Italie Regia Marina Les sous-marins italiens de la Seconde Guerre mondiale

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 12/09/2026 à 07:31:56



Les sous-marins italiens de la Seconde Guerre mondiale

Pour Alain en souvenir de ton  père qui a travaillé sur ces sous marins

A CONSULTER ABSOLUMENT
 
 
Histoire des classes, unités, tableau récapitulatif et zoom sur les toire des classes, unités, tableau récapitulatif et zoom sur les classes
 
En 1940, la Regia Marina (Marine royale italienne) aligne l'une des plus importantes flottes sous-marines du monde : environ 116 unités, ce qui en fait, sur le papier, la première force sous-marine mondiale au début du conflit. Mais cette puissance apparente cache une réalité plus contrastée : les bâtiments sont dispersés dans une multitude de petites classes, mêlant sous-marins côtiers et sous-marins océaniques. Ce dossier présente chaque classe, avec pour chacune la liste nominative de ses unités (lancement et sort), un tableau récapitulatif global, puis un zoom détaillé sur la classe CB.
Une flotte nombreuse mais hétérogène
Contrairement à l'Allemagne, qui concentre son effort sur quelques types de U-Boote produits en série, l'Italie hérite de l'entre-deux-guerres d'une doctrine navale fragmentée. Les sous-marins se répartissent en deux grandes familles : les sous-marins côtiers (« Serie 600 » et classes apparentées de l'entre-deux-guerres), destinés à la Méditerranée, et les sous-marins océaniques, conçus pour de longues croisières, notamment dans l'Atlantique depuis la base de Bordeaux (BETASOM) à partir de 1940.
La Serie 600 : l'ossature côtière de la Regia Marina
La « Serie 600 » regroupe plusieurs sous-classes successives construites entre le milieu des années 1920 et le début des années 1940, formant le noyau numérique de la force sous-marine italienne.
Classe Perla (1935-1936) — 10 unités

Sous-marins classe Perla (Série 600) — 1935-1936

Contexte : la classe Perla est une sous-classe de la Serie 600, une famille de sous-marins côtiers construits pour la Regia Marina (marine royale italienne) durant l'entre-deux-guerres, destinés à opérer en Méditerranée. Elle dérive directement de la série précédente Sirena, avec un léger gain de déplacement et d'autonomie, ainsi que des équipements plus modernes (climatisation, radiogoniomètre commandable de l'intérieur).

Construction : 10 sous-marins, construits par les chantiers CRDA de Monfalcone et OTO de Muggiano, mis en chantier en 1935 et achevés/livrés en 1936.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 695 tonnes en surface, 855 tonnes en immersion (à pleine charge)
  • Dimensions : 60,20 m de long, 6,4 m de large, 4,6 à 4,70 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel totalisant 675-750 ch en surface, moteurs électriques alimentés par batterie de 104 éléments en plongée
  • Vitesse : 14 nœuds en surface, 7,5 nœuds en immersion
  • Autonomie : 5 200 milles nautiques à 8 nœuds en surface, 74 milles à 4 nœuds en plongée
  • Armement : six tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, deux à l'arrière), douze torpilles au total, un canon de pont de 100 mm, et de l'armement antiaérien léger

 
Sous-marins de petite croisière dérivés de la classe Sirena. L'Iride et l'Ambra furent transformés pour le transport de véhicules d'assaut SLC. Cinq unités furent perdues au combat.
Unité
Lancement
Sort / historique
Perla
3 mai 1936
Capturé le 9 juillet 1942 près de Beyrouth par la corvette britannique HMS Hyacinth ; transféré à la marine grecque sous le nom Matrozos, démoli en 1954.
Ambra
28 mai 1936
Convertie au transport de véhicules d'assaut SLC (1942) ; participa à l'attaque du port d'Alger. Sabordée le 8 septembre 1943.
Berillo
14 juin 1936
Coulé le 2 octobre 1940 en Méditerranée par les destroyers britanniques Hasty et Havock.
Corallo
2 août 1936
Coulé le 13 décembre 1942 près de Bougie par le sloop britannique Enchantress.
Diaspro
5 juillet 1936
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.
Gemma
21 mai 1936
Coulé par erreur le 8 octobre 1940 en mer Égée par le sous-marin italien Tricheco.
Iride
30 juillet 1936
Convertie au transport de véhicules SLC (1940). Coulée le 22 août 1940 dans le golfe de Bomba par des avions Swordfish du porte-avions britannique HMS Eagle.
Malachite
15 juillet 1936
Coulé le 9 février 1943 au sud de la Sardaigne par le sous-marin néerlandais Dolfijn.
Onice
15 juin 1936
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.
Turchese
19 juillet 1936
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.

 
Classe Adua (1936-1938) — 17 unités

Sous-marins classe Adua (Série 600) — 1936-1938

Contexte : sous-classe de la Serie 600, commandée en 1936. C'est la plus grande série de la classe 600 avec 17 unités, quasiment identiques à la classe Perla dont elles constituent une répétition.

Construction : chantiers CRDA (Monfalcone), OTO et Tosi (Taranto), mis sur cale en 1936-1937, achevés en 1936-1938.

Conception : petits croiseurs submersibles à simple coque avec double fond central et bulges latéraux.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : environ 680-697 tonnes en surface, 844-856 tonnes en immersion
  • Dimensions : ~60,2 m de long, 6,45 m de large, ~4,6-4,7 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel (CRDA, Tosi ou FIAT selon le chantier) de 600 ch chacun, moteurs électriques Magneti Marelli de 400 ch en plongée
  • Vitesse : 14 nœuds en surface, 7,5 nœuds en immersion
  • Autonomie : 3 180 milles nautiques à 10,5 nœuds en surface (nettement moindre que la classe Perla), 74 milles à 4 nœuds en plongée
  • Armement : six tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, deux à l'arrière), douze torpilles au total, un canon OTO 100/47 de 100 mm, mitrailleuses Breda de 13,2 mm
  • Équipage : environ 44 hommes (4 officiers + 40 marins)
  • Profondeur de test : 80 m

Points notables :

  • Vitesse de surface plutôt faible, mais bateaux robustes et maniables, donnant de bons résultats au combat
  • Le Gondar et le Scirè ont été transformés en 1940-41 pour transporter des engins d'assaut sous-marins SLC (« maiali »), avec suppression du canon et installation de trois conteneurs étanches sur le pont
  •  
La plus nombreuse sous-classe de la Serie 600. Le Gondar et le Scirè furent convertis au transport de véhicules d'assaut SLC ; le Scirè participa à l'attaque de la rade d'Alexandrie (déc. 1941). Treize des dix-sept unités furent perdues.
Unité
Lancement
Sort / historique
Adua
13 septembre 1936
Coulé le 30 septembre 1941 à l'est de Carthagène par les destroyers britanniques Gurkha et Legion.
Alagi
15 novembre 1936
A survécu à la guerre ; rayé des listes en mai 1947.
Aradam
18 octobre 1936
Sabordé le 9 septembre 1943 à Gênes ; renfloué par les Allemands mais jamais remis en service, coulé par l'aviation alliée le 4 septembre 1944.
Ascianghi
5 décembre 1937
Coulé le 23 juillet 1943 au sud de la Sicile par les destroyers britanniques Eclipse et Laforey.
Axum
27 septembre 1936
Échoué et sabordé le 28 décembre 1943 sur la côte occidentale grecque.
Beilul
22 mai 1938
Capturé le 9 septembre 1943 par les troupes allemandes à Monfalcone ; jamais remis en service, coulé par l'aviation alliée en mai 1945.
Dagabur
22 novembre 1936
Coulé le 12 août 1942 par éperonnage du destroyer britannique Wolverine.
Dessiè
22 novembre 1936
Coulé le 28 novembre 1942 près de Bône par les destroyers britanniques Quiberon et Quentin.
Durbo
6 mars 1938
Sabordé le 18 octobre 1940 à l'est de Gibraltar après attaque des destroyers britanniques Firedrake et Wrestler.
Gondar
3 octobre 1937
Converti au transport SLC. Sabordé le 30 septembre 1940 près d'Alexandrie après attaque des destroyers britanniques Diamond et Stuart.
Lafolè
10 avril 1938
Coulé le 20 octobre 1940 au nord de Melilla par les destroyers britanniques Gallant, Griffin et Hotspur.
Macallé
29 octobre 1936
Échoué sur des récifs le 15 juin 1940 près de Port-Soudan après l'intoxication de l'équipage par les halons du système de climatisation.
Neghelli
7 novembre 1937
Coulé le 19 janvier 1941 au large de la Grèce par le destroyer britannique Greyhound.
Scirè
6 janvier 1938
Converti au transport SLC ; permit l'attaque de la rade d'Alexandrie (déc. 1941). Coulé le 10 août 1942 près de Haïfa par le chalutier armé britannique Islay.
Tembien
6 février 1938
Coulé le 2 août 1941 par éperonnage du croiseur britannique Hermione au large de la Tunisie.
Uarsciek
19 septembre 1937
Coulé le 15 décembre 1942 au sud de Malte par le destroyer britannique Petard et le destroyer grec Vasilissa Olga.
Uebi Scebeli
3 octobre 1937
Sabordé le 29 juin 1940 à l'ouest de la Crète après attaque des destroyers britanniques Dainty et Ilex.

