Impression issue de Maquetland.com Le monde de la maquette | http://www.maquetland.com/article-3098-rome-militaria-les-fleches-romaines
Rome Militaria Les Fleches Romaines
Article fait par :Claude Balmefrezol
Mis en ligne le 02/11/2026 à 08:12:16

Les flèches romaines
Recherches faites avec IA ainsi que les tableaux qui ont été générés sur mes indications
Voir aussi See Also
Rome Militaria Les Sagittarii Palmyreni
Rome Militaria Les Fleches Romaines
Sagittari Palmyrenus Arles 2008
Sagittari Palmyrenus Guerres Daciques St Romain en Gall 2012
Sagittari Palmyrenus Nimes 2014
Sagittari Palmyrenus Nimes 2013
Sagittari Palmyrenus Nimes 2012
Dossier complet – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
|
Les sagittarii (singulier : sagittarius) constituaient le corps des archers de l’armée romaine. Longtemps absents des lignes de front traditionnelles, ils sont devenus indispensables pour faire face aux armées orientales.
Voici un topo complet sur ce soldat spécialisé :
1. Statut : Des auxiliaires indispensables
Dans la Rome républicaine, le tir à l'arc était perçu comme une arme "non noble" par rapport au combat au corps à corps du légionnaire. Rome n'avait pas de tradition d'archerie.
-
Le recrutement : Les archers étaient des pérégrins (des hommes libres n'ayant pas la citoyenneté romaine) intégrés dans les troupes auxiliaires (auxilia).
-
Les bassins de recrutement : Rome levait ses archers dans les régions expertes : la Crète (infanterie), la Syrie (notamment Palmyre) et la Numidie (Afrique du Nord).
-
La récompense : Après 25 ans de service, ces soldats recevaient la citoyenneté romaine pour eux et leurs enfants.
2. Équipement et Armement
Le sagittarius voyageait léger pour privilégier la mobilité :
-
L'arme principale : L'arc composite de type oriental. Fait de bois, de corne et de tendons d'animaux collés, cet arc était compact mais extrêmement puissant. Il surpassait de loin les arcs simples en bois d'Europe de l'Ouest.
-
Les munitions : Un carquois contenant des flèches dotées de pointes en fer de formes variées (triangulaires pour percer les cottes de mailles, ou barbelées pour causer un maximum de dégâts en restant coincées dans les chairs).
-
La protection : Une armure légère (généralement une cotte de mailles ou une armure d'écailles, la lorica squamata), un casque métallique simple et parfois un petit bouclier rond (parma).
-
Arme secondaire : Un poignard (pugio) ou une épée courte pour le corps à corps en dernier recours.
3. Tactique et Rôle sur le champ de bataille
Les archers romains opéraient selon deux modes de combat :
-
Les Sagittarii à pied (Infanterie) : Placés au début des combats en première ligne, ils saturaient l'ennemi de flèches pour briser ses formations et semer le chaos avant le choc des légions. Une fois les légionnaires engagés au corps à corps, les archers se repliaient derrière eux ou sur les flancs pour continuer des tirs de couverture en cloche.
-
Les Equites Sagittarii (Cavalerie) : Apparus plus tardivement (notamment pour contrer les redoutables archers à cheval Parthes), ils utilisaient des tactiques de harcèlement "tire et fuis" (hit-and-run). Ils tournaient autour de l'ennemi, tiraient à distance de sécurité et se repliaient instantanément si l'adversaire chargeait.
4. L'évolution tardive : L'intégration dans la légion
À partir du IIIe et IVe siècle apr. J.-C. (Bas-Empire), face aux invasions barbares et aux cavaleries lourdes orientales, l'armée romaine se transforme profondément. Le tir à l'arc est réhabilité. Le légionnaire romain lui-même commence à être entraîné à l'arc. Les unités de sagittarii ne sont plus seulement des auxiliaires marginaux, mais deviennent une composante centrale et hautement respectée de la puissance militaire romaine.
|
Lors d'une animation à Saint-Romain-en-Gal, un présentoir réunissait des reconstitutions de flèches romaines. En haut, il comparait les matériaux des fûts et des empennages. Plus bas, les pointes étaient classées en deux séries : les pointes à douille, codées A1 à A10, et les pointes à soie, codées B1 à B6. Chaque pointe y était identifiée par une datation, un usage et les sites archéologiques où le modèle a été retrouvé. Une planche, enfin, montrait les couleurs peintes retrouvées sur des flèches de Doura-Europos, en Syrie.
