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Le soldat doit marcher les pieds au sec et le ventre plein. Il faut dire que les stratèges de l'histoire n'ont pas toujours appliqué cet adage à la lettre. Il faut attendre surtout la 1°et la 2°Guerre mondiale pouvoir des états-majors se pencher sérieusement sur ce problème. Auparavant le soldat n'avait de souliers neufs que chaque trois ans et la rapine et la réquisition chez l'habitant étaient chose courante.
Des études ont été toutefois menées sous le 1°Empire mais il faut dire que seuls les officiers généraux avait droit à un traitement de faveur. Des projets ont existé certains ont été mêmes suivis de fabrication telles que la cuisine ambulante qui fut saisie en octobre 1812 en Russie par les Cosaques
Cette Cuisine de campagne du train de bagages de Napoléon" Allemagne, 1811 est en Bois, cuivre, fer, forge
En 1811, le maréchal Louis-Nicolas Davout, dit « le maréchal de fer », commandant du 1er Corps d'Armée fort de 70 000 hommes, prend une décision innovante : commander 60 cuisines de campagne mobiles, fabriquées en Allemagne. L'idée est révolutionnaire pour l'époque — permettre aux troupes de recevoir un repas chaud pendant la marche, sans s'arrêter.
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Caractéristique technique |
Description |
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Type de véhicule |
Charrette à deux grandes roues cerclées de fer |
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Traction |
Un seul cheval — économique et mobile |
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Matériaux |
Bois, cuivre, fer forgé — fabrication allemande, 1811 |
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Couleur |
Toutes les parties en bois peintes en vert foncé (couleur militaire) |
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Chaudière |
En cuivre, placée au-dessus d'un fourneau à bois |
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Système de cuisson |
Bain-marie : l'eau enveloppant la nourriture l'empêche de brûler |
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Coffre de transport |
Coffre en bois à l'avant pour les ustensiles et provisions |
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Stabilisation |
Pieds en bois amovibles sous les brancards pour le stationnement |
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Capacité |
Suffisante pour une compagnie — environ 100 à 150 hommes |
L'ingéniosité principale réside dans le système de bain-marie : la nourriture est placée dans un récipient entouré d'eau chaude. Cette eau, portée à ébullition par le fourneau, cuit les aliments sans risque de les brûler — même sur les routes chaotiques de la campagne. La Grande Armée peut ainsi manger chaud sans perdre une heure de marche précieuse.
Mais sur les 60 cuisines commandées par Davout, une seule a survécu à la campagne de Russie. Son histoire illustre parfaitement le désastre de 1812.
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Étape |
Date |
Événement |
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Commande |
1811 |
Davout commande 60 cuisines pour le 1er Corps d'Armée |
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Entrée en Russie |
Juin 1812 |
Les cuisines accompagnent les 70 000 hommes du corps |
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Borodino |
7 sept. 1812 |
Bataille décisive — le corps de Davout en arrière-garde |
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Vyazma |
Automne 1812 |
Capture d'une cuisine par les Cosaques d'Orlov-Denisov |
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La Bérézina |
Déc. 1812 |
Abandon des 59 autres — avant la traversée du fleuve |
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Aujourd'hui |
XXIe siècle |
Pièce unique au monde, Musée de la Guerre de 1812, Moscou |
Voir cette autre roulante qui est une replique toutefois