Vexillum Veteranorum. Cohorte Vétérans Nimes 2026









Rome Vexillum Veteranorum. Cohorte Vétérans Nimes  2026
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COH VET : la cohorte des vétérans En effet les  vétérans de la légion et leur étendard, le vexillum

Lors d’un défilé de reconstitution romaine, parmi les étendards des légions, flotte un petit drapeau rouge carré frangé d’or portant les lettres COH VET. Ces deux abréviations désignent selon toute vraisemblance la cohors veteranorum, l’unité des vétérans, ces légionnaires expérimentés maintenus sous les armes après leur temps de service.

Le vexillum

Description. C’est un étendard en tissu carré, d’environ 50 cm de côté, suspendu à une traverse horizontale au sommet d’une hampe. Il pend comme une bannière et ne flotte pas latéralement comme nos drapeaux. Le bas porte souvent une frange, et des rubans peuvent pendre aux extrémités de la traverse. La couleur dominante est le rouge. Le tissu porte en général le nom ou le numéro de l’unité, parfois une figure, une divinité ou l’emblème de la légion. La hampe peut se terminer par une pointe de lance ou un ornement.

Les témoignages.

  • Un original conservé. Le musée Pouchkine de Moscou possède un fragment de vexillum trouvé en Égypte, daté du III? siècle environ. C’est une toile de lin rouge où une Victoire est peinte debout sur un globe. On ne connaît presque aucun autre étendard antique ayant survécu.

  • Les images. On voit des vexilla sur la colonne Trajane et la colonne de Marc Aurèle, sur des reliefs de scènes d’adlocutio (l’empereur qui harangue les troupes), sur des monnaies et sur des stèles funéraires de porte-enseignes.

Sa place parmi les enseignes. L’armée romaine en hiérarchise plusieurs.

  • L’aquila est l’aigle de la légion, l’enseigne suprême. La perdre est un déshonneur absolu.

  • Les signa sont les enseignes de manipule ou de centurie : une hampe ornée de disques et de médaillons.

  • L’imago porte le portrait de l’empereur.

  • Le vexillum est l’étendard de la cavalerie, des détachements, des vétérans, et aussi du général en chef.

Comme les autres enseignes, il a une valeur religieuse. On le conserve dans le sanctuaire du camp (aedes signorum), on l’honore et on prête serment devant lui.

Les fonctions.

  • Ralliement et identification. Une unité qui n’est pas une légion complète se reconnaît et se regroupe autour de son vexillum.

  • Commandement. Exposé devant la tente du général, un vexillum rouge donne l’ordre du combat.

  • Décoration militaire. Le vexillum fait partie des dona militaria, réservés aux officiers supérieurs. Un vexillum d’argent pouvait être remis à un tribun, un préfet ou un légat, avec la lance d’honneur (hasta pura) et les couronnes.

  • Usage civique. Il flottait sur le Janicule pendant les comices, et son abaissement suspendait le vote.

Le porteur. C’est le vexillarius. Le mot désigne soit le porte-étendard, soit, par extension, un soldat qui sert dans un détachement ou parmi les vétérans « sous le vexillum ».

La postérité.

  • Christianisme. Le labarum de Constantin et les bannières de procession sont les héritiers directs du vexillum : un tissu suspendu à une traverse portée par une hampe. Le gonfanon médiéval a la même forme.

  • Vocabulaire savant. On parle de vexillologie pour l’étude des drapeaux. En botanique, le vexille (ou étendard) est le grand pétale supérieur des fleurs de légumineuses comme le pois ou le genêt. En ornithologie, le vexille est chacun des deux côtés de la plume, de part et d’autre du rachis.


 

 

 

Lire l’inscription

Abréviation

Lecture et sens

COH

Cohors, la cohorte : unité d’environ 480 hommes ; une légion en compte dix.

VET

Veteranorum, « des vétérans »

COH VET

ohors veteranorum, l’unité des vétérans, que les sources antiques regroupent plutôt sous un étendard propre, le vexillum veteranorum.


 

Les vétérans dans l’armée romaine

Sous Auguste, l’armée romaine devient une armée de métier. Selon les sources antiques, le légionnaire sert d’abord seize ans, puis vingt ans à partir de l’an 5 de notre ère. Au terme de ce service, une partie des soldats n’est pas renvoyée tout de suite : ils restent quelques années encore dans la légion, comme vétérans, avant de toucher leur prime de démobilisation ou une terre.

