Japon Marine Les sous marins de Poche Classe Ko-hyoteki

Article écrit par : Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 15/05/2026 à 14:03:43



Les Sous-Marins de poche Japonais  Classe Ko-hyoteki 1934  1945
Tableaux générés par IA sur mes indications
 
Introduction
L'histoire des sous-marins de poche japonais trouve ses racines dans la doctrine navale de l'Empire du Soleil Levant des années 1920-1930. La marine impériale japonaise — la Kaigun — était obsédée par un problème stratégique fondamental : comment compenser l'infériorité numérique de la flotte japonaise face à la flotte américaine, clairement supérieure en tonnage et en nombre de bâtiments ?
Le traité naval de Washington de 1922 avait imposé au Japon un ratio de 3 Capital ships pour 5 américains et 5 britanniques. Cette limitation vécue comme une humiliation nationale conduisit les planificateurs navals japonais à chercher des solutions asymétriques pour équilibrer le rapport de forces. Les sous-marins de poche s'inscrivaient dans cette logique : des armes peu coûteuses, difficiles à détecter, capables de causer des dommages disproportionnés à une flotte ennemie ancrée dans un port.
L'idée directrice était simple et redoutable : avant la bataille décisive entre les flottes de surface, des sous-marins de poche s'infiltreraient dans les bases ennemies et détruiraient ou endommageraient suffisamment de navires pour modifier le rapport de forces en faveur du Japon. C'était la doctrine de la cinquième colonne appliquée à la guerre navale s'infiltrer secrètement à l'intérieur des défenses ennemies pour frapper avant même que la bataille principale s'engage
Le programme secret 1934-1938
Le programme de sous-marins de poche fut lancé en 1934 dans le plus grand secret. Pour dissimuler leur véritable nature, ces engins reçurent la désignation officielle de Kō-hyōteki ce que l'on peut traduire par « cible de type A » ou « cible améliorée ». Si un espion découvrait le programme, la marine pouvait prétendre qu'il s'agissait de cibles d'entraînement utilisées pour l'exercice des sous-marins ou de l'artillerie navale.
Les deux officiers concepteurs principaux étaient le capitaine de frégate Kishimoto Kaneharu et le capitaine de corvette Fukumoto Hiroshi, tous deux ingénieurs navals de l'Arsenal naval de Kure. Leur cahier des charges était exigeant :
Dimensions réduites permettant le transport par un sous-marin porteur
Deux torpilles de gros calibre donc — suffisantes pour couler un cuirassé
Vitesse en plongée supérieure à 19 nœuds pour être plus rapide que les torpilles de l'époque
Équipage réduit à deux hommes afin de minimiser les ressources humaines engagées
Possibilité de sabordage pour éviter la capture
Les deux premiers prototypes numérotés 1 et 2 furent construits en 1934-1935 et testés dans la baie de Kure. Ces prototypes n'étaient pas équipés de kiosques de commandement, qui fut ajouté aux versions de série pour améliorer la stabilité en plongée. Les résultats des tests furent suffisamment prometteurs pour lancer une production de série.
Les sous marins Ha
Les sous-marins de poche de production étaient désignés par le préfixe « Ha » — premier caractère de la syllabe japonaise signifiant le chiffre 8, mais utilisé ici comme indicatif de série — suivi d'un numéro. Ainsi le HA-19, le HA-8, le HA-18, etc.
La numérotation ne correspondait pas nécessairement à l'ordre de construction mais au numéro de coque du sous-marin porteur. Cette ambiguïté de désignation allait compliquer considérablement l'identification des épaves et des exemplaires survivants après la guerre.
Les Quatre Types de Kō-hyōteki
La classe Kō-hyōteki ne fut pas un modèle figé au contraire elle fut en évolution constante, avec quatre variantes successives qui tirèrent les leçons des opérations précédentes. Cent unités de toutes variantes furent construites entre 1934 et 1945. Cette évolution reflèta à la fois les progrès techniques et la dégradation progressive de la situation stratégique japonaise.
TYPE A — le pionnier
Le défaut fondamental du Type A originel était l'absence de moteur diesel obligeant l'équipage à dépendre entièrement du sous-marin porteur pour rentrer . Ce défaut fut progressivement corrigé dans les versions ultérieures. Mais cette correction arriva trop tard pour changer le cours de la guerre.
CARACTÉRISTIQUES DU TYPE A
VALEURS
Construction
Arsenal naval de Kure — 1938-1942
Longueur
23,90 mètres
Diamètre maxi (coque)
1,85 mètre
Hauteur (quille au sommet kiosque)
3,10 mètres
Déplacement en plongée
46 tonnes
Propulsion
Deux moteurs électriques 192 V — moteur principal 600 ch à 1 800 tr/min — UNIQUEMENT ÉLECTRIQUE
Vitesse en surface
23 nœuds (43 km/h)
Vitesse en plongée
19 nœuds (35 km/h)
Autonomie à 2 nœuds
100 milles nautiques (190 km)
Autonomie à 6 nœuds
80 milles nautiques (150 km)
Autonomie à 19 nœuds
18 milles nautiques seulement !
Profondeur de plongée test
30 mètres
Équipage
2 hommes — un officier pilote + un sous-officier mécanicien
Armement
2 x torpilles de 450 mm (Type 97 à Pearl Harbor puis Type 98) + charge de sabordage de 140 kg
Ballast
2 670 kg (534 lingots de 5 kg)
Nombre construit
Environ 50 exemplaires de Type A
DÉFAUT MAJEUR
Aucun moteur diesel — impossible de recharger les batteries en mer — dépendance totale du sous-marin porteur pour le retour

