Impression issue de Maquetland.com Le monde de la maquette | http://www.maquetland.com/article-2930-japon-marine-le-canon-de-460-mm-son-histoire-type-94-de-46-cm45
Japon Marine Le Canon de 460 mm Son Histoire Type 94 de 46 cm/45
Article fait par :Claude Balmefrezol
Mis en ligne le 01/04/2026 à 08:29:47

Japon Marine Le canon de 460mm Type 94 de 46 cm/45
Voir ce site
Voir Aussi
Le canon de 460 mm devant armer les cuirassé de la classe Yamato*seront les plus gros canons navals jamais montés sur un navire de guerre.
Caractéristiques principales
La désignation officielle du canon de 46 cm/45 Type 94 (18,1 pouces), appelé en japonais « 40 cm/45 Type 94 cela pour masquer son calibre réel.
Il a en fait un Calibre : 460 mm (46 cm), une longueur de 45 calibres, soit environ 21 mètres de long. La Masse du tube tourne autour de 147–165 tonnes par pièce
Il peut tirer divers types d’Obus
Obus perforant Type 91 : environ 1 460 kg, avec une vitesse initiale d’environ 790–800 m/s à une portée maximale d’ environ 42 km à +45° d’élévation.
Sa cadence de tir est de : théoriquement 1,5 à 2 coups/minute au mieux, mais en pratique souvent plus lente à cause du poids de l’obus, de la manutention et de la précision à longue portée.
Ils équiperont les navires de la classe Yamato à raison de : 9 canons répartis en 3 tourelles triples (frontale, centrale, arrière).
Les navires équipés seront uniquement les cuirassés Yamato et Musashi, avec des canons de rechange prévus pour le troisième unité, Shinano, qui a été transformé en porte‑avions.
 |
Historique
Ce calibre, parmi les plus puissants jamais construits, illustre la doctrine japonaise de la « bataille décisive » (Kantai Kessen), visant à vaincre la flotte adverse dans un unique combat de cuirassés,
Le Kantai Kessen (艦隊決戦, Kantai kessen), souvent traduit par « bataille décisive » ou « doctrine de la bataille décisive », est la stratégie navale fondamentale de la Marine impériale japonaise entre 1905 et la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Idée centrale de la doctrine
La victoire dans une guerre future doit être obtenue par une seule grande bataille navale où la flotte de cuirassés japonaise détruit l’ennemi (en pratique, principalement la flotte américaine dans le Pacifique).
Le Japon adopte une attitude défensive et provoque l’ennemi à s’engager dans une zone favorable (proche du Japon), où il a d’abord affaibli l’adversaire par sous‑marins, avions et patrouilles, puis met fin à la guerre en un seul coup.
Elle est inspirée par la victoire à Tsushima (1905) contre la flotte de la Baltique russe et les théories du capitaine Alfred Thayer Mahan (règne du cuirassé et de la puissance de feu concentrée).
Le Kantai Kessen devient l’épine dorsale de la planification navale japonaise : budget, construction des cuirassés (Nagato, Yamato), doctrine d’emplo . mais cette doctrinne devient obsolète car elle repose sur des cuirassés lourds, très puissants, supposés rivaliser et vaincre les flottes américaines dans un choc frontal.
Elle est battue en brèche par l’avion embarqué et la guerre de task forces : Pearl Harbor, Midway, Philippine Sea, Leyte montrent que la bataille décisive se joue dans l’aviation et la logistique, pas dans un duel de cuirassés à la Jutland‑Tsushima.
Le IJN Yamato même devient le symbole malheureux de Kantai Kessen : conçu pour remporter une bataille décisive, il participe à des opérations secondaires et connaît une fin héroïque et vaincue en 1945.
En résumé, Kantai Kessen est une doctrine magnifique par sa cohérence idéale (une bataille pour finir la guerre), mais fatale dans la réalité : trop attachée au cuirassé, au seul choc frontal et au scénario russe de 1905, elle empêche la marine japonaise d’adapter pleinement sa stratégie à l’ère des porte‑avions et de la guerre sur le PTO
Le canon de 460 mm du cuirassé Yamato a été développé en secret par la marine japonaise entre 1934 et 1939, dans le cadre de la préparation de la classe Yamato et de la doctrine de la « bataille décisive ». Ce développement, long et très camouflé, suivait un schéma rigoureux.
Phases du développement (1934–1939)
1934–1935 : lancement du projet
Après la limitation des calibres navals à 40,6 cm imposée par les traités de Washington et Londres, la marine japonaise décide d’ignorer la lettre de ces accords pour étudier un calibre supérieur (406–460 mm). Le programme est classé Top Secret et placé sous le contrôle direct du Ministère de la Marine.
Des bureaux de conception de l’artillerie navale (Kure, Yokosuka) commencent à travailler sur des schémas de tourelles triples et de tubes de 46 cm (calibré 460 mm), en veillant à ce que toute documentation fasse référence à 40 cm pour tromper les observateurs étrangers.
1935–1936 : études balistiques et prototypes
L’accent est mis sur la portée maximale et la pénétration de blindage:
Choix d’un obus de 1 460 kg à vitesse de bouche d’environ 780–790 m/s.
Longueur de canon de 45 calibres (+ 45° d’élévation) pour atteindre la portée théorique de 42 km jugée nécessaire pour vaincre dans la future bataille du Pacifique.
Des tubes de 41 cm et 46 cm sont testés en tir sur des bancs de preuve à Kure, mais officiellement ce ne sont que des tubes de 40 cm dans les rapports ouverts.
La mise au point de la culasse, de la spirale, des charges de poudre et des instruments de pointage ocupe la majeure partie de cette phase.
1937–1938 : fabrication en secret des premiers tubes
Entre 1937 et 1938, les premiers tubes de 460 mm sont fondeurs et usinés dans les aciéries de Kure, souvent sous des noms de code ou en tant que pièces de « batteries de côtes ».
Chaque tube pèse plus de 140 tonnes (certaines sources donnent 147 à 165 t) et exige un manutentionnement spécial et des portiques de montage conçus en secret sur les chantiers de Kure et de Yokosuka.
