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Etat Major 1804 Aide de camp Capitaine Maréchal Louis Alexandre Berthier



1804 Aide de camp Capitaine Maréchal Louis Alexandre Berthier 
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Merci à Empire Costume pour leur autorisation 
 Tableaux générés par IA sur mes indications

 


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Aide de Camp Maréchal Berthier

Tout en rouge entre prestige impérial, héritage suisse et flamboyance hussarde
Parmi toutes les tenues de l’armée napoléonienne, l’uniforme des aides de camp du maréchal Berthier occupait une place tout à fait singulière. Dominé par le rouge écarlate  couleur rarissime dans les rangs français, associée aux soldats britanniques
cet uniforme qui fut dessiné par le général Lejeune conjuguait l’élégance hussarde, le prestige du Major général de la Grande Armée et une symbolique suisse pleine de sens.
Pour comprendre ce choix audacieux, il faut appréhender simultanément trois dimensions : le rôle de l’aide de camp sous l’Empire, la stature incomparable de Berthier lui-même, et la signification profonde du rouge comme couleur des troupes suisses.
 Louis-Alexandre Berthier, le bras droit de Napoléon
C 'etait un organisateur hors pair Né à Versailles en 1753, Louis-Alexandre Berthier est le fils d’un ingénieur-géographe militaire. Formid de dès ses débuts, il s’illustre pendant les guerres révolutionnaires avant de rejoindre Bonaparte lors de la campagne d’Italie en 1796. Les deux hommes ne se quitteront plus pendant dix-huit ans. 
En qualité de Major général de la Grande Armée  l’équivalent de chef d’état-major , Berthier transformait les ordres de l’Empereur en instructions précises pour chaque corps d’armée. Infatigable travailleur, il passait les journées au combat aux côtés de Napoléon et les nuits à son bureau.
« Le général Berthier, chef d’état-major, a toujours passé la journée auprès de moi au combat, et la nuit à son bureau ; il est impossible de joindre plus d’activité, de bonne volonté, de courage et de connaissances. »
Aussi Berthier fut comblé d’honneurs comme peu de dignitaires de l’Empire. Sa trajectoire illustre la reconnaissance absolue de Napoléon pour son collaborateur le plus indispensable.

 
1804
Maréchal d'Empire (première promotion)
1806
Prince souverain de Neuchâtel et Valangin (Suisse)
1808
Vice-connétable de l'Empire
1809
Prince de Wagram
1810
Colonel général des Suisses — son dernier titre
1814
Pair de France sous Louis XVIII
1815
Décès à Bamberg (défenestration)

 
Prince de Neuchâtel
Après Austerlitz, la Prusse céda Neuchâtel à la France. Napoléon attribua en 1806 cette principauté suisse à Berthier, avec le titre de prince de Neuchâtel et duc de Valangin. Ce faisant, Berthier devenait l’un des rares dignitaires impériaux à bénéficier de la souveraineté effective d’un État.En 1810, un nouveau titre achève ce cursus : colonel général des Suisses, charge historique placée à la tête de tous les régiments suisses au service de la France. Ce double lien institutionnel avec la Suisse n’est pas anodin pour comprendre l’uniforme de ses aides de camp.
 L’aide de camp sous le Premier Empire
C'est donc  un officier de confiance, et non un simple secrétaire  Le terme d’aide de camp évoque parfois un rôle subalterne. La réalité impériale est tout autre. Ces officiers étaient choisis parmi l’élite, issus de grandes familles, souvent déjà aguerris. Leur mission :
Porter les ordres verbaux de leur général sous le feu de l’ennemi
Reconnaître le terrain et rendre compte des positions adverses
Servir de lien vivant entre le commandement et les corps d’armée
Représenter l’autorité de leur chef auprès des unités alliées
AInsi l
es aides de camp constituaient une élite envie, généreusement récompensée, mais employée sans ménagements et payant largement de leur personne.
Les ADC de Berthier sont donc un corps d’élite dans l’élite
Le grand quartier général de la Grande Armée comprenait, autour du Major général, deux généraux, six à huit aides de camp colonels ou commandants, des officiers de liaison des armées alliées et des aides de camp surnumraires. Le statut de ces officiers était particulirement prestigieux : de jeunes officiers issus des meilleures familles n’hésitaient pas à briguer cet emploi.
Louis-François Lejeune, l’un des plus célèbres, peintre et officier du génie, resta aide de camp auprès de Berthier de Marengo (1800) jusqu’en 1812. C’est lui qui dessina l’uniforme à la hongroise que leurs conférait leur chef  un uniforme voulu à la fois somptueux, reconnaissable et lourd de sens.
. L’uniforme ou le rouge est dominant
Dans leur course à l’originalité, les maréchaux de l’Empire rivalisaient de créativité pour les tenues de leurs aides de camp. Berthier choisit des couleurs inhabituelles pour les troupes françaises : le rouge dominant, presque absent des armées napoléoniennes.

