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Les Forces Aéroportées Soviétiques (VDV) entre 1930 et 1945 :2e Partie 1939-1942
Article écrit par :
Claude Balmefrezol
Mis en ligne le
18/03/2026 à 22:19:56
Les Forces Aéroportées Soviétiques (VDV) entre 1930 et 1945 :2e Partie 1939-1942
1e Partie Voir ICI
3e Partie Voir ICI
Les forces aéroportées de l’Union soviétique, sont connues sous l’achronime VDV (Vozdushno-Desantnye Voyska),
L épreuve du feu
Cette période qui débute est marquée par une doctrine ambitieuse : les VDV doivent frapper loin derrière les lignes ennemies pour désorganiser les arrières. Des exercices massifs et la création d’unités spéciales (avec artillerie légère, mortiers et même chars aéroportables) témoignent de l’enthousiasme soviétique pour cette nouvelle arme.
PREMIERS COMBATS
Le premier engagement au combat des brigades VDV eut lieu en 1939 en Mongolie, lors des combats frontaliers avec les Japonais. À cette époque, deux unités VDV étaient déployées dans la région : la 212e brigade aéroportée du colonel I. I. Zatevakhin et la 204e brigade aéroportée du major I. I. Gudarevich. Une troisième unité, la 201e brigade aéroportée du colonel I. S. Bezugly, fut transférée en Extrême-Orient depuis le district militaire de Leningrad. Son utilisation pour des assauts aéroportés s’avéra impossible en raison du manque de moyens de transport aérien. Le 1er régiment de bombardiers lourds, équipé de bombardiers TB-3, et le 150e régiment de bombardiers, doté des nouveaux bombardiers DB-3F, étaient les seules forces de bombardiers importantes disponibles. *Il s'agissait de la dernière évolution d'avant-guerre d'une série de modèles de parachutes remontant au PD-1 original de Savitskiy, incluant les PD-2, PD-6, PD-6PR, PD-7, PD-8, PD-10 et PD-10U
La dépendance des troupes aéroportées soviétiques à l'égard du bombardier TB-3 était principalement due à l'immaturité de l'aviation civile soviétique. La compagnie aérienne d'État, la GVF, était de taille modeste selon les normes européennes. La GVF ou (Grazhdanskij Vozdušnyj Flot pour Flotte Aérienne Civile d'État soviétique, était la compagnie aérienne nationale de l'URSS de 1932 à 1959, contrôlée par le Commissariat du Peuple aux Transports.Mobilisée massivement après Barbarossa (juin 1941), la GVF fournit avions de transport (PS-84/DC-3, TB-3) et équipages pour les opérations spéciales, y compris les largages aéroportés du MAON (comme Vyazma et Znamenka). Le MAON (Московская группа особого назначения, Groupe d'aviation spécial de Moscou) était une unité ad hoc de l'aviation soviétique formée fin 1941 pour les opérations aéroportées secrètes pendant la contre-offensive de Moscou.Dirigé par le colonel Nikolaï Ivanovitch Kozlov, le MAON regroupait des escadrilles mixtes GVF/VVS : ~40 TB-3 lourds (23e Division de bombardement), PS-84/Li-2 et quelques DB-3, basés à Monino et Ivanovo. Équipages civils GVF entraînés pour largages nocturnes, sans escorte fiable face à la Luftwaffe. Effectif : 50+ appareils, 200 pilotes pour missions haute risque.Mais les pertes cumulées ~50% dues à largages hivernaux imprécis, absence d'escorte et bombardements allemands sur bases.
Il fut mis en sommeil mi-1942, absorbé dans ADD Cet échec illustre lles imites doctrinales VVS (ambition sans supériorité aérienne). Elle assura aussi le pont aérien de Leningrad et les évacuations industrielles vers l'Oural. Sous commandement du général Evgeniy Fedorov, elle perdit 40% de sa flotte mais transporta 2,5 millions de passagers et 300 000 tonnes de fret critiques en 1941-45.Les équipages GVF volèrent sous contrôle VVS pour les missions MAON (TB-3 de la 23e Division de Bombardement), sans escorte face à la Luftwaffe, causant de lourdes pertes. En 1942, elle fusionna partiellement avec les ADD (ADD Aviation à Longue Portée, Дальний Авиационный Корпус qi devint une formation stratégique des VVS soviétiques créée le 5 mars 1942 par décret de la Stavka, absorbant les unités de bombardiers lourds et les éléments du MAON pour centraliser les opérations à longue distance.) pour ravitaillements stratégiques. Post-guerre, renommée Aeroflot en 1959, devenant vitrine du transport civil soviétique
| Niveau |
Composantes |
Rôle Guerre |
| Central |
QG Moscou, Fiodorov |
Coordination VVS/évacuations |
| Régional |
10 Directions Territoriales (ex. Moskva, Leningrad) |
Bases locales, PS-84/TB-3 |
| Opérationnel |
50+ Régiments mixtes (transport/assaut) |
MAON, Leningrad (300 000 t fret) |
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Voyager en avion en Russie était un luxe que peu pouvaient s'offrir. À l'inverse, la flotte aérienne civile allemande allait plus tard se révéler un élément essentiel au développement du transport aérien pour les parachutistes allemands, les Fallschirmjäger. L'enthousiasme d'Hitler pour le transport aérien et les besoins clandestins de la Luftwaffe allemande ont conduit à d'importantes subventions gouvernementales pour Lufthansa.
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Plus important encore, ces subventions ont engendré le besoin d'avions cargo et de passagers, tels que le légendaire Junkers Ju-52. Ces appareils étaient bien plus adaptés aux besoins des parachutistes que les bombardiers improvisés. Le Junkers Ju-52 allait devenir le pilier des Fallschirmjäger, tout comme le Douglas DC-3 américain, dans sa version militarisée C-47, allait devenir le principal moyen de transport aérien pour les divisions aéroportées de l'armée américaine. Staline ne partageait pas l'enthousiasme d'Hitler pour l'aviation ; son caractère bourru et paranoïaque le rendait méfiant face aux risques encourus. De ce fait, la compagnie aérienne d'État soviétique, Aeroflot, eut beaucoup de mal à obtenir le soutien du gouvernement pour le développement d'avions de ligne. Le PS-35 de 1937 n'était pas entièrement satisfaisant, et seulement onze exemplaires furent construits pour Aeroflot.
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Mettant leur fierté de côté, les Russes décidèrent de produire sous licence le Douglas DC-3, équipé de moteurs soviétiques. L'appareil ainsi obtenu, appelé PS-84, puis Lisunov Li-2, entra en service chez Grazhdanskij Vozdušnyj Flot en 1941, à la veille de la guerre. La Russie n'était pas la seule à négliger le transport aérien ; la Grande-Bretagne n'avait jamais développé de transport militaire adéquat avant la Seconde Guerre mondiale et s'appuyait sur les C-47 du programme Prêt-Bail ou sur des bombardiers modifiés. Le second domaine négligé concernait le développement des planeurs. Les premiers plans pour les forces aéroportées soviétiques prévoyaient la construction de planeurs pour le transport de troupes et de matériel. Comme mentionné précédemment, les tentatives de Grokhovski en 1933 furent infructueuses, et celles d'autres concepteurs inexpérimentés ne furent guère plus concluantes. Le fait que les principaux bureaux d'études, tels que Tupolev et Polikarpov, n'aient pas été chargés du projet témoigne de la faible priorité accordée à celui-ci par l'armée de l'air. Les planeurs auraient constitué une alternative viable aux avions de ligne ou aux avions de transport militaires dédiés, car ils auraient pu être remorqués par une grande variété d'appareils, y compris des bombardiers moyens, qui auraient autrement été inadaptés au transport aérien. Les dirigeants des forces aéroportées soviétiques étaient pleinement conscients du problème du transport aérien. Lorsque le succès des manœuvres militaires de 1936 entraîna une large acceptation du concept aéroporté, et qu'il fut officiellement inscrit dans le règlement de campagne de 1936, on espéra que les besoins en transport aérien pourraient être satisfaits en coopération avec l'armée de l'air dans les années suivantes. Mais ces espoirs furent cruellement anéantis en 1937 lorsque les troupes aéroportées de l'Armée rouge subirent leur premier tir d'essai.
