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Rome Militaria Les Sagittarii Palmyreni
Article écrit par :
Claude Balmefrezol
Mis en ligne le
02/11/2026 à 17:19:17
LES SAGITTARII PALMYRENI
Les Archers d'Élite de Palmyre au Service de l'Empire Romain
Recherches faites avec IA ainsi que les tableaux qui ont été générés sur mes indications
Voir aussi See Also
Rome Militaria Les Sagittarii Palmyreni
Rome Militaria Les Fleches Romaines
Sagittari Palmyrenus Arles 2008
Sagittari Palmyrenus Guerres Daciques St Romain en Gall 2012
Sagittari Palmyrenus Nimes 2014
Sagittari Palmyrenus Nimes 2013
Sagittari Palmyrenus Nimes 2012
Introduction
Les sources latines désignent ces soldats comme Palmyreni ou sagittarii Palmyreni (« archers palmyréniens » ; singulier : sagittarius Palmyrenus). L'expression ne désigne pas une unité unique, mais plusieurs formations (numeri, cohortes, aile de méharistes) levées à Palmyre entre le IIe et le IIIe siècle apr. J.-C. Intégrés comme troupes auxiliaires, ces soldats ont apporté à l'armée romaine la maîtrise de l'arc composite oriental. Dans ce domaine, Rome est toujours restée dépendante des peuples d'Orient.
Chronologie, Origine et Recrutement
Les Archers avant Palmyre
L'art de l'archerie est un savoir-faire étranger. Le légionnaire romain combattait au glaive et au javelot (pilum). Rome n’a jamais formé d’archers parmi ses citoyens : elle a toujours confié le tir à des peuples spécialistes, d’abord comme alliés ou mercenaires, puis comme troupes auxiliaires régulières.
Sous la République : Les Unités spéciales Crétois, Baléares et Numides
Les archers crétois étaient les plus réputés de la Méditerranée grecque. Ils utilisaient déjà un arc composite (bois, corne et tendons), difficile à bander mais de plus longue portée que l’arc simple. Après la conquête de la Macédoine et de la Grèce au IIe siècle av. J.-C., ils servent régulièrement dans l’armée romaine comme auxiliaires.
Les frondeurs des Baléares (Majorque, Minorque) n’étaient pas des archers mais tenaient le même rôle de tir à distance, avec des balles de pierre ou de plomb.
Les cavaliers numides (actuelle Algérie) étaient des cavaliers légers armés de javelots, spécialistes du harcèlement.
César les emploie tous les trois ensemble. Dans La Guerre des Gaules (livre II, 7), il envoie « des Numides, des archers crétois et des frondeurs baléares » secourir la place de Bibrax, assiégée par les Belges en 57 av. J.-C.
Le tournant dec Rome se tourne vers l’Orient
Après le désastre de Carrhes (53 av. J.-C.), Rome comprend qu’il lui faut des archers aussi bons que ceux des Parthes. Elle recrute dans les royaumes et cités alliés du Proche-Orient, où l’arc composite est une tradition ancienne :
les Ituréens, peuple de la région du Liban actuel, réputés comme archers ;
les Commagéniens, du royaume de Commagène (sud-est de la Turquie actuelle) ;
les cités de Syrie : Chalcis, Antioche, Damas, Apamée, Tyr, Ascalon, Hama…
Sous le Haut-Empire : les cohortes et ailes sagittariorum
Sous Auguste puis sous les Flaviens (fin du Ier siècle apr. J.-C.), ces contingents deviennent des unités permanentes de l’armée, qui portent dans leur nom la mention sagittariorum ou sagittaria (« d’archers »). On en connaît une trentaine. Exemples :
Cohors I Augusta Ituraeorum sagittariorum : archers ituréens, en Dacie. Le titre Augusta indique une création sous Auguste ou peu après.
Ala I Flavia Commagenorum sagittariorum : archers montés de Commagène, en Dacie, créés sous les Flaviens.
Cohors I Cretum sagittaria : la tradition crétoise se prolonge sous l’Empire ; l’unité est en garnison à Drobeta (Dacie), sur le Danube.
Cohors II Chalcidenorum sagittariorum (Mésie inférieure) et Cohors I Antiochensium sagittariorum (Mésie supérieure) : archers syriens sur la frontière du Danube.
Cohors I Hamiorum sagittariorum : 480 archers de Hama (Syrie), seule unité d’archers connue en Bretagne. Ils sont en garnison à Carvoran (Magnis), sur le mur d’Hadrien, puis sur le mur d’Antonin en Écosse.
Et les Palmyréniens ?
