Yokosuka MXY-7 Ohka Baka Cosford et Chino
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Voir Ici See Here Japon Aviation Marine Tokkotai Les Unites d'Attaque Speciale Japonaises Guerre du Pacifique 1944–1945
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| Betty/Ohka |
Le Yokosuka MXY-7 OhkaK — Fleur de cerisier
Le Yokosuka MXY-7 Ohka est l'une des armes les plus singulières et tragiques dans le sens de la tragédie grcque de la Seconde Guerre mondiale. Conçu dans les ultimes convulsions d'un empire en déroute, cet aéronef-suicide à propulsion fusée incarnait la doctrine kamikaze poussée à son paroxysme : non plus un pilote ordinaire lançant son appareil contre un navire ennemi, mais un homme intégré dans une bombe volante, sans aucune possibilité de retour.Son nom japonais, Ohka (??), signifie « Fleur de cerisier » — symbole par excellence du Japon, de la beauté éphémère et du sacrifice. Les Alliés, eux, le baptisèrent ironiquement « Baka Bomb », baka signifiant « idiot » ou « fou » en japonais. Deux visions d'un même appareil, deux cultures face à la mort.
Contexte
En 1943–1944, la situation militaire du Japon impérial se détériore rapidement dans le Pacifique. Après les défaites de Midway, Guadalcanal et la mer des Philippines, la marine impériale perd peu à peu sa suprématie aérienne face à une industrie américaine qui produit des avions et des pilotes en masse.
C'est dans ce contexte désespéré que l'enseigne Mitsuo Ohta, pilote de transport civil avant-guerre, élabore en 1943 le concept d'une bombe volante guidée par un homme. Son raisonnement est brutal mais logique : puisque les avions conventionnels sont abattus avant d'atteindre leurs cibles, pourquoi ne pas concevoir un engin hypervéloce, lancé depuis un bombardier porteur, et guidé en phase terminale par un pilote consentant à mourir ?
Présenté d'abord avec scepticisme par l'état-major de la Marine, le projet finit par être approuvé. La conception fut confiée à l'Arsenal naval de Yokosuka, qui réalisa les premiers prototypes en un temps record.
Description technique
L'Ohka est un monoplan à aile basse cantilever, entièrement métallique, d'une silhouette étonnamment épurée. Le fuselage cylindrique abrite le pilote dans un cockpit minuscule, presque entièrement fermé, avec une visibilité réduite à l'essentiel. La partie avant est occupée par la charge explosive massive de 1 200 kg d'ammonal. L'appareil était dépourvu de train d'atterrissage car il n'en avait pas besoin. Sa mission était terminale par définition.
Propulsion et performances
Le Model 11, version de série principale, était propulsé par trois fusées à poudre solide Type 4 Mark 20 Model 10, logées dans la partie arrière du fuselage. Ces fusées n'étaient allumées qu'après le largage du bombardier porteur, lorsque le pilote était à portée de sa cible.
Vitesse en palier : environ 650 km/h
Vitesse en piqué terminal : plus de 900 km/h donc quasiment impossible à intercepter
Portée après largage : 37 km seulement
Durée de vol autonome : quelques minutes
L'Ohka était transporté accroché sous le ventre d'un bombardier Mitsubishi G4M2e, version spécialement modifiée du G4M2 « Betty ». Le fuselage du Betty était partiellement évidé pour loger l'Ohka, ce qui réduisait considérablement la vitesse et la manoeuvrabilité de l'avion porteur le rendant encore plus vulnérable aux chasseurs américains. Cette vulnérabilité se révéla fatale : la plupart des missions Ohka échouèrent car les Betty furent abattus avant même d'avoir pu larguer leur charge.
Utilisation au combat
Première attaque 21 mars 1945
La première sortie opérationnelle eut lieu le 21 mars 1945. Seize Ohka, emportés par autant de Betty de l'escadre Jinrai Butai, décollèrent pour attaquer la flotte américaine. Ce fut un échec total : les chasseurs de la Task Force 58 interceptèrent les Betty avant qu'ils ne puissent larguer leurs Ohka. Tous les bombardiers furent détruits, avec leurs équipages et les pilotes Ohka embarqués.