Simultanément, les tourelles triples sont mises en chantier sur Yamato et Musashi. Leur masse totale plus de 2 500 tonnes par tourelle est cachées dans les plans officiels. Ce ne sont que des surcharges de blindage » fictives.
1939 : fin des tests et intégration à la construction
En 1939, la serie de tubes de 46 cm produite atteint un niveau suffisant pour équiper les deux premiers cuirassés (Yamato et Musashi), avec des canons de rechange prévus pour le troisième bateau, Kanto qui sera le Shinano.
Des tirs de validation sont réalisés dans des conditions de stricte confidentialité, avec des observateurs exclusivement japonais, et les performances de tir (portée réelle, précision, usure de tube) conduisent à quelques ajustements des charges de poudre.
À la fin de 1939, le canon de 46 cm/45 Type 94 est officiellement considéré comme opérationnel et intégré dans l’armement de la flotte
. Son existence ne sera jamais révélée au grand public ni aux puissances étrangères avant la guerre.
 |
|
Les canons de 46 cm (45 pouces) équipant la classe Yamato étaient les plus puissants jamais installés sur un cuirassé. Bien que leur puissance fût comparable à celle du canon américain de 16 pouces (406 mm) Mark 7 à longue portée, leur pouvoir de pénétration était inégalé à courte portée. On raconte que le souffle de la bouche du canon pouvait arracher les vêtements des soldats se trouvant trop près lors des tirs, mais cette anecdote est probablement apocryphe.
La pression du souffle, mesurée lors des essais au polygone de Kamegakubi, était de 7,0 kg/cm² (100 psi) à 15 m de la bouche. C'était deux fois plus élevé que pour les canons de 41 cm équipant la classe Nagato. Ces canons furent officiellement désignés par les Japonais comme 40 cm (45 pouces) Type 94 (15,7 pouces) afin de dissimuler leur calibre réel, un secret bien gardé jusqu'après la fin de la Seconde Guerre mondiale
. Lors des discussions de conception en 1934-1935, l'option de construire des canons de calibre .50 fut sérieusement envisagée. Ceux-ci auraient offert une vitesse initiale supérieure de 40 m/s à celle du canon de calibre .45 et une portée maximale accrue de 2 600 m avec le même projectile et la même charge propulsive. Le temps de vol jusqu'à 20 000 m aurait été réduit de 1,9 seconde avec le canon plus long.
 |
Finalement, il fut décidé que le poids supplémentaire de ces canons plus longs n'était pas compensé par leur puissance supérieure et les Japonais optèrent pour les canons de calibre .45.
On sait que le Yamato n'a tiré sur des navires ennemis qu'à une seule occasion. C'était lors de la bataille de Samar en octobre 1944 contre les groupes de porte-avions d'escorte américains Taffy 1 et Taffy 3 ; il est possible que des obus aient touché l'USS Gambier Bay (CVE-73).
Le Musashi n'a fait usage de ses canons qu'une seule fois en situation de combat, lors de la bataille de la mer de Sibuyan en octobre 1944, où il a tiré des obus antiaériens « sankaidan » (à shrapnel incendiaire). L'un de ces obus aurait explosé dans le canon, le rendant inutilisable.
 |
La dispersion de ces canons était très faible, avec des écarts de 400 à 500 mètres à portée maximale. Les rapports américains de la bataille de Samar font également état de cette faible dispersion.
Au total, 27 canons ont été produits. Le premier a été achevé en mars 1938 et testé sur le champ de tir de Kamegakubi. Dix-huit de ces canons furent perdus avec la destruction des Yamato et Musashi. Deux canons d'essai, situés à Kamegakubi, furent détruits en novembre 1945 conformément aux ordres généraux de désarmement de l'armée américaine.
Les sept canons restants furent retrouvés, à différents stades de construction, sur la plage d'une anse au nord de Kamegakubi. Cinq d'entre eux furent détruits, tandis que les deux derniers, les n° 23 et n° 27, furent transportés au champ de tir de Dahlgren, en Virginie (États-Unis), pour y être testés. Ils y arrivèrent les 6 et 7 juin 1946. Deux glissières destinées à ces canons furent ensuite livrées à Dahlgren le 7 mai 1948. Les canons et les glissières auraient été mis au rebut au cours des années 1950.
Deux plateaux tournants partiellement construits, destinés au Shinano, furent également capturés puis détruits. Ces canons présentaient une construction d'une complexité inhabituelle, reflétant sans doute la difficulté de fabriquer des canons d'un calibre aussi important.
Le tube A, désigné 2A, était constitué d'un tube 3A serti par frettage sur un peu plus de la moitié de sa longueur, côté culasse. Cet ensemble était ensuite bobiné, puis recouvert d'une couche de deux tubes sertis par frettage sur toute sa longueur, suivie d'une chemise en deux parties côté culasse. Les différents épaulements de positionnement des tubes étaient équipés de rondelles Belleville, probablement pour réduire la concentration des contraintes et les risques de blocage.
Cette caractéristique était similaire à celle de nombreux modèles Vickers qui utilisaient des anneaux cannelés pour atténuer ce problème. Le tube A intérieur, désigné 1A, était mis en place par expansion radiale sous pression hydraulique en trois opérations distinctes. Le tube A intérieur était rayé après sa mise en place. Un anneau de culasse court et une bague de culasse étaient également vissés dans le tube 3A. Le mécanisme de culasse était une version japonaise du type Asbury, avec un bloc de culasse Welin. Un inconvénient majeur de ce type de construction était que le rechemisage du canon nécessitait un alésage complet du tube A intérieur. Ce processus était si coûteux qu'il fut jugé plus pratique de simplement remplacer un canon usé par un neuf, bien qu'il ne semble pas que l'un ou l'autre des cuirassés ait jamais été réarmé durant la guerre. Cela peut refléter la courte durée de vie opérationnelle de ces navires.
|
Pourquoi ?
Il faut avoir en ete qu’avant 1936, le développement des gros canons japonais a été est principalement limité par deux grands traités navals successifs, qui imposent des plafonds stricts de calibre et de tonnage pour les cuirassés.
