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Tableaux générés par IA sur mes indications Cette Renault Frégate Amiral de 1956 est le vaisseau amiral de la Régie Cette Frégate bleu nuit rappelle l’ambition de Renault de revenir sur le haut de gamme au lendemain de la guerre.
Cette grande berline bleu nuit impose sa présence avec ses Chromes généreux, sa calandre ovale, et une longue flèche sur le capot : la Renault Frégate Amiral de 1956 incarne l’automobile bourgeoise française des années cinquante. Elle raconte aussi un chapitre singulier de l’histoire de Renault, celui d’une marque nationalisée qui voulait prouver qu’elle savait faire autre chose que des petites voitures populaires. Une grande routière pour la France d’après-guerre
Dès 1945, la Régie Renault, tout juste nationalisée et dirigée par Pierre Lefaucheux, lance l’étude d’une voiture moderne de haut de gamme. Alors que la 4 CV motorise la France populaire, il faut aussi une berline statutaire pour les cadres, les professions libérales et les administrations. Une présérie de la Frégate est dévoilée au Salon de Paris en octobre 1950. La première voiture de série est livrée le 22 novembre 1951 au baron Surcouf, à Saint-Malo, lors d’une cérémonie où des maîtres d’hôtel étaient déguisés en corsaires.
La Frégate est assemblée à Flins, la nouvelle usine de Renault, officiellement inaugurée en octobre 1952. Moderne pour son époque, elle adopte une carrosserie autoporteuse et quatre roues indépendantes, un choix encore rare sur une grande berline française.
L’Amiral, la version bien née
Au début de 1953, la gamme se divise en deux finitions : la Frégate Affaires, plus dépouillée, et la Frégate Amiral, mieux équipée et plus soignée. Le nom, dans la continuité du vocabulaire maritime cher à Renault, résume l’ambition du modèle : être le navire de tête de la flotte. En 1956 arrive la Grand Pavois, encore plus luxueuse, ainsi que le break Domaine.
L’exemplaire exposé correspond au type R 1101. Selon le panneau du musée, il reçoit le quatre-cylindres de 2 litres (1 997 cm³), classé 12 CV fiscaux, avec une boîte à quatre rapports et une transmission aux roues arrière. Il atteint 120 km/h, une vitesse respectable pour une berline familiale de l’époque.
La même année, Renault commence à proposer le moteur Étendard de 2,1 litres et 77 ch, qui deviendra la motorisation de référence de la fin de carrière.
Un style reconnaissable entre tous
Vue de face, la Frégate se reconnaît immédiatement à sa calandre ovale à barrettes verticales, barrée d’une traverse chromée portant l’écusson Renault. Une longue arête chromée court sur tout le capot jusqu’au pare-brise, flanquée de deux phares ronds bien détachés des ailes. De profil, les lignes ponton, les baguettes chromées et le pare-chocs à butoirs proéminents traduisent l’influence des berlines américaines, adaptée au goût français.
L’exemplaire vendéen porte encore une plaque d’immatriculation à l’ancien format, 832 BW 16, qui renvoie au département de la Charente. Son état très soigné, peinture profonde et chromes éclatants, en fait l’un des témoins les plus élégants de la collection.
Une carrière honorable mais contrariée La Frégate n’a jamais connu le succès espéré. Face à elle, la Citroën Traction Avant puis surtout la révolutionnaire DS, présentée en 1955, et la Peugeot 403 se sont taillé la part du lion. Renault a pourtant multiplié les évolutions : boîte entièrement synchronisée, transmission semi-automatique Transfluide à partir de 1957, break de luxe Manoir, et même quelques carrosseries spéciales signées Chapron ou Letourneur et Marchand.
L’histoire du modèle est aussi marquée par un drame : Pierre Lefaucheux, le patron qui l’avait voulue, trouve la mort au volant d’une Frégate en 1955. L’usine de Flins porte aujourd’hui son nom. La production s’arrête en avril 1960, après environ 160 000 à 180 000 exemplaires selon les sources, qui incluent ou non les breaks. Renault attendra ensuite la R16, en 1965, pour revenir durablement sur ce segment.
À voir à Talmont-Saint-Hilaire
Présentée au milieu de ses contemporaines, dont un break Renault vert d’eau et plusieurs grandes routières des années cinquante et soixante, la Frégate Amiral du Musée automobile de Vendée offre un bel aperçu de ce que représentait le luxe à la française il y a soixante-dix ans. Une voiture à redécouvrir, symbole d’une époque où l’on s’embarquait en Frégate pour les longs trajets familiaux.
Musée automobile de Vendée, Talmont-Saint-Hilaire (85). Photos : visite du musée.
Fiche technique (d’après le panneau du musée)
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