Les Palmyréniens s’inscrivent donc dans une longue tradition. Leurs premières unités apparaissent sous Trajan et Hadrien, en même temps que les archers de Hama. Ce qui les distingue :
Lleur nombre et leur diversité (archers à pied, archers montés, méharistes) ;
leur organisation en numeri, des unités qui gardaient leur langue, leurs noms et leurs dieux ;
leur proximité directe avec les Parthes, dont ils connaissaient parfaitement les méthodes.
Après eux, d’autres cités syriennes continuent de fournir des archers. Le meilleur exemple est la Cohors I milliaria Hemesenorum sagittaria equitata, unité de 1 000 archers d’Émèse (Homs). Elle est stationnée à Intercisa, en Pannonie (actuelle Hongrie), de la fin du IIe siècle jusqu’aux années 240.
Revenons à Nos Archers de Palmyre
Origine historique : Palmyre (Tadmor en araméen), oasis stratégique du désert de Syrie, possédait une longue tradition d'archerie montée et à pied. Elle la devait à sa position de carrefour commercial et de zone frontalière face aux Parthes. Ses caravanes, qui reliaient l'Euphrate au golfe Persique, étaient escortées par des archers recrutés sur place. La cité entretenait donc ses propres milices du désert bien avant d'en fournir à Rome.
Entrée dans l'Empire : Palmyre passe sous contrôle romain au début du Ier siècle apr. J.-C. et est rattachée à la province de Syrie, tout en conservant une large autonomie. L'empereur Hadrien la visite en 129 ; elle prend alors le nom d'Hadriana Palmyra. Sous les Sévères, au début du IIIe siècle, elle obtient le rang de colonie romaine.
Levée des unités : Dès le Ier siècle apr. J.-C., Rome fait appel à des archers orientaux (Syriens, Ituréens, Commagéniens) pour combler ses lacunes en archerie. Les premières unités régulières de Palmyréniens apparaissent sous Trajan (98-117), à l'occasion des guerres daciques puis parthiques. Sous Hadrien, elles s'installent durablement sur les frontières.
Mode de recrutement : Ils étaient recrutés initialement parmi les pérégrins (hommes libres non-citoyens de la province de Syrie). Dans les cohortes et les ailes, le service durait 25 ans. À son terme, le soldat obtenait la citoyenneté romaine (civitas), attestée par un diplôme militaire en bronze. Pour les numeri, unités moins régulières, la règle est moins bien connue. Après l'édit de Caracalla (212), qui fait citoyens presque tous les hommes libres de l'Empire, cette récompense perd son sens.
Une identité préservée : Les unités palmyréniennes semblent avoir longtemps continué à recruter en Syrie plutôt que dans leur région de garnison. Cela explique qu'elles aient conservé leur langue, leurs noms et leurs dieux à des milliers de kilomètres de leur cité
L'Ombre des Parthes : Pourquoi Rome Avait Besoin d'Archers
L'ennemi venu de l'Est : Pendant près de trois siècles, le grand rival de Rome en Orient fut l'Empire parthe, maître de l'Iran et de la Mésopotamie.
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L'Archer parthe
Un peuple de cavaliers. Les Parthes sont à l’origine une tribu nomade d’Asie centrale, venue des steppes au nord de l’Iran (les Parnes, de la dynastie des Arsacides). Ils fondent un empire qui domine l’Iran et la Mésopotamie du IIIe siècle av. J.-C. jusqu’en 224 apr. J.-C. Ils ne perdront jamais leur héritage de nomades des steppes : le cheval et l’arc.
1. Le recrutement : une armée féodale
- Pas d’armée permanente. Contrairement à Rome, l’Empire parthe n’entretenait pas de troupes de métier. En cas de guerre, le Roi des rois convoquait ses rois vassaux (jusqu’à 18 à certaines époques), ses seigneurs régionaux et ses commandants de garnison. Chacun venait avec ses propres troupes à un lieu et une date fixés.
- Les nobles et leurs dépendants. Le cœur de l’armée était formé par les grands nobles iraniens (azat). Chacun amenait ses dépendants, que les auteurs grecs et romains appellent « esclaves », même s’il s’agissait plutôt de serfs ou de vassaux attachés à un domaine.
- Deux classes de cavaliers. Les nobles servaient comme cavaliers lourds cuirassés (cataphractaires). Les gens du commun, beaucoup plus nombreux, formaient la masse des archers montés.
- L’exemple de Suréna. À Carrhes, le général Suréna, chef de l’une des plus grandes familles nobles, lève à lui seul une armée privée d’environ 10 000 cavaliers parmi ses dépendants : 1 000 cataphractaires et 9 000 archers montés.
- Le témoignage de Justin. Selon cet historien romain, les Parthes entraînaient leurs « esclaves » à monter à cheval et à tirer à l’arc avec autant de soin que leurs propres enfants. Lors de la guerre contre Marc Antoine, l’armée parthe aurait compté 50 000 cavaliers, dont seulement 400 hommes libres.
