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Rome Militaria Fortifications Bretagne Les Garnisons du Mur d 'Hadrien en et Antonin et de la Province Britania Armes et Armures
Article écrit par :
Claude Balmefrezol
Mis en ligne le
23/07/2026 à 07:37:50
Rome Militaria Fortifications Bretagne Les Garnisons du Mur d 'Hadrien et Antonin et de la Province Britania Armes et Armures
Voir aussi cet article Rome Militaria Fortifications Bretagne Les Murs d'Hadrien et Antonin
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Présentation de la situation de Bretagne romaine (Britannia) de Claude au retrait des troupes Romaines
La conquête (43 apr. J.-C.)
C'est l'empereur Claude qui lance l'invasion en 43, avec une armée d'environ 40 000 hommes répartis en quatre légions : la II Augusta, la IX Hispana, la XIV Gemina et la XX Valeria Victrix. La conquête progresse par étapes : le sud-est est soumis rapidement, puis le pays de Galles et le nord sont pacifiés plus lentement, avec des résistances marquantes comme celle de la reine Boadicée (Boudicca) en 60-61, qui détruit Londres, Colchester et Verulamium avant d'être écrasée.
Les légions stationnées durablement
Une fois la conquête stabilisée, trois grandes légions forment l'ossature militaire de l'île pendant l'essentiel de la période romaine :
II Augusta — basée à Isca (Caerleon, Pays de Galles)
VI Victrix — arrivée vers 122, basée à Eboracum (York)
XX Valeria Victrix — basée à Deva (Chester)
La IX Hispana, présente au début, disparaît des sources après le début du IIe siècle (son sort exact — anéantissement ou simple transfert — reste débattu par les historiens).
À ces légions s'ajoutent de nombreuses unités auxiliaires (cohortes d'infanterie, ailes de cavalerie) recrutées dans tout l'Empire — Bataves, Thraces, Gaulois, Espagnols — qui assurent la garde des frontières et des forts.
Le mur d'Hadrien et le mur Antonin
122 apr. J.-C. : l'empereur Hadrien fait construire le mur d'Hadrien, ligne fortifiée de 117 km reliant la mer d'Irlande à la mer du Nord, marquant la limite nord de l'Empire.
142 : sous Antonin le Pieux, un second mur, plus au nord (le mur Antonin, en Écosse actuelle), est édifié mais abandonné une vingtaine d'années plus tard faute de pouvoir tenir la ligne face aux tribus calédoniennes — le mur d'Hadrien redevient la frontière définitive.
Administration et vie militaire
La province, appelée Britannia, est dirigée par un légat impérial. Elle est scindée en deux (Britannia Superior et Inferior) sous Septime Sévère (début du IIIe siècle), puis en quatre provinces au IVe siècle sous Dioclétien. Les camps légionnaires (York, Chester, Caerleon) deviennent de véritables villes, entourées de canabae où vivent commerçants et familles des soldats.
Le retrait romain (début du Ve siècle)
À partir de la fin du IVe siècle, l'Empire retire progressivement ses troupes de Bretagne pour faire face aux crises sur le continent (invasions barbares, usurpations). Des généraux comme Magnus Maximus (383) puis Constantin III (407) emmènent des troupes de l'île pour tenter de s'emparer du pouvoir impérial, affaiblissant durablement la défense de la province.
En 410, l'empereur Honorius, dans une lettre restée célèbre (le « rescrit d'Honorius »), répond aux cités bretonnes qui demandent de l'aide en les invitant à assurer elles-mêmes leur défense signe que Rome n'a plus les moyens d'intervenir. Cette date marque conventionnellement la fin de l'administration romaine en Bretagne, même si des éléments de culture et d'organisation romaine perdurent localement pendant encore plusieurs décennies avant l'arrivée des Angles, Saxons et Jutes.
Les troupes stationnées Légions, Alae et Auxiliaires
Les légions stationnées en Bretagne
Les quatre légions de l'invasion (43 apr. J.-C.)
II Augusta commandée initialement par le futur empereur Vespasien. Basée successivement à Silchester, Exeter, Gloucester, puis à Isca Silurum (Caerleon, Pays de Galles) à partir de 74/75.
VIIII (IX) Hispana basée à Lindum (Lincoln) puis Eboracum (York). Disparaît des sources après le début du IIe siècle (sort débattu : anéantie en Bretagne ou transférée puis anéantie ailleurs).
XIV Gemina basée à Camulodunum (Colchester) puis Wroxeter. Rappelée sur le continent vers 66-67, remplacée un temps par la II Adiutrix (jusqu'en 87, puis rappelée au Danube).
XX Valeria Victrix basée à Camulodunum, puis Kingsholm (Gloucester), Usk, et enfin Deva (Chester) de façon durable. Dernière légion attestée en Bretagne, encore présente lors du retrait des troupes par Constantin III en 407.
La légion arrivée plus tard
VI Victrix — arrive en 122 avec l'empereur Hadrien pour la construction du mur. Basée à Eboracum (York), elle y reste jusqu'à la fin de la présence romaine.
À la fin du IIe siècle, la garnison légionnaire se stabilise donc autour de trois légions : II Augusta (Caerleon), VI Victrix (York) et XX Valeria Victrix (Chester) chacune avec sa forteresse permanente.
Les alae et cohortes auxiliaires
Les auxiliaires forment la majorité des troupes (environ 2/3 des effectifs), recrutées dans tout l'Empire et stationnées surtout le long du mur d'Hadrien et aux frontières :
Cavalerie (alae)
Ala Petriana (la plus prestigieuse, seule ala milliaria avec 1000 hommes en Bretagne), à Uxelodunum/Stanwix
Ala Sabiniana, à Vindolanda puis Cilurnum
Ala Augusta, à Chesters (Cilurnum)
Unités asturiennes, thraces, gauloises et pannoniennes de cavalerie
Infanterie (cohortes)
Cohortes bataves (Ier-IIe s., notamment à Vindolanda — célèbres pour les tablettes de bois retrouvées sur place)
Cohortes tongres
Cohortes thraces
Cohortes gauloises et espagnoles
Unités de numeri (troupes irrégulières) comme les Exploratores (éclaireurs) ou les Areani/Arcani, chargés du renseignement au-delà du mur
Ces unités, généralement 500 hommes (quingenaria) ou 1000 hommes (milliaria), tenaient les forts du mur et les avant-postes.
Les principaux camps (castra)
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Camp
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Nom latin
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Unité
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York
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Eboracum
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VI Victrix
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Chester
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Deva
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XX Valeria Victrix
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Caerleon
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Isca Silurum
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II Augusta
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Lincoln
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Lindum
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IX Hispana (puis colonie)
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Colchester
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Camulodunum
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XIV Gemina (puis colonie)
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Gloucester
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Glevum
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XX Valeria Victrix (puis colonie)
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Exeter
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Isca Dumnoniorum
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II Augusta
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Wroxeter
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Viroconium
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XIV Gemina
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Forts auxiliaires majeurs le long du mur d'Hadrien : Vindolanda, Housesteads (Vercovicium), Chesters (Cilurnum), Birdoswald (Banna), Corbridge (Coria), Carlisle (Luguvalium).
Autres forts stratégiques : Segontium (Caernarfon, Pays de Galles), Richborough (Rutupiae, point de débarquement de 43), Portchester et les forts du « Rivage Saxon » (construits plus tard, IIIe-IVe s., contre les raids saxons et francs)
Le Legionnaire
Les légionnaires : organisation et équipement
La légion comptait normalement dix cohortes, la première (cohors miliaria) étant renforcée à environ 800 hommes répartis en cinq centuries doubles, les neuf autres (cohortes quingenariae) alignant six centuries de 80 hommes chacune sous un centurion assisté d'un optio, d'un porte-étendard (signifer) et d'un tesserarius chargé du mot de passe — une organisation très proche de celle des cohortes auxiliaires décrite plus haut, mais avec un effectif total nettement supérieur (environ 5 000 à 5 500 hommes contre 480 à 1 000 pour une cohorte auxiliaire isolée).
