Contexte historique (1927–1945)
La période 1930–1945 en Asie orientale est l'une des plus complexes et des plus violentes de l'histoire mondiale. Deux entités politiques radicalement différentes font usage de blindés sur le sol chinois : la République de Chine gouvernée par le Kuomintang (KMT) de Tchang Kaï-chek, et l'État du Mandchoukouo, État fantoche créé par le Japon en mars 1932 sur les ruines de la Mandchourie chinoise.
La Chine nationaliste du KMT doit faire face simultanément à la guerre civile contre les communistes de Mao Zedong (guerre larvée depuis 1927, ouverte de 1946 à 1949) et à l'agression japonaise croissante : avec l'incident de Mukden en 1931, la guerre sino-japonaise officieuse à partir de 1932, puis la guerre totale déclarée en juillet 1937 (incident du Pont Marco Polo). Dans ce contexte d'urgence permanente, les forces blindées chinoises doivent être constituées rapidement, avec des matériels hétérogènes achetés à plusieurs nations.
Le Mandchoukouo, de son côté, est une création entièrement artificielle du Japon impérial. Ses forces armées l'Armée du Mandchoukouo (Manshukoku Gun) sont équipées, formées et commandées dans les faits par des officiers de l'Armée du Kwantung japonaise. Le matériel blindé qui leur est fourni est exclusivement d'origine japonaise, adapté à la mission de maintien de l'ordre et de surveillance des frontières.
La Chine communiste (Armée Rouge de Mao Zedong / Armée Populaire de Libération) ne dispose pratiquement pas de blindés pendant toute cette période. Elle ne commence à en acquérir significativement qu'après 1945, grâce aux captures de matériel japonais en Mandchourie et aux livraisons soviétiques. Ce document se concentre donc uniquement sur le KMT et le Mandchoukouo.
Chine nationaliste (KMT) (1927–1937)
La République de Chine ne dispose pas d'industrie capable de produire des véhicules blindés avant 1945. Tous ses chars et automitrailleuses sont importés, généralement en petites quantités, auprès de fournisseurs variés : France, Royaume-Uni, Union soviétique, puis États-Unis. Cette diversité de provenance engendre une hétérogénéité chromatique considérable, que les ateliers de maintenance chinois tentent de réduire avec plus ou moins de succès.
Les pionniers (1927–1937)
La Chine acquiert ses premiers chars en 1927–1929 : une vingtaine de Renault FT et quelques FT modifiés (variante NC-27 à armement amélioré), achetés en France pour équiper la nouvelle École des chars de Nankin. Ces véhicules constituent le noyau de la toute première unité blindée de l'armée chinoise.
À leur livraison, les FT chinois portent le camouflage tricolore français d'origine (bandes sable/brun/vert), qui est progressivement simplifié vers un kaki olivâtre monochrome lors des révisions en atelier. Sur les photographies des exercices de Nankin des années 1930, ces chars apparaissent dans un kaki mat relativement uniforme. Quelques exemplaires semblent avoir reçu des taches brunes artisanales, mais sans norme documentée.
Un détail caractéristique des FT du KMT : ils portent le soleil blanc du drapeau nationaliste (emblème du Kuomintang) peint sur les flancs de la tourelle un disque blanc à douze rayons sur fond bleu, ou simplement le disque blanc sans le fond. Ces marquages sont supprimés en opération, en particulier après le début de la guerre sino-japonaise en 1937.
Vont être livrés ensuite les chars Vickers Mk.E qui formeront l'épine dorsale blindée (1934–1942)
En 1934, la Chine nationaliste acquiert 36 chars Vickers E Modèle B auprès de Vickers-Armstrong, les livrant à Nankin pour constituer le 1er Bataillon de chars. Cet achat, le plus important de chars par la Chine avant 1938, dote l'armée d'une capacité blindée sérieuse même si les Vickers s'avéreront insuffisants face aux chars japonais lors des batailles de Shanghaï et de Nankin en 1937.
Les Vickers chinois arrivent peints en kaki vert britannique standard (Khaki Green No.3). Rapidement, les ateliers de Nankin leur appliquent une livrée bicolore adaptée au théâtre d'opérations chinois : fond kaki olivâtre avec de larges taches brun-terre aux contours organiques arrondis, couvrant 30 à 40 % de la surface. Ce schéma bicolore, proche dans son principe de ceux adoptés en Lettonie et au Portugal, est réalisé avec des peintures locales de qualité variable.
Une particularité notable des Vickers du KMT : certains exemplaires photographiés lors des combats de Shanghaï (août–novembre 1937) semblent porter des bandes de camouflage plus sombres, tirant vers le vert foncé, appliquées dans l'urgence par les équipages avant les combats. Les conditions de la bataille urbaine de Shanghaï rues, ruines, poussière rendaient de toute façon tout camouflage peu efficace.
