
Article fait par :Claude Balmefrezol
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Hygiène Beauté Loupian 2026
Recherches faites avec IA ainsi que les tableaux qui ont été générés sur mes indications
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Crèmes, onguents et parfums : la beauté à la romaine
Ce que nous a appris un stand de reconstitution, et comment refaire ces soins chez soi
Sur un stand des Augustales, des animatrices en tunique reconstituaient toute la chaîne de la beauté romaine : matières premières, fards, parfums à l'huile et outils de toilette. Voici ce qu'on y voyait, ce que racontaient les textes exposés, et quatre recettes que l'on peut refaire aujourd'hui sans danger.
Préssent sur le stand
Les identifications marquées « probablement » sont faites d'après photo ; les autres viennent des étiquettes du stand.
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Élément |
Famille |
Usage dans l'Antiquité |
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Rosa damascena et Rosa gallica (photos, pétales séchés) |
Fleurs |
Base du rhodinon, l'huile parfumée à la rose |
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Fioles Rose, Jasmin, Lavande, Romarin (lécythes) |
Huiles parfumées |
Parfums par macération de plantes dans l'huile |
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Résines en larmes claires et morceaux ambrés (probablement oliban et myrrhe) |
Résines |
Encens, fixateurs de parfum, onguents |
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Copeaux de bois clair |
Bois aromatique |
Parfums secs, poudres odorantes |
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Cannelle, thym, graines (fenugrec ou cardamome) |
Aromates |
Parfums, soins, remèdes |
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Musc (flacon « MVSC ») |
Matière animale |
Note de fond des parfums de luxe |
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Pierre cristalline dans un panier (probablement alun) |
Minéral |
Déodorant, astringent |
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Rayons de miel et cire |
Produits de la ruche |
Liant des onguents et du cérat |
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Céruse, craie, kaolin |
Poudres blanches |
Teint pâle, très recherché |
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Ocre, vermillon, coquelicot, kaolin ocre |
Poudres rouges |
Fard à joues et à lèvres |
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Orcanette |
Racine tinctoriale |
Rouge végétal pour lèvres et pommades |
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Malachite sur palette de marbre, spatules en bronze |
Pigment et outils |
Fard vert pour les yeux, broyé sur la pierre |
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Coquilles d'escargot et poudre de coquille |
Matière calcaire |
Poudre abrasive ou blanchissante |
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Strigiles, éponges, pierre ponce |
Bain |
Racler l'huile et la sueur, frotter la peau |
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Noix |
Teinture |
Brou de noix pour foncer les cheveux |
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Peignes (buis, os, bronze), épingles en os |
Coiffure |
Démêler, fixer les chignons |
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Trousse en bronze (pince, cure-oreille, cure-ongles) |
Toilette |
Épilation et hygiène |
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Mortiers (pierre, bronze), lampe à huile |
Matériel |
Broyer, chauffer, éclairer |
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Résines, bois aromatiques et pétales en boîtes |
Mortier, pierre d'alun et flacon de musc |
| Le coffret à fards : céruse, craie, kaolin, coquelicot, orcanette, ermillon, ocre | Palette de marbre, malachite et spatules ; rayons de cire, poudre de coquilles d'escargot |
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Éponges, pierre ponce, strigile et noix Peignes en buis, en os et en bronze, trousse de toilette |
| Les deux rouleaux : la recette de Dioscoride et le poème attribué à Bilitis |
Le premier rouleau donne la recette du parfum à la rose tirée du De materia medica de Dioscoride, médecin grec du Ier siècle. C'est une huile parfumée, pas un parfum à l'alcool : l'alcool distillé n'existait pas encore.
Piler du jonc odorant (environ 1,9 kg), le cuire dans l'eau en remuant, filtrer, et mélanger le liquide à environ 6,7 kg d'huile.
Plonger mille pétales de roses bien secs (non humides) dans cette huile.
Se frotter les mains de miel parfumé, remuer et presser doucement les pétales.
Laisser reposer une nuit ; quand le dépôt est tombé, verser l'huile dans un vase enduit de miel.
Presser les pétales usés dans une bassine, les arroser d'environ 2,7 kg d'huile épaissie et presser à nouveau pour une seconde qualité.
Le principe à retenir : l'huile capte l'odeur des fleurs, et on recommence avec des pétales frais pour l'intensifier. C'est l'ancêtre de l'enfleurage.
