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Recherches faites avec IA ainsi que les tableaux qui ont été générés sur mes indications
Voir aussi cet article Maison Grecque Classique
L' article est basée sur cette maquette de la « Maison d’Olynthe A VI 4 », présentée aux Augustales de Loupian (2026). La toiture est ouverte pour montrer la charpente.
Introduction
La maquette présentée aux Augustales de Loupian reproduit une maison fouillée sur le site d’Olynthe, cité de Chalcidique au nord de la Grèce. Philippe II de Macédoine a détruit la ville en 348 av. J.-C., puis elle n’a plus été réoccupée. Les archéologues américains qui l’ont fouillée dans les années 1928-1938 ont donc retrouvé un quartier entier de maisons du IVᵉ siècle, figé au moment de sa destruction. C’est l’une des meilleures sources que nous ayons sur l’habitat grec classique.
Le nom « A VI 4 » est le numéro de la maison dans le plan des fouilles : îlot A VI, maison n° 4. Ce type de maison s’appelle une maison à pastas, du nom de la galerie couverte qui borde sa cour.
1. Les pièces de la maison
Comme presque toutes les maisons urbaines grecques, la maison d’Olynthe tourne le dos à la rue. Elle ne s’ouvre sur l’extérieur que par une porte et quelques fenêtres petites et hautes. Toutes les pièces donnent sur une cour centrale.
Comment appelait-on la chambre ?
Le mot le plus courant est thalamos (θάλαμος). Il désigne une pièce intérieure et fermée, et surtout la chambre conjugale. Chez Homère, le thalamos d’Ulysse et de Pénélope est celui du fameux lit construit autour d’un tronc d’olivier. Le même mot peut aussi désigner une pièce de réserve bien close, où l’on garde les objets précieux.
À partir de l’époque classique et surtout hellénistique, on trouve aussi koitôn (κοιτών), de keimai, « être couché ». C’est le mot le plus proche de notre « chambre à coucher ». L’architecte romain Vitruve, qui décrit la maison grecque au Iᵉʳ siècle av. J.-C., parle d’un thalamos et d’un amphithalamos (la pièce voisine de la chambre) de part et d’autre de la prostas.
Comment appelait-on l’étage ?
L’étage s’appelle le hyperôon (ὑπερῷον), « ce qui est au-dessus ». Dans l’Odyssée, Pénélope se retire avec ses servantes dans son hyperôon. On y montait par un escalier en bois, le klimax (κλῖμαξ), souvent placé dans la cour ou sous la pastas, comme sur la maquette. À Olynthe, l’étage n’existe que sur une partie de la maison, en général au-dessus des pièces du côté nord. Les archéologues le déduisent des bases d’escalier et des objets tombés de l’étage lors de l’effondrement des maisons.
L’étage abritait surtout les chambres, des pièces de stockage et des espaces de travail des femmes. C’est là que l’on situe traditionnellement le gynécée (gynaikônitis), l’appartement des femmes, par opposition à l’andrônitis, partie réservée aux hommes.
Un témoignage célèbre : dans le plaidoyer de Lysias Sur le meurtre d’Ératosthène (vers 400 av. J.-C.), l’Athénien Euphilétos explique que sa maison a deux niveaux, « l’étage égal au rez-de-chaussée, pour l’appartement des femmes et celui des hommes ». Après la naissance de son fils, il installe sa femme en bas pour qu’elle puisse plus facilement donner le bain au bébé, et lui-même monte dormir à l’étage. Cette disposition lui fera découvrir, trop tard, l’adultère de sa femme.
Une séparation à nuancer : Xénophon, dans l’Économique, décrit une porte verrouillée entre le quartier des femmes et celui des hommes. Mais les fouilles d’Olynthe montrent que les objets féminins (pesons de métier à tisser, fuseaux) se retrouvent dans toute la maison, et surtout dans la cour et la pastas. Les historiens pensent aujourd’hui que la séparation dépendait plutôt du moment et des visiteurs : les femmes s’effaçaient quand des étrangers entraient, notamment dans l’andrôn, plutôt que de vivre enfermées dans un étage.
Que désigne la « dialêteria » de la maquette ?
Sur la maquette, l’étiquette « dialêteria » n’est pas posée sur tout l’étage mais sur le grand plancher de bois situé au-dessus de la pastas. C’est une sorte de galerie ou de balcon couvert qui longe la cour au premier étage. On y arrive par l’escalier, et elle dessert les chambres dont on voit les portes alignées le long du mur. C’est aussi un espace de vie et de travail, aéré et lumineux, comme la pastas en dessous.