 |
| Le présentoir : plumes et fûts en haut, puis les rangées de pointes. |
Sommaire
Première partie – Le corps de la flèche
-
Les fûts de flèches
-
Les empennages
Deuxième partie – Les pointes à douille (A1 à A10)
-
A1 – Pointe droite à douille
-
A2 – Pointe pyramidale à douille
-
A3 – Pointe à barbelure à douille, dite hamatus
-
A4 – Pointe foliacée à aileron
-
A5 – Pointes foliacées à deux ailerons (a et b)
-
A6 – Pointes à trois et quatre ailerons
-
A7 – Pointe foliacée à douille
-
A8 – Pointes losangiques à douille (a et b)
-
A9 – Pointe plate à douille
-
A10 – Flèche incendiaire à douille, dite malleolus
Troisième partie – Les pointes à soie (B1 à B6)
-
Douille ou soie : le principe des pointes à soie
-
B1 – Pointe pyramidale à soie
-
B2 – Pointe à barbelure à soie, dite hamatus
-
B3 – Pointes à double aileron à soie (a et b)
-
B4 – Pointe à tête plate à soie
-
B5 – Pointe à triple aileron, dite trilobée
-
B6 – Flèche incendiaire à soie, dite malleolus
Quatrième partie – Les couleurs des flèches
Première partie – Le corps de la flèche
Les fûts de flèches
Roseau, cèdre et fûts composites – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Le fût, ou hampe, est le corps de la flèche. Il doit être droit, léger et rigide, car sa souplesse (le « spine ») doit correspondre à la puissance de l'arc. Le haut du présentoir compare trois solutions.
 |
| De gauche à droite : fût double roseau et cèdre, fûts en roseau, fûts en cèdre. |
Les fûts en roseau
Le roseau est léger, naturellement droit et creux. On reconnaît bien ses nœuds, ces renflements réguliers qui le cloisonnent. Sa légèreté donne des flèches rapides, à longue portée. Mais il est fragile à ses extrémités : il fallait le renforcer pour recevoir la pointe et l'encoche. C'est le fût habituel des pointes à soie (série B).
Les fûts en cèdre
Le bois plein est plus lourd, mais plus résistant et facile à travailler. Il supporte bien l'emmanchement d'une pointe à douille (série A). Le cèdre, aujourd'hui très utilisé par les archers traditionnels, est droit de fil et peu sujet aux déformations.
Le fût double, roseau et cèdre
C'est la solution la plus ingénieuse : un fût de roseau, dans lequel on insère un avant-fût en bois plein. On profite ainsi de la légèreté du roseau sur la plus grande partie de la flèche, et de la solidité du bois à l'avant, là où se fixe la pointe. Sur le présentoir, on voit nettement la jonction entre les deux matériaux.
 |
| Vue d'ensemble : plumes, fûts et flèches complètes de Doura-Europos. |
Les flèches de Doura-Europos
|
Type
|
Flèches
|
|
Datation
|
IIe – IIIe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Site
|
Doura-Europos (Syrie)
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Doura-Europos, sur l'Euphrate, a conservé grâce à son climat sec des flèches entières, avec leur fût, leur empennage et parfois leur décor peint. Elles sont la principale source pour reconstituer les flèches romaines complètes.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
Les empennages
Plumes, ligatures et encoches – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
L'empennage est l'ensemble des plumes fixées à l'arrière de la flèche. Il joue le rôle d'un gouvernail : en freinant légèrement l'arrière, il maintient la flèche dans l'axe et la stabilise en vol.
Les plumes d'oie
Le présentoir montre des plumes d'oie blanches et grises : ce sont les grandes plumes de l'aile, les rémiges, longues et solides. On les fend en deux dans le sens de la longueur, le long de la tige centrale (le rachis), puis on les taille à la forme voulue. Une flèche porte en général trois demi-plumes, réparties à intervalles réguliers autour du fût. Pour qu'elles tournent toutes dans le même sens, on les prend sur la même aile de l'oiseau.
