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Rome Rione Pigna Panthéon Exterieur



Rome  Rione Pigna Panthéon Exterieur
English Translation
Rione Roma
 

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Le Panthéon de Rome
 
Localisation
Piazza della Rotonda, Rome (Champ de Mars)
Construction d'origine
Marcus Agrippa, entre 27 et 25 av. J.-C.
Édifice actuel
Reconstruction sous l'empereur Hadrien, entre 118 et 125 apr. J.-C.
Architecte présumé
Apollodore de Damas
Fonction actuelle
Église catholique, Sancta Maria ad Martyres (depuis 609)
Composition
Pronaos, porte de bronze, rotonde coiffée d'une coupole
Matériau clé
Béton romain (opus caementicium) à granulats variables
Sur la place
Fontana del Pantheon et obélisque Macuteo (granit rose, époque de Ramsès II)

 
Présentation générale
Le Panthéon de Rome, situé piazza della Rotonda au cœur du Champ de Mars, est l'un des monuments les mieux conservés de l'Antiquité romaine. Son nom, d'origine grecque, signifie « à tous les dieux » : le temple était à l'origine consacré à l'ensemble des divinités romaines, avant d'être converti en église chrétienne au VIIe siècle sous le nom de Sancta Maria ad Martyres — une conversion qui explique en grande partie l'exceptionnel état de conservation de l'édifice, resté en usage continu depuis près de deux mille ans.
Le bâtiment se compose de trois éléments distincts : un pronaos à colonnade et fronton triangulaire, qui reprend le schéma classique des temples grecs ; un bâtiment de transition, orné de marbre et fermé par une immense porte de bronze ; et une vaste rotonde circulaire coiffée d'une coupole hémisphérique, la partie la plus spectaculaire et la plus originale du monument. Devant l'édifice s'étend la piazza della Rotonda, animée par une fontaine surmontée d'un obélisque égyptien.
Trois temples successifs
Le Panthéon que l'on visite aujourd'hui n'est pas le premier édifice construit sur ce site.

