|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Photoscopes de la Famille du Leopard ICI
Introduction
Cette saga est l'Histoire d'une coopération et de ses ruptures Europapanzer, Leopard 1, MBT-70, Leopard 2, Napoléon I/KPz-3, EMBT et MGCS
Le char de combat Leopard, aujourd'hui décliné en Leopard 1 et Leopard 2, occupe une place à part dans l'histoire de l'armement européen. Son origine ne se trouve pas dans un simple programme national allemand, mais dans une tentative précoce, dès le milieu des années 1950, de construire un char commun entre la France et la République fédérale d'Allemagne. Cette ambition initiale s'est heurtée à des divergences techniques et politiques, donnant naissance à deux lignées distinctes
le Leopard allemand et l'AMX-30 français mais elle a aussi ouvert la voie à plusieurs tentatives ultérieures de rapprochement : la coopération germano-américaine du MBT-70, la tentative franco-allemande du « Napoléon I » / Kampfpanzer 3 au début des années 1980, puis, plus près de nous, le démonstrateur EMBT et le programme MGCS (Main Ground Combat System), destiné à succéder conjointement au Leopard 2 allemand et au Leclerc français. Cet article retrace l'ensemble de cette saga : le projet de char commun à l'origine du Leopard, les deux grandes générations de la famille Leopard (Leopard 1 et Leopard 2) avec leurs principales sous-versions, l'épisode du MBT-70, la tentative de coopération franco-allemande des années 1980 autour du projet Napoléon I, et enfin l'état actuel des coopérations franco-allemandes en matière de char de combat.
Les origines : un char commun pour l'Europe (1952-1963)
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les armées d'Europe de l'Ouest sont encore très largement équipées de matériel américain et britannique hérité du conflit. La France aligne notamment des chars Sherman vieillissants et quelques M47 Patton, déjà dépassés face à la menace blindée soviétique. C'est dans ce contexte qu'est créé, en 1952, le groupe de travail FINABEL (France, Italie, Allemagne, Benelux), chargé d'harmoniser les besoins des armées d'Europe occidentale et d'étudier un char de nouvelle génération.
Le 27 octobre 1956, à Colomb-Béchar, un accord bilatéral est signé entre la France et la République fédérale d'Allemagne pour développer conjointement un char de combat répondant aux spécifications FINABEL 3A5 : un engin léger et mobile, limité à 30 tonnes, conçu comme un compromis entre puissance de feu, protection et mobilité. Le projet est baptisé Europa-Panzer (ou Standard-Panzer côté allemand), afin de souligner sa vocation européenne.
Deux équipes de constructeurs allemands (dont Porsche) et une équipe française, réunie autour de l'Atelier de construction d'Issy-les-Moulineaux sous la direction du général Joseph Molinié, travaillent en parallèle sur des prototypes. Mais les dissensions s'accumulent rapidement : désaccord sur la largeur de voie des chenilles, sur le choix des moteurs (deux moteurs allemands et un moteur français devaient initialement être développés en parallèle), puis sur l'armement — les Allemands, lors des essais comparatifs de l'automne 1962, se montrent réticents à adopter le canon franco-allemand de 105 mm, lui préférant le canon britannique Royal Ordnance L7, jugé plus mûr technologiquement.
L'arrivée de l'Italie dans le financement du programme en 1958, avec de nouvelles exigences, complique encore la donne. Au printemps 1963, la commission de la défense du Bundestag décide d'adopter un char de conception purement nationale ; la France prend une décision identique dans la foulée. Des essais comparatifs sont néanmoins organisés entre août et octobre 1963 à Mailly-le-Camp, Meppen, Bourges et Satory, en présence de délégations néerlandaise, belge, italienne et américaine, mais ils ne suffisent pas à sauver le projet commun.
« Le projet Europa-Panzer se solde par une divergence : le prototype allemand, jugé supérieur en mobilité et en accélération, devient le Leopard le 1er octobre 1963 ; le prototype français devient l'AMX-30, dont la production débute en 1966. »
Cette rupture de 1963 est aussi le fruit d'un contexte politique plus large : le rapprochement franco-allemand scellé par le traité de l'Élysée en janvier 1963 n'empêche pas de profondes divergences stratégiques, la France s'orientant vers le retrait du commandement intégré de l'OTAN tandis que l'Allemagne de l'Ouest resserre ses liens militaires avec les États-Unis. Les deux pays choisissent donc de développer séparément leurs propres chars, donnant naissance à deux lignées qui domineront chacune leur marché national et à l'export pendant plusieurs décennies : le Leopard allemand et l'AMX-30 français.