2. L’armement de l’archer monté
- L’arc composite. C’est l’arme principale. Il est fait de bois, de corne et de tendons collés, avec des extrémités recourbées vers l’avant (arc « réflexe ») qui augmentent sa puissance et sa portée. Ses flèches surpassaient la portée de toutes les armes de jet romaines.
- Les flèches. Elles étaient munies de pointes en fer, souvent à barbelures, capables de percer les boucliers et les armures des légionnaires. Chaque archer emportait un carquois bien garni, et un convoi de chameaux réapprovisionnait les combattants pendant la bataille, comme à Carrhes.
- L’arme de secours. L’archer portait une épée courte et sans doute un poignard pour se défendre en cas de contact.
- Très peu de protection. L’archer monté ne portait pratiquement pas d’armure : sa défense, c’était la vitesse et la distance.
3. Le costume
- Tunique et pantalon. L’archer parthe portait une tunique serrée à la taille et un pantalon large, souvent orné, rentré dans des bottes souples. C’est une tenue de cavalier des steppes, très proche de celle des Scythes et des Sarmates.
- La coiffure. On le représente avec une coiffe de tissu, parfois pointue et peut-être rembourrée, ou les cheveux retenus par un bandeau.
- Des couleurs vives. Les Parthes aimaient les tissus brodés et colorés, qui frappaient les observateurs romains.
4. Le cheval
- Des chevaux réputés. Les Parthes étaient d’excellents éleveurs et dresseurs. Le géographe grec Strabon vante la rapidité de leurs chevaux.
- Sans étriers. Comme tous les cavaliers de l’Antiquité, l’archer parthe montait sans étriers, qui n’apparaissent que plusieurs siècles plus tard. Tirer au galop et se retourner pour décocher la « flèche du Parthe » demandait donc un entraînement dès l’enfance et un équilibre exceptionnel.
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Son armée reposait sur deux types de cavaliers : une masse d'archers montés, légers et très mobiles, et une élite de cavaliers lourds entièrement cuirassés, les cataphractaires.
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Le cataphractaire, partenaire de l’archer
L’archer parthe ne combattait jamais seul. Il était associé au cataphractaire, qui était une sorte de char d assaut de l antiquié l'ancetres des gros Frères de Napoléon
Le nom
- Cataphractaire vient du grec kataphraktos, « entièrement couvert » ou « blindé de toutes parts ». Les textes latins parlent de cataphractarii.
- Clibanaire (clibanarius) est un autre nom, sans doute tiré du grec klibanos, « four » : une allusion à la chaleur étouffante que subissait le cavalier enfermé dans son armure. Les deux termes désignent des cavaliers lourds très proches. À la fin de l’Empire, Rome emploie les deux, sans que la différence exacte entre eux soit bien établie.
2. Les origines : une invention des steppes et de l’Iran
- Le cheval d’abord. Pour porter un homme en armure et sa propre cuirasse, il fallait des chevaux grands et puissants. Les Mèdes et les Perses élevaient sur le plateau iranien les fameux
chevaux « néséens », réputés les meilleurs de l’Antiquité.
- Les nomades d’Asie centrale. Dès le VIe siècle av. J.-C., des peuples des steppes comme les Massagètes et les Saces alignaient des cavaliers cuirassés. Les Sarmates les introduisent ensuite autour de la mer Noire.
- Les rois séleucides, héritiers grecs d’Alexandre en Orient, adoptent à leur tour la cavalerie cuirassée. C’est contre eux que Rome affronte ses premiers cataphractaires, notamment à la bataille de Magnésie en 190 av. J.-C., où les légions l’emportent.
- Les Parthes en font l’élite de leur armée. Puis leurs successeurs, les Perses sassanides (à partir de 224 apr. J.-C.), alourdissent encore leur équipement.
3. Qui était le cataphractaire ?
Chez les Parthes, le cataphractaire était un noble. Lui seul pouvait payer une armure complète, plusieurs chevaux capables de la porter et des années d’entraînement. Chaque grand seigneur arrivait à la guerre entouré de ses cataphractaires et suivi de la masse de ses archers montés, recrutés parmi ses dépendants.
4. L’équipement du cavalier
- L’armure du corps est une cotte d’écailles de fer ou de bronze, de mailles ou de lamelles (petites plaques lacées), souvent combinées. Elle descendait jusqu’aux genoux, et des protections articulées couvraient les bras et les jambes.
- Le casque, en fer ou en acier, était souvent prolongé d’un camail (rideau de mailles protégeant le cou) et parfois d’un masque de métal au visage humain. Le cavalier ressemblait alors à une statue.
