Rome Rione Pigna Panthéon Coupole









Rome  Rione Pigna Panthéon Exterieur Coupole

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Rione Roma
 

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Rione Pigna R IX

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La plus grande coupole en béton non armé de l'Antiquité

 

Monument

Panthéon de Rome, piazza della Rotonda

Époque de construction

Reconstruction sous Hadrien, achevée vers 125 apr. J.-C.

Forme

Salle circulaire (cella) coiffée d'une coupole hémisphérique

Diamètre intérieur

Environ 43,30 m, identique à la hauteur du sol à l'oculus

Diamètre extérieur du mur

Environ 58 m, avec une double paroi de plus de 6 m d'épaisseur

Oculus

Ouverture circulaire au sommet, environ 8,90 m de diamètre, seule source de lumière directe

Matériau

Béton romain (opus caementicium) à granulats variables, parementé de brique

Particularité

Plus grande coupole en béton non armé jamais construite


 

1. Présentation générale

La rotonde constitue le cœur du Panthéon de Rome : une salle circulaire immense, appelée cella dans le vocabulaire des temples romains, surmontée d'une coupole d'une ampleur inédite pour l'époque de sa construction. L'ensemble a été conçu selon une géométrie d'une extrême rigueur : la voûte s'inscrit dans une sphère parfaite de 150 pieds romains, soit environ 43,30 mètres de diamètre, et la hauteur du cylindre qui porte la coupole est égale au rayon de cette même sphère. Autrement dit, si l'on imagine une boule de 43,30 mètres de diamètre posée au centre du sol de la rotonde, elle toucherait exactement le sommet de la coupole, la base des murs et l'anneau de l'oculus une prouesse de proportion voulue par les architectes d'Hadrien.Le mur circulaire qui porte cette coupole atteint près de 58 mètres de diamètre extérieur. Il est en réalité formé d'une double paroi de plus de 6 mètres d'épaisseur, qui remplit une double fonction : décorer intérieurement la cella de niches et de colonnes, et supporter le poids considérable de la voûte.
 La coupole : une prouesse technique en béton
La coupole du Panthéon reste, encore aujourd'hui, la plus grande coupole en béton non armé jamais construite  plus vaste que celles du Duomo de Florence, de Sainte-Sophie d'Istanbul ou de Saint-Pierre de Rome. Sa réalisation témoigne d'une connaissance approfondie de la résistance des matériaux chez les architectes romains, qui ont dû résoudre le problème des poussées considérables exercées par une voûte de plusieurs milliers de tonnes, construite de surcroît sur un sol marécageux.
Pour alléger la structure sans la fragiliser, les bâtisseurs ont fait varier la composition du béton (opus caementicium) selon la hauteur :

 

Opus caementicium est le terme latin qui désigne le béton romain, la technique de construction utilisée notamment pour la coupole et les murs du Panthéon.

Concrètement, il s'agit d'un mélange coulé (et non moulé comme le béton moderne armé) composé de :

  • chaux comme liant
  • eau
  • des granulats (caementa) — fragments de pierre, de brique ou de tuf, dont la nature et le poids varient selon l'usage

Ce qui distingue l'opus caementicium romain, c'est que les bâtisseurs faisaient varier la nature des granulats selon la fonction et la position dans l'édifice : pierres lourdes et denses (travertin, tuf compact) dans les fondations et la base des murs pour la résistance, puis granulats de plus en plus légers en montant — tuf léger, pouzzolane, et enfin pierre ponce quasi poreuse au sommet de la coupole — afin d'alléger la structure sans la fragiliser. C'est cette maîtrise du matériau, coulé par couches successives dans des coffrages de bois, qui a permis aux Romains de construire une coupole de cette envergure sans qu'elle ne s'effondre sous son propre poids — une prouesse que personne n'a égalée en béton non armé depuis.


A la base du mur et dans les premiers anneaux de la coupole, le béton est mélangé à des éclats de tuf lourd, de travertin et de brique concassée
Dans les anneaux supérieurs, il s'allège progressivement grâce à la pouzzolane
Tout en haut de la coupole, grâce à la pierre ponce, qui peut représenter jusqu'à 80 % des granulats employés. L'épaisseur de la voûte diminue elle aussi avec la hauteur, passant d'environ 5,90 mètres à la base à seulement 1,5 mètre au niveau de l'oculus.
Deux autres dispositifs contribuent à cet allègement : les 140 caissons carrés à profondeur décroissante, répartis sur cinq anneaux concentriques, qui creusent la face intérieure de la coupole tout en la décorant leur centre aurait à l'origine porté une rosette de bronze  et l'oculus lui-même, qui supprime la matière au point de plus grande poussée, au sommet de la voûte. La technique exacte de mise en œuvre du coffrage reste débattue par les chercheurs, en l'absence de sources antiques décrivant précisément le chantier.

L'oculus, unique source de lumière
Au centre de la coupole s'ouvre l'oculus, un disque d'environ 8,90 mètres de diamètre cerclé de bronze pour en renforcer les bords. C'est la seule source de lumière directe de tout l'édifice, l'entrée de la cella étant orientée au nord et protégée par le pronaos. Le rayon de soleil qui en descend dessine sur les parois et le sol un ovale lumineux qui se déplace lentement au fil de la journée, selon la course du soleil  un dispositif que l'on retrouvait couramment dans les thermes romains, mais qui était inédit dans l'architecture des temples.
L'oculus laisse également pénétrer la pluie : pour l'évacuer, le dallage de la rotonde est légèrement convexe, avec une surélévation d'environ 30 centimètres à deux mètres du centre, et percé d'une vingtaine de petits orifices de drainage reliés à un réseau de canalisations situé sous le sol.

Le sol et le décor intérieur
Le sol de la rotonde, remarquablement bien conservé, est réalisé en opus sectile, une marqueterie de dalles de pierres colorées  marbre jaune, marbre gris veiné dit pavonazzetto, porphyre rouge et granite gris  assemblées selon un quadrillage où alternent motifs carrés et circulaires. Tout autour de la salle, des niches encadrées de colonnes et de pilastres en marbre rythment la paroi ; elles abritaient à l'origine les statues des divinités auxquelles le temple était consacré, et accueillent aujourd'hui des chapelles ainsi que plusieurs tombeaux célèbres.

 D'un temple à tous les dieux à une église
C'est la conversion de l'édifice en église chrétienne, au VIIe siècle, sous le nom de Sancta Maria ad Martyres, qui a permis à la rotonde de traverser les siècles avec si peu d'altérations, échappant aux destructions qui frappèrent la plupart des monuments païens de la Rome antique. Les niches, transformées en chapelles, abritent aujourd'hui notamment les tombeaux des rois d'Italie Victor-Emmanuel II et Humbert Ier, ainsi que celui du peintre Raphaël. Au XVIIIe siècle, l'architecte Luigi Vanvitelli modifia le décor intérieur en occultant par de fausses fenêtres les ouvertures qui existaient sous la coupole, une intervention qui affaiblit certains arcs de décharge de la structure, comme le révélèrent des fissures observées lors de fouilles menées à la fin du XIXe siècle.

   


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