Le Leopard 1 — « Version 1 » et ses sous-séries
Le prototype Porsche, retenu vainqueur du concours en 1963, donne naissance au Kampfpanzer Leopard (rebaptisé Leopard 1 après l'apparition du Leopard 2).pour la petite Histoire Le prototype Porsche sélectionné comme vainqueur du concours en 1963, avait donné lieu en 1961 de lancer une présérie de 50 véhicules basée sur ce modèle; cele rappelle étrangement la saga du Tigre et du Ferndinand en 1942-43
Le développement du futur Leopard 1 avait été confié à deux équipes concurrentes (Groupe A mené par Porsche, Groupe B mené par Ruhrstahl), chacune devant produire des prototypes de "phase II" pour départager les projets. C'est finalement la version Porsche qui l'a emporté, ce qui a conduit à la production en série chez Krauss-Maffei entre septembre 1965 et juillet 1966 sous le nom officiel "Leopard" (attribué en octobre 1963 ) date à laquelle les premières livraisons à la Bundeswehr ont lieu .
Armé du canon britannique L7 de 105 mm, il privilégie délibérément la mobilité et la puissance de feu à une protection maximale un choix doctrinal caractéristique de la première génération de chars de l'après-guerre, pensée pour la guerre de mouvement en Europe centrale. Les lots de production et les sous-versions officielles
Le Leopard 1 a été produit en six lots successifs entre 1965 et 1979, chacun apportant des améliorations qui ont ensuite donné lieu à des désignations de sous-version normalisées (1A1 à 1A5) après l'entrée en service du Leopard 2 :
.
Le programme « Leopard doré » (Vergoldeter Leopard)
Entre 1965 et 1967, alors que le Leopard 1 vient tout juste d'entrer en service, lle gouvernement allemand confie à Porsche un contrat d'étude visant à préparer des améliorations profondes du char en attendant l'arrivée du futur MBT-70, alors en développement conjoint avec les États-Unis . Ce programme, surnommé « Leopard doré », s'achève en 1967 sans commande de production,Le gouvernement ouest-allemand avait décidé d'étudier les options de modernisation futures du Leopard 1, alors qu'il devenait de plus en plus incertain que le MBT-70 entre un jour en service. Cette étude portait sur l'intégration de technologies avancées dans le design existant.
Les améliorations envisagées étaient assez ambitieuses pour l'époque : un chargeur automatique, un canon automatique coaxial et un périscope de commandant indépendant une mitrailleuse antiaérienne utilisable depuis l'intérieur du véhicule, ainsi qu'une caméra de surveillance TV montée sur un mât extensible une optimisation de la forme de la tourelle et de la caisse avec un blindage en acier moulé, ainsi que des améliorations de la suspension, de la transmission et des évents d'échappement du moteur Ce programme visait explicitement à rendre le Leopard 1 aussi performant que le MBT-70 en matière de feu donc à le "sur-équiper" technologiquement, d'où cette image d'un Leopard "plaqué or", chargé de gadgets coûteux plutôt qu'une simple mise à jour. Mais le programme a été arrêté en 1967 sans commande, Toutefois il n' apas été inutile pour autant car les études ont servies sur le programme "Experimentalentwicklung" (développement expérimental), puis sur le projet "Eber"/"Keiler", qui a fini par donner naissance au Leopard 2. Donc le Leopard doré est en quelque sorte le tout premier chaînon d'une lignée de projets qui a mené, dix ans plus tard, au Leopard 2. La famille de véhicules dérivés du châssis Leopard 1 Le châssis du Leopard 1 a servi de base à toute une gamme de véhicules blindés spécialisés, encore en service dans plusieurs armées :
Gepard (Flakpanzer) système d'artillerie antiaérienne automotrice armé de deux canons de 35 mm, livré à l'Ukraine à partir de 2022. Biber char poseur de pont, capable de déployer une travure de 20 mètres pour 9,94 tonnes. Bärenpanzer / Bergepanzer 2 (BPz-2) — char de dépannage et de récupération. Dachs (Pionierpanzer) — engin blindé du génie. Keiler — char de déminage équipé d'un fléau anti-mines. Vendu ou cédé à au moins dix-huit pays (Belgique, Pays-Bas, Italie, Danemark, Norvège, Canada, Australie, Grèce, Turquie, Chili, Brésil…), le Leopard 1 a connu une très large carrière d'exportation. Après le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark ont annoncé en février 2023 la remise en état et la livraison à l'Ukraine d'au moins une centaine de Leopard 1A5 prélevés sur des stocks privés, remettant sur le devant de la scène un char conçu près de soixante ans plus tôt.