 
Pièce
Couleur / Matière
Détail
Culotte
Rouge écarlate
À deux bandes latérales
Dolman
Blanc, lisérés rouges
Style hussard hongrois
Pelisse
Noire
Ornements et brandebourgs or
Shako
Drap écarlate
Broderies supérieures, aigrette dorée
Ceinture
Soie noire et or
Couleur inhabituelles sous l'Empire
Fourragère
Or
Privilège de la Garde, accordé par Napoléon

 
Le rouge  est une couleur délibérément provocatrice car dans les armées françaises de l’Empire, le rouge était presque exclusivement associé aux soldats britanniques, surnommés les « homards ». Adopter cette couleur pour ses propres aides de camp revenait, pour Berthier, à prendre un risque vestimentaire calculé. L’effet recherché était double : une reconnaissance immédiate sur le champ de bataille et une affirmation de statut hors norme.
La fourragère dorée venait parfaire cet ensemble : privilège réservé à la Garde impériale, Berthier obtint de Napoléon qu’elle soit accordée à ses propres aides de camp signal fort de leur rang exceptionnel dans la hiérarchie de l’armée.
 Pourquoi le rouge  3 thèses
 Le rouge comme couleur suisse 
Le rouge est, depuis plusieurs siècles, la couleur symbolique des troupes suisses au service de la France. Cette tradition remonte à l’Ancien Régime, quand les régiments suisses portaient d’imposants uniformes rouges qui les rendaient immediatement distincts. 
Les Gardes suisses et les quatre régiments suisses de Napoléon portaient tous des uniformes de drap rouge garance.
Le 3e régiment suisse était traditionnellement habillé en rouge garance avec des distinctives noires.
À la Bérézina (1812), les survivants helvtiques étaient surnommés les « soldats rouges ».
Le fond rouge renvoie au drapeau du canton de Schwyz, membre fondateur de la Confédération (1291). 
En choisissant cette couleur pour ses aides de camp, Berthier — Prince de Neuchâtel et Colonel général des Suisses — affirmait symboliquement son lien avec la Confédération helvétique et ses fonctions de commandement des troupes suisses au service de l’Empire.
La distinction personnelle du maréchal
La couleur rouge était précisément délaissée par les Français, car trop associée à l’ennemi britannique. En l’adoptant, Berthier affichait une audace vestimentaire remarquable : ses aides de camp devaient être immédiatement reconnaissables sur les champs de bataille de l’Europe, parmi des milliers d’uniformes bleus et blancs. Un signe de puissance et d’originalité que seul un homme de son rang pouvait se permettre.
L’influence hussarde avec une tenue à la hongroise
Le style même de l’uniforme  dolman, pelisse, shako  est directement inspiré des hussards hongrois, dont les couleurs vives et les garnitures somptueuses représentaient l’idéal de l’élégance militaire de l’époque. Lejeune, en concevant cette tenue, a su combiner le style hussard avec la couleur symbolique suisse et l’apparat doré réservé d’ordinaire à la Garde impériale.
Conclusion
L’uniforme rouge des aides de camp de Berthier n’est pas un simple caprice de maréchal soucieux d’éclat. C’est un véritable langage : celui d’un homme au sommet de la hiérarchie impériale, prince suisse, colonel général des Suisses, qui choisit de porter les couleurs de ses responsabilités les plus symboliques.
Le rouge écarlate de la culotte et du shako, l’or des ornements, la pelisse noire  tout concourt à créer une tenue immédiatement identifiable, chargée d’histoire et de sens. Ces officiers, qui portaient les ordres de l’homme le plus important de la Grande Armée après l’Empereur lui-même, devaient être à la hauteur de leur charge.
Mais comme disait Napoléon   Nul autre n’eût pu le remplacer.