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Brigade aéroportée VDV 1940
Effectif total : 3 500 hommes, 11 chars T-38, 67 motos, 54 bicyclettes, 4 canons antichars de 45 mm, 4 canons de 76 mm, 9 mortiers de 82 mm zone.
Les Opérations d avant guerre
La Bataille de Khalkhin Gol
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La bataille de Khalkhin Gol (mai–septembre 1939), aussi appelée incident de Nomonhan, oppose l’URSS et la Mongolie à l’Empire du Japon et au Mandchoukouo. Elle se déroule à la frontière entre la Mongolie et la Mandchourie, et se conclut par une victoire décisive soviétique sous le commandement de Georgy Joukov.
C’est le premier engagement au combat des brigades VDV lors des combats frontaliers avec les Japonais.
À cette époque, deux unités VDV étaient déployées dans la région : la 212e brigade aéroportée du colonel I. I. Zatevakhin et la 204e brigade aéroportée du major I. I. Gudarevich. Une troisième unité, la 201e brigade aéroportée du colonel I. S. Bezugly, fut transférée en Extrême-Orient depuis le district militaire de Leningrad. Son utilisation pour des assauts aéroportés s’avéra impossible en raison du manque de moyens de transport aérien.
Mais lLe 1er régiment de bombardiers lourds, équipé de bombardiers TB-3, et le 150e régiment de bombardiers, doté des nouveaux bombardiers DB-3F, étaient les seules forces de bombardiers importantes disponibles dans la zone.
Il était hors de question d'employer ces précieux appareils pour des missions de transport aérien alors qu'ils étaient indispensables à leur rôle principal : le bombardement des concentrations de troupes japonaises.
De ce fait, les 204e et 212e brigades aéroportées furent simplement engagées comme forces d'infanterie légère. Le commandant du théâtre d'opérations, le général Gueorgui Joukov, maintint la 212e brigade aéroportée en réserve lors des premières phases des combats autour de Khalkhin Gol, avant d'engager finalement ses troupes comme infanterie légère dans les assauts sur les hauteurs de Fui. Elles se distinguèrent au combat, repoussant l'infanterie japonaise tenace dans de violents combats au corps à corps, à la baïonnette et à la grenade. Cependant, leur rôle demeura relativement mineur comparé à celui, crucial, des brigades mécanisées soviétiques. La 201e brigade aéroportée servit au sein de la 15e armée pendant les combats. 19 et la 204e brigade aéroportée fut maintenue en réserve au sein de la 15e armée jusqu'aux derniers jours de la campagne.
Campgne de Finlande Guerre d Hiver
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Staline exigea des concessions territoriales de la Finlande afin de repousser la frontière qui était trop proche de Leningrad.
Les Finlandais refusèrent, craignant que ce ne soit le premier pas vers un retour à l'Empire russe.
En conséquence, l'Armée rouge envahit le sud de la Finlande en 1939, dans ce qui allait s'avérer être l'une des guerres les plus maladroites et humiliantes de l'époque. La 201e brigade aéroportée revint trop tard dans le district militaire de Leningrad pour participer aux premières phases du conflit, mais elle fut ensuite engagée dans les combats en tant qu'infanterie légère, aux côtés de régiments aéroportés des districts militaires biélorusse et de Kiev.Mais les récits soviétiques concernant les troupes aéroportées des VDV passent sous silence ces batailles, ce qui laisse supposer que les performances de ces parachutistes ne furent pas particulièrement remarquables.
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Les unités du district militaire de Leningrad engagées dans la campagne de Finlande firent preuve d'un manque de préparation alarmant. La quasi-défaite de l'Armée rouge lors de la guerre russo-finlandaise de 1939-1940 démontra l'ampleur des effets dévastateurs des purges. L'Armée rouge eut recours, à petite échelle, à des commandos de parachutistes durant le conflit, dont certains groupes étaient déguisés en uniformes finlandais. Toutefois, aucun parachutage ne dépassa la taille d'une section. Les brigades aéroportées des VDV furent engagées pour la troisième fois en juin 1940, marquant ainsi leur baptême du feu en tant que parachutistes.
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Dans le cadre du traité germano-russe d'août 1939, qui avait précédé l'invasion allemande de la Pologne, les anciens alliés s'étaient entendus sur une série de concessions territoriales. Staline exigea la province roumaine de Bessarabie, qui avait fait partie de l'empire russe tsariste, ainsi que la province de Bucovine, qui n'était pas sous contrôle russe. Confrontés à Hitler et à Staline, les Roumains n'eurent d'autre choix que d'accéder à ces demandes. Staline décida de s'emparer rapidement de ces nouveaux territoires avant qu'Hitler ne revienne sur sa décision.
Pour effacer l'impression laissée par la campagne désastreuse de Finlande, Staline insista sur une démonstration exemplaire du concept de bataille en profondeur
Aussi des offensives mécanisées appuyées par des assauts aéroportés, à l'instar de la guerre éclair allemande.ont été montées prenant exemple sur la Blitzkieg allemande du preintemps 1940
Comme les bombardiers ne seraient pas nécessaires pour les attaques aériennes, ils pourraient être réservés au transport aérien. Quatre régiments de bombardiers TB-3 soit environ 170 appareils furent chargés de transporter les unités aéroportées
. L'occupation soviétique de l'est de la Roumanie commença le matin du 28 juin 1940. La première vague était composée d'unités mécanisées et de cavalerie, qui se précipitèrent pour occuper la zone au plus vite. La 204e brigade aéroportée, fraîchement rentrée de Mongolie, mena l'attaque par un parachutage massif au nord de Bolgrad. Après s'être formée, la brigade parcourut onze kilomètres à pied jusqu'à la ville et l'occupa. La 201e brigade aéroportée fut envoyée du district militaire de Leningrad pour redorer son blason après la débâcle finlandaise.
Le plan prévoyait un largage aéroporté de la brigade sur l'aérodrome près d'Izmaïl le troisième jour de l'opération, le 30 juin. Une reconnaissance de la base aérienne révéla qu'elle était bien trop petite pour accueillir les imposants bombardiers TB-3 ; la brigade fut donc parachutée directement sur Izmaïl. La ville fut occupée sans rencontrer de résistance. La 214e brigade aéroportée demeura en réserve sous commandement aérien durant l'opération roumaine et ne participa à aucun combat.
Les opérations aéroportées roumaines ne constituèrent pas un véritable test de combat, car les Soviétiques ne vont rencontrer une opposition sérieuse, mais ce succès contribua à redorer le blason des troupes aéroportées. L'utilisation par les Allemands de parachutistes et de forces aéroportées à Eben Emael fit de ces dernières une condition sine qua non de la nouvelle guerre éclair. Staline ignora les réserves de ses partisans de la cavalerie et adopta la doctrine de la bataille en profondeur de feu Toukhatchevski. Le nouveau règlement de service de campagne PU-40 de 1940 de l'Armée rouge précisa davantage le rôle des troupes aéroportées. Le règlement stipulait que les VDV étaient un instrument du haut commandement, utilisé pour accomplir des missions à l'arrière de l'ennemi que les autres armes de combat ne pouvaient mener à bien à un moment donné, mais dont la réussite pouvait avoir un impact significatif sur la bataille ou l'opération entière. Bien que les VDV restassent nominalement sous l'autorité de l'armée de l'air, elles étaient en réalité considérées comme la force d'opérations spéciales de Staline et du haut commandement de la STAVKA soviétique, réservée aux missions de haute valeur, à l'instar du corps volant de Pierre le Grand, force de choc du tsar. Les VDV n'étaient pas destinées à être utilisées comme infanterie légère, comme cela avait été le cas en Mongolie et en Finlande.