La coopération germano-américaine avortée : le MBT-70 / Kampfpanzer 70
Alors même que le Leopard 1 entre en service, l'Allemagne de l'Ouest s'engage dans une nouvelle coopération internationale, cette fois avec les États-Unis. Un accord est signé le 1er août 1963 par le secrétaire américain à la Défense Robert McNamara et le ministre fédéral de la Défense Kai-Uwe von Hassel, en vue de développer un char de combat principal commun destiné à remplacer les M48/M60 américains et à succéder, côté allemand, au Leopard 1. Le programme est désigné MBT-70 (Main Battle Tank 70) aux États-Unis et Kampfpanzer 70 (KPz 70) en Allemagne, en référence à l'objectif initial d'une mise en service en 1970.
Le cahier des charges est extraordinairement ambitieux pour l'époque : suspension hydropneumatique permettant de faire varier la garde au sol, conducteur installé dans la tourelle, armement combiné associant un canon lisse de 152 mm et le système de missile antichar guidé MGM-51 Shillelagh, conduite de tir avec télémètre laser et calculateur balistique, moteur diesel suralimenté de 1 500 chevaux permettant à un engin de près de 50 tonnes d'atteindre 65 km/h — ce qui en aurait fait le char le plus rapide de son temps.
Mais l'accumulation de technologies encore immatures, les désaccords sur la propriété industrielle et l'envolée des coûts (le programme, estimé à l'origine, voit son coût multiplié par cinq entre 1963 et 1969) conduisent à l'échec du projet. Le gouvernement ouest-allemand se retire fin 1969, suivi par les États-Unis, qui mettent formellement fin au développement conjoint le 20 janvier 1970, après un coût cumulé d'environ 830 millions de deutschemarks côté allemand.
Chaque pays poursuit alors seul son chemin, en tirant parti des technologies développées en commun :
Aux États-Unis, le programme se poursuit sous une forme simplifiée baptisée XM803, elle aussi abandonnée, avant de déboucher sur le développement du char M1 Abrams, entré en service en 1980. En Allemagne, l'expérience acquise — notamment le moteur diesel V12 Daimler-Benz MB-873 et diverses solutions de blindage — est réinvestie dans un nouveau programme national baptisé Experimentalentwicklung (« développement expérimental »), qui donnera naissance, via les prototypes Keiler puis Eber, au Leopard 2. L'épisode du MBT-70 illustre ainsi un schéma qui se répétera plus tard avec le projet franco-allemand Napoléon I : une coopération internationale ambitieuse, freinée par des divergences de doctrine et de répartition industrielle, et qui se solde in fine par deux développements nationaux distincts, mais nourris des mêmes travaux préparatoires.
Le Leopard 2 « Version 2 » et ses sous-séries
Formellement lancé en 1969-1970 dans la continuité du programme Experimentalentwicklung, le développement du Leopard 2 est confié à Krauss-Maffei comme maître d'œuvre, avec Porsche pour le châssis et Wegmann pour la tourelle. Seize châssis et dix-sept tourelles de prototypes (numérotés PT 1 à PT 17) sont construits entre 1972 et 1974, testés avec différentes configurations de canon (105 mm puis 120 mm) et de motorisation.
En 1976-1977, un exemplaire le Leopard 2AV (Austere Version) est même testé aux États-Unis face au futur XM1 (M1 Abrams) ; si les deux chars affichent des performances de mobilité et de puissance de feu comparables, le XM1 est jugé mieux protégé et remporte la compétition américaine. Le Leopard 2 entre en service dans la Bundeswehr en 1979, armé d'un canon lisse Rheinmetall de 120 mm (Rh-120 L/44), rompant avec la tradition du canon rayé britannique du Leopard 1. Il devient rapidement l'une des références mondiales en matière de char de combat, aux côtés du M1 Abrams américain.
4.1. Les principales sous-versions du Leopard 2
Le Leopard 2 a été exporté ou produit sous licence dans une vingtaine de pays (Pays-Bas, Suisse, Suède, Espagne, Grèce, Turquie, Finlande, Pologne, Norvège, Singapour, Canada, entre autres), ce qui en fait, avec le M1 Abrams, l'un des deux chars occidentaux les plus répandus au monde.
Le Leopard 2 dans la guerre en Ukraine
Depuis 2023, le Leopard 2 est engagé au combat en Ukraine, principalement sous ses versions 2A4 et 2A6, livrées par une dizaine de pays (Allemagne, Pologne, Finlande, Suède, Canada, Portugal, Espagne…) ainsi que par le groupe Rheinmetall.