Traité naval de Washington (1922) Il est signé entre les États‑Unis, le Royaume‑Uni, le Japon, la France et l’Italie.
Il fixe le calibre maximal des canons de cuirassés à 16 pouces, soit 406 mm (14,3 pouces en pratique, 400–406 mm).
Il limite aussi le déplacement standard des cuirassés à 35 000 tonnes et impose un ratio global de tonnage aux grandes puissances, Ratio USA et Grande Bretagne 5 Japon 3.
Au final les Japonais conçoivent leurs cuirassés de l’entre‑deux‑guerres comme la classe Nagato avec des canons de 410 mm encore tolérés, mais ne peuvent pas franchement dépasser ce seuil sans violer le traité.
Le traité naval de Washington (1922) a frappé la Marine impériale japonaise de plein fouet, à la fois matériellement, stratégiquement et dans la culture interne de l’institution.
En effet il impose des imites directes
Ratio de tonnage global : 5 (États‑Unis) / 5 (Royaume‑Uni) / 3 (Japon) pour les cuirassés, ce qui place la Japon devant la France et l’Italie mais loin derrière UK et USA.
Plafond de tonnage : environ 315 000 tonnes de cuirassés pour le Japon, contre 525 000 pour les États‑Unis et le Royaume‑Uni, ce qui l’empêche de réaliser son ambitieux plan « huit‑huit » (8 cuirassés, 8 croiseurs de bataille) et surtout il limite le calibre à : 406 mm maximum pour les canons de cuirassés, bloquant toute évolution à 410 mm déjà utilisés sur les Nagato et forçant la Japan à développer le 460 mm en secret
Les conséquences pour la Flotte Japonaises sont d’ordre tactique et opérationnelles
Il faut faire le deuil sur des navires et en transformer d’autres
Ainsi plusieurs cuirassés et croiseurs de bataille sont démantelés ou reconvertis ; le croiseur de bataille Akagi et le cuirassé Kaga sont convertis en porte‑avions, ce qui contribue indirectement à doter la flotte japonaise d’une force aéronavale très puissante au début de la Seconde Guerre mondiale.
Cela entraine donc une accélération de l’intérêt pour les porte‑avions : la marine japonaise oriente une partie de ses efforts vers la conception et l’utilisation de porte‑avions, ce qui, à terme, lui donne un avantage qualitatif et de doctrine dans le Pacifique.
Mais le Japon se sent Humilié
Beaucoup, d’officier considèrent le traité comme une humiliation, une preuve que l’Occident veut circonscrire le Japon comme puissance régionale.
Et cela entraine aussi un Clivage dans la marine : le traité divise l’état‑major entre une faction « navale de traité » prête au compromis et une faction ultranationaliste hostile à tout contrôle extérieur, tension qui nourrit le militarisme et le rejet ultérieur des accords de désarmement.
Cela va déboucher sur le retrait du Japon du traité
En 1934 le Japon annonce qu’il ne se soumettra à aucun traité de désarmement, puis se retire effectivement du système en 1936, ce qui permet de lancer la classe Yamato et ses canons de 460 mm.
Cependant, les années de limitation ont façonné une pensée navale centrée sur la bataille décisive et la supériorité qualitative : moins de navires, mais plus gros, plus lourds et plus puissants, ce qui explique la logique de Yamato et de ses immenses canons.
En résumé, le traité de Washington a freiné la course au cuirassé japonaise, imposé un handicap quantitatif par rapport à l’Occident et provoqué un ressentiment profond dans la marine, tout en orientant indirectement la flotte vers le développement de porte‑avions et de navires ultrapuissants comme Yamato après 1936
2. Second traité de Londres (1930)
Il prolonge et renforce les limites de Washington, en maintenant la limite de calibre à 406 mm pour les cuirassés et en imposant un moratoire sur la construction de nouveaux cuirassés jusqu’en 1936.
Il confirme aussi le ratio de tonnage et renforce la discipline de désarmement, ce qui contraint les Japonais à rester dans la fourchette 35 000 tonnes / 406 mm pour les nouveaux navires officiellement conformes au traité
.Les traités de Washington (1922) et de Londres (1930) ont forcé le Japon à annuler ou à réduire plusieurs projets de cuirassés et de gros canons, car ils imposaient un plafond de 406 mm de calibre et de 35 000 tonnes de déplacement standard.
Projets de cuirassés impactés
Les chantiers de la Marine impériale prévoyaient des navires armés de canons de 400–410 mm (type 41 cm), mais le traité a brisé ces plans de manière directe :
Les deux cuirassés de type Tosa et les quatre Kii (projets de 410 mm en cinq tourelles triples) sont annulés ou démantelés car ils ne respectent pas le quota de tonnage imparti à la flotte japonaise.
 |
Le Tosa (土佐), lancé en 1920, est un cuirassé de la Marine impériale japonaise prévu comme navire‑amiral d’une nouvelle classe de deux unités dans le cadre du programme de flotte « huit‑quatre » (8 cuirassés, 4 croiseurs de bataille). Le traité de Washington interrompt sa construction, mais son gros avancement permet à la marine japonaise d’en faire un laboratoire flottant pour tester le blindage et l’armement.
Le Tosa est posé sur cale le 16 février 1920 aux chantiers Mitsubishi de Nagasaki, en même temps que son sister‑ship Kaga, dans la perspective d’une classe Tosa de deux cuirassés de 40 500 tonnes environ.
Il a étaitConçu par l’ingénieur naval Yuzuru Hiraga, et il incorpore les leçons de la bataille du Jutland : blindage incliné, meilleure protection horizontale et performance de vitesse malgré le tonnage élevé.