En novembre 1940, les six brigades aéroportées furent réorganisées une nouvelle fois, cette fois en trois groupes : parachutistes, planeurs et aéroglisseurs. Les groupes de parachutistes et de planeurs comprenaient chacun deux bataillons de 546 hommes, armés d'armes légères et de mitrailleuses légères. Le groupe aéroglisseur était organisé de manière similaire, mais emportait l'armement lourd des brigades, notamment une compagnie de onze hommes. Des chars légers T-37 ou T-40, un bataillon d'artillerie doté de quatre canons antichars de 45 mm et de quatre obusiers régimentaires de 76 mm, une compagnie de mortiers avec neuf mortiers de 82 mm et une compagnie de défense aérienne avec douze mitrailleuses lourdes de 12,7 mm.
L'organisation présentait plusieurs changements importants par rapport aux brigades précédentes. L'idée de formations aéroportées motorisées, présente depuis les concepts initiaux de Toukhatchevski en 1930, fut abandonnée, jugée irréaliste.
Le transport aérien était tout simplement insuffisant pour acheminer un nombre significatif de véhicules. Les seules forces mobiles de la brigade étaient les compagnies de reconnaissance de chaque bataillon, équipées chacune de onze motos et neuf bicyclettes. L'organisation persistait à conserver un contingent blindé de onze chars légers T-40, destinés à être transportés sous le fuselage des bombardiers TB-3. Les brigades de 1940 relancèrent l'idée d'utiliser des planeurs pour débarquer un tiers de leurs effectifs.
Un programme fut lancé pour développer de nouveaux Des planeurs, dont le planeur BDP-1 à dix-sept hommes conçu par l'équipe de N. N. Polikarpov, étaient en développement.
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Aucun n'était prêt pour la production avant le déclenchement de la guerre en 1941
. La nouvelle organisation des brigades était encore balbutiante lorsqu'en avril 1941, le haut commandement de l'Armée rouge annonça la décision de réorganiser cinq d'entre elles en corps aéroportés, légèrement plus importants que la 7e division aéroportée allemande. Chaque corps serait composé de trois brigades aéroportées. Pour compliquer encore les choses, l'organisation des nouvelles brigades était radicalement différente de celle des brigades de 1940. Ces dernières s'articulaient autour de quatre bataillons de parachutistes. L'idée d'une force mixte parachutistes/planeurs/transporteurs aériens fut abandonnée au profit de parachutistes uniquement.
Opération Barbarossa
L'invasion allemande de l'Union soviétique le 22 juin 1941 a surpris l'Armée rouge, mal préparée à cette guerre moderne. Les généraux soviétiques les plus perspicaces s'attendaient à une attaque allemande, mais Staline s'obstinait à croire qu'Hitler ne trahirait pas si tôt l'alliance Molotov-Ribbentrop de 1939.
La réorganisation de l'Armée rouge ne devait pas être achevée avant fin 1942. Aussi Staline n'a pas autorisé les unités de l'Armée rouge stationnées le long de la frontière à se mettre en alerte en juin 1941, malgré les provocations allemandes telles que les survols de reconnaissance.
Staline ne voulait pas donner à Hitler un prétexte pour lancer l'invasion. Les forces VDV étaient en plein réorganisation-désorganisation Si l’arrivée sous les drapeaux de jeunes conscripts durant le printemps 1941 a fait augmenter le nombre de soldats ceux-ci n’ont aucune formation militaire, et seule une petite fraction était qualifiée pour le saut grâce à l'entraînement en temps de paix avec les clubs de parachutisme Osoaviakhim.
Près de 150 000 citoyens soviétiques avaient terminé leur formation de parachutiste dans les clubs civils, mais seule une petite partie d'entre eux était apte au service militaire. A cela s’aujoute une pénurie des s plus graves concernaient les officiers et les sous-officiers. Le VDV s'était développé beaucoup trop rapidement, et de jeunes commandants de compagnie sont soudainement propulsés à la tête de bataillons de jeunes parachutistes tout aussi inexpérimentés. Le matériel pour le nouveau corps aéroporté était également insuffisant, en particulier les radios, les chars et l'équipement spécialisé.
L'invasion allemande du 22 juin 1941 a eu un impact dévastateur sur le VDV. Les attaques de chars allemands furent précédées de raids aériens dévastateurs sur les bases aériennes soviétiques avancées.
Les énormes bombardiers TB-3, qui constituaient l'essentiel du pont aérien des VDV, étaient des cibles faciles pour les attaques de la Luftwaffe. Sur les 800 bombardiers disponibles le 22 juin 1941, la plupart de ceux stationnés en Russie européenne furent détruits au sol ou abattus. Moins de 200 survécurent à la fin de 1941, principalement dans des régiments d'Extrême-Orient.
La supériorité aérienne allemande et les lourdes pertes subies lors des premières phases de l'offensive Barbarossa rendirent impossible d'envisager l'utilisation des nouveaux corps aéroportés comme prévu.
De plus, ces corps étaient conçus comme des forces de frappe offensives. Leur équipement était trop léger pour leur permettre de survivre plus de quelques jours de combats intenses avant d'être relevés par les colonnes de l'Armée rouge.
Dans les conditions de 1941, aucune opération aéroportée ne pouvait espérer de relève. Malgré des conditions défavorables, la 204e brigade aéroportée mena plusieurs raids aéroportés de faible envergure en juillet 1941 en Ukraine. De petits groupes de parachutistes furent largués derrière les lignes allemandes pour perturber les communications, attaquer les convois et détruire les approvisionnements.
Ils eurent peu d'impact sur l'attaque de la Wehrmacht, mais constituèrent un précurseur notable de l'effort des partisans soviétique des années suivantes.
La première unité des VDV à entrer en combat fut le 5e corps aéroporté du général I. S. Bezugly, dans la région de la Baltique. Elle fut engagée comme force d'infanterie, d'abord en soutien au 21e corps mécanisé, en sous-effectif, et le 28 juin 1941 avec la 27e armée dans les tentatives de repousser la tête de pont du Panzer Group 4 sur la Dvina à Daugapvils en Lettonie.
L'assaut blindé allemand visait Leningrad et bénéficiait d'un appui massif des attaques de Stuka. Les parachutistes lancèrent plusieurs contre-attaques locales contre les positions d'infanterie allemandes à Daugapvils, mais ne purent résister aux attaques de chars allemands. Le 5e corps aéroporté ne disposait d'aucun blindé et seulement de six pièces d'artillerie. Les survivants des combats de Daugapvils parvinrent à échapper à l'encerclement allemand, et le corps fut finalement retiré vers Moscou en août pour être reconstitué. Le 4e corps aéroporté participa aux combats à l'est de Minsk en Biélorussie. Les combats en Biélorussie avaient commencé par certaines des attaques allemandes les plus dévastatrices de la campagne.
Le Panzer Gruppe 2 de Guderian avait écrasé ou contourné les forces soviétiques à la frontière et avait pris d'assaut la capitale biélorusse, Minsk, en une semaine seulement.
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En désespoir, une force de réserve fut constituée à la hâte pour tenter de stopper les chars allemands le long de la Bérézina, à l'est de Minsk.
Le 4e corps aéroporté était basé à Maryna Gorka et entra en action comme infanterie le 28 juin. Les 7e et 8e brigades aéroportées étaient chargées de couvrir la Bérézina tandis que la 214e brigade aéroportée était positionnée plus au sud, aux abords ouest de Bobrouïsk. Bien que la 214e brigade aéroportée ait été programmée pour être parachutée derrière les lignes allemandes afin d'attaquer la logistique des colonnes de chars allemands en progression, la supériorité aérienne allemande et une pénurie d'avions empêchèrent cette mission.