Le casque
Le casque légionnaire du Ier siècle, dit de type « Coolus » puis « Impérial-Gaulois » et « Impérial-Italique », est une pièce nettement plus élaborée que ses équivalents auxiliaires : bol profond en bronze puis en fer, souvent orné de sourcils repoussés ou appliqués, garde de nuque large et inclinée pour protéger la nuque des coups tranchants venus du haut, protège-joues articulés plus larges, et parfois une crête ou des plumes de renfort sur les modèles de parade ou de cérémonie. Contrairement aux casques auxiliaires simplifiés (sans ornement appliqué, visière haute mais sobre), le casque légionnaire porte souvent des décorations embouties représentant des motifs de foudre, de sourcils stylisés ou des figures divines — signe distinctif du statut du citoyen-soldat.
La cuirasse
L'armure emblématique est la lorica segmentata, cuirasse composée de bandes de fer articulées reliées par des charnières, des crochets et des lanières de cuir, protégeant le torse et les épaules tout en conservant une bonne mobilité des bras. Complexe à entretenir (chaque bande devait être huilée contre la rouille et les lanières remplacées régulièrement), elle coexiste dès le Ier siècle avec la lorica hamata (mailles) portée par certains légionnaires, notamment les officiers, les principales (sous-officiers) et, plus tard, la troupe entière à mesure que la segmentata décline (fin IIe-IIIe siècle).
Le bouclier
Le scutum, grand bouclier rectangulaire semi-cylindrique en bois contreplaqué recouvert de cuir et de toile, avec umbo métallique central et bordures renforcées de bronze, se distingue nettement des boucliers ovales ou hexagonaux plats des auxiliaires. Sa forme incurvée offrait une meilleure protection en formation serrée (testudo) mais le rendait plus lourd et moins maniable individuellement — un compromis cohérent avec le rôle du légionnaire, conçu pour combattre en ligne dense plutôt qu'en escarmouche.
Les armes
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Le pilum, javelot lourd à hampe de bois et longue tige de fer terminée par une pointe pyramidale, était spécifiquement conçu pour se plier ou se briser après l'impact, rendant l'arme inutilisable par l'adversaire et son crochet gênant son bouclier — une arme réservée aux légions, sans équivalent direct chez les auxiliaires qui utilisaient plutôt la lance (hasta) ou des javelots plus légers.
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Le gladius, épée courte à lame large (environ 50 cm), identique en tous points à celle utilisée par l'infanterie auxiliaire — un des rares éléments réellement communs aux deux troupes dès le Ier siècle.
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Le pugio, poignard court porté à la ceinture, servait d'arme de réserve et de complément symbolique du statut militaire.
Sous la cuirrase il porte une tunica tunique qui était en lin ou laine Si dans le civil il était très à la mode de la faire longue et fluide, pour donner le même effet que la toga Les militaires question pratique la portaient courte
l'État ayant en charge les equipements militaire faisait produire ceux ci le moins cher aussi il n y avait pas souvent de couleur uniforme par légion et parfois par cohorte.les Légionnaires portent souvent du rouge, car cette couleur était le symbole du dieu de la guerre Mars Et enfin au grés de arrivées de nouvelles recrues les légionnairess portaient souvent des tuniques d'autres soldats
Les légionnaires portaienet aussi un foulard autour du cou pour prevenir les ampoules que peut engendrer le frottement de la lorica hamata.
Le baudrier et la ceinture Cingulum & cintus (ceintures)
Le cingulum militare, ceinture ornée de plaques de bronze estampées et de lanières pendantes protégeant l'aine, était porté par tout légionnaire, y compris hors combat, comme marque distinctive de son statut — une pièce d'équipement presque aussi symbolique que fonctionnelle, peu présente chez l'auxiliaire dont l'équipement de parade était plus sobre.
Parfois on trouve des pendentifs décorés (baltea) en laiton ou d'étain.
Des legionnaires pouvaient aussi croiser deux ceintures l'une sur l'autre. Cela était probablement réservé aux légionnaires les plus riches, qui pouvaient se permettre deux ceintures décorées.
Les chaussures Les caligae, sandales-bottes cloutées à semelles épaisses, complètent l'équipement et sont, elles aussi, largement partagées avec les auxiliaires, bien que les modèles légionnaires soient parfois plus richement cloutés.
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Les cohortes d'infanterie auxiliaire organisation et équipement
Les cohortes d'infanterie Organisation
Les cohortes d'infanterie auxiliaire comptaient normalement dix centuries (milliaria) ou cinq (quingenaria) de 80 hommes chacune, sous un centurion assisté d'un optio.
L'équipement variait peu de celui de la cavalerie,
L'armée romaine, recrutées parmi les peuples soumis ou alliés (non-citoyens à l'origine). Elle se divise en
Les cohortes d'infanterie (cohortes peditatae) fantassins uniquement
Les cohortes mixtes (cohortes equitatae) infanterie + une composante de cavalerie
Les alae cavalerie pure
Donc les cohortes d'infanterie sont une sous-catégorie des auxiliaires, pas un synonyme. Dans les textes que j'ai utilisés plus haut, l'expression « infanterie auxiliaire » désignait justement ces cohortes (peditatae et equitatae combinées), par opposition à la cavalerie des alae — d'où une certaine confusion possible si on lit vite.
À côté de ça, il y a aussi les numeri (unités irrégulières, souvent ethniques et moins « romanisées » dans leur organisation comme les Exploratores ou Arcani mentionnés en Bretagne), qu'on classe parfois à part des auxilia proprement dits, bien qu'ils jouent un rôle proche.
Pour résumer Une cohorte d'infanterie est une unité auxiliaire, mais tous les auxiliaires ne sont pas des cohortes d'infanterie — les alae et les cohortes mixtes en font partie aussi.2. Les alae attestées en Bretagne
Les cohortes mixtes et d'infanterie (les plus célèbres)
Les cohortes d'infanterie portaient un équipement similaire mais plus simple
Les cohortes d'infanterie auxiliaire comptaient normalement dix centuries (milliaria) ou cinq (quingenaria) de 80 hommes chacune, sous un centurion assisté d'un optio.
L'équipement variait peu de celui de la cavalerie,
Le casque
si ce n'est que leurs casques étaient d'un modèle plus simple, sensiblement moins profond à l'arrière, et que leurs épées étaient le gladius court. Les casques susceptibles d'avoir été attribués à l'infanterie auxiliaire (pedites) sont des versions simplifiées de ceux des légionnaires ; aucun n'a survécu en Bretagne, il faut donc se tourner vers les découvertes continentales. Le meilleur exemple, en bronze, fut trouvé dans le Rhin à Mayence et date probablement de la fin du Ier ou du début du IIe siècle. Il est de forme quasi identique aux casques légionnaires contemporains, mais sans ornement appliqué ou embouti : seul l'essentiel est présent — une visière renforcée haute sur le front, des protège-oreilles saillants et de simples pièces de joue articulées.
La cuirasse
L'armure corporelle était généralement la courte lorica hamata (mailles), comme on le voit sur les colonnes de Trajan et de Marc Aurèle à Rome. Sur la colonne de Marc Aurèle, une bonne partie de l'infanterie porte une lorica squamata (écailles) de la même « coupe » que les chemises de mailles ; ces différences d'équipement étaient probablement liées à la région où était stationnée l'unité et au type d'armure que les artisans locaux savaient fabriquer.
Le bouclier
Les boucliers, comme ceux de la cavalerie, étaient généralement ovales avec un umbo hémisphérique similaire couvrant l'évidement de la poignée centrale. Les unités teutoniques utilisaient des umbos coniques hauts, avec ou sans fleuron en bouton, semblables à ceux introduits plus tard en Bretagne par les envahisseurs saxons. Tous les boucliers étaient équipés de housses en peau de chèvre, ce qui permet de connaître leurs dimensions exactes : les housses ovales du milieu du Ier siècle trouvées au fort de Valkenburg en Hollande mesurent 128 cm sur 66 cm.