Armement et performances prévues
Armement principale : 10 canons de 410 mm/45 en 5 tourelles triples, ce qui place le Tosa au même niveau de puissance que les futurs projets de cuirassés japonais.
|
41 cm/45 (16.1") 3rd Year Type
40 cm/45 (16.1") 3rd Year Type
45 caliber 3rd Year Type 40 cm Gun
Il s''agissait des premiers canons de gros calibre entièrement conçus au Japon. Ils furent installés uniquement sur les navires de la classe Nagato, mais leur utilisation était aussi prévue pour les classes Kaga, Amagi et Kii du début des années 1920, dont la construction fut annulée suite au traité de limitation navale de Washington. Les canons et affûts déjà construits, destinés aux navires annulés, servirent ensuite à la modernisation des Nagato lors de leur refonte dans les années 1930 et comme artillerie côtière, couvrant l'entrée sud de la mer du Japon.
L'une des anciennes tourelles démontées du Mutsu fut ensuite installée comme pièce d'exposition statique à l'Académie navale japonaise d'Etajima.
Ces canons étaient globalement similaires aux canons britanniques de l'époque, mais de construction plus légère, leur diamètre à la bouche étant inférieur d'environ 25 mm à celui du 15"/42 (38 cm) Mark I. Ils utilisaient une culasse à vis Welin, mais avec un mécanisme à bras court Elswick à trois mouvements, semblable à celui des canons britanniques de 18"/40 (46 cm) de 1917.
Le bloc de culasse devait être retiré verticalement dans son porte-culasse avant de pouvoir pivoter.
Une quarantaine de canons furent fabriqués aux aciéries de Kure et Muroran.
Le Mutsu fut détruit par l'explosion de sa soute à munitions principale le 8 juin 1943. Les Japonais tentèrent de renflouer l'épave pendant et peu après la guerre, mais ce n'est qu'en 1970 qu'une opération fructueuse fut entreprise.
Deux canons récupérés de la tourelle n° 3 sont aujourd'hui exposés au musée Yamato de Kure et au musée des sciences maritimes de Tokyo.
Au début des années 1930, le Japon réalisa une série d'études de conception pour des cuirassés de type Traité (35 000 tonnes) armés de canons de 40 cm. Le Traité naval de 1930 prolongea l'arrêt de la construction de cuirassés et les travaux sur ce projet furent rapidement interrompus. En 1934, le Japon se retira de la Société des Nations et des traités navals de 1922 et 1930, et se consacra à la conception de navires de guerre beaucoup plus imposants, aboutissant aux cuirassés de la classe Yamato et à leurs canons de 46 cm.
Initialement désignés « 41 cm/45 Type 3e année », ces canons furent renommés « 40 cm/45 Type 3e année » le 29 mars 1922. Le diamètre réel de l'âme était de 41,0 cm (16,14 pouces). Certains obus furent transformés en bombes d'avion et désignés Type 99 (Modèle 1939) n° 80 Mark 5.

On pense que l'une d'elles a coulé l'USS Arizona BB-39. En 1942, la conception fut modifiée et les nouvelles bombes furent désignées Type 2 (Modèle 1942) n° 80 Mark 5 Modèle 1.

|
|
Vitesse : environ 26–27 nœuds, avec une puissance de 91 000 ch produite par 4 turbines Curtis et 12 chaudières Kampon, propulsion de grande taille héritée des cuirassés de la classe Nagato.
-
Dimensions :
Longueur d’environ 260 mètres,
Largeur environ 30,5 m,
Tirant d’eau autour de 9,4 m, ce qui en fait un cuirassé de grosse taille pour l’époque.
Interruption du programme et tests de navire
Mais après la conférence de Washington (1921–1922) et la signature du traité de 1922, les travaux sur le Tosa sont arrêtés le 5 février 1922, puis le navire est officiellement annulé en 1924.
La coque déjà partiellement achevée (jusqu’au pont principal selon certaines sources) est utilisée pour séries d’essais de tir : la marine japonaise y teste de nouveaux obus de 410 mm, la résistance des cloisons et du blindage, ce qui nourrit les conceptions des classes Yamato et autres cuirassés ultérieurs.
Le 14 septembre 1924, le Tosa est sabordé dans le détroit de Bungo afin de respecter les clauses de désarmement du traité de Washington.
En résumé, le Tosa était un cuirassé prévu comme partie de la flotte « huit‑quatre », mais interrompu après 20% de sa construction, utilisé pour expérimentations de blindage, puis coulé comme cible, devenant une base technique pour la suite de la Marine impériale japonaise.
Ainsi les quatre navires doivent être transformés en porte‑avions ou démantelés , ce qui entraîne la disparition de leurs canons de 410 mm prévus.
Mais le démantèlement du Tosa n’a jamais été terminé,va servir pour les futurs navires japonais, surtout au niveau de l’armement, du blindage et de la théorie de la protection.
Artillerie
Les tourelles triple de 410 mm/45 prévues pour le Tosa reprennent le même schéma que celles des classe Kongō et Nagato, mais réoptimisé pour un navire plus lourd et plus rapide.
Ces schémas influencent directement les projets Kii et Amagi, qui prévoient eux aussi 10 canons de 410 mm en 5 tourelles triples, hérités du même cahier des charges que Tosa.
Après l’annulation, les plans de tourelles, de barbettes et de montagne de tourelles servent de référence pour les conceptions suivantes de cuirassés japonais, y compris les Yamato, pour ce qui concerne la répartition des charges et la protection de tourelle.
La protection avec le système de blindage incliné
En effet le Tosa est l’un des premiers cuirassés japonais à employer un blindage incliné et un pont ceinture continu, avec un pont blindé plat couvrant la ceinture, inspiré des navires américains récents.
Ce système de protection est réutilisé, légèrement modifié, pour les classes Amagi et Kii*, qui adoptent une ceinture inclinée et des ponts de protection plus épais, essentiellement sur la base de ce que les ingénieurs japonais ont testé (ou extrapolé) à partir de la conception du Tosa.
Les tests de tir sur la coque du Tosa* après son déclassement avec des torpilles, mines, obus de 410 mm permettent à la marine d’affiner les épaisseurs minimales de ceinture, de ponts et de cloisons anti torpilles, données intégrées dans les spécifications des cuirassés suivants.
La Propulsion et architecture générale
La propulsion de 91 000 ch (Turbines Curtis, chaudières Kampon) prévue pour le Tosa sera du même type que celles des Nagato, mais adaptées à un déplacement plus élevé.