Plusieurs parachutages de faible envergure furent effectués par des troupes de la 214e brigade aéroportée, et ils parvinrent à causer des dégâts bien supérieurs à leur taille modeste. Le 30 juin, la 3e Panzer Division enfonce un coin dans le disposition soviétique et créée une brèche entre les deux brigades les plus au nord, coupant ainsi la 214e brigade aéroportée sur la rive ouest de la Bérézina.
Les 7e et 8e brigades aéroportées ne purent tenir leurs positions beaucoup plus longtemps lorsqu'elles furent confrontées à une nouvelle offensive allemande les 5 et 6 juillet, dans le cadre d'une percée majeure vers Smolensk.
Ces deux brigades se replièrent vers le sud-est avec les divisions d'infanterie voisines, établissant finalement une ligne de défense sur la rivière Sozh vers la fin du mois au sein de la 13e armée.
Le parachutage prévu de la 214e brigade aéroportée étant désormais impossible, la brigade reçut l'ordre de rester à l'arrière des lignes allemandes et de harceler l'avancée allemande. Après près de trois mois de combats de guérilla à l'arrière, les survivants de la brigade regagnèrent les lignes soviétiques à l'automne 1941
Les 7e et 8e brigades aéroportées avaient déjà été retirées vers Moscou en août, première étape de la reconstruction de cette unité décimée. L'engagement le plus important des unités aéroportées eut lieu en Ukraine. Trois des corps aéroportés — les 1er, 2e et 3e — appartenaient au deuxième échelon stratégique de l'Armée rouge.
Les batailles frontalières contre la Wehrmacht en juin 1941 furent un désastre. Les tentatives pour freiner l'avancée allemande furent vaines, et durant la deuxième semaine de juillet, les unités blindées allemandes percèrent les positions défensives soviétiques près de Novograd-Volynski et atteignirent Jytomyr, aux abords de Kiev, la capitale ukrainienne. Les trois corps furent transférés dans la région de Kiev dans le cadre d'un effort désespéré pour défendre la ville.
Fin juillet, les positions défensives de l'Armée rouge dans le sud de la Russie et le nord de l'Ukraine étaient menacées par d'importantes incursions allemandes, tant au nord qu'au sud. Le front sud-ouest de l'Armée rouge autour de Kiev comprenait quatre armées, soit une quarantaine de divisions.
Le saillant de Kiev offrait aux Allemands l'opportunité alléchante de capturer un grand nombre de prisonniers soviétiques lors d'une nouvelle opération d'encerclement stratégique d'envergure.
Lors d'une réunion du haut commandement de la STAVKA le 29 juillet, le chef d'état-major, le général Gueorgui Joukov, exhorta Staline à abandonner Kiev au profit d'une ligne plus défendable derrière le Dniepr. Cette suggestion entraîna la destitution de Joukov pour « défaitisme ». Les généraux soviétiques n'étaient pas les seuls à s'attirer la disgrâce de leur chef car coté allemand il en va de même . Hitler était enclin à déplacer une partie des panzers vers le sud, loin de l'offensive sur Moscou, afin d'encercler l'Armée rouge dans la poche de Kiev, une option à laquelle s'opposèrent certains officiers, dont le général Heinz Guderian. Les combats autour de Kiev continuèrent de faire rage tandis que les généraux allemands se disputaient le sort de la ville.
Le 3e corps aéroporté, nouveau et inexpérimenté, basé à Odessa sur la mer Noire, embarqua dans des trains le 10 juillet pour le voyage à Kiev. L'unité étant en grande partie composée de recrues inexpérimentées, le corps débarqua à la gare de Borispol, à l'extérieur de la ville, pour un entraînement complémentaire
Deux semaines plus tard, début août, le 3e corps aéroporté fut déployé comme principale force défensive, tenant les banlieues sud-ouest de Kiev face aux colonnes blindées allemandes de tête qui progressaient le long de l'autoroute de Jytomyr. Hitler avait donné l'ordre de prendre Kiev avant le 8 août, et les plans étaient déjà en en route pour une marche victorieuse sur la principale avenue de Kiev, le Kreshchatik.
Le rythme de la bataille changea lorsque la Wehrmacht retira ses unités blindées et lança l'infanterie en avant car les combats urbains exigeaient de l'infanterie, pas des chars.
Les éléments de tête de la 71e division d'infanterie du 29e corps d'armée allemand commencèrent à engager les parachutistes soviétiques dans l'après-midi du 6 août 1941.
Les premiers combats se concentrèrent autour du dépôt de tramways de Golosieyevo et de la forêt voisine. Les Allemands parvinrent à prendre le dessus sur les positions des parachutistes le 12 août après avoir été renforcés par des chars. Les parachutistes parvinrent à se frayer un chemin jusqu'à la région de Golosieyevo. Les Allemands tentèrent d'encercler Kiev par le nord-ouest en perçant une ligne de défense soviétique hâtivement érigée à l'ouest de la capitale, en direction de Korosten.
Début août, le 1er Corps aéroporté fut engagé pour renforcer la 5e armée soviétique sur place. Le 1er Corps aéroporté n'était que partiellement constitué lors de sa mobilisation, ne comptant qu'une seule brigade aéroportée : la 1re division aéroportée.
Le corps fut renforcé par des éléments de la 215e division mécanisée et de la 124e division de fusiliers. Afin de repousser le 51e corps d'armée allemand loin de la capitale, des brigades du 1er Corps aéroporté participèrent à une contre-offensive lancée le 5 août 1941 en direction de la gare de Malin. L'attaque fut partiellement couronnée de succès, mais très coûteuse. Au bout d'une semaine de combats, les effectifs du corps n'étaient plus que d'environ 3 000 hommes.
Dans une manœuvre audacieuse, le Panzer Gruppe 2 de Guderian commença à se déplacer vers le sud depuis la région de Smolensk durant la deuxième semaine d'août.
Les pressentiments de Joukov s'étaient avérés exacts, et la principale concentration des forces de l'Armée rouge en Ukraine était désormais menacée.
Le 19 août 1941, Staline et la Stavka commencèrent à envisager un retrait progressif de la 5e armée derrière le Dniepr. Le retrait commença le 22 août, et le 25 août, le 1er corps aéroporté tenait des positions sur la rive droite du Dniepr, au sud de la ville de Navozy. Les trois corps aéroportés de la région de Kiev — le 3e à la périphérie de Kiev, le 1er au nord de Kiev et le 2e dans la réserve du front furent peu engagés dans les combats durant le mois suivant. Leur sort se joua ailleurs.
En effet les panzers de Guderian progressèrent vers le sud, dépassant Konotop, tandis que le Panzer Gruppe 1 fonçait vers le nord depuis la région de Kremenchug, amorçant un encerclement stratégique de tout le front sud-ouest.
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Le 3e corps aéroporté fut retiré de Kiev, réorganisé en tant que 87e division de fusiliers et envoyé au nord, à Konotop, dans le cadre de renforts destinés à endiguer les attaques de Guderian.
Il fut le seul des trois corps aéroportés à survivre à l'encerclement de Kiev, et à se replier vers l'est après la prise de Konotop par Guderian. Les deux autres corps furent piégés dans la poche de Kiev, parmi les près de 250 000 soldats perdus lors de la débâcle.
À l'automne 1941, les forces aéroportées des VDV avaient presque disparu. Les 4e et 5e corps aéroportés avaient été rapatriés vers Moscou en août pour être reconstitués, mais il ne leur restait que des effectifs réduits. Deux corps avaient été totalement perdus près de Kiev, et le troisième avait été retiré des VDV en tant que division de fusiliers. Les performances exceptionnelles du major-général V. A. Glazunov à la tête du 3e corps aéroporté lui valurent d'être nommé nouveau commandant des VDV après les batailles de Kiev.
