Cet article est une lecture stylistique faite d’après photographies.
. Deux hypothèses sont examinées : la Régence d’Alger avant 1830, et l’Égypte des Mamelouks. Une troisième, l’arsenal ottoman de Sainte-Irène, est discutée puis écartée. Réserve générale. Aucune notice publiée de cet objet n’a pu être consultée. Les attributions proposées ici sont des hypothèses de travail, à vérifier auprès du musée.
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| Le cavalier vu de face |
Description de l’ensemble
Le cavalier ne porte aucune armure : c’est une figure de parade, non de combat.
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Élément
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Description
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Orientation stylistique
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Turban
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Bonnet rouge enveloppé d’une étoffe claire, long gland de soie bleue
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Ottomane, large aire
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Gilet et veste
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Drap de laine gris-bleu, broderie dense en cordonnet d’or couché (spirales, gouttes), boutonnage serré, manches fendues retombant en cape
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Algéroise ou tunisoise, XIXe s. probable
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Ceinture
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Soie bleue nouée
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Commune à tout le monde ottoman
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Pantalon
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Sarouel ample
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Commun
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Gants
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Mailles d’acier
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Pièce de guerre ajoutée
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Selle
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Pommeau et haut troussequin revêtus d’argent doré repoussé à rinceaux et fleurs
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Ottomane ou égyptienne, XVIIIe–XIXe s.
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Housse de selle
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Décor ajouré sur fond rouge, franges et pampilles métalliques
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Indéterminée
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Étriers
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Larges, à semelle en pelle
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Ottomane ou égyptienne
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Bride et poitrail (inv. 6161 ?)
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Cabochons de corail et de pierres bleues, pendeloques d’argent
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Maghrébine (Algérie, Maroc)
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L’ensemble réunit donc des pièces de deux familles : un costume et une parure de cheval qui regardent vers le Maghreb, une selle et des étriers qui regardent vers le monde ottoman oriental.
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Détail : broderie de la veste et troussequin en argent doré repoussé
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Hypothèse 1 : la Régence d’Alger avant 1830
C’est l’hypothèse la plus solide pour le costume, mais la date « avant 1830 » reste fragile.
Arguments pour
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Alger est une province ottomane jusqu’en 1830. Son costume de cérémonie mêle apports ottomans, andalous et berbères (Patrimoine d’Orient).
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La broderie en fil d’or couché du gilet correspond aux techniques algéroises du medjboud et de la fetla, employées sur les vestes de prestige (Algérie Nomades).
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Le vêtement masculin de référence est la ghlila, veste d’origine ottomane connue dès le XVe siècle, dont dérive le karakou. Une veste masculine appelée kabbut (caban) a fourni un motif décoratif majeur (Algérie 360).
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La parure de cheval à cabochons de corail est très présente au Maghreb, Algérie comprise.
Limites
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Les broderies algéroises sont surtout décrites sur velours. Ici, le support est un drap de laine gris-bleu. Ce détail n’exclut pas Alger, mais il invite aussi à regarder Tunis ou les provinces ottomanes de l’Est.
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Les spirales et gouttes très couvrantes évoquent plutôt les modèles du XIXe siècle que ceux du XVIIIe. Les sources consultées situent l’apparition du karakou au XIXe siècle.
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Après 1830, ces costumes circulent largement en Europe, souvent acquis comme souvenirs. Un achat par Stibbert dans les années 1860–1900 est très plausible, ce qui ne dit rien de la date de fabrication.
Bilan : origine algérienne plausible pour le costume, datation avant 1830 non démontrée. « Alger ou Tunis, fin XVIIIe–XIXe siècle » serait une formulation plus prudente.
Hypothèse 2 : les Mamelouks d’Égypte
L’hypothèse égyptienne convient au harnachement de selle, beaucoup moins au costume.
Il faut d’abord préciser de quels Mamelouks on parle. Le sultanat mamelouk prend fin en 1517 avec la conquête ottomane. Les beys mamelouks continuent ensuite de dominer l’Égypte ottomane jusqu’au massacre de 1811. C’est cette seconde période, celle que connurent Bonaparte et les peintres orientalistes, qui est seule compatible avec les objets observés.
