Allemagne Les Fallschirmjäger Grüne Teufel 1e partie

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 06/04/2026 à 23:19:20



Allemagne Fallschirmjäger 1935–45 1e Partie
2e partie Voir ICI

 

Photoscopes
Camouflage 1931 Splittermuster Poncho Bruxelles MRA
1940 Luftwaffe Fallschirmjäger Belgique Eben Emael
1941 Luftwaffe Fallschirmjäger Crete Bruxelles
1941 Lutwaffe Fallschirmjäger Crête Londres
1943 Fallschirmjäger Ropenfeldbluse für einen Gefreiten der Fallschirmjäger bzw fliegende Truppe Italie MTO Paris
1944 Luftwaffe 3. Fallschirmjäger-Division Normandie St Laurent /Mer
1944 Luftwaffe Fallschirmjäger II. Fallschirmkorps Von Heydt Leutnant Opération Stössser Bastogne
1944 Luftwaffe Fallschirmjäger II. Fallschirmkorps Opération Stösser Feldwebel Bastogne
1944 Luftwaffe Fallschirmjäger II. Fallschirmkorps Von Heydt Bastogne
1944 Luftwaffe Fallschirmjäger Normandie Colleville
Fort Eben Emael
Belgique Fort Eben-Emael
Bataille 1940 Fort Eben-Emael : La Chute : Mai 1940

 


Parmi les forces combattantes de la Seconde Guerre mondiale, peu ont autant marqué l'imaginaire militaire que les Fallschirmjäger
 Audacieux, rigoureusement sélectionnés et entraînés au-delà de toute limite, ils furent l'arme secrète du Blitzkrieg aérien, avant de devenir, dans les dernières années du conflit, une infanterie d'élite se battant sur tous les fronts.
Origines et création (1933–1936)
Le rôle de Göring
Hermann Göring, ancien as de la chasse de 14-18, devient  le commande la Luftwaffe reconstituée. Il est donc le témoin des démonstrations parachutistes soviétiques en 1931 et 1935,
Il décide de créer un corps de parachutistes dès 1936, convaincu de leur valeur stratégique.
Mais  si l'idée de troupes aéroportées n'est pas nouvelle  (les Russes et les Italiens en avaient fait la démonstration dès le début des années 1930) c’est l 'Allemagne nazie qui, après la remilitarisation imposée par Hitler en 1935, allait développer cette doctrine de façon la plus aboutie.
La genèse des Fallschirmjäger prend racine dans le Régiment de police prussienne « General Göring », auquel fut annexé un petit noyau parachutiste.
 En janvier 1936, un ordre du jour du Général der Luftwaffe Erhard Milch inaugure officiellement un corps de parachutistes allemands. L'entraînement commence à Döberitz et Altengrabow. En 1937, l'École centrale de parachutisme (Fallschirmschule) est fondée à Stendal sous la direction du Major Gerhard Bassenge.

 