RETOUR AU COMBAT
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Le 5e corps aéroporté eut peu de temps pour se reconstituer avant d'être de nouveau engagé dans les combats. Après l'encerclement de Kiev, l'attention allemande se reporta sur l'offensive vers Moscou. Le Panzergruppe 2 de Guderian fut redéployé sur son ancien emplacement face au front de Briansk de l'Armée rouge, dans le cadre de la reprise de l'assaut sur la capitale soviétique le 30 septembre 1941. L'attaque allemande, menée par le 24e corps de panzers, commença à progresser sur l'autoroute Orel-Toula vers le sud-ouest de Moscou.
La STAVKA commença à déployer ses réserves pour freiner l'attaque allemande, mais celle-ci progressa si rapidement que des mesures désespérées furent nécessaires. Le colonel S. S. Guryev, commandant du 5e corps aéroporté, reçut l'ordre de préparer ses hommes à un déploiement rapide le long de l'autoroute menacée. À l'époque, seules deux brigades avaient été partiellement reconstituées, les 10e et 201e brigades aéroportées, totalisant environ 6 000 hommes. Le plan consistait à larguer les parachutistes sur des aérodromes le long de l'autoroute Orel-Tula afin de former une force de blocage improvisée en attendant l'arrivée des renforts de fusiliers et de chars prévus. Le manque d'avions et de parachutes empêcha un largage. Seuls quatre-vingts avions de transport purent être mobilisés,
Un mélange de bombardiers lourds TB-3 et d'avions de ligne PS-84 réquisitionnés au sein de la Flotte aérienne civile (GVF). La première vague, composée d'un bataillon de la 201e brigade aéroportée, atterrit à l'aéroport d'Orel le 3 octobre. La scène à l'aéroport était démoralisante. À l'approche des quatre-vingts avions, le ciel était rempli de nuages noirs de suie provenant des dépôts de carburant en feu de l'aéroport. L'aérodrome était sous le feu de l'artillerie allemande, et la piste elle-même était prise pour cible.
Les troupes aéroportées débarquèrent aussi vite que possible, mais plusieurs avions de transport furent touchés par des tirs d'artillerie et durent être abandonnés après avoir pris feu. Le bataillon aéroporté se hâta vers la périphérie nord-ouest de la ville, où les combats étaient les plus intenses. Les avions de transport survivants retournèrent aux bases aériennes près de Moscou pour embarquer d'autres unités.
La 3/201e brigade aéroportée fut la suivante à débarquer, déposée à l'aéroport d'Optukha, à environ huit kilomètres au nord-est d'Orel. Les bataillons restants furent débarqués aux alentours de Mtsensk au cours des dix-huit heures suivantes, après un total d'environ 300 sortie
s. Le manque de transport aérien signifiait que les unités avaient été débarquées avec un minimum d'équipement et de munitions. Il n'y avait pas de canons antichars et seulement un petit nombre de fusils antichars. Les éléments de tête de la 4e brigade blindée soviétique, avec de nouveaux chars T-34, arrivèrent le 4 octobre pour renforcer les positions de l'Armée rouge. Mais les chars étaient trop peu nombreux. Sans aucun soutien de chars, les troupes de la 201e brigade aéroportée, vont s’enterrer dans des tranchées tandis que les chars allemands attaquaient leurs positions. Leur seul équipement antichar était constitué de paquets de grenades à main, un expédient douteux avec peu de chances d'arrêter un char.
Les 5 et 6 octobre 1941, la 201e brigade aéroportée et la 4e brigade blindée furent contraintes de reculer sans cesse vers Mtsensk, le long de l'autoroute de Moscou. Mais les chars T-34 firent des ravages. Guderian, dans ses mémoires, se souvient que « ce fut la première fois que la supériorité écrasante du char russe T-34 apparut clairement.
La 4e Panzer Division en fit les frais et subit de lourdes pertes.
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Dans la nuit du 6 au 7 octobre, les premières neiges de la saison tombèrent, mais elles fondirent le lendemain matin, transformant les routes en bourbiers. Les positions défensives soviétiques se consolidèrent finalement le 7 octobre avec l'arrivée du 1er corps de fusiliers de la Garde et d'une autre unité de T-34, la 11e brigade de chars.
Les bataillons restants du 5e corps aéroporté furent avancés, renforcés par des canons antichars de 45 mm provenant des divisions de fusiliers voisines. Les unités allemandes percèrent finalement les défenses de Mtsensk le 10 octobre, et les troupes aéroportées formèrent une arrière-garde pour tenir le dernier pont restant sur la rivière Zusha.
Les forces soviétiques contre-attaquèrent le lendemain avec des chars T-34, infligeant à nouveau de lourdes pertes à la 4e Panzerdivision. La neige matinale s'était transformée en pluie, et les Allemands eurent des difficultés à renforcer leurs positions le long des routes boueuses. Le front se stabilisant, le 5e corps aéroporté fut retiré de la ligne et transporté par train vers Podolsk, où une nouvelle offensive allemande menaçait. Le 5e corps aéroporté resta dans les tranchées de Podolsk pendant près de deux mois, jusqu'à la contre-offensive de Moscou.
La bataille d'Orel de 1941 fut la seule utilisation significative des forces VDV dans leur rôle initial de force de réaction rapide. Bien qu'elles aient servi héroïquement lors de ces escarmouches, les VDV étaient mal adaptées à ce type de combat. Elles étaient mal préparées à affronter les unités mécanisées allemandes, en raison du manque général d'équipement antichar défensif. Avant et après les batailles d'Orel-Mtsensk, les VDV étaient généralement utilisées comme infanterie légère. Plusieurs raisons expliquent cela. La déroute désastreuse de l'aviation soviétique en juin 1941 laissa les VDV sans transport aérien ; il fallut attendre 1942 pour que suffisamment d'avions de transport, provenant de divers endroits et d'Extrême-Orient, puissent être rassemblés afin d'envisager une opération aéroportée. De plus, une opération aéroportée en 1941 aurait été extrêmement risquée en raison de la supériorité aérienne allemande sur la majeure partie du front de l'Est. La doctrine aéroportée soviétique posait également problème ; les forces aéroportées étaient conçues pour servir de fer de lance aux offensives de l'Armée rouge. À l'été et à l'automne 1941, l'Armée rouge luttait pour sa survie, et les opérations offensives étaient hors de question. Les troupes des VDV n'avaient plus leur mission spécifique. Compte tenu de l'extrême pénurie de troupes entraînées, il était inévitable que le corps aéroporté soit engagé comme infanterie ordinaire. Ces deux facteurs que furent le manque de transport aérien et le besoin désespéré de troupes seront des problèmes qui allaient continuer à affecter les VDV pendant la majeure partie de la guerre et limiter considérablement leur utilisation prévue dans le conflit.
La bataille de MoscouБитва под Москвой, Bitva pod Moskvoï : Schlacht um Moskau ou Opération Typhoon
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Les combats aux abords de Moscou, dans le froid automne 1941, marquèrent le début d'une lutte acharnée pour la capitale soviétique. Mais la Wehrmacht allemande était à bout de forces et, en décembre, contrainte de passer à la défensive après avoir pénétré jusqu'à Khimki, dans la banlieue de Moscou.
L'impasse aux portes de Moscou ne pouvait manquer de rappeler aux combattants le parallèle avec l'invasion napoléonienne, plus d'un siècle auparavant. Dans un élan d'optimisme, Staline se convainquit que les Allemands pouvaient être vaincus de manière décisive et repoussés en déroute vers la Bérézina. L'Armée rouge put mobiliser des forces de réserve de l'Oural et de Sibérie pour lancer une série d'offensives visant à provoquer une déroute allemande catastrophique. Comme cela allait bientôt devenir évident, les Allemands n'étaient ni assez faibles, ni les Russes assez forts, pour que ces plans puissent être mis à exécution. La première phase de ces combats débuta le 5 décembre 1941 par une contre-offensive soviétique. La plus grande menace pour Moscou provenait du Panzer Gruppe 3, au nord-ouest de la capitale. Le Front occidental du général Gueorgui Joukov lança une contre-offensive dans l'espoir de piéger et de détruire autant que possible cette force. À Noël, le Panzer Gruppe 3 fut contraint de se replier vers l'ouest. Ces offensives furent difficiles à mener en raison du manque de chars et d'autres unités mobiles. L'Armée rouge avait perdu plus de 20 000 chars.En 1941, et seuls 2 200 chars environ étaient disponibles sur l'ensemble de l'immense ligne de front. Il y avait environ vingt-quatre brigades de chars prêtes pour la contre-offensive de Moscou, mais elles étaient terriblement affaiblies par les combats précédents et ne possédaient que 667 chars. L'autre force mobile traditionnelle, la cavalerie soviétique, était également affaiblie par les sanglants combats de l'été
Les corps de cavalerie soviétiques (кавкорп) étaient des formations mobiles recréées en masse pendant la Seconde Guerre mondiale pour exploiter les percées aux côtés des unités blindées/mécanisées, atteignant un maximum de 7 corps en 1943.