Livrée des Vickers du KMT (1934–1942) :
Base : kaki olivâtre chinois (approximation RAL 7008 Grauoliv, nuance locale plus chaude)
Taches : brun-terre organique (approximation RAL 8010 Lehmbrown ou FS 30040)
Style : taches amibiques arrondies, 30–40 % de la surface
Marquages : soleil blanc KMT sur la tourelle (paix), supprimé en opération
Voyons l'origine du soleil blanc sur ciel bleu Qīngtiān báirì (青天白日)
L'emblème « Ciel Bleu et Soleil Blanc » a été initialement conçu par Lu Haodong, un révolutionnaire et proche collaborateur de Sun Yat-sen, en 1895. Il était destiné à être le drapeau militaire de la Société pour le Rétablissement de la Chine (興中會, Xīngzhōnghuì), un groupe révolutionnaire anti-Qing. Il fut hissé lors du soulèvement de Guangzhou en 1895, première tentative de renversement de la dynastie
Lu Haodong fut arrêté et exécuté lors de ce soulèvement raté ce qui en fit le premier martyr de la révolution.
Adoption progressive par les organisations de Sun Yat-sen
Le symbole était déjà celui de la Société pour le redressement de la Chine fondée en 1894, qui fusionna dans le Tongmenghui (Ligue unie) en 1905, avant que celle-ci ne devienne le Kuomintang en 1919.
Lorsque Sun Yat-sen ajouta le champ rouge au design en 1906 (avec Huang Xing), le drapeau prit sa forme définitive : soleil blanc, canton bleu, fond rouge.
La symbolique des 12 rayons
Les douze rayons du soleil blanc représentent les douze mois de l'année et les douze shichen (時辰), les heures traditionnelles chinoises chacune correspondant à deux heures modernes symbolisant l'esprit de progrès continu.
La signification des couleurs
Les couleurs renvoient aux Trois Principes du Peuple de Sun Yat-sen : le bleu signifie l'éclat, la pureté et la liberté (gouvernement du peuple) ; le blanc, l'honnêteté, l'altruisme et l'égalité (gouvernement par le peuple) ; le cramoisi, le sacrifice, le sang versé et l'amour fraternel (gouvernement pour le peuple).
Une subtile différence entre emblème du parti et emblème national
Sur l'emblème du KMT, les rayons atteignent le bord du cercle — symbolisant que l'esprit révolutionnaire est aussi puissant que le soleil. Sur l'emblème national de la République de Chine, les rayons ont une certaine distance jusqu'au bord, symbolisant la largeur du ciel.
C'est donc un symbole né dans la clandestinité révolutionnaire anti-Qing en 1895, porté par un homme mort pour sa cause, et qui a survécu à la révolution de 1911, à la guerre civile, et au repli sur Taïwan en 1949 où il flotte encore aujourd'hui.
Numéros tactiques : blancs ou noirs selon la période et l'unité
Particularité : qualité de peinture très variable selon les ateliers et les périodes
Des Carden Loyd Mk.VI et automitrailleuses légères seront aussi achétées
La Chine acquiert également une quinzaine de tankettes Carden Loyd Mk.VI au début des années 1930, ainsi que quelques automitrailleuses légères d'origine diverse (Crossley, Morris). Ces véhicules légers reçoivent une livrée monochrome kaki olivâtre, sans schéma de camouflage secondaire systématique. Ils sont utilisés pour la reconnaissance, la liaison et l'escorte des convois sur les nombreuses zones de tension intérieures de la période pré-guerre.
Mais la situation dénénère en guerre sino-japonaise en 1937
L'incident du Pont Marco Polo (7 juillet 1937) déclenche la guerre sino-japonaise à pleine échelle. En quelques mois, les armées japonaises s'emparent de Shanghaï (novembre 1937), de Nankin (décembre 1937 oùà lieu le massacre de Nankin, de Wuhan (octobre 1938) et de Canton. Les forces blindées du KMT, numériquement inférieures et techniquement dépassées, subissent des pertes considérables.
Mais vont être livré des chars soviétiques T-26 et BT-5 entre 1938–1940 car face à l'agression japonaise, l'URSS de Staline soutient le KMT dans le cadre d'un accord d'assistance militaire signé en août 1937. Entre 1938 et 1939, la Chine reçoit 82 chars T-26 modèle 1933 et un lot de chars BT-5, accompagnés de conseillers militaires soviétiques qui assurent la formation des équipages chinois.
Ces chars arrivent en livrée soviétique standard : vert 4BO (temnozeljony). Les ateliers chinois, qui manquent de ressources et de temps, n'appliquent pas systématiquement de camouflage supplémentaire. Une partie des T-26 est utilisée dans leur livrée verte d'origine, parfois avec des étiquettes d'identification en caractères chinois peintes à la main sur la tourelle. D'autres exemplaires reçoivent des taches brunes ou brun-ocre improvisées avant les opérations.
Le T-26 engage son premier combat chinois lors de la bataille de Taierzhuang (mars–avril 1938), l'une des rares victoires chinoises de la première phase du conflit. Les chars soviétiques montrent leur supériorité sur les chars japonais Type 94 et Type 97 à courte portée, mais leur manque de soutien d'infanterie et la médiocrité de la tactique interarmes limitent leur impact global.