 
Le Type A était une conception ingénieuse mais avec un défaut fondamental son autonomie électrique limitée condamnait en pratique les équipages à une mission sans retour possible, même si officiellement le sabordage et le retour à la nage étaient prévus. Sur les dix équipages déployés à Pearl Harbor et Sydney, aucun ne revint.
La structure du Type A était en trois sections démontables ce qui était voulu dès l ‘origine afin de permettre le démontage pour le transport et l'inspection. C'est cette caractéristique qui permit aux Américains de récupérer le HA-19 sans le détruire.


 
TYPE B
On voit les premières améliorations

 
CARACTÉRISTIQUES DU TYPE B
VALEURS
Longueur
24,90 mètres — 1 mètre de plus que le Type A
Déplacement
47 tonnes
Équipage
3 hommes — un homme supplémentaire pour le moteur diesel
NOUVEAUTÉ MAJEURE
Moteur diesel de 40 chevaux pour recharger les batteries — autonomie réelle enfin possible
Armement
Identique au Type A — 2 torpilles de 450 mm
Production
1 seul exemplaire — prototype
Utilisation
Prototype uniquement — servit de base au développement du Type C

 
Le Type B ne fut construit qu'à un seul exemplaire, servant de prototype pour valider l'intégration du moteur diesel. Son succès technique conduisit directement au Type C de production.

 
TYPE C est la version opérationnelle la plus aboutie

 
CARACTÉRISTIQUES DU TYPE C
VALEURS
Longueur
Légèrement supérieure au Type B
Équipage
3 hommes
Moteur diesel
Conservé du Type B — autonomie améliorée
Améliorations
Périscope amélioré — meilleure habitabilité — navigation plus fiable
Armement
2 torpilles de 450 mm
Production
Quelques dizaines d'exemplaires
Opérations principales
Diego Suarez Madagascar (1942) — partiellement réussi

 
Le Type C fut la version la plus aboutie techniquement de la famille Kō-hyōteki avant le Kōryū. L'opération de Diego Suarez en mai 1942 où un sous-marin de poche endommagea le cuirassé britannique HMS Ramillies et coula un pétrolier
Ce fut d’ailleurs l'un des rares succès de ces engins.
TYPE D — le Kōryū, l'arme du désespoir

