|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Tableaux générés par AI sur mes indications
Photoscopes Bruckengerat B chariot pontons Pf. 10 Bockwagen Moscou Bruckengerat B Chariot Pontons Pf. 11 Pontonwagen Moscou Bruckengerat B Chariot Rampenwagen Pf. 12 Moscou Bruckengerat C chariot pontons Pf. 14 Pf. 15 (Leichter Pontonwagen) Patriot Park Moscou
Bruckengerat C chariot pontons Pf. 14 Pf. 15 (Leichter Pontonwagen) Moscou Leichte Pionier-Sturmboot 39 Batterie Todt Sturmbootmotor 39 (Saumur) Introduction
En 1940, la guerre de mouvement allemande dépend largement des Pioniere. Chaque rivière est un obstacle que les chars ne peuvent franchir sans pont, et l’ennemi fait sauter les ouvrages fixes en se repliant. La Wehrmacht dispose pour cela de plusieurs équipages de pont standardisés (Brückengeräte), désignés par une lettre. Elle y ajoute, à partir de 1938, un stock croissant de matériel pris en Autriche, en Tchécoslovaquie puis en France.
Cet article fait suite aux photoscopes des chariots Pf. 10, 11 et 12 du Brückengerät B et des chariots Pf. 14 et 15 du Brückengerät C conservés à Moscou.
Les équipages allemands
Le Brückengerät A, l’ancêtre
Il s’agit de pontons complets de la Première Guerre mondiale, encore utilisés par la Reichswehr, permettant un pont de 75 m pour 7 t. Il est dépassé en 1940.
Le Brückengerät B, le pont moyen standard
C’est l’équipage le plus répandu, celui des chariots Pf. 10, 11 et 12 de Moscou. Il repose sur des demi-pontons d’acier : deux demi-pontons accouplés forment un ponton complet. Sa capacité est de 8 t avec les demi-pontons et de 16 t en montage à pontons complets.
Selon le Lexikon der Wehrmacht, le matériel d’une colonne permettait soit des bacs (8 de 4 t, 4 de 8 t, 2 de 16 t ou 1 de 20 t), soit un pont de 4 t sur 130 m, de 8 t sur 80 m ou de 20 t sur 50 m. Les chiffres varient selon les sources et les dates, ce qui explique les écarts avec d’autres publications.
Le détachement d’accompagnement d’une colonne B comptait 8 Bockwagen (Pf. 10), 16 Pontonwagen (Pf. 11), 2 Rampenwagen (Pf. 12), 2 remorques pour bateaux d’assaut (Sd.Ah. 108) et 1 remorque pour vedette de 100 ch (Sd.Ah. 119).
Le Brückengerät C, l’équipage léger
D’après Dietrich Petter, il s’agit de demi-pontons légers transportés sur Bockwagen Pf. 14 et Pontonwagen Pf. 15, permettant des ponts de 4 t sur 84 m au plus. Il servait surtout à construire des passerelles, avec un effectif de 1 officier, 7 sous-officiers et 45 hommes, en traction automobile ou hippomobile.
Le Brückengerät K, le pont des Panzer
C’est un matériel à poutres-caissons (Kastenträgergerät). Une colonne K transportait 8 pontons complets en trois éléments, 8 chariots porte-poutres, 4 Bockwagen, 8 chariots de tablier et 8 Pontonwagen. Elle pouvait établir un pont de 16 t (20 t au maximum), large de 3,50 m et long de 76,8 m, porté à 82 m lorsque la profondeur d’eau près des rives permettait de remplacer les poutres de rive par des pontons. Il était principalement attribué aux Panzerpioniere.
Les autres matériels
Moins courants en 1940 : le Brückengerät D équipait les groupes de reconnaissance motorisés, transporté par camions ; le Brückengerät G était un pont de montagne de 1 à 2 t pour les Gebirgspioniere ; le pont démontable lZ (leicht zerlegbar), autoporteur et transporté par camions, était capable de 30 t.
Les principaux équipages de pont allemands de 1940 (capacités indicatives, variables selon les sources).
Pour les dioramas de 1940-1941, on dispose de photos d’un Pz.Kpfw. III Ausf. G franchissant un pont de 16 t en Gerät B, et d’un Ausf. H sur un pont de 16 t à pontons complets.