Fixation et ligatures
Les plumes sont collées sur le fût, puis maintenues à leurs deux extrémités par une ligature de fil ou de tendon, bien visible sur les répliques sous forme de bagues dorées. Cette double fixation empêche les plumes de se décoller au tir.
 |
| Trois flèches empennées : bandes peintes, plumes blanches et plumes brunes taillées. |
Décor et encoche
Sur certaines répliques, le fût est peint entre les plumes de bandes rouges, noires ou roses. À l'arrière, l'encoche est une fente taillée dans le bout du fût pour recevoir la corde de l'arc, renforcée par une ligature. Ces décors s'inspirent des flèches de Doura-Europos, présentées à la fin du dossier.
|
Type
|
Empennages
|
|
Datation
|
IIe – IIIe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Site
|
Doura-Europos (Syrie)
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
 |
| Détail des deux flèches empennées du présentoir et de leurs encoches. |
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
Deuxième partie – Les pointes à douille (A1 à A10)
La pointe droite à douille (A1)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
C'est la plus simple des pointes du présentoir : une tige de fer effilée, sans aileron ni lame, prolongée par une douille. Sa forme rappelle un gros poinçon.
 |
| Le cartel de la pointe A1, en haut du présentoir. |
|
Type
|
Droit à douille (A1)
|
|
Datation
|
Ier – IIIe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Sites
|
Oppida gaulois (Alésia et Puy d'Issolud)
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La tête, de section ronde ou carrée, s'amincit régulièrement jusqu'à la pointe. Il n'y a ni tranchant ni barbelure : tout est fait pour concentrer la force de l'impact sur un point.
Une pointe « à douille » se termine par un petit cône creux, la douille, dans lequel on enfonce l'extrémité du fût. Le fer est ainsi bien centré et solidement tenu, ce qui convient aux fûts de bois.
Usage
Une telle pointe ne coupe pas, elle perce. Elle pouvait glisser entre les anneaux d'une cotte de mailles ou s'enfoncer dans un bouclier. Facile et rapide à forger, elle pouvait être produite en grande quantité pour approvisionner les archers.
Les sites
Alésia, en Bourgogne, et le Puy d'Issolud, dans le Lot, identifié à l'oppidum d'Uxellodunum, sont deux sièges de la guerre des Gaules (52 et 51 av. J.-C.). Leurs fouilles ont livré une abondance de projectiles romains, des pointes de flèche aux balles de fronde.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
La pointe pyramidale à douille (A2)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Courte, massive et à quatre faces, la pointe pyramidale est l'ancêtre lointaine des pointes « perce-armure » du Moyen Âge.
 |
|
Le cartel de la pointe A2.
|
|
Type
|
Pyramidale à douille (A2)
|
|
Datation
|
IIe siècle av. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Site
|
Sisak (Croatie)
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La tête a la forme d'une petite pyramide à base carrée, posée sur une douille. Ses arêtes la rendent rigide : elle ne plie pas au contact d'une surface dure.
Une pointe « à douille » se termine par un petit cône creux, la douille, dans lequel on enfonce l'extrémité du fût. Le fer est ainsi bien centré et solidement tenu, ce qui convient aux fûts de bois.
Usage
C'est une pointe perforante. Sa section carrée et sa masse lui permettent de traverser les boucliers et les protections de métal sans se déformer.
Le site
Sisak, en Croatie, est l'antique Siscia, sur la Save. Ville pannonienne conquise par les Romains, elle devint une importante place militaire. Le lit de la rivière y a livré un grand nombre d'armes antiques.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
La pointe à barbelure à douille, dite hamatus (A3)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Longue et fine, cette pointe porte à sa base un crochet, la barbelure. Les Romains appelaient ces flèches à crochet hamatae, du latin hamus, « l'hameçon ».
 |
|
Les deux pointes A3 et leur cartel, en partie caché.
|
|
Type
|
Barbelure à douille (A3), appelé hamatus
|
|
Datation
|
Ier siècle av. J.-C. – Ier siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre (pénétration des protections)
|
|
Sites
|
Puy d'Issolud et oppidum de la Cloche
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La tête est étroite et très allongée. À sa base, une ou deux pointes recourbées vers l'arrière forment la barbelure. La douille est longue, ce qui donne à l'ensemble une silhouette élancée.
Une pointe « à douille » se termine par un petit cône creux, la douille, dans lequel on enfonce l'extrémité du fût. Le fer est ainsi bien centré et solidement tenu, ce qui convient aux fûts de bois.
Usage
Sa finesse l'aide à traverser les protections. Une fois dans la plaie, la barbelure empêche de retirer la flèche sans aggraver la blessure : le combattant touché est durablement mis hors de combat.