Simultanément, l'Armée de terre (Heer) développe ses propres unités de débarquement aérien (Luftlandetruppen), créant une rivalité institutionnelle entre armée de l'air et armée de terre qui perdurera durant  toute la guerre
Recrutement & sélection
Le recrutement reposait exclusivement sur le volontariat. Les candidats — essentiellement de jeunes conscrits âgés de 17 à 22 ans — répondaient à des affiches de la Luftwaffe ou à des pamphlets circulant dans les casernes. La sélection s'effectuait en plusieurs étapes rigoureuses à Stendal, siège de la Fallschirmschule et de la 7e Division Flieger du Général Kurt Student.L'examen médical éliminait d'emblée
ceux dépassant 85 kg (la limite de portance du parachute RZ 1),
ceux sujets au mal de l'air
Ceux souffrant de vertige avec un test de saut dans un réservoir depuis une tour de 15 m . Ce test servait à identifier les phobiques des hauteurs. Suivaient des épreuves physiques intenses : cross-country chronométrés, parcours d'obstacles, natation
Tout cela était  effectué en équipes pour tester à la fois l'endurance individuelle et l'esprit collectif.
L'entretien oral avec le Major Richard Heidrich constituait l'épreuve décisive. Il cherchait l'initiative, la répartie et cette qualité rare : l'esprit combatif. L'humour n'était pas exclu  à meditere cette réponse d’un  candidat à la question « Pourquoi voulez-vous sauter d'un avion ? » : « Quand la Luftwaffe construira un avion parfait, je n'aurai pas à le faire, mon Commandant. »
Formation : les huit semaines de Stendal
Une fois sélectionnés, les recrues rejoignaient la Fallschirmschule de Stendal pour un programme de huit semaines décrit par un vétéran comme « incroyablement difficile, mais  cela  passait très vite parce qu'on était si sévèrement exercés qu'on n'avait jamais le temps de penser ».
Les quatre phases de la formation
Phase 1
Semaines 1–2
Conditionnement physique intense : callisthénie, course de fond, natation, corps à corps. Tests de leadership et d'initiative individuels.
Phase 2
Semaines 3–4
Instruction aux armes : pistolets, MP 40, MG 34/42, mortiers, armes étrangères capturées. Démontage et remontage les yeux bandés.
Phase 3
Semaines 5–6
Tactiques d'infanterie légère au niveau escouade, section et compagnie. Exercices de franchissement de fortifications avec barbelés réels.
Phase 4
Semaines 7–8
Cours de parachutisme : 6 sauts qualificatifs depuis un Ju 52/3m. Attribution du Fallschirmschützenabzeichen (brevet de parachutiste).
es étapes du saut parachute
Pliage du parachute
Contrairement aux autres armées alliées, chaque Fallschirmjäger pliait  lui-même son parachute assisté d'un camarade de confiance. La voilure (8,5 m de diamètre, 28 fuseaux de soie) est d'abord suspendue sous les toits des hangars pour sécher, puis pliée avec une précision absolue sur de longues tables.
Posture de sortie (suspendu en hangar)
Les recrues s'entraînent suspendues par le harnais sous les rails du hangar d'avions, adoptant la position en étoile prescrite pour minimiser le choc à l'ouverture de la voilure et éviter de s'emmêler dans les câbles statiques.
Simulation de sortie (maquette de porte)
Une maquette grandeur nature de la porte du Ju 52/3m permet de répéter le mouvement : crochetage du câble statique, posture, saut en avant dans la position «planche ». L'ouverture automatique par câble permet des sauts depuis 100–200 m seulement.
Atterrissage et roulade
Le parachute RZ 1 puis RZ 16 ne permettant aucun guidage (point de convergence des suspentes dans le dos), l'atterrissage frontal violent est inévitable : vitesse de 5 m/s. La roulade « sans os » — jambes fléchies, épaules en avant — est entraînée par des sauts sur trampoline, des culbutes et des exercices de chute sur sable.
Récupération et déplacement au conteneur
Les armes lourdes (mitrailleuses, mortiers, munitions) étant largués dans des conteneurs séparés, chaque soldat doit rejoindre son conteneur au plus vite après l'atterrissage — souvent sous le feu ennemi. Cette phase critique coûta beaucoup de vies en Crète (1941).
Brevet et cérémonie
Après six sauts depuis différentes hauteurs et par différentes conditions météorologiques, les recrues reçoivent le Fallschirmschützenabzeichen — badge doré représentant un aigle plongeant sur une couronne de laurier argentée lors d'un défilé dans les rues de Stendal. C'est l'une des distinctions les plus jalousement gardées du Reich.
Esprit de corps & valeurs
Deux piliers formaient l'identité profonde du Fallschirmjäger
: la camaraderie et la chevalerie.
 La camaraderie naissait de la conscience que, après chaque saut, les hommes se retrouvaient seuls derrière les lignes ennemies, à des heures ou des jours des renforts, devant compter uniquement les uns sur les autres.
La chevalerie se manifestait dans un sens de l'honneur combatif que même leurs adversaires reconnurent.
A se mettre en mémoires l'incident de Dépienne (Tunisie, novembre 1942) en est l'illustration : des parachutistes britanniques blessés, sur le point d'être fusillés par des soldats italiens, furent sauvés par un détachement du I Bataillon, 5e Régiment Fallschirmjäger , commandé par le Major Walter Koch — le même qui avait conduit ln'assaut d'Eben Emael deux ans auparavant.