L’emploi en 1940
La campagne de l’Ouest illustre le rôle décisif de ces matériels. À la Meuse, les divisions blindées s’appuient sur leurs pionniers : les chars neutralisent bunkers et nids de mitrailleuses pour permettre la construction des ponts de bateaux. À Sedan, le passage initial se fait en canots pneumatiques : les Allemands en engagent 96, dont au moins 81 sont perdus. Les ponts de bateaux suivent pour faire passer blindés et convois.
Les colonnes de pont ne sont pas toutes intégrées aux divisions. Les colonnes B et K sont affectées aux Panzerdivisionen au sein du bataillon de pionniers ; certaines vagues de divisions d’infanterie en ont une en propre, d’autres non. Les colonnes sont donc réparties entre les corps d’armée et certaines divisions.
Le matériel pris à l’ennemi
L’Autriche (1938)
La première prise est autrichienne. Petter mentionne la « Brüko dö », un matériel M 36 de 7,5/15 t provenant des stocks de l’armée autrichienne.
Le Brückengerät H, pont lourd autoporteur sur pontons appelé « Herbert-Gerät », fut repris des armées autrichienne et tchèque.
La Tchécoslovaquie (1939)
C’est le butin le plus important. L’armée tchécoslovaque avait hérité de l’armée austro-hongroise plusieurs systèmes, qu’elle avait complétés par un matériel moderne. Après le 15 mars 1939, l’occupant récupère 57 équipages de pont de type Birago et 38 équipages vz. 32 ; d’autres ponts et accessoires se trouvaient dans douze parcs du génie (de corps d’armée et d’armée) tombés aux mains des Allemands.
Le Birago, pont de bateaux ancien d’origine austro-hongroise. Il permettait couramment des ponts de 2,5 à 6 t, et 9 t en version renforcée. Le système Birago est l'ancêtre de la plupart des ponts militaires de 1940. C'est ce système qui a imposé le principe du ponton divisible. L'inventeur. Karl Freiherr von Birago (1792-1845) est un ingénieur militaire autrichien d'origine lombarde, né près de Milan. Formé aux mathématiques à Pavie, il travaille d'abord comme cartographe à l'Institut militaire géographique de Milan, puis enseigne les mathématiques à l'école des pionniers. En 1844, il reçoit le commandement de la brigade des pionniers et pontonniers, qui venaient d'être réunis, et il est fait baron. L'invention. Tout commence par une nouvelle construction de chevalet (Bock). Son idée décisive est de diviser les pontons, jusque-là lourds et d'une seule pièce. Les éléments deviennent plus légers et plus rapides à transporter, et en assemblant plusieurs éléments on adapte la capacité de charge aux besoins. Le système combine ainsi des chevalets démontables pour les eaux peu profondes et des pontons en plusieurs parties pour les eaux profondes. Il était pensé pour la force physique du soldat isolé : démontable en campagne, transportable, et capable de porter jusqu'à 10 t. Une adoption difficile. Birago se heurte à une forte opposition des officiers établis des pionniers et pontonniers, qui voient en lui un concurrent venu de la cartographie. Présenté dès 1825, son pont est adopté par étapes. En 1841, l'armée autrichienne en fait son seul pont de guerre, dans toutes ses parties et selon le système de l'inventeur. La version à ponton en trois parties est introduite en 1842. Un modèle pour toute l'Europe. Le succès dépasse vite l'Autriche. Des souverains étrangers envoient leurs officiers du génie se former auprès de lui, et le pont Birago est adopté par sept États. Il était encore considéré comme exemplaire pendant la Première Guerre mondiale. L'armée allemande l'avait aussi repris : vers 1905, chaque corps d'armée allemand transportait ses équipages de pont avec des pontons en acier divisibles de 4 500 kg de charge et des chevalets selon le système Birago. Le lien avec 1940. On retrouve l'idée de Birago dans presque tous les matériels vus précédemment. Le Brückengerät B allemand repose sur des demi-pontons assemblables en pontons entiers, et le N2P soviétique utilise aussi des demi-pontons. C'est la logique Birago, modernisée avec l'acier et la traction automobile. Le vz. 32, pont de bateaux moderne de conception tchécoslovaque. Introduit en 1933-1934 avec une capacité de 13 t, il équipait des unités entièrement motorisées, probablement celles des divisions rapides. La souprava vz. 32 (« équipage modèle 1932 ») était le matériel de pont moderne de l'armée tchécoslovaque d'avant-guerre. Son adoption et ses capacités. C'est un équipage de pontons de conception tchécoslovaque, entré en service en 1933-1934. Sa charge utile atteignait 13 t, soit un peu moins que le Brückengerät B allemand en montage renforcé, mais plus que le FBE britannique. Un matériel motorisé. Contrairement à l'équipage Birago, encore largement hippomobile, les unités dotées du vz. 32 étaient entièrement motorisées. Elles appartenaient probablement aux « divisions rapides » (rychlé divize), les grandes unités mobiles de l'armée tchécoslovaque. Sa place dans le parc tchécoslovaque. Le vz. 32 cohabitait avec le vieux système Birago, resté majoritaire. Au 18 mars 1939, on comptait sur le territoire de l'ancienne Tchécoslovaquie :
