Historique Voir ICI
History Click HERE
On ne sait pas avec précision la maison précise d'Herculanum dont provient cette mosaïque de Lycurgue et Ambrosia conservée au musée de Naples. Les sources ne s'accordent pas toutes sur l'attribution exacte.Voici ce que l'on peut dire avec certitude et nuance
La mosaïque est conservée au Musée archéologique national de Naples (MANN) et provient bien des fouilles d'Herculanum, menées à partir de 1738 sous Charles III de Bourbon, principalement par la méthode des galeries souterraines.Le panneau central représente le mythe de Lycurgue et Ambrosia : Lycurgue est enveloppé par les branches de la vigne en laquelle le dieu Dionysos a transformé la nymphe Ambrosia, qui a ainsi échappé à la mort que Lycurgue voulait lui donner, et qui gît maintenant sur le sol
Elle devait orner un triclinium car ce ce type de mosaïque à thème dionysiaque était typiquement utilisé comme décoration de salle à manger (triclinium ou oecus).
La mosaïque de Lycurgue se trouvait dans une pièce rectangulaire munie d'une abside semi-circulaire, où se trouvait peut-être un triclinium (banquette pour les repas). Le magnifique tapis est composé de rinceaux de feuilles de vigne, peuplés d'oiseaux.
Mais ce choix n'est pas anodin : honorer Dionysos, dieu du vin, dans la salle où l'on banquète était une tradition romaine répandue et chargée de sens.
Elle est confectionnée en opus vermiculatum soit des tesselles de pierre, verre et pâte colorée de très petite taille, permettant un rendu particulièrement fin et pictural
La raison pour laquelle le lieu précis reste flou tient aux méthodes de fouilles de l'époque. Les chercheurs travaillaient comme des mineurs : ils creusaient péniblement des tunnels dans un tuf volcanique très dur, avançaient au hasard, perçaient les murs sans précaution, extrayaient laborieusement les plus belles œuvres, procédaient à des relevés rapides et parfois rebouchaient un tunnel avec les déblais du suivant.
La localisation précise de nombreux objets extraits au XVIIIe siècle est donc perdue ou imprécise.
Cette mosaïque est un témoignage de la puissance symbolique du culte dionysiaque dans le monde romain : Dionysos, dieu imprévisible et vengeur, ne pardonne pas à ceux qui osent lui résister.
Cette mosaïque illustre l'un des mythes dionysiaques les plus dramatiques de l'Antiquité : le châtiment de Lycurgue, roi de Thrace, par le dieu Dionysos ou Bacchus chez les Romains.
Dionysos voulait traverser le territoire de Lycurgue, mais celui-ci s'y opposa et s'attaqua à Ambrosia, nourrice de Bacchus.
Lycurgue est enveloppé par les branches de la vigne en laquelle le dieu Dionysos a transformé la nymphe Ambrosia, qui a ainsi échappé à la mort que Lycurgue voulait lui donner avec son bipen et qui gît maintenant sur le sol.
Cette mosaïque représente le roi de Thrace, Lycurgue, frappé de folie par Dionysos pour avoir capturé les Bacchantes Croyant extirper la vigne du sol de Thrace, le roi coupa les jambes de ses fils, puis il s'imposa la même mutilation ; il périt sous les coups de ses sujets qui l'écartelèrent pour apaiser la colère de Dionysose que l'on voit sur la mosaïque
En regardant attentivement votre image, on distingue trois personnages :
A gauche Lycurgue : figure masculine nue, au corps puissant et rougeâtre, le bras levé brandissant sa hache à double tranchant (le bipennis). Son visage barbu exprime la fureur et la démence. Les sarments de vigne commencent à s'enrouler autour de lui, l'emprisonnant progressivement — c'est la punition divine en train de s'accomplir.
En bas à droite Ambrosia : la nymphe est représentée à demi allongée, le torse dénudé, dans une posture de vulnérabilité mais aussi de transformation. Sa métamorphose en vigne est en cours, ce qui lui permet d'échapper à l'arme de Lycurgue.
En haut à droite une figure divine : personnage féminin vêtu d'un manteau orangé, portant une lance ou un sceptre, avec des cheveux blonds. Il pourrait s'agir d'une Bacchante, d'une Ménade ou d'une divinité du cortège de Dionysos venue assister à la scène.
En arrière-plan, des entrelacs de vigne et de raisins envahissent toute la composition — signe omniprésent de la puissance de Dionysos, le dieu de la vigne.Une œuvre emblématique du monde dionysiaque
Ce mythe illustreun thème célèbre dans l'Antiquité. Ces représentations s'intègrent dans la série des nombreux décors antiques honorant le dieu de la vigne, de l'ivresse, de la nature et du théâtre. La technique utilisée est celle de l'opus vermiculatum — de minuscules tesselles de pierre, verre et pâte colorée, assemblées avec une précision extraordinaire pour rendre les volumes, les chairs et les drapés avec un naturalisme saisissant. Les tons chauds — ocres, rouges, orangés — contrastent avec le fond clair, donnant à la scène une intensité dramatique remarquable.
Il n'existe à ce jour que quatre mosaïques connues représentant cette légende :
une en Italie à Herculanum, une à Délos en Grèce, une à Narbonne, et celle-ci à Saint-Romain-en-Gal.Celle de Saint-Romain-en-Gal est une résentations plus complètes et la mieux conservée de ce mythe rare dans l'art de la mosaïque.
La version napolitaine capture l'instant dramatique La fureur de Lycurgue, la transformation en cours, la violence du geste. La version gauloise propose une narration plus ample, incluant la punition divine et le triomphe de Dionysos banquetant paisiblement pendant que son ennemi est étranglé par la vigne.