Structure (1941-43)
Un corps typique comptait 2-3 divisions de cavalerie légère (3 000-6 000 hommes chacune), plus soutien mécanisé :
| Composante |
Effectif |
Équipement |
| HQ + signaux |
500 hommes |
Radios, chenilles légères |
| 2-3 Cav. Div. |
6 000-18 000 |
7 000 chevaux, carabines, sabres |
| Régiment chars |
30-100 T-26/BT |
Escorte antichar |
| Artillerie |
64 canons (76mm), 32 antichars |
40 AA, 128 mortiers |
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Soit un total : ~19 000 hommes, 16 000 chevaux, équivalent d'une division motorisée mais autonome en terrain boueux (Rasputitsa).
Emploi Tactique
1941 : Raids profonds (Dovator, Belov) pour harceler arrières allemands post-Moscou.
1942-45 : Intégrés aux Groupes Cavalerie-Mécanisés (ex. 1er GVC Belov avec 201e Brigade VD) pour poursuites rapides après percées, tankodesant (cavalerie sur chars).
Vingt-quatre divisions de cavalerie étaient disponibles, mais, en réalité, la plupart de ces unités étaient réduites de plus de moitié de leurs effectifs. Par pur désespoir, la STAVKA envisagea d'utiliser toute autre force mobile, y compris les bataillons de skieurs et les troupes aéroportées. En décembre 1941, les troupes aéroportées des VDV étaient mal préparées à ces nouvelles missions. En septembre 1941, au plus fort des batailles de Kiev, les VDV avaient été réorganisées sur le papier une fois de plus. Mais les infrastructures d'entraînement, les parachutes et les avions de transport faisaient défaut. Nombre de nouvelles divisions des VDV furent levées dans la région de la Volga, où il n'y avait ni tours de saut ni aucun autre moyen d'entraîner les troupes aux techniques de parachutisme. À cette époque, la majeure partie de la maigre flotte de transport soviétique était engagée dans un effort désespéré de pont aérien dans la région de Leningrad.
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La réorganisation des VDV s'accompagna d'une révision de leur rôle initial, réduisant leurs missions à des objectifs plus raisonnables. Les nouvelles missions comprenaient des engagements coopératifs avec les forces terrestres de l'Armée rouge pour encercler les formations ennemies ; la perturbation du commandement, du contrôle et de la logistique ennemis par des raids à l'arrière ; des missions spéciales pour sécuriser des objectifs de grande valeur tels que des ponts et des passages à niveau stratégiques ; la destruction des aérodromes ennemis ; et la prise de zones de débarquement sur les plages avant les assauts de l'infanterie navale. Cette dernière était un bon exemple du type de mission tactique désormais considérée comme appropriée pour les VDV. Par exemple, le 22 septembre, un petit largage de vingt-trois parachutistes fut effectué près d'Odessa, sur la mer Noire, en appui d'un débarquement naval à Grigorevka. Le 31 décembre, un bataillon du 2e corps aéroporté fut de nouveau parachuté sur la péninsule de Kertch, dans la région de la mer Noire, afin de soutenir un débarquement amphibie. L'importance de ces forces incita la flotte de la mer Noire à créer sa propre compagnie aéroportée à partir des rangs des unités d'aviation navale qui lui étaient rattachées, en mai 1942.
Mais il faut savoir que la Flotte de la mer Noire (ЧФ) n'a pas créé de compagnie aéroportée autonome à partir de ses unités d'aviation navale (VVS-ChF) pendant la Seconde Guerre mondiale, contrairement aux VVS du front de l'Est qui déployèrent les 4e et 5e Corps Aéroportés.
L'aviation de la Flotte de la mer Noire (62e et 63e Brigades Aériennes en 1941) comptait ~640 appareils : bombardiers DB-3/Il-4, chasseurs MiG-3/LaGG-3, et hydravions MBR-2 pour reconnaissance/ASW. Basée à Sébastopol, Eisk et Poti, elle se concentra en 1941 sur :
Attaques antinavires contre l'Axe (Odessa 1941, Kertch 1942).
Appui côtier pour la défense de Sébastopol (juin-nov. 1941).
Elle n'a pas eut des Unités Aéroportées au sens strict car la doctrine soviétique réservait les VDV aux fronts terrestres. Les hydravions Sh-2/Po-2 de la ChF larguèrent occasionnellement des saboteurs (Kerch 1941-42), mais sans formation aéroportée dédiée.De plus La ChF perdit 80% de sa flotte aérienne en 1942 (Sébastopol), priorisant la survie sur des expériences verticales
Cette compagnie participa à plusieurs opérations durant la guerre. Malgré les lourdes pertes subies lors du désastre de l'été 1941, la STAVKA prévoyait une importante force aéroportée. Les cinq premières compagnies des corps d'armée furent reconstitués à partir d'août, et cinq nouveaux corps furent progressivement ajoutés jusqu'en décembre. Une fois de plus, ces plans grandioses négligèrent la question cruciale du transport aérien.
Les combats de 1941 avaient entraîné la destruction de 70 % des forces de bombardement soviétiques, qui avaient été la principale source de transport aérien des VDV avant-guerre. Au total, 7 200 des 8 400 bombardiers dont disposait l'Armée de l'air soviétique au début de la guerre avaient été détruits. En particulier, les bombardiers lourds TB-3 avaient subi des pertes considérables. Bien que les chiffres précis fassent défaut, moins de 200 TB-3 survécurent, principalement au sein de régiments en Extrême-Orient. Le nouveau bombardier lourd soviétique, le Pe-8, était disponible en nombre très limité et réservé aux missions spéciales de bombardement à longue portée, telles que les raids sur Berlin.
Les bombardiers moyens, tels que l'Iliouchine DB-3/IL-4, étaient mal adaptés aux opérations aéroportées en raison de leur configuration interne. L'un des rares points positifs dans cette situation par ailleurs désastreuse était le nouvel avion de ligne PS-84, dont soixante-douze exemplaires avaient été construits jusqu'en juin 1941.
Cette copie construite sous licence de l'avion de ligne américain DC-3 s'était avérée très adaptée aux opérations de transport aérien, comme l'avait démontré le pont aérien de la 201e brigade aéroportée à Orel en octobre 1941. Mais la Force aéroportée des Volontaires du Vietnam (VDV) n'était pas la seule force à avoir besoin de leurs services. D'octobre à décembre 1941, la majeure partie de la flotte aérienne civile de la Force aérienne allemande (GVF) fut engagée dans l'évacuation du personnel clé du gouvernement et de l'industrie de Leningrad encerclée, transportant par avion 50 000 personnes et 6 000 tonnes de matériel de guerre essentiel. De plus, l'assaut allemand sur Moscou faillit s'emparer de l'usine PS-84 de Khimki, dans la banlieue de Moscou. L'effort de production principal fut déplacé à Tachkent, ce qui entraîna une pénurie temporaire de production d'avions de transport essentiels durant l'hiver 1941-1942. En septembre 1941, le noyau d'une nouvelle force de transport aérien fut créé autour de cinq escadrons de transport et de cinq vols de transport indépendants. Mais cette petite force était à peine suffisante pour transporter un seul bataillon aéroporté. En prévision des opérations aéroportées prévues dans le secteur de Moscou, l'Armée de l'air rouge commença à former une nouvelle force de transport appelée Groupe d'aviation des opérations spéciales de Moscou (MAON). Le Groupe d'aviation des opérations spéciales de Moscou (MAON, Московская группа особого назначения) fut une unité de transport et d'assaut aérien soviétique active en 1941-1942, Celle-ci était basée sur les avions de ligne de la GVF, principalement les précieux PS-84 revenant de l'évacuation de Leningrad.