La saisie par les Allemands. Après le 15 mars 1939, les occupants reprennent le matériel de l'ancienne armée tchécoslovaque. Douze parcs du génie, de corps d'armée et d'armée, tombent aussi entre leurs mains avec leurs équipages et accessoires. C'est l'origine de la Brüko T (T pour tschechisch, tchèque) de la Wehrmacht. Ce matériel tchèque se composait de pontons entiers transportés sur des voitures à pontons et à chevalets, tractés par des véhicules ou par des chevaux. La traction par véhicules correspond au vz. 32, la traction par chevaux plutôt au Birago. Les Brüko T sont ensuite rattachées à des divisions d'infanterie allemandes, par exemple la Brüko T 45 à la 213. ID en 1941 ou la Brüko T 181 à la 95. ID. Le pont Herbert, basé sur une poutre d’acier préfabriquée de 25 m à section triangulaire, qui pouvait reposer sur des piles ou sur des pontons de 16 m en sept éléments. Sa capacité normale était de 16 t, jusqu’à 30 t au maximum. L’inventaire des saisies de 1939 recense 1 175 mètres de ponts Herbert. Le pont Kohn
Son origine. C'est le plus ancien des ponts métalliques démontables des troupes ferroviaires tchécoslovaques d'avant-guerre. Il date des années 1890 et provient de l'armée impériale autrichienne. Il permettait des portées jusqu'à 45 m, et jusqu'à 57 m en configuration à trois étages.
Sa conception. Les poutres principales sont parallèles, avec des diagonales croisées. Les membrures supérieure et inférieure sont identiques, faites de deux fers en U. Le pas entre traverses est de 3 m, comme la hauteur d'un étage. Le système utilise trois types d'éléments rivetés, assemblés par broches et boulons, dont le plus lourd pèse 314 kg. La poutre peut avoir une ou deux parois et un à trois étages.
Montage et masse (pont ferroviaire, compagnie de pont entraînée, structure seule sans échafaudage ni rampes) :
Ses défauts. C'était probablement le moins avantageux des systèmes en service. Il comptait trop de pièces, et surtout ses membrures comprimées étaient insuffisamment raidies, avec un risque de flambement dangereux. L'armée tchécoslovaque a pourtant continué à s'y entraîner pendant tout l'entre-deux-guerres.
Le pont Roth-Waagner (RW)
Son origine. Il est développé en Autriche-Hongrie par l'ingénieur Friedrich Roth, du régiment ferroviaire impérial et royal, avec l'entreprise de construction de ponts Waagner-Biró. Les sources allemandes le datent de peu avant 1914, une source tchèque de 1900. Pendant la guerre, les armées autrichienne et allemande l'emploient à grande échelle.
Sa conception. Le treillis se monte à partir de barres, de membrures et de goussets individuels. Les pièces sont donc légères, le montage est possible même en terrain difficile, et le système est très modulable. En contrepartie, le montage est plus long, le pont fini plus lourd et le matériel coûteux, car les pièces devaient être usinées avec précision pour rester interchangeables. Le système repose sur des travées de 3 m et des poutres de 4 m de haut. Il pouvait avoir deux ou trois parois et un ou deux étages, soit des poutres de 8 m de haut. Il permettait aussi de construire des piles jusqu'à 60 m de haut, un héritage de son origine alpine.
Ses performances. La portée entre appuis atteignait 84 m, et exceptionnellement 114 m. Les réalisations de la Grande Guerre sont spectaculaires :
à Belgrade, sur la Save, la travée centrale de 96 m est montée en 7 jours ; sur la Vistule à Ivangorod, environ 90 m de portée sont montés en encorbellement en 23 jours, avec des pointes à 27 m par jour ; le pont de Salcano sur l'Isonzo franchit 93 m sans échafaudage. Sa longévité. Le RW sert à nouveau en grande quantité pendant la Seconde Guerre mondiale, puis pour reconstruire les ponts détruits, avant d'être remplacé par le système allemand SKR (Schaper-Krupp-Reichsbahn). En 1945 à Bratislava, les sapeurs soviétiques reconstruisent le pont routier sur le Danube en RW, avec 1 200 hommes en trois équipes et un rythme allant jusqu'à 18 m par jour. Ce pont a servi jusqu'en 2013. Le dernier pont ferroviaire RW d'Autriche a été démonté en 2012 près de Traisen. L'exemplaire de la collection d'instruction des pionniers autrichiens, à Bruckneudorf, est désormais le dernier de son espèce dans le pays.