Le mot lui-même n’apparaît pas, sous cette forme, dans les sources antiques que je connais, et une recherche ne l’a pas trouvé non plus. Il est probablement formé sur diaita (δίαιτα), « manière de vivre, lieu de séjour », qui prend à l’époque hellénistique le sens de « salle de séjour ». Il faudrait demander au maquettiste d’où il tire ce terme. Les mots antiques attestés restent hyperôon pour l’étage, et thalamos ou koitôn pour les chambres.
Chambres et pièce de travail : lit, coffre, métier à tisser et laine prête à filer.
3. Histoire de la maison grecque : les principaux types
La maison grecque a beaucoup évolué sur un millénaire et demi, et elle varie aussi selon les régions et la richesse des familles. On peut distinguer plusieurs grands types.
Dans les palais de Mycènes, Tirynthe ou Pylos, la pièce centrale est le mégaron : une grande salle rectangulaire avec un foyer circulaire au centre, précédée d’un vestibule et d’un porche à deux colonnes. Les maisons ordinaires de cette époque sont plus simples, faites de quelques pièces rectangulaires accolées.
Les maisons des « âges obscurs » et de l’époque géométrique (XIᵉ-VIIIᵉ siècle)
Après l’effondrement des palais, on construit des maisons absidales (terminées par un arrondi), ovales ou rectangulaires, souvent d’une seule pièce, avec des murs en brique crue ou en clayonnage et un toit de chaume. Le grand bâtiment absidal de Lefkandi, en Eubée (vers 950 av. J.-C.), en est l’exemple le plus spectaculaire.
La maison archaïque (VIIᵉ-VIᵉ siècle)
Les maisons deviennent plus grandes et se composent de plusieurs pièces juxtaposées. À Zagora, sur l’île d’Andros, on voit déjà apparaître des pièces groupées autour d’une cour. Le toit de tuiles en terre cuite remplace peu à peu le chaume, d’abord sur les temples puis sur les maisons.
La maison à cour de l’époque classique (Vᵉ-IVᵉ siècle)
C’est le modèle de la maquette. Les villes nouvelles sont tracées selon un plan en damier, associé au nom d’Hippodamos de Milet. Les maisons y sont construites en série, sur des parcelles égales, dans des îlots réguliers. On distingue deux variantes :
À Athènes, beaucoup de maisons restaient modestes et irrégulières, serrées dans des rues étroites. Les auteurs anciens soulignent d’ailleurs la simplicité des maisons privées, comparée à la splendeur des monuments publics.
La maison à péristyle (fin IVᵉ siècle et époque hellénistique)
Chez les plus riches, la cour s’entoure de colonnes sur ses quatre côtés : c’est le péristyle. Les grandes demeures de Pella, capitale de la Macédoine, ou de Délos possèdent des sols en mosaïque, des peintures murales, parfois deux péristyles. Ce modèle inspirera directement la maison romaine.
Les maisons rurales
À la campagne, on trouve des fermes isolées avec une cour, des pièces d’habitation et des bâtiments agricoles. Beaucoup possèdent une tour (pyrgos) en pierre, qui servait sans doute de réserve protégée, de lieu de travail ou de refuge. La « maison de Vari », en Attique, en est un exemple bien étudié.
4. Les matériaux de construction
La maison grecque est construite avec des matériaux simples, trouvés sur place.
Le « perceur de murailles » : les murs de brique crue étaient si faciles à percer que les Grecs appelaient le cambrioleur toichôrychos (τοιχωρύχος), littéralement « celui qui creuse les murs ». Le voleur ne forçait pas la porte : il creusait un trou dans le mur.
5. La charpente et la toiture
La photo de la maquette montre bien comment le toit était construit, de bas en haut :
Les toits grecs sont peu pentus. Autour de la cour, ils descendent souvent en un seul pan vers l’intérieur : l’eau de pluie tombe ainsi dans la cour, où elle peut être recueillie dans une citerne, précieuse dans un pays sec. Il n’y a pas de cheminée au sens moderne : la fumée du foyer s’échappe par un conduit ou une ouverture dans le toit de la pièce à foyer.
Retirée de la maison, la charpente de la maquette se lit très bien. On distingue :
6. Glossaire des termes de la maison
Pour aller plus loin
Sources antiques : Homère, Odyssée ; Lysias, Sur le meurtre d’Ératosthène (I, 9-10) ; Xénophon, Économique (IX) ; Vitruve, De l’architecture (VI, 7).
Études modernes : D. M. Robinson et J. W. Graham, Excavations at Olynthus VIII : The Hellenic House (1938) ; W. Hoepfner et E.-L. Schwandner, Haus und Stadt im klassischen Griechenland (1986, 2ᵉ éd. 1994) ; L. Nevett, House and Society in the Ancient Greek World (1999) ; N. Cahill, Household and City Organization at Olynthus (2002).
Photographies : maquette « Maison d’Olynthe A VI 4 », Augustales de Loupian, 2026. |
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