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Voir Aussi See also Fliegerfaust A Overloon Fliegerfaust B MM Park Strasbourg Fliegerfaust B MM Park La Wantzenau La Fliegerfaust (type B)
Le premier lance-roquettes antiaérien portatif de l’histoire
Avec ses neuf tubes groupés en faisceau et sa peinture camouflée, l’arme exposée dans cette vitrine du MM Park, à La Wantzenau près de Strasbourg, ressemble à un étrange fagot d’acier. Il s’agit pourtant d’une invention étonnante des derniers mois de la Seconde Guerre mondiale : la Fliegerfaust (« poing contre les aviateurs »), aussi appelée Luftfaust (« poing aérien »), conçue pour permettre à un seul fantassin d’abattre un avion volant à basse altitude.
Un contexte désespéré
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Wehrmacht a développé plusieurs dispositifs à main pour arrêter des véhicules comme le Panzerfaust, le Panzerbuchse (Bazooka) et les fusils antichars. Les développements sur une nouvelle génération d'armes antiaériennes étaient aussi dans les tuyaux.
Les Allemands ont expérimenté des missiles amélioré les munitions et développé une gamme de fusées anti-aériennes de toutes formes et de toutes tailles. Des missiles air-air comme les Orkan, des fusées sol-air comme le Rheintochter ou le Feuerlilie F55, des Missiles Sol sol comme le missile V1, V2 Rocket ou des missiles spécialisés comme le Fritz X, et même des drones étaient utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale comme l'Argus As 292. Bien que depassés en prenant en compte les normes d’aujourd’hui, ces engins peuventg être condidérés comme les ancêtres de certains armes actuellesL'un de ces développements a conduit à une arme à feu anti-air de type bazooka. En 1944, l’Allemagne a perdu la maîtrise du ciel. Les chasseurs-bombardiers alliés, comme le P-47 Thunderbolt américain ou le Typhoon britannique, attaquent sans relâche les colonnes, les convois et les positions de la Wehrmacht en volant au ras du sol. Les canons de DCA (Flak) sont trop peu nombreux, trop lourds et trop lents à mettre en batterie pour protéger chaque unité. Les fantassins allemands, déjà dotés de la Panzerfaust contre les chars, réclament une arme individuelle simple contre ces avions Le Fliegerfaust (Eng. Poing de pilote) ou luffaust (Eng. Air Fist) était un lance-roquettes non guidé à canons de petit calibre conçu par Hugo Schneider AG (HASAG) qui avait de l'expérience dans le développement d'un lance-roquettes sans recul, du Panzerbuchse de 88 mm (Panzerschreck) et du Panzerfaust. Le Luftfaust semble être le premier nom de l'appareil, mais cela a été changé en Fliegerfaust plus tard Le changement de nom était un choix plus psychologique comparant l'arme à l'arme antichar Panzerfaust. D'autres parlent de noms différents pour différents types (source anglaise), où les deux premiers types (modèle A et modèle B) ont été nommés Luftfaust et seul le troisième modèle a été nommé Fliegerfaust. Conception L’arme est développée en 1944 par la firme Hugo Schneider AG (HASAG) de Leipzig, déjà fabricante de la Panzerfaust. Il y a eu deux versions
La première version, la Luftfaust A, aligne quatre tubes de 20 mm d’environ un mètre, superposés verticalement et jetables. La version améliorée, la Luftfaust B, adopte neuf tubes plus longs disposés en cercle La deuxième version, Fliegerfaust B avait neuf barils de 150 cm de long disposés dans un motif circulaire et entièrement chargés pesaient 6,5 kilogrammes, il a tiré neuf fusées de 20 mm.v C’est le modèle exposé ici. On reconnaît sans hésitation la version B à ses neuf tubes en faisceau circulaire, là où la version A n’en comptait que quatre, alignés et plus courts. En février 1945, elle est rebaptisée Fliegerfaust. Le Fliegerfaust a lancé des fusées de 20 mm, 90 grammes chacune avec 19 grammes d'explosifs et ont été stabilisés. Le principe est celui d’une salve : plutôt que de viser précisément un avion rapide, le tireur projette un nuage de petits projectiles explosifs sur sa trajectoire. Les roquettes partent en deux temps : quatre tubes d’abord (un sur deux), puis les cinq autres une fraction de seconde plus tard, afin que le souffle des premières ne dévie pas les suivantes. L’arme se tient à l’épaule, avec une poignée et une détente sous le faisceau ; le mécanisme de mise à feu et le ressort sont bien visibles sur le côté. Les munitions Chaque projectile est un obus explosif de 20 mm, dérivé de la munition « mine » du canon d’avion MG 151/20, auquel on a ajouté une petite charge propulsive. Il pèse environ 90 g, dont 19 g d’explosif. Des évents inclinés font tourner la roquette sur elle-même pendant le vol, ce qui la stabilise. Les neuf roquettes sont chargées d’un seul coup grâce à un chargeur groupé. Ces types de fusées étaient déjà utilisés par les canons de l'avion allemand Luftwaffe. Les fusées de 20 mm ont été tirées en deux volées avec 0,2 seconde d'intervalle, ce qui a formé un cercle de frappe d'environ 60 mètres de diamètre à 500 mètres de distance. Lorsqu'il a tiré, il s'est reposé sur l'épaule d'un soldat avec son extrémité arrière, c'était un lancement sans recul. Le Fliegerfaust a utilisé un chargeur avec 9 petites fusées. Ces rojectile combinait la tête explosive d’un obus de 20 mm (celui du canon d’avion MG 151/20) et un petit moteur-fusée.
