
Article fait par :Claude Balmefrezol
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CARACTÉRISTIQUES DU TYPE A
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VALEURS
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Construction
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Arsenal naval de Kure — 1938-1942
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Longueur
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23,90 mètres
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Diamètre maxi (coque)
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1,85 mètre
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Hauteur (quille au sommet kiosque)
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3,10 mètres
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Déplacement en plongée
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46 tonnes
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Propulsion
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Deux moteurs électriques 192 V — moteur principal 600 ch à 1 800 tr/min — UNIQUEMENT ÉLECTRIQUE
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Vitesse en surface
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23 nœuds (43 km/h)
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Vitesse en plongée
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19 nœuds (35 km/h)
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Autonomie à 2 nœuds
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100 milles nautiques (190 km)
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Autonomie à 6 nœuds
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80 milles nautiques (150 km)
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Autonomie à 19 nœuds
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18 milles nautiques seulement !
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Profondeur de plongée test
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30 mètres
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Équipage
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2 hommes — un officier pilote + un sous-officier mécanicien
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Armement
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2 x torpilles de 450 mm (Type 97 à Pearl Harbor puis Type 98) + charge de sabordage de 140 kg
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Ballast
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2 670 kg (534 lingots de 5 kg)
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Nombre construit
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Environ 50 exemplaires de Type A
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DÉFAUT MAJEUR
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Aucun moteur diesel — impossible de recharger les batteries en mer — dépendance totale du sous-marin porteur pour le retour
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CARACTÉRISTIQUES DU TYPE B
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VALEURS
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Longueur
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24,90 mètres — 1 mètre de plus que le Type A
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Déplacement
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47 tonnes
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Équipage
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3 hommes — un homme supplémentaire pour le moteur diesel
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NOUVEAUTÉ MAJEURE
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Moteur diesel de 40 chevaux pour recharger les batteries — autonomie réelle enfin possible
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Armement
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Identique au Type A — 2 torpilles de 450 mm
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Production
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1 seul exemplaire — prototype
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Utilisation
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Prototype uniquement — servit de base au développement du Type C
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CARACTÉRISTIQUES DU TYPE C
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VALEURS
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Longueur
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Légèrement supérieure au Type B
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Équipage
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3 hommes
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Moteur diesel
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Conservé du Type B — autonomie améliorée
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Améliorations
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Périscope amélioré — meilleure habitabilité — navigation plus fiable
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Armement
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2 torpilles de 450 mm
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Production
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Quelques dizaines d'exemplaires
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Opérations principales
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Diego Suarez Madagascar (1942) — partiellement réussi
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CARACTÉRISTIQUES DU TYPE D (KŌRYŪ)
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VALEURS
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Désignation japonaise
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Kōryū — Dragon de Mer
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Longueur
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26,25 mètres — nettement plus grand
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Déplacement
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59,8 tonnes — 30% de plus que le Type A
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Équipage
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5 hommes
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Propulsion
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Diesel + électrique — autonomie considérablement améliorée
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Armement
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2 torpilles de 450 mm — identique
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Production
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115 exemplaires construits jusqu'en 1945
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Destination
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Défense des côtes japonaises contre l'invasion américaine prévue
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Utilisation au combat
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AUCUNE — la guerre se termina avant l'invasion
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Type
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Longueur
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Tonnage
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Équipage
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Diesel
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Production / Usage
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Type A
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23,90 m
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46 t
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2 h.
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NON
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~50 / Pearl Harbor, Sydney, Guadalcanal
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Type B
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24,90 m
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47 t
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3 h.
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OUI 40ch
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1 / Prototype seulement
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Type C
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~25 m
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~48 t
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3 h.
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OUI
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Quelques dizaines. / Diego Suarez 1942
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Type D Kōryū
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26,25 m
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59,8 t
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5 h.
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OUI
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115 / Jamais utilisé au combat
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C'est la section la plus caractéristique visuellement Elle contenait les deux tubes lance-torpilles superposés. La torpille supérieure était logée dans le tube du haut, la torpille inférieure dans le tube du bas. Entre les deux tubes se trouvait le coupe-filet antiparavane qui est une petite structure métallique dentelée destinée à couper les câbles des filets de protection installés à l'entrée des ports militaires pour empêcher précisément ce genre d'intrusion.