Cette expérience de conception de propulsion pour un cuirassé de plus de 40 000 t sert pour Kii, Amagi et pour la théorie des grands cuirassés rapides qui culminera avec Yamato, même si Yamato utilisera des turbines légèrement améliorées.
La forme générale de coque, le flush deck (pont continu) et la disposition longitudinale des machines sont également reprises et ajustées pour les autres projets de flotte de 8‑8.
Les machines et la coque de Kaga sont directement héritées de la conception Tosa, ce qui en fait le jumeau de coque du Tosa.
Les tests de performance, de stabilité et de structure réalisés sur la base de la conception Tosa sont donc indirectement appliqués à Kaga, qui devient l’un des premiers grands porte‑avions japonais.
-
La conversion des ex cuirassés en porte-avions lieu entre 1920 et 1937 deux temps une première entre 1 922 e 1927,et une autre transformation majeure en 1935–1938,.L’ AKagi sera donc un des premiers grands porte‑avions japonais et le vaisseau‑amiral historique du Kido Butai
Historique
Lancé le 6 décembre 1920 à Kure comme croiseur de bataille de classe Amagi (10 × 410 mm, 30 nœuds), l’Akagi est à environ 40% de son avancement lorsque le traité de Washington (1922) impose des quotas de tonnage et de navires de ligne.
Le traité autorise la conversion de coques de navires de ligne prioritaires en porte‑avions dans la limite de 33 000 tonnes par unité ; la marine japonaise choisit de transformer l’Akagi et l’Amagi pour éviter leur démolition.
Première conversion (1923–1927)
x |
Les travaux commencent après la décision du 19 novembre 1923,
Mais suite au tremblement de terre de Kantō du 1ᵉʳ septembre 1923 l’Amagi est fortement endommagé ce qui exclut sa transformation .Il sera remplacé par le cuirassé Kaga converti lui aussi en porte‑avions.
L’Akagi est re‑lancé le 22 avril 1925 et terminé comme porte‑avions le 25 mars 1927.
La coque de croiseur de bataille est conservée, mais :
Les tourelles et barbettes sont supprimées,
Une superstructure typée porte‑avions est ajoutée, avec passerelle de commandement et pont d’envol continu sur la plus grande partie du navire,
Deux hangars superposés sont installés en dessous du pont d’envol, reliés à des ascenseurs pour remonter les appareils.
Caractéristiques de l’Akagi en 1927
Déplacement : environ 34 000 tonnes en pleine charge, proche des grands porte‑avions américains Lexington et Saratoga.
Pont d’envol : longue piste en bois, avec une configuration atypique à trois ponts (un pont d’envol avant, un pont d’envol central et un pont inférieur) au début de sa carrière, ce qui rend son architecture complexe mais unique.
Aéronefs : environ 60‑61 appareils à l’origine (bombardiers en piqué, chasseurs, torpilleurs), lui donnant l’un des plus gros parcs aériens de l’époque.
Vitesse : 28–29 nœuds, ce qui correspond à un porte‑avions très rapide pour les années 1920‑1930.
4. Révision majeure 1935–1938
Entre 1935 et 1938, l’Akagi et Kaga sont radicalement modernisés à Yokosuka pour aligner sa configuration sur les avancées de l’aviation embarquée.
La triple configuration de ponts est abandonnée :
 |
 |
Les deux ponts d’envol inférieurs sont supprimés,
Un grand pont d’envol unique est créé, s’étendant sur presque toute la longueur du navire, avec une longueur d’environ 276 mètres et une largeur de 30,5 mètres.
Une îlot latéral est ajoutée à bâbord (plus tard déplacé à tribord), permettant de garder une meilleure visibilité pour la navigation et la manutention des avions.
Les cheminées et la superstructure sont réduites et décalées vers le bord, pour limiter les turbulences derrière le pont d’envol ; le hangar est agrandi et reconfiguré en deux niveaux fermés, avec trois ascenseurs et des installations de freinage améliorées.
La capacité d’emport monte à environ 91 avions (en pratique, souvent 70‑80 selon l’usage), et la protection globale (blindage des zones vitales, cloisons anti‑torpilles) est renforcée, sans toutefois rivaliser avec celle des cuirassés.
But recherché après conversion
La conversion reflète l’idée initiale que les coques de navires de ligne pouvaient être retransformées en cuirassés en cas de guerre (emplacements de tourelles et magasins étaient en place, mais le concept est rapidement abandonné).À partir de
la fin des années 1930, l’Akagi devient la pierre angulaire du Kido Butai, le groupe de porte‑avions mobile japonais, participant à l’attaque de Pearl Harbor (7 décembre 1941) et à plusieurs autres opérations aéronavales avant sa destruction à la bataille de Midway en juin 1942
.En résumé, la conversion de l’Akagi basé sur une coque de croiseur de bataille devient un grand porte‑avions moderne Il sera encore modernise vers 1937 lorsqu’il devient clair que l’aviation navale domine la doctrine de la marine japonaise, en le transformant en un porte‑avions à pont unique, très rapide et fortement armé de 90 appareils environ
Table comparée juste après conversion initiale (vers 1927–1928)
|
Paramètre
|
Akagi (croiseur de bataille, 1927)
|
Kaga (cuirassé Tosa, 1928)
|
|
Type de coque d’origine
|
Croiseur de bataille classe Amagi
|
Cuirassé classe Tosa (2e du type, non terminé)
|
|
Déplacement ~1927–1928
|
Environ 36 000–36 500 t en charge
|
Environ 30 000–35 000 t, avec une coque plus courte
|
|
Dimensions principales
|
Plus longue (~260–276 m selon la version, 30,5 m de large)
|
Plus courte (~230–240 m), mais plus large
|
|
Vitesse
|
≥ 28–32 nœuds (très rapide pour l’époque)
|
Environ 23–28 nœuds (plus lente)
|
|
Moteurs / puissance
|
131 000 ch (ex‑croiseur de bataille très rapide)
|
91 000 ch environ, héritage de coque de cuirassé
|
|
Architecture de ponts
|
Trois ponts d’envol (deux décollage avant, un atterrissage arrière)
|
Ponts superposés : deux zones de décollage avant, un pont d’atterrissage arrière
|
|
Cheminées et fumées
|
Cheminée compacte, plus facile à cacher derrière le pont
|
Deux grandes cheminées horizontales sur les flancs, très volumineuses
|
|
Emport d’avions
|
Environ 60–61 appareils
|
Environ 60 appareils (version 1928)
|
|
Conception de l’îlot
|
Pas d’îlot latéral au début, superstructure très basse
|
Îlot plus massif, plus en retrait, évolutive plus tard
|
|
Orientation stratégique
|
Premier grand porte‑avions de flotte japonais
|
Second porte‑avions de ligne, conçu un peu plus « lourd » et plus complexe
|
|
Effet sur les canons eux‑mêmes
Même si les canons de 410 mm (Type 3 / 41 cm/45) avaient déjà été mis au point avant 1922, le traité a coupé court à leur déploiement massif :
Sans le traité de Washington, la Japon envisageait d’armer 10 cuirassés (Tosa, Kii, Amagi) de 10 canons de 410 mm chacun, soit 100 tubes additionnels.