 
CARACTÉRISTIQUES DU TYPE D (KŌRYŪ)
VALEURS
Désignation japonaise
Kōryū — Dragon de Mer
Longueur
26,25 mètres — nettement plus grand
Déplacement
59,8 tonnes — 30% de plus que le Type A
Équipage
5 hommes
Propulsion
Diesel + électrique — autonomie considérablement améliorée
Armement
2 torpilles de 450 mm — identique
Production
115 exemplaires construits jusqu'en 1945
Destination
Défense des côtes japonaises contre l'invasion américaine prévue
Utilisation au combat
AUCUNE — la guerre se termina avant l'invasion

 
Le Kōryū représentait l'aboutissement technique de la conception des sous-marins de poche japonais mais il arriva trop tard.
Conçu pour défendre les plages japonaises contre le débarquement américain prévu pour fin 1945-1946, il ne fut jamais engagé au combat. Après la capitulation du Japon, 300 sous-marins de toutes variantes furent retrouvés dans des dépôts japonais, équipés de charges militaires pour des attaques suicides.

 
Tableau comparatif des quatre types

 
Type
Longueur
Tonnage
Équipage
Diesel
Production / Usage
Type A
23,90 m
46 t
2 h.
NON
~50 / Pearl Harbor, Sydney, Guadalcanal
Type B
24,90 m
47 t
3 h.
OUI 40ch
1 / Prototype seulement
Type C
~25 m
~48 t
3 h.
OUI
Quelques dizaines. / Diego Suarez 1942
Type D Kōryū
26,25 m
59,8 t
5 h.
OUI
115 / Jamais utilisé au combat
Description
L'une des caractéristiques les plus ingénieuses du Type A était sa conception en trois sections démontables ce qui est une nécessité technique pour permettre le transport par sous-marin porteur, mais aussi une facilité de maintenance et d'inspection.
Section avant ou proue


C'est la section la plus caractéristique visuellement Elle contenait les deux tubes lance-torpilles superposés. La torpille supérieure était logée dans le tube du haut, la torpille inférieure dans le tube du bas. Entre les deux tubes se trouvait le coupe-filet antiparavane qui est une petite structure métallique dentelée destinée à couper les câbles des filets de protection installés à l'entrée des ports militaires pour empêcher précisément ce genre d'intrusion.


Section centrale compartiment de contrôle :
C'était le cœur opérationnel du sous-marin. Elle contenait la salle de contrôle avec les commandes de navigation, le gyrocompas dont la défaillance allait condamner le HA-19 , les instruments de bord, les batteries avant et arrière, et le kiosque de commandement avec son périscope. L'espace disponible pour les deux membres d'équipage était extrêmement réduit à peine suffisant pour qu'un homme se retourne.
Section arrière ou poupe :
Elle contenait le moteur électrique principal, le système de propulsion, la transmission vers l'hélice, et un ballast arrière à libre circulation d'eau. L'hélice contra-rotative soit deux hélices tournant en sens inverse sur le même axe ce qui assurait la stabilité directionnelle en plongée.
Le kiosque et le périscope
Le kiosque cylindrique situé au-dessus de la section centrale était une modification ultérieure sur les versions de série par rapport aux prototypes initiaux. Il améliorait considérablement la stabilité hydrodynamique en plongée et permettait l'installation du périscope.
Le périscope Type 92 fut installé sur le HA-19 en mai 1941, soit six mois seulement avant Pearl Harbor,Il avait une hauteur de 1,68 mètre au-dessus du kiosque. Son taille était intentionnellement petite pour minimiser la signature visuelle en surface.
Le système de torpilles

 