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| Réorganisation Fin 1941 |
LE RAID AÉRIEN SUR TERYAYEVO SLOBODA
Ironiquement, la première mission aéroportée soviétique d'envergure de la guerre n'impliqua même pas une unité régulière de la VDV
. Le 5 décembre 1941, le front soviétique de Kalinine commença sa participation à la contre-offensive de Moscou en attaquant les unités allemandes au nord de Moscou, près de la ville de Klin. Les Allemands commencèrent à se replier pour tenter d'établir une nouvelle ligne de défense le long des rivières Lama et Ruza. La STAVKA décida de larguer une force aéroportée derrière les lignes allemandes afin de perturber leur retraite et de détruire autant d'unités allemandes que possible.Le burt était de lancert une attaque coordonnée du Front Kalinine au nord de Moscou et du Front Ouest, qui couvrait la ville elle-même et les zones au sud de la capitale. La contre-offensive était conçue comme un gigantesque encerclement du Groupe d'armées Centre allemand. Les 29e et 33e armées du Front Kalinine, menées par le 11e corps de cavalerie, devaient progresser vers l'ouest afin de piéger les Allemands dans une vaste poche. Depuis le sud, la 50e armée du Front de l'Ouest, menée par le 1er corps de cavalerie de la Garde, devait rejoindre le Front de Kalinine près de Rjev, piégeant ainsi les forces allemandes les plus proches de Moscou L'unité choisie pour la mission était un détachement aéroporté improvisé commandé par le capitaine I. G. Starchak.
Ce détachement avait été formé en août 1941 à partir des forces spéciales de l'aviation du front occidental, composé de volontaires.
Il y fut adjoint une cinquantaine de parachutistes de la 214e brigade aéroportée pour assurer un entraînement au parachutisme. L'objectif du largage était de couper la circulation du plus grand nombre possible de troupes allemandes en coupant lignes de communications comme les routes et les ponts Le bataillon de Starchak, fort de 415 parachutistes, fut parachuté dans les champs près de Terayeva Sloboda dans la nuit du 14 au 15 décembre 1941 par des températures glaciales.
Terayeva Sloboda (ou Terayeva Sloboda),est un village dans le district de Volokolamsk (oblast de Moscou), mais c’est un carrefour stratégique sur la route Klin-Volokolamsk pendant l'offensive allemande vers Moscou
Les avions de la 23e Division, de Bombardement lourd étaient au nombre de 21 bombardiers TB-3 accompagnés de dix avions de ligne PS-84,.
Il faut dire que le largage effectué par le bataillon de Surzhik la nuit précédente avait alerté les Allemands sur la possibilité de nouvelles missions nocturnes soviétiques. Aussi, dans la nuit du 3 au 4 janvier, les artilleurs antiaériens allemands attendaient le bataillon de Starchak. Les pilotes de transport, pour la plupart des pilotes de ligne civils sans expérience du combat, furent secoués par la DCA et les tirs traçants au-dessus de la zone de largage. Les plans minutieux d'un largage concentré furent vite oubliés lorsque les pilotes commencèrent des manœuvres d'évitement. Les malheureux parachutistes furent dispersés dans toute la campagne obscure en contrebas. Environ six avions retournèrent simplement à leur base avec leurs parachutistes à bord.
Au sol le détachement était trop petit et trop dispersé pour attaquer la ville de Teryayevo Sloboda elle-même aussi il commença à attaquer les colonnes allemandes sur les routes de Klin-Novo Petrovskoye et de Klin-Volokolamsk. Au cours des dix jours suivants, il harcela les convois allemands, attaqua le trafic ferroviaire allemand et fit sauter des ponts dans la région. Il reçut finalement l'ordre de rejoindre les forces soviétiques en progression le 25 décembre.
Le détachement affirma avoir tué destruction de 29 ponts, 50 camions, 2 tanks, 2 canons et lignes de communication, créant des embouteillages sur les routes de retraite allemandes. Ils ont soutenu le groupe mobile de la 30e armée (sous le colonel P. G. Tchanchibadze, avec la 82e division de cavalerie et d'autres unités) qui visait à couper la route Volokolamsk. Malgré leur petit nombre et la dispersion, ces actions ont perturbé les lignes allemandes en pleine retraite hivernale.
Mais ce raid de seize jours. n'eut aucun impact significatif sur les combats dans la région. Il arriva trop tard. Hitler avait approuvé le retrait de Klin le 13 décembre et la majorité des forces s'étaient retirées le jeudi 14 décembre. Lorsque l'unité de Starchak débarqua cette nuit-là, il ne restait plus que des traînards et des unités d'arrière-garde. De toute façon, l'unité de Starchak était trop peu nombreuse et trop mal équipée pour attaquer une force allemande importante, comme l'arrière-garde de la 1re Panzerdivision.
Raid sur Aerodromme de Znamenk
Ce raid effectuée par le 1e et 2e Battalion de la 201e Brigade Parachutiste sur cet aéroport a eu lieu le 18/01/1942
Contexte Opérationnel
Le commandant de la 201e brigade aéroportée soviétique en janvier 1942 était le colonel F. F. Gusev (ou plus précisément le major F. F. Gusev selon certaines sources d'archives).
La 201e brigade aéroportée soviétique (201-я отдельная стрелковая бригада, transformée ultérieurement en division de fusiliers) suivait l'organisation standard des brigades aéroportées soviétiques de la Seconde Guerre mondiale, formées en 1941.
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Elle comprenait un état-major de brigade, trois bataillons de fusiliers et des éléments de soutien, pour un effectif total d'environ 3 000 à 4 000 hommes. Type d'organisation (1941)
Compagnie d'état-major : État-major de commandement (sous les ordres du colonel F.F. Gusev),
section de transmissions,
section de reconnaissance
administration/soutien.
1er, 2e et 3e bataillons de fusiliers aéroportés : chacun avec environ 800 hommes, comprenant trois compagnies de fusiliers (PPSh-41 SMG, fusils Mosin),
une compagnie de mitrailleuses (Maxims/DG),
un peloton de mortier (50 mm/82 mm) et des fusils antichar (PTRD/PTRS). Unités de soutien : batterie d'artillerie (canons de 45 mm ou ZiS-3 de 76 mm), compagnie antichar, peloton du génie, échelon de ravitaillement/transport (chevaux/camions) et éléments médicaux/sapeurs. Équipements Tactiques Les bataillons largués sur Znamenka (1er et 2e en janvier 1942) portaient un armement léger pour mobilité : carabines SVT-40, PM/Degs, grenades, mines antichars, et radios limitées (RBGa). Pas d'artillerie organique au sol ; soutien par transports TB-3/PS-40 depuis le front de l'Ouest.
Contexte de Commandement
Cette unité, issue du district militaire Pré-Baltique et intégrée au 5e corps aéroporté, était dirigée par le colonel Fedor Fedorovich Gusev lors des opérations hivernales de 1941-1942
Cette action s'inscrivait dans les opérations aéroportées soviétiques de janvier-mars 1942, visant à perturber les lignes allemandes après la contre-offensive de Moscou. La 201e brigade aéroportée, formée en 1941 dans le district militaire du Pré-Baltique (5e corps aéroporté), était déployée pour sécuriser des points stratégiques comme l'aérodrome de Znamenka, probablement dans le secteur central ou nord du front.