Entre 1937 et 1941, l'URSS livre à la Chine près de 1 000 avions, 82 chars, 1 600 camions et un important matériel d'artillerie. Ce soutien cesse après la signature du Pacte de neutralité soviéto-japonais d'avril 1941, qui garantit la tranquillité des frontières sibériennes en échange de la neutralité soviétique en Chine.
Mais les chinois doivent faire face à la pénurie de chars,aussi l'armée chinoise développe de nombreux véhicules blindés improvisés. Les plus répandus sont des camions (Ford, Dodge, Studebaker) équipés de plaques d'acier artisanales et de mitrailleuses, peints en kaki olivâtre monochrome ou simplement laissés dans leur couleur civile. Ces véhicules sont utilisés principalement pour la protection des convois et le maintien de l'ordre dans les zones rétablies.
Les blindés ferroviaires constituent une autre catégorie notable. La Chine dispose de vastes réseaux ferroviaires que les deux camps cherchent à contrôler. Des wagons blindés équipés de canons et de mitrailleuses circulent sur les principales lignes. Leur livrée est généralement gris métallique ou kaki terne, sans camouflage élaboré la silhouette du train sur les voies étant de toute façon immédiatement identifiable.
Mais tout change au début des années 40 avec l'aide américaine Lend-Lease (1941–1945)
L'entrée en guerre des États-Unis en décembre 1941 marque un tournant pour le KMT. La loi Lend-Lease est étendue à la Chine, permettant la livraison de matériel américain tels que chars, camions, armes, avions qui arrivent via deux routes : la route de Birmanie (jusqu'à sa fermeture en 1942), puis la route de l'Hump (par avion au-dessus de l'Himalaya) et enfin via la Birmanie reconquise à partir de 1944.
Aussi on voir arriver en Chine le M3A3 Stuart qui sera le premier char américain du KMT
Le premier char américain en service dans l'armée chinoise est le M3A3 Stuart, un char léger de 14 tonnes armé d'un canon de 37 mm. Ces chars sont livrés à partir de 1942 aux unités chinoises en Inde (armées de Birmanie), puis acheminés vers la Chine via la route terrestre reconquise. Ils portent la livrée Olive Drab américaine standard (FS 34087), que les ateliers indiens et chinois modifient parfois avec des taches brunes ou de boue sèche selon le terrain.
Les M3A3 du KMT portent souvent des marquages d'unité chinois peints en caractères chinois sur les flancs de caisse, en plus des numéros de série américains. La croix rouge internationale est parfois peinte sur les véhicules sanitaires accompagnant les colonnes blindées.
Vont suivre ensuite le M4A4 Sherman et M5A1 Stuart qui seront les chars de la 1re Armée blindée en Birmanie
La création de la 1re Armée blindée chinoise sous commandement américain du général Stilwell, puis Sultan en Birmanie constitue la foreve blindée la plus organisée du KMT pendant tout le conflit. Cette armée, formée et équipée en Inde, reçoit des M4A4 Sherman et des M5A1 Stuart en livrée Olive Drab américaine standard.
En Birmanie, les Sherman et Stuart du KMT conservent leur Olive Drab d'origine, avec des adaptations locales limitées : parfois des taches de boue séchée appliquées comme camouflage de fortune dans la jungle, ou des branches et feuillages attachés aux anneaux de tourelle. Les marquages sont bilingues chiffres arabes et caractères chinois selon un système mis en place par les conseillers américains.
Livrées des blindés américains du KMT (1942–1945) :
Couleur de base : Olive Drab US (FS 34087 / approximation RAL 6003 Olivgrün assombri)
Modifications chinoises : taches boue séchée brun-rouge en Birmanie (non systématiques)
Marquages : numéros de série US + numéros tactiques en caractères chinois
Étoiles US : conservées sur la plupart des véhicules, parfois recouvertes d'un disque KMT
Vallejo modélisme : 70.894 Camouflage Olive Green ou 70.979 German Camouflage Dark Green
Tamiya modélisme : XF-62 Olive Drab (base) + XF-49 Khaki pour les décolorations
Mais tout au long du conflit, les forces du KMT récupèrent et remettent en service des chars japonais capturés : principalement des Type 97 Chi-Ha et des Type 94 Te-Ke. Ces véhicules, repeints en kaki olivâtre chinois et équipés de marquages KMT, sont intégrés dans des unités de second rang pour la garde des arrières et la lutte anti-guérilla communiste. Leur livrée d'origine japonaise (vert kaki avec bandes brunes) est généralement recouverte d'un kaki olivâtre chinois monochrome appliqué sommairement.
Le Mandchoukouo
C 'est l'armée de l'État fantoche (1932–1945) qui est proclamé le 1er mars 1932 sous l'autorité nominale du dernier empereur Qing, Puyi proclamé « Empereur Kangde » en 1934, mis en scène dans le dernier empereur
Le Mandchoukouo est en réalité une province japonaise déguisée. Son armée la Manshukoku Gun est encadrée et équipée par l'Armée du Kwantung et utilisée principalement pour les missions de maintien de l'ordre intérieur, la lutte contre les partisans anti-japonais et la surveillance des frontières avec l'URSS.
