Le est un véhicule blindé chenillé amphibie soviétique, plateforme des postes de commandement et de guerre électronique du pacte de Varsovie
Introduction
Le MT-LBu (désigné « M1974 » par l'OTAN) est un véhicule blindé chenillé amphibie soviétique, dérivé du transporteur multi-usage MT-LB. Non armé et dépourvu de tourelle dans sa version de base, il se distingue par une caisse rehaussée et allongée offrant un grand volume intérieur, ce qui en a fait la plateforme de prédilection pour une multitude de véhicules spécialisés : postes de commandement, véhicules de reconnaissance d'artillerie, stations de guerre électronique et d'écoute radio, ou encore véhicules de transmission. Il fut l'un des véhicules les plus répandus au sein des unités d'appui du pacte de Varsovie durant les années 1980.
Origine et développement
Le projet trouve son origine dans une demande formulée à la fin des années 1960 par la Direction centrale soviétique de l'automobile et du tracteur (??????????? ?????????????? ??????????), visant à remplacer la vieille génération de tracteurs d'artillerie AT-P — eux-mêmes bâtis sur le châssis du canon automoteur ASU-57. Le bureau d'études de Kharkov développe alors le MT-L, dérivé du châssis du char amphibie léger PT-76, dont le MT-LB constitue la version blindée. Entré en production au début des années 1970, le MT-LB se caractérise par son faible coût, réutilisant autant que possible des composants standards, y compris un moteur d'origine automobile/poids lourd.
Le MT-LBu (indice d'usine « Objet 10 ») en est une version agrandie et non armée, conçue dès l'origine pour servir de base à des véhicules spécialisés. Par rapport au MT-LB, il reçoit un moteur plus puissant, une caisse rehaussée d'environ 40 cm et un châssis allongé portant sept galets de roulement de chaque côté au lieu de six. Il fut produit à l'usine de tracteurs de Kharkov (URSS/Ukraine), ainsi que sous licence en Pologne (Stalowa Wola) et en Bulgarie (Beta JSCo).
L'équipage de conduite — un pilote et un chef de bord — prend place dans un compartiment avant, le moteur étant installé juste derrière eux. Le compartiment arrière, au volume de 13 m³, peut accueillir selon les versions du personnel, des équipements électroniques ou des postes de commandement ; le véhicule peut en outre remorquer une charge de 6 500 kg.
Entièrement amphibie, le MT-LBu se déplace dans l'eau grâce à l'action de ses propres chenilles, sans nécessiter d'hélice ni de dispositif propulsif dédié. Son blindage, en acier soudé de 3 à 10 mm d'épaisseur, protège l'équipage des éclats d'obus et des armes légères, sans offrir de protection contre l'artillerie ou les armes antichars. La caisse comporte une trappe de toit s'ouvrant vers l'arrière, ainsi qu'une large ouverture circulaire centrale, obturée par une plaque à trappe lorsque aucune tourelle ou aucun mât n'est monté — c'est cette ouverture que l'on retrouve, équipée d'un mât télescopique déployable, sur les exemplaires photographiés ici.
Le pilote dispose d'un périscope infrarouge TVN-2, associé à un projecteur infrarouge/lumière blanche OU-3GK offrant une portée de vision nocturne d'environ 40 m. Le véhicule est également équipé d'un détecteur NBC (nucléaire, biologique, chimique) GO-27, d'un système de filtration-ventilation (FVU) et d'un appareil de navigation.
Caractéristiques techniques
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Caractéristique
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Valeur
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Désignation OTAN
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M1974
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Type
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Transporteur blindé chenillé amphibie, plateforme multi-rôles
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Origine
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URSS (base : MT-LB / châssis dérivé du PT-76)
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Constructeur
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Usine de tracteurs de Kharkov ; licence en Pologne (Stalowa Wola) et Bulgarie (Beta JSCo)
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Équipage
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2 (pilote + chef de bord) + jusqu'à 6 passagers/opérateurs
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Masse
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≈ 15 550 kg
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Longueur
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7,21 m
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Largeur
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2,85 m
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Hauteur
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1,905 m
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Blindage
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Acier soudé, 3 à 10 mm
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Volume du compartiment arrière
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≈ 13 m³
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Charge remorquable
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6 500 kg
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Motorisation
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YaMZ-238N, diesel V8
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Puissance
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300 ch à 2 100 tr/min
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Suspension
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Barres de torsion
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Vitesse sur route
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61,5 km/h
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Vitesse tout-terrain
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≈ 30 km/h
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Vitesse dans l'eau
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5 à 6 km/h (propulsion par les chenilles)
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Autonomie route
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≈ 500 km
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Une plateforme, de multiples variantes
Grâce à son grand volume intérieur et à sa polyvalence, le châssis MT-LBu a donné naissance à une quarantaine de variantes spécialisées, devenant le véhicule de commandement, de transmission et de conduite du tir le plus répandu au sein des forces du pacte de Varsovie dans les années 1980. Parmi les grandes familles de dérivés figurent :
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des postes de commandement et de conduite du tir d'artillerie (reconnaissance, acquisition d'objectifs, coordination des feux) ;
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des véhicules de transmission et de relais radio ;
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des stations de guerre électronique et d'interception radio, telles que le système R-381T « Taran » (et sa version modernisée R-381TM), destiné à l'écoute des communications adverses au niveau divisionnaire, remis récemment en lumière lors du conflit en Ukraine depuis 2022 ;
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des variantes de détection NBC et de reconnaissance chimique ;
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une version non blindée dérivée pour châssis routier, désignée R-330T.
Le mât télescopique peut être déployé au-dessus du compartiment arrière et ce mât est est caractéristique des versions destinées aux transmissions ou à la surveillance radioélectrique, et servait à hisser une antenne en hauteur pour améliorer la portée des liaisons ou l'écoute des émissions ennemies.
Le MT-LBu et ses dérivés ont été largement diffusés au sein des armées du pacte de Varsovie, ainsi que dans plusieurs pays alliés de l'URSS. Il a notamment été utilisé par la Suède, la Finlande, la Hongrie, la Pologne et la Bulgarie. Des exemplaires ont également été capturés par la coalition lors de la guerre du Golfe en 1991, ayant équipé les forces irakiennes.
Conclusion
Le MT-LBu illustre la logique soviétique de mutualisation des châssis : en reprenant la base robuste, amphibie et peu coûteuse du MT-LB tout en l'agrandissant, l'URSS a disposé d'une plateforme unique capable de recevoir aussi bien des postes de commandement d'artillerie que des stations d'écoute électronique. Cette polyvalence explique la survie de nombreux dérivés du MT-LBu bien après la fin de la Guerre froide, certains — comme les systèmes de guerre électronique de la famille « Taran » — étant toujours d'actualité dans les conflits contemporains.