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Richtungshörer Ringtrichter RRH Nouvelle Orléans USA

Richtungshörer Ringtrichter RRH Télésitemètre Nouvelle Orléans USA
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In memorian Ian Tog
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Le Ringtrichter-Richtungshörer (RRH) ou l'oreille de la Flak : le télésitemètre allemand
Avec ses quatre grands cornets disposés en croix et ses deux sièges d'opérateurs, le Ringtrichter-Richtungshörer — littéralement « écouteur directionnel à cornets annulaires », abrégé RRH — ressemble davantage à un instrument de musique géant qu'à un matériel de guerre. C'était pourtant, avant la généralisation du radar, l'un des principaux moyens dont disposait la défense antiaérienne allemande pour « entendre » les bombardiers arriver dans la nuit. En français, on parle de télésitemètre ou de détecteur acoustique directionnel.
Un exemplaire de ce matériel est conservé et exposé à La Nouvelle-Orléans, aux États-Unis. C'est cet engin, photographié par Ian Tog, que présente la photothèque de Maquetland ; il offre une excellente occasion de revenir sur l'histoire et le fonctionnement de ces étonnants appareils.
Des origines dans la Grande Guerre
Le principe du détecteur acoustique directionnel a été mis au point vers 1915 à l'Institut de psychologie de Berlin par deux chercheurs, Max Wertheimer — futur fondateur de la psychologie de la Gestalt — et Erich Moritz von Hornbostel. Leurs travaux sur la perception de la direction des sons débouchèrent sur un brevet déposé en juillet 1915, et l'appareil était déjà utilisé par l'armée dès 1916.
L'objectif initial était de repérer les batteries d'artillerie ennemies au son de leurs départs de coups. Les résultats furent décevants : un tir d'artillerie est un événement sonore très bref, et sur un champ de bataille où tonnent de nombreuses pièces à la fois, il devenait presque impossible d'isoler une batterie précise. En revanche, l'appareil se révéla bien mieux adapté à la localisation des avions, dont le bruit de moteur est continu, et il fut employé en ce sens à partir de 1917. Wertheimer tenta même de l'adapter à la détection des hélices de sous-marins, sans succès pour des raisons techniques.
Le principe de fonctionnement
Le RRH exploite la capacité naturelle de l'oreille humaine à localiser un son grâce à l'écoute binaurale : une onde sonore qui ne vient pas exactement de face atteint les deux oreilles avec un léger décalage. Les cornets écartés les uns des autres agissent comme des « oreilles » artificiellement éloignées, ce qui amplifie cet écart et rend la localisation beaucoup plus précise.
L'appareil de la Seconde Guerre mondiale comporte quatre cornets, reliés mécaniquement et disposés en croix au sein d'une structure annulaire — d'où son nom. Une paire sert à l'azimut (la direction horizontale), l'autre au site (l'angle d'élévation). Chaque paire est reliée par des tuyaux acoustiques, sans amplification électronique, aux écouteurs d'un opérateur. Les deux « Horcher » font pivoter l'ensemble jusqu'à obtenir une impression sonore centrée, c'est-à-dire lorsque le son parvient de manière identique à leurs deux oreilles. L'appareil est alors pointé vers la source du bruit.
Un problème de taille subsiste : le son voyage bien plus lentement que la lumière. Lorsque le bruit d'un avion parvient au sol, l'appareil a déjà avancé de plusieurs centaines de mètres. Un calculateur de correction (« lag calculator » dans les documents américains), logé dans le socle, tenait compte de la vitesse estimée de la cible et de celle du son selon les conditions météorologiques, afin d'indiquer la position réelle de l'avion et non celle d'où le bruit était parti.
Les exigences auditives étaient telles qu'à la fin des années 1930, les appelés affectés aux unités de Flak voyaient leur capacité d'écoute stéréophonique testée lors de leur sélection.
Les chiffres de portée et de précision varient d'une source à l'autre, ce qui s'explique aisément : ils dépendaient de la météo, du bruit des moteurs de l'avion visé, des bruits parasites environnants et de l'acuité auditive des opérateurs.