Les armes
L'épée d'infanterie était le même gladius que celui des légionnaires, une arme dont la lame mesurait 49,5 cm de long pour 5 cm de large, munie au Ier siècle d'un fourreau richement décoré, remplacé au IIe siècle par un simple fourreau de bois gainé de cuir protégé d'un cadre métallique auquel étaient fixés les anneaux de suspension. Le baudrier était étroit, porté par-dessus l'épaule gauche, l'épée étant portée assez haut sur le côté droit. Ce balteus était séparé à l'arrière et fixé aux deux anneaux du bord arrière du fourreau, tandis qu'à l'avant seul l'anneau supérieur des deux était utilisé.
Les vestiges d'une lame de gladius d'infanterie furent trouvés au fort de South Shields ; ils sont aujourd'hui exposés dans le musée du site, scellés dans un boîtier en plastique pour les préserver après leur nettoyage minutieux au laboratoire du British Museum. Seul subsiste environ le tiers supérieur de la lame, où l'on distingue, sous les épaules où était fixée la poignée, d'intéressantes incrustations en bronze jaune : sur la face avant, une figure de Mars, dieu de la guerre, et au revers, un aigle légionnaire flanqué d'étendards de cohorte. Des incrustations similaires apparaissent sur des épées romaines courtes et longues trouvées en Scandinavie et en Pologne — des armes ayant franchi la frontière romaine par le commerce ou la capture sur le Rhin. Ces armes datent de la fin du IIe siècle et du début du IIIe.
Il n'existe aucune preuve sculpturale de légionnaires ou d'infanterie auxiliaire portant des poignards (pugio) au IIe siècle, mais une grande quantité de ces armes a été trouvée dans le fort du IIIe siècle de Kastell Künzing, en Allemagne. Ces poignards sont pour la plupart de grande taille, environ 40 cm de long, du même modèle qu'un exemplaire trouvé à Copthall Court dans la Cité de Londres et aujourd'hui au Museum of London. Ces poignards ont pu remplacer l'épée dans certaines unités, bien que de très courtes épées aient également été trouvées dans le dépôt de Künzing.Une pierre de dédicace du fort de Birdoswald, qui abritait la cohors I Aelia Dacorum aux IIIe et IVe siècles, porte un relief d'une épée dace courbe typique, qui aurait pu être portée par cette unité comme arme traditionnelle native. La forme de la lame représentée suggère une modification, car elle ne présente plus la forme en faucille des armes daces de la colonne Trajane, et a reçu une poignée d'épée véritable plutôt que le manche droit de l'arme native ancienne.
Les lances d'infanterie étaient similaires à tous égards à celles de la cavalerie. Des reliefs funéraires du Ier siècle montrent des soldats portant deux lances, alternative aux deux pila des légionnaires : elles étaient probablement lancées à l'ouverture d'un engagement, mais l'une d'elles pouvait être conservée et maniée en main aussi longtemps que les conditions le permettaient. Certaines unités utilisaient peut-être des javelots de taille plus réduite, transportables en plus grande quantité.
Un relief assez fruste d'un soldat d'infanterie trouvé à Carrawburgh est aujourd'hui visible au musée Clayton de Chesters.
Il pourrait s'agir d'un fragment de stèle funéraire, bien qu'il lui manque les éléments architecturaux habituels d'une telle pierre. Il présente un intérêt particulier car il représente un signifer, ou porte-étendard, portant une peau d'ours sur son casque et ses épaules, et tenant dans sa main droite un étendard dont la tête figure un taureau peut-être le totem de son unité avec un sabot en forme de trident au bout pour le planter en terre. Son bouclier inhabituel pourrait représenter une version réduite du type porté par les tribus dont sa cohorte fut originellement recrutée. À sa gauche pend son gladius, et autour de la taille de sa longue tunique se trouve une ceinture à l'extrémité pendante. La présence d'un gladius indique que ce relief ne peut être postérieur à la première moitié du IIIe siècle, car après cette date la spatha remplace l'arme plus courte.
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Les cohortes mixtes (cohors equitata), fortes de cinq cents ou mille hommes, comptaient à la fois infanterie et cavalerie, la cavalerie constituant la section supérieure de la cohorte et étant donc mieux payée.Les cohortes equitatae — mixtes cavalerie-infanterie — offraient polyvalence tactique précieuse pour les patrouille
Cet élément de cavalerie n'était toutefois pas aussi bien payé que les cavaliers des alae un fait clairement exprimé dans l'adlocutio d'Hadrien, son discours à ses troupes de Lambèse, en Numidie (Algérie), après que chaque unité eut fait la démonstration de ses compétences lors d'exercices sur le terrain.À la sixième cohorte de Commagène (nord-ouest de la Syrie), il déclara : « Il est difficile pour la cavalerie d'une cohorte partiellement montée de donner satisfaction en toute circonstance, et plus difficile encore de ne pas provoquer d'insatisfaction après la manœuvre d'un régiment de cavalerie. La surface du terrain de parade diffère, et le nombre de lanceurs de javelots aussi ; la qualité de vos chevaux et de vos armes correspond à votre solde inférieure. Mais vous avez évité le mépris par votre ardeur à faire ce qui devait être fait avec vigueur. À cela vous avez ajouté le lancer de pierres à la fronde et le combat avec des projectiles. Vous avez en toute occasion sauté avec entrain. Le soin particulier de mon distingué légat Catullinus est manifeste dans votre qualité sous son commandement. »
Deux casques en bronze ont survécu, datant de la fin du Ier ou du début du IIe siècle. Tous deux présentent la même forme profonde à crâne légèrement pointu, avec protège-oreilles embossés et petite garde de nuque saillante. Ils ont tous deux perdu leurs pièces de joue et leurs visières appliquées, mais présentent une simplification générale indiquant une infériorité par rapport aux casques portés par les hommes des alae de cavalerie. L'un de ces casques, conservé au musée archéologique de Zagreb, est illustré dans l'ouvrage original.
Un casque, probablement porté par les fantassins des cohortes mixtes au IIe siècle, se trouve aujourd'hui au musée archéologique de Florence. Il a subi une modification et survit désormais comme un bol hémisphérique bas avec renforts croisés, une visière plate à l'avant et des découpes à rebord au-dessus des oreilles. La garde de nuque a été retranchée et les pièces de joue retirées, mais à l'origine il ressemblait probablement aux casques auxiliaires renforcés représentés sur les reliefs de la colonne Trajane. L'original est illustré avec une reconstruction probable dans l'ouvrage.
Synthèse : ce qui distingue vraiment légionnaires et auxiliaires
En croisant les deux descriptions, l'écart apparaît finalement assez ciblé plutôt que global :
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Le casque est le marqueur le plus net : celui du légionnaire est plus profond, plus orné (reliefs, appliques), avec une garde de nuque plus large ; celui de l'auxiliaire reprend la même architecture mais en version « dépouillée », sans décor superflu — une hiérarchie visuelle claire au premier coup d'œil.
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Le bouclier oppose deux logiques tactiques : le scutum incurvé et lourd du légionnaire, pensé pour la ligne serrée et la testudo, contre le bouclier ovale plat de l'auxiliaire, plus léger et polyvalent, adapté à un rôle de flanc-garde, d'escarmouche ou de soutien.
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Le pilum reste l'arme distinctive et quasi exclusive du légionnaire ; l'auxiliaire lui préfère la lance ou le javelot léger, souvent en paire.
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Le gladius, en revanche, est strictement identique dans les deux troupes — dimensions, fourreau, baudrier — ce qui confirme ta remarque initiale sur ce point précis : à l'arme de mêlée principale, il n'y avait aucune différence.
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L'armure corporelle (mailles ou écailles) devient progressivement commune aux deux, la lorica segmentata restant la seule vraie spécificité légionnaire, et encore surtout au Ier-IIe siècle.
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La vraie différence, au fond, est moins matérielle que symbolique et statutaire : le cingulum orné, les décors embossés du casque et le pilum marquent le citoyen-légionnaire comme l'élite « de souche » de l'armée, tandis que l'équipement auxiliaire, plus sobre et plus varié selon l'origine ethnique du recrutement (armes daces à Birdoswald, umbos « teutoniques », etc.), reflète une armée assemblée à partir des peuples soumis ou alliés — moins uniforme, mais tout aussi essentielle sur le terrain, en particulier pour la cavalerie et la reconnaissance.