Les sites
Le Puy d'Issolud (Lot) est identifié à Uxellodunum, dernier grand siège de la guerre des Gaules en 51 av. J.-C. L'oppidum de la Cloche, aux Pennes-Mirabeau près de Marseille, fut détruit vers le milieu du Ier siècle av. J.-C., sans doute lors du siège de Marseille par César en 49 av. J.-C. Le nom du second site est en partie caché sur le cartel : il est à vérifier.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
La pointe foliacée à aileron (A4)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Cette pointe en forme de feuille porte un aileron qui se détache d'un côté de la lame. On la reconnaît à la petite fente qui sépare cet aileron de la tête.
 |
| La pointe A4 : la fente qui détache l'aileron est bien visible. |
|
Type
|
Foliacé à aileron (A4)
|
|
Datation
|
Ier siècle av. J.-C. – Ier siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Site
|
Alésia
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La lame, large et plate, a la forme d'une feuille de laurier. Sa base se prolonge vers l'arrière par un aileron pointu, découpé dans le fer. La douille est forte et assez longue.
Une pointe « à douille » se termine par un petit cône creux, la douille, dans lequel on enfonce l'extrémité du fût. Le fer est ainsi bien centré et solidement tenu, ce qui convient aux fûts de bois.
Usage
Le tranchant ouvre une large plaie, et l'aileron, tourné vers l'arrière, agit comme une barbelure : la flèche se retire difficilement. C'est une pointe destinée à blesser gravement des combattants peu protégés.
Le site
Alésia, où César assiégea Vercingétorix en 52 av. J.-C., a livré un très riche mobilier militaire. Les fouilles des fossés et des camps romains ont permis d'y identifier de nombreux types de pointes de flèche.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
Les pointes foliacées à deux ailerons (A5-a et A5-b)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Avec leur tête en feuille et leurs deux ailerons, ces pointes ont la silhouette de la flèche « classique ». Le présentoir en montre deux variantes.
 |
 |
|
Les pointes A5-a et leur cartel.
|
Les pointes A5-b, à tête renforcée. |
|
Type A5-a
|
Foliacé à deux ailerons
|
|
Datation
|
50 ap. J.-C. – IIe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Sites
|
Roanne, Aulnay-de-Saintonge
|
|
Type A5-b
|
Foliacé à deux ailerons, à tête renforcée
|
|
Datation
|
Ier – IIIe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Chasse (?)
|
|
Site
|
Montmaurin
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La lame, en forme de feuille, s'élargit puis se termine par deux ailerons symétriques tournés vers l'arrière. Sur la variante A5-b, une nervure centrale épaissit la tête : elle est plus rigide et résiste mieux à l'impact.
Une pointe « à douille » se termine par un petit cône creux, la douille, dans lequel on enfonce l'extrémité du fût. Le fer est ainsi bien centré et solidement tenu, ce qui convient aux fûts de bois.
Usage
Le tranchant ouvre une plaie large et les ailerons retiennent la flèche dans la blessure. Le cartel classe A5-a parmi les armes de guerre ; pour A5-b, il propose un usage de chasse, avec un point d'interrogation, car une même pointe pouvait servir aux deux.
Les sites
Roanne (Loire) était une agglomération gauloise puis gallo-romaine. Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime) a livré un camp militaire romain du début du Ier siècle ap. J.-C. Montmaurin (Haute-Garonne) est célèbre pour sa grande villa gallo-romaine.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
Les pointes à trois et quatre ailerons (A6)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Au lieu d'une lame plate, ces pointes portent trois ou quatre ailerons disposés en étoile autour de l'axe. Vue de face, la tête forme un « Y » ou une croix.
 |
| Les deux pointes A6, effilées, et leur cartel au pied. |
Les deux pointes A6, effilées, et leur cartel au pied.
|
Type
|
Trois et quatre ailerons à douille (A6)
|
|
Datation
|
IIIe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Site
|
Corbridge (Angleterre)
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La tête est longue et étroite. Ses ailerons, minces et tranchants, partent de l'axe central et se rejoignent à la pointe. Ce type demande plus de travail de forge qu'une simple lame plate.
Une pointe « à douille » se termine par un petit cône creux, la douille, dans lequel on enfonce l'extrémité du fût. Le fer est ainsi bien centré et solidement tenu, ce qui convient aux fûts de bois.
Usage
Chaque aileron est un tranchant : la blessure est plus large et saigne davantage qu'avec une lame plate. La forme en étoile rend aussi la pointe rigide, ce qui l'aide à pénétrer.