 
Classe Acciaio (1941-1942) — 13 unités
Dernière évolution majeure de la Serie 600, avec une tourelle réduite pour améliorer la stabilité. Onze des treize unités furent perdues durant la guerre.

Sous-marins classe Acciaio / Platino (Série 600) — 1941-1942

Nom : cette classe est aussi appelée classe Platino dans les sources italiennes/francophones, désignant les mêmes bâtiments.

Contexte : dernier développement du type 600, dernière sous-classe de la Serie 600. 13 unités commandées en 1940, achevées en 1941-1942 par les chantiers OTO (La Spezia/Muggiano), CRDA (Monfalcone) et Tosi (Tarente).

Conception : conçus comme des versions améliorées de la classe Adua précédente, avec des perfectionnements sur les équipements et aménagements internes — notamment une tourelle (kiosque) abaissée pour améliorer la stabilité et réduire la silhouette radar/visuelle.

Point faible notable : malgré de bons résultats opérationnels, la construction souffrait de la mauvaise qualité des matériaux, du fait des difficultés d'approvisionnement propres à l'Italie en guerre — un défaut assez commun à cette période.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : ~697 tonnes en surface, ~850 tonnes en immersion
  • Dimensions : 60,18 m de long, 6,44 m de large, 4,78 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel (1 400 ch au total), deux moteurs électriques (800 ch au total)
  • Vitesse : 14 nœuds en surface, 7,7 nœuds en immersion
  • Autonomie : 3 180 milles nautiques à 10,5 nœuds en surface
  • Armement : six tubes lance-torpilles de 533 mm (quatre à l'avant, deux à l'arrière), douze torpilles, un canon de pont OTO 100 mm/47, et 1 à 2 pièces antiaériennes de 20 mm/70
  • Équipage : environ 45 hommes
  • Profondeur de test : 80 m

Cette classe clôt la lignée des sous-marins « Série 600 », qui aura compté au total 59 unités construites entre 1932 et 1941 à travers ses 5 sous-classes (Argonauta, Sirena, Perla, Adua,


 
Unité
Lancement
Sort / historique
Acciaio
20 juillet 1941
Coulé le 13 juillet 1943 au nord du détroit de Messine par le sous-marin britannique Unruly.
Alabastro
18 décembre 1941
Coulé le 14 septembre 1942 près de Philippeville par l'aviation britannique.
Argento
22 février 1942
Coulé le 3 août 1943 au sud de Pantelleria par le destroyer d'escorte américain Buck.
Asteria
25 juin 1941
Sabordé le 17 février 1943 au nord-ouest de Bougie après attaque des destroyers d'escorte britanniques Easton et Wheatland.
Avorio
6 septembre 1941
Coulé le 9 février 1943 au large de Bougie par la corvette canadienne Regina.
Bronzo
28 septembre 1941
Capturé le 12 juillet 1943 près de Syracuse par des dragueurs de mines britanniques ; rebaptisé P714 puis transféré à la France sous le nom Narval.
Cobalto
20 juillet 1941
Coulé le 12 août 1942 au nord de Bizerte par éperonnage du destroyer britannique Ithuriel.
Giada
10 juillet 1941
A survécu à la guerre ; modernisé et remis en service dans la marine italienne d'après-guerre, rayé des listes en 1966.
Granito
7 août 1941
Coulé le 9 novembre 1942 près du cap San Vito (Sicile) par le sous-marin britannique Saracen.
Nichelio
12 avril 1942
A survécu à la guerre ; cédé à l'Union soviétique en février 1949.
Platino
1er juin 1941
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.
Porfido
23 août 1941
Coulé le 6 décembre 1942 près du cap Bon par le sous-marin britannique Tigris.
Volframio
9 novembre 1941
Sabordé le 8 septembre 1943 dans le port de La Spezia ; renfloué par les Allemands mais jamais remis en service, coulé par des bombardiers alliés en 1944.

 
Les grandes classes océaniques
Destinées à la guerre de course contre le trafic marchand allié, en Méditerranée comme dans l'Atlantique.
Classe Marcello (1937-1939) — 11 unités

Sous-marins classe Marcello — 1937-1939

Contexte : classe de sous-marins océaniques (et non plus côtiers comme la Série 600), conçue comme une version améliorée de la classe Glauco précédente. Neuf unités construites entre 1937 et 1938 par CRDA (Monfalcone, souvent noté « Trieste »), auxquelles s'ajoutent deux unités similaires construites en 1939 par Oto Melara (Muggiano, La Spezia), parfois rattachées à la classe — soit 11 unités au total.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 1 043 tonnes en surface, 1 290 tonnes en immersion
  • Dimensions : 73 m de long, 7,19 m de large, 5,1 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel de 1 800 ch chacun, moteurs électriques de 550 ch en plongée
  • Vitesse : 17,4 nœuds en surface, 8 nœuds en immersion
  • Autonomie : 7 500 milles nautiques à 9,4 nœuds en surface, 120 milles à 3 nœuds en immersion
  • Armement : huit tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, quatre à l'arrière), seize torpilles au total, deux canons de pont de 100 mm, quatre mitrailleuses de 13,2 mm

Bilan : sur 11 unités, un seul survivant — le Dandolo, radié en 1947. Le Barbarigo s'est distingué en coulant plusieurs navires alliés. La classe a directement inspiré la classe suivante, la classe Marconi (6 unités, plus longue et plus rapide), construite dans la même lignée


 
Dérivée de la classe Glauco. Après l'entrée en guerre, les unités survivantes furent transférées à la base allemande de Bordeaux (BETASOM). Le Barbarigo et le Comandante Cappellini furent convertis en sous-marins de transport.
Unité
Lancement
Sort / historique
Marcello
20 novembre 1937
Coulé, probablement le 22 février 1941, en Atlantique Nord par des navires d'escorte.
Dandolo
20 novembre 1937
A survécu à la guerre ; rayé des listes en mars 1947.
Emo
26 juin 1938
Coulé le 10 novembre 1942 au nord d'Alger par le chalutier armé britannique Lord Nuffield.
Provana
16 mars 1938
Coulé le 17 juin 1940 près d'Oran par éperonnage de l'aviso français La Curieuse.
Veniero
12 février 1938
Coulé, probablement le 7 juin 1942, en Méditerranée, vraisemblablement par aviation.
Nani
16 janvier 1938
Coulé, probablement le 7 janvier 1941, en Atlantique Nord par la corvette britannique Anemone.
Mocenigo
20 novembre 1937
Coulé le 15 mai 1943 à Cagliari par des bombardiers américains.
Morosini
28 juillet 1938
Perdu, probablement le 11 août 1942, dans le golfe de Gascogne.
Barbarigo
13 juin 1938
Converti en sous-marin de transport (1943). Coulé, probablement entre le 17 et le 19 juin 1943, dans le golfe de Gascogne par l'aviation alliée.
Comandante Cappellini
14 mai 1939
Converti en sous-marin de transport pour le Japon. Capturé le 10 septembre 1943 par le Japon, transféré à l'Allemagne (UIT-24), puis à nouveau au Japon (I-503) ; sabordé en 1946.
Comandante Faà di Bruno
18 juin 1939
Perdu en novembre 1940 en Atlantique, probablement coulé par le destroyer britannique Havelock.

 
Classe Marconi (1939-1940) — 6 unités

Sous-marins classe Marconi — 1939-1940

Contexte : classe de 6 sous-marins océaniques, conçus dans la lignée directe de la classe Marcello (plus longs, moins larges, moteurs plus puissants), construits par CRDA à Monfalcone. Pour optimiser la stabilité, on leur a retiré un canon et réduit la taille du kiosque par rapport aux Marcello.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 1 195 tonnes en surface, 1 490 tonnes en immersion
  • Dimensions : 76,5 m de long, 6,81 m de large, 4,72 m de tirant d'eau
  • Profondeur de plongée opérationnelle : 90 m
  • Propulsion : deux moteurs diesel CRDA de 1 800 ch chacun, moteurs électriques Marelli de 750 ch en plongée
  • Équipage : 57 officiers et hommes

Service : lancés entre 1939 et 1940, tous affectés à la base italienne de BETASOM à Bordeaux pour opérer dans l'Atlantique aux côtés des U-Boote allemands.

La classe Marconi représente l'apogée technique des sous-marins océaniques italiens de cette génération, avant la classe Cagni qui clôturera les grandes séries d'avant-guerre.