le schéma montre un projectile en haut la partie obus (Zünder = fusée, Sprengladung = charge explosive, Leuchtsatz = traceur), en dessous le moteur (Raketentreibsatz = propergol), avec une tuyère centrale et quatre tuyères inclinées (Dralldüse) qui faisaient tourner la roquette sur elle-même pour la stabiliser. La mise à feu était électrique.
Les photos montrent une réplique de présentation : le support gris est imprimé en 3D, et les projectiles bleus sont, par convention, des munitions d’exercice ou inertes.
L’arme avait 9 tubes, tirés en deux salves très rapprochées (4 puis 5) pour créer un nuage de projectiles face à un avion volant bas, avec une portée utile de quelques centaines de mètres. Elle n’a été produite qu’en très petite série à la toute fin de la guerre et n’a eu pratiquement aucun usage au combat. Fliegerfaust C ou Flakfaust un serpent de mer m / 6 tubes) C'est une information globalement exacte, bien qu'elle comporte une nuance technique importante souvent simplifiée dans la littérature militaire populaire. l s'agit effectivement d'un projet de fin de guerre développé par la firme HASAG (parfois désigné sous le nom de Fliegerfaust C ou Flakfaust dans certaines archives) qui est resté au stade de concept sur papier ou de prototype inachevé. En raison de la capitulation de l'Allemagne en mai 1945, ce modèle n'a jamais connu de production en série. De plus, aucun exemplaire ou vestige physique de cette version n'a survécu ou n'a été documenté dans les musées. Il n'existe aucun dessin technique officiel, plan industriel ou schéma d'époque connu pour cette version à six tubes de 30 mm de la Fliegerfaust (parfois désignée rétroactivement Fliegerfaust C ou Luftfaust C). L'absence de représentations visuelles s'explique par plusieurs facteurs : • Un projet mort-né : Cette variante à calibre élargi utilisant le projectile Minengeschoß de 30 mm du canon d'aviation MK 108 n'a jamais dépassé les toutes premières phases de l'étude conceptuelle ou des premiers essais rudimentaires de laboratoire avant la capitulation allemande de mai 1945Ce canon était monté sur les.Messerschmitt Bf 109, Messerschmitt Bf 110, Messerschmitt 163, Messerschmitt 262, Focke Wulf Fw 190 • Absence d'archives préservées : Contrairement à la version classique à 9 tubes de 20 mm (Fliegerfaust B), dont les schémas originaux de l'entreprise HASAG et les exemplaires saisis par les Alliés sont bien documentés, les documents relatifs au modèle de 30 mm ont été détruits, perdus ou n'ont tout simplement jamais été formalisés sous forme de plans diffusés. • Confusion avec d'autres armes : Les rares illustrations ou modèles 3D amateur que l'on trouve parfois sur Internet sous l'appellation "Fliegerfaust 30mm" sont soit des représentations spéculatives de passionnés, soit des confusions visuelles avec le Fliegerschreck (un autre projet utilisant des roquettes plus grosses) ou le lance-roquettes soviétique Kolos développé bien plus tard. Les seules informations tangibles à son sujet restent les brèves mentions textuelles issues des rapports d'interrogatoire des ingénieurs allemands et des évaluations des services de renseignement alliés à la fin de la guerre En résumé Mais le Fliegerschreck n’était pas une nouvelle arme. C'était un nouveau type de munitions pour le Panzerschreck, une roquette anti-aérienne spéciale pour ce type de bazooka allemand. Après avoir tiré et atteint une distance spécifique, il a explosé et a libéré 144 petites charges explosives incendiaires pour créer une zone d'effet. Bien que terminé à la fin de la guerre, il n'a pas été délivré aux troupes de première ligne. Pas une nouvelle arme, mais une munition : Le Fliegerschreck ("la terreur des avions") n'était pas un nouveau tube de lancement, mais une variante de munition antiaérienne adaptée au lance-roquettes antichar réglementaire Panzerschreck (le Raketenpanzerbüchse). Le principe des sous-munitions (144 charges) : La roquette utilisait le moteur standard de 88 mm mais emportait une ogive modifiée. Celle-ci était conçue pour exploser à une distance programmée afin de libérer une grappe de 144 petites charges incendiaires. Le but était de créer un véritable "rideau" ou barrage de feu dans le ciel pour abattre ou dissuader les chasseurs-bombardiers alliés (comme les P-47 ou les Typhoon) qui attaquaient à basse altitude. [ Le système de visée : Pour l'utiliser, il suffisait d'installer une grille de visée antiaérienne simplifiée (similaire à celle des mitrailleuses MG34/MG42) sur le bouclier du Panzerschreck. Statut en fin de guerre Le développement de cette tête d'obus s'est terminé au tout début de l'année 1945. Face à la désorganisation totale de l'industrie allemande à ce stade du conflit, cette munition n'a jamais été distribuée aux troupes de première ligne. Il semble que 80 à 100 Luftfaust aient été produits et testés. Un prototype de Luftfaust C sera également testé, doté de 6 canons
Une arme arrivée trop tard
En 1945, la Wehrmacht commande 10 000 lanceurs et 4 millions de roquettes. Mais l’industrie allemande s’effondre sous les bombardements et l’avance alliée : seuls quelques exemplaires sont fabriqués. Environ 80 Fliegerfaust sont confiées à une unité basée vers Sarrebruck pour des essais au combat, en avril 1945. Une photographie prise à Berlin à la fin de la guerre montre aussi plusieurs lanceurs usagés dans les décombres de l’hôtel Adlon, signe qu’elles ont servi lors de la bataille de Berlin.
Les résultats restent modestes : la dispersion des roquettes est importante (jusqu’à un cinquième de la distance de tir) et la portée trop courte face à des avions rapides. Aucune victoire aérienne certaine ne lui est attribuée.
Un précurseur
Malgré son échec, la Fliegerfaust est considérée comme le premier système antiaérien portatif de l’histoire. L’idée d’armer un simple soldat contre les avions sera reprise après la guerre, avec bien plus de succès, par les missiles guidés à l’épaule comme le Stinger américain, le Strela soviétique ou le Mistral français.
Il existe effectivement de rares exemplaires authentiques survivants du Fliegerfaust (ou Luftfaust), ainsi que des répliques très fidèles qui circulent dans les milieux de la reconstitution et des musées Les modèles authentiques survivants se trouvent à Dresde et Moscou A Dresde on trouve deux exemplaires authentiques d'origine. Fait exceptionnel, le musée conserve une version rare du Fliegerfaust A (le prototype initial à 4 tubes) ainsi qu'un Fliegerfaust B (le modèle de série standard à 9 tubes), exposés côte à côte avec des projectiles de 20 mm d'époque. À Moscou (Russie) : Plusieurs exemplaires ont été capturés par l'Armée rouge lors de la bataille de Berlin en 1945 (on en voit notamment abandonnés sur des photos célèbres devant l'hôtel Adlon). Le Musée central des forces armées à Moscou en conserve au moins un exemplaire authentique dans ses collections d'armes de prise de la Seconde Guerre mondiale. À noter qu'un autre exemplaire d'époque très connu est visible au War Museum d'Overloon aux Pays-Bas). La réplique de Strasbourg (France) Celle ci est une réplique historique de très haute qualité. Elle a été construite et mise en valeur par l'association qui gère le Fort Litroz (situé sur la Ligne Maginot). Caractéristiques techniques
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