Le Herbert, troisième système hérité
L'armée tchécoslovaque avait aussi hérité de l'Autriche un troisième système, le pont Herbert. Il reposait sur une poutre préfabriquée de 25 m, qu'on assemblait sur la rive puis qu'on lançait en porte-à-faux. Il pouvait reposer sur des pontons de 16 m, pour 16 t de charge normale et jusqu'à 30 t au maximum. En 1939, les Allemands en ont saisi 1 175 mètres linéaires.
Ces trois systèmes illustrent l'héritage austro-hongrois de l'armée tchécoslovaque, comme le Birago pour les pontons. Pour mémoire, le Birago tchécoslovaque portait normalement de 2,5 à 6 t, et 9 t en version renforcée
Une énigme : le Brückengerät T. Une source le décrit comme un équipage tchèque à pontons complets, sur Pontonwagen et Bockwagen, en traction automobile ou hippomobile ; ce pourrait être le vz. 32. Mais un glossaire allemand y voit un matériel développé pour la Turquie et repris par l’armée allemande.
Oui, le Brückengerät T est une vraie énigme. Voici l'état du dossier : ce qu'on sait, ce qui coince, et comment trancher. Ce que l'on sait La seule description disponible provient d'une compilation fondée sur le Waffen-Arsenal S-41 de Beiersdorf et sur les archives NARA. Elle parle d'un matériel de pont tchèque à pontons entiers, transporté sur voitures à pontons et à chevalets, tracté par des véhicules ou par des chevaux.
Le « T » signifirait tschechisch. Des colonnes ont bien existé. Par exemple la Brüko T 45 à la 213. ID en 1941, la Brüko T 181 à la 95. ID, et la Brüko T 182 à la 206. ID. Elles ont eu une vie courte. La Brüko T 195 devient troupe d'armée en juin 1942, puis est dissoute le 25 août 1942. Ce qui coince
1. Deux candidats possibles. En mars 1939, l'armée tchécoslovaque avait deux matériels à pontons :
La description allemande mentionne justement les deux modes de traction. Cela ne tranche rien : la Brüko B allemande était elle aussi prévue pour les véhicules, avec les chevaux en option.
2. Les « pontons entiers ». Le principe même du Birago est le ponton divisible, ce qui plaiderait pour le vz. 32. Mais les Allemands employaient « Ganzponton » par opposition au « Halbponton » de leur matériel B, pour désigner un ponton assemblé. Un Birago monté pourrait donc aussi entrer dans cette catégorie.
3. Un indice par élimination. Les Allemands ont donné une lettre distincte au matériel Herbert : le Brückengerät H, un pont lourd autoportant sur pontons repris des armées autrichienne et tchèque. Ils classaient donc les matériels tchèques par type. Or aucune lettre propre au Birago n'apparaît dans les listes. Soit le Birago a été versé dans le T avec le vz. 32, soit il n'a pas été réemployé en unités constituées.
4. Un intrus. L'inventaire tchécoslovaque de mars 1939 mentionne aussi 36 « équipages B » dont on ne sait rien. Il pourrait s'agir d'un autre matériel encore.
Mon hypothèse
Le T désignait probablement d'abord le vz. 32, le seul matériel tchèque assez moderne et motorisé pour intéresser vraiment la Wehrmacht, et peut-être aussi une partie du Birago. La courte durée de vie des colonnes, dissoutes dès 1942, s'accorde avec un matériel de prise, en nombre limité, sans pièces de rechange et usé sur le front de l'Est. Mais cela reste une hypothèse.
La question reste ouverte. La France (1940)
Le génie français de 1940 est bien équipé. Il faut dire qu' matière de franchissement, le génie français de 1940 est même en avance, mais il l'est moins dans d'autres domaines. Le franchissement, point fort. Selon plusieurs sources, le génie français était très bien équipé dans ce domaine et en avance sur les autres armées européennes. Cela vaut pour les ponts d'équipage comme pour les ponts de chemin de fer, où la France était déjà très en avance pendant la Première Guerre mondiale. Les principaux matériels de l'époque sont les suivants : Comparé aux matériels étrangers :
Les ponts français soutiennent donc largement la comparaison avec le matériel allemand. Leur faiblesse venait plutôt de leur emploi : les moyens étaient centralisés au corps d'armée, alors que chaque Panzerdivision avait son propre matériel. Les unités de ponts lourds étaient la spécialité la plus « lourde » du génie français en matière de franchissement.