Le site
Corbridge, l'antique Coria, se trouve juste au sud du mur d'Hadrien, dans le Northumberland. Ce fort devenu ville de garnison servait de base de ravitaillement aux troupes de la frontière, et ses fouilles ont livré un abondant matériel militaire.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
La pointe foliacée à douille (A7)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Petite et sans aileron, cette pointe a simplement la forme d'une feuille posée sur sa douille.
 |
| Les pointes A7 et leur cartel. |
|
Type
|
Foliacé à douille (A7)
|
|
Datation
|
50 – 80 ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre (?)
|
|
Sites
|
Puy d'Issolud et Avenches
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La lame, plate et assez courte, s'élargit puis se resserre en pointe, comme une feuille de saule. Elle se raccorde à une douille robuste, plus longue que la lame elle-même sur certains exemplaires.
Une pointe « à douille » se termine par un petit cône creux, la douille, dans lequel on enfonce l'extrémité du fût. Le fer est ainsi bien centré et solidement tenu, ce qui convient aux fûts de bois.
Usage
Polyvalente, elle tranche et perce à la fois. Le cartel la range dans les armes de guerre avec prudence, car ce modèle simple pouvait tout aussi bien servir à la chasse.
Les sites
Au Puy d'Issolud (Lot), site du siège d'Uxellodunum, s'ajoute Avenches, en Suisse, l'antique Aventicum, capitale des Helvètes à l'époque romaine. Sa datation, 50 à 80 ap. J.-C., en fait l'une des plus précises du présentoir.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
Les pointes losangiques à douille (A8-a et A8-b)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Leur tête en losange les distingue des pointes en feuille : les bords sont droits et forment un angle net au milieu de la lame.
 |
 |
| La pointe A8-a et son cartel. |
La pointe A8-b, à tête renforcée. |
|
Type A8-a
|
Losangique à douille
|
|
Datation
|
Ier siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre (?)
|
|
Site
|
Avenches
|
|
Type A8-b
|
Losangique à douille et tête renforcée
|
|
Datation
|
IIe – IVe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre (?)
|
|
Site
|
Montmaurin
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La lame a la forme d'un losange allongé. Sur A8-b, la tête est renforcée, plus épaisse au centre, ce qui la rend plus solide. Les deux variantes montrent une évolution du même modèle sur plusieurs siècles.
Une pointe « à douille » se termine par un petit cône creux, la douille, dans lequel on enfonce l'extrémité du fût. Le fer est ainsi bien centré et solidement tenu, ce qui convient aux fûts de bois.
Usage
Les tranchants droits coupent bien, et la pointe aiguë pénètre facilement. Comme pour A7, le cartel reste prudent sur l'usage : guerre, avec un point d'interrogation.
Les sites
Avenches (Aventicum), en Suisse, fut l'une des grandes villes de la Gaule romaine. Montmaurin, en Haute-Garonne, est connu pour sa villa, l'une des plus vastes de la Gaule.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
La pointe plate à douille (A9)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Large lame plate et pointe effilée : cette pointe tient presque de la petite lance.
 |
| La pointe A9 et son cartel. |
|
Type
|
Plate à douille (A9)
|
|
Datation
|
? – début du IIIe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Site
|
Gundremmingen (Allemagne)
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La lame, mince et plate, s'élargit à sa base puis s'effile en longue pointe. Elle se raccorde à la douille par un col étroit. Le début de sa période d'utilisation n'est pas connu, comme l'indique le point d'interrogation du cartel.
Une pointe « à douille » se termine par un petit cône creux, la douille, dans lequel on enfonce l'extrémité du fût. Le fer est ainsi bien centré et solidement tenu, ce qui convient aux fûts de bois.
Usage
Sa large lame tranchante cause des blessures importantes. C'est une pointe de guerre, efficace contre des adversaires sans armure.
Le site
Gundremmingen se trouve en Bavière, au bord du Danube, qui formait la frontière de l'Empire dans cette région. Le secteur a livré des vestiges militaires romains, dont une fortification tardive.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
La flèche incendiaire à douille, dite malleolus (A10)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
C'est la pièce la plus étonnante du présentoir : sous la pointe, plusieurs tiges de fer s'écartent puis se rejoignent pour former une petite cage. Les Romains appelaient ces projectiles malleoli, « petits marteaux ».
 |
| La flèche incendiaire A10 et sa cage de fer. |
|
Type
|
Incendiaire à douille (A10), appelé malleoli
|
|
Datation
|
Ier siècle av. J.-C. – IIIe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Site
|
Ptuj (Slovénie)
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
Au-dessus de la douille, la tige se divise en branches cintrées, réunies sous une pointe fine. Cet espace vide servait à loger une matière inflammable : de l'étoupe imprégnée de poix ou de résine.