- La lance (kontos) était longue d’environ 3,5 à 4 mètres et tenue à deux mains. Les auteurs antiques affirment qu’elle pouvait transpercer deux hommes d’un seul coup.
- Les armes secondaires étaient une épée, une masse d’armes, un poignard et parfois un arc.
5. L’armure du cheval
- Le cheval était protégé par une housse d’écailles couvrant le corps de l’encolure à la croupe, avec un chanfrein (une plaque de métal) sur la tête.
- Une découverte exceptionnelle : Doura-Europos. En 1933-1934, les fouilles d’une tour de la ville ont livré deux housses de cheval complètes du IIIe siècle. Elles sont formées de rangées d’écailles cousues sur une double toile de lin et mesurent près de 1,50 mètre de long. L’une est exposée à la Yale University Art Gallery (États-Unis), l’autre au Musée national de Damas. Une armure de ce type pesait environ 40 kg.
- Sur les murs de Doura, un graffito dessiné par un soldat montre d’ailleurs un cavalier cuirassé avec son cheval entièrement couvert.
6. Au combat : le marteau et l’enclume
Le cataphractaire et l’archer monté formaient un tandem redoutable :
- Les archers harcèlent l’ennemi de flèches, de loin et sans relâche.
- Pour se protéger, l’infanterie se resserre en rangs compacts ou en tortue.
- Les cataphractaires chargent au trot puis au galop, lance basse, pour enfoncer ces rangs serrés ou les empêcher de se disperser.
- Si l’ennemi s’ouvre pour éviter la charge, les archers reprennent leur tir, et ainsi de suite jusqu’à l’épuisement de l’adversaire.
C’est exactement le piège dans lequel Crassus est tombé à Carrhes en 53 av. J.-C.
7. Les points faibles et comment Rome les a exploités
- La chaleur et la fatigue. Hommes et chevaux s’épuisaient vite sous le poids de l’armure, surtout en plein soleil.
- Le manque de mobilité. Un cataphractaire désarçonné avait du mal à se relever et devenait une proie facile.
- Sans étriers, le cavalier tenait sur sa selle grâce à ses cuisses et à l’équilibre, ce qui limitait la violence du choc et le rendait vulnérable s’il était bousculé.
Deux victoires romaines exemplaires :
- Tigranocerte (69 av. J.-C.). Le général romain Lucullus affronte les cataphractaires du roi d’Arménie Tigrane. Selon Plutarque, il ordonne à ses soldats de frapper les jambes et les cuisses des cavaliers, seules parties mal protégées, puis de les attaquer au corps à corps. L’armée arménienne est mise en déroute.
- Immae (272 apr. J.-C.). Pour vaincre les cavaliers cuirassés de la reine Zénobie, commandés par son général Zabdas, l’empereur Aurélien ordonne à sa cavalerie légère de simuler une fuite. Les clibanaires palmyréniens se lancent à sa poursuite sous un soleil brûlant. Quand ils sont épuisés, les Romains font volte-face et les écrasent. Très peu de cavaliers palmyréniens survivent.
8. Rome adopte l’arme de ses ennemis
- La première unité romaine. Sous Hadrien (117-138), Rome crée sa première unité de cavaliers cuirassés, l’Ala I Gallorum et Pannoniorum catafractata, recrutée parmi les Gaulois et les Pannoniens.
- Au IIIe siècle, après les guerres contre les Perses et contre Palmyre, les cataphractaires et clibanaires deviennent une partie importante de l’armée romaine. On en trouve jusqu’en Bretagne.
- Le témoignage d’Ammien Marcellin. Cet historien et officier du IVe siècle décrit les clibanaires de l’escorte de l’empereur Constance II lors de son entrée à Rome en 357. Couverts de métal des pieds à la tête, immobiles sur leurs chevaux, ils ressemblaient, écrit-il, à des statues polies par le sculpteur grec Praxitèle et non à des hommes.
9. L’héritage
- À Byzance, la cavalerie lourde reste au cœur de l’armée. Les cataphractaires réapparaissent en force aux Xe et XIe siècles sous les empereurs macédoniens, et la tradition dure jusqu’à la chute de Constantinople en 1453.
- Ancêtres du chevalier ? Le chevalier médiéval d’Occident, avec sa lance, son armure et son cheval caparaçonné, rappelle fortement le cataphractaire, même si la filiation directe est discutée par les historiens. Une différence majeure : le chevalier dispose d’étriers, ce qui lui permet de charger lance couchée sous le bras avec une violence bien supérieu
archers.
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Face à eux, l'infanterie lourde romaine, conçue pour le corps à corps, se trouvait désarmée.