Voyons un eu ce qui se cache derrière le Nom d Amagi
Les croiseurs de bataille de la classe Amagi* étaient conçus comme des navires très grands et rapides, avec un armement lourd de 410 mm, mais un blindage plus léger que celui des cuirassés pour gagner en vitesse et en rayon d’action
Selon les données de la conception originale datant du début des années 20 et avant l’annulation du projet les navire classe Amagi se présenteraient ainsi Déplacement et dimensions
Déplacement standard (planifié) : environ 34 000 à 36 000 tonnes selon les variantes de conception.
Déplacement en charge maximale : environ 41 000–42 000 t, voire plus de 45 000 t dans certaines autres études
Longueur hors tout : autour de 251–252 mètres
Largeur : environ 30,5–30,8 mètres.
Tirant d’eau : environ 9,5 mètres.
Vitesse et propulsion
Moteurs : 4 turbines à vapeur (type à haute et basse pression), entraînant 4 arbres.
Puissance totale : environ 130 000–131 000 ch (cv)
Vitesse maximale : 30 nœuds (environ 56 km/h).
Rayon d’action : environ 8 000 milles nautiques à 14 nœuds (environ 15 000 km).
Artillerie et armes
Artillerie principale : 10 canons de 410 mm/45 (16,1 pouces) répartis en 5 tourelles triples (2×2 à l’avant, 1×2 à l’arrière).
Artillerie secondaire :
16 canons de 140 mm (5,5") comme armes principales secondaires,
6 canons de 120 mm (4,7") antiaériens prévus.
Torpilles : 8 tubes lance‑torpilles de 610 mm en configuration latérale.
Blindage (apercu)
Ceinture principale : environ 254 mm d’acier KC, mais plus fine que celle des cuirassés de la même génération (type Tosa).
Pare‑cloison/barbettes/tourelles :
Face de tourelles : 230–250 mm,
Barbettes : 230 mm,
Pont principal : 30–50 mm d’acier en plusieurs couches, ajustées pour la protection horizontale.
Tourelle de commandement : jusqu’à 127 mm pour la version prévue comme navire‑char de combat. En résumé, les Amagi prévus étaient des croiseurs de bataille lourds de près de 41 000 t en charge, capables de 30 nœuds, avec 10 canons de 410 mm, un blindage qui les rapprochait plus des cuirassés que des croiseurs de bataille classiques, et un rayon d’action interocéanique adapté à la doctrine de la marine japonaise
Mais les Japonais voient loin car après les Amagi et malgré les traités signés , la Marine impériale japonaise qui ne relance pas de vrai programme de croiseurs de bataille (battlecruisers), envisage au moins une classe de bateaux de ce type au tournant des années 1930‑1940.
Classe Kii (projets 1920‑1922, reliés aux Amagi)
Dans le cadre du programme « huit‑huit », la marine japonaise conçoit une classe Kii de 4 cuirassés rapides, souvent classés entre cuirassés et croiseurs de bataille.
Ces navires, avec 10 canons de 410 mm et un blindage moindre que les cuirassés, ressemblent à de grands battlecruisers plutôt qu’à des cuirassés normaux, mais ils sont annulés au profit d’autres projets (dont les Nagato).
2. Projet B‑65 (fin années 1930s)Dans les années 1930, un projet B‑65 (ou « croiseur de bataille de type B‑65 ») est étudié comme unité à artillerie lourde et vitesse élevée, destiné à accompagner les porte‑avions et à poursuivre les croiseurs ennemis.
Il aurait été armé de 4 tourelles doubles de 310 mm (ou 305 mm) avec une bonne vitesse (28–33 nœuds), mais comme la priorité est donnée à la construction de cuirassés (Yamato) et de porte‑avions, cela empêche le lancement de ce croiseur de bataille.
Aussi les navires classe Kongō et Yamato seront considérés comme “battlecruisers” de facto
Les quatre Kongō*, modernisés dans les années 1930, deviennent des cuirassés rapides (30 nœuds, 356 mm) proches de la définition de battlecruiser : puissance de feu élevée, mais blindage légèrement inférieur aux cuirassés de ligne.
De même, les projets de Yamato et de Amagi (en tant que cuirassés rapides) éclipsent les vieux projets de croiseurs de bataille : la doctrine navale japonaise préfère un gros cuirassé très puissant à de nouveaux battlecruisers.
Comparaison Amagi avec classes Kongo et Ibuki
Les Amagi, la classe Kongō* et les projets de croiseurs lourds Ibuki appartiennent à trois moments et logiques légèrement différents de la marine japonaise, même si tous partagent une filiation “cuirassé/croiseur de bataille”.
Nous avons donc
les Amagi : projet de croiseur de bataille pur (battlecruiser) de 1920 : très grand déplacement, 10 canons de 410 mm, vitesse élevée (≈30 nœuds), mais blindage plus léger que les cuirassés de la même époque.
