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Voir Aussi See Also Japon Marine Les sous marins de Poche Classe Ko-hyoteki Japon Marine Sous Marins Japonais sur Pearl Harbour ( version française) Japon Marine Sous Marins Japonais Type A (English Transaltion) Sous Marin Ko-hyoteki Type A Connecticut USA Sous Marin Ko-hyoteki Type A Canberra Sous Marin Ko-hyoteki Type A Fredericksburg, Texas Introduction
L'histoire des sous-marins de poche japonais trouve ses racines dans la doctrine navale de l'Empire du Soleil Levant des années 1920-1930. La marine impériale japonaise — la Kaigun — était obsédée par un problème stratégique fondamental : comment compenser l'infériorité numérique de la flotte japonaise face à la flotte américaine, clairement supérieure en tonnage et en nombre de bâtiments ? Le traité naval de Washington de 1922 avait imposé au Japon un ratio de 3 Capital ships pour 5 américains et 5 britanniques. Cette limitation vécue comme une humiliation nationale conduisit les planificateurs navals japonais à chercher des solutions asymétriques pour équilibrer le rapport de forces. Les sous-marins de poche s'inscrivaient dans cette logique : des armes peu coûteuses, difficiles à détecter, capables de causer des dommages disproportionnés à une flotte ennemie ancrée dans un port. L'idée directrice était simple et redoutable : avant la bataille décisive entre les flottes de surface, des sous-marins de poche s'infiltreraient dans les bases ennemies et détruiraient ou endommageraient suffisamment de navires pour modifier le rapport de forces en faveur du Japon. C'était la doctrine de la cinquième colonne appliquée à la guerre navale s'infiltrer secrètement à l'intérieur des défenses ennemies pour frapper avant même que la bataille principale s'engage Le programme secret 1934-1938 Le programme de sous-marins de poche fut lancé en 1934 dans le plus grand secret. Pour dissimuler leur véritable nature, ces engins reçurent la désignation officielle de Kō-hyōteki ce que l'on peut traduire par « cible de type A » ou « cible améliorée ». Si un espion découvrait le programme, la marine pouvait prétendre qu'il s'agissait de cibles d'entraînement utilisées pour l'exercice des sous-marins ou de l'artillerie navale. Les deux officiers concepteurs principaux étaient le capitaine de frégate Kishimoto Kaneharu et le capitaine de corvette Fukumoto Hiroshi, tous deux ingénieurs navals de l'Arsenal naval de Kure. Leur cahier des charges était exigeant : Dimensions réduites permettant le transport par un sous-marin porteur Deux torpilles de gros calibre donc — suffisantes pour couler un cuirassé Vitesse en plongée supérieure à 19 nœuds pour être plus rapide que les torpilles de l'époque Équipage réduit à deux hommes afin de minimiser les ressources humaines engagées Possibilité de sabordage pour éviter la capture Les deux premiers prototypes numérotés 1 et 2 furent construits en 1934-1935 et testés dans la baie de Kure. Ces prototypes n'étaient pas équipés de kiosques de commandement, qui fut ajouté aux versions de série pour améliorer la stabilité en plongée. Les résultats des tests furent suffisamment prometteurs pour lancer une production de série. Les sous marins Ha Les sous-marins de poche de production étaient désignés par le préfixe « Ha » — premier caractère de la syllabe japonaise signifiant le chiffre 8, mais utilisé ici comme indicatif de série — suivi d'un numéro. Ainsi le HA-19, le HA-8, le HA-18, etc. La numérotation ne correspondait pas nécessairement à l'ordre de construction mais au numéro de coque du sous-marin porteur. Cette ambiguïté de désignation allait compliquer considérablement l'identification des épaves et des exemplaires survivants après la guerre. Les Quatre Types de Kō-hyōteki La classe Kō-hyōteki ne fut pas un modèle figé au contraire elle fut en évolution constante, avec quatre variantes successives qui tirèrent les leçons des opérations précédentes. Cent unités de toutes variantes furent construites entre 1934 et 1945. Cette évolution reflèta à la fois les progrès techniques et la dégradation progressive de la situation stratégique japonaise. TYPE A — le pionnier Le défaut fondamental du Type A originel était l'absence de moteur diesel obligeant l'équipage à dépendre entièrement du sous-marin porteur pour rentrer . Ce défaut fut progressivement corrigé dans les versions ultérieures. Mais cette correction arriva trop tard pour changer le cours de la guerre.
Le Type A était une conception ingénieuse mais avec un défaut fondamental son autonomie électrique limitée condamnait en pratique les équipages à une mission sans retour possible, même si officiellement le sabordage et le retour à la nage étaient prévus. Sur les dix équipages déployés à Pearl Harbor et Sydney, aucun ne revint.
La structure du Type A était en trois sections démontables ce qui était voulu dès l ‘origine afin de permettre le démontage pour le transport et l'inspection. C'est cette caractéristique qui permit aux Américains de récupérer le HA-19 sans le détruire. TYPE B
On voit les premières améliorations
Le Type B ne fut construit qu'à un seul exemplaire, servant de prototype pour valider l'intégration du moteur diesel. Son succès technique conduisit directement au Type C de production.