Leur origine. Le franchissement des cours d'eau est une mission du génie depuis la réforme de juillet 1894. Pendant la Grande Guerre apparaissent en 1914 des unités spécialisées, les « équipages de génie maritime ». En août 1916, elles deviennent des compagnies du génie maritime rattachées au 3e régiment du génie. Le 1er janvier 1920, elles prennent le nom de compagnies de ponts lourds et sont intégrées au 7e régiment du génie. En temps de paix, le 7e RG d'Avignon aligne ainsi un bataillon de ponts lourds à 2 compagnies, à côté de son bataillon de pontonniers.
Leurs missions. Elles sont plus larges que le seul pontage flottant :
entretenir les ponts métalliques ; construire des ponts lourds sur pilotis ou en charpente ; en défensive, participer à la destruction des ouvrages d'art. Leur organisation en 1939-1940. La mobilisation de septembre 1939 met sur pied 17 compagnies de ponts lourds. Elles sont placées en réserve générale sous les ordres du GQG de Meaux, puis détachées auprès des armées ou des corps d'armée selon les besoins. Chaque compagnie comprend une section de commandement et quatre sections, soit 3 officiers, un médecin, 19 sous-officiers et 248 sapeurs. Chaque section dispose de 2 camionnettes de vivres-bagages, 2 camionnettes de ravitaillement, une cuisine roulante, 7 camions pour le matériel, un haquet-remorque, une remorque et une ambulance. Numérotées d'abord de 1 à 17, les compagnies prennent le préfixe « 326 » le 1er mars 1940 (326/1 à 326/17). Neuf d'entre elles ont fait réaliser un insigne métallique, ce qui intéressera les collectionneurs.
Leur matériel. Elles servent le pont lourd FCM Modèle 1930, à ne pas confondre avec les matériels Mle 1901 ou Mle 1935 des divisions et corps d'armée. Ce pont de 14 à 44 t selon le montage se compose de fortes poutres maîtresses reposant sur des bateaux Mle 1915. C'est le seul matériel français capable de supporter les charges les plus lourdes de l'époque. Il atteint cependant ses limites vers 1938 avec le char B1 bis de 30 t.
Après l'Armistice. Leur savoir-faire reste précieux après juin 1940. La convention d'armistice imposait de déployer des unités militaires non armées pour remettre en état les infrastructures, surtout les ponts routiers et ferroviaires. Les premières unités chargées de ce travail furent organisées autour des compagnies de ponts lourds.
Leur héritage. La spécialité renaît dans l'armée de la Libération. C'est au sein du 211e bataillon de ponts lourds de la 1re Armée française que le lieutenant Jean Gillois eut l'idée du camion flottant portant un élément de pont. Cette idée donna naissance, après la guerre, au célèbre pont amphibie Gillois.
Les faiblesses. Le tableau est moins brillant ailleurs. Les matériels plus élaborés, comme l'outillage électrique ou pneumatique, restaient rares en dessous de l'échelon du corps d'armée. Le retard était aussi important face à l'Allemagne pour les mines antipersonnel et antichars. Le génie était enfin largement pensé pour une guerre de position (fortification, ligne Maginot, destructions) plutôt que pour accompagner des unités mécanisées rapides. Comparé aux Allemands. Techniquement, les ponts français n'avaient rien à envier à la Brückenkolonne B. La différence tenait surtout à l'organisation et à la doctrine. Chaque Panzerdivision possédait son propre bataillon de pionniers avec son matériel de pont, alors que les moyens lourds français restaient concentrés au niveau du corps d'armée. En mai 1940, c'est la rapidité d'emploi, et non la qualité du matériel, qui a fait la différence. Le franchissement allemand de la Meuse à Sedan en est l'illustration.Un héritage durable. Cette tradition du franchissement s'est prolongée après la guerre. Le lieutenant Jean Gillois, du 211e bataillon de ponts lourds de la 1re Armée, eut l'idée d'un camion flottant portant un élément de pont, qui devint le célèbre pont amphibie Gillois. Il dispose de l’excellente passerelle d’infanterie Mle 1936, dont le tablier repose sur des flotteurs en kapok, et du pont Mle 1935 de 10 t, sur bateaux métalliques à fond plat. Les compagnies de ponts lourds utilisent le pont des Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) Mle 1930, à ne pas confondre avec les matériels Mle 1901 ou Mle 1935 des divisions et corps d’armée. Doublé, le FCM supportait jusqu’à 44 t, mais il était lourd et ne pouvait être divisé en petits éléments. La Wehrmacht a bien réemployé ce matériel. Un glossaire allemand cite un « Gerät FMC » (sans doute une coquille pour FCM), classé comme matériel étranger (f). Un ordre de bataille des pionniers de la 7e Armée allemande en Bretagne mentionne une « Brücken Kolonne FCM 01/35 », comprenant le pont FCM prévu pour 16 à 44 t sur 132 m ou 61 m, ainsi que les matériels de pont d’équipage Mle 1901 et Mle 1935.