Une pointe « à douille » se termine par un petit cône creux, la douille, dans lequel on enfonce l'extrémité du fût. Le fer est ainsi bien centré et solidement tenu, ce qui convient aux fûts de bois.
Usage
On allumait l'étoupe avant le tir. La flèche servait à incendier les machines de siège, les palissades, les toitures ou les navires. Les auteurs antiques, comme Végèce au IVe siècle, décrivent ces projectiles et conseillent de ne pas les tirer trop vite, pour que le feu ne s'éteigne pas en vol.
Le site
Ptuj, en Slovénie, est l'antique Poetovio, sur la Drave. Siège d'un camp légionnaire puis colonie romaine, elle était un point clé de la route entre l'Italie et le Danube.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
Troisième partie – Les pointes à soie (B1 à B6)
Douille ou soie : deux façons de fixer une pointe
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Le présentoir sépare les pointes en deux séries. La série A réunit les pointes à douille, la série B les pointes à soie. La différence ne tient pas à la forme de la tête, mais à la manière de la fixer au fût.
 |
| La rangée des pointes à soie, montées sur des fûts de roseau, et la planche des couleurs de Doura-Europos. |
-
La douille : un cône creux qui coiffe l'extrémité du fût. Elle convient aux fûts de bois, assez épais pour être taillés en pointe.
-
La soie : une tige de fer enfoncée dans le fût et maintenue par une ligature. Elle convient au roseau, creux et léger, qui reçoit la soie dans sa cavité.
Les flèches à soie et à fût de roseau sont souvent associées aux archers venus de l'Orient de l'Empire, mais on les retrouve sur toutes les frontières, de l'Espagne à l'Écosse. Les deux techniques ont été employées en même temps pendant plusieurs siècles.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
La pointe pyramidale à soie (B1)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Cette pointe est la version « à soie » de la pointe pyramidale A2 : une tête étroite à quatre faces, faite pour percer, mais fixée cette fois à l'intérieur du fût.
 |
| La pointe pyramidale à soie (B1), montée sur un fût de roseau, et son cartel. |
|
Type
|
Forme pyramidale à soie (B1)
|
|
Datation
|
IIe siècle av. J.-C. – IVe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Sites
|
Osuna (Espagne), Saalburg
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La tête est longue, de section carrée, et se termine en pointe aiguë. À sa base, un léger épaulement marque le passage vers la soie, cachée dans le fût de roseau.
Une pointe « à soie » ne s'enfile pas sur le fût comme une pointe à douille : elle se termine par une tige de fer, la soie, que l'on enfonce dans l'extrémité du fût. On la bloque ensuite par une ligature de fil ou de tendon, souvent collée. Sur le présentoir, ces pointes sont montées sur des fûts de roseau, le matériau qui leur était le plus souvent associé.
Usage
Comme toutes les pointes pyramidales, elle est perforante : elle concentre la force de l'impact sur une très petite surface, ce qui l'aide à traverser les cottes de mailles et les boucliers. Sa très longue période d'utilisation montre l'efficacité de ce modèle simple.
Les sites
Osuna, en Andalousie, est l'antique Urso, assiégée par César en 45 av. J.-C. pendant la guerre civile contre les fils de Pompée. La Saalburg est un fort romain du limes de Germanie, au nord de Francfort, reconstitué au début du XXe siècle et devenu un musée de référence sur l'armée romaine.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
La pointe à barbelure à soie, dite hamatus (B2)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
C'est l'équivalent « à soie » de la pointe A3. On y retrouve le même principe : une pointe acérée munie d'un crochet, la barbelure, qui en fait une flèche hamatus, « à crochet ».
 |
 |
| Le cartel de la pointe B2. |
|
Type
|
Barbelure à soie (B2), appelé hamatus
|
|
Datation
|
Ier siècle av. J.-C. – IVe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Sites
|
Alésia et Osuna (Espagne)
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La tête est étroite et pointue, avec une ou plusieurs barbelures tournées vers l'arrière. Au lieu d'une douille, elle se prolonge par une soie enfoncée dans le fût. Sur les photos, la pointe elle-même n'est pas visible : seul son cartel l'est.