TYPE C est la version opérationnelle la plus aboutie
Le Type C fut la version la plus aboutie techniquement de la famille Kō-hyōteki avant le Kōryū. L'opération de Diego Suarez en mai 1942 où un sous-marin de poche endommagea le cuirassé britannique HMS Ramillies et coula un pétrolier
Ce fut d’ailleurs l'un des rares succès de ces engins. TYPE D — le Kōryū, l'arme du désespoir
Le Kōryū représentait l'aboutissement technique de la conception des sous-marins de poche japonais mais il arriva trop tard.
Conçu pour défendre les plages japonaises contre le débarquement américain prévu pour fin 1945-1946, il ne fut jamais engagé au combat. Après la capitulation du Japon, 300 sous-marins de toutes variantes furent retrouvés dans des dépôts japonais, équipés de charges militaires pour des attaques suicides. Tableau comparatif des quatre types
Description
L'une des caractéristiques les plus ingénieuses du Type A était sa conception en trois sections démontables ce qui est une nécessité technique pour permettre le transport par sous-marin porteur, mais aussi une facilité de maintenance et d'inspection. Section avant ou proue
Sur les cinquante Kō-hyōteki Type A construits, quatre exemplaires en état raisonnable ont survécu jusqu'à nos jours et sont exposés dans des musées :
Groton, Connecticut — HA-8 (identité probable)
Dossier de photos prises au Submarine Force Library and Museum de Groton, Connecticut le seul musée sous-marin utilisé par l' US Navy situé sur les rives de la rivière Thames Des vues frontales dévoilent les Les deux tubes lance-torpilles superposés parfaitement visibles nez noirs et brillants ainsi que le coupe-filet antiparavane clairement identifiable entre les deux tubes La coque cylindrique en acier poli brillant avec le kiosque et le périscope visibles en arrière-plan Son identité est un mystère historique : L'hypothèse la plus probable est qu'il s'agit du HA-8 récupéré par l'USS Ortolan (ASR-5) au large de la côte nord de Guadalcanal le 7 mai 1943, puis remorqué à Kukum Bay, puis livré à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, Il est ensuite rapatrié aux États-Unis pour une tournée nationale des bons de guerre en 1943-1944. Il est resté à Groton depuis. Canberra, Australie le composite du raid de Sydney Ce sous-marin exposé à l'Australian War Memorial dans l'ANZAC Hall de Canberra Il a une histoire particulière Ce Kō-hyōteki n'est pas un sous-marin original intact car il a éré reconstitué à partir des restes de deux sous-marins différents récupérés après le raid sur Sydney du 31 mai 1942. Le premier Kō-hyōteki de Sydney avait explosé lors du sabordage de son équipage mais des sections utilisables en furent récupérées Le deuxième Kō-hyōteki fut coulé par des grenades sous-marines dans le port puis récupéré Les deux épaves furent assemblées en un composite présentable pour une tournée de l'Australie À la fin de la guerre, le composite fut installé en exposition permanente à Canberra Le geste australien avec l'honneur rendu à l'adversaire L'un des épisodes les plus remarquables de l'histoire des Kō-hyōteki fut la réaction des Australiens après le raid de Sydney. Les corps de l'équipage du deuxième Kō-hyōteki — l'enseigne Keiu Matsuo et le maître Masao Tsuzuku — furent retrouvés dans l'épave récupérée. La marine australienne rendit les honneurs militaires complets à ces deux officiers ennemis — leurs corps furent incinérés selon les rites bouddhistes lors d'une cérémonie officielle, et leurs cendres furent conservées pour être renvoyées au Japon à la fin de la guerre. Le vice-amiral japonais Teruhisa Komatsu, apprenant ce geste après la guerre, déclara qu'il était « profondément touché par la dignité et l'humanité des Australiens ». Ce geste s'inscrivait dans une tradition ancienne de respect de l'adversaire courageux même ennemi. Il tranche singulièrement avec la brutalité générale de la guerre dans le Pacifique. Dossier avec photos de Fredericksburg, Texas le HA-19, le plus célèbre Le HA-19 du National Museum of the Pacific War à Fredericksburg est de loin le plus célèbre et le mieux documenté des Kō-hyōteki survivants. C'est le seul à avoir une identité absolument certaine et une histoire parfaitement tracée depuis sa construction jusqu'à aujourd'hui.; La voici Le HA-19 est un sous-marin de poche de la marine impériale japonaise de type A de la classe Kō-hyōteki, qui faisait partie de l'attaque japonaise sur Pearl Harbor le 7 décembre 1941. Il fut construit au chantier naval de Kure, Hiroshima, Japon en 1938. Le périscope Type 92 fut installé plus tard en mai 1941 Monté sur le pont arrière du sous-marin mère I-24, le HA-19 fut embarqué par son équipage l'enseigne Kazuo Sakamaki et le maître Kiyoshi Inagaki dans les heures précédant l'aube du 7 décembre 1941. Le HA-19 fut lancé par l'I-24 avec un gyrocompas défaillant. L'équipage reçut l'ordre d'entrer dans Pearl