Premier succès 12 avril 1945
Le premier succès de l'Ohka intervint lors de la bataille d'Okinawa. Le 12 avril 1945, le destroyer USS Mannert L. Abele fut touché et coulé . C'est la première et unique destruction d'un bâtiment de guerre allié directement attribuée à un Ohka. D'autres navires furent endommagés, notamment l'USS Shea, touché alors que les servants de ses canons n'eurent pas le temps de réagir face à la vitesse de l'engin.
Bilan opérationnel
Plus de 800 Ohka assemblés, dont beaucoup ne volèrent jamais
56 Ohka détruits à bord de leurs avions porteurs avant le largage
Moins de 60 Ohka effectivement utilisés au combat
1 destroyer allié coulé (USS Mannert L. Abele)
Plusieurs navires endommagés
74 pilotes Ohka tués en mission
L'exemplaire de Chino
L'Ohka exposé au Planes of Fame Air Museum de Chino est l'un des exemplaires donc l'historei est la mieux documentée au monde. Le 1er avril 1945 — jour J de l'opération Iceberg, le débarquement allié à Okinawa — les forces américaines s'emparèrent de Kita Airfield sur l'île. Elles y découvrirent, à leur grande surprise, dix-sept Ohka intacts, prêts à l'emploi mais n'ayant jamais volé.
Fabriqué à Yokosuka au Japon et livré à Okinawa en novembre 1944, l'appareil portant la désignation I-18 avait été prépositionné pour défendre l'île contre l'invasion américaine. La rapidité de la percée alliée ne lui laissa pas le temps d'être engagé. Plusieurs de ces appareils capturés furent rapatriés aux États-Unis pour étude technique, puis remis à des musées
Exemplaires survivants dans le monde
États-Unis : Planes of Fame Museum Chino CA (I-18) ; USMC Museum Quantico VA ; Smithsonian NASM Washington DC (version biplace d'entraînement MXY7-K2)
Royaume-Uni : 4 exemplaires, dont un au RAF Museum Cosford
Japon : 2 exemplaires, dont une réplique au musée du sanctuaire Yasukuni à Tokyo
Inde : 1 exemplaire
Conclusion
Le Yokosuka MXY-7 Ohka reste l'une des expressions les plus extrêmes de la guerre totale. Né du désespoir d'un empire en train de s'effondrer, il concentre dans sa forme compacte toutes les contradictions d'une doctrine qui instrumentalise la mort volontaire comme arme de guerre.
Pour les pilotes qui montaient à bord les Tokkotai, « troupes d'attaque spéciale » c'était un acte de sacrifice suprême pour l'Empereur et la patrie.
Pour les marins américains qui les affrontaient, c'était une arme terrifiante, d'une vitesse quasiment ininterceptable en phase finale.
Pour l'Histoire, c'est un objet unique, à la fois chef-d'œuvre d'ingénierie désespérée et monument funèbre à des jeunes hommes envoyés à une mort certaine. L'exemplaire I-18, déssormais silencieux dans son hangar porte témoignage de tout cela.
Fiche technique — Ohka Model 11
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Type
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Bombe volante guidée, propulsée par fusée, pilotée en mission suicide
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Désignation japonaise
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Yokosuka MXY-7 Ohka (??) — « Fleur de cerisier »
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Surnom allié
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« Baka Bomb » (baka = idiot/fou en japonais)
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Concepteur
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Enseigne Mitsuo Ohta, Arsenal Naval de Yokosuka
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Fabricant
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Arsenal aéronaval de Yokosuka / Kasumigaura
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Nombre construits
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852 exemplaires (1944–1945)
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Premier vol
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21 mars 1944 (non motorisé) / novembre 1944 (motorisé)
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Envergure
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5,12 m
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Longueur
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6,07 m
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Masse au décollage
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2 140 kg (dont 1 200 kg d'explosifs ammonal)
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Motorisation
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3 fusées à poudre solide Type 4 Mark 20 Model 10
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Vitesse maximale
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650 km/h en palier / +900 km/h en piqué terminal
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Portée opérationnelle
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37 km après largage du bombardier porteur
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Avion porteur
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Mitsubishi G4M2e « Betty » (version modifiée)
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Charge explosive
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1 200 kg d'ammonal
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Pilotes engagés
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74 pilotes Ohka tués au combat
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