Une pointe « à soie » ne s'enfile pas sur le fût comme une pointe à douille : elle se termine par une tige de fer, la soie, que l'on enfonce dans l'extrémité du fût. On la bloque ensuite par une ligature de fil ou de tendon, souvent collée. Sur le présentoir, ces pointes sont montées sur des fûts de roseau, le matériau qui leur était le plus souvent associé.
Usage
La barbelure s'accroche dans la plaie et rend la flèche très difficile à retirer. Le blessé ne peut pas l'arracher sans aggraver la blessure, ce qui le met durablement hors de combat.
Les sites
Alésia, où César assiégea Vercingétorix en 52 av. J.-C., et Osuna (Urso), assiégée en 45 av. J.-C., sont deux sièges de l'époque de César. Leur mobilier montre que les deux modes d'emmanchement, à douille et à soie, étaient employés en même temps.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
Les pointes à double aileron à soie (B3-a et B3-b)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Une tête triangulaire, deux ailerons qui descendent en pointe de chaque côté : ces pointes ont la silhouette classique de la « flèche » telle qu'on la dessine. Le présentoir en montre deux variantes.
 |
| À gauche, la pointe B3-a ; à droite, la pointe B3-b avec renfort. |
|
Type B3-a
|
Double aileron à soie
|
|
Datation
|
IIe – IVe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Site
|
Montmaurin (Haute-Garonne)
|
|
Type B3-b
|
Double aileron à soie, avec renfort
|
|
Datation
|
IIe – IVe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Site
|
Osuna (Espagne)
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La tête est plate et large, et ses deux ailerons pointus se détachent nettement vers l'arrière. La variante B3-b porte un renfort, une nervure au centre de la lame, qui la rend plus rigide. C'est le même principe que les pointes à tête renforcée A5-b et A8-b.
Une pointe « à soie » ne s'enfile pas sur le fût comme une pointe à douille : elle se termine par une tige de fer, la soie, que l'on enfonce dans l'extrémité du fût. On la bloque ensuite par une ligature de fil ou de tendon, souvent collée. Sur le présentoir, ces pointes sont montées sur des fûts de roseau, le matériau qui leur était le plus souvent associé.
Usage
Les tranchants ouvrent une large plaie, et les ailerons empêchent de retirer la flèche. Ce sont des pointes de guerre, qui pouvaient aussi servir à la chasse au gros gibier.
Les sites
Montmaurin, en Haute-Garonne, est connu pour sa grande villa gallo-romaine ; Osuna, en Andalousie, est l'antique Urso, assiégée par César en 45 av. J.-C.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
La pointe à tête plate à soie (B4)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Longue lame plate, pointe très effilée et soie fine : cette pointe se distingue par sa taille, nettement supérieure à celle des autres pointes à soie.
 |
| Les deux pointes B4, sur leurs fûts de roseau, et leur cartel. |
|
Type
|
Tête plate à soie (B4)
|
|
Datation
|
IIe – IVe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Sites
|
Osuna (Espagne) et Angleterre
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
La tête est une lame plate en forme de triangle très allongé. Sa base forme deux épaules nettes, sans ailerons. Elle se fixe au fût de roseau par une soie.
Une pointe « à soie » ne s'enfile pas sur le fût comme une pointe à douille : elle se termine par une tige de fer, la soie, que l'on enfonce dans l'extrémité du fût. On la bloque ensuite par une ligature de fil ou de tendon, souvent collée. Sur le présentoir, ces pointes sont montées sur des fûts de roseau, le matériau qui leur était le plus souvent associé.
Usage
Sa longue pointe pénètre profondément, et ses tranchants agrandissent la plaie. Elle associe les qualités d'une pointe perforante et d'une pointe tranchante.
Les sites
Osuna (Urso), en Andalousie, a déjà été citée pour B1, B2 et B3-b. Le cartel mentionne aussi l'Angleterre, sans préciser de site : la province de Bretagne, avec ses nombreux forts, a livré beaucoup de pointes de flèche.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
La pointe à triple aileron, dite trilobée (B5)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Petite et sombre, cette pointe porte trois ailerons disposés à 120° autour de l'axe. Vue de face, elle forme une étoile à trois branches.
 |
| La pointe trilobée B5, la plus petite du présentoir, et son cartel. |
|
Type
|
Triple aileron ou trilobée à soie (B5)
|
|
Datation
|
IIe siècle av. J.-C. – IVe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Site
|
Corbridge (Angleterre)
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
Les trois ailerons sont minces et tranchants, et se rejoignent en une pointe aiguë. La tête est courte, ce qui la rend légère. Elle se fixe au fût par une soie.
