

Mosaïque Rome Italie Campanie Herculanum Cardo Inconnu Mosaïque de Lycurgue et Ambrosia Naples MANN
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On ne sait pas avec précision la maison précise d'Herculanum dont provient cette mosaïque de Lycurgue et Ambrosia conservée au musée de Naples. Les sources ne s'accordent pas toutes sur l'attribution exacte.Voici ce que l'on peut dire avec certitude et nuance
La mosaïque est conservée au Musée archéologique national de Naples (MANN) et provient bien des fouilles d'Herculanum, menées à partir de 1738 sous Charles III de Bourbon, principalement par la méthode des galeries souterraines.Le panneau central représente le mythe de Lycurgue et Ambrosia : Lycurgue est enveloppé par les branches de la vigne en laquelle le dieu Dionysos a transformé la nymphe Ambrosia, qui a ainsi échappé à la mort que Lycurgue voulait lui donner, et qui gît maintenant sur le sol
Elle devait orner un triclinium car ce ce type de mosaïque à thème dionysiaque était typiquement utilisé comme décoration de salle à manger (triclinium ou oecus).
La mosaïque de Lycurgue se trouvait dans une pièce rectangulaire munie d'une abside semi-circulaire, où se trouvait peut-être un triclinium (banquette pour les repas). Le magnifique tapis est composé de rinceaux de feuilles de vigne, peuplés d'oiseaux.
Mais ce choix n'est pas anodin : honorer Dionysos, dieu du vin, dans la salle où l'on banquète était une tradition romaine répandue et chargée de sens.
Elle est confectionnée en opus vermiculatum soit des tesselles de pierre, verre et pâte colorée de très petite taille, permettant un rendu particulièrement fin et pictural
C 'est une autre technique et la différence fondamentale avec l'opus tessellatum est que les tesselles ne suivent aucune grille. Elles s'enroulent autour de la figure en rangées concentriques épousant chaque courbe — c'est le sens du mot vermiculatum, du latin vermiculus, « petit ver ». Les lignes ondulent comme des vers, s'adaptant à chaque contour du corps, de l'œil, des écailles, des nageoires.
Ce qui définit la technique :
Les tesselles sont minuscules parfois 2 à 4 mm de côté seulement et taillées irrégulièrement pour s'ajuster aux courbes. Le mosaïste trace d'abord le contour de la figure en noir (andamento de bordure), puis remplit l'intérieur en suivant la forme, couche après couche. Le fond en opus tessellatum régulier contraste volontairement avec la fluidité de la figure centrale.
Les grands exemples antiques :
Le modèle absolu est la Bataille d'Issos de Pompéi (maison du Faune, IIe s. av. J.-C.), aujourd'hui au musée de Naples avec une myriadede de tesselles représentant Alexandre et Darius. Plus sobrement, les xenia (natures mortes) et scènes marines du IIe siècle ap. J.-C. montrent des poissons, crustacés et pieuvres traités avec la même virtuosité de ligne courbe.
C'est la technique la plus exigeante de la mosaïque antique qui est à mi-chemin entre le dessin et la peinture, mais qui est réalisé en pierre.
La raison pour laquelle le lieu précis reste flou tient aux méthodes de fouilles de l'époque. Les chercheurs travaillaient comme des mineurs : ils creusaient péniblement des tunnels dans un tuf volcanique très dur, avançaient au hasard, perçaient les murs sans précaution, extrayaient laborieusement les plus belles œuvres, procédaient à des relevés rapides et parfois rebouchaient un tunnel avec les déblais du suivant.
La localisation précise de nombreux objets extraits au XVIIIe siècle est donc perdue ou imprécise.
Cette mosaïque est un témoignage de la puissance symbolique du culte dionysiaque dans le monde romain : Dionysos, dieu imprévisible et vengeur, ne pardonne pas à ceux qui osent lui résister.
Cette mosaïque illustre l'un des mythes dionysiaques les plus dramatiques de l'Antiquité : le châtiment de Lycurgue, roi de Thrace, par le dieu Dionysos ou Bacchus chez les Romains.