Les Kongō : croiseurs de bataille transformés en cuirassés rapides dans les années 1930, avec modernisation de l’armure, des machines et de l’artillerie secondaire, gardant une vitesse de 30 nœuds.
Les Ibuki : croiseur lourd amélioré, beaucoup plus léger et plus rapide, pensé pour chasser les cuirassés ennemis, mais avec un armement de 203 mm, pas de 410 mm : c’est un “grand croiseur” ou “croiseur de bataille léger”, pas un capital ship.
2. Table comparatif simple (Amagi prévu / Kongo / Ibuki projeté)
|
Paramètre
|
Amagi (projet)
|
Classe Kongō (modifiée)
|
Ibuki (projet)
|
|
Type nominal
|
Croiseur de bataille
|
Cuirassé rapide / BS Battlecruiser
|
Grand croiseur lourd
|
|
Déplacement
|
~41–42 000 t
|
~32–34 000 t (après modernisation)
|
~13 000–15 000 t
|
|
Armement principal
|
10 × 410 mm/45
|
8 × 356 mm/45
|
6 × 203 mm/50
|
|
Vitesse
|
~30 nœuds
|
30 nœuds
|
~33 nœuds
|
|
Blindage
|
Ceinture ~254 mm, plus léger que Tosa
|
Ceinture jusqu’à ~280 mm, tourelles 255 mm
|
Ceinture ~140–160 mm, ponts 50 mm
|
|
Rôle doctrinal
|
Bataille de ligne, “bataille décisive”
|
Cuirassé rapide d’escorte de porte‑avions
|
Chasse rapide des cuirassés / porte‑avions
|
|
Voyons leurs différences
La Puissance de feu
Amagi et Kongō tirent des obus de 410 ou 356 mm, véritablement conçus pour perforer du cuirassé.
Ibuki, avec des 203 mm, reste un croiseur lourd surarmé, capable de tirer dans les zones non blindées mais incapable de rivaliser avec la ceinture d’un cuirassé.
Le Blindage et protection
Amagi : équivalent d’un cuirassé, mais un peu moins bien blindé que les vrais cuirassés de 35 000 t (type Tosa).
Kongō : en 1930‑1936, les Kongō reçoivent une ceinture plus épaisse, des ponts blindés revus et une meilleure protection sous‑marine, ce qui les rapproche de petits cuirassés.
Ibuki : blindage adapté à un croiseur, pas à un capital ship.
La position dans la flotte :
Amagi : projeté pour être l’avant‑garde de la flotte de bataille, avec les Tosa et Kii dans la doctrine de la “bataille décisive”.
Kongō : utilisés en escorte de porte‑avions, puis comme cuirassés rapides de support, loin de la première ligne principale (Yamato).
Ibuki : pensé comme un guetteur/chasseur pour intercepter les cuirassés ennemis, plus proche de l’idée de croiseur de bataille léger du XXᵉ siècle que de l’Amagi classique.
En résumé, les Amagi restent les plus grands et le plus puissants des trois projets en termes de rôle de cuirassé/croiseur de bataille, Kongō et ils sont les descendants transformés en cuirassés rapides, tandis que les ’Ibuki représentent une nouvelle génération de croiseurs lourds rapides, plus petits et moins blindés mais très rapides pour suivre les porte‑avions.
Obligé de respecter le ratio de 315 000 tonnes, la marine ne peut finaliser que quelques cuirassés existants (classe Nagato, Kongō modernisé) et renonce aux grands projets de 410 mm.
Ces traités ont donc annulé une série de programmes de cuirassés et de croiseurs de bataille qui auraient porté un grand nombre de canons de 400–410 mm, tout en orientant la marine vers d’autres voies (porte‑avions, puis plus tard la conception secrète du 460 mm Yamato)
Apres sa sortie du cadre des traités le Japon annonce qu’il ne se soumettra plus à aucun traité de désarmement naval. De comme en fin 1936 arrie la fin du moratoire du e traité de Washington cela libre le japon et d autres pays de système de limitations, ce qui libère la voie pour des projets non‑conventionnels comme la classe Yamato et ses canons de 460 mm, développés en secret après 1934.
Les traités de Londres et Washington avaient fixés des ratio de cuirassés à 5 : 5 : 3 (États‑Unis / Royaume‑Uni / Japon), ce que les élites militaires japonaises perçoivent comme une humiliation et une relégation de l’Empire à une position de puissance régionale, alors que le Japon s’estime largement capable de rivaliser avec les grandes marines occidentales.
Par le retrait de ces traités le Japon souhaite développer une flotte capable de gagner la « bataille décisive » dans le Pacifique, ce qui implique navires plus puissants (gros calibres, blindage lourd) et, potentiellement, plus nombreux.
Les traité avaient aussi entravé les projets en limitant le tonnage total (315 000 tonnes de cuirassés) ce qui est inacceptable pour la faction dominante des officiers de la Marine impériale après 1930.
D’ autant qu’après l’invasion de la Mandchourie en 1931 et la sortie de la Société des Nations en 1933, le Japon se considère comme isolé des grandes puissances occidentales et rejette les règles qu’il juge faites pour contenir son expansion en Asie du Nord‑Est.
Dans ce climat de nationalisme et de militarisme croissant, le traité de Washington est vu comme un vestige de l’ère de compromis, incompatible avec la vision d’un empire capable de se défendre seul et de négocier de force.
Avec la sortie du traité en 1936 le Japon pense retrouver une grande autonomie stratégique totale, en refusant toute limitation imposée par l’Occident et peut ainsi poursuivre sa politique expansionniste en Asie,Contexte stratégique secret
Le développement de ce canon est articulé à un programme de cuirassés massifs pensé pour surclasser les navires américains et britanniques en terme de blindage et de puissance de feu. La marine japonaise souhaite compenser son infériorité quantitative par la supériorité qualitative (gros calibre, portée extrême).
Ce secret est maintenu par une système de censure rigoureux, l’usage de noms de code et l’opacité des chantiers. Les navires eux‑mêmes, notamment Yamato, sont construits sous couvert de « projets de cuirassés standard », ce qui rend le calibre de 460 mm encore plus inaccessible aux renseignements étrangers jusqu’à la fin de la guerre.