Le bilan opérationnel est contrasté : la puissance de feu, la qualité des optiques thermiques et la fiabilité mécanique ont été saluées, mais plusieurs exemplaires essentiellement des versions dépourvues de protection active — ont été détruits ou endommagés par des missiles antichar guidés (type Kornet) ou des drones de type FPV, confirmant la vulnérabilité des chars de conception occidentale face aux menaces modernes de précision. Cette expérience de combat a directement motivé l'intégration du système de protection active Trophy sur la version 2A8. Mais ce quoi le Système Trophy Le Trophy, désigné Meïl Ruah (« coupe-vent ») au sein de Tsahal, est un système de protection active (Active Protection System, APS) développé par l'entreprise israélienne Rafael Advanced Defense Systems. Conçu pour intercepter les roquettes, missiles antichars et obus avant qu'ils n'atteignent un véhicule blindé, il est aujourd'hui considéré comme le système de protection active « hard-kill » le plus mature et le plus largement déployé au monde, avec plus de 1 900 exemplaires commandés à l'échelle internationale.Origine Les racines du Trophy remontent aux années 1990, dans le cadre de recherches menées par la Direction du développement de la défense israélienne (DDR&D, ou DRDD) en coopération avec Rafael Advanced Defense Systems et le groupe Elta d'Israel Aerospace Industries (IAI), chargé du radar. Le programme reste toutefois relativement modeste jusqu'en 2006. La deuxième guerre du Liban, cet été-là, constitue un tournant décisif. Le Hezbollah, équipé par l'Iran de missiles antichars modernes de type Kornet et Metis, inflige des pertes significatives aux blindés israéliens, y compris à des chars Merkava considérés jusqu'alors comme très bien protégés. Ce choc pousse Israël à accélérer radicalement le développement d'une protection active efficace à 360 degrés. Le premier contrat de production est signé en 2007. Après une série d'essais, le système est déclaré opérationnel en 2009, puis les premières livraisons à Tsahal débutent en 2010-2011. Le Trophy équipe alors les chars Merkava Mark 3 et Mark 4, ainsi que les véhicules blindés de transport de troupes lourds Namer. Sa première interception documentée en situation de combat réel a lieu en mars 2011, lorsqu'un Merkava 4 équipé du système neutralise avec succès un tir de roquette antichar. Le système a depuis été abondamment utilisé sur le terrain, notamment lors du conflit de Gaza de 2014, où il a démontré un taux de réussite proche de 100 % face aux tirs enregistrés, sans perte de char attribuable à une pénétration frontale malgré de nombreuses attaques. Le Trophy repose sur quatre radars à antenne active (AESA) plats montés sur la tourelle, offrant une couverture de détection à 360 degrés. Lorsqu'une menace est détectée roquette, missile guidé ou obus, le système calcule sa trajectoire puis déclenche, au moment optimal, le tir d'un projectile d'interception qui détruit ou dévie la menace à quelques mètres du véhicule, avant l'impact. Le système peut également indiquer à l'équipage la direction du tir ennemi, facilitant une riposte immédiate. Il existe plusieurs déclinaisons du système selon le gabarit du véhicule à protéger : Trophy HV (« Heavy »), la version de base pour chars de combat, pèse environ 820 kg Trophy MV (moyen, anciennement « Light ») cible les véhicules blindés à roues ou chenillés plus légers Trophy LV, la plus compacte, vise les véhicules de moins de 8 tonnes. Les versions les plus récentes intègrent un rechargement automatique permettant de faire face à des interceptions multiples successives. Sur quels chars le Trophy est-il déployé ? Israël : Merkava Mark 3 et Mark 4, ainsi que les véhicules blindés Namer le système y est en service depuis 2011. États-Unis : chars Abrams M1A1 et M1A2 (SEPv2, SEPv3) de l'US Army, à la suite d'un contrat de 193 millions de dollars signé en 2018 ; testé également sur les véhicules Stryker et Bradley. Allemagne : Leopard 2A7V (17 exemplaires modernisés en Leopard 2A7A1 dès 2021) puis intégration native sur le nouveau standard Leopard 2A8 à partir de 2024-2025. Royaume-Uni : sélectionné en 2021 pour une évaluation détaillée en vue d'une intégration sur le char Challenger 3. Autres opérateurs du Leopard 2A8 : Norvège, Lituanie, Pays-Bas, République tchèque et Croatie ont également retenu le Trophy pour leurs propres flottes, dans le cadre d'un contrat multinational d'environ 390 millions de dollars conclu via la coentreprise EuroTrophy (KMW, GDELS et Rafael). Corée du Sud : un accord signé en septembre 2025 prévoit l'intégration du Trophy sur les