La Grande-Bretagne (1940)
Le Corps expéditionnaire britannique abandonne presque tout son matériel en France. Le même ordre de bataille breton signale ainsi une colonne « engl. Klappboot », équipée du bateau pliant britannique (Folding Boat Equipment), dont le radeau ponté portait 4,5 t.
a Folding Boat Equipment (FBE, « matériel à bateaux pliants ») était le matériel de pont léger standard des Royal Engineers britanniques. Les Allemands l'appelaient engl. Klappboot.
Son origine. L'équipement est adopté en 1928. Il servait de pont léger standard pour les charges jusqu'à la classe 5, c'est-à-dire des radeaux ou un pont capables de porter environ 5 t. Il était conçu pour faire passer des véhicules légers à l'appui immédiat d'un assaut. Il se montait beaucoup plus vite que les ponts lourds, en étant forcément moins robuste.
Le bateau pliant. C'est là l'ingéniosité du système. Replié, le bateau était entièrement plat, grâce à une charnière continue en toile, ce qui facilitait le transport et le stockage. Déplié, il transportait 16 hommes à la rame ou avec un moteur hors-bord Coventry Victor de 7,5 ch. En surcharge, il pouvait en prendre jusqu'à 30, mais il était alors très enfoncé dans l'eau.
Les configurations. Avec des éléments de tablier et de liaison, le bateau servait de trois façons
le radeau à chenillards (Tracked Raft) de 3 t, fait de deux bateaux reliés par deux traverses en bois portant deux chemins de roulement de 14 pieds ; le radeau ponté (Decked Raft), fait de 3 bateaux avec des rampes plus grandes, pour une capacité de 4,5 t. C'est le « 4,5 t (radeau) » de votre fiche. Sur la Mk II, cette capacité passe à 5,2 t, toujours en classe 5 ; le pont, fait de plusieurs radeaux pontés assemblés en travée continue, complété par des chevalets et un canot de reconnaissance. Les versions. La Mk II, du début des années 1930, n'apporte que des changements mineurs. En 1938, la Mk III est profondément modifiée et sa capacité passe à 9 t (classe 9). Elle devient le pont léger standard britannique puis allié, et sert largement jusqu'en 1945, en Europe comme en Birmanie.
Le butin de 1940. En mai-juin 1940, le Corps expéditionnaire britannique abandonne l'essentiel de son matériel lourd lors de la retraite sur Dunkerque. La Wehrmacht récupère ainsi des FBE et les réemploie comme elle le faisait avec les matériels tchèques (Brüko T) ou autrichiens (Brüko dö). La désignation engl. Klappboot suit exactement cette logique : le type de matériel, précédé de sa nationalité d'origine. Je n'ai cependant pas trouvé de document précisant quelles unités allemandes l'ont utilisé, ni en quelles quantités. Pour le Matériel Soviétique Comparé aux autres matériels :
Principaux matériels de pont étrangers réemployés par la Wehrmacht.
|
|
Droit d’auteur La plupart des photographies publiées sur ce site sont la propriété exclusive de © Claude Balmefrezol Elles peuvent être reproduites pour une utilisation personnelle, mais l’autorisation préalable de leur auteur est nécessaire pour être exploitées dans un autre cadre (site web publications etc) Les sources des autres documents et illustrations sont mentionnées quand elles sont connues. Si une de ces pièces est protégée et que sa présence dans ces pages pose problème, elle sera retirée sur simple demande. Principaux Collaborateurs:
Nb
de visiteurs:9763011 Nb
de visiteurs aujourd'hui:2566 Nb
de connectés:68
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||