Les torpilles embarquées dans les sous-marins de poche à Pearl Harbor étaient les torpilles Type 97 une version spéciale développée pour cette opération. Elles différaient des torpilles utilisées par les avions de Pearl Harbor par leur ogive plus lourde et leur système de propulsion adapté au tir depuis un tube sous-marin.
Des problèmes avec les flacons à oxygène des torpilles Type 97 conduisirent à leur remplacement lors des opérations ultérieures par les torpilles Type 98. Le système de visée était élémentaire — le pilote devait aligner son sous-marin sur la cible au périscope et tirer en calculant mentalement le déplacement de la cible. Sans calculateur de tir, la précision dépendait entièrement de l'expérience et du sang-froid du pilote.
Le système de propulsion
La propulsion purement électrique du Type A était sa force et sa faiblesse. Sa force car les moteurs électriques ne produisaient aucun bruit, aucune bulle de gaz, aucune signature thermique détectable par les moyens de détection de l'époque. Un sous-marin de poche en approche sur ses batteries était pratiquement indétectable.
Par contre sa faiblesse résidait dans les batteries se déchargeaient rapidement, surtout à haute vitesse. À 19 nœuds à vitesse maximale en plongée l'autonomie n'était que de 18 milles nautiques, soit environ une heure de navigation. À 2 nœuds vitesse d'approche discrète — l'autonomie montait à 100 milles, mais à cette vitesse il fallait des heures pour couvrir de courtes distances.
L’absence de moteur diesel signifiait qu'il était impossible de recharger les batteries en mer. Une fois lancés depuis leur sous-marin porteur, les Kō-hyōteki Type A ne pouvaient pas rentrer par leurs propres moyens. Théoriquement, après l'attaque, l'équipage devait saborder le sous-marin et nager jusqu'au point de récupération prévu. En pratique, sur les cinq équipages de Pearl Harbor, aucun ne revint.
Les Opérations des Kō-hyōteki
Pearl Harbor — 7 décembre 1941
L'opération la plus célèbre et la plus documentée des sous-marins de poche japonais fut leur participation à l'attaque de Pearl Harbor. Cinq Kō-hyōteki Type A prirent part à cette opération, transportés chacun par un grand sous-marin porteur.
Les cinq sous-marins porteurs et leurs Kō-hyōteki :


I-16 — transportait le Kō-hyōteki n°16
I-18 — transportait le Kō-hyōteki n°18
I-20 — transportait le Kō-hyōteki n°20
I-22 — transportait le Kō-hyōteki n°22
I-24 — transportait le Kō-hyōteki n°24 rebaptisé HA-19


Les sous-marins de poche furent lancés dans les heures précédant l'aube du 7 décembre — des heures avant le début de l'attaque aérienne prévue pour 07h55. L'objectif était de s'infiltrer dans le port sous couvert de l'obscurité, de se tenir en position à l'intérieur de la passe, et de tirer leurs torpilles au moment où les avions attaqueraient profitant de la confusion pour s'échapper.
L'opération fut un échec complet :
Kō-hyōteki n°20 est coulé par le destroyer USS Ward à 06h37, soit avant même le début de l'attaque aérienne. C'est ce coup de feu première action de combat américaine de la Seconde Guerre mondiale qui aurait pu alerter Pearl Harbor si les autorités avaient agi rapidement
Kō-hyōteki n°22 entra peut-être dans le port et tira ses torpilles sur l'USS Curtiss et l'USS Monaghan. Les deux torpilles manquèrent. Ce sous-marin fut coulé par le Monaghan à 08h43m
Kō-hyōteki n°16 son sort reste incertain. Des photographies japonaises prises pendant l'attaque semblent montrer un sous-marin de poche tirant ses torpilles sur Battleship Row
Kō-hyōteki n°18 retrouvé en 1960 dans la lagune de Keʻehi, endommagé par des grenades sous-marines, torpilles non tirées. L'équipage n'a jamais été retrouvé
HA-19 (n°24)— s'échoua avec un gyrocompas défaillant. Seul survivant de l'équipage : l'enseigne Sakamaki, premier prisonnier de guerre japonais de la guerre du Pacifique
Le raid sur Sydney 31 mai 1942
Six mois après Pearl Harbor, trois Kō-hyōteki Type A pénétrèrent dans le port de Sydney en Australie . Ce fut l'une des plus audacieuses opérations de sous-marins de poche de la guerre.
Le bilan de l'opération :
Premier Kō-hyōteki s'empêtra dans les filets de protection du port peu avant minuit. L'équipage se suicida en faisant exploser la charge de sabordage
Deuxième Kō-hyōteki pénétra dans le port, tira ses deux torpilles sur l'USS Chicago. Les torpilles manquèrent le Chicago l'une explosa sous le HMAS Kuttabul, un ferry reconverti en casernement, tuant 21 marins
Troisième Kō-hyōteki disparut sans laisser de traces. Son épave ne fut jamais retrouvée
Les deux Kō-hyōteki récupérés dans le port de Sydney furent assemblés pour ne former qu’un qui fit une tournée de l'Australie pour aider à vendre des bons de guerre. Ce composite est aujourd'hui exposé à l'Australian War Memorial de Canberra
Diego Suarez — 30 mai 1942
Le raid le plus réussi des Kō-hyōteki fut celui de Diego Suarez à Madagascar. Le 30 mai 1942, deux Kō-hyōteki Type C furent lancés depuis les sous-marins I-16 et I-20. L'un d'eux pénétra dans la baie et tira ses deux torpilles — endommageant sévèrement le cuirassé britannique HMS Ramillies et coulant le pétrolier britannique British Loyalty. C'était le seul résultat vraiment significatif obtenu par les Kō-hyōteki dans toute la guerre.
Guadalcanal et autres opérations
Tout au long de la campagne de Guadalcanal en 1942-1943, plusieurs Kō-hyōteki furent déployés — avec des résultats négligeables. C'est lors de ces opérations que fut récupéré le sous-marin aujourd'hui exposé à Groton, Connecticut vraisemblablement le HA-8, récupéré par l'USS Ortolan au large de Guadalcanal en mai 1943.
Les quatre Kō-hyōteki encore existants dans le monde