Ces vétérans sont regroupés à part des cohortes ordinaires, sous leur propre étendard : on dit qu’ils servent « sous le vexillum » (sub vexillo). Ils jouissent d’un statut privilégié : ils sont dispensés de la plupart des corvées du camp et ne sont mobilisés que pour le combat ou pour des tâches demandant leur savoir-faire. Leur expérience en fait une réserve précieuse au cœur de la légion.
Apres la fin de son service qui durait
 en moyenne 25 ans il obtenait le statut officiel de vétéran (veteranus). 
Parmi eux on trouve des 
Les Evocats ou Evocati  Les vétérans les plus expérimentés pouvaient être rappelés sous les drapeaux à la demande d'un général ou d'un consul. Ils formaient une cohorte d'élite (cohorte d'évocats), jouissaient d'un grand respect, recevaient une solde supérieure et étaient exemptés des corvées les plus pénibles. 
Les colonies de vétérans : Pour récompenser les soldats et pacifier ou romaniser les territoires conquis, l'État romain leur octroyait à la fin de leur service une prime de démobilisation importante (argent ou terres) et permettait leur installation dans des colonies militaires dédiées.
Les vétérans conservaient de nombreux honneurs et constituaient une classe influente, servant souvent d'exemple ou accédant à des responsabilités locales ou à des promotions directes au rang de centurion s'ils reprenaient du service

Sub vexillo : « sous le vexillum »

L’objet. Le vexillum est un étendard romain. C’est un morceau de tissu carré, souvent rouge, suspendu à une traverse fixée en haut d’une hampe. Le mot est un diminutif apparenté à velum (« voile, toile »). Il se distingue de l’aquila, l’aigle de la légion, et des signa des manipules et des cohortes. Celui qui le porte est le vexillarius. Le français a tiré de ce mot la vexillologie, l’étude des drapeaux.

Les sens militaires de l’expression

  • Un détachement. Un groupe de soldats prélevé sur une ou plusieurs légions combattait sub vexillo, sous son propre étendard, puisque l’aigle restait avec le gros de la légion. D’où le terme de vexillatio : sous l’Empire, ce sont des corps expédiés sur un autre front ou affectés à des chantiers.

  • Les vétérans en sursis de congé. C’est l’emploi technique le plus précis. Sous Auguste, les légionnaires qui avaient fait leurs seize ans de service étaient libérés de la discipline ordinaire mais maintenus « sous le vexillum » quelques années de plus. Ils étaient dispensés des corvées et ne servaient plus que pour repousser l’ennemi. Tacite (Annales I, 36) emploie la formule retineri sub vexillo à propos des concessions faites aux légions mutinées en 14 apr. J.-C.

  • Le signal du combat. Chez César (Guerre des Gaules II, 20), le premier geste avant la bataille est d’exposer le vexillum devant la tente du général : c’est le signal de courir aux armes.

Un usage civique. Pendant que les comices centuriates votaient au Champ de Mars, un vexillum rouge flottait sur le Janicule. C’est un souvenir de l’époque où il fallait guetter l’ennemi étrusque. Si on l’abaissait, l’assemblée était aussitôt dissoute. Ce stratagème a servi en 63 av. J.-C. pour interrompre le procès de Rabirius.

La christianisation. L’étendard militaire est repris pour la croix. Le labarum de Constantin est en fait un vexillum frappé du chrisme. Venantius Fortunat compose au VI? siècle l’hymne Vexilla regis prodeunt (« Les étendards du roi s’avancent »), chantée pendant la Passion. Dans la bulle fondatrice des Jésuites (1540, puis 1550), est membre de la Compagnie celui qui veut « combattre pour Dieu sous l’étendard de la croix » (sub crucis vexillo Deo militare).

En résumé. Sub vexillo veut dire « enrôlé, mobilisé ». Selon le contexte, on sert sous un drapeau particulier plutôt que sous l’aigle commune, ou bien on reste sous les armes alors qu’on pourrait être libéré. Au figuré, l’expression désigne l’engagement sous une bannière, qu’elle soit politique ou religieuse.


 

Ce maintien prolongé sous les armes a aussi été source de tensions. En 14 après J.-C., à la mort d’Auguste, les légions de Pannonie et de Germanie se mutinent : l’historien Tacite rapporte que les soldats se plaignaient, entre autres, d’être retenus sous le vexillum bien au-delà de leur temps.

Les vétérans sub vexillo : la réforme augustéenne

Le problème de départ. À la fin de la République, les soldats démobilisés attendaient des terres, et chaque général ambitieux les leur promettait. C’est ce qui a nourri les guerres civiles. Auguste veut une armée permanente, loyale à l’État et donc à lui, dont la retraite ne dépende plus du bon vouloir d’un chef de guerre.

Les étapes.

  • 13 av. J.-C. : le service est fixé à 16 ans pour les légionnaires et 12 ans pour les prétoriens. À la fin, une prime en argent remplace la distribution de terres (Dion Cassius, LIV, 25).

  • 5 apr. J.-C. : le service passe à 20 ans pour les légionnaires et 16 pour les prétoriens.

  • 6 apr. J.-C. : création de l’aerarium militare, une caisse spéciale qui verse les primes de congé, soit 3 000 deniers pour un légionnaire. Elle est alimentée par deux impôts nouveaux et impopulaires : 5 % sur les héritages (vicesima hereditatium) et 1 % sur les ventes.