Le second rouleau est signé Bilitis, « VIe siècle av. J.-C. ». C'est un joli clin d'œil, mais un faux célèbre : Les Chansons de Bilitis ont été écrites en 1894 par Pierre Louÿs, qui les présentait comme la traduction d'une poétesse grecque inventée. Le poème reste une bonne liste d'ingrédients antiques réels : nard, menthe, marjolaine, liqueur de rose.
| Les lécythes de près, avec la fiole de rose |
Quatre soins à refaire chez soi
Ces recettes reprennent les ingrédients sûrs du stand, en petites quantités. Utilisez des roses non traitées et faites un test au pli du coude 24 heures avant.
La base de tout le reste.
100 ml d'huile d'olive douce ou d'amande douce
2 à 3 poignées de pétales de rose bien secs
Mettre les pétales dans un bocal et les couvrir d'huile.
Chauffer au bain-marie très doux (sans dépasser 50 °C) pendant 1 à 2 heures, ou laisser 2 semaines au soleil en secouant chaque jour.
Filtrer dans un linge en pressant bien.
Pour une odeur plus forte, recommencer avec des pétales frais dans la même huile, comme chez Dioscoride.
Galien, médecin du IIe siècle, mélangeait cire, huile de rose et eau de rose : la crème rafraîchit la peau quand l'eau s'évapore. Tous les « cold creams » modernes en descendent.
10 g de cire d'abeille
40 g d'huile de rose (recette 1)
25 ml d'eau de rose
Faire fondre la cire dans l'huile au bain-marie.
Tiédir l'eau de rose à la même température.
Hors du feu, verser l'eau goutte à goutte en fouettant sans arrêt jusqu'à refroidissement : la crème blanchit et épaissit.
Sans conservateur, elle se garde 1 à 2 semaines au réfrigérateur.
L'orcanette donnait le rouge végétal des lèvres, sans le danger du vermillon.
5 g de racine d'orcanette (herboristerie)
20 g d'huile d'olive
5 g de cire d'abeille
1 cuillère à café de miel (facultatif)
Faire macérer l'orcanette dans l'huile au bain-marie 30 minutes : l'huile devient rouge sombre.
Filtrer, ajouter la cire, faire fondre, puis le miel en remuant.
Couler dans un petit pot. Plus il y a d'orcanette, plus le rouge est soutenu.
Ovide décrit dans Les Fards (Medicamina faciei femineae) un masque à base d'orge, d'œufs et de miel. Version simplifiée :
Masque : 2 cuillères à soupe de farine d'orge, 1 jaune d'œuf, 1 cuillère à café de miel. 10 minutes sur le visage, rincer à l'eau tiède.
Gommage : 2 cuillères à soupe de sucre ou de sel fin dans un peu d'huile de rose ; masser puis retirer avec une éponge naturelle, comme le faisait le strigile.
Pierre d'alun : humidifiée, elle s'utilise toujours comme déodorant, exactement comme dans l'Antiquité.
Bonus cuisine : l'épityrum du mortier
| La pâte d'olives pilée au mortier en terre cuite | Olives vertes dénoyautées et coriandre fraîche |
La pâte d'olives vertes broyée au mortier est très probablement l'épityrum, que Caton l'Ancien décrit dans son traité d'agriculture (IIe siècle av. J.-C.). C'est l'ancêtre de nos tapenades.
200 g d'olives vertes dénoyautées
1 petit bouquet de coriandre fraîche (plus un peu de menthe si on veut)
1 cuillère à café de graines de cumin ou de fenouil
2 cuillères à soupe d'huile d'olive
1 cuillère à soupe de vinaigre
Hacher grossièrement les olives et les herbes.
Piler le tout au mortier avec les graines, en ajoutant l'huile et le vinaigre petit à petit : on garde des morceaux.
Servir sur du pain, comme au stand. Couverte d'huile dans un bocal, elle se garde quelques jours au frais.
Plusieurs fards du coffret étaient des poisons : ils sont là pour l'exposition, pas pour la peau.
Autres réflexes : pas d'huiles essentielles pures sur la peau, pas de cosmétique maison pour les jeunes enfants, et tout produit contenant de l'eau se jette au moindre changement d'odeur.
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Produit |
Danger |
Remplacement sûr |
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Céruse (blanc de plomb) |
Plomb, toxique même à petite dose |
Kaolin ou craie |
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Vermillon (cinabre) |
Sulfure de mercure |
Orcanette ou betterave |
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Malachite broyée |
Cuivre, irritant pour les yeux |
Pas d'usage sur les yeux |
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Musc animal |
Interdit à la vente, issu du chevrotin |
Musc synthétique |