Sur les cinquante Kō-hyōteki Type A construits, quatre exemplaires en état raisonnable ont survécu jusqu'à nos jours et sont exposés dans des musées :

 
Désignation
Musée
Pays
Origine
Particularité
HA-8 (?)
Submarine Force Museum
Groton, Connecticut — USA
Guadalcanal 1942
Identité incertaine — votre photo 1
HA-18
Base navale JMSDF
Etajima, Japon
Pearl Harbor 1941
Retrouvé en 1960 dans la lagune Keʻehi
HA-19
National Museum Pacific War
Fredericksburg, Texas — USA
Pearl Harbor 1941
Seul capturé intact — votre photo 3
Composite
Australian War Memorial
Canberra, Australie
Sydney 1942
Assemblé de deux épaves — votre photo 2

 
Groton, Connecticut — HA-8 (identité probable)
Dossier de photos  prises au Submarine Force Library and Museum de Groton, Connecticut le seul musée sous-marin utilisé par l' US Navy situé sur les rives de la rivière Thames
Des vues frontales dévoilent  les Les deux tubes lance-torpilles superposés parfaitement visibles  nez noirs et brillants ainsi que le coupe-filet antiparavane clairement identifiable entre les deux tubes La coque cylindrique en acier poli brillant avec le kiosque et le périscope visibles en arrière-plan
Son identité est un mystère historique :
L'hypothèse la plus probable est qu'il s'agit du HA-8 récupéré par l'USS Ortolan (ASR-5) au large de la côte nord de Guadalcanal le 7 mai 1943, puis remorqué à Kukum Bay, puis livré à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, Il est ensuite rapatrié aux États-Unis pour une tournée nationale des bons de guerre en 1943-1944. Il est resté à Groton depuis.
Canberra, Australie le composite du raid de Sydney
Ce sous-marin exposé à l'Australian War Memorial dans l'ANZAC Hall de Canberra
Il a une  histoire particulière Ce Kō-hyōteki n'est pas un sous-marin original intact car il a éré reconstitué à partir des restes de deux sous-marins différents récupérés après le raid sur Sydney du 31 mai 1942.
Le premier Kō-hyōteki de Sydney avait explosé lors du sabordage de son équipage mais des sections utilisables en furent récupérées
Le deuxième Kō-hyōteki fut coulé par des grenades sous-marines dans le port puis récupéré
Les deux épaves furent assemblées en un composite présentable pour une tournée de l'Australie
À la fin de la guerre, le composite fut installé en exposition permanente à Canberra
Le geste australien avec l'honneur rendu à l'adversaire
L'un des épisodes les plus remarquables de l'histoire des Kō-hyōteki fut la réaction des Australiens après le raid de Sydney. Les corps de l'équipage du deuxième Kō-hyōteki — l'enseigne Keiu Matsuo et le maître Masao Tsuzuku — furent retrouvés dans l'épave récupérée.
La marine australienne rendit les honneurs militaires complets à ces deux officiers ennemis — leurs corps furent incinérés selon les rites bouddhistes lors d'une cérémonie officielle, et leurs cendres furent conservées pour être renvoyées au Japon à la fin de la guerre. Le vice-amiral japonais Teruhisa Komatsu, apprenant ce geste après la guerre, déclara qu'il était « profondément touché par la dignité et l'humanité des Australiens ».
Ce geste s'inscrivait dans une tradition ancienne de respect de l'adversaire courageux même ennemi. Il tranche singulièrement avec la brutalité générale de la guerre dans le Pacifique.
Dossier avec photos de Fredericksburg, Texas le HA-19, le plus célèbre
Le HA-19 du National Museum of the Pacific War à Fredericksburg est de loin le plus célèbre et le mieux documenté des Kō-hyōteki survivants. C'est le seul à avoir une identité absolument certaine et une histoire parfaitement tracée depuis sa construction jusqu'à aujourd'hui.; La voici