Le désastre de Carrhes (53 av. J.-C.) : Le consul Crassus envahit la Mésopotamie avec environ sept légions. Près de Carrhes (Harran, dans l'actuelle Turquie), le général parthe Suréna l'attend avec environ 9 000 archers montés et 1 000 cataphractaires. Les Romains, serrés en carré ou en tortue (testudo) pour résister aux charges des cataphractaires, deviennent une cible idéale pour les archers. Ceux-ci tirent sans relâche, hors de portée des javelots.
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Des flèches sans fin : Les Romains espéraient que l'ennemi finirait par manquer de projectiles. Mais Suréna avait organisé un convoi de chameaux chargés de flèches, qui réapprovisionnait ses archers en continu. L'arc composite parthe perçait les boucliers et clouait, dit-on, les mains des légionnaires à leur bouclier. Le fils de Crassus, Publius, meurt dans une contre-attaque. Crassus lui-même est tué lors d'une entrevue avec les Parthes.
Un traumatisme national : Selon Plutarque, environ 20 000 Romains périrent et 10 000 furent faits prisonniers. Pire encore pour l'honneur romain, les aigles des légions tombèrent aux mains de l'ennemi. Il fallut attendre l'an 20 av. J.-C. pour qu'Auguste les récupère, par la diplomatie et non par les armes. Il fit de cet événement un thème majeur de sa propagande, représenté sur la cuirasse de la célèbre statue d'Auguste de Prima Porta.
La « flèche du Parthe » : La technique la plus redoutée des Parthes était le tir en arrière : le cavalier feignait la fuite, puis se retournait sur sa selle pour tirer sur ses poursuivants. L'expression est restée en français : lancer « la flèche du Parthe », c'est décocher un dernier trait cinglant au moment de partir. Marc Antoine en fit à son tour l'amère expérience en 36 av. J.-C., lors d'une retraite désastreuse à travers la Médie, harcelé sans répit par les archers montés.
La leçon retenue : Rome comprit qu'elle ne pouvait affronter l'Orient sans ses propres archers. Elle chercha donc à recruter des peuples qui maîtrisaient les mêmes armes que les Parthes. Palmyre, cité frontalière qui connaissait parfaitement les méthodes de ses voisins, devint l'un de ses meilleurs viviers.
mais cette armée parthe avait des points faibles
Les sièges. Armée de cavaliers, l’armée parthe ne savait guère prendre les villes fortifiées. Elle échoue ainsi devant Phraaspa, assiégée par Marc Antoine, en 36 av. J.-C.
La logistique. Sans armée permanente ni solde régulière, les Parthes évitaient les longues campagnes loin de leurs bases.
Les divisions internes. Les guerres civiles et les querelles de succession affaiblissaient régulièrement l’empire, ce qui a permis à Trajan, Lucius Verus et Septime Sévère de mener de grandes expéditions en Mésopotamie.
D’après Plutarque (Vie de Crassus, 33), le roi Orode II fait exécuter Suréna peu après Carrhes, probablement dès 52 av. J.-C. La raison est la jalousie et la peur. Suréna, chef de l’une des plus puissantes familles nobles, commandait sa propre armée privée et venait de remporter la plus grande victoire de l’histoire parthe : il devenait trop populaire et trop dangereux pour le trône. Rome en profite immédiatement. Privés de leur meilleur général, les Parthes ne parviennent pas à exploiter leur victoire en Syrie romaine.La suite de l’histoire d’Orode confirme cette fragilité. Son fils Pacorus est tué en 38 av. J.-C. à la bataille du Gindarus, face au général romain Ventidius. Orode est ensuite assassiné par un autre de ses fils, Phraate IV, qui fait aussi éliminer ses frères.
Organisation et Place dans l'Armée Romaine
Statut d'auxiliaires
: Les Sagittarii Palmyreni ne servaient pas directement au sein des légions citoyennes. Ils formaient des unités autonomes rattachées aux Auxilia (troupes auxiliaires), puis aux numeri.
Le numerus, formation typique : La plupart des unités palmyréniennes étaient des numeri (« troupes »). Ces formations étaient plus souples que les cohortes, avec des effectifs variables de quelques centaines d'hommes. Elles étaient souvent commandées par un officier détaché d'une légion (praepositus) et gardaient davantage leurs traditions d'origine.
Cohortes et ailes :
Les Palmyréniens ont aussi servi dans des cohortes. La plus célèbre est la Cohors XX Palmyrenorum milliaria equitata de Doura-Europos, une unité mixte de fantassins et de cavaliers. Ils ont également formé une aile de méharistes, l'Ala I Ulpia dromedariorum Palmyrenorum, créée sous Trajan pour surveiller le désert. Attention à une confusion fréquente : la Cohors I Sagittariorum de Tibiscum était une unité d'archers syriens, et non spécifiquement palmyrénienne.