Le Cavalier : organisation et équipement
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Organisation
Les alae (unités de cavalerie pure) étaient l'élite montée de l'armée auxiliaire :
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Ala quingenaria : environ 480-512 cavaliers, répartis en 16 turmae de 30-32 hommes sous un decurio
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Ala miliaria : environ 1 000 cavaliers en 24 turmae — en Bretagne, seule l'Ala Petriana (Uxelodunum/Stanwix, sur le mur d'Hadrien) atteignait ce rang, preuve de son prestige particulier
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Commandées par un praefectus alae, poste réservé à des officiers équestres expérimentés, souvent en fin de carrière militaire (le sommet du tres militiae, cursus des officiers non sénatoriaux)
Des régiments de cavalerie furent stationnés sur le mur à Halton, Chesters et Stanwix, puis au IIe siècle à Benwell et, pendant un temps, à South Shields dès le début du IIIe siècle : c'étaient les régiments d'élite de la frontière nord, les mieux équipés. Au IVe siècle, la cavalerie était devenue plus importante que les légions, réduites à environ 1 000 hommes et reléguées au rôle de gardes-frontières — un rôle initialement rempli par les auxiliaires non citoyens.
L'équipement de la cavalerie resta globalement inchangé ; c'est surtout la forme du casque qui permettait de distinguer l'époque d'un cavalier. Dès le IIIe siècle, les tuniques à manches longues, puis au IVe siècle les pantalons longs rentrés dans les bottes, modifièrent l'apparence du soldat romain, sous l'influence des tribus germaniques et, dans une certaine mesure, de l'Orient. Ces évolutions furent probablement lentes et variaient d'une région à l'autre de l'Empire, en fonction aussi des matériaux et techniques des différents fournisseurs, avant l'établissement des fabriques d'armes impériales (fabricae) sous Dioclétien à la fin du IIIe siècle.
Les cohortes équestres (cohors equitata) ajoutaient une composante montée (environ 120 cavaliers pour une quingenaria, 240 pour une miliaria) à une base d'infanterie. Comme évoqué précédemment, ces cavaliers de cohorte étaient moins bien payés et moins prestigieux que ceux des alae — Hadrien lui-même le reconnaît dans son discours de Lambèse.
Au IVe siècle, la cavalerie devint la composante dominante, détrônant l'infanterie légionnaire. Les guerriers germaniques — Goths, Alamans, Francs — intégrèrent l'armée en nombre croissant, apportant leurs traditions militaires propres. Le phénomène de recrutement local fit que des unités initialement recrutées en Gaule ou en Espagne se retrouvèrent, après plusieurs générations, composées d'hommes nés dans les villages voisins du Mur— perpétuant les traditions de leurs pères tout en les adaptant à leur réalité locale.
Équipement
Le casque
Modèle spécifique et nettement plus élaboré que celui de l'infanterie : bol profond, larges protège-joues articulés pouvant couvrir tout le visage, et surtout les fameux casques de parade (type Newstead, retrouvé en Écosse) à visage masqué, utilisés lors des exercices de cavalerie d'apparat (hippika gymnasia) — démonstrations spectaculaires attestées en Bretagne par plusieurs trouvailles archéologiques.
La forme du casque permet de dater l'appartenance d'un cavalier à une époque donnée. Du simple calot de fer de Newstead (fin Ier siècle) aux casques richement ornés du IVe siècle influencés par les traditions orientales — hémisphériques, à nasal, décorés de métaux précieux — l'évolution témoigne des transformations profondes de l'armée romaine sur trois siècles.
Équipement de la cavalerie et évolution des casques
Le plus ancien casque de cavalerie ayant survécu de la frontière nord provient de Newstead (Trimontium), près de Melrose, et date de la fin de la première période d'occupation du fort (envahi ou évacué entre 98 et 100 apr. J.-C.). C'est un simple crâne de casque en fer, prolongé à l'arrière par un rebord étroit, à l'origine recouvert de bronze étamé embouti pour figurer une chevelure — un type représenté sur de nombreux reliefs funéraires de la frontière du Rhin. Un exemplaire plus complet fut trouvé à Koblenz-Bubenheim en 1961. Des fragments d'une jouière en fer recouverte de bronze embouti furent également trouvés à Newstead, provenant d'un casque du même type ; d'autres plaques plus complètes proviennent de Corbridge et de Carlisle.
L'équipement du début du IIe siècle n'est documenté que par les sculptures commémorant les triomphes de Trajan sur les Daces (colonne Trajane), qu'il faut utiliser avec prudence : bien qu'elle représente cavalerie et infanterie auxiliaires armées sans distinction, les données archéologiques indiquent des différences réelles entre leurs équipements tout au long du Ier et du début du IIe siècle — différences que les artistes créant les esquisses des reliefs n'ont peut-être pas toujours perçues.
Casques du IIe siècle et casques du IVe siècle
Sur les casques de cavalerie de la fin du Ier siècle, les rebords étaient prolongés encore plus près de la base du cou pour mieux protéger les épaules.
Au début du IIe siècle, de nombreux casques, tant légionnaires qu'auxiliaires, reçurent des renforts croisés en fer ou en bronze sur le crâne. Un fragment de l'un de ces casques en bronze, daté de l'époque d'Antonin le Pieux (138-161), fut trouvé au fort de Corbridge ; des renforts similaires, tous en bronze, avec leurs hauts rivets coniques encore en place, ont été retrouvés à Newstead. Un casque complet en fer avec ornementation en bronze est visible au musée de Francfort.
Une magnifique pièce de joue ornée d'une couverture extérieure de bronze embouti, découverte à South Shields, est décorée d'un dauphin et de motifs floraux et feuillus, obtenus par découpe du bord inférieur. Un casque de cavalerie en bronze trouvé à Bodegraven aux Pays-Bas, aujourd'hui au Rijksmuseum de Leyde, porte un ornement de feuilles similaire, ce qui laisse peu de doute qu'il provient du même atelier que la pièce de joue. Un exemplaire plus complet, avec des ornements de bronze appliqués, provient de Heddernheim près de Francfort, illustrant la richesse et la qualité d'équipement dont bénéficiaient ces cavaliers.
Tous les casques, de cavalerie comme d'infanterie, étaient à partir du IVe siècle équipés de poignées à double anneau fixées par des rivets fendus, dont des exemples ont été trouvés à Corbridge, et un exemplaire tardif est visible à South Shields.
Au IVe siècle, les influences orientales avaient tant transformé l'équipement romain que celui-ci était à peine reconnaissable ; les reliefs de cette époque ne restituent pas toujours fidèlement les différences entre types de casques.
Face aux raids des Goths et des Huns venus de l'est, l'importante cavalerie romaine tardive fut équipée d'une manière proche de celle des voisins orientaux de Rome, spécialistes de la guerre montée.
Le casque du IVe siècle avait un bol hémisphérique fait de deux moitiés jointes par une crête surélevée allant de l'avant à l'arrière. À l'avant était fixé un nasal, flanqué de sourcils métalliques. Les joues et les côtés de la tête étaient protégés par de longues pièces de joue, et une petite garde de nuque arrondie était suspendue par des lanières à l'arrière. Certains exemplaires sont connus recouverts d'or et sertis de pierres semi-précieuses, ou de plaques d'argent embouti, d'autres gainés de bronze doré. Un seul fragment de ce type de casque a été trouvé en Bretagne : une garde de nuque en fer bordée de bronze, découverte au fort de la côte saxonne de Richborough (Rutupiae), dans le Kent, aujourd'hui visible dans le musée du site. Ces casques montrent une forte influence perse et influencèrent à leur tour les casques scandinaves du VIIe siècle, comme celui trouvé dans la sépulture du navire de Sutton Hoo, aujourd'hui au British Museum. Un exemplaire gainé d'argent à Leyde est également connu.