Le RRH au sein de la Flak
Malgré les restrictions imposées par le traité de Versailles, l'Allemagne relança au milieu des années 1930 un vaste programme de réarmement antiaérien, qui comprenait la production de projecteurs et de détecteurs acoustiques. Le RRH, développé durant cette décennie, fut fabriqué à plusieurs milliers d'exemplaires.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, chaque batterie de projecteurs de Flak disposait de six à huit RRH. Leur mission principale était nocturne : capter l'approche des bombardiers ennemis, puis transmettre les données de pointage — à la voix, par téléphone ou par transmission électrique — aux projecteurs de 150 cm qui restaient éteints. Dès que l'avion était à portée, le projecteur s'allumait directement dans sa direction, permettant aux canons d'ouvrir le feu. En combinant les relevés de plusieurs appareils, on pouvait même trianguler grossièrement la position de la cible.
Pour se déplacer, le RRH utilisait la remorque Sd.Ah. 104, la même que celle employée pour le canon de 3,7 cm Flak 18, le projecteur de 150 cm ou le groupe électrogène de 24 kW.
Un matériel dépassé mais tenace
L'augmentation continue de la vitesse et de l'altitude des avions rendit l'écoute de moins en moins efficace : plus l'avion est rapide et haut, plus l'erreur liée au retard du son devient difficile à corriger. L'arrivée du radar (Funkmess) aurait logiquement dû condamner le RRH. Pourtant, l'appareil resta en service jusqu'à la fin du conflit, et en 1944 la défense aérienne allemande en alignait encore plus de 5 500.
Cette longévité s'explique par un avantage décisif : un détecteur acoustique est totalement insensible aux contre-mesures électroniques. Lorsque les Alliés se mirent à saturer les radars allemands avec les bandes d'aluminium « Window » et le brouillage, l'oreille humaine restait un recours fiable. Le RRH fut également exporté vers des pays alliés de l'Allemagne, notamment la Finlande, qui ne retira ses détecteurs acoustiques du service qu'au début des années 1950.
L'exemplaire de La Nouvelle-Orléans
L'appareil photographié à La Nouvelle-Orléans permet d'observer de près la construction du RRH : l'anneau portant les quatre cornets, la structure de pivotement, les sièges des opérateurs et le socle abritant les mécanismes de correction. Ces photos constituent une documentation précieuse, car les exemplaires survivants sont rares ; on en trouve notamment un autre en Europe, à la Wehrtechnische Studiensammlung de Coblence, et un troisième a été photographié à Novion, en France.
Pour les maquettistes
Le RRH a fait l'objet d'un kit en résine au 1/72 édité par Planet Models / CMK (référence MV118), aujourd'hui intégré à la gamme Special Hobby. Composé d'une vingtaine de pièces finement moulées, il permet de réaliser un diorama original de batterie de projecteurs de la Flak, par exemple associé à un projecteur de 150 cm et à sa remorque Sd.Ah. 104. Les walk-arounds de Maquetland (La Nouvelle-Orléans et Novion) sont une aide idéale pour les détails et la peinture.
Fiche technique
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Caractéristique
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Valeur
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Désignation
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Ringtrichter-Richtungshörer (RRH), dit « Horchgerät »
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Rôle
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Détection acoustique d'avions, guidage des projecteurs de DCA
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Équipage
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2 opérateurs d'écoute (azimut et site), souvent assistés d'un lecteur/transmetteur
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Cornets
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4, disposés en croix sur une structure annulaire
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Base acoustique
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135 cm (selon le renseignement américain de 1943)
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Débattement
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360° en azimut, de 0° à 108° en site
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Précision théorique
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Environ 0,5° à 2° selon les sources
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Portée
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Environ 5 à 12 km (4 à 15 km selon certaines sources), très dépendante des conditions
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Transport
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Remorque Sd.Ah. 104
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Effectifs en service
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Plus de 5 500 exemplaires en 1944
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