 
Engagée depuis Bordeaux dans la bataille de l'Atlantique. Le Leonardo da Vinci fut le sous-marin non allemand le plus performant de la guerre.
Unité
Lancement
Sort / historique
Guglielmo Marconi
27 juillet 1939
Perdu pour cause inconnue après le 28 octobre 1941 lors de sa cinquième patrouille depuis Bordeaux.
Leonardo da Vinci
16 septembre 1939
Sous-marin non allemand le plus titré de la guerre (17 navires coulés). Coulé le 23 mai 1943 par l'escorte du convoi KMF 15.
Michele Bianchi
3 décembre 1939
Coulé le 5 juillet 1941 par le sous-marin britannique HMS Tigris.
Luigi Torelli
6 janvier 1940
Converti en sous-marin de transport pour le Japon (1943). Intégré à la Kriegsmarine (UIT-25) puis à la marine japonaise (I-504) après la capitulation allemande ; sabordé en 1945 à la capitulation du Japon — seule unité de la classe à avoir survécu à la guerre.
Alessandro Malaspina
18 février 1940
Coulé, probablement le 10 septembre 1941, par un hydravion Sunderland australien.
Maggiore Baracca
21 avril 1940
Coulé le 7 septembre 1941 par le destroyer britannique HMS Croome.

 
Classe Calvi (1935) — 3 unités

Sous-marins classe Calvi — 1935

Contexte : classe de 3 grands croiseurs sous-marins océaniques, construits par Odero-Terni-Orlando (OTO) à Muggiano (La Spezia). Il s'agit d'une version modernisée et élargie de la classe Balilla précédente, optimisée pour une meilleure stabilité (au prix d'une puissance moteur légèrement sacrifiée, compensée par plus d'armement).

Unités : Pietro Calvi (navire de tête), Giuseppe Finzi, Enrico Tazzoli.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 1 549 tonnes en surface, 2 061 tonnes en immersion — nettement plus gros que les classes précédentes
  • Dimensions : 84,3 m de long, 7,7 m de large, 5,2 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel de 2 200 ch chacun, moteurs électriques de 900 ch en plongée
  • Vitesse : 16,8 nœuds en surface, 7,4 nœuds en immersion
  • Autonomie : 11 400 milles nautiques à 8 nœuds en surface (jusqu'à 13 400 selon certaines sources) — très grand rayon d'action, adapté aux opérations lointaines
  • Profondeur critique : 100 m
  • Armement : huit tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, quatre à l'arrière), seize torpilles, deux canons de pont de 120 mm (un à l'avant et un à l'arrière du kiosque)

Fait notable : en décembre 1941, les trois sous-marins ont participé au sauvetage de 254 marins allemands du croiseur auxiliaire Atlantis, coulé par les Britanniques.


 
Grands sous-marins de croisière engagés dans l'Atlantique. Les trois unités participèrent en décembre 1941 au sauvetage des naufragés du croiseur auxiliaire allemand Atlantis.
Unité
Lancement
Sort / historique
Pietro Calvi
31 mars 1935
Coulé le 15 juillet 1942 au sud des Açores par le sloop britannique Lulworth.
Giuseppe Finzi
29 juin 1935
Capturé par l'Allemagne le 9 septembre 1943 (rebaptisé UIT-21) ; sabordé le 25 août 1944.
Enrico Tazzoli
14 octobre 1935
Convertie en sous-marin de transport (1943). Second meilleur sous-marin italien de la guerre. Perdu en mai 1943 dans le golfe de Gascogne, cause inconnue.

 
Classe Liuzzi (1939-1940) — 4 unités

Sous-marins classe Liuzzi — 1939-1940

Contexte : classe de 4 sous-marins océaniques, construits par les chantiers Tosi de Tarente, dérivée de la classe Brin précédente mais avec des dimensions et une portée accrues, ainsi qu'une disposition différente de l'armement d'artillerie (canon placé à l'avant du kiosque). Leur silhouette rappelait beaucoup celle des sous-marins contemporains de la classe Marconi. Bien qu'ils reproduisent certains défauts de la classe Brin (navigabilité médiocre), ils se sont révélés parmi les meilleurs sous-marins italiens de l'entre-deux-guerres.

Unités : Console Generale Liuzzi (navire de tête), Capitano Tarantini, Alpino Bagnolini, Reginaldo Giuliani.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : environ 1 030-1 166 tonnes en surface, ~1 484-1 508 tonnes en immersion
  • Dimensions : environ 77 m de long, 7-7,6 m de large, ~4,2-4,3 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel Tosi totalisant 3 420 ch, moteurs électriques de 625 ch chacun en plongée
  • Vitesse : 17,8-18 nœuds en surface, 8 nœuds en immersion
  • Autonomie : environ 13 200 milles nautiques en surface — très grand rayon d'action
  • Armement : huit tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, quatre à l'arrière), un ou deux canons de pont OTO 100 mm/47, quatre mitrailleuses Breda de 13,2 mm

 
Sous-marins océaniques dont les quatre unités furent toutes perdues ou capturées.
Unité
Lancement
Sort / historique
Console Generale Liuzzi
17 septembre 1939
Coulé le 27 juin 1940 au sud de la Crète par des destroyers britanniques et un destroyer australien.
Alpino Bagnolini
28 octobre 1939
Capturé par l'Allemagne le 10 septembre 1943 (rebaptisé UIT-22).
Reginaldo Giuliani
3 décembre 1939
Capturé par le Japon à Singapour le 10 septembre 1943, transféré à l'Allemagne (UIT-23) ; coulé le 14 février 1944 dans le détroit de Malacca par le sous-marin britannique Tally-Ho.
Capitano Tarantini
7 janvier 1940
Coulé le 15 décembre 1940 dans le golfe de Gascogne par le sous-marin britannique Thunderbolt.

 
Classe Ammiragli / Cagni (1940) — 4 unités

Sous-marins classe Ammiragli (dite classe Cagni) — 1940-1941

Contexte : classe de 4 sous-marins océaniques, parfois appelée classe Cagni (du navire de tête) ou classe Caracciolo (de la troisième unité). Construits par CRDA à Monfalcone, mis en chantier en 1939 et achevés en 1941. 12 unités supplémentaires étaient prévues pour les programmes 1940-1941 mais annulées avec le déclenchement de la guerre.

Unités : Ammiraglio Cagni (navire de tête), Ammiraglio Saint Bon, Ammiraglio Caracciolo, Ammiraglio Millo.

Mission : conçus spécifiquement pour la lutte contre la marine marchande (corsaires de long rayon d'action).

Caractéristique la plus originale : l'armement. Plutôt que les torpilles standard de 533 mm, ces sous-marins utilisaient des torpilles de 450 mm (comme lors de la Première Guerre mondiale), mais sur une coque bien plus grande. Résultat : une capacité d'emport énorme de jusqu'à 36-38 torpilles, un record absolu pour l'époque, réparties entre 8 tubes à l'avant et 6 à l'arrière et interchangeables entre les deux.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 1 680 tonnes en surface, 2 170 tonnes en immersion
  • Dimensions : 87,90 m de long, 7,76 m de large, 5,72 m de tirant d'eau
  • Propulsion : moteurs diesel totalisant 4 370 ch en surface, moteurs électriques totalisant 1 800 ch en plongée (deux arbres)
  • Vitesse : 17 nœuds en surface, 8,5 nœuds en immersion
  • Autonomie : environ 13 500-20 000 km à 12 nœuds en surface — très grande portée
  • Armement : 14 tubes lance-torpilles de 450 mm (8 à l'avant, 6 à l'arrière) avec jusqu'à 36 torpilles, deux canons de pont de 100 mm, quatre mitrailleuses de 13,2 mm
  • Équipage : environ 55 officiers et matelots

Malgré leur armement impressionnant sur le papier, ces sous-marins n'ont pas obtenu de succès notoire contre le trafic marchand, leur mission d'origine


 
Conçus pour la guerre de course, avec un armement record de 38 torpilles de 450 mm.
Unité
Lancement
Sort / historique
Ammiraglio Cagni
20 juillet 1940
Seule unité de la classe à survivre à la guerre ; se rendit aux Britanniques à Durban après l'armistice, utilisée pour l'entraînement anti-sous-marin allié, rayée des listes en 1948.
Ammiraglio Caracciolo
non précisé (1940)
Sabordée le 11 décembre 1941 près de Bardia après avoir été gravement endommagée par le destroyer d'escorte britannique Farndale.
Ammiraglio Millo
31 août 1940
Coulé le 14 mars 1943 en mer Ionienne par le sous-marin britannique Ultimatum.
Ammiraglio Saint-Bon
6 juin 1940
Coulé le 5 janvier 1942 au nord de la Sicile par le sous-marin britannique Upholder.

 
 
Les classes plus anciennes toujours en service en 1940
Héritées des années 1920 et du début des années 1930, souvent obsolescentes en 1940.
Classe Balilla (1927-1929) — 4 unités

Sous-marins classe Balilla — 1927-1929

Contexte : première classe de sous-marins construite pour la Regia Marina après la Première Guerre mondiale. Il s'agissait de grands croiseurs sous-marins océaniques, conçus dès l'origine pour opérer en mer Rouge et dans l'océan Indien, à partir des bases coloniales italiennes d'Afrique de l'Est. La conception à double coque s'inspirait directement des U-Boote allemands de type UE II, dont l'un (l'U-120) avait été cédé à l'Italie comme réparation de guerre.