L'armure
Lorica hamata (mailles) la plus répandue, offrant souplesse et liberté de mouvement pour le cavalier
Parfois lorica squamata (écailles)
Jambières (ocreae) plus fréquentes que chez le fantassin, pour protéger les tibias exposés hors de la formation
L'armure corporelle de la cavalerie consistait normalement en une chemise de mailles à manches courtes descendant aux hanches, aux bords droits ou dentelés. Certaines unités portaient des chemises d'écailles de fer ou de bronze. Les écailles, fabriquées en une grande variété de tailles, étaient liées en rangées horizontales par des boucles de fil de bronze puis cousues sur un vêtement de lin, chaque rangée chevauchant celle du dessous d'environ un tiers.
Des écailles telles qu'un groupe trouvé à Corbridge, longues de 1,5 cm pour 1 cm de large, sont très petites, tandis que d'autres, de taille plus courante, mesurent 2,5 cm de long pour 1,5 cm de large. Il existait aussi des écailles bien plus grandes, comme celles utilisées pour les armures de cheval du milieu du IIIe siècle trouvées à Doura Europos, dont la taille moyenne est de 3,5 cm de long pour 2,5 cm de large. Certains chercheurs ont suggéré que les chemises d'écailles combinaient différentes tailles pour faciliter l'ajustement des manches et des ouvertures du cou, mais la plupart des grandes pièces retrouvées ne confirment pas cette théorie.
L'armure d'écailles n'étant jamais aussi solide et durable que la maille, la lorica squamata ne pouvait pas être trop longue au niveau de la jupe, en particulier pour les cavaliers : certaines s'arrêtaient à hauteur des hanches, d'autres à la taille, le bas du corps étant alors protégé par une jupe de lanières de cuir pendantes (pteruges).
Au IIIe siècle, une autre forme d'armure corporelle fut introduite depuis le Moyen-Orient, où elle était utilisée depuis des siècles : l'armure lamellaire, faite de longues écailles étroites à têtes arrondies, liées horizontalement et verticalement par des lacets de cuir, les rangées se chevauchant vers le haut (à l'inverse des écailles), ce qui la rendait beaucoup plus souple et, faite de cuir brut laqué, beaucoup plus légère. Deux protège-cuisses de ce type furent trouvés à Doura Europos, ayant appartenu à un équipement de clibanarius (cavalier entièrement cuirassé sur cheval bardé, parfois appelé cataphractarius), type de cavalerie lourde très utilisé par les Perses et les Parthes et, dans une certaine mesure, par les Romains. Des lamelles de très petite taille (2,5 × 0,7 cm et 1,8 × 0,5 cm) ont aussi été trouvées à Corbridge, provenant probablement d'une lorica d'officier du IVe siècle, d'un type représenté sur les icônes byzantines de saints militaires.
Certains vont aussi porter le Thoracomachus ou Subermalis
Le thoracomachus : un vêtement de protection sous-jacent
Définition et étymologie
Le thoracomachus (pluriel thoracomachi) désigne un vêtement rembourré porté sous l'armure, fait de feutre et de cuir selon la seule source antique qui l'atteste. Le nom lui-même trahit sa fonction : du grec thorax (cuirasse) et machomai (combattre/lutter contre) — littéralement quelque chose comme « ce qui contre l'action de la cuirasse », c'est-à-dire qui en atténue les effets sur le corps.
Une source unique, tardive et problématique
C'est là le point le plus important à comprendre : le terme n'apparaît que dans une description du IVe siècle, le De Rebus Bellicis, qui le décrit comme fait d'un tissu épais recouvert de cuir (ou complété d'un vêtement de cuir séparé) à des fins d'imperméabilisation mais il n'existe aucun reste archéologique ni représentation iconographique certaine de ce vêtement précis.
Le De Rebus Bellicis est une source tardive et largement spéculative sur ce sujet ; certains chercheurs pensent qu'il décrit simplement un subarmalis classique, qui a pu exister sous plusieurs formes.
Le lien avec le subarmalis
Le thoracomachus est présumé être le même objet que le subarmalis — terme dérivé du latin sub (sous) et armus (épaule), plus largement attesté dans les sources et l'iconographie romaines.
Fonction réelle : confort plutôt que protection balistique
C'est un point de débat important parmi les spécialistes : ce rembourrage servait avant tout à éviter les frottements et à améliorer l'ajustement de l'armure ; toute protection supplémentaire contre les coups était accessoire, non recherchée en soi — un rembourrage capable d'arrêter un traumatisme contondant aurait été bien trop épais pour rester porté confortablement. Le type d'armure ayant le plus besoin d'un tel vêtement séparé est la lorica segmentata, notamment à cause du rembourrage nécessaire aux épaules ; les armures en écailles ou les cuirasses rigides intégraient généralement leur propre doublure rembourrée. Roman Army TalkRoman Army Talk
Reconstitutions modernes
Une reconstitution s'est appuyée sur deux couches de laine feutrée entre deux couches de lin brut, pour une épaisseur totale d'environ 1 cm, en s'inspirant notamment d'une stèle funéraire du IIIe siècle (Severius Acceptus) et des mosaïques de Santa Maria Maggiore (vers 430 apr. J.-C.). Aucun exemplaire complet n'a survécu ; les reconstitutions s'appuient donc essentiellement sur l'iconographie — notamment les pteryges (lanières protégeant bras et cuisses) visibles sur les représentations antiques. MiddleearthrangersMiddleearthrangers
En résumé : le thoracomachus est un terme rare, connu par une seule source tardive et sujette à débat, probablement synonyme du subarmalis plus largement attesté — un vêtement de confort et d'ajustement plutôt qu'une véritable armure secondaire, malgré ce que son nom pourrait suggérer.
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Le bouclier
Ovale, plus petit et plus léger que celui de l'infanterie auxiliaire, pour ne pas gêner le maniement des rênes et de l'arme d'estoc.
Le bouclier de cavalerie des Ier et IIe siècles était plat et de forme ovale allongée ou hexagonale. De construction laminée, comme le contreplaqué moderne, il était garni de peau de mouton ou de chèvre fine et bordé de métal. Chaque unité avait apparemment son propre dispositif ou motif, mais on ignore quelle était la couleur du fond. L'umbo hémisphérique était fixé par quatre à six rivets au centre du bouclier, où se trouvait l'unique poignée horizontale (la turma). Ces umbos pouvaient être en simple bronze poli, mais aussi richement gravés et fréquemment étamés — un bel umbo gravé à fond argenté sur fond de bronze doré, trouvé à Maryport, est aujourd'hui à Haltonchesters ; un autre exemplaire, à la belle couleur d'origine largement conservée, a été trouvé à Kirkham dans le Lancashire et se trouve désormais au British Museum.
Cinq boucliers ovales trouvés à Doura Europos sur l'Euphrate, dont trois datent du IIIe siècle, étaient si richement peints qu'ils devaient être destinés aux démonstrations de cavalerie (hippika gymnasia). Ils sont plus larges que les exemples plus anciens, mesurant environ 1,07 à 1,18 m, et construits à partir de fines planches de peuplier bombées et légèrement convexes, bordées de cuir.
Les armes
Spatha : épée longue (70-90 cm), bien adaptée au combat monté, portée du côté droit à un baudrier
Lance/javelot (hasta ou lancea), parfois plusieurs en réserve à la selle
Certaines unités spécialisées (auxiliaires orientaux) utilisaient l'arc, comme les cavaliers-archers syriens ou palmyréniens
L'épée de cavalerie romaine était la spatha, la longue épée celtique de tranchant de type La Tène III, héritée des Gaulois et Celtibères enrôlés comme cavalerie auxiliaire dès le Ier siècle av. J.-C. Tout au long du Ier siècle apr. J.-C., la cavalerie auxiliaire est représentée avec un équipement romanisé standard comprenant chemise de mailles gauloise, bouclier celtique ovale ou hexagonal et longue épée celtique, la seule différence étant que cet équipement était fabriqué dans des ateliers sous supervision romaine. Deux belles lames de spathae furent trouvées dans les fosses à détritus du fort de Newstead (aujourd'hui au musée des Antiquités d'Édimbourg) ; n'ayant pas conservé leur poignée, l'illustration en montre une restaurée avec une poignée d'os trouvée à Nimègue (Rijksmuseum G.M. Kam). Les épées de cavalerie mesuraient en moyenne 62,5 cm de long pour 3,5 cm de large.