Harbor, d'attaquer les navires de guerre américains amarrés avec ses deux torpilles puis de se saborder. Le sous-marin s'échoua à l'entrée du port en raison des difficultés de navigation causées par le gyrocompas défaillant. Le maitre Inagaki mourut en tentant de rejoindre le rivage à la nage, et le pilote l'enseigne Kazuo Sakamaki — devint le premier prisonnier de guerre japonais capturé par les États-Unis. Voyons sa mission À 03h30 le 7 décembre 1941, le HA-19 fut lancé depuis l'I-24 avec un gyrocompas défaillant.Des cinq sous-marins de poche qui participèrent à l'attaque de Pearl Harbor un seul un fit son entrée dans le port et fut rapidement coulé pendant l'attaque ce matin-là. Un deuxiéme sous-marin fut observé plus d'une heure avant l'attaque en train de tenter de suivre un navire américain dans le port il fut rapidement engagé et coulé par le destroyer USS Ward. Les deux autres sous-marins disparurent et le cinquième le sous marin du musée s'échoua le matin du 8 décembre et son équipage survivant, Kazuo Sakamaki, fut capturé avec son engin L'équipage avait quatre heures et demie pour atteindre Pearl Harbor et tenta de réparer le compas en route. Le HA-19 approcha de l'entrée du port mais, handicapé par le compas défaillant, heurta un récif trois fois et s'échoua sur le côté droit de l'entrée à 08h00. En effet avec l'attaque principale en cours, le sous-marin échoué fut repéré à 08h17 par le destroyer USS Helm. Inagaki plongea le sous-marin, et quand il remonta à la surface à 08h19, le destroyer le repéra à nouveau et tira, manquant sa cible mais projetant le HA-19 hors du récif et assommant Sakamaki. Inagaki plongea une nouvelle fois pour s'échapper. Quand Sakamaki reprit connaissance, l'équipage fit une nouvelle tentative pour entrer dans le port. L'échouage avait endommagé le sous marin et il ne pouvait plus tirer que l'une de ses torpilles. Sakamaki et son sous-marin furent capturés par les forces américaines le 8 décembre, alors que Inagaki s'est noyé en tenant de s'echapper à la nage Il devint le premier prisonnier de guerre japonais capturé par les États-Unis pendant la guerre du Pacifique. En Décembre 1941 il est Démonté en trois sections, transporté à Pearl Harbor, examiné techniquement et en Septembre 1942 il est Expédié sur le continent américain ou il fait le tour des USA entre 1942-1945 pour recolter des fonds pour des bons de guerre et il passa notamment par Fredericksburg 1991 Transféré à Fredericksburg pour le musée dans la George H.W. Bush Gallery 1991 Sakamaki visite le musée et retrouve son sous-marin cinquante ans après Les différences entre les trois exemplaires
Les Équipages
La formation des équipages Les équipages des Kō-hyōteki étaient recrutés parmi les meilleurs sous-mariniers de la marine impériale — des volontaires en principe, même si la pression institutionnelle rendait ce volontariat relatif. Leur formation était intensive et dangereuse — plusieurs accidents mortels eurent lieu pendant les entraînements dans la baie de Kure. L'entraînement comprenait la navigation en plongée, le maniement des torpilles, les procédures de sabordage, et surtout la navigation au gyrocompas dans un espace confiné avec des instruments rudimentaires. Les équipages savaient que leurs chances de survie étaient faibles — mais la culture martiale japonaise et l'esprit de Bushido valorisaient le sacrifice pour l'Empereur. Kazuo Sakamaki le premier prisonnier L'enseigne Kazuo Sakamaki est la figure humaine la plus connue de l'histoire des Kō-hyōteki — non pas parce qu'il fut le plus héroïque mais parce qu'il fut le seul à survivre parmi les dix équipages des Kō-hyōteki de Pearl Harbor et de Sydney. Sakamaki passa toute la nuit du 7 au 8 décembre 1941 à lutter contre son gyrocompas défaillant, à s'échouer et à se déséchouer des récifs, à perdre connaissance sous l'effet des vapeurs des batteries endommagées, à tenter désespérément d'entrer dans le port de Pearl Harbor. Son coéquipier Inagaki se noya en tentant de rejoindre le rivage à la nage. Sakamaki échoua lui aussi sur la plage de Waimanalo épuisé, intoxiqué par les vapeurs de batteries, incapable de s'opposer à sa capture. Il passa le reste de la guerre dans des camps de prisonniers américains malheureux non d'être prisonnier mais d'être le seul survivant, portant le poids de la honte dans la culture de l'honneur japonaise. Après la guerre, Sakamaki rentra au Japon et travailla comme cadre dans la filiale brésilienne de Toyota. Il vécut jusqu'en 1999. En 1991, il se rendit à Fredericksburg pour une conférence historique au musée— et retrouva son sous-marin pour la première fois depuis qu'il l'avait abandonné sur les récifs d'Oahu cinquante ans auparavant. Ce fut une rencontre d'une intensité émotionnelle extraordinaire l'homme et la machine, réunis par l'histoire après un demi-siècle. |
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