Construction : 4 unités construites par Odero-Terni-Orlando (OTO) à Muggiano (La Spezia) — Balilla, Domenico Millelire, Antonio Sciesa, Enrico Toti. (Une cinquième unité dérivée, l'Humaytá, fut construite en 1927 pour la marine brésilienne selon un modèle modifié.)

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 1 427 tonnes en surface, 1 874 tonnes en immersion
  • Dimensions : 86,5 m de long, 7,8 m de large, 4,7 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel Fiat (dérivés de moteurs MAN) totalisant 4 900 ch, deux moteurs électriques Savigliano totalisant 2 200 ch — particularité notable : un second moteur diesel dédié à la recharge des batteries, innovation pour l'époque
  • Vitesse : 16-17,5 nœuds en surface (selon la conception initiale), 7-8,9 nœuds en immersion
  • Autonomie : environ 13 000 milles nautiques à 10 nœuds — très grande portée, cohérente avec leur vocation océanique
  • Profondeur de plongée maximale : 110 m (le Millelire a atteint 122 m aux essais)
  • Armement : six tubes lance-torpilles de 533 mm (quatre à l'avant, deux à l'arrière), seize torpilles, un canon de pont de 120 mm/27 (remplacé par un modèle 120 mm/45 lors d'un réaménagement en 1934), deux mitrailleuses de 13,2 mm
  • Équipage : environ 77 hommes
  • Défaut connu : stabilité en surface jugée faible
    Bilan : contrairement à beaucoup d'autres classes italiennes, les Balilla ont globalement survécu à la guerre — mis à la ferraille après 1945 plutôt que coulés au combat.

 

 
Unité
Lancement
Sort / historique
Balilla
20 février 1927
Désarmé en avril 1941, utilisé comme ponton pétrolier ; démoli.
Domenico Millelire
19 septembre 1927
Désarmé en 1941 comme ponton pétrolier ; démoli en 1943.
Antonio Sciesa
12 août 1928
Utilisé comme transport vers l'Afrique. Sabordé le 12 novembre 1943 à Tobrouk.
Enrico Toti
14 avril 1928
Seul sous-marin italien à avoir coulé un sous-marin britannique (HMS Rainbow, 15 octobre 1940). Désarmé en avril 1943 et démoli.

 
Ettore Fieramosca (1929) — unité unique

Ettore Fieramosca — 1929 (unité unique)

Contexte : conçu par la firme Bernardis, le Ettore Fieramosca devait être un ambitieux croiseur sous-marin destiné à la mer Rouge et à l'océan Indien, inspiré du principe du français Surcouf (alors en construction) mais initialement encore plus ambitieux : il devait transporter un hydravion dans un hangar étanche et être armé d'un canon de 203 mm.

Déchéance du projet : en cours de construction, on s'est rendu compte qu'un tel sous-marin serait d'une complexité et d'un coût énormes, pour une utilité limitée. Avant achèvement :

  • Le canon de 203 mm a été remplacé par un simple 120 mm
  • L'hydravion et son hangar ont été supprimés (le hangar définitivement retiré en 1931, après quelques essais de prototypes d'hydravions jamais réellement déployés)
  • Les emplacements initialement prévus pour des mines ont été remplacés par deux tubes lance-torpilles de 533 mm supplémentaires

Résultat : un sous-marin conventionnel, mais largement surdimensionné par rapport à son armement final.

Construction : chantier naval Tosi de Tarente, mis en chantier en 1926, lancé le 15 avril 1929, mis en service en 1930.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 1 530 tonnes en surface, 2 094 tonnes en immersion
  • Dimensions : 83,97 m de long, 8,30 m de large, 5,11 m de tirant d'eau
  • Propulsion : diesel/électrique, environ 5 200 ch en surface / 2 300 ch en immersion
  • Vitesse : 15 nœuds en surface (bien en-dessous des 19-20 nœuds espérés), 8 nœuds en immersion
  • Autonomie : 5 000 milles nautiques à 9 nœuds
  • Armement : un canon de pont de 120 mm, quatre mitrailleuses de 13,2 mm, huit tubes lance-torpilles de 533 mm (quatre à l'avant, quatre à l'arrière), quatorze torpilles
  • Équipage : 78 hommes
  • Profondeur de test : 100 m

Défauts et surnom : les modifications successives ont fortement pénalisé le projet. Le bâtiment n'a jamais atteint la vitesse espérée, plongeait très lentement, et souffrait d'une mauvaise stabilité et d'une maniabilité médiocre, tant en surface qu'en plongée. Il a accumulé les avaries et accidents — dont une explosion meurtrière lors d'une mission en 1940 — ce qui lui a valu le surnom moqueur de « Fieroguaio ».

Service : au vu de cet échec, la Regia Marina n'a jamais reproduit ce type de croiseur sous-marin — il est resté seul de sa classe. À partir d'octobre 1940, il fut relégué à l'école de sous-marins de Pula pour des missions d'entraînement (28 sur ses 31 missions totales), avant d'être désarmé en avril 1941 puis rayé et démoli en 1946.


 
Unité
Lancement
Sort / historique
Ettore Fieramosca
15 avril 1929
Sous-marin croiseur expérimental conçu pour emporter un hydravion (projet jamais opérationnel). Trop grand pour la Méditerranée, désarmé en 1941 et démoli.

 
Classe Mameli (1926-1929) — 4 unités

Sous-marins classe Mameli — 1926-1929

Contexte : classe de 4 sous-marins, l'une des toutes premières classes construites pour la Regia Marina après la Première Guerre mondiale, conçue par Cavallini pour les chantiers Tosi de Tarente. Prototypes d'une nouvelle série de submersibles océaniques adaptés à la fois à la Méditerranée et à l'Atlantique, largement inspirés d'un examen approfondi des sous-marins allemands cédés en réparations de guerre. Un défaut de stabilité initial a été corrigé en élargissant la coque, au prix d'une réduction de vitesse.

Unités : Goffredo Mameli (navire de tête), Tito Speri, Giovanni da Procida, et une quatrième unité de la même série.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 823 tonnes en surface, 1 009 tonnes en immersion
  • Dimensions : 64,6 m de long, 6,51 m de large, 4,3 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel totalisant 1 550 ch, moteurs électriques totalisant 550 ch en plongée
  • Vitesse : 15 nœuds en surface, 8 nœuds en immersion
  • Autonomie : 4 360 milles nautiques à 8 nœuds en surface, 110 milles à 3 nœuds en immersion
  • Profondeur de plongée opérationnelle : 90 m (pouvant descendre sous 115 m selon certaines sources)
  • Armement : six tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, deux à l'arrière), dix torpilles au total, un seul canon de pont de 102 mm/35 modèle 1914 à l'avant du kiosque, deux mitrailleuses Breda
  • Équipage : 49 officiers et hommes

Service :

  • Certaines unités ont joué un rôle mineur dans la guerre civile espagnole (1936-1939) — le Giovanni da Procida a notamment tenté, sans succès, de couler un navire durant ce conflit
  • Au début de la Seconde Guerre mondiale, le Mameli a opéré au large de Malte, coulant au canon le vapeur grec Raula (1 044 tjb) en août 1940, avant d'être affecté à l'école de sous-marins de Pola en raison du mauvais état de sa propulsion

Bilan : sur 4 unités, une seule a été perdue pendant la guerre ; les trois autres ont survécu et ont été rayées des listes le 1er février 1948.


 
Unité
Lancement
Sort / historique
Pier Capponi
19 juin 1927
Coulé le 31 mars 1941 au sud de Stromboli par le sous-marin britannique Rorqual.
Giovanni da Procida
1er avril 1928
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.
Goffredo Mameli
9 décembre 1926
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.
Tito Speri
25 mai 1928
Retiré du service actif dès février 1941, à peine huit mois après l'entrée en guerre de l'Italie, en raison de son âge ; par la suite désarmé.

 
Classe Pisani (1927-1929) — 4 unités

Sous-marins classe Vettor Pisani (Pisani) — 1927-1929

Contexte : classe de 4 sous-marins d'attaque côtiers, développée en parallèle avec la classe Mameli — un nouveau départ pour l'arme sous-marine italienne de l'entre-deux-guerres. Conçue par le Cantiere Navale Triestino (CNT) de Trieste, coque simple mais avec des caractéristiques proches de celles des Mameli. Plus grande que les Mameli, notamment pour accueillir davantage de carburant et gagner en autonomie.