Un premier temple fut élevé par Marcus Agrippa,(en rouge) gendre et lieutenant de l'empereur Auguste, entre 27 et 25 av. J.-C., sur le modèle des sanctuaires hellénistiques dédiés aux douze dieux de l'Olympe. Ce premier temple fut détruit par un incendie en 80 apr. J.-C., sous le règne de Titus. L'empereur Domitien le fit reconstruire, mais l'édifice brûla une seconde fois en 110, sous Trajan.
C'est finalement Hadrien qui entreprit, entre 118 et 125 apr. J.-C., la reconstruction complète du temple selon les plans que l'on connaît aujourd'hui, en changeant notamment l'orientation de la façade, désormais tournée vers le nord. Fidèle à sa pratique de dédier les monuments reconstruits à leur bâtisseur d'origine,
Hadrien fit graver sur le fronton l'inscription latine « M. AGRIPPA L. F. COS TERTIVM FECIT » (« Marcus Agrippa, fils de Lucius, consul pour la troisième fois, l'a fait construire »), attribuant ainsi l'édifice à Agrippa bien que la construction visible aujourd'hui soit presque entièrement l'œuvre d'Hadrien. Une restauration ultérieure, effectuée par les empereurs Septime Sévère et Caracalla en 202 apr. J.-C., est mentionnée par une inscription secondaire, plus discrète, sous la dédicace principale.
Le pronaos : un temple grec en façade
Le pronaos, ou porche d'entrée, mesure environ 33 mètres de large pour 15,5 mètres de profondeur. Il est surélevé par un podium d'1,3 mètre et se compose de seize colonnes corinthiennes hautes de plus de 14 mètres, dont le fût monolithe est en granite égyptien — rose pour les colonnes centrales, gris pour les colonnes d'angle — surmonté de chapiteaux et de bases en marbre blanc grec. Cette colonnade délimite trois nefs : la nef centrale conduit à la grande porte de bronze du temple, tandis que les deux nefs latérales ouvrent sur des niches en demi-cercle qui abritaient probablement les statues d'Auguste et d'Agrippa.
La porte de bronze 
Rome Rione Pigna Panthéon Portes Bronze
Le pronaos débouche sur un bâtiment de transition fermé par une porte de bronze colossale, qui ferme l'entrée de la rotonde. Composée de deux vantaux mesurant environ 7,53 mètres de hauteur pour 4,45 mètres de largeur, et pesant chacun plus de 8 tonnes, elle est considérée comme la plus grande porte de l'Antiquité parvenue jusqu'à nous — l'une des rares à demeurer en place et en état de fonctionnement sur son site d'origine, près de dix-neuf siècles après sa fabrication.
Un fait retient l'attention des historiens : les proportions de la porte ne correspondent pas exactement à celles de l'embrasure qui l'accueille aujourd'hui. Cette anomalie a conduit certains chercheurs à supposer que les vantaux proviendraient d'un autre édifice antique. Une hypothèse proposée en 1997 par l'archéologue allemand Gottfried Gruben avance qu'elle aurait été récupérée sur les vestiges du premier Panthéon, celui construit par Agrippa, puis réemployée par les architectes d'Hadrien. La porte, en tout cas, échappa aux prélèvements de bronze qui frappèrent d'autres parties du monument au fil des siècles, notamment sous le pontificat d'Urbain VIII Barberini.
La rotonde et sa coupole
Rome Rione Pigna Panthéon Coupole
Passé la porte de bronze, le visiteur pénètre dans la rotonde, une salle circulaire de près de 43,30 mètres de diamètre intérieur, coiffée d'une coupole hémisphérique de mêmes proportions : la hauteur du cylindre qui la porte est exactement égale au rayon de la voûte, de sorte que l'ensemble s'inscrit dans une sphère parfaite. Le mur circulaire qui porte cette coupole atteint près de 58 mètres de diamètre extérieur ; il est formé d'une double paroi de plus de 6 mètres d'épaisseur, qui remplit une double fonction : décorer intérieurement la cella de niches et de colonnes, et supporter le poids considérable de la voûte.
Cette coupole demeure, près de deux mille ans après sa construction, la plus grande coupole en béton non armé jamais réalisée — plus vaste que celles du Duomo de Florence, de Sainte-Sophie d'Istanbul ou de Saint-Pierre de Rome. Sa face intérieure est creusée de 140 caissons carrés à profondeur décroissante, répartis sur cinq anneaux concentriques, qui l'allègent tout en la décorant ; leur centre aurait à l'origine porté une rosette de bronze.
L'opus caementicium : le béton romain
La prouesse technique de la coupole repose avant tout sur la maîtrise d'un matériau : l'opus caementicium, l'ancêtre du béton moderne. Il s'agit d'un mortier coulé, composé de chaux, d'eau et de granulats (caementa) — fragments de pierre, de brique ou de tuf — que les Romains coulaient par couches successives dans des coffrages de bois soutenus par des échafaudages, chaque couche devant sécher avant que la suivante ne soit versée.