La lance hasta était utilisée à cheval comme à pied, maniée en main ou lancée, mais probablement conservée en main aussi longtemps que possible au combat. Sa longueur totale se situait probablement entre 1,82 et 2,73 m, tandis que le long contus partho-perse utilisé par certains cavaliers romains atteignait environ 3,64 m. Ces longues lances étaient conçues comme armes de choc, mais sans étriers les cavaliers étaient limités dans la force qu'ils pouvaient mettre derrière une lance tenue à l'horizontale sous le bras. Presque toutes les représentations sculptées de cavaliers romains les montrent lançant leurs javelots ou frappant vers le bas par-dessus l'épaule ; un seul exemple de lance couchée est connu de l'auteur, dans une scène de combat sur l'arc d'Orange.
Fers de lance, boucliers de cavalerie et hippika gymnasia
Une belle série de fers de lance de la fin du Ier au IVe siècle provient de Newstead et est aujourd'hui exposée au musée Clayton ; un groupe similaire, de finition supérieure, fut trouvé au fort de Richborough dans le Kent. Les javelots mesuraient de 25 à 35 cm de long et variaient de 91 à 150 g selon la taille de leur tête. Les lances auraient eu une longueur totale correspondant à la taille de leur pointe. Les lances et javelots portaient tous un sabot de fer au bout du manche, en guise de contrepoids et pour pouvoir être plantés en terre. Des fragments de manches en bois de noisetier ont été retrouvés dans les douilles de plusieurs têtes trouvées à Newstead.
Resumé La cavalerie auxiliaire
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Arme
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Terme latin
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Description
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Épée longue
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Spatha
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Origine celtique — lame 60-80 cm — portée au côté droit
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Lance
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Hasta
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Arme principale du choc — bois dur avec pointe de fer
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Javelines
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—
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En carquois fixé à la selle — décrites par Flavius Josèphe
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Bouclier
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Clipeus
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Ovale ou hexagonal — souvent décoré aux couleurs de l'ala
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Cotte de mailles
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Lorica hamata
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Anneaux de fer entrelacés — protection principale
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Armure à écailles
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Lorica squamata
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Écailles métalliques sur support cuir — plus rare
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La selle
Pas d'étriers (inconnus des Romains) : la stabilité venait d'une selle à quatre cornes rigides (deux à l'avant, deux à l'arrière) qui « coinçait » littéralement le cavalier, lui permettant de combattre à l'épée ou à la lance sans être désarçonné — une invention essentielle à l'efficacité de la cavalerie romaine.
Spécificité bretonne
Le mur d'Hadrien et ses abords concentrent une forte densité de garnisons de cavalerie (Stanwix, Chesters/Cilurnum, Benwell), la plaine du Solway et les zones dégagées au nord du mur se prêtant bien aux patrouilles montées et à la reconnaissance au-delà de la frontière — rôle que l'infanterie, plus lourde, ne pouvait assurer aussi efficacement.
Les hippika gymnasia exercices de parade
Les hippika gymnasia étaient des démonstrations équestres spectaculaires organisées lors de fêtes impériales ou religieuses. Les casques à masque — couvrant entièrement le visage d'un bronze repoussé représentant un visage idéalisé constituaient les pièces maîtresses de ces parades. Des exemples ont été retrouvés à Newstead, confirmant que les garnisons du Mur pratiquaient ces exercices.
Le fait d'étamer, et parfois d'argenter, l'armure décorée portée lors des hippika gymnasia ou démonstrations de cavalerie était sans doute destiné à impressionner lors des visites d'un gouverneur provincial. Flavius Arrianus, connu des érudits comme Arrien, gouverneur de la Cappadoce sous Hadrien, a laissé un récit remarquable de l'hippika gymnasia, décrivant tout depuis la préparation de l'entrée éclatante sur le terrain jusqu'à la fin de la démonstration.
La démonstration équestre et les chanfreins de cheval
Après plusieurs démonstrations spectaculaires de lancer de javelot avec panache, la seconde moitié de la démonstration commençait, tous les combattants livrant des exhibitions de tir de précision sur cible. Le clou du spectacle consistait à faire reculer leurs montures au dernier moment, avant de charger de nouveau à pleine vitesse en un cercle cantabrien, dans lequel une troupe de cavaliers chevauchait en anneau, chacun se protégeant du bouclier de son voisin contre une pluie continue de javelots.
La couleur, le fracas des javelots sur les boucliers, et les cris enthousiastes des spectateurs conquis lors de ces jeux équestres sont aujourd'hui perdus pour nous, mais on peut encore imaginer l'aspect sévère et classique du casque et des cuirasses des cavaliers romains. Un vaste ensemble de cuirasses et de jambières décorées, destinées aux chevaux comme aux cavaliers, a survécu en quantité considérable, notamment celles trouvées à Straubing sur le Danube, datant de la première moitié du IIIe siècle.
La frontière nord n'a pas encore livré de trésors aussi somptueux, mais il est possible que les deux tendances légende grecque et traditions helléniques d'une part, décor destiné à représenter Grecs et Amazones d'autre part — se soient rejointes dans ces exhibitions. Le plus bel exemplaire vient de Newstead et se compose de deux casques du IVe siècle tardif abîmés, l'un en laiton jaune brillant retenant encore son masque, l'autre en fer, ainsi que d'un masque féminin en bronze. Une pièce d'armure de cheval en bronze laminé, trouvée dans un état très fragmentaire, aurait pu constituer une protection de cuisse pour un cavalier, de forme similaire à celle trouvée à Doura Europos.
Une découverte unique à Newstead fut un épais chanfrein de cuir décoré pour cheval, orné d'outillage et de clous de bronze de tailles diverses, ainsi que des restes d'un second exemplaire. Les deux étaient dépourvus de protection pour les yeux du cheval, mais présentaient des orifices circulaires où ce type de protection en métal était fixé. Il n'en a été retrouvé aucun exemplaire complet dans la région du mur, mais deux sites de la vallée de Corbridge en fournissent des exemples pratiquement complets. L'un est dans le musée du site de Corbridge et représente un dôme circulaire creux percé, orné d'un motif en treillis avec une bordure environnante rivetée pour fixation au chanfron de cuir ; le second n'est qu'un fragment similaire, également visible au musée.
Aucun autre site n'a encore livré d'équipement de sport aussi riche et inhabituel que celui de la région de Petriana (Stanwix), qui pourrait offrir de nouvelles découvertes à Newstead comme dans d'autres stations méridionales de l'Empire ; une reconstruction de cavaliers armés pour l'hippika gymnasia du IIIe siècle est présentée en illustration dans l'ouvrage original.
Les numeri (unités irrégulières)
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Les numeri étaient effectivement des unités irrégulières de l'armée romaine tardive, distinctes des légions et des auxilia classiques. Elles étaient souvent levées parmi des peuples barbares (Germains, par exemple) et conservaient parfois leur équipement, leurs coutumes de combat et même leur langue d'origine. En Britannia, on en trouve la trace notamment sur le mur d'Hadrien, où plusieurs numeri sont attestés par des inscriptions (comme les numerus Hnaudifridi ou divers numeri germaniques à Housesteads).
Les cunei (singulier cuneus, littéralement « coin », en référence à la formation de combat en triangle) désignaient à l'origine une tactique de charge, mais le terme a fini par nommer certaines unités, en particulier de cavalerie, dans l'armée romaine tardive. L'exemple le plus connu en Britannia est le cuneus Sarmatarum, une unité de cavaliers sarmates installée à Bremetennacum (aujourd'hui Ribchester, dans le Lancashire) après la guerre marcomanique sous Marc Aurèle — ces cavaliers auraient été envoyés en Bretagne vers 175 apr. J.-C.
Ces deux types d'unités apparaissent notamment dans la Notitia Dignitatum, ce document administratif du Bas-Empire qui liste les garnisons, où plusieurs numeri et au moins un cuneus sont recensés pour la diocèse de Bretagne.