Unités : Vettor Pisani (navire de tête), Giovanni Bausan, Marcantonio Colonna, Des Geneys.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 880 tonnes en surface, 1 057 tonnes en immersion
  • Dimensions : 68,2 m de long, 6,09 m de large, 4,93 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel totalisant 3 000 ch, moteurs électriques totalisant 1 100 ch en plongée
  • Vitesse : 15 nœuds en surface, 8,2 nœuds en immersion (réduite par rapport aux 17 nœuds prévus initialement — voir défaut ci-dessous)
  • Autonomie : 5 000 milles nautiques à 8 nœuds en surface, 70 milles à 4 nœuds en immersion
  • Profondeur de test : 90 m
  • Armement : six tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, deux à l'arrière), neuf torpilles au total, un seul canon de pont de 102 mm/35 modèle 1914 à l'avant du kiosque, deux mitrailleuses Breda de 13,2 mm
  • Équipage : 48 hommes

Défaut notable : comme les Mameli, leur stabilité était médiocre. Il a fallu leur ajouter des renflements (bulges) après achèvement pour corriger ce problème, ce qui a réduit leur vitesse de plusieurs nœuds par rapport aux performances initialement visées.

Service : les quatre unités ont formé le V  escadron de sous-marins de croisière moyenne basé à Naples dès juin 1929.

Elles ont joué un rôle mineur dans la guerre civile espagnole (1936-1939) en soutenant les nationalistes. Le projet ne s'est pas révélé particulièrement réussi et les bâtiments sont devenus rapidement obsolètes.

Bilan : au début de la Seconde Guerre mondiale, retirées du service de première ligne pour n'être utilisées qu'à des fins de formation. Trois unités étaient déjà désaffectées en 1942 ; la dernière a été démantelée en 1946-1947. Aucune perte au combat — la classe a essentiellement fini sa carrière par obsolescence plutôt que par l'action ennemie.

Cette classe a directement inspiré la classe suivante, la classe Bandiera (1928-1930), version élargie et améliorée du même concept.


 
Unité
Lancement
Sort / historique
Giovanni Bausan
24 mars 1928
Désarmé en 1942, converti en ponton pétrolier ; démoli.
Marcantonio Colonna
26 décembre 1927
Désarmé en 1942 ; démoli en 1943.
Des Geneys
14 novembre 1928
Désarmé en 1942, converti en station de charge de batteries ; démoli.
Vettor Pisani
24 novembre 1927
A survécu à la guerre ; rayé des listes en mars 1947.

 
Classe Bandiera (1929) — 4 unités

Sous-marins classe Bandiera — 1929-1930

Contexte : classe de 4 sous-marins, mis en chantier en 1928 et achevés en 1930, du type « Bernardis » (coque simple à double fond central). Il s'agit d'une version améliorée et élargie de la classe Pisani précédente. Construits par CRDA (Monfalcone) et le Cantiere Navale Triestino (Trieste).

Unités : Fratelli Bandiera (navire de tête), Luciano Manara, et deux autres unités-sœurs de la même série.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 940 tonnes en surface, 1 097 tonnes en immersion
  • Dimensions : 69,8 m de long, 7,3 m de large, 5,26 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel totalisant 3 000 ch, moteurs électriques totalisant 1 300 ch en plongée
  • Vitesse : 17,5 nœuds en surface à l'origine (remarquable pour l'époque), mais ramenée à environ 15 nœuds après modifications ; 8,2 nœuds en immersion
  • Autonomie : 4 750 milles nautiques à 8-8,5 nœuds en surface, 60 milles à 4 nœuds en immersion
  • Profondeur de plongée opérationnelle : 90 m
  • Armement : huit tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, quatre à l'arrière), douze torpilles au total, un seul canon de pont 102 mm/35 modèle 1914 à l'avant du kiosque, deux mitrailleuses Breda de 13,2 mm
  • Équipage : 53 hommes

Défaut notable : malgré une vitesse de surface initialement excellente, la tenue en mer s'est révélée décevante. Il a fallu apporter plusieurs modifications à la proue et à la tourelle, ainsi qu'ajouter des contrepoids, ce qui a réduit la vitesse d'environ deux nœuds par rapport aux performances initiales.

Service : les quatre unités ont été affectées à la VIᵉ escadrille de sous-marins de croisière moyenne, basée à Tarente. Elles ont participé clandestinement à la guerre civile espagnole — le Fratelli Bandiera a notamment coulé le vapeur Delfin (1 250 tjb) et mené des bombardements côtiers au canon. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elles ont effectué des missions offensives puis ont été affectées à des fonctions d'entraînement (école de sous-marins de Pula) à partir de 1942.

Bilan : les unités survivantes ont été rayées des listes le 1er février 1948 puis démolies — pas de pertes au combat recensées pour cette classe, qui a terminé sa carrière par obsolescence.

Cette classe a directement inspiré les classes suivantes, Squalo et Bragadin, construites sur le même principe (« type Bernardis »).


 
Unité
Lancement
Sort / historique
Fratelli Bandiera
7 août 1929
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.
Luciano Manara
5 octobre 1929
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.
Ciro Menotti
29 décembre 1929
A survécu à la guerre ; démoli en février 1948.
Santorre di Santarosa
22 octobre 1929
Échoué près de Tripoli, torpillé par une vedette lance-torpilles britannique puis sabordé le 20 janvier 1943.

 

Classe Squalo (1930) — 4 unités

Sous-marins classe Squalo — 1930

Contexte : classe de 4 sous-marins, mis en service au début des années 1930, essentiellement des répétitions des classes Bandiera et Bragadin. Type « Bernardis » — considérés comme les premiers sous-marins italiens de taille moyenne/grande à être performants dans tous les domaines, et bien adaptés aux mers chaudes comme la mer Rouge.

Unités : Squalo (navire de tête), Narvalo, Tricheco, Delfino.

Anecdote sur la conception : la Regia Marina a commis l'erreur de commander coup sur coup trois classes de nouveaux sous-marins (Bandiera, Bragadin, Squalo) sans avoir testé la première en conditions réelles — les Squalo ont donc hérité d'un défaut des classes précédentes : la tendance à s'enfoncer par la proue. Il a fallu surélever le secteur de la proue pour corriger le problème, ce qui a donné aux unités leur profil caractéristique, avec en prime un caisson d'auto-chargement interne pour amortir le tangage.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 920 tonnes en surface, 1 125 tonnes en immersion
  • Dimensions : 69,8 m de long, 7,21 m de large, 5,19 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel totalisant 1 500 ch, moteurs électriques totalisant 650 ch en plongée
  • Vitesse : environ 15,1 nœuds en surface
  • Autonomie : 5 650 milles nautiques à 8 nœuds en surface, 100 milles à 3 nœuds en immersion
  • Profondeur de plongée opérationnelle : 90 m
  • Armement : huit tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, quatre à l'arrière), douze torpilles au total, un canon de pont 102 mm/35 modèle 1914, deux mitrailleuses Breda de 13,2 mm
  • Équipage : 53 hommes

Service et résultats : engagés en Méditerranée pendant la Seconde Guerre mondiale, avec des résultats modestes — le Delfino a coulé le croiseur léger grec neutre Elli (dans un incident tristement célèbre, avant même l'entrée en guerre de la Grèce), et le Tricheco a accidentellement coulé le sous-marin italien Gemma (tir fratricide). Trop grands pour la Serie 600 mais trop petits pour l'Atlantique, ces sous-marins ont aussi été employés pour transporter du matériel vers l'Afrique du Nord — mission au cours de laquelle le Narvalo a été perdu, coulé par des unités aériennes et navales britanniques.

Bilan : sur 4 unités, 3 ont été perdues pendant la guerre. Seul le navire de tête, le Squalo, a survécu — désaffecté à la fin du conflit, rayé des listes le 1ᵉʳ février 1948 puis démoli.


 
Unité
Lancement
Sort / historique
Squalo
15 janvier 1930
A survécu à la guerre, retiré du service le 9 septembre 1943 ; rayé des listes en février 1948.
Delfino
27 avril 1930
Coulé le 23 mars 1943 près de Tarente après une collision.
Narvalo
15 mars 1930
Sabordé le 14 janvier 1943 près de Tripoli après attaque du destroyer britannique Pakenham et de l'escorteur Hursley.
Tricheco
11 septembre 1930
Coulé le 18 mars 1942 près de Brindisi par le sous-marin britannique Upholder.

 
Classe Bragadin (1929-1931) — 2 unités, mouilleurs de mines

Sous-marins classe Bragadin — 1929-1931

Contexte : classe de 2 sous-marins mouilleurs de mines, construits par Tosi (Tarente), version améliorée de la classe Pisani précédente. Ils en ont hérité les mêmes problèmes de stabilité, qui ont nécessité des modifications après achèvement.

Unités : Marcantonio Bragadin (navire de tête), Filippo Corridoni.

Caractéristiques techniques (telles que construites) :

  • Déplacement : 846 tonnes en surface, 997 tonnes en immersion
  • Dimensions d'origine : 71,5 m de long, 6,15 m de large, 4,8 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel totalisant 1 440 ch, moteurs électriques totalisant 625 ch en plongée
  • Vitesse : 11,5 nœuds en surface, 7 nœuds en immersion — assez lents
  • Autonomie : 4 180 milles nautiques à 6,5 nœuds en surface, 86 milles à 2,2 nœuds en immersion
  • Armement : quatre tubes lance-torpilles de 53,3 cm (à l'avant uniquement), six torpilles, un canon de pont 102 mm/35 modèle 1914, deux mitrailleuses Breda de 13,2 mm
  • Capacité minière : deux tubes à l'arrière pouvant accueillir jusqu'à 16 à 24 mines navales selon le type

Modification notable : en 1935, pour améliorer la stabilité, la poupe a été raccourcie et les bateaux ont été « bombés » (élargis) — les dimensions sont alors passées à 68 m de long, 7,1 m de large et 4,3 m de tirant d'eau.

