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Etat Major Maréchal Berthier Uniforme Moscou 1812



Berthier  Uniforme Moscou 1812
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Napoléon I 1804 Baton Maréchal Louis Alexandre Berthier Paris
Napoléon I 1804 Baton Maréchal Louis Alexandre Berthier Moscou
Aide de Camp Maréchal Berthier

 

 

Louis-Alexandre Berthier, Prince de Neuchâtel  et de Valangin fut un maréchal de France sous l Empire
Il est né à Versailles le 20 novembre 1753 et il est mort dans des circonstances assez troubles ( suicide assassinat attaque cérébrale )  en tombant de son balcon le 1 juin 1815  Apres avoir combattu en Amérique   il est en 1789  major général de la Garde nationale à Versailles . Il aide les candidats à l’émigration restaure l ordre ce qui lui vaut  l’opposition des patriotes et le renvoi de l’armée. Entre 1790 et 1793 il occupe divers places dans les Etats majors mais chaque fois il est destitué. En 1796 Bonaparte le nomme chef d’état major de  l’armée d’Italie
Sa place est trouvée et il sera un parfait exécutant des ordres militaires de Bonaparte et ensuite de Napoléon ( Egypte Coup d’état du 18 brumaire ) sous le Consulat il est ministre de la Guerre
Sous l’Empire, il fait partie de la promotion de maréchaux de  1804 et est comblé d’honneurs Prince de Neuchâtel vice connétable d’Empire  et  prince de Wagram
Il fit toutes les campagnes de Napoléon comme major général de l'armée rôle qu’il remplit avec le plus grand zèle
Il tente de convaincre Napoléon de ne pas poursuivre vers Moscou ce qui lui vaut sa disgrâce
Sous la restauration  il adhéra au décret du sénat qui excluait Napoléon du trône et suit durant les 100 jours le roi à Gand
Il se réfugie dans son château à Bamberg en Bavière ou il meurt, le  1° juin 1815 en tombant de la fenêtre du troisième étage  . Son absence à Waterloo comme chef d'état-major se fit cruellement sentir

Cet article présente une analyse en cours — les hypothèses formulées ici sont des pistes de travail basées sur l'observation directe des pièces photographiées et sur la connaissance des règlements du Premier Empire. Elles ne constituent pas des conclusions définitives et appellent une confirmation par des spécialistes comme les conservateurs du Musée de la Légion d'honneur ou du Musée de l'Empéri olu chose plus improbable ceux de Moscoul.

La méthode utilisée est celle de l'historien avec observation minutieuse des pièces, raisonnement par élimination, confrontation avec les règlements connus, et honnêteté intellectuelle sur les limites de l'analyse. Plutôt que d'affirmer avec fausse certitude, nous présentons notre démarche et nos conclusions provisoires en indiquant clairement ce qui reste à vérifier.
 Description des Pièces
Le contexte
Ces pièces sont conservées au  Musée de la Guerre Patriotique de 1812 ou le Musée Historique d'État sur la Place Rouge. Elles font partie des trophées saisis lors de la retraite de la Grande Armée en novembre-décembre 1812 qui ont été capturés par les Cosaques ou abandonnés sur les routes de la retraite lors de la débâcle des bagages français.
Elles appartiennent  au maréchal Alexandre Berthier, Prince de Neuchâtel et de Wagram, Vice-Connétable de l'Empire, Major-Général de la Grande Armée  qui confirma lui-même dans une lettre à sa femme du 24 décembre 1812 avoir tout perdu lors de la retraite :« Je vous dirai mon amie que j'ai perdu toute mon argenterie, tous mes effets, que j'ai été obligé d'emprunter pour avoir le nécessaire [...] J'ai perdu environ 80 000 francs. »
Berthier à sa femme, Königsberg, 24 décembre 1812.
Pièce 1 — L'habit

 
Élément observé
Description
Tissu
Drap de laine — bleu nuit très sombre — qualité supérieure
Broderies
ARGENT — pas or — fils de cannetille et paillettes — densité exceptionnelle couvrant la quasi-totalité du devant
Motifs brodés
Floraux — fleurs, rinceaux, palmes, volutes — sans symbolique militaire apparente dans la broderie elle-même
Col
Droit montant — entièrement brodé d'argent
Revers
Brodés sur toute leur surface — motifs floraux continus
Parements
Brodés — continuité du motif floral
Pans arrière
Brodés — coupe queue de morue — habit habillé
Boutons
Ronds — dorés — métal estampé — motif : aigle impériale sur trophée romain
Coupe générale
Habit habillé de cour — civil — pas militaire — inspiré de la mode de l'Ancien Régime adaptée par Napoléon
Pièce 2 — Le bicorne