Où intervient le vexillum. Entre la fin du service actif et le congé définitif, le soldat passe dans une catégorie intermédiaire, celle des veterani sub vexillo. Ces vétérans quittent leur centurie et sont regroupés sous un étendard propre. Ils sont exemptés des gardes, des corvées et des travaux, mais restent mobilisables pour le combat. Pour l’État, c’est une réserve aguerrie qui coûte peu et qui retarde le paiement des primes. Pour le soldat, c’est une semi-retraite qui n’en finit pas.

La crise de 14 apr. J.-C. À la mort d’Auguste, les légions de Pannonie puis de Germanie se mutinent. Chez Tacite (Annales I, 17), le meneur Percennius énumère leurs griefs : des hommes qui servent trente ou quarante ans, gardés sous le vexillum bien après leur temps, et qui reçoivent au bout du compte des marécages ou des terres incultes en guise de récompense. Pour calmer les troupes, Germanicus en Germanie et Drusus en Pannonie concèdent le congé à 20 ans et le passage sous le vexillum dès 16 ans. Dès 15, Tibère revient sur ces concessions et rétablit les 20 ans pleins, en invoquant l’état du trésor militaire (Annales I, 78).

La suite. Le statut de vétéran sub vexillo s’efface progressivement au I?? siècle. Le service s’allonge de fait à 25 ans, et le congé honorable (honesta missio) devient une étape nette, sans période intermédiaire.


Les vexillationes : du détachement au corps d’armée

Le principe. Une légion est installée à demeure dans son camp, avec son aigle. Quand une campagne lointaine ou un chantier demande des hommes, on ne déplace pas toute la légion, ce qui dégarnirait la frontière. On en prélève une partie, de quelques centaines à deux ou trois mille hommes, qui part sous un vexillum. Le détachement est commandé par un tribun, un centurion ou un praepositus. Plusieurs légions peuvent fournir chacune un contingent pour composer une force ad hoc.

Sur le limes.

  • Les grandes campagnes. Les guerres daciques et parthiques de Trajan, puis les guerres marcomanes de Marc Aurèle, mobilisent des vexillations venues de tout l’Empire. Les inscriptions mentionnent des formules du type vexillatio legionis… ou vexillationes legionum….

  • Les chantiers. Le mur d’Hadrien et le mur d’Antonin ont été construits par des détachements des légions de Bretagne : la II? Augusta, la VI? Victrix et la XX? Valeria Victrix. Chacun signait son tronçon sur des pierres de construction, et sur le mur d’Antonin par des « dalles de distance » sculptées qui indiquent la longueur bâtie.

  • L’exploitation des ressources. Des vexillations travaillent aussi dans les carrières, les mines et les tuileries militaires, ou tiennent des postes avancés loin de la base.

  • Des départs sans retour. Il arrivait qu’un détachement ne revienne jamais. Il restait sur place, s’y installait et finissait par former une unité à part.

Le glissement du III? siècle. Pendant la crise du III? siècle, les empereurs ont besoin de forces mobiles en permanence. Les vexillations deviennent alors durables et forment le noyau des armées de campagne, notamment la cavalerie de Gallien. Le détachement provisoire se transforme en institution.

Dans l’armée tardive. Dans la Notitia Dignitatum (vers 400), le mot vexillatio ne désigne plus un détachement mais une unité de cavalerie de l’armée mobile. Il y a les vexillationes palatinae, attachées à la cour, et les vexillationes comitatenses. Le mot qui voulait dire « les hommes sous l’étendard » est devenu un type de régiment.


Le fil commun. Dans les deux cas, le vexillum marque un statut à part de l’ordre normal de la légion. Pour les vétérans, c’est un sursis avant la libération. Pour les vexillations, c’est un service loin de l’aigle. Dans les deux cas, ce statut provisoire a fini par se figer en institution.

 

Le vexillum, étendard des détachements

Le vexillum est un étendard de tissu carré suspendu à une traverse horizontale, au sommet d’une hampe ou d’une lance. Il porte le nom et parfois l’emblème de l’unité. Contrairement à l’aigle, qui représente toute la légion, le vexillum sert à identifier une unité particulière ou un détachement, une vexillatio, envoyé en mission loin du gros de la légion.

Le vexillum vu de près : traverse, attaches de cuir et franges dorées.


 

 

 

Celui des photos en reprend les codes : tissu rouge, bordure et lettres jaune d’or, frange au bas, traverse fixée par des attaches de cuir et lanières pendantes. À côté, l’étendard au lion porte le nom de la Legio XIII Gemina, dont le lion était l’emblème, et un autre celui d’une légion numérotée V.

Réserves

Points à garder en tête

 

  • « Cohorte » ou « vexillum » ? Les sources antiques parlent surtout de vétérans groupés sous un vexillum. L’expression « cohorte des vétérans » sur ce drapeau est sans doute un choix des reconstituteurs pour désigner leur groupe.

  • Une création moderne. Le drapeau photographié est une réplique de troupe de reconstitution. Son inscription et ses couleurs s’inspirent de modèles antiques mais ne reproduisent pas un étendard connu.

 

   


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