Histoire et Organisation des troupes à skis soviétiques (1919-1945)
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2eGM Bronechtchik Bouclier de tir PPSh-41 Moscou
2eGM Bronechtchik Bouclier de tir Mosin Nagant Moscou
Sur ce tableau la guerre de Continuation (URSS-Finlande, juin 1941 - septembre 1944) ne succède pas à la période Barbarossa-Moscou-Stalingrad mais elle lui est strictement parallèle.
Les deux conflits démarrent le même mois (juin 1941) et se déroulent simultanément, sur des fronts différents. Le tableau ci-dessous situe les deux chronologies côte à côte.
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1919
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Guerre civile : formation de 75 compagnies de skieurs de l'Armée rouge (Oural, Sibérie, Extrême-Orient, Carélie).
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1919-1939
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Aucune doctrine figée, aucune unité de skieurs permanente maintenue.
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30 nov. 1939
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Début de la guerre d'Hiver : invasion soviétique de la Finlande.
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Déc. 1939 - mars 1940
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Mobilisation de bataillons de volontaires-skieurs (organigramme 04/10, 761 hommes).
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12-13 mars 1940
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Traité de paix de Moscou. Fin de la guerre d'Hiver.
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Mars 1940 - juin 1941
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« Grande Trêve » : rapprochement germano-finlandais.
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22 juin 1941
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Opération Barbarossa : invasion allemande de l'URSS.
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25 juin 1941
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Début de la guerre de Continuation (Finlande-URSS), en parallèle de la guerre germano-soviétique.
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2 et 15 sept. 1941
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Décrets GKO n° 613ss et 680ss : création des bataillons de ski distincts (ОЛБ), organigramme 1941 (578 hommes).
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Déc. 1941 - janv. 1942
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Bataille de Moscou : contre-offensive soviétique, engagement de plus de 30 unités de ski.
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28 août 1942
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Décret GOKO n° 2219ss : réorganisation, bataillons de ski intégrés aux divisions (553 hommes) ; brigades de ski autonomes.
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Nov. 1942 - févr. 1943
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Bataille de Stalingrad et offensive d'hiver associée ; brigades de ski engagées en exploitation vers Koursk.
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23 oct. 1943
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Ordre Stavka n° 0433 : nouvel organigramme 04/355 (420 hommes), statut de bataillon distinct rétabli.
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Janv. 1944
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Levée du siège de Léningrad ; participation de bataillons de ski.
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1944-1945
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Déclin progressif de l'emploi des bataillons de ski ; dernières unités engagées au printemps 1945.
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Sept. 1944
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Fin de la guerre de Continuation (armistice de Moscou).
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8-9 mai 1945
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Capitulation de l'Allemagne. Fin de la Grande Guerre patriotique.
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Avant 1939 Les Origines
Les compagnies de skieurs de la guerre civile
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| Les ancetres |
L'emploi de troupes à skis par l'Armée rouge ne naît pas en 1939. Dès 1919, en pleine guerre civile, 75 compagnies de skieurs sont formées et engagées dans l'Oural, en Sibérie, en Transbaïkalie, en Extrême-Orient et déjà en Carélie sur des terrains où l'enneigement et l'absence de routes carrossables rendaient ce mode de déplacement particulièrement adapté.
Cette expérience, bien réelle, ne débouche cependant sur rien de permanent dans l'entre-deux-guerres : aucune unité de skieurs n'est maintenue à demeure, aucune doctrine d'emploi n'est véritablement figée. C'est cette absence de préparation qui explique, vingt ans plus tard, l'improvisation qui caractérise la mobilisation de l'hiver 1939-1940.
La Guerre d'Hiver (1939-1940)
À l'automne 1939, fort du pacte germano-soviétique signé en août, qui plaçait la Finlande dans la zone d'influence de l'URSS, Staline exige d'Helsinki la cession de territoires jugés stratégiques pour la défense de Léningrad, alors distante d'à peine une trentaine de kilomètres de la frontière. Face au refus finlandais, les négociations échouent. Le 30 novembre 1939, l'Armée rouge envahit la Finlande avec une vingtaine de divisions.
On assiste à la mobilisation des bataillons de volontaires-skieurs.En effet face à un adversaire finlandais maîtrisant parfaitement le combat hivernal, l'Armée rouge doit mobiliser dans l'urgence des bataillons de volontaires-skieurs, recrutés au niveau régional sous l'autorité conjointe des comités du Parti et des bureaux militaires de district.
