutistes puissent repérer les conteneurs pendant leur propre descente et s'orienter vers eux. En pratique, sans guidage du RZ, cette technique était souvent inefficace — le vent dispersait hommes et conteneurs dans des directions différentes.
Descente  repérage visuel
Pendant les 20 à 40 secondes de descente, le parachutiste tente de mémoriser l'emplacement des conteneurs à bandes colorées visibles sous lui. Il ne peut pas se diriger vers eux — il ne peut qu'espérer que le vent les porte dans la même direction que lui.
Atterrissage  course vers le conteneur
Dès l'atterrissage, le parachutiste dégage son harnais (30 à 60 secondes) et court vers le conteneur repéré. Il est temporairement armé du seul pistolet et de grenades. Cette phase — homme à découvert, semi-désarmé, courant — était la plus meurtrière de toute opération aéroportée allemande.
Ouverture et distribution
Le conteneur s'ouvre par deux loquets latéraux. Les compartiments internes sont retirés et les armes distribuées en 60 à 90 secondes si l'équipe est entraînée. La roulette terminale facilite le roulage du conteneur vers un abri. Les conteneurs vides sont abandonnés sur place en zone de combat.
Recyclage en zone sûre
En Russie (1941–42), les voilures de parachute des conteneurs furent découpées et recyclées en capes de camouflage blanc pour l'hiver. Les coques aluminium servirent à fabriquer des abris et des revêtements de tranchées. Rien n'était perdu.
Marquages couleur des conteneurs


Pour permettre une identification rapide au sol — même de loin, même sous le feu — chaque conteneur portait une ou plusieurs bandes de couleur peintes sur sa surface. Ce code était standardisé à l'échelle de la Fallschirmtruppe.
Ils ont aussi utilisé des 
Remorque Waffenhalter
La tenue du Fallschirmjäger

 


Casque, combinaison de saut, bottes, gants — l'équipement complet du parachutiste allemand en 1939
Fallschirmhelm
Casque parachutiste — Stahlhelm décalotté, rebords supprimés, jugulaires à 4 points
Les rebords sont supprimés pour deux raisons : éviter que le flux d'air au largage soulève le casque et étrangle le sauteur, et éliminer le risque qu'un rebord tranchant coupe une suspente. Le liner à 4 points d'attache est unique — tous les autres casques Wehrmacht ont 3 points. La couleur bleu-gris disparaît dès 1940 au profit du vert feldgrau, puis des couvre-casques camouflés. À partir de 1941, beaucoup de Fallschirmjäger portèrent simplement le Stahlhelm standard de la Wehrmacht.
Fliegerbluse Tunique Luftwaffe à taille cintrée — portée sous la combinaison de saut
Le défaut majeur du 1er modèle : pour aller aux toilettes ou remettre son ceinturon après l'atterrissage, le jäger devait tirer la combinaison jusqu'à la taille, déboucler le harnais, reboucler le ceinturon à l'extérieur, puis remonter. Une opération de 5 minutes sous le feu. Ce problème pratique, aggravé par l'expérience de la Pologne et la Hollande, mena directement au 2e modèle.
Fallschirmkittel 1er modèle  Combinaison de saut — enfile par le bas, jambes intégrales, coton canard vert
La Fliegerbluse est l'une des tuniques militaires les plus élégantes de la guerre — sa coupe cintrée lui valut l'admiration des soldats de toutes nationalités.
 Le badge de parachutiste (Fallschirmschützenabzeichen) y était porté avec une immense fierté — ceux qui ne l'avaient pas obtenu par 6 sauts qualificatifs ne pouvaient pas le porter, même au sein des divisions Fallschirm tardives.
Hosen (pantalon) Gris-vert foncé, ample, attaches cheville — poche cuisse droite pour le couteau


Handschuhe — Gants de vol combat
Contrairement aux gants de vol standard (doublés fourrure), ceux des Fallschirmjäger sont intentionnellement légers pour conserver la sensibilité tactile pendant le saut et au sol. La double fermeture élastique empêche le gant de glisser lors du choc d'ouverture du parachute (qui brusquement tire les bras en arrière). La photographie montre presque systématiquement les Fallschirmjäger les portant jusque dans les tranchées.
Knieschützer — Genouillères Après 1940
L'atterrissage frontal imposé par le RZ projette le parachutiste face au sol à ~5 m/s . Sans protection, les genoux et les côtes absorbent l'essentiel du choc. Le 1er système (trappes internes) était ingénieux mais lent à retirer. Après les blessures des campagnes de 1940, les genouillères externes fixées aux sangles furent généralisées — puis abandonnées sur le terrain dès l'atterrissage pour retrouver de la mobilité.
Fallschirmschnürschuhe Bottes de saut 1er modèle1937–1940
L'ouverture sur le côté de la botte du 1er modèle était censée offrir un meilleur maintien de la cheville pour l'atterrissage — mais elle présentait l'inconvénient de ne pas pouvoir être desserrée rapidement en cas d'urgence. Le 2e modèle (1940) adopte un lacet frontal standard, plus pratique. La semelle caoutchouc crantée offrait une adhérence excellente sur toutes surfaces. En campagne, les Fallschirmjäger portaient souvent les jambières (Marchstiefeln) de la Wehrmacht par-dessus.
Insignes et distinctions de la tenue

 


tableau
Les Divisions
Les organigrammes représentent la hiérarchie complète des Fallschirmjäger, du plus petit au plus grand :
Voici les 11 grandes formations divisionnaires des Fallschirmjäger