Bilan de la classe : les résultats se sont révélés décevants — au point que, dans les années 1930, la Regia Marina n'était toujours pas parvenue à obtenir un sous-marin mouilleur de mines pleinement satisfaisant. C'est précisément en réaction à ces résultats décevants qu'a été lancé le projet du Pietro Micca (1935), unité unique bien plus ambitieuse, conçue pour remplir à la fois le rôle de mouilleur de mines et de sous-marin d'attaque conventionnel.

Service : les deux unités ont participé à la Seconde Guerre mondiale et ont survécu au conflit — mises au rebut en 1948, sans perte au combat recensée.

 

Unité
Lancement
Sort / historique
Marcantonio Bragadin
21 juillet 1929
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.
Filippo Corridoni
30 mars 1930
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.

 
Classe Settembrini (1930-1931) — 2 unités

Sous-marins classe Settembrini — 1930-1931

Contexte : classe de 2 sous-marins de moyenne croisière, construits par Tosi (Tarente), conçue par l'ingénieur naval Virginio Cavallini. Il s'agit d'une version améliorée et élargie des précédents sous-marins de la classe Mameli, avec plus de vitesse, d'autonomie et d'armement. Type dit « Cavallini ».

Unités : Luigi Settembrini (navire de tête), Ruggiero Settimo. (Trois unités très similaires, la classe Salta, ont également été construites pour la marine argentine.)

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 953 tonnes en surface, 1 153 tonnes en immersion
  • Dimensions : 69,11 m de long, 6,61 m de large, 4,45 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel Tosi totalisant 3 000 ch, moteurs électriques Ansaldo totalisant 1 400 ch en plongée
  • Vitesse : 17,5 nœuds en surface, 7,7 nœuds en immersion
  • Autonomie : 6 200 milles nautiques à 7,3 nœuds en surface, 100 milles à 3 nœuds en immersion
  • Profondeur de plongée opérationnelle : 80 m
  • Armement : huit tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, quatre à l'arrière), douze torpilles au total, un seul canon de pont 102 mm/35 modèle 1914 à l'avant du kiosque, deux à quatre mitrailleuses Breda de 13,2 mm
  • Équipage : 56 hommes

Qualités opérationnelles : une longue croisière en mer Rouge en 1933 (Tarente-Massaoua-Aden-Alexandrie et retour, avec les deux navires-sœurs) a démontré que ces sous-marins étaient tout à fait adaptés aux eaux chaudes, avec des performances jugées satisfaisantes.

Service :

  • Les deux unités ont participé clandestinement à la guerre civile espagnole, aux côtés des franquistes. Le Luigi Settembrini s'y est distingué en coulant le vapeur marchand soviétique Blagoev (3 100 tjb) le 3 septembre 1937
  • Le Ruggiero Settimo a connu un affrontement en surface avec un sous-marin ennemi non identifié dès juin 1940, sans résultat décisif
  • Fait notable : cette classe a servi pendant toute la durée de la guerre, y compris après l'armistice de Cassibile (septembre 1943) — signe d'une longévité opérationnelle remarquable pour une conception du début des années 1930

Bilan : le Luigi Settembrini a finalement été coulé le 15 novembre 1944 ; le Ruggiero Settimo a survécu et a été rayé des listes le 23 mars 1947.


 
Unité
Lancement
Sort / historique
Luigi Settembrini
28 septembre 1930
Coulé par erreur le 15 novembre 1944 par éperonnage du destroyer d'escorte américain Fessenden lors de manœuvres anti-sous-marines à l'est des Bermudes.
Ruggiero Settimo
29 mars 1931
A survécu à la guerre ; rayé des listes en mars 1947.

 
Classe Argonauta (1931-1932) — 7 unités

Sous-marins classe Argonauta — 1931-1933 (Série 600)

Contexte : première sous-classe de la Serie 600, prototype de toute la lignée des sous-marins côtiers italiens de l'entre-deux-guerres. Construits selon le modèle Bernardis, à coque simple. Dérivés des sous-marins de la classe Squalo précédente, mais nettement plus petits — adaptés spécifiquement aux opérations en Méditerranée tout en conservant une puissance de frappe honorable.

Unités (7) : Argonauta (navire de tête), Fisalia, Jalea, Jantina, Medusa, Salpa, Serpente — construites par CRDA (Monfalcone), OTO (Muggiano) et Tosi (Tarente), commandées en 1929, achevées entre 1932 et 1933.

Détail intéressant : la motorisation variait selon le chantier constructeur — les sous-marins CRDA avaient leurs propres moteurs diesel et électriques ; les OTO utilisaient des diesels Fiat avec moteurs électriques CRDA ; les Tosi avaient des diesels Tosi et moteurs électriques Marelli.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 660 tonnes en surface, 813 tonnes en immersion
  • Dimensions : 61,5 m de long, 5,7 m de large, 4,7 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel totalisant 1 500 ch, moteurs électriques totalisant 800 ch en plongée
  • Vitesse : 14 nœuds en surface, 8 nœuds en immersion
  • Autonomie : 3 180-5 000 milles nautiques à 8-10,5 nœuds en surface (selon les sources), 110 milles à 3 nœuds en immersion
  • Profondeur de test : 80 m
  • Armement : six tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, deux à l'arrière), douze torpilles au total, un canon de pont 102 mm/35 modèle 1914, deux mitrailleuses Breda de 13,2 mm
  • Équipage : 44 hommes

Service : certaines unités (dont le Jantina) ont joué un rôle mineur dans la guerre civile espagnole en soutenant les nationalistes.

Cette classe a directement lancé la lignée « Serie 600 » qui allait se prolonger avec les classes Sirena, Perla, Adua et Acciaio.


 
Unité
Lancement
Sort / historique
Argonauta
non précisé (1931)
Coulé le 28 juin 1940 près de la Sicile par l'aviation britannique.
Fisalia
5 mai 1931
Coulé le 28 septembre 1941 près de Jaffa par la corvette britannique Hyacinth.
Jalea
15 juin 1932
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.
Jantina
16 juin 1932
Coulé le 5 juillet 1941 en mer Égée par le sous-marin britannique Torbay.
Medusa
10 décembre 1931
Coulé le 30 janvier 1942 en Adriatique par le sous-marin britannique Thorn.
Salpa
8 mai 1932
Coulé le 27 juin 1941 en Méditerranée par le sous-marin britannique Triumph.
Serpente
28 février 1932
Sabordé le 12 septembre 1943 près d'Ancône.

 

Classe Sirena (1933-1934) — 12 unités

Sous-marins classe Sirena — 1933-1934 (Série 600)

Contexte : deuxième sous-classe de la Serie 600, commandée dès 1931 alors que la classe Argonauta précédente était encore en construction. Le projet initial n'a été que légèrement retouché : quelques améliorations et une nouvelle forme de coque à l'avant, avec l'adoption de la proue « a squalo » (en forme de requin), caractéristique de tous les sous-marins du Genio Navale conçus par Bernardis.

Unités (12) : Sirena (navire de tête), Nereide, Diamante, Ondina, Topazio, Smeraldo, et six autres — construites par CRDA (Monfalcone) et Tosi (Tarente).

Innovation notable (puis abandonnée) : dans les années 1930, l'ingénieur en chef de la marine Pericle Ferretti a développé le dispositif « ML », précurseur du schnorchel (tube d'air), censé apporter d'importantes améliorations en sécurité, autonomie, rapidité et capacité d'attaque. Fabriqués par CRDA en 1934-1935 et installés sur les unités de type Sirena — mais lorsque l'amiral Antonio Legnani a pris le commandement des sous-marins de la Regia Marina en 1937, il les a fait démonter et détruire, les jugeant superflus. Un choix qui, avec le recul historique, s'est révélé regrettable au vu de l'intérêt ultérieur du schnorchel pour les marines de guerre.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 691 tonnes en surface, 850 tonnes en immersion
  • Dimensions : 61,5 m de long, 5,7 m de large, 4,7 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel totalisant environ 1 200 ch, moteurs électriques totalisant 800 ch en plongée
  • Vitesse : 14 nœuds en surface, 8 nœuds en immersion
  • Autonomie : 5 000 milles nautiques à 8 nœuds en surface, 72 milles à 4 nœuds en immersion
  • Armement : six tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, deux à l'arrière), douze torpilles (six aux tubes, six de réserve), un canon de pont de 100 mm (copie du Škoda K10, remplacé plus tard sur certaines unités), deux à quatre mitrailleuses Breda de 13,2 mm
  • Équipage : 45 hommes

Service : plusieurs unités ont participé à la guerre civile espagnole (missions ponctuelles, généralement sans résultat notable). Toutes ont servi activement dès l'entrée en guerre de l'Italie en juin 1940, notamment en Méditerranée orientale (Libye, Égypte).