Le HA-19 est un sous-marin de poche de la marine impériale japonaise de type A de la classe Kō-hyōteki, qui faisait partie de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor le 7 décembre 1941. Il fut construit au chantier naval de Kure, Hiroshima, Japon en 1938. Le périscope Type 92 fut installé plus tard en mai 1941
Monté sur le pont arrière du sous-marin mère I-24, le HA-19 fut embarqué par son équipage  l'enseigne Kazuo Sakamaki et le maître Kiyoshi Inagaki  dans les heures précédant l'aube du 7 décembre 1941.
Le HA-19 fut lancé par l'I-24 avec un gyrocompas défaillant. L'équipage reçut l'ordre d'entrer dans Pearl Harbor, d'attaquer les navires de guerre américains amarrés avec ses deux torpilles puis de se saborder.
Le sous-marin s'échoua à l'entrée du port en raison des difficultés de navigation causées par le gyrocompas défaillant. Le maitre Inagaki mourut en tentant de rejoindre le rivage à la nage, et le pilote  l'enseigne Kazuo Sakamaki — devint le premier prisonnier de guerre japonais capturé par les États-Unis.
Voyons sa mission
À 03h30 le 7 décembre 1941, le HA-19 fut lancé depuis l'I-24 avec un gyrocompas défaillant.Des cinq sous-marins de poche qui participèrent à l'attaque de Pearl Harbor un seul un fit son entrée dans le port et fut rapidement coulé pendant l'attaque ce matin-là.
 Un deuxiéme sous-marin fut observé plus d'une heure avant l'attaque en train de tenter de suivre un navire américain dans le port  il fut rapidement engagé et coulé par le destroyer USS Ward. Les deux autres sous-marins disparurent et  le cinquième  le sous marin du musée s'échoua le matin du 8 décembre et son équipage survivant, Kazuo Sakamaki, fut capturé avec son engin L'équipage avait quatre heures et demie pour atteindre Pearl Harbor et tenta de réparer le compas en route. Le HA-19 approcha de l'entrée du port mais, handicapé par le compas défaillant, heurta un récif trois fois et s'échoua sur le côté droit de l'entrée à 08h00.
En effet  avec l'attaque principale en cours, le sous-marin échoué fut repéré à 08h17 par le destroyer USS Helm. Inagaki plongea le sous-marin, et quand il remonta à la surface à 08h19, le destroyer le repéra à nouveau et tira, manquant sa cible mais projetant le HA-19 hors du récif et assommant Sakamaki. Inagaki plongea une nouvelle fois pour s'échapper. Quand Sakamaki reprit connaissance, l'équipage fit une nouvelle tentative pour entrer dans le port. L'échouage avait endommagé le sous marin et il ne pouvait plus tirer que l'une de ses torpilles.
Sakamaki et son sous-marin furent capturés par les forces américaines le 8 décembre,  alors que Inagaki s'est noyé en tenant de s'echapper à la nage 
Il devint le premier prisonnier de guerre japonais capturé par les États-Unis pendant la guerre du Pacifique.
En Décembre 1941 il est Démonté en trois sections, transporté à Pearl Harbor, examiné techniquement et en Septembre 1942 il est Expédié sur le continent américain ou il fait le tour des USA entre 1942-1945 pour recolter des fonds pour des bons de guerre et il passa notamment par Fredericksburg
1991 Transféré à Fredericksburg pour le musée dans la George H.W. Bush Gallery
1991 Sakamaki visite le musée et retrouve son sous-marin cinquante ans après
Les différences entre les trois exemplaires