Effectifs et commandement
Ile étaient repartis en *Cohors I Sagittariorum Palmyrenorum*) ou en *Alae* (unités de cavalerie pure), ainsi qu'en cohortes mixtes équitées (*Cohors equitata*).
: Une cohorte standard (quingenaria) comptait environ 480 à 500 hommes répartis en 6 centuries et était commandée par un préfet (praefectus cohortis), officier de l'ordre équestre. Les unités plus grandes ou milliaria (800 à 1000 hommes) était dirigée par par un Préfet (*Praefectus cohortis*), officier de l'ordre équestre romain. C'était le cas de Julius Terentius, tribun de la cohorte XX des Palmyréniens à Doura vers 239.
Principales unités palmyréniennes attestées
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Unité
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Type
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Garnison
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Période
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Numerus Palmyrenorum Tibiscensium
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Numerus d'archers
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Tibiscum (Dacie, act. Roumanie)
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Dès Hadrien (117-138)
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Numerus Palmyrenorum Porolissensium
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Numerus d'archers
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Porolissum (Dacie, act. Roumanie)
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IIe-IIIe s.
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Cohors XX Palmyrenorum milliaria equitata
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Cohorte mixte (fantassins et cavaliers)
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Doura-Europos (Syrie, sur l'Euphrate)
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IIIe s., jusqu'à la chute de la ville (v. 256)
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Ala I Ulpia dromedariorum Palmyrenorum
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Aile de méharistes
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Syrie
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Dès Trajan
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Archers palmyréniens
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Détachements
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Désert oriental d'Égypte (Coptos, Bérénice, Didymoi)
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IIe-IIIe s.
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Armement et Équipement Spécifique
L'arc composite oriental : C'est leur arme maîtresse. Il est fait de couches de bois, de corne (de bovin ou de chèvre) et de tendons d'animaux collés. Plus court que l'arc simple européen, il offrait une tension et une vitesse de flèche bien supérieures, idéales pour percer les protections à moyenne distance. Ses extrémités rigides étaient renforcées par des plaquettes d'os (les « lattes »). On en a retrouvé en grand nombre dans les forts romains, de la Dacie au mur d'Hadrien, et elles permettent aux archéologues de repérer la présence d'archers.
Portée et entraînement : La portée efficace se situait autour de 150 à 200 mètres. Au-delà, le tir restait possible contre des cibles groupées. L'auteur militaire Végèce (vers 400) recommande d'entraîner les archers sur des cibles placées à 600 pieds romains, soit environ 180 mètres.
Les flèches : Elles étaient équipées de pointes en fer à trois ailettes (trilobées), typiquement orientales, conçues pour causer des blessures graves et traverser les armures légères ou les cottes de mailles.
Accessoires : L'archer portait un carquois, un protège-bras pour se protéger du choc de la corde et, selon la technique orientale, parfois un anneau de pouce pour tendre l'arc. Une épée courte ou un poignard servait en cas de corps à corps.
Protections corporelles : Contrairement au stéréotype de l'archer sans défense, ils portaient souvent la lorica hamata (cotte de mailles) ou la lorica squamata (armure d'écailles de laiton ou de fer), comme le montrent les reconstitutions modernesu Ils avaient un casque conique segmenté sans nasal pour libérer la ligne de visée.. La Colonne Trajane représente les archers orientaux coiffés d'un casque conique et vêtus de longues robes.
Tactique et Emploi sur le Champ de Bataille
Harcèlement et saturation : Dans l'infanterie, ils étaient déployés en avant des lignes de la légion pour déclencher un tir de barrage massif. Ce tir devait désorganiser les rangs ennemis avant le choc des légionnaires.
Tir par-dessus les lignes : À l'approche du corps à corps, ils se repliaient à travers les intervalles des cohortes. Ils se plaçaient ensuite sur les flancs ou à l'arrière et poursuivaient un tir de couverture en cloche. Arrien, gouverneur de Cappadoce, décrit ce dispositif dans son ordre de bataille contre les Alains (vers 135) : les archers à pied, placés derrière les légionnaires, tirent par-dessus leurs têtes.
Tactiques de cavalerie (Equites Sagittarii) : Utilisant les méthodes de tir nomades et parthes, les archers montés pratiquaient le tir à la retraite (la « flèche du Parthe », voir section 2) et le harcèlement continu sans jamais engager le corps à corps. Ils brisaient ainsi la discipline des troupes lourdes adverses.