 
Élément observé
Description
Matière
Feutre noir de haute qualité
Galon
Or — large — tout autour des bords — réservé aux maréchaux et grands dignitaires
Plumes
Blanches — marabout ou autruche — garniture de grande tenue exclusive
Type
Bicorne de GRANDE TENUE — pas de campagne — le bicorne de campagne est sans plumes et à galon sobre
Conclusion
Pièce de cérémonie — cohérente avec les autres éléments du vestiaire saisi

 
Pièce 3 — Le bâton de maréchal

 
Élément observé
Description
Revêtement
Velours bleu nuit recouvert de broderies dorées sur toute la longueur
Motifs
Aigles impériales alternant avec motifs floraux — feuilles de chêne et de laurier
Embouts
Métal doré ciselé aux deux extrémités
Devise
Terror belli, decus pacis — Terreur à la guerre, ornement de la paix
Identification
Bâton de Maréchal d'Empire — identification certaine — objet réglementaire bien documenté
Hypothèses et Raisonnement par Élimination
Méthode
L'identification d'un habit du Premier Empire passe nécessairement par l'élimination méthodique des hypothèses incompatibles avec les éléments observés. Chaque grande dignité ou fonction avait ses règlements précis  couleurs, broderies, boutons — qui permettent l'identification ou l'exclusion.
Hypothèse 1 — Habit de Maréchal — ÉLIMINÉE
Éliminée — les boutons ne correspondent pas aux boutons réglementaires des maréchaux. Il n y a pas de batons de maréchal entrecroisés
 

 
L'habit de Maréchal de l'Empire était un habit bleu nuit avec broderies d'OR de feuilles de chêne et de laurier sur toutes les coutures. Deux éléments l'excluent formellement :
Les broderies sont ARGENT  pas or car les habits de maréchaux portaient des broderies couleur or
Les boutons ne correspondent pas aux boutons réglementaires des maréchaux —bien documentés dans les planches de l'époque
Hypothèse 2 Habit de Grand Veneur  ÉLIMINÉE
Éliminée — l'habit de Grand Veneur était vert, pas bleu.
La fonction de Grand Veneur de l'Empereur  que Berthier occupait correspondait à un habit vert avec broderies or et boutons au cor de chasse. Le drap bleu nuit de l'habit exclut formellement cette hypothèse.
Hypothèse 3  Habit de Vice-Connétable  INCERTAINE
 Non confirmée — doute persistant sur la correspondance des symboles.
La Vice-Connétablie était la plus haute dignité militaire de l'Empire après la Connétablie. Berthier en était le titulaire. Un trophée romain sur les boutons pourrait sembler cohérent avec cette fonction militaire suprême mais les éléments disponibles ne permettent pas de confirmer que cet habit correspond précisément aux règlements de la Vice-Connétablie. Cette hypothèse reste ouverte sans être retenue.
Hypothèse 4 — Habit de Cour ordinaire — ÉLIMINÉE
La densité et la qualité des broderies dépassent largement un habit de cour ordinaire.
Un simple habit de cour  même de grand uniforme — ne justifiait pas une telle densité de broderies couvrant la quasi-totalité du vêtement. Cette profusion est réservée aux plus hautes dignités.
Hypothèse Retenue  Habit de Grand Aigle de la Légion d'honneur
Le raisonnement
Après élimination des autres hypothèses, la conclusion la plus solide  sous réserve de confirmation par des spécialistes  est que cet habit est un **habit de Grand Aigle de la Légion d'honneur**.
Berthier était Grand Aigle de la Légion d'honneur depuis la première promotion du 2 février 1805 — l'une des 49 personnalités nommées lors de cette promotion inaugurale. Cette dignité — la plus haute de l'ordre — justifiait un habit de cérémonie spécifique.
Les arguments en faveur
Argument 1 Le drap bleu nuit : couleur caractéristique des fonctions civiles impériales et de la Légion d'honneur.
Argument 2  L'aigle sur trophée romain : parfaitement cohérent avec le symbolisme de la Légion d'honneur — ordre délibérément inspiré de la Legio honoratorum romaine de l'Antiquité — les aigles et le symbolisme antique étant au cœur de l'identité de l'ordre voulu par Napoléon.
 Argument 3  La densité exceptionnelle des broderies : justifiée par le rang de Grand Aigle — le grade suprême de l'ordre.
Argument 4  La coupe civile habillée : cohérente avec un habit de dignité civile — la Légion d'honneur étant à la fois militaire et civile.
La règle argent / or — explication de la couleur des broderies
Un élément fondamental de l'uniformologie française napoléonienne  et souvent méconnu  peut éclairer sur les couleurs argent ou or  des broderies :