Au matin du 18 janvier, le 1er bataillon complet et une partie du 2e bataillon ont été largués autour de l'aérodrome de Znamenka.
L'objectif était de s'emparer du terrain, d'organiser une défense circulaire et de préparer la réception d'éléments de commandement ou de renforts mécanisés.
Les conditions hivernales et la dispersion ont compliqué les opérations, comme dans de nombreuses missions aéroportées soviétiques de cette période.
Résultats et Impact
Peu de détails précis subsistent sur l'issue exacte (pertes, durée de tenue), mais ces raids visaient à bloquer les mouvements allemands et à soutenir les avancées terrestres.
La 201e brigade a ensuite été réorganisée en division d'infanterie (201e division de fusiliers) au milieu de 1942, reflétant la conversion massive des unités aéroportées en unités conventionnelles face aux échecs tactiques répétés.
Assaut sur Vyazma
L’opération sur Vyazma a eut lieu entre le 18/01/1942 et le 28/02/1942
L'opération aéroportée de Viazma (18 janvier – 28 février 1942) fut une importante offensive soviétique visant à parachuter des troupes derrière les lignes allemandes pour soutenir l'offensive Rjev-Vyazma et encercler le groupe d'armées Centre.
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Contexte Stratégique
La Stavka lança cette opération pour couper les routes Vyazma-Yukhnov et la voie ferrée Vyazma-Bryansk, facilitant l'encerclement allemand après les percées initiales des fronts de Kalinin et Occidental.
Menée par le 4e Corps Aéroporté (général Alexei Levashev, tué le 23 février), elle impliquait des largages nocturnes malgré une faible escorte et des bombardements allemands sur les aérodromes.
Phases et Unités Déployées
18-22 janvier : 201e Brigade Aéroportée (1er/2e bataillons déjà vus à Znamenka) + 250e Régiment Aéroporté, largués au sud de Vyazma.
Début février : 3 bataillons de la 8e Brigade Aéroportée (2 100 hommes, 34 tonnes de ravitaillement).
16-24 février : 9e et 214e Brigades Aéroportées (1 525 parachutistes, 7 373 ballots) à l'ouest de Yukhnov pour bloquer l'autoroute Varsovie et rejoindre la 50e Armée.
Résultats et Causes de l’Échec
Seulement 1 320 parachutistes se regroupèrent en unités cohérentes ; Les pertes importantes sont dues à la Flak, au mauvais temps, à la dispersion et à la résistance allemande.
Les largages nocturnes en hiver ont causé une dispersion massive des troupes sur de vastes zones enneigées, avec perte de la majorité des ballots de ravitaillement (seuls 1 320 parachutistes se sont reformés en unités cohérentes). La Luftwaffe a bombardé les aérodromes soviétiques (7 TB-3 détruits au sol) et abattu de nombreux transports faute d'escorte aérienne adéquate, aggravé par des conditions météo dégradées forçant la suspension des vols.
Défauts Tactiques et Coordination
Objectifs trop ambitieux (couper routes et voies ferrées Vyazma-Yukhnov) sans soutien terrestre immédiat : les fronts de Kalinine et Occidental n'ont pas percé pour rejoindre les parachutistes. Résistance allemande forte (Flak, unités mobiles) et manque de communications (radios défaillantes) ont isolé les groupes, limitant leur impact à du harcèlement partisan.
Commandement et Exécution
Mort du général Alexeï Levashev (23 février) et manque de planification (largages échelonnés sans regroupement préalable). Les brigades (8e, 9e, 201e, 214e) ont subi une forte opposition au sol sans renforts, illustrant les limites doctrinales soviétiques des VDV en 1942 (pas d'entraînement suffisant pour opérations prolongées). Le corps réussie à faire la liaison avec la 50e Armée le 28 février, mais l'offensive terrestre s'essouffla sans percée décisive. C'était l'une des plus grandes opérations aéroportées soviétiques, préfigurant les échecs structurels des VDV en 1941-43
Operation Hannover
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L'opération Hannover (avril-juin 1942) fut une offensive allemande réussie du Groupe d'armées Centre visant à éliminer les parachutistes et partisans soviétiques isolés après l'échec de l'opération aéroportée de Vyazma.
Contexte et Objectifs
Dirigée par le général Walter Model (4e Armée) contre le groupe de Pavel Belov (environ 20 000 hommes, incluant le 4e Corps Aéroporté et partisans), elle visait à nettoyer la poche Vyazma-Smolensk-Spaz-Demensk. Les parachutistes Vyazma, dispersés et affaiblis, combattaient en guérilla mais perturbaient les arrières allemands ; Hannover I (24 mai-21 juin) et II exploitèrent cette vulnérabilité pour dégager les lignes de ravitaillement avant l'été 1942.
Phases d'Exécution
Phase 1 (mai) : Panzers et infanterie (45 000 hommes) encerclèrent la poche via des pinces mobiles, malgré la boue de la Rasputitsa ; Belov évita le piège principal mais perdit des états-majors (IVe Corps Aéroporté).
Phase 2 (juin) : Blocus aérien et terrestre força Belov à percer vers le sud (8 juin), avec 10 500 tués et 20 000 prisonniers soviétiques ; les partisans furent décimés durablement.
Résultats et Impact
Succès total allemand (2 200 pertes) : Model détruisit les restes des VDV de Vyazma, rendant la zone praticable pour Case Blue. Belov s'échappa avec un noyau dur, rejoignant les partisans ; cette opération anti-partisans reste la plus efficace de la Wehrmacht, exploitant l'erreur soviétique de combat conventionnel en terrain découvert.
Les Allemands ont employé des tactiques d'encerclement massif (Kessel- oder Kesseloperationen) lors de l'opération Hannover (mai-juin 1942) pour anéantir les restes du 4e Corps Aéroporté et partisans de Belov.
ncercllement et Blocus
Walter Model utilisa des pinces mobiles de panzers et infanterie (45 000 hommes) pour isoler la poche Vyazma-Smolensk, combinées à un blocus aérien par la Luftwaffe empêchant tout ravitaillement soviétique. Les villages suspects furent rasés et les civils massacrés pour priver les partisans de soutien local, appliquant la doctrine Bandenbekämpfung d'Himmler (élimination préventive des "centres de résistance").
Walter Model, commandant de la 9e Armée allemande, fut le cerveau tactique de l’opération Hannover (mai-juin 1942), appliquant sa doctrine défensive-élastique pour écraser les parachutistes et partisans soviétiques isolés de la poche Vyazma.
Planification et Direction
Model prit le commandement en janvier 1942 et lança Hannover I (24 mai) pour encercler le groupe de Pavel Belov (4e Corps Aéroporté + partisans), malgré la boue printanière. Il orchestra des pinces mobiles de panzers (3e et 4e PzD) combinées à un blocus aérien de la Luftwaffe, ignorant les formalités pour créer des Kampfgruppen ad hoc (chars-infanterie-reconnaissance)
Opérations Combinées
Unités régulières (9e et 20e Armées) + SS et police auxiliaire pour ratissages systématiques malgré la boue printanière.
Répression collective : exécutions d'otages (ratio 10:1), destruction de 100+ villages pour terroriser la population et forcer les dénonciations.
Résultat TactiqueSuccès tactique (10 500 tués, 20 000 prisonniers soviétiques pour 2 200 pertes allemandes), mais stratégique limité : Belov s'exfiltra, et la terreur alimenta la guérilla future.
Pour contrer cette Guérilla on fit l ' application stricte de la doctrine Bandenbekämpfung : destruction de 100+ villages suspects, exécutions massives d'otages (ratio 10:1), et massacres de civils pour couper le soutien populaire aux partisans. Unités SS et police auxiliaire (Osintorf-trained) infiltrèrent les lignes pour localiser états-majors et dépôts
Ces méthodes, jugées criminelles à Nuremberg, illustrent l'escalade anti-partisans de 1942.Ce fut une des causes du suicide de Modele en 1945
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