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Numerus Maurorum Aurelianorum — Maures, cavalerie légère, mur d'Hadrien
Exploratores — éclaireurs, notamment à Habitancum (Risingham) et Bremenium (High Rochester)
Areani/Arcani — service de renseignement au-delà du mur (mentionnés par Ammien Marcellin)
Logique des noms
Un nom d'unité auxiliaire suit généralement ce schéma :
[Type] [Numéro] [Peuple d'origine] [Surnom honorifique] [Épithète fonctionnelle]
Type: Cohors Numero I Origine Géographique [Surnom honorifique] [Épithète fonctionnelle] Aelia Dacorum = 1ère cohorte, honorée du nom d'Hadrien (Aelius), recrutée à l'origine chez les Daces.
Type: Ala Numero Origine Geographique Gallorum et Pannoniorum catafracta = 1ère aile, Gaulois et Pannoniens d'origine, équipée en cataphractaires (armure lourde).
La carte des garnisons montre une armée très cosmopolite : Bataves et Tongres aux Pays-Bas/Belgique, Daces des Carpates, Asturiens et Espagnols, Thraces des Balkans, Sarmates des steppes pontiques, et même des unités recrutées localement parmi les peuples bretons eux-mêmes (Cornovii) une fois la province stabilisée — signe que l'armée finissait par intégrer et employer les populations qu'elle avait conquises, notamment pour tenir la frontière qu'elle avait elle-même fixée : le mur d'Hadrien
Parmi les troupes spécialisées, la Cohors I Hamiorum Sagittariorum — archers syriens d'Hamath — apporta ses traditions propres : casque conique, arc composite, hachette. Les numeri et cunei irréguliers conservaient souvent leurs armes et tenues traditionnelles.
Les forces auxiliaires mais soldats romains avant tout contrairement aux numeri et cunei
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On touche un point important et souvent mal compris : bien que recrutés parmi des peuples non-citoyens de l'Empire, les auxilia étaient pleinement intégrés au système militaire romain — équipement standardisé, hiérarchie romaine, discipline romaine, serment (sacramentum) prêté à l'empereur.
Ce qui les rendait « romains »
- Commandement romain : même les unités les plus « exotiques » (archers syriens, cavaliers maures, fantassins bataves) étaient encadrées par des officiers issus de l'ordre équestre romain — préfets et tribuns romains, quelle que soit l'origine ethnique de la troupe.
- Équipement standardisé : contrairement à une image romantique de « guerriers barbares » gardant leurs armes traditionnelles, l'archéologie montre que la plupart des auxiliaires portaient la lorica hamata (cotte de mailles), le casque de type romain, et le gladius ou la spatha selon leur spécialité — produits dans les mêmes ateliers militaires que ceux des légionnaires.
- Camps et fortifications identiques : les forts auxiliaires du mur d'Hadrien (Housesteads, Vindolanda, Chesters) suivent le même plan standardisé que les camps légionnaires, juste à plus petite échelle.
- Récompense : la citoyenneté : après 25 ans de service, l'auxiliaire recevait la citoyenneté romaine (attestée par les diplômes militaires en bronze retrouvés en nombre) — lui et souvent ses enfants. C'est un mécanisme d'intégration délibéré, pas juste une force supplétive.
La nuance avec les numeri et cunei
C'est justement là que la distinction devient intéressante : les auxilia classiques (cohortes, ailes) étaient très « romanisés » dans leur organisation, tandis que les numeri représentaient une romanisation plus superficielle — on les levait parfois en gardant leur armement et leurs tactiques d'origine (d'où leur utilité justement, comme les archers ou cavaliers légers). Les cunei, eux, désignaient surtout une spécialisation tactique (cavalerie de choc) plutôt qu'une origine ethnique.
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Lorsque l'on étudie les forces auxiliaires employées par Rome sur la frontière nord de Bretagne, un fait s'impose rapidement — le soldat provincial se considérait avant tout comme un soldat romain. Originaire de Gaule, de Germanie, de Syrie ou d'Espagne, recruté parfois au bout du monde connu, il servait sous les aigles romaines et mourait en soldat de Rome. Les stèles funéraires retrouvées le long du Mur d'Hadrien témoignent de cette identité pleinement assumée — les épitaphes en latin, les noms romanisés, les formules funéraires conformes aux usages de la Ville.
L'ala Petriana et Flavinus une stèle révélatrice
Parmi les unités les mieux documentées figure l'ala Augusta Gallorum Petriana milliaria civium Romanorum forte de mille hommes, la plus grande unité de cavalerie de toute la Bretagne romaine. Sa présence à Corbridge avant 98 apr. J.-C. nous est connue notamment grâce à la stèle funéraire de Flavinus, signifer (porte-enseigne) de la turma commandée par le décurion Candidus.
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C'est l'unité de cavalerie la plus prestigieuse et la plus importante de toute la Bretagne romaine.
Identité de l'unité
Son nom complet, tel qu'attesté sur les inscriptions, était Ala Augusta Gallorum Petriana bis torquata milliaria civium Romanorum — chaque élément du titre raconte son histoire :
- Gallorum : recrutée à l'origine parmi les tribus gauloises Roman Britain
- Petriana : du nom de son premier commandant, Titus Pomponius Petra Roman Britain
- Augusta : titre honorifique impérial
- bis torquata : décorée deux fois par l'attribution collective de torques, une distinction pour bravoure Per Lineam Valli
- milliaria : unité doublée, environ 720 hommes répartis en 24 turmae (plutôt que les 500 hommes habituels d'une ala quingenaria) Wikipedia
- civium Romanorum : ses hommes avaient reçu un octroi collectif de la citoyenneté romaine, enregistré dès 98 apr. J.-C. Per Lineam Valli
Une unité d'exception
C'était la seule ala milliaria de toute la province de Bretagne — un régiment de près de mille cavaliers représentait à la fois un défi logistique majeur et un véritable pôle économique et urbain à lui seul. Wordpress
Parcours et stationnement
La pierre tombale de Flavinus, porte-enseigne (signifer) de l'unité, atteste sa présence à Coria (Corbridge) avant même que ces titres honorifiques ne lui soient attribués — il est mort avant 98 apr. J.-C. L'unité fut ensuite basée à Stanwix (Uxelodunum), près de Carlisle — le plus grand fort de tout le mur d'Hadrien avec 3,27 hectares, largement plus grand que Housesteads (2 hectares), sans doute précisément pour loger un effectif aussi important. Elle y resta en position de commandement stratégique sur le mur pendant près de 300 ans. planetFigure + 2
Sur les reconstitutions
Fait intéressant : comme il s'agissait d'une unité de limitanei (troupes frontalières), la Notitia Dignitatum ne donne aucun motif de bouclier pour elle — contrairement aux unités palatines dont les boucliers sont illustrés dans le manuscrit, ce qui complique les reconstitutions visuelles fiables. Il existe cependant des figurines miniatures (échelle 1/72 et 54mm) réalisées par des passionnés, basées sur la pierre tombale de Flavinus, qui reste la meilleure source iconographique disponible pour l'équipement de cette unité. Wor
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Sa stèle, récupérée par les moines d'Hexham au Moyen Âge pour leur abbaye, représente le cavalier dans une édicule à colonnes, avec un barbare vaincu sous les sabots de son cheval. Malgré l'érosion, l'étude révèle son équipement — casque à haute crête orné de plumes (probablement un casque à masque de parade), lorica hamata (cotte de mailles), spatha (épée longue) au côté droit, et dans sa main droite l'enseigne de sa turma.
Cohors Sagittariorum et arcs composites
La Cohors Sagittariorum était un corps d'archers : la I Hamiorum sagittariorum fut stationnée à Carvoran à la fin du règne d'Hadrian et dans les années 160 sous Marc Aurèle. Elle se trouvait à Bar Hill lors de la seconde occupation du mur Antonin en Écosse.