L'armée impériale du Mandchoukouo (満州国軍, Manshūkoku Gun)
L'armée du Mandchoukouo est la première armée fantoche de l'histoire moderne de la Chine, créée en même temps que l'État-fantoche lui-même. Elle naît formellement le 9 mars 1932, jour où Puyi prend ses fonctions de « dirigeant ». Un « ordre militaire n°1 » est promulgué le 15 avril, publiant les règlements sur la marine et l'armée, et établissant les garnisons de Fengtian, Jilin, Heilongjiang, etc.i
Structure et effectifs
L'armée était divisée en deux grandes parties :
Les troupes des régions militaires (la majorité)
Le Mandchoukouo était divisé en plusieurs grandes zones géographiques, chacune avec sa propre garnison militaire. Ces unités étaient théoriquement sous commandement local. À la création de l'État, des garnisons furent ainsi établies à Fengtian, Jilin, Heilongjiang, etc. Ce sont ces unités régionales qui représentaient l'essentiel de la force de l'armée au début.
Les troupes du centre (minoritaires au début)
C'est ce qu'on appellerait aujourd'hui une "réserve stratégique" ou force centrale — des unités directement aux ordres du gouvernement central de Hsinking (la capitale), non rattachées à une province. La garde impériale en est l'exemple type, avec son QG à Hsinking même.
Pourquoi cette distinction ?'
Cest un héritage de l'armée chinoise du Nord-Est (l'armée de Zhang Xueliang, le "seigneur de guerre" de Mandchourie). C'est sur les vestiges de cette armée que les forces mandchoues furent constituées ses généraux et ses soldats furent simplement réintégrés dans la nouvelle structure. Ces hommes avaient des fidélités locales, régionales, donc ils furent maintenus dans des garnisons provinciales plutôt que fondus dans une armée nationale unifiée.
En pratique, les Japonais se méfiaient de ces troupes "héritées" et leur contrôle réel passait par les conseillers militaires japonais intégrés à chaque échelon.
Dès 1933, les effectifs atteignaient déjà plus de 110 000 hommes, répartis en sept groupes militaires stationnés dans les sept provinces du Mandchoukouo, auxquels s'ajoutaient des unités de cavalerie et la garde impériale.
En 1944, selon les renseignements soviétiques, les effectifs dépassaient 200 000 hommes, articulés notamment en : une 1re division (trois régiments d'infanterie + un régiment d'artillerie), une 1re division de cavalerie (deux brigades + un bataillon d'artillerie montée), 10 brigades d'infanterie, six brigades de cavalerie, et 21 brigades mixtes (infanterie + cavalerie + artillerie de montagne).
Encadrement japonais
C'est sur la base des vestiges de l'armée du Nord-Est chinois que les forces armées manchoues furent constituées, le processus étant dirigé par des officiers japonais de l'armée du Guandong (Kwantung). En pratique, les officiers japonais tenaient les postes de commandement réels, les officiers mandchous servant souvent de façade
La Garde impériale
La garde impériale du Mandchoukouo (禁衛隊) est l'unité d'élite créée en 1933, calquée sur le modèle japonais, chargée de la protection de l'empereur Puyi et des hauts membres du gouvernement. Son QG se trouvait à Hsinking (Changchun), près du palais impérial.
Armement et uniformes
Les soldats utilisaient des pistolets Mauser, les officiers des Browning GP et Colt M1911. Un arsenal militaire fut créé à Fengtian pour produire fusils, mitrailleuses et artillerie.
Côté tenues, à ses débuts l'armée avait un grave problème d'uniformes, ne se distinguant des forces anti-japonaises et des bandits que par un brassard jaune et une étoile. Ce problème fut rectifié en 1934 avec de nouveaux uniformes inspirés de l'armée japonaise, avec un code couleur aux cols : noir pour la police militaire, rouge pour l'infanterie, vert pour la cavalerie, jaune pour l'artillerie, marron pour le génie, bleu pour le transport.
La première unité aérienne du Mandchoukouo fut formée sur le terrain d'aviation de Xinjing avec un seul biplan Nieuport-Delage NiD.29 français. Des bombardiers Kawasaki Type 88 et des chasseurs Nakajima Type 91 furent ensuite transférés du Japon. Deux autres unités furent créées à Fengtian et Harbin en 1938-1939. Cette aviation souffrait d'un manque chronique de carburant, l'aviation japonaise étant prioritaire pour les approvisionnements.
Fiabilité et désertions
La loyauté de ces troupes était douteuse : lorsque des victoires des forces de résistance anti-japonaises furent connues, des centaines de soldats de l'armée impériale du Mandchoukouo désertèrent pour rejoindre ces volontaires, faisant passer certaines unités de résistance de 4 500 à 15 000 hommes en à peine un mois
En résumé, la Manshūkoku Gun était une armée de façade, numériquement significative mais militairement dépendante du Japon, dont la valeur combattante réelle restait très limitée, notamment à cause du faible moral et des désertions fréquentes.
