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Rome Hygiène Beauté Loupian 2026

Article fait par :Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 07/11/2026 à 08:09:56



Hygiène Beauté Loupian 2026

Recherches faites avec IA ainsi que les tableaux qui ont été générés sur mes indications  

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Rome Hygiene et Beauté Crèmes, onguents et parfums : la beauté à la romaine


Introduction
Dans la Rome antique, l'hygiène et la beauté relevaient à la fois du soin du corps, du statut social et d'un véritable devoir civique (cultus) pour montrer la supériorité de la civilisation romaine.
1. Les thermes et le rituel du bain
Les thermes (bains publics) : Lieux incontournables de la vie quotidienne et sociale, les citoyens s'y rendaient très régulièrement. Le parcours type incluait un passage par le vestiaire (apodyterium), une salle tiède (tepidarium), une salle chaude (caldarium), une étuve sèche (laconicum), puis un bain froid (frigidarium). 
Le nettoyage sans savon : Le savon solide pour la toilette était peu utilisé (souvent réservé à la lessive ou mentionné tardivement par Galien). À la place, les Romains s'enduisaient d'huiles parfumées, puis raclaient leur peau à l'aide d'un instrument incurvé en métal ou en corne appelé le strigile pour retirer la sueur, la poussière et les impuretés.
Les bains de luxe : Les femmes riches s'offraient des bains de lait réputés pour adoucir la peau, comme le lait d'ânesse attribué à Poppée ou le lait d'amande douce pour d'autres. 
Soins de la peau, maquillage et parfum
Cosmétiques et soins : Les Romaines utilisaient des crèmes, des masques à base de farines, de miel ou de laitages, ainsi que des onguents conservés dans de petits pots de verre soufflé ou de pierre. 
Le maquillage : Le teint pâle était très recherché (obtenu parfois avec de la céruse, un composé de plomb, bien que toxique). Les yeux et les sourcils étaient assombris avec du kohl ou des pigments écrasés, et les lèvres ou les joues rehaussées de rouges naturels.
L’épilation et la coiffure : L'épilation corporelle était largement pratiquée par les hommes et les femmes (à la pince, avec des résines ou aux thermes). Les cheveux faisaient l'objet d'élaborations complexes chez les femmes, ou étaient coupés court avec des rasoirs en bronze pour les hommes. 
Hygiène bucco-dentaire et petits accessoires
Dentifrices antiques : On prenait grand soin des dents et de l'haleine. Les médecins et auteurs (comme Scribonius Largus) décrivent des poudres dentifrices à base de sel minéral, de vinaigre, de miel brûlé, de pierre ponce ou de cendres pour blanchir et assainir la bouche. 
Nécessaire de toilette personnel : Les Romains voyageaient ou se déplaçaient avec des trousses miniatures contenant des cure-oreilles (auriscalpia), des cure-ongles et des pinces à épiler attachés à un porte-clés

Crèmes, onguents et parfums : la beauté à la romaine

Ce que nous a appris un stand de reconstitution, et comment refaire ces soins chez soi
Sur un stand des Augustales, des animatrices en tunique reconstituaient toute la chaîne de la beauté romaine : matières premières, fards, parfums à l'huile et outils de toilette. Voici ce qu'on y voyait, ce que racontaient les textes exposés, et quatre recettes que l'on peut refaire aujourd'hui sans danger.
 
Préssent sur le
 stand

Les identifications marquées « probablement » sont faites d'après photo ; les autres viennent des étiquettes du stand.

Élément

Famille

Usage dans l'Antiquité

Rosa damascena et Rosa gallica (photos, pétales séchés)

Fleurs

Base du rhodinon, l'huile parfumée à la rose

Fioles Rose, Jasmin, Lavande, Romarin (lécythes)

Huiles parfumées

Parfums par macération de plantes dans l'huile

Résines en larmes claires et morceaux ambrés (probablement oliban et myrrhe)

Résines

Encens, fixateurs de parfum, onguents

Copeaux de bois clair

Bois aromatique

Parfums secs, poudres odorantes

Cannelle, thym, graines (fenugrec ou cardamome)

Aromates

Parfums, soins, remèdes

Musc (flacon « MVSC »)

Matière animale

Note de fond des parfums de luxe

Pierre cristalline dans un panier (probablement alun)

Minéral

Déodorant, astringent

Rayons de miel et cire

Produits de la ruche

Liant des onguents et du cérat

Céruse, craie, kaolin

Poudres blanches

Teint pâle, très recherché

Ocre, vermillon, coquelicot, kaolin ocre

Poudres rouges

Fard à joues et à lèvres

Orcanette

Racine tinctoriale

Rouge végétal pour lèvres et pommades

Malachite sur palette de marbre, spatules en bronze

Pigment et outils

Fard vert pour les yeux, broyé sur la pierre

Coquilles d'escargot et poudre de coquille

Matière calcaire

Poudre abrasive ou blanchissante

Strigiles, éponges, pierre ponce

Bain

Racler l'huile et la sueur, frotter la peau

Noix

Teinture

Brou de noix pour foncer les cheveux

Peignes (buis, os, bronze), épingles en os

Coiffure

Démêler, fixer les chignons

Trousse en bronze (pince, cure-oreille, cure-ongles)

Toilette

Épilation et hygiène

Mortiers (pierre, bronze), lampe à huile

Matériel

Broyer, chauffer, éclairer


 