Une stèle funéraire de l'un de ces Syriens fut trouvée à Housesteads, datable entre 125 et 140 apr. J.-C., bien qu'on ignore si des membres de cette unité y furent jamais détachés en service. Ce relief funéraire, aujourd'hui au musée des Antiquités de Newcastle, est très usé mais montre le soldat portant un casque conique et probablement une chemise de mailles. Un carquois de flèches est suspendu dans son dos, et à sa ceinture, sur le côté droit, pend un grand couteau. Son arc, de type composite recourbé, est dans sa main gauche, et une petite hache dans sa main droite. Arrien décrit la cavalerie orientale comme armée d'arcs et de petites haches à tranchant arrondi ; il est intéressant de noter que les archers scythes au service des cités grecques antiques sont fréquemment représentés portant des haches similaires comme arme secondaire.
Un remarquable casque conique en bronze du type utilisé par les auxiliaires levantins fut trouvé à Bryastovets en Bulgarie et se trouve aujourd'hui au musée archéologique de Sofia. Il est orné en relief des divinités Mercure, Apollon, Minerve, Victoire et Mars, chacune se tenant dans une édicule à arche. La pièce de joue restante porte la figure de Neptune. Le décor en relief était en bronze jaune, tranchant sur le fond étamé. Une garde de nuque en forme de rideau, faite de tissu recouvert d'écailles, y était à l'origine fixée, comme l'indique la série de trous sur le bord arrière du crâne. Un autre casque conique en bronze, dont la plaque frontale est ornée en relief des figures de Victoire, Jupiter et Mars, se trouve au musée archéologique de Zagreb ; le motif des étroites bordures appliquées indique qu'il date de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle.
Les renforts en corne des longues « oreilles » recourbées des arcs composites réflexes ont été trouvés sur plusieurs sites de Bretagne, dont le fort antonin de Bar Hill, où les Hamiens furent stationnés un temps, le dépôt militaire de Corbridge, et en quantité dans les ateliers du IIIe siècle de Caerleon, dans le sud du pays de Galles. Les arcs étaient constitués de bois et de tendons collés ensemble, et ces plaques d'os étaient fixées de part et d'autre des « oreilles » de bois pour les renforcer et consolider les encoches de la corde, taillées sur leur bord avant. La corde était tirée vers l'arrière par l'archer à l'aide d'un anneau d'os ou de bronze porté au pouce droit, méthode de tir encore employée par les archers orientaux de nos jours. Un anneau d'archer en os est visible au musée Clayton de Chesters.
Des pointes de flèches étaient fabriquées en nombre considérable dans une salle du bâtiment du quartier général de Housesteads au IVe siècle. Cela n'implique pas qu'un corps d'archers y était en garnison, car dans l'armée impériale tardive de nombreuses unités étaient entraînées à l'usage de l'arc, de la fronde, etc., celui-ci demeurant après tout une arme essentielle à la défense d'un fort, et les flèches étant moins coûteuses à produire et à dépenser en grande quantité que les javelots.
Les têtes de flèches ou carreaux lourds tirés par des ballistae sont des trouvailles courantes sur les sites militaires romains de Bretagne. Pour voir un tel carreau complet, il faut se tourner de nouveau vers les remarquables découvertes des défenses du milieu du IIIe siècle de Doura Europos.
Carreaux de ballistae, troupes irrégulières et conclusion
À la tour 19 du mur de défense de la ville de Doura Europos, des carreaux de ballistae furent trouvés avec leurs hampes de bois et, dans un cas, leurs empennages en bois intacts. Le fort de High Rochester, qui domine la route de Jedburgh (A68) au nord du mur d'Hadrien, constitue un excellent exemple de fort tardif doté de bastions pour installer des pièces d'artillerie telles que des ballistae et le plus lourd et puissant onager, utilisé pour lancer des pierres. Quelques gros projectiles de pierre ornent encore la petite école du village au pied de la colline menant au fort.
Les numeri et cunei étaient des troupes irrégulières qui utilisaient leurs armes natives et étaient généralement commandées par leurs propres officiers. Pour autant qu'on puisse en juger, elles n'étaient en aucune façon armées à la romaine, bien que des armes de remplacement aient pu, avec le temps, être fabriquées par des forgerons romains, modifiant ainsi leur apparence.
Les numeri étaient des unités irrégulières de l'armée romaine tardive, distinctes des légions et des auxilia classiques. Elles étaient souvent levées parmi des peuples barbares (Germains, par exemple) et conservaient parfois leur équipement, leurs coutumes de combat et même leur langue d'origine. En Britannia, on en trouve la trace notamment sur le mur d'Hadrien, où plusieurs numeri sont attestés par des inscriptions (comme les numerus Hnaudifridi ou divers numeri germaniques à Housesteads).
Les cunei (singulier cuneus, littéralement « coin », en référence à la formation de combat en triangle) désignaient à l'origine une tactique de charge, mais le terme a fini par nommer certaines unités, en particulier de cavalerie, dans l'armée romaine tardive. L'exemple le plus connu en Britannia est le cuneus Sarmatarum, une unité de cavaliers sarmates installée à Bremetennacum (aujourd'hui Ribchester, dans le Lancashire) après la guerre marcomanique sous Marc Aurèle ces cavaliers auraient été envoyés en Bretagne vers 175 apr. J.-C.Ces deux types d'unités apparaissent notamment dans la Notitia Dignitatum, ce document administratif du Bas-Empire qui liste les garnisons, où plusieurs numeri et au moins un cuneus sont recensés pour la diocèse de Bretagne.
Les unités stationnées sur la frontière nord étaient d'origine germanique, telles que le numerus Hnaudifridi basé à Housesteads au IIIe siècle, ou, venu de Hollande, le cuneus Frisionum Aballavensium, probablement stationné à Burgh-by-Sands (Aballava). Il existait aussi des vexillations ou détachements d'unités auxiliaires régulières, comme la vexillatio gaesatorum Raetorum, d'origine celtique suisse, stationnée à Greatchesters. Ces corps généralement restreints servaient à renforcer les garnisons existantes ou étaient basés dans des forts, passant l'essentiel de leur service à patrouiller le pays au-delà de la frontière. Le numerus exploratorum Bremeniensium, rattaché au fort de High Rochester au IIIe siècle, en constitue un bon exemple.
On peut imaginer ces troupes vêtues de leurs tuniques, pantalons et bottes natifs, généralement tête nue ou coiffées de simples bonnets, portant boucliers, lances ou javelots, et parfois un couteau ou une épée. Le détachement décrit comme gaesatorum Raetorum était armé du grand javelot celtique appelé gaesum, une arme large et barbelée au col mince et à la longue douille, telle que celle trouvée à Carvoran, aujourd'hui visible au musée des Antiquités de Newcastle.
Les reconstitutions des différents types de troupes décrites peuvent ne pas correspondre à l'image populaire du soldat romain, mais il faut garder à l'esprit que de nombreux changements survinrent aux IIIe et IVe siècles. Le peu d'empressement des Italiens, et d'ailleurs des citoyens des provinces de tout l'Empire, à servir dans l'armée, obligea à chercher des recrues ailleurs. Les peuples d'Europe orientale, en particulier les tribus teutoniques venues d'au-delà du Rhin, remplirent les rangs des légions, des auxilia et des nouvelles armées de campagne. Par le passé, la majorité d'entre eux n'utilisaient qu'un bouclier pour leur défense, et lorsqu'ils devinrent soldats romains, ils apportèrent avec eux une réticence innée à porter une armure lourde.
Tandis que les unités de cavalerie devenaient plus lourdement armurées pour mieux résister aux assauts des hordes de cavaliers nomades déferlant de l'est, l'infanterie s'allégea progressivement, à la manière des tribus barbares que les Romains avaient combattues et vaincues aux siècles précédents. Sans armure, l'infanterie ne pouvait résister aux attaques de cavalerie cuirassée, et lorsque les commandants romains tardifs durent compter sur de telles troupes, ils perdirent fréquemment leurs batailles et leurs armées.
Les troupes de frontière telles que celles stationnées sur le mur d'Hadrien conservèrent leurs traditions et souvent leur armure grâce au fait que la plupart de leurs recrues étaient des hommes du pays, ou des fils de soldats en service ou retraités vivant à proximité des forts.
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