 
Ce qui distingue la mise en œuvre du Panthéon, c'est la variation savante de la nature des granulats selon la hauteur et la fonction structurelle de chaque partie. À la base du mur et dans les premiers anneaux de la coupole, le béton est mélangé à des éclats de tuf lourd, de travertin et de brique concassée, pour leur solidité. Dans les anneaux supérieurs, il s'allège progressivement grâce à la pouzzolane, puis, tout en haut de la coupole, grâce à la pierre ponce, une roche volcanique très poreuse qui peut représenter jusqu'à 80 % des granulats employés à cet endroit. L'épaisseur de la voûte diminue elle-même avec la hauteur, passant d'environ 5,90 mètres à la base à seulement 1,5 mètre au niveau de l'oculus. Cette gradation permettait d'alléger la partie haute de la structure — la plus exposée au risque d'effondrement — sans sacrifier la résistance des parties portantes, sur un sol par ailleurs marécageux. La technique exacte de mise en œuvre du coffrage de la coupole reste débattue par les chercheurs, faute de sources antiques décrivant précisément le chantier.
L'oculus, unique source de lumière
Au centre de la coupole s'ouvre l'oculus, un disque d'environ 8,90 mètres de diamètre cerclé de bronze pour en renforcer les bords. C'est la seule source de lumière directe de tout l'édifice, l'entrée de la cella étant orientée au nord et protégée par le pronaos. Le rayon de soleil qui en descend dessine sur les parois et le sol un ovale lumineux qui se déplace lentement au fil de la journée. L'oculus laisse également pénétrer la pluie : pour l'évacuer, le dallage de la rotonde est légèrement convexe et percé d'une vingtaine de petits orifices de drainage reliés à un réseau de canalisations situé sous le sol.
Le sol et le décor intérieur
Rome Rione Pigna Panthéon Intérieur
Le sol de la rotonde, remarquablement bien conservé, est réalisé en opus sectile, une marqueterie de dalles de pierres colorées — marbre jaune, marbre gris veiné dit pavonazzetto, porphyre rouge et granite gris — assemblées selon un quadrillage où alternent motifs carrés et circulaires. Tout autour de la salle, des niches encadrées de colonnes et de pilastres en marbre rythment la paroi ; elles abritaient à l'origine les statues des divinités auxquelles le temple était consacré, et accueillent aujourd'hui des chapelles ainsi que plusieurs tombeaux célèbres, dont ceux du peintre Raphaël et des rois d'Italie Victor-Emmanuel II et Humbert Ier.
D'un temple païen à une église
Fermé au culte païen au IVe siècle, le Panthéon fut offert en 609 par l'empereur byzantin Phocas au pape Boniface IV, qui le consacra en église sous le vocable de Sancta Maria ad Martyres. Cette conversion sauva le monument des destructions qui ruinèrent la plupart des grands édifices païens de Rome durant le haut Moyen Âge, même si certains prélèvements se poursuivirent : au VIIe siècle, l'empereur byzantin Constant II fit démonter les tuiles de bronze doré de la coupole ; au XVIIe siècle, le pape Urbain VIII Barberini fit fondre les bronzes du plafond du pronaos, un épisode resté célèbre sous la formule ironique « quod non fecerunt barbari, fecerunt Barberini ».
 La place et l'obélisque Macuteo
Rome Rione Pigna Panthéon Piazza delle Rotonda
Devant le portique du Panthéon s'étend la piazza della Rotonda, dégagée des échoppes médiévales qui l'encombraient sur ordre du pape Eugène IV au XVe siècle. En son centre se dresse la Fontana del Pantheon, commandée par le pape Grégoire XIII et dessinée par l'architecte Giacomo della Porta en 1575 : à l'origine, elle ne comportait qu'un simple bassin de marbre à quatre lobes, sculpté par Leonardo Sormani et orné de mascarons.
En 1711, le pape Clément XI chargea l'architecte Filippo Barigioni de remanier la fontaine : un piédestal baroque, décoré de rochers et de dauphins, fut ajouté au centre du bassin pour y dresser un obélisque égyptien en granit rose, haut d'environ 6,34 mètres (14,52 mètres avec son piédestal), et portant sur son pyramidion les cartouches du pharaon Ramsès II. Taillé à l'origine pour le temple de Rê à Héliopolis, cet obélisque avait été transporté à Rome dans l'Antiquité, probablement sous le règne de Domitien, pour orner l'Iseum Campense, le sanctuaire dédié à la déesse égyptienne Isis situé non loin du Panthéon. Redécouvert en 1374 sous l'abside de l'église Sainte-Marie-sur-Minerve, il fut dressé au milieu du XVe siècle sur la petite piazza San Macuto voisine — d'où son nom d'obélisque Macuteo — avant d'être déplacé sur la piazza della Rotonda en 1711, où il se trouve toujours aujourd'hui, face à la porte de bronze du temple.
 
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