Les matières premières

 

Résines, bois aromatiques et pétales en boîtes

 

Mortier, pierre d'alun et flacon de musc


 

Les fards

Le coffret à fards : céruse, craie, kaolin, coquelicot, orcanette, ermillon, ocre Palette de marbre, malachite et spatules ; rayons de cire, poudre de coquilles d'escargot

 

 

La toilette et la coiffure

Éponges, pierre ponce, strigile et noix

Peignes en buis, en os et en bronze, trousse de toilette


 

Les deux parchemins

Les deux rouleaux : la recette de Dioscoride et le poème attribué à Bilitis

 

 

Le rhodinon de Dioscoride

Le premier rouleau donne la recette du parfum à la rose tirée du De materia medica de Dioscoride, médecin grec du Ier siècle. C'est une huile parfumée, pas un parfum à l'alcool : l'alcool distillé n'existait pas encore.

  1. Piler du jonc odorant (environ 1,9 kg), le cuire dans l'eau en remuant, filtrer, et mélanger le liquide à environ 6,7 kg d'huile.

  2. Plonger mille pétales de roses bien secs (non humides) dans cette huile.

  3. Se frotter les mains de miel parfumé, remuer et presser doucement les pétales.

  4. Laisser reposer une nuit ; quand le dépôt est tombé, verser l'huile dans un vase enduit de miel.

  5. Presser les pétales usés dans une bassine, les arroser d'environ 2,7 kg d'huile épaissie et presser à nouveau pour une seconde qualité.

Le principe à retenir : l'huile capte l'odeur des fleurs, et on recommence avec des pétales frais pour l'intensifier. C'est l'ancêtre de l'enfleurage.

Le poème « de Bilitis »

Le second rouleau est signé Bilitis, « VIe siècle av. J.-C. ». C'est un joli clin d'œil, mais un faux célèbre : Les Chansons de Bilitis ont été écrites en 1894 par Pierre Louÿs, qui les présentait comme la traduction d'une poétesse grecque inventée. Le poème reste une bonne liste d'ingrédients antiques réels : nard, menthe, marjolaine, liqueur de rose.

Les lécythes de près, avec la fiole de rose

 

Quatre soins à refaire chez soi

Ces recettes reprennent les ingrédients sûrs du stand, en petites quantités. Utilisez des roses non traitées et faites un test au pli du coude 24 heures avant.

1. Huile de rose (rhodinon simplifié)

La base de tout le reste.

  1. Mettre les pétales dans un bocal et les couvrir d'huile.

  2. Chauffer au bain-marie très doux (sans dépasser 50 °C) pendant 1 à 2 heures, ou laisser 2 semaines au soleil en secouant chaque jour.

  3. Filtrer dans un linge en pressant bien.

  4. Pour une odeur plus forte, recommencer avec des pétales frais dans la même huile, comme chez Dioscoride.

2. Cérat de Galien, l'ancêtre du « cold cream »

Galien, médecin du IIe siècle, mélangeait cire, huile de rose et eau de rose : la crème rafraîchit la peau quand l'eau s'évapore. Tous les « cold creams » modernes en descendent.

  1. Faire fondre la cire dans l'huile au bain-marie.

  2. Tiédir l'eau de rose à la même température.

  3. Hors du feu, verser l'eau goutte à goutte en fouettant sans arrêt jusqu'à refroidissement : la crème blanchit et épaissit.

  4. Sans conservateur, elle se garde 1 à 2 semaines au réfrigérateur.

3. Baume rouge à l'orcanette

L'orcanette donnait le rouge végétal des lèvres, sans le danger du vermillon.

  1. Faire macérer l'orcanette dans l'huile au bain-marie 30 minutes : l'huile devient rouge sombre.

  2. Filtrer, ajouter la cire, faire fondre, puis le miel en remuant.

  3. Couler dans un petit pot. Plus il y a d'orcanette, plus le rouge est soutenu.

4. Masque et gommage du bain

Ovide décrit dans Les Fards (Medicamina faciei femineae) un masque à base d'orge, d'œufs et de miel. Version simplifiée :

La pâte d'olives vertes broyée au mortier est très probablement l'épityrum, que Caton l'Ancien décrit dans son traité d'agriculture (IIe siècle av. J.-C.). C'est l'ancêtre de nos tapenades.

  1. Hacher grossièrement les olives et les herbes.

  2. Piler le tout au mortier avec les graines, en ajoutant l'huile et le vinaigre petit à petit : on garde des morceaux.

  3. Servir sur du pain, comme au stand. Couverte d'huile dans un bocal, elle se garde quelques jours au frais.

Attention  Danger À ne pas reproduire

Plusieurs fards du coffret étaient des poisons : ils sont là pour l'exposition, pas pour la peau.

Autres réflexes : pas d'huiles essentielles pures sur la peau, pas de cosmétique maison pour les jeunes enfants, et tout produit contenant de l'eau se jette au moindre changement d'odeur.

 

Produit

Danger

Remplacement sûr

Céruse (blanc de plomb)

Plomb, toxique même à petite dose

Kaolin ou craie

Vermillon (cinabre)

Sulfure de mercure

Orcanette ou betterave

Malachite broyée

Cuivre, irritant pour les yeux

Pas d'usage sur les yeux

Musc animal

Interdit à la vente, issu du chevrotin

Musc synthétique