Les forces blindées du Mandchoukouo sont modestes et constituent essentiellement des unités de reconnaissance et de police motorisée. Tout le matériel blindé provient de l'armée impériale japonaise (IJA), qui transfère en Mandchourie ses chars obsolètes au fur et à mesure de leur remplacement par des modèles plus modernes en première ligne.
Couleurs et camouflages japonais en Mandchourie
Les chars et blindés en service au Mandchoukouo portent les livrées de l'Armée Impériale Japonaise (IJA), sans modification notable pour les forces du Mandchoukouo lui-même. La couleur de base du matériel blindé japonais de la période est un vert kaki spécifique (approximation RAL 6003 Olivgrün, teinte locale plus jaune-vert que l'Olive Drab américain), souvent décrit comme midori-kaki ou guntai-shoku (couleur militaire).
À partir de 1937–1938, l'IJA adopte un système de camouflage bicolore pour ses blindés : base vert kaki + bandes brun-ocre (tsuchi-iro, couleur de terre) tracées horizontalement ou verticalement selon les ateliers. Ces bandes sont appliquées à l'atelier avant le déploiement et parfois retouchées sur le terrain par les équipages. En Mandchourie terrain de steppe, de forêt de conifères et de zones marécageuses ce bicolore vert + brun s'avère relativement adapté.
Couleurs de l'IJA / Mandchoukouo en Mandchourie :
Base vert kaki japonais : approximation entre RAL 6003 (Olivgrün) et FS 34102 — nuance locale jaune-verte
Bandes brunes (1937+) : brun-ocre (tsuchi-iro) — approximation RAL 8010 Lehmbrown
Application : bandes verticales ou horizontales, tracées au pinceau large, contours relativement nets
Hiver : certains blindés reçoivent un badigeon de chaux blanche pour les opérations hivernales
Pour ce camouflage il faut utiliser les teintes suivantes
Vallejo modélisme : base 70.979 German Camo Dark Green + bandes 70.921 English Uniform Tamiya modélisme : base XF-13 JA Green + bandes XF-52 Flat Earth
La tankette Type 94 Te-Ke (1934) est le véhicule blindé le plus caractéristique du Mandchoukouo. Pesant 3,5 tonnes et armée d'une seule mitrailleuse de 6,5 mm (remplacée par un canon de 37 mm sur la variante Type 97), elle est produite à environ 823 exemplaires et très largement déployée en Mandchourie pour les missions de patrouille et de lutte contre les partisans.
En livrée vert kaki monochrome dans un premier temps, les Te-Ke reçoivent à partir de 1937 les bandes brunes de l'IJA. En hiver — et les hivers mandchouriens sont brutaux, avec des températures descendant à −30 °C — une couche de chaux blanche diluée est appliquée en dépôt direct sur la peinture existante, offrant un camouflage hivernal sommaire mais efficace pour les patrouilles en zone enneigée.
La Mandchourie dispose d'un réseau ferroviaire dense, héritage de la compétition russo-japonaise du début du siècle (chemin de fer de l'Est chinois, ligne sud-mandchourie). Ces lignes sont vitales pour le contrôle du territoire, et les deux camps japonais/mandchoukouo et partisans anti-japonais les utilisent intensément.
Les blindés ferroviaires du Mandchoukouo (Type 94 tetsudo soko sha) sont des wagons blindés équipés de tourelles de tankettes ou d'armements divers, qui circulent sur les voies pour assurer la protection des convois et des installations clés. Leur livrée est généralement le vert kaki standard IJA, parfois avec des nuances gris-acier sur les parties métalliques non peintes. Ces véhicules originaux constituent une spécificité visuelle forte du théâtre mandchourien.
Voyons un peu l histoire de ces blindés ferroviaires en Mandchourie entre 1931–1945
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La Mandchourie des années 1930 est avant tout une terre de chemin de fer avec deux réseaux gigantesques qui la quadrillent :
le Chemin de fer de Mandchourie du Sud (Minami-Manshū Tetsudō, dit Mantetsu), artère économique japonaise reliant Dalian à Moukden puis Changchun,
le Chemin de fer de l'Est chinois (CER), héritage russe au nord. Ces lignes représentent l'épine dorsale logistique de tout contrôle politique et militaire de la région sans elles, impossible d'acheminer troupes, charbon et soja sur des distances de plusieurs centaines de kilomètres dans des conditions hivernales extrêmes.
Dès l'incident de Mukden (septembre 1931) et la création du Mandchoukouo en mars 1932, l'Armée du Kwantung comprend que tenir la Mandchourie signifie avant tout tenir ses rails. Or les guérillas anti-japonaises telles que les bandes de l'ancien gouverneur Zhang Xueliang, partisans communistes, honghuzi (brigands de Mandchourie) font du sabotage ferroviaire leur arme principale : rails descellés dans la nuit, ponts dynamités, embuscades contre les convois. La réponse japonaise sera le blindé ferroviaire.