Une pointe « à soie » ne s'enfile pas sur le fût comme une pointe à douille : elle se termine par une tige de fer, la soie, que l'on enfonce dans l'extrémité du fût. On la bloque ensuite par une ligature de fil ou de tendon, souvent collée. Sur le présentoir, ces pointes sont montées sur des fûts de roseau, le matériau qui leur était le plus souvent associé.
Usage
Ce modèle est typique des arcs composites de l'Orient et des steppes. Dans l'armée romaine, il est souvent associé aux unités d'archers orientaux, comme les archers syriens stationnés sur le mur d'Hadrien. Sa légèreté permet des tirs rapides et longs, et ses trois tranchants causent des plaies graves.
Le site
Corbridge (Coria), près du mur d'Hadrien, a déjà été citée pour les pointes A6. Ce centre de ravitaillement de la frontière a livré des armes très variées, reflet de la diversité des troupes qui y passaient.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
La flèche incendiaire à soie, dite malleolus (B6)
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
C'est la version « à soie » de la flèche incendiaire A10. Le principe reste le même : une petite cage de fer, sous la pointe, accueille une matière inflammable. Les Romains appelaient ces projectiles malleoli.
 |
| Le cartel de la flèche incendiaire B6. |
|
Type
|
Incendiaire à soie (B6), appelé malleoli
|
|
Datation
|
Ier siècle av. J.-C. – IIIe siècle ap. J.-C.
|
|
Usage
|
Guerre
|
|
Site
|
Bar Hill (indiqué « Angleterre »)
|
D'après le cartel du présentoir (Saint-Romain-en-Gal).
Description
Des tiges de fer s'écartent sous la pointe pour former une cage, comme sur A10, mais la pièce se termine par une soie enfoncée dans le fût. Sur les photos, la pointe n'est pas visible : seul son cartel l'est.
Une pointe « à soie » ne s'enfile pas sur le fût comme une pointe à douille : elle se termine par une tige de fer, la soie, que l'on enfonce dans l'extrémité du fût. On la bloque ensuite par une ligature de fil ou de tendon, souvent collée. Sur le présentoir, ces pointes sont montées sur des fûts de roseau, le matériau qui leur était le plus souvent associé.
Usage
On garnissait la cage d'étoupe imprégnée de poix ou de résine, que l'on allumait avant le tir. Ces flèches servaient à incendier machines de siège, palissades et toitures.
Le site
Bar Hill est un fort du mur d'Antonin, construit vers 142 ap. J.-C. entre les estuaires de la Clyde et du Forth. Le cartel le place en Angleterre, mais il se trouve en Écosse, près de Glasgow. Le fort fut tenu notamment par une cohorte d'archers syriens, les Hamii.
Les pièces présentées sont des reconstitutions modernes, réalisées d'après des pointes retrouvées sur les sites archéologiques indiqués. Elles sont emmanchées sur de courts fûts pour la présentation.
Quatrième partie – Les couleurs des flèches
Les couleurs des flèches de Doura-Europos
Flèches romaines – présentoir de Saint-Romain-en-Gal
Au pied du présentoir, une planche reproduit les décors peints retrouvés sur des flèches antiques à Doura-Europos, en Syrie. Elle rappelle que les flèches romaines n'étaient pas seulement des objets de bois et de fer : elles étaient aussi colorées.
 |
| La planche des couleurs retrouvées sur les flèches de Doura-Europos. |
Ce que montre la planche
Plusieurs flèches, numérotées de 733 à 738, y sont dessinées avec leurs bandes de couleur près de l'encoche, à l'emplacement de l'empennage : noir, rouge et ocre jaune, en bandes de largeurs variées. Des mesures en millimètres précisent la position des plumes et des bandes.
À quoi servaient ces couleurs ?
Le décor peint pouvait servir à identifier les flèches d'un archer ou d'une unité, ou simplement à les embellir. La peinture protégeait aussi le bois de l'humidité. Ces décors sont aujourd'hui reproduits par les reconstituteurs.
Le site
Doura-Europos, sur l'Euphrate, était une ville de garnison romaine prise par les Perses sassanides vers 256 ap. J.-C. Grâce au climat sec, ses fouilles ont livré des flèches complètes, avec leur fût, leur empennage et leurs couleurs : une source unique pour connaître l'aspect réel des flèches de l'Antiquité.