Hitler lui-même avait inscrit dans ses « Dix Commandements » aux Fallschirmtruppen : « Contre un ennemi à découvert, combattez avec chevalerie, mais n'accordez aucun quartier à un guérillero. » Cette distinction, radicale, fut mémorisée — et souvent appliquée telle quelle, avec toute son ambivalence.
Héritage et mémoire
Les Fallschirmjäger représentent à la fois un sommet technique de l'art militaire de leur époque et une profonde ambiguïté historique : soldats d'élite au service d'un régime criminel, ils furent — selon les situations — des adversaires respectueux des conventions de guerre ou des exécuteurs des ordres les plus brutaux (notamment en Crète et en Russie contre les partisans).
Leur legs tactique est immense. Les opérations de 1940–1941 influencèrent directement la doctrine aéroportée américaine et britannique — les 82e et 101e Divisions aéroportées américaines, créées après 1941, s'inspirèrent directement des leçons tirées de leurs succès.
 L'assaut d'Eben Emael reste encore aujourd'hui un cas d'école dans les académies militaires du monde entier.
Mais il y a une face sombre  car il y eu des  crimes de guerre commis  par les Fallschirmjäger
En effet on a des documents textes photos et  jugements de tribunaux de guerre pour parler cette face sombre de  cette unité d'élite engagée dans dans une guerre totale
La réputation des Fallschirmjäger comme adversaires chevaleresques — soigneusement entretenue par la propagande nazie et reprise dans certaines mémoires d'après-guerre — ne résiste pas à l'examen des sources primaires. Si des cas réels de traitement correct des prisonniers sont documentés, plusieurs incidents graves  ertains qualifiés de crimes de guerre par les tribunaux militaires alliés  jalonnent leur histoire opérationnelle de 1941 à 1944.
Il est important de distinguer plusieurs niveaux de responsabilité :
 les actes commis sous ordres directs
 les actes commis dans le cadre de la doctrine nazie de répression des partisans (qui autorisait et ordonnait des représailles collectives)
Lles violences spontanées échappant à tout commandement.
Ces trois types se retrouvent dans les dossiers judiciaires. Comme lors des combats en Crete  30 Officiers furent  condamnés par des tribunaux alliés en  1947 aAnnée du principal procès à Athènes
La Crète (1941)  C’est la partie la plus sombre