Les précurseurs improvisés (1920–1933)
Les premières unités ferroviaires blindées japonaises en Mandchourie sont des trains de fortune, des wagons de voyageurs ordinaires des années 1920 auxquels on a simplement ajouté des plaques d'acier, des meurtrières et des mitrailleuses. Ces compositions artisanales patrouillent les lignes du Mantetsu dès la fin des années 1920, avant même l'invasion de 1931. Peu documentées, elles constituent néanmoins le premier laboratoire tactique de l'IJA en matière de guerre ferroviaire blindée.
En 19311932, pendant les premières semaines de l'occupation de la Mandchourie, les Japonais récupèrent et utilisent également le Zaamurets, un train blindé russe de la Première Guerre mondiale qui avait servi successivement aux armées impériale russe, aux anarchistes ukrainiens, à la Légion tchécoslovaque et aux forces blanches avant d'échouer en Mandchourie — une prise de guerre d'une trajectoire historique extraordinaire
Le Type 93 « Sumida » La voiture blindée (1933) 'qui a la capacité à circuler indifféremment sur route et sur rail véhicule à double mode de déplacement, dit tetsudo sokosha ou automotrice blindée
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Avant le grand train blindé, l'IJA expérimente une solution plus légère et plus souple : la voiture blindée Type 93, conçue spécifiquement pour opérer indifféremment sur route ou sur rail. Armée de six mitrailleuses légères de 7,7 mm une sur chaque flanc, une à l'avant, une à l'arrière, une en tourelle), elle peut atteindre 40 km/h sur route et 60 km/h sur rail, et selon ses concepteurs, peut passer d'un mode à l'autre en moins de dix minutes grâce à des roues ferroviaires rétractables.
Elle est utilisée presque exclusivement en Chine et en Mandchourie. Sa conception ingénieuse avec six essieux ferroviaires équipés de jantes en caoutchouc amovibles en fait un outil de police motorisée très adapté aux zones où routes et voies ferrées s'entremêlent.
Le Train blindé Type 94 (1934–1945)
Le train blindé Type 94 est développé par l'IJA en 1934 et fabriqué par la Compagnie du Chemin de fer de Mandchourie du Sud. C'est la réponse directe aux insuffisances des solutions improvisées.
Genèse : à la suite de l'incident de Mukden en 1931, l'IJA reconnaît l'utilité stratégique des trains blindés pour sécuriser les vastes réseaux ferroviaires des territoires chinois occupés. Les opérations de 1933 contre le défilé de Shanhaiguan sur la Grande Muraille démontrent l'efficacité de la puissance de feu mobile sur rail, poussant l'IJA à en faire une priorité de développement.
Le Type 94 est assemblé à partir de châssis de wagons de marchandises modifiés fournis par les Chemins de fer gouvernementaux japonais, sur lesquels sont fixées des plaques d'acier rivetées offrant une protection jusqu'à 10 mm d'épaisseur. Il comprend initialement huit wagons spé0cialisés, portés ensuite à neuf.
Composition détaillée : la rame comprend un wagon d'alerte en tête (éclaireur et réparation de voie), deux wagons d'artillerie lourde (Kō et Otsu), un wagon d'artillerie secondaire (Hei), un wagon de commandement, une locomotive blindée de type Mikado, un tender et un wagon générateur d'électricité. L'armement principal comprend deux canons anti-aériens de 100 mm Type 14 en tourelles pivotantes à 270°, deux canons de 75 mm Type 88 et de nombreuses mitrailleuses Type 92 de 7,7 mm réparties sur l'ensemble de la composition.
La puissance de feu du train blindé japonais dépasse celle de la plupart des unités d'infanterie de l'IJA, ce qui en fait l'un des systèmes d'armes les plus puissants de l'armée japonaise
La locomotive peut atteindre 65 km/h sur voie plate, avec une autonomie de 150 km sans ravitaillement. Le wagon de tête emporte des traverses et des rails de rechange pour réparer les sabotages de voie sur place.
Mais il a des limites comme sa dépendance totale à la voie ferrée et sa vulnérabilité aux attaques aériennes ce qui limitent son efficacité à mesure que la guerre progresse. Un train blindé ne peut circuler que s'il y des rails et le sabotage d'un seul tronçon suffit à l'immobiliser.
Un seul exemplaire de ce train est construit. Il est affecté à la 1re Unité de trains blindés en Mandchourie et sert jusqu'à la capitulation japonaise de 1945.
Le Type 95 So-Ki est une voiture ferroviaire blindée légère dérivée du châssis du char léger Type 95 Ha-Go. Avec un équipage de six hommes et un moteur à essence de 84 chevaux, elle peut atteindre 72 km/h sur rail et 30 km/h sur route. Elle n'emporte pas d'armement fixe — les servants utilisent leurs armes individuelles depuis les ouvertures de tir. Elle est déployée pour les patrouilles et la protection des voies ferrées aussi bien en Mandchourie qu'en Birmanie. Plus légère et plus nombreuse que le grand train blindé Type 94, la So-Ki est l'outil quotidien de la surveillance ferroviaire : rapide, maniable, capable de couvrir des centaines de kilomètres de ligne en quelques heures.