Section centrale compartiment de contrôle :
C'était le cœur opérationnel du sous-marin. Elle contenait la salle de contrôle avec les commandes de navigation, le gyrocompas dont la défaillance allait condamner le HA-19 , les instruments de bord, les batteries avant et arrière, et le kiosque de commandement avec son périscope. L'espace disponible pour les deux membres d'équipage était extrêmement réduit à peine suffisant pour qu'un homme se retourne.
Section arrière ou poupe :
Elle contenait le moteur électrique principal, le système de propulsion, la transmission vers l'hélice, et un ballast arrière à libre circulation d'eau. L'hélice contra-rotative soit deux hélices tournant en sens inverse sur le même axe ce qui assurait la stabilité directionnelle en plongée.
Le kiosque et le périscope
Le kiosque cylindrique situé au-dessus de la section centrale était une modification ultérieure sur les versions de série par rapport aux prototypes initiaux. Il améliorait considérablement la stabilité hydrodynamique en plongée et permettait l'installation du périscope.
Le périscope Type 92 fut installé sur le HA-19 en mai 1941, soit six mois seulement avant Pearl Harbor,Il avait une hauteur de 1,68 mètre au-dessus du kiosque. Son taille était intentionnellement petite pour minimiser la signature visuelle en surface.
Le système de torpilles
Les torpilles embarquées dans les sous-marins de poche à Pearl Harbor étaient les torpilles Type 97 une version spéciale développée pour cette opération. Elles différaient des torpilles utilisées par les avions de Pearl Harbor par leur ogive plus lourde et leur système de propulsion adapté au tir depuis un tube sous-marin.
Des problèmes avec les flacons à oxygène des torpilles Type 97 conduisirent à leur remplacement lors des opérations ultérieures par les torpilles Type 98. Le système de visée était élémentaire — le pilote devait aligner son sous-marin sur la cible au périscope et tirer en calculant mentalement le déplacement de la cible. Sans calculateur de tir, la précision dépendait entièrement de l'expérience et du sang-froid du pilote.
Le système de propulsion
La propulsion purement électrique du Type A était sa force et sa faiblesse. Sa force car les moteurs électriques ne produisaient aucun bruit, aucune bulle de gaz, aucune signature thermique détectable par les moyens de détection de l'époque. Un sous-marin de poche en approche sur ses batteries était pratiquement indétectable.
Par contre sa faiblesse résidait dans les batteries se déchargeaient rapidement, surtout à haute vitesse. À 19 nœuds à vitesse maximale en plongée l'autonomie n'était que de 18 milles nautiques, soit environ une heure de navigation. À 2 nœuds vitesse d'approche discrète — l'autonomie montait à 100 milles, mais à cette vitesse il fallait des heures pour couvrir de courtes distances.
L’absence de moteur diesel signifiait qu'il était impossible de recharger les batteries en mer. Une fois lancés depuis leur sous-marin porteur, les Kō-hyōteki Type A ne pouvaient pas rentrer par leurs propres moyens. Théoriquement, après l'attaque, l'équipage devait saborder le sous-marin et nager jusqu'au point de récupération prévu. En pratique, sur les cinq équipages de Pearl Harbor, aucun ne revint.
Les Opérations des Kō-hyōteki
Pearl Harbor — 7 décembre 1941
L'opération la plus célèbre et la plus documentée des sous-marins de poche japonais fut leur participation à l'attaque de Pearl Harbor. Cinq Kō-hyōteki Type A prirent part à cette opération, transportés chacun par un grand sous-marin porteur.
Les cinq sous-marins porteurs et leurs Kō-hyōteki :
I-16 — transportait le Kō-hyōteki n°16
I-18 — transportait le Kō-hyōteki n°18
I-20 — transportait le Kō-hyōteki n°20
I-22 — transportait le Kō-hyōteki n°22
I-24 — transportait le Kō-hyōteki n°24 rebaptisé HA-19
Les sous-marins de poche furent lancés dans les heures précédant l'aube du 7 décembre — des heures avant le début de l'attaque aérienne prévue pour 07h55. L'objectif était de s'infiltrer dans le port sous couvert de l'obscurité, de se tenir en position à l'intérieur de la passe, et de tirer leurs torpilles au moment où les avions attaqueraient profitant de la confusion pour s'échapper.