| Arme / Projectile |
Type d'unité |
Portée utile (m) |
Portée maximale (m) |
Matériaux principaux |
Objectif tactique principal |
| Arc composite (Palmyre) |
Infanterie/Cavalerie auxiliaire |
150 m |
300 m |
Bois, corne, tendons |
Saturation et harcèlement |
| Arc composite (Sarmate) |
Cavalerie lourde (Cataphracte) |
180 m |
350 m |
Bois, os, tendons |
Harcèlement et perforation |
| Pilum (Légionnaire romain) |
Infanterie lourde (Légionnaire) |
20 m |
30 m |
Frêne (bois) et fer doux |
Briser le bouclier ennemi |
| Plumbata (Bas-Empire) |
Infanterie de ligne |
40 m |
60 m |
Plomb, fer, plumes |
Harceler avant le choc |
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Garnison et surveillance du désert : En temps de paix, leur rôle principal était de défendre les remparts des forts, où l'arc est redoutable. Ils patrouillaient aussi les routes du désert et escortaient les caravanes. Les méharistes de l'Ala dromedariorum étaient spécialement adaptés à ces missions.
Grandes Campagnes et Déploiement Historique
Les guerres daciques de Trajan (101-106 apr. J.-C.) : Les archers syriens furent déployés en masse au nord du Danube. Ils jouèrent un rôle crucial pour contrer la cavalerie sarmate, alliée des Daces, et pour harceler les fortifications de Décébale. La Colonne Trajane représente des archers orientaux, mais rien ne permet d'affirmer avec certitude qu'ils sont palmyréniens.
La Dacie romaine : Après la conquête, des numeri palmyréniens tiennent les forts de Tibiscum et de Porolissum, en actuelle Roumanie. Ces deux postes gardent des passages clés de la province. À Tibiscum, des épitaphes bilingues en latin et en araméen palmyrénien témoignent de la présence durable de ces soldats et de leurs familles.
L'Égypte et la mer Rouge : Des archers palmyréniens sont attestés dans le désert oriental d'Égypte, sur les pistes caravanières qui menaient du Nil (Coptos) aux ports de la mer Rouge (Bérénice). Ils y protégeaient le commerce avec l'Inde, dont Palmyre tirait une part de sa richesse.• L'Afrique du Nord : Au IIe siècle, des archers syriens gardent le défilé d'El Kantara (Calceus Herculis) en Numidie, dans l'actuelle Algérie. La tradition locale leur attribue la plantation de la première palmeraie de la région.
Doura-Europos, sur l'Euphrate : La Cohors XX Palmyrenorum tient cette place forte face à l'Empire perse au IIIe siècle. Ses archives sur papyrus (listes nominatives, rapports journaliers, ordres) sont parmi les documents militaires romains les plus riches qui nous soient parvenus. La ville tombe sous les coups des Perses sassanides vers 256.
La révolte de Palmyre (IIIe siècle) : Dans les années 260, le prince palmyrénien Odénat défend l'Orient romain contre les Perses. Après son assassinat (267), sa veuve, la reine Zénobie, prend le contrôle de l'Égypte et d'une partie de l'Asie Mineure. Triste ironie de l'histoire, les archers et les cavaliers cuirassés de Palmyre affrontent alors directement les légions de l'empereur Aurélien, qui les bat à Immae puis à Émèse en 272. Une nouvelle révolte entraîne le sac de la cité en 273.
Aucune source ne dit si des Palmyréniens servant dans l’armée romaine ont dû combattre leurs compatriotes. Mais la guerre de 272 fut à bien des égards fratricide : l’armée d’Aurélien comptait des Syriens, des Mésopotamiens et des Phéniciens, héritiers de la même tradition d’archerie orientale que Palmyre, tandis que celle de Zénobie était en partie issue des troupes romaines d’Orient. Des archers orientaux se sont très probablement affrontés dans les deux camps.
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On ne connaît aucun texte ni aucune inscription montrant des archers palmyréniens au service de Rome face à leurs compatriotes de Zénobie. Le « duel fratricide » reste une hypothèse séduisante, pas un fait.
Ce que dit Zosime sur l’armée d’Aurélien à Émèse (272)
Il en donne la liste. On y trouve :
- des cavaliers dalmates et maures ;
- des troupes de Mésie et de Pannonie, les légions du Norique et de Rhétie ;
- l’élite de la garde impériale ;
- des contingents de Tyane, de Mésopotamie, de Syrie, de Phénicie et de Palestine.
Aucun Palmyrénien n’est cité. En face, Zénobie aligne environ 70 000 hommes, « des Palmyréniens et leurs alliés ».
Les unités palmyréniennes de l’armée romaine à ce moment-là
- À Doura-Europos, la cohorte XX avait disparu vers 256, avec la prise de la ville par les Perses.
- En Dacie (Tibiscum, Porolissum), la province était en train d’être abandonnée par Rome au même moment, vers 271-275. Que sont devenus ces soldats ? Ont-ils suivi l’armée du Danube vers l’Orient ? On l’ignore totalement.
- En Égypte, Zénobie s’empare du pays en 270. Les archers palmyréniens du désert oriental ont très bien pu se rallier à elle, mais là non plus, aucune preuve.