Rôle opérationnel et guerre anti-partisans
Le réseau ferroviaire du Mandchoukouo est en permanence menacé. La Mandchourie est héritière d'une compétition acharnée entre la Russie et le Japon pour le contrôle des lignes ferroviaires depuis le début du XXe siècle, et les deux puissances ont chacune armé des partisans qui maîtrisent parfaitement les techniques de sabotage. Les documents diplomatiques américains de 1932 témoignent de la violence de cette guérilla : en août 1932, 200 bandits attaquent à courte portée un train de voyageurs sur la ligne Fengtian-Shanhaiguan, tuant deux personnes ; un train blindé transportant un officier de renseignement japonais est attaqué par 200 soldats du Jehol.
Face à ces menaces constantes, les trains blindés remplissent trois fonctions
patrouille préventive sur les lignes sensibles
intervention rapide après un sabotage signalé,
escorte des convois de ravitaillement.
Leur présence dissuasive sur les axes stratégiques comme les lignes Moukden-Dalian, lignes vers Harbin, frontière soviétique est autant psychologique que militaire.
En Août 1945 tout va s'arreter déployés par l'Armée du Kwantung, les trains blindés japonais patrouillent les lignes ferroviaires clés contre le sabotage partisan et les attaques chinoises pendant toute la guerre sino-japonaise (1937–1945). Quand l'URSS déclare la guerre au Japon le 8 août 1945 et lance l'opération Tempête d'Août, les blindés ferroviaires se retrouvent face à une situation pour laquelle ils n'ont pas été conçus : un affrontement avec une armée blindée moderne dotée de T-34/85. Incapables de quitter leurs rails, ils sont contournés, détruits ou capturés en quelques jours. Le matériel ferroviaire récupéré par les Soviétiques et partiellement transmis aux forces communistes chinoises alimentera les débuts de l'Armée Populaire de Libération.
En résumé, les blindés ferroviaires du Mandchoukouo/IJA illustrent une doctrine particulière : la guerre contre-insurrectionnelle sur un territoire immense à faible densité de routes, où le train reste le seul vecteur logistique fiable. Du wagon de fortune des années 1920 au train blindé Type 94 sophistiqué de 1934, c'est une réponse originale à la géographie mandchoue et une spécificité visuelle et tactique qui n'a pas d'équivalent sur les autres théâtres de la Seconde Guerre mondiale.
La bataille de Khalkhin Gol (mai–septembre 1939), qui oppose l'Armée du Kwantung japonaise à l'armée soviétique de Joukov aux frontières mongolo-mandchoues, est un choc blindé majeur. L'IJA y subit une défaite cuisante face aux T-34 et BT-7 soviétiques. Cette défaite conduit l'IJA à reconsidérer sa doctrine blindée, mais les blindés du Mandchoukouo n'y participent pas directement.
Le 8 août 1945, l'URSS déclare la guerre au Japon et lance l'opération Tempête d'Août contre la Mandchourie. En moins de deux semaines, l'Armée du Kwantung et avec elle les forces du Mandchoukouo s'effondrent face aux blindés soviétiques (T-34/85, IS-2, SU-100). Le 15 août 1945, Hirohito annonce la capitulation du Japon. L'État du Mandchoukouo cesse d'exister ; Puyi est capturé par les Soviétiques.
Le matériel blindé japonais capturé en Mandchourie chars Type 97 Chi-Ha, tankettes Te-Ke, canons d'assaut, véhicules blindés est partiellement conservé par les Soviétiques (qui en cèdent une partie aux forces communistes chinoises de Mao, et partiellement détruit ou abandonné.
Ce matériel donne naissance aux premières unités blindées de l'Armée Populaire de Libération.
A l'origine on ne trouve que des prises de guerre japonaises en 1945 carl 'APL ne reçut aucune aide soviétique pendant la guerre civile et le conflit sino-japonais Aussi elle ne compta que sur ses propres ressources et les prises de guerre. C'est à la capitulation japonaise de 1945 qu'elle put se doter de ses premiers blindés : des chars légers japonais capturés, qui resteront en service jusqu'au début des années 1950.
Le char "Gongchen" — le tout premier
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L'histoire du premier char de l'APL est connue avec précision. En novembre 1945, un cadre du PCC nommé Gao Ke fut envoyé à la fabrique 918 de Shenyang (ancienne usine de réparation de chars de l'armée du Guandong) pour une mission de renseignement. Il y découvrit plusieurs chars japonais. Il fut chargé d'en déplacer deux des Type 97 Chi-Ha Kai— à l'ouest de la voie ferrée pour les cacher. Avec l'aide de techniciens japonais, après dix jours de travail, deux chars, deux véhicules blindés, deux tracteurs et une voiture furent remis en état.