Cette classe a directement précédé et inspiré la classe Perla (1935-1936), qui en reprend largement la conception.


 
Deuxième sous-classe de la Serie 600 ; construction répartie entre quatre chantiers. Pertes très lourdes tout au long de la guerre.
Unité
Lancement
Sort / historique
Sirena
non précisé (1933)
Sabordé le 9 septembre 1943 dans le port de La Spezia.
Ametista
24 avril 1933
Sabordé le 12 septembre 1943 près d'Ancône.
Anfitrite
5 août 1933
Coulé le 6 mars 1941 au large de la Crète par le destroyer britannique Greyhound.
Diamante
21 mai 1933
Coulé le 20 juin 1940 près de Tobrouk par le sous-marin britannique Parthian.
Galatea
5 octobre 1933
A survécu à la guerre ; rayé des listes en février 1948.
Naiade
non précisé (1933)
Coulé le 14 décembre 1940 près de Bardia par les destroyers britanniques Hereward et Hyperion.
Nereide
non précisé (1933)
Coulé le 13 juillet 1943 près d'Augusta par les destroyers britanniques Echo et Ilex.
Ondina
non précisé (1933)
Coulé le 11 juillet 1942 près de Beyrouth par des baleiniers armés sud-africains.
Rubino
non précisé (1933)
Coulé le 29 juin 1940 en mer Ionienne par l'aviation britannique.
Smeraldo
non précisé (1933)
Perdu en septembre 1943 en Méditerranée, cause inconnue.
Topazio
non précisé (1933)
Coulé par erreur le 12 septembre 1943 au large du sud-est de la Sardaigne par l'aviation britannique.
Zaffiro
non précisé (1933)
Perdu en juin 1942, probablement coulé le 9 juin par l'aviation britannique.

 
Classe Argo (1936-1937) — 2 unités

Sous-marins classe Argo — 1936-1937

Origine atypique : ces 2 sous-marins avaient été initialement commandés par le gouvernement portugais aux chantiers CRDA de Monfalcone. Le Portugal n'ayant pas pu honorer les coûts de construction, les bâtiments ont été rachetés et achevés pour la Regia Marina en 1936-1937. Des unités solides et performantes, qui ont servi de modèle pour développer la classe Tritone ultérieure.

Unités : Argo (navire de tête), Velella.

Caractéristiques techniques :

  • Déplacement : 793-810 tonnes en surface, 1 016-1 019 tonnes en immersion
  • Dimensions : 63,15 m de long, 6,9-6,93 m de large, 4,46 m de tirant d'eau
  • Propulsion : deux moteurs diesel FIAT de 750 ch chacun, moteurs électriques CRDA de 400 ch chacun en plongée, alimentés par une batterie de 108 éléments
  • Vitesse : 14 nœuds en surface, 8 nœuds en immersion
  • Autonomie : environ 10 176 milles nautiques à 8-8,5 nœuds en surface — remarquablement élevée pour une unité de cette taille, 100 milles à 3 nœuds en immersion
  • Profondeur de test : 90 m
  • Armement : six tubes lance-torpilles de 53,3 cm (quatre à l'avant, deux à l'arrière), dix torpilles, un canon de pont OTO 100 mm/47, quatre mitrailleuses de 13,2 mm
  • Équipage : 40-46 hommes

Service : les deux unités ont servi en Méditerranée au début de la guerre, puis ont été transférées à BETASOM (Bordeaux) en 1940 pour opérer dans l'Atlantique, avant de revenir en Méditerranée en 1941.

Fin dramatique et quasi-simultanée à l'armistice de septembre 1943 :

  • Le Velella a coulé, lors d'une de ses missions, deux navires britanniques d'importance (le navire auxiliaire antiaérien Tynwald et le transport de troupes Awatea, pour plus de 20 000 tonneaux au total) le 11 novembre 1942
  • L'Argo, surpris à l'armistice de Cassibile (8 septembre 1943) au chantier naval de Monfalcone, a été sabordé par son propre équipage le 11 septembre, ne pouvant plus appareiller. Renfloué par les Allemands, il a servi de barge de transport avant d'être démantelé après la guerre
  • Les deux bâtiments ont en réalité été coulés à quelques jours d'intervalle autour de l'armistice italien

Bilan : sur 2 unités, une perdue (au sens propre, coulée en action, selon les sources), l'autre finalement démantelée après un sabordage suivi d'un renflouement


 
Initialement commandés par le Portugal, rachetés pour la Regia Marina.
Unité
Lancement
Sort / historique
Argo
24 novembre 1936
Sabordé le 10 septembre 1943 lors de la prise du chantier de Monfalcone par les Allemands ; renfloué puis sabordé à nouveau par les Allemands le 1er mai 1945.
Velella
18 décembre 1936
Coulé le 7 septembre 1943 par le sous-marin britannique HMS Shakespeare.

 
Les classes spécialisées
Classe X

Sous-marins classe X — 1918 (Regia Marina)

Origine peu commune : cette classe naît d'une récupération. En 1915, l'Allemagne cède à la marine austro-hongroise un sous-marin mouilleur de mines de type UC I, l'UC 12, rebaptisé U 24. Le 16 mars 1916, il coule dans le golfe de Tarente, victime de l'explosion accidentelle d'une de ses propres mines. Repêché par la Regia Marina, l'épave est examinée par le colonel du Génie naval Curio Bernardis (futur grand concepteur de sous-marins italiens de l'entre-deux-guerres), qui la juge en état suffisant pour être reconstruite. Le sous-marin renaît sous le nom X 1, devenant le tout premier sous-marin mouilleur de mines de la Regia Marina — l'Italie n'en possédait aucun jusque-là.

Extension de la classe : sur la base de cette expérience, Bernardis conçoit deux nouvelles unités entièrement construites en Italie par les chantiers Ansaldo (Gênes/Sestri) : le X 2 et le X 3, commandés en juillet 1916. Par rapport à l'X 1 d'origine, ils disposent d'une capacité minière doublée et peuvent embarquer un canon Armstrong de 76/30 mm.

Caractéristiques techniques (X2/X3) :

  • Déplacement : environ 403 tonnes en surface, 468 tonnes en immersion
  • Coque à sections circulaires avec doubles fonds externes
  • Profondeur de sécurité : 53 m
  • Six puits de mines à l'avant, inclinés vers l'arrière, chacun pouvant contenir deux mines
  • Armement : mines navales + canon Armstrong 76/30 mm

Défauts : le X2 et le X3 ne se sont pas révélés très réussis — lents et peu manœuvrants. Ils ont néanmoins connu une longue et utile carrière comme unités d'entraînement pendant l'entre-deux-guerres.

Service :

  • L'X2 a posé plusieurs champs de mines en Adriatique (au large de la Dalmatie) durant la Première Guerre mondiale, avant d'être désarmé puis réarmé en 1921
  • En 1938, les X2 et X3 ont rejoint la XLVe escadrille de sous-marins, regroupant toutes les unités mouilleuses de mines de la Regia Marina (aux côtés du Pietro Micca, des Bragadin, et des Foca)
  • Avec les sous-marins de la classe H, les X2 et X3 furent les seuls sous-marins italiens à avoir servi lors des deux guerres mondiales — bien que, lors de la seconde, trop anciens et dépassés pour un usage réellement opérationnel

Bilan : le X2 a été rayé des listes le 18 octobre 1946, terminant ainsi une carrière remarquablement longue pour une conception de 1918.

 
 

 
Sous-marins mouilleurs de mines de l'entre-deux-guerres (X1, X2, X3), dont le système de mouillage dérivait des sous-marins allemands du type UC de la Première Guerre mondiale. Peu nombreux et anciens, ils ne jouèrent qu'un rôle secondaire durant le conflit.
Classe A

La classe A, une classe de sous-marins de poche italiens de la Première Guerre mondiale. Voici un topo complet :

Sous-marins classe A (sous-marins de poche) — 1915

Contexte : premiers sous-marins de poche de la Regia Marina, conçus dès juillet 1915 pour un rôle de défense côtière rapprochée, à proximité des ports stratégiques importants. Développés sous la direction du général Edgardo Ferrati à l'usine d'armes sous-marines de San Bartolomeo, à La Spezia.

Particularité de conception : le bateau devait être conçu pour être transportable par voie ferroviaire — une contrainte de taille et de poids qui explique le format « poche » de ces engins, pensés pour être déployés rapidement là où le besoin s'en faisait sentir, plutôt que pour opérer de façon autonome en haute mer.

Construction : le contrat initial prévoyait deux prototypes. Après leur achèvement et leurs essais en mer concluants, quatre unités supplémentaires ont été commandées, portant la classe à un total de six sous-marins de poche.