La construction de Yamato à Kure, puis de Musashi à Nagasaki, est entourée d’installations masquées :
La cale sèche est couverte d’une grande palissade couverte, des bâches sont tendues et des baraquements temporaires sont construits pour cacher les lignes du navire et la taille des tourelles.
Les ouvriers travaillent sous contrôle de sécurité militaire, interdiction de parler des détails techniques, et même des marchands de poissons ou des employés de la gare reçoivent des consignes tout manquement est sanctionné par de la prison et même plus…
En résumé, le développement du canon de 1934 à 1939 repose sur une conception discrète, des essais balistiques camouflés, et une fabrication en circuit fermé, réussissant à produire le plus grand canon naval de l’histoire sans que l’ennemi n’en ait vraiment connaissance avant la confrontation militaire.
La construction des canons
Entre 1934 et 1940, la production du canon de 460 mm (Type 94, 46 cm/45) reste très limitée et strictement liée aux besoins des cuirassés Yamato et Musashi, ainsi qu’aux canons de rechange prévus pour le troisième navire de la classe.
Nombre de canons produits jusqu’en 1940
Les deux premiers cuirassés, Yamato et Musashi, reçoivent chacun 3 tourelles triples, soit 9 tubes de 460 mm par navire, soit 18 canons au total pour équiper ces deux unités.
En plus de ces 18 canons, un nombre limité de tubes de rechange est coulé et usiné pour les chantiers de Kure et de Nagasaki, afin de remplacer ceux usés ou abîmés à l’entraînement ou au combat. Les sources techniques spécialisées indiquent généralement quelques canons de rechange (de l’ordre de 3 à 6 unités supplémentaires) fabriqués d’ici 1940, ce qui porte le total produit autour de 20 à 24 pièces avant 1941.
Raisons de ce faible nombre
Le tube de 460 mm pèse plus de 140 tonnes (147–165 tonnes selon les références) et exige une fonderie et une usinage très spécialisés, ce qui limite la cadence.
Les priorités industrielles japonaises concentrées sur la construction navale massive rendent la production de ces canons extrêmement coûteuse en ressources et en temps.
D’autre part, la doctrine de la « bataille décisive » ne prévoit pas de flotte de plusieurs dizaines de super‑cuirassés, mais seulement trois unités équipées de ce calibre, ce qui limite la demande.
En résumé, jusqu’en 1940, la production se limite à environ 18 canon pour équiper Yamato et Musashi, plus quelques tubes de rechange, ce qui donne un total d’environ 20 à 24 canons de 460 mm fabriqués dans cette période, toutes unités confondues.
Le développement secret prolongé du canon de 460 mm jusqu’en 1939 est motivé par un ensemble de raisons politiques, techniques et doctrinales liées à la volonté de l’Empire du Japon de préparer la « bataille décisive » sans alerter les puissances alliées.
1. Dissimulation vis‑à‑vis des traités navals
Après les conférences de Washington (1922) et de Londres (1930, 1936), les calibres navals sont fixés à 40,6 cm ; la marine japonaise estime que ces limites l’empêchent de construire un cuirassé réellement supérieur.
Le développement de tubes de 46 cm (460 mm) est donc commencé en secret, masqué derrière la désignation de 40 cm dans les documents officiels.
En gardant la période de développement longue (1934–1939), la marine évite de déclencher des réactions internationales et de provoquer des accusations de violation explicite des traités, avant même la sortie officielle du Japon des accords.
2. Masquage stratégique de la doctrine de la « bataille décisive
Comme la doctrine japonaise repose sur l’idée que la guerre du Pacifique se terminera par une seule grande bataille de cuirassés, où la supériorité qualitative décidera du conflit.
Le canon de 460 mm doit donc offrir portée maximale (vers 42 km) et pénétration exceptionnelle afin de dominer les futurs cuirassés américains et britanniques.
Garder le développement secret jusqu’en 1939 permet de ne pas révéler à l’adversaire, ni même à tous les hauts commandements civils, l’ampleur de ce projet, et donc de conserver l’effet de surprise stratégique.
3. Contraintes techniques et de production
Le tube de 460 mm pèse plus de 140 tonnes et nécessite des fonderies et des usinages de très haute précision, à un niveau encore plus pointu que les canons de 40 cm déjà complexes.
Les tests balistiques, la mise au point des charges de poudre, de la culasse et des systèmes de pointage prennent des années ; la marine choisit de prendre son temps plutôt que de dévoiler un prototype inachevé ou instable.
Pendant cette longue phase, on peut continuer à dire que les travaux concernent des « 40 cm modernisés », ce qui couvre mieux les retards et les essais internes.
4. Nécessité de protéger les infrastructures et protocoles de production
Les usines et chantiers de Kure, Yokosuka et Nagasaki sont utilisés pour la fonderie et le montage des canons et des tourelles triples.
Le secret prolongé permet de minimiser les informations pouvant être transmises par les observateurs étrangers, espions ou journalistes, et de limiter les risques de sabotages ou de pressions diplomatiques.
Jusqu’en 1939, la guerre arrive sur un rythme accéléré mais la marine japonaise vise toujours à retarder la révélation de ses armes « extraordinaires » au maximum, afin de ne pas contraindre les autres puissances à réagir trop tôt.
5. Cohérence avec le calendrier de construction des cuirassés
Les plans de la classe Yamato et de Musashi sont conçus en parallèle du développement du canon; il est inutile de dévoiler le calibre tant que les navires eux‑mêmes restent officiellement inconnus.
En gardant le secret jusqu’en 1939, on synchronise la révélation de l’arme et sa mise en service avec la mise en service progressive des cuirassés, plutôt que de provoquer une réaction prématurée des Alliés.
En résumé, le développement secret prolongé jusqu’en 1939 servait à :
dissimuler la violation implicite des traités navals,
protéger la doctrine de la bataille décisive,
maîtriser les contraintes techniques extrêmes,
sécuriser la production industrielle,
préserver la surprise stratégique sur l’existence même d’un canon de 460 mm jusqu’à ce qu’il soit pleinement opérationnel.