L'opération fut un échec complet :
Kō-hyōteki n°20 est coulé par le destroyer USS Ward à 06h37, soit avant même le début de l'attaque aérienne. C'est ce coup de feu première action de combat américaine de la Seconde Guerre mondiale qui aurait pu alerter Pearl Harbor si les autorités avaient agi rapidement
Kō-hyōteki n°22 entra peut-être dans le port et tira ses torpilles sur l'USS Curtiss et l'USS Monaghan. Les deux torpilles manquèrent. Ce sous-marin fut coulé par le Monaghan à 08h43m
Kō-hyōteki n°16 son sort reste incertain. Des photographies japonaises prises pendant l'attaque semblent montrer un sous-marin de poche tirant ses torpilles sur Battleship Row
Kō-hyōteki n°18 retrouvé en 1960 dans la lagune de Keʻehi, endommagé par des grenades sous-marines, torpilles non tirées. L'équipage n'a jamais été retrouvé
HA-19 (n°24)— s'échoua avec un gyrocompas défaillant. Seul survivant de l'équipage : l'enseigne Sakamaki, premier prisonnier de guerre japonais de la guerre du Pacifique
Le raid sur Sydney 31 mai 1942
Six mois après Pearl Harbor, trois Kō-hyōteki Type A pénétrèrent dans le port de Sydney en Australie . Ce fut l'une des plus audacieuses opérations de sous-marins de poche de la guerre.
Le bilan de l'opération :
Premier Kō-hyōteki s'empêtra dans les filets de protection du port peu avant minuit. L'équipage se suicida en faisant exploser la charge de sabordage
Deuxième Kō-hyōteki pénétra dans le port, tira ses deux torpilles sur l'USS Chicago. Les torpilles manquèrent le Chicago l'une explosa sous le HMAS Kuttabul, un ferry reconverti en casernement, tuant 21 marins
Troisième Kō-hyōteki disparut sans laisser de traces. Son épave ne fut jamais retrouvée
Les deux Kō-hyōteki récupérés dans le port de Sydney furent assemblés pour ne former qu’un qui fit une tournée de l'Australie pour aider à vendre des bons de guerre. Ce composite est aujourd'hui exposé à l'Australian War Memorial de Canberra
Diego Suarez — 30 mai 1942
Le raid le plus réussi des Kō-hyōteki fut celui de Diego Suarez à Madagascar. Le 30 mai 1942, deux Kō-hyōteki Type C furent lancés depuis les sous-marins I-16 et I-20. L'un d'eux pénétra dans la baie et tira ses deux torpilles — endommageant sévèrement le cuirassé britannique HMS Ramillies et coulant le pétrolier britannique British Loyalty. C'était le seul résultat vraiment significatif obtenu par les Kō-hyōteki dans toute la guerre.
Guadalcanal et autres opérations
Tout au long de la campagne de Guadalcanal en 1942-1943, plusieurs Kō-hyōteki furent déployés — avec des résultats négligeables. C'est lors de ces opérations que fut récupéré le sous-marin aujourd'hui exposé à Groton, Connecticut vraisemblablement le HA-8, récupéré par l'USS Ortolan au large de Guadalcanal en mai 1943.
Les quatre Kō-hyōteki encore existants dans le monde
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Désignation
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Musée
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Pays
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Origine
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Particularité
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HA-8 (?)
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Submarine Force Museum
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Groton, Connecticut — USA
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Guadalcanal 1942
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Identité incertaine — votre photo 1
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HA-18
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Base navale JMSDF
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Etajima, Japon
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Pearl Harbor 1941
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Retrouvé en 1960 dans la lagune Keʻehi
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HA-19
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National Museum Pacific War
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Fredericksburg, Texas — USA
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Pearl Harbor 1941
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Seul capturé intact — votre photo 3
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Composite
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Australian War Memorial
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Canberra, Australie
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Sydney 1942
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Assemblé de deux épaves — votre photo 2
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Critère
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Groton (HA-8 ?)
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Canberra (composite)
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Fredericksburg (HA-19)
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Identité
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Probablement HA-8 — incertaine
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Composite de 2 épaves
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HA-19 — certaine et documentée
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Origine
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Guadalcanal 1942
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Sydney 1942
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Pearl Harbor 1941
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Exposition
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Extérieur — coque brillante
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Intérieur — sombre
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Intérieur — Bush Gallery
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Couleur
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Acier poli brillant
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Noir mat / sombre
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Noir mat
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Intégrité
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Complet a priori
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Composite — 2 sous-marins
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Complet — 3 sections originales
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Coupe-filet
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Très visible sur votre photo
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Visible
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Présent
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Valeur réf. maquette
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Excellente — vue proue unique
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Moyenne — composite
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Excellente — le mieux documenté
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