Arguments pour
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Les étriers à large semelle en pelle sont répandus dans tout le monde islamique. En Égypte, aux XVIIIe et XIXe siècles, des modèles particulièrement grands étaient à la mode et appréciés des cavaliers mamelouks (Metropolitan Museum).
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Les selles à pommeau et troussequin hauts, revêtues d’argent doré repoussé, appartiennent au même vocabulaire de luxe équestre ottoman, dont l’Égypte était une province.
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Le turban sur bonnet rouge n’est pas incompatible avec la mode mamelouke tardive.
Limites
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Le costume mamelouk typique superpose plusieurs longues robes, un châle de cachemire en ceinture et un sarouel très volumineux. Le gilet court brodé de cordonnet, avec veste à manches fendues, ne correspond pas à ce modèle.
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Les étriers en pelle et les selles plaquées d’argent existent aussi à Istanbul, dans les Balkans et au Maghreb. Ils ne suffisent pas à désigner l’Égypte.
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Rien sur les photos (inscription, poinçon, blason) ne permet de rattacher précisément une pièce au Caire.
Bilan : selle et étriers possiblement égyptiens ou ottomans, XVIIIe–début XIXe siècle. Le cavalier dans son ensemble n’est pas un Mamelouk.
Pourquoi pas l’arsenal de Sainte-Irène au XVIIe siècle
La provenance de l’arsenal ottoman explique bien les cavaliers en armure de la même salle, pas celui-ci.
L’ancienne église Sainte-Irène servit d’arsenal impérial ottoman dès la fin du XVe siècle, puis de musée militaire à la fin du XIXe (Metropolitan Museum). Une partie de ses armes fut vendue et passa dans des collections européennes. Les pièces de Sainte-Irène conservées chez Stibbert datent de 1480–1500 et portent un poinçon, la tamga, à tête de bovin stylisée (Wannenes).
Ces pièces sont des armures de guerre : cottes de mailles, armures à plaques et mailles, casques, chanfreins. Le cavalier voisin, en mailles sur un cheval caparaçonné, relève de cette famille. Le cavalier 6161, lui, ne porte qu’une tenue de cérémonie de style XIXe siècle. Seuls ses gants de mailles pourraient, à la rigueur, venir d’un tel fonds : il faudrait y chercher la tamga.
Enfin, « Sublime Porte » désigne le gouvernement ottoman, siège du grand vizir. Ce n’est ni un style ni une époque.
Une figure composite : la méthode Stibbert
Le mélange de provenances n’est pas une anomalie : c’est la règle des cavaliers de Stibbert.
Frederick Stibbert (1838–1906) assemblait, sur des mannequins et des chevaux sculptés, des pièces authentiques achetées séparément sur le marché européen. Il cherchait à évoquer un type, « le cavalier oriental », plutôt qu’à reconstituer un équipement historique unique. Chaque élément porte souvent son propre numéro d’inventaire. La collection compte plus de 36 000 numéros pour environ cinquante mille objets (Museo Stibbert).
Il faut donc dater et localiser pièce par pièce, et non la figure entière. Un costume algérois peut très bien chevaucher une selle égyptienne.
Conclusion et réserves
Proposition d’attribution, à titre d’hypothèse : cavalier d’apparat composite, costume de type algérois (Alger ou Tunis), selle et étriers de tradition ottomane ou égyptienne, parure de cheval maghrébine ; pièces de la fin du XVIIIe et du XIXe siècle ; assemblage de Frederick Stibbert, avant 1906.
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Hypothèse
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Ce qu’elle explique
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Degré de confiance
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Régence d’Alger
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Costume, parure de corail
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Plausible ; « avant 1830 » non démontré
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Égypte mamelouke tardive
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Selle, étriers
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Possible pour ces pièces seulement
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Arsenal de Sainte-Irène, XVIIe s.
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Rien de visible, sauf peut-être les gants de mailles
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Peu probable
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