:Les trois divisions d'élite (en violet) — 1re, 2e et 3e — sont les seules à avoir réellement été constituées de parachutistes qualifiés. La 1re est la plus décorée de toute la Wehrmacht, avec plus de 40 Croix de Chevalier. La 2e est liée à la légende du général Ramcke en Afrique du Nord et à la défense acharnée de Brest. La 3e se distingue à Saint-Lô en Normandie (juillet 1944) puis dans les Ardennes.
Les divisions de 2e rang (en vert) — 4e à 7e — créées en 1943–1944, comportent de moins en moins de personnel réellement parachutiste. Certains hommes n'ont jamais effectué un seul saut. Elles combattent néanmoins avec compétence comme infanterie motorisée.
Les formations embryonnaires (en gris) — 8e, 9e et 10e — n'atteignirent jamais le niveau de division réelle. Créées dans les derniers mois du conflit, elles furent engagées et détruites avant d'être complètes.Cas à part — la Division "Hermann Göring" (en corail) — formée autour du régiment de police de Göring, elle devint une division blindée à part entière, avec chars et artillerie lourde. Elle n'était Fallschirmjäger que de nom, et combattit principalement en Sicile, Italie et sur le Front de l'Est.

Organigramme des unités

Gruppe (escouade) — 9 à 12 hommes autour d'un Unteroffizier. Un servant MG 34/42, des fusiliers avec Kar 98k et MP 40, un infirmier de combat.
 

 


 

Kompanie (compagnie) — 160 à 200 hommes. Trois pelotons de fusiliers plus un peloton lourd (MG, mortier). Commandée par un Hauptmann ou Oberleutnant.
 


 

Bataillon — 600 à 800 hommes. Trois compagnies de combat plus une compagnie lourde (canons antichar, mortiers 80mm) et une Stabskompanie (PC, radio, pionniers, médecins).
 


 

Fallschirmjäger-Regiment (FJR) — 2 000 à 3 000 hommes. Trois bataillons plus une compagnie lourde de régiment. Commandé par un Oberst. Les régiments les plus célèbres : FJR 1 (Bräuer), FJR 2 (Sturm), FJR 3 (Heidrich), FJR 6 (von der Heydte).
 


Division — 12 000 à 16 000 hommes. Trois régiments d'infanterie plus un régiment d'artillerie, un régiment antichar, un bataillon du génie et les transmissions. Commandée par un Generalmajor. Seules les 1re, 2e et 3e Divisions Fallschirm sont réellement des unités d'élite — les divisions à numéros plus élevés, créées à partir de 1943, n'avaient souvent aucun personnel qualifié parachutiste.
 


Il y avait aussi des aumoniers militaires
 


 

Chronologie des grandes opérations

1940 Danemark · Norvège · Hollande · Belgique
Première utilisation massive : capture des aérodromes d'Aalborg, de Fornebu (Oslo), des ponts de Rotterdam et Moerdijk. Le coup de maître est l'assaut en planeurs sur la forteresse d'Eben Emael (Belgique) par la Sturmgruppe « Granit » du Lt Witzig — 85 hommes mettent hors combat une garnison de 1 200 soldats en quelques heures.
1941 Grèce · Crète
En avril, le FJR 2 coupe la retraite britannique au Canal de Corinthe. En mai, la bataille de Crète (Opération Merkur) est le premier exemple d'une conquête aéroportée d'une île — mais les pertes catastrophiques (plus de 6 000 tués et blessés) convainquent Hitler de ne plus jamais lancer de grande opération parachutiste. Ce sera le chant du cygne de la doctrine.
1941–43  Front de l'Est · Afrique du Nord
Reconvertis en infanterie d'élite, les Fallschirmjäger combattent sur le front de Léningrad, puis en Afrique aux côtés de Rommel avec la Brigade Ramcke. Ils affrontent pour la première fois les conditions extrêmes du désert et de la steppe russe.
1943–44 Sicile · Italie · Monte Cassino
Leur plus glorieuse résistance : la défense du monastère de Monte Cassino par la 1ère Division Fallschirm tient en échec les Alliés pendant des mois (janvier–mai 1944). Opération Skorzeny : des hommes du FJR 7 libèrent Mussolini prisonnier sur le plateau du Gran Sasso.
1944  Normandie · Front de l'Ouest
Le FJR 6 du Major von der Heydte affronte la 101e Division aéroportée américaine à Carentan (juin). Lors de l'offensive des Ardennes (décembre), les Fallschirmjäger participent à la contre-offensive dans le secteur de Bastogne et ralentissent significativement l'avance alliée.
1945 Effondrement final
Annihilation progressive des divisions sur les deux fronts. En mai 1945, les dernières unités — 3e, 5e, 6e, 7e, 8e Divisions Fallschirm — capitulent en Allemagne, en Hollande et en Tchécoslovaquie.
Conclusion
Gloire militaire, ambiguïté morale et héritage durable
En dix ans d'existence, les Fallschirmjäger accomplirent certaines des actions les plus audacieuses de la Seconde Guerre mondiale. Du coup de main sur Eben Emael (1940) — 85 hommes en planeurs neutralisant une forteresse de 1 200 soldats — à la défense héroïque de Monte Cassino (1944) qui tint en échec les Alliés pendant quatre mois, en passant par la conquête de la Crète (1941), leur empreinte sur l'histoire militaire est indéniable.
Mais le paradoxe fondamental de leur histoire tient en une phrase : leur plus grand succès fut aussi leur chant du cygne. La bataille de Crète, victoire à un prix catastrophique — plus de 6 000 tués et blessés en onze jours — convainquit Hitler de renoncer définitivement aux grandes opérations aéroportées. Les Fallschirmjäger, conçus pour sauter, passeront les quatre dernières années du conflit à se battre comme de l'infanterie ordinaire certes d'élitemais cloués au sol.

 

 

   


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