Rôle : contrairement aux grands croiseurs sous-marins océaniques de l'époque (Balilla, Micca...), ces petites unités étaient dédiées à une mission tactique très ciblée : la surveillance et la protection immédiate des mouillages et ports italiens contre une incursion ennemie, dans le contexte de la guerre dans l'Adriatique face à la marine austro-hongroise.

Si tu veux, je peux creuser davantage les caractéristiques techniques précises (déplacement, armement, dimensions) de cette classe A — les sources disponibles sur ces petites unités de 1915 sont plus limitées que pour les grandes classes de sous-marins de l'entre-deux-guerres qu'on a vues jusqu'ici.


 
Sous-marins de poche utilisés principalement pour l'entraînement des équipages et des missions spéciales, précurseurs de la classe CB.
 
Tableau récapitulatif des classes
Vue d'ensemble par grande famille de classes
Sous-marins côtiers — Serie 600
Classe
Dates
Historique
Classe Perla
1935 – 1936
10 unités ; toutes engagées dès 1940, 6 perdues au combat.
Classe Adua
1936 – 1938
17 unités, la plus nombreuse sous-classe de la Serie 600 ; 13 perdues.
Classe Acciaio
1940 – 1942
13 unités, dernière évolution de la Serie 600 ; 11 perdues.

 
Sous-marins océaniques
Classe
Dates
Historique
Classe Marcello
1937 – 1939
11 unités, transférées à Bordeaux (BETASOM) dès août 1940.
Classe Marconi
1939 – 1940
6 unités engagées dans la bataille de l'Atlantique ; quasiment anéantie.
Classe Calvi
1935 – 1936
3 grands sous-marins de croisière océaniques.
Classe Liuzzi
1939 – 1940
4 unités océaniques, toutes perdues ou capturées.
Classe Ammiragli (Cagni)
1940
4 unités, record de 38 torpilles de 450 mm embarquées.

 
Unités plus anciennes en service en 1940
Classe
Dates
Historique
Classe Balilla
1927 – 1929
4 unités océaniques de l'entre-deux-guerres.
Ettore Fieramosca
1929
Unité unique, sous-marin croiseur expérimental.
Classe Mameli
1926 – 1929
4 unités de conception ancienne.
Classe Pisani
1927 – 1929
4 unités côtières, converties en pontons dès 1942.
Classe Bandiera
1929
4 unités côtières, développement de la classe Pisani.
Classe Squalo
1930
4 unités, développement de la classe Bandiera.
Classe Bragadin
1929 – 1931
2 unités mouilleuses de mines.
Classe Settembrini
1930 – 1931
2 unités, développement de la classe Mameli.
Classe Argonauta
1931 – 1932
7 unités côtières, pertes très lourdes.
Classe Sirena
1933 – 1934
12 unités, deuxième sous-classe de la Serie 600.
Classe Argo
1936 – 1937
2 unités, initialement commandées par le Portugal.

 
Classes spécialisées
Classe
Dates
Historique
Classe X
Entre-deux-guerres
Sous-marins mouilleurs de mines dérivés des UC allemands.
Classe CB
1941 – 1943
22 unités mises à l'eau sur 72 commandées — voir le zoom détaillé ci-après.
Classe A
Entre-deux-guerres
Sous-marins de poche d'entraînement.
 
Zoom sur la classe CB
Le sigle CB signifie « Caproni modello B » — c'est-à-dire le deuxième modèle de sous-marin de poche développé par la firme Caproni (Taliedo, Milan) pour la Regia Marina.
Il s'inscrit dans une logique de nommage simple et séquentielle :
CA = « Caproni modello A » — premier modèle, dessiné dès 1937, jugé peu satisfaisant à l'usage
CB = « Caproni modello B » — version corrigée et nettement améliorée, à partir de 1940, qui deviendra le modèle produit en série (22 exemplaires)
CC = « Caproni modello C » (parfois lu comme Costiero Caproni) — projet ultérieur de 1943, dérivé du CB avec une poupe modifiée, resté quasiment sans suite (3 unités seulement mises en chantier sur 37 prévues, puis annulé)
Le principe est donc simplement alphabétique : chaque lettre correspond à une génération/évolution successive du mini-sous-marin conçu par Caproni, un peu comme on numéroterait des prototypes A, B, C.
Sous-marins de poche de défense côtière — histoire et unités
Conception et caractéristiques techniques
Conçus et construits par les chantiers Caproni à Milan, les CB constituaient une nette amélioration de la classe CA qui les précédait. Ce sont de très petites unités : 15 mètres de long, 3 mètres de large, un tirant d'eau de 2,05 m, pour un déplacement de seulement 35,4 tonnes en surface et 44,3 tonnes en plongée. Propulsés par un diesel Isotta Fraschini couplé à un moteur électrique Brown Boveri (130 ch au total), ils atteignaient 7,5 nœuds en surface et 7 nœuds en immersion. L'équipage ne comptait que 4 hommes, et l'armement se limitait à deux torpilles de 450 mm rechargeables sans faire surface, pouvant être remplacées par deux mines.
Soixante-douze unités furent commandées à Caproni, mais seules 22 furent mises à l'eau : douze avant l'armistice de septembre 1943, neuf après.
Le transfert spectaculaire vers la mer Noire
À la demande de l'Allemagne, les six premières unités (achevées en 1941) furent démontées et transportées par voie ferrée jusqu'en Roumanie. Parties le 25 avril 1942, elles atteignirent Constanța le 2 mai, formant la 1ère Squadriglia Sommergibili CB sous le commandement de Francesco Mimbelli.
Les combats en mer Noire (1942-1943)
  • 13 juin 1942 : le CB-5 est coulé à Yalta par des torpilleurs soviétiques.
  • 26 juin 1942 : les CB-3 et CB-4 revendiquent la destruction du sous-marin soviétique S-32 (victoire aujourd'hui contestée, plutôt attribuée à l'aviation allemande).
  • 26 août 1943 : le CB-4 torpille et coule le sous-marin soviétique Shch-203.
Tableau nominatif des unités de la classe CB
Unité
Lancement
Sort / historique
CB-1
1941 (1ᵉʳ lot)
Transféré en mer Noire en 1942. Cédé à la marine roumaine après l'armistice de 1943.
CB-2
1941 (1ᵉʳ lot)
Transféré en mer Noire en 1942. Cédé à la marine roumaine.
CB-3
1941 (1ᵉʳ lot)
Revendique avec le CB-4 la destruction du S-32 (26 juin 1942). Cédé à la marine roumaine.
CB-4
1941 (1ᵉʳ lot)
Torpille et coule le Shch-203 (26 août 1943). Cédé à la marine roumaine.
CB-5
1941 (1ᵉʳ lot)
Coulé à Yalta le 13 juin 1942 par des torpilleurs soviétiques.
CB-6
1941 (1ᵉʳ lot)
Transféré en mer Noire en 1942. Cédé à la marine roumaine.
CB-7
Avant l'armistice (1943)
N'a pas fait défection ; cannibalisé pour ses pièces.
CB-8
Avant l'armistice (1943)
Défection vers les Alliés après l'armistice.
CB-9
Avant l'armistice (1943)
Défection vers les Alliés.
CB-10
Avant l'armistice (1943)
Défection vers les Alliés.
CB-11
Avant l'armistice (1943)
Défection vers les Alliés.
CB-12
Avant l'armistice (1943)
Défection vers les Alliés.
CB-13
Après l'armistice (1943)
Capturé par les Allemands ; détruit par l'aviation alliée.
CB-14
Après l'armistice (1943)
Capturé par les Allemands ; détruit par l'aviation alliée.
CB-15
Après l'armistice (1943)
Capturé par les Allemands ; détruit par l'aviation alliée.
CB-16
Après l'armistice (1943)
Capturé par les Allemands, affecté à la RSI ; équipage mutiné, rendu aux Britanniques.
CB-17
Après l'armistice (1943)
Coulé lors d'une attaque aérienne alliée.
CB-18
Après l'armistice (1943)
Sabordé par son équipage.
CB-19
Après l'armistice (1943)
Remis aux forces alliées.
CB-20
1943 (Caproni, Milan)
Capturé par les partisans yougoslaves à Pola en 1945. Devenu P-901 « Mališan » dans la marine yougoslave jusqu'en 1959. Seul survivant de la classe, exposé au Musée technique Nikola Tesla de Zagreb.
CB-21
Après l'armistice (1943)
Accidentellement éperonné et coulé par une péniche allemande.
CB-22
Après l'armistice (1943)
Coulé en attaque aérienne, ou sabordé (sources divergentes).

 
Le CB-20, seul rescapé — musée technique Nikola Tesla, Zagreb
Construit aux chantiers Caproni de Milan en 1943, le CB-20 est le seul exemplaire survivant de toute la classe. Retrouvé à Pula en 1945, remis en état par les chantiers Uljanik, il entre en service dans la marine yougoslave sous le nom P-901 « Mališan » jusqu'en 1959, avant d'être exposé au Musée technique Nikola Tesla de Zagreb, où il est visible depuis le début des années 1960.
   


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