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Le strigile à la jeune athlète est une copie moderne et son modèle antique, conservé au British Museum
Sur un stand des Augustales, un objet doré attirait l'œil : un racloir courbe dont le manche est une petite statuette de femme. L'étiquette indiquait « Strigile (Rome) – 90 € ». Ce n'est pas une pièce antique mais une copie moderne, fidèle à un original célèbre vieux d'environ 2 300 ans.
À quoi servait un strigile ?
Le strigile (en latin strigilis, en grec stlengis) est un racloir en métal à lame creuse et courbe. Les Grecs puis les Romains ne connaissaient pas le savon tel que nous l'utilisons. Pour se laver, ils procédaient en trois temps :
Aux thermes romains, le geste était courant ; les plus riches se faisaient racler par un esclave. Strigile et aryballe étaient souvent suspendus ensemble à un anneau, la trousse de bain de l'athlète. On en déposait aussi dans les tombes, pour les hommes comme pour les femmes.
Le geste est devenu un sujet de sculpture : l'Apoxyomène (« celui qui se racle ») de Lysippe, connu par une copie romaine conservée au Vatican, montre un athlète en train de se nettoyer le bras.
L'original : un strigile de Préneste
La copie reproduit un strigile en bronze du British Museum à Londres (numéro d'inventaire 1873,0820.2), daté d'environ 300 avant J.-C. Il a été découvert à Palestrina, l'antique Préneste, dans le Latium, à une quarantaine de kilomètres de Rome, dans le sarcophage d'une femme. Le musée l'a acquis en 1873.
Préneste était réputée pour ses bronziers, qui produisaient aussi les cistes prénestines, des coffrets cylindriques gravés pour la toilette. Les ateliers mêlaient influences grecques, étrusques et latines, ce qui explique que l'objet soit parfois qualifié d'étrusque.
La jeune fille du manche
La statuette représente une jeune athlète. Selon la description du British Museum :
Certains voient plutôt dans le geste de la main droite une jeune femme qui pose une couronne de victoire sur sa tête. Dans les deux cas, l'image associe la beauté et le sport féminin, et sa présence dans la tombe d'une femme montre que l'objet lui était personnellement attaché.
Avec plus d'un kilo de bronze, l'original paraît lourd pour un usage quotidien. Il s'agissait probablement d'un objet de prestige, offert ou déposé dans la tombe de sa propriétaire.
Reconnaître une copie moderne
. Quelques indices la distinguent d'un objet antique :
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