Deux filières de volontaires se combinent
Des réservistes ayant déjà servi, et de simples pré-conscrits sachant skier, souvent titulaires de l'insigne sportif « Prêt au travail et à la défense » (Vorochilovets). Sportifs, étudiants, membres du Komsomol et volontaires de la société Osoaviakhim fournissent l'essentiel des effectifs.
Ces bataillons suivent un organigramme (штат) commun, le n° 04/10, fixant leur effectif de référence à 761 hommes chiffre que l'on retrouve, de façon frappante, aussi bien au bataillon de Louga (767 hommes au départ pour le front) qu'au 9e bataillon d'Arkhangelsk (761 hommes exactement à la mi-janvier 1940), preuve d'un cadre organisationnel standardisé malgré l'urgence de la mobilisation.
Deux exemples documentés illustrent bien cette mobilisation régionale :
les bataillons de Louga et de Novgorod, formés entre le 3 et le 12 janvier 1940 dans la région de Leningrad (respectivement 767 et 724 hommes), et le 9e bataillon d'Arkhangelsk, intégré à la brigade de ski du colonel Dolonine et envoyé le 11 février 1940 dégager la 54e division encerclée près de Kuhmo : sur environ 3 000 hommes de la brigade engagés, seuls 240 regagnèrent les lignes soviétiques par leurs propres moyens
Le 21 février 1940 voit d'ailleurs l'un des désastres les plus lourds de la campagne.
On connait l'équipement de ces troupes par le témoignage du volontaire Pavel Chipov (17e bataillon, formé à Chouïa) qui détaille l'équipement type de ces combattants :
skis à fixations souples,
bottes de feutre,
capote, puis tenue blanche complète distribuée en cours de campagne
L'armement est composé de fusils ordinaires, de fusils-mitrailleurs Dektiarev, de mitrailleuses Maxim et de mortiers légers, avec des fusils semi-automatiques SVT distribués en première ligne avant d'être partiellement remplacés par les fusils à trois lignes traditionnels, plus fiables par grand froid.les Mosin Nagant
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Petite explication le SVT est leFusil semi-automatique de Tokarev SVT pour Самозарядная Винтовка Токарева (Samozariadnaïa Vintovka Tokoreva), littéralement « fusil autochargeur Tokarev ». Il a été conçupar l'ingénieur Fiodor Tokarev, adopté en 1938 (SVT-38), puis amélioré et allégé en 1940 (SVT-40),
C 'est le modèle le plus répandu d'un Calibre 7,62×54R, avec un chargeur amovible de 10 cartouches. Il est Semi-automatique : contrairement au fusil à verrou classique, il tire un coup à chaque pression de la détente sans réarmement manuel — un net gain de cadence de tir.C'était une arme moderne et ambitieuse pour l'époque, censée équiper massivement l'infanterie soviétique.
Son point faible, son mécanisme, plus complexe et plus précis que celui d'un fusil à verrou, qui tolérait mal la saleté, le sable et surtout le grand froid. Le gel figeait la graisse et les pièces mobiles, provoquant des enrayages fréquents un défaut rédhibitoire pour des unités de skieurs opérant par -30°C à -40°C en 1939-1940 et 1941-1942.
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L'autre fusil est le « fusil à trois lignes » Mosin-Nagant C'est le nom familier donné au fusil Mosin modèle 1891, conçu par Sergueï Mossine avec des apports de la firme belge Nagant
Pourquoi dit Trois lignes » Ici on fait référence à son calibre : une ligne était une ancienne unité de mesure russe (1 ligne = 2,54 mm) ; trois lignes = 7,62 mm, d'où le surnom.
C'est un fusil à verrou (manuel), robuste, simple, avec un chargeur de 5 cartouches.Bien plus rustique que le SVT, mais justement beaucoup plus fiable en conditions extrêmes : moins de pièces mobiles délicates, tolérance de fabrication plus large, moins sensible au gel.
En résumé
C'est pour cette raison que, dans le contexte des bataillons de ski opérant par grand froid, l'Armée rouge a dû faire machine arrière et redonner aux troupes le vieux mais increvable Mosin, plutôt que de s'en remettre au SVT, plus performant sur le papier mais trop fragile dans ces conditions.
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SVT-40
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Mosin-Nagant trois lignes
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Fonctionnement
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Semi-automatique
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Verrou manuel
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Cadence
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Rapide
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Lente
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Fiabilité au froid extrême
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Faible
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Élevée
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Entretien
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Exigeant
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Simple
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La fin de la guerre d'Hiver