Il y a pourtant bien eu une guerre fratricide, au sens large
- Syriens contre Syriens. Aurélien avait dans ses rangs des Syriens, des Mésopotamiens et des Phéniciens, des peuples de la même tradition d’archerie orientale que Palmyre. Des archers orientaux ont donc presque certainement tiré les uns sur les autres.
- Romains contre Romains. L’armée de Zénobie était en partie héritée des forces romaines d’Orient commandées par Odénat. C’était donc aussi une guerre civile romaine.
- Émèse a changé de camp. La ville d’où étaient issus d’autres célèbres archers syriens accueille Aurélien en libérateur, avant la bataille livrée sous ses murs.
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Religion et Identité
Les dieux de Palmyre : Loin de chez eux, les soldats palmyréniens honoraient les dieux de leur cité : Bel, le dieu suprême, Iarhibol (le Soleil), Aglibol (la Lune) et Malakbel. Ils leur élevaient des autels et des dédicaces jusque dans leurs garnisons de Dacie ou d'Afrique.
La fresque de Julius Terentius : Découverte dans le temple des dieux palmyréniens de Doura-Europos et datée d'environ 239, cette peinture montre le tribun Julius Terentius offrant un sacrifice devant ses soldats de la cohorte XX. Un porte-enseigne et un prêtre l'accompagnent. Les trois statues en tenue militaire qui reçoivent l'offrande sont discutées par les spécialistes : divinités palmyréniennes ou empereurs romains ? Elle offre une image vivante de l'apparence de ces soldats et est aujourd'hui conservée à la Yale University Art Gallery, aux États-Unis. Une inscription funéraire nous apprend que Terentius est mort au combat.
Deux langues, deux cultures : Les épitaphes bilingues de Tibiscum, en latin et en araméen palmyrénien, montrent des hommes pleinement intégrés à l'armée romaine mais fidèles à leur langue et à leurs noms d'origine.
Encadré : Palmyréniens et Sarmates, Deux Traditions Orientales
Les Sarmates, cavaliers des steppes : Peuple nomade iranien venu des steppes de l'actuelle Ukraine et installé jusque dans la plaine hongroise, les Sarmates furent d'abord des ennemis de Rome. La Colonne Trajane montre leurs cavaliers alliés aux Daces, hommes et chevaux couverts d'écailles. En 175, après les avoir vaincus, l'empereur Marc Aurèle en enrôle 5 500 et les envoie en Bretagne (l'actuelle Angleterre), selon l'historien Cassius Dion. L'Ala I Sarmatarum tient alors le fort de Ribchester (Bremetennacum), dans le nord du pays.
Lanciers plus qu'archers : Comme tous les peuples des steppes, les Sarmates savaient tirer à l'arc. Leur grande spécialité restait cependant la charge de cavalerie lourde, avec une longue lance tenue à deux mains, le contus. On leur doit aussi le draco, une enseigne à tête de dragon en métal prolongée d'une manche à air en tissu, qui sifflait au galop. L'armée romaine l'a adoptée par la suite.
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Le pantalon, signe distinctif : Les Sarmates portaient des pantalons larges serrés aux chevilles, une tunique courte, une armure d'écailles et un casque conique, une tenue entièrement pensée pour le cheval. Pour les Romains, le pantalon (bracae) était au départ un vêtement de « barbare ». Les soldats l'adoptèrent pourtant peu à peu, surtout dans les provinces froides du Nord.
Comparaison des deux traditions
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Palmyréniens
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Sarmates
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Origine
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Oasis caravanière du désert de Syrie
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Steppes d'Europe orientale
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Arme principale
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Arc composite
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Lance lourde (contus), arc en appoint
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Rôle
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Archers à pied, archers montés, méharistes
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Cavalerie lourde de choc
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Tenue
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Longue tunique (Colonne Trajane) ; costume de type parthe avec pantalon sur les reliefs de Palmyre
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Pantalon, tunique courte, armure d'écailles, casque conique
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Garnisons
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Dacie, Syrie, Égypte, Afrique
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Bretagne (Ribchester)
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Héritage
Après la chute de Palmyre : Les unités spécifiquement palmyréniennes disparaissent progressivement après 273. Mais leur savoir-faire leur survit. Dans l'armée romaine tardive, les archers à cheval (equites sagittarii) deviennent une composante permanente et essentielle, notamment face aux Perses et aux Huns.
Palmyre aujourd'hui : Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, le site de Palmyre a subi de graves destructions en 2015-2017, notamment celle du temple de Bel. Les inscriptions et les monuments laissés par ses soldats, de la Roumanie à l'Algérie, restent un témoignage exceptionnel de la diversité de l'armée romaine.
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