chars produits par Hyundai Rotem. Au-delà des chars lourds, Rafael indique que le système est de plus en plus adopté sur des véhicules plus légers comme le Boxer, le Patria AMV ou d'autres transports de troupes blindés, illustrant la généralisation de la protection active comme composante centrale de la conception des véhicules de combat modernes. Les équivalents russes Arena et Arena-M Développé par le bureau d'études KBM de Kolomna, l'Arena est l'un des tout premiers concepts de protection active « hard-kill », dont les origines remontent au système Drozd des années 1970-1980, utilisé sur des T-55 pendant la guerre d'Afghanistan. L'Arena utilise un radar Doppler pour détecter les munitions entrantes, puis déclenche une couronne de cassettes explosives à fragmentation montées autour de la tourelle. Proposé à l'export sous l'appellation Arena-E, il équipe notamment la version modernisée T-72B3M. Ses performances sont toutefois jugées globalement inférieures à celles des systèmes occidentaux les plus récents, en particulier en matière de portée de détection et de temps de réaction. Afghanit L'Afghanit, développé par le bureau d'études KBP, équipe le char de nouvelle génération T-14 Armata ainsi que le véhicule de combat d'infanterie lourd T-15, qui partage le même châssis. Il combine des fonctions hard-kill et soft-kill : deux radars AESA en bande Ka montés sur les joues de la tourelle assurent la détection, un brouilleur radio tente de neutraliser le guidage des missiles filoguidés ou radioguidés, puis des grenades à fragmentation sont tirées pour détruire les menaces résiduelles. Les autorités russes revendiquent une capacité, unique au monde, à intercepter également des obus flèches classiques (APFSDS) tirés à très haute vitesse — une affirmation qu'aucune démonstration publique indépendante n'est venue confirmer à ce jour. Le T-14 n'ayant jamais été engagé de façon confirmée au combat, les performances réelles de l'Afghanit demeurent largement invérifiées et sont considérées avec un certain scepticisme par les analystes occidentaux. L'équivalent chinois La Chine développe ses propres systèmes de protection active via l'industriel public Norinco. Le GL-5 est un système hard-kill capable de détecter des menaces jusqu'à 100 mètres, sur une couverture de 360 degrés à l'horizontale, grâce à quatre radars multi-missions ; il déclenche le tir de deux roquettes défensives vers la menace détectée. Il est proposé sur les chars d'exportation VT-4 et sur le char léger VT-5. Une version plus aboutie, le GL-6, a été présentée sur le char d'exportation VT-4A1, avec une démonstration publique d'interception réussie d'un missile antichar de 120 mm. Des clichés récents suggèrent également qu'un nouveau système de protection active, orienté cette fois vers la lutte anti-drones, serait en cours de test sur des Type 99A du service actif chinois, sans que Pékin ne confirme d'intention d'exportation pour cette version.
Et la France? Non, la France n'a pas retenu Trophy car elle développe sa propre solution.
Conclusion De l'Europa-Panzer des années 1950 au programme MGCS d'aujourd'hui, l'histoire du Leopard est traversée par un même fil rouge : la tentation régulière, entre la France et l'Allemagne — et, un temps, entre l'Allemagne et les États-Unis avec le MBT-70 —, de mutualiser le développement d'un char de combat, et la difficulté récurrente à transformer cette ambition en un programme véritablement commun. Chacune de ces tentatives avortées (Europa-Panzer en 1963, MBT-70 en 1970, Napoléon I/KPz-3 en 1982) a néanmoins nourri, par les technologies et les compétences accumulées, les développements nationaux qui lui ont succédé : le Leopard 1, le Leopard 2, puis le Leclerc côté français. Reste à savoir si le programme MGCS parviendra, cette fois, à surmonter les obstacles industriels et budgétaires qui ont, jusqu'ici, toujours eu raison des projets de char commun franco-allemand.
|
|
Droit d’auteur La plupart des photographies publiées sur ce site sont la propriété exclusive de © Claude Balmefrezol Elles peuvent être reproduites pour une utilisation personnelle, mais l’autorisation préalable de leur auteur est nécessaire pour être exploitées dans un autre cadre (site web publications etc) Les sources des autres documents et illustrations sont mentionnées quand elles sont connues. Si une de ces pièces est protégée et que sa présence dans ces pages pose problème, elle sera retirée sur simple demande. Principaux Collaborateurs:
Nb
de visiteurs:9439369 Nb
de visiteurs aujourd'hui:307 Nb
de connectés:55
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||