Opération Merkur


Cette bataille qui a eu lieu  du  20–31 mai 1941 est le théâtre des crimes de guerre les mieux documentés impliquant des Fallschirmjäger. Les combats y furent d'une violence extrême — les parachutistes subirent des pertes sans précédent, et des civils crétois prirent les armes pour défendre leur île. Hitler et Student réagirent en ordonnant des représailles massives contre la population civile, invoquant la convention nazie qui qualifiait de « francs-tireurs illégaux » tout civil portant les armes, leur refusant ainsi la protection de la convention de Genève.
Kondomari, Crète 2 juin 1941  Victimes civiles : 23 hommes fusillés (premier massacre documenté par photos)
dans ce village  fouillé par des soldats du I Bataillon, 1er Régiment Fallschirmjäger, sous les ordres du Leutnant Horst Trebes les hommes en âge de combattre sont rassemblés, puis fusillés dans un champ d'oliviers. L'exécution est photographiée par un correspondant de guerre de la Luftwaffe, Franz-Peter Weixle  des clichés qui deviendront des pièces à conviction majeures.Trebes fut tué au combat en  1944  et  aucune procédure judiciaire ne put donc être engagée contre lui de son vivant.
Kandanos, Crète 3 juin 1941
Un  Village entier détruit et , 180 à 200 civils sont  massacrés en  représailles à la résistance armée de ses habitants,
 Une pancarte en grec et en allemand est placée sur les ruines : « Ici se trouvait Kandanos, détruit en représailles des lâches meurtres de soldats allemands par des hommes et des femmes armés. » Les estimations du nombre de victimes civiles varient entre 180 et 200 selon les sources grecques.
Alikianos et ses environs, Juin 1941
ON assiste à une vague de représailles généralisées avec des villages brûlés et des, prisonniers exécutés
La vague de représailles a été  ordonnée par le Général Student
Celui aurait ordonné et cela est consigné dans un preoces verbal, du tribunal d’Athenes
« La population crétoise, y compris les femmes et les enfants, a participé à la lutte avec la plus grande brutalité. Des représailles exemplaires doivent être menées immédiatement. »
 Général Kurt Student, commandant le XI Fliegerkorps, juin 1941
 Des prisonniers de guerre néo-zélandais et australiens sont également signalés comme ayant été exécutés après leur capture dans certains secteurs  actes qui constituent des crimes de guerre au sens de la Convention de Genève de 1929, à laquelle l'Allemagne était signataire.
Italie (1943–1944) :
Apres la capitulation de l’Italie en 1943 les allemands vont s’en prendre aux troupes italiennes qui ont résisté notamment à  Céphalonie  et aux résistants italiens
Après la capitulation italienne en  septembre 1943, des unités allemandes — dont certaines liées aux Fallschirmjäger — participèrent à des désarmements forcés ayant dégénéré en massacres. Le cas le plus documenté est le massacre de la Division Acqui sur l'île de Céphalonie (13–22 septembre 1943) : environ 5 000 soldats italiens furent exécutés après avoir déposé les armes. Des éléments du 1er Régiment Fallschirmjäger   étaient présents dans la région.


En Italie continentale, des incidents impliquant l'exécution de partisans et de civils sont documentés dans les zones tenues par les divisions Fallschirm, notamment dans la région de Cassino (1944). L'application des ordres de représailles anti-partisans edictés par Kesselring  soit un ratio de 10 civils pour 1 soldat allemand tué,concerne l'ensemble des forces allemandes en Italie, Fallschirmjäger compris.
Et il y aussi  le Front de l'Est avec la  guerre contre les partisans
Sur le front  de l’Est  la 7e Division Flieger (rebaptisée 1re Division Fallschirmjäger  en 1942  combattit dans la région de Léningrad et Smolensk, les Fallschirmjäger appliquèrent la doctrine nazie de lutte anti-partisans. Suivant les  ordres d’Hitler lui-même qui avait explicitement inscrit dans ses « Dix Commandements » aux Fallschirmtruppen : « Contre un partisan, n'accorde aucun quartier. »
La guerre anti-partisans sur le front de l'Est fut menée par l'ensemble des forces armées allemandes selon des règles d'engagement qui constituaient, au regard du droit international, des crimes de guerre systématiques. Les Fallschirmjäger n'y font pas exception
Cela a entrainé des procès d'après-guerre
Furent Condamnés
Général Kurt Student — Commandant du XI Fliegerkorps lors de la bataille de Crète. Il est jugé par un tribunal militaire britannique à Lüneburg (1946) pour les massacres crétois. Condamné à 5 ans de prison. Libéré prématurément en 1948 pour raisons médicales.
Des officiers  allemands furent condamnés par le tribunal militaire grec d'Athènes (1947)  Des condamnations à mort par contumace furent prononcées contre des officiers qui avaient fui ou étaient déjà décédés.
Mais les responsables des massacres de Kandanos et Kondomari ne furent pas poursuivis car bien souvent ils étaient  morts au combat,
 La Guerre froide et la réintégration de l'Allemagne dans l'OTAN freinèrent l'instruction de nombreux dossiers à partir de 1949.
On assiste ensuite à la  construction du mythe
L'image des Fallschirmjäger comme « soldats honorables » fut activement construite dans les années 1950–1970 par les mémoires de vétérans, les publications militaires et la presse occidentale, dans le contexte de la Guerre froide où l'Allemagne réarmée devait être réintégrée dans l'alliance atlantique. Les crimes de Crète furent systématiquement minimisés ou attribués à des « excès individuels » plutôt qu'à une politique délibérée.

 

   
   


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