 
Critère
Groton (HA-8 ?)
Canberra (composite)
Fredericksburg (HA-19)
Identité
Probablement HA-8 — incertaine
Composite de 2 épaves
HA-19 — certaine et documentée
Origine
Guadalcanal 1942
Sydney 1942
Pearl Harbor 1941
Exposition
Extérieur — coque brillante
Intérieur — sombre
Intérieur — Bush Gallery
Couleur
Acier poli brillant
Noir mat / sombre
Noir mat
Intégrité
Complet a priori
Composite — 2 sous-marins
Complet — 3 sections originales
Coupe-filet
Très visible sur votre photo
Visible
Présent
Valeur réf. maquette
Excellente — vue proue unique
Moyenne — composite
Excellente — le mieux documenté
Les Équipages
La formation des équipages
Les équipages des Kō-hyōteki étaient recrutés parmi les meilleurs sous-mariniers de la marine impériale — des volontaires en principe, même si la pression institutionnelle rendait ce volontariat relatif. Leur formation était intensive et dangereuse — plusieurs accidents mortels eurent lieu pendant les entraînements dans la baie de Kure.
L'entraînement comprenait la navigation en plongée, le maniement des torpilles, les procédures de sabordage, et surtout la navigation au gyrocompas dans un espace confiné avec des instruments rudimentaires. Les équipages savaient que leurs chances de survie étaient faibles — mais la culture martiale japonaise et l'esprit de Bushido valorisaient le sacrifice pour l'Empereur.
Kazuo Sakamaki le premier prisonnier
L'enseigne Kazuo Sakamaki est la figure humaine la plus connue de l'histoire des Kō-hyōteki — non pas parce qu'il fut le plus héroïque mais parce qu'il fut le seul à survivre parmi les dix équipages des Kō-hyōteki de Pearl Harbor et de Sydney.
Sakamaki passa toute la nuit du 7 au 8 décembre 1941 à lutter contre son gyrocompas défaillant, à s'échouer et à se déséchouer des récifs, à perdre connaissance sous l'effet des vapeurs des batteries endommagées, à tenter désespérément d'entrer dans le port de Pearl Harbor. Son coéquipier Inagaki se noya en tentant de rejoindre le rivage à la nage.
Sakamaki échoua lui aussi sur la plage de Waimanalo  épuisé, intoxiqué par les vapeurs de batteries, incapable de s'opposer à sa capture. Il passa le reste de la guerre dans des camps de prisonniers américains  malheureux non d'être prisonnier mais d'être le seul survivant, portant le poids de la honte dans la culture de l'honneur japonaise.
Après la guerre, Sakamaki rentra au Japon et travailla comme cadre dans la filiale brésilienne de Toyota. Il vécut jusqu'en 1999. En 1991, il se rendit à Fredericksburg pour une conférence historique au musée— et retrouva son sous-marin pour la première fois depuis qu'il l'avait abandonné sur les récifs d'Oahu cinquante ans auparavant. Ce fut une rencontre d'une intensité émotionnelle extraordinaire  l'homme et la machine, réunis par l'histoire après un demi-siècle.
   


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