 
CAVALERIE — TRAIN — SERVICES
INFANTERIE — ARTILLERIE — GÉNIE
Galons et broderies ARGENT
Galons et broderies OR

 
Cette règle fondamentale traverse toute la période napoléonienne  de la Révolution à nos jours. Elle s'appliquait aux uniformes militaires mais pouvait également influencer les habits de dignité selon l'arme d'origine du titulaire.
Or Berthier était fondamentalement un homme issu des corps techniques  ingénieur-géographe à l'origine, rattaché aux services d'état-major. Si cette règle argent/or des armes s'appliquait également aux habits de grands dignitaires selon l'origine ou la spécialité du titulaire, les broderies argent de l'habit de Berthier seraient parfaitement explicables et cohérentes. >Et compte tenue de sa postion il pouvait se permettre des entorses aux reglements comme pour ses aides de camps
 
Donc on a un  point à vérifier : la règle argent/or s'appliquait-elle formellement aux habits des grands dignitaires de la Légion d'honneur selon leur arme d'origine ?
Cette question appelle une consultation des règlements précis de 1804-1812.
 
Tableau comparatif

 
Élément
Habit de Moscou (Berthier)
Pièce de référence
Couleur drap
Bleu nuit ?
Bleu nuit ?
Couleur broderies
ARGENT
OR
Motifs brodés
Floraux
Feuilles de chêne
Boutons
Aigle sur trophée romain
Non identifiés sur photo
Grand cordon
Non visible sur photo
Rouge — Légion d'honneur ?
Coupe
Habit habillé civil ?
Habit habillé civil ?

 
Interprétation de la différence argent / or
La différence fondamentale entre les deux pièces  broderies argent pour Berthier, broderies or pour la pièce de référence  s'explique probablement par la règle argent/or des armes françaises appliquée à l'arme d'origine du titulaire. La pièce de référence correspondrait à un dignitaire issu de l'infanterie ou de l'artillerie  d'où les broderies or.
L'habit de Berthier correspondrait à un dignitaire issu des services techniques  d'où les broderies argent. Cette hypothèse est cohérente et logique — mais elle demande confirmation par les règlements précis.
 Conclusion Générale
Ce que nous savons avec certitude
 Les trois pièces habit, bicorne, bâton de maréchal  appartiennent à un très haut dignitaire du Premier Empire.
Leur présence à Moscou s'explique par la saisie lors de la retraite de Russie de 1812 — confirmée par la lettre de Berthier du 24 décembre 1812.
Le bâton de maréchal est formellement identifié C'est un bâton de Maréchal d'Empire réglementaire.
Le bicorne est un bicorne de grande tenue de maréchal ou grand dignitaire galon or large
et plumes blanches.
L'habit est un habit civil de grand dignitaire  coupe, drap bleu nuit, densité des broderies.
donc notre hypothèse de travail sous réserve de confirmation par des spécialistes,la plus solide est que l'habit est un **habit de Grand Aigle de la Légion d'honneur** appartenant au maréchal Alexandre Berthier.
Les arguments en faveur sont :
Berthier était Grand Aigle de la Légion d'honneur depuis la première promotion de 1805
Le drap bleu nuit est cohérent avec les couleurs de la Légion d'honneur
L'aigle sur trophée romain des boutons est cohérent avec le symbolisme antique de l'ordre
Les broderies argent — et non or — s'expliquent par la règle argent/or des armes appliquée à l'arme technique d'origine de Berthier
La densité exceptionnelle des broderies correspond au rang suprême de Grand Aigle

Limites de notre analyse
Cette identification reste une hypothèse de travail — honnêteté intellectuelle oblige. Une confirmation définitive nécessite la consultation de spécialistes et des règlements précis de l'époque. Nous publions cette analyse en l'état, avec ses incertitudes clairement identifiées, dans l'espoir qu'elle suscite des réactions de spécialistes qui pourraient confirmer ou corriger nos conclusions.