À leur arrivée, le commandant de l'artillerie du Nord-Est, Zhu Rui, serra la main des deux hommes en disant : "Vous ne nous avez pas apporté juste un char, mais une unité blindée." Ce jour-là fut annoncée la création du premier bataillon de chars de l'APL, le Bataillon de chars du Nord-Est, avec Sun San comme commandant. Ce Type 97 Chi-Ha Kai devint officiellement le premier engin blindé de l'histoire des forces blindées de l'APL.
Au fil de la guerre civile (1946-1949), l'APL récupère en masse le matériel du KMT y compris des chars américains M4 Sherman et M3 Stuart fournis aux nationalistes par Washington. Chaque défaite du Kuomintang enrichit le parc blindé communiste.
Bilan à la proclamation de la RPC (1949)
L'APL disposait alors d'une force blindée hétéroclite : Types 97 japonais, M4 Sherman américains capturés, et quelques blindés légers soviétiques récupérés indirectement. Ce n'est qu'après 1950, avec l'aide soviétique massive, que l'APL reçut des T-34/85 en quantité et put bâtir une véritable arme blindée homogène.
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En résumé : l'APL blindée est née de récupération opportuniste, pas d'une planification doctrinale ce qui tranche radicalement avec le modèle soviétique ou occidental.
Palette comparative KMT Vs Mandchoukouo
Contraste entre les deux entités
Le contraste chromatique entre les blindés du KMT et ceux du Mandchoukouo est saisissant et reflète la différence de leurs situations respectives :
Le KMT présente la plus grande diversité de livrées de toute l'Asie orientale : kaki français (FT-17), kaki britannique (Vickers), vert soviétique (T-26, BT-5), Olive Drab US (Stuart, Sherman) — un arc-en-ciel de cinq nations fournisseuses sur quinze ans.
Le Mandchoukouo présente au contraire une homogénéité presque totale : tout son matériel provient de l'IJA, dans les mêmes couleurs standardisées vert kaki + bandes brunes à partir de 1937.
Mais les conditions de terrain et de climat influent aussi . Ainsi le KMT opère de la jungle birmane (chaud/humide, végétation dense) à la plaine nord-chinoise (semi-aride, poussiéreuse), tandis que le Mandchoukouo fait face aux hivers sibériens (neige, −30 °C) et aux steppes semi-désertiques d'où l'importance du camouflage hivernal blanc dans ce dernier.
Marquages spécifiques et identité visuelle
KMT : soleil blanc à 12 rayons (emblème du Kuomintang) sur fond bleu, peint sur la tourelle en temps de paix. En opération, souvent remplacé par un simple numéro tactique blanc ou noir.
Mandchoukouo : drapeau du Mandchoukouo (quatre bandes horizontales jaune/rouge/bleu/blanc) parfois peint sur la caisse, mais plus fréquemment les seuls marquages sont des numéros de série japonais. Les caractères chinois ou japonais identifiant l'unité sont peints au pinceau.
Les Chars américains du KMT vont conserver l' étoile blanche US parfois barrée d'une barre centrale comme sur le modèle post-1943 , accompagnée de caractères chinois identifiant l'unité .Alors que les T-26 du KMT verront : l'étoile rouge soviétique systématiquement supprimée et remplacée par le soleil blanc KMT ou un numéro tactique.
Tableau récapitulatif — Véhicules et camouflages
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Entité
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Véhicule
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Origine
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Période
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Couleur base
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Schéma camo
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Remarques
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Chine KMT
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Renault FT-17 / NC-27
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France
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1927–1937
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Kaki olivâtre
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Monochrome
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24 FT-17 achetés en 1927–1929, premiers chars chinois
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Chine KMT
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Vickers Mk.E (type B)
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Royaume-Uni
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1934–1942
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Kaki vert brit. + brun
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Bicolore taches
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36 exemplaires — principal char KMT avant livraisons soviétiques
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Chine KMT
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Carden Loyd Mk.VI
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Royaume-Uni
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1930–1938
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Kaki olivâtre
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Monochrome
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Tankettes de liaison, 16 exemplaires
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Chine KMT
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T-26 mod. 1933
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URSS
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1938–1942
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Vert 4BO + adaptation
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Mono ou bicolore
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82 unités livrées 1938–1939. Base vert 4BO, parfois taches brunes
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Chine KMT
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BT-5
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URSS
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1938–1940
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Vert 4BO soviétique
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Monochrome
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Lot de chars rapides livrés en 1938, engagés contre le Japon
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Chine KMT
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T-34/76 mod. 1943
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URSS
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1945
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Vert 4BO
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Monochrome
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Livrés par l'URSS après Hiroshima, très peu engagés
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Chine KMT
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M3A3 Stuart
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USA
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1942–1945
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Olive Drab US + local
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Monochrome / bicolore
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Reçu via Lend-Lease, premier char américain en service KMT
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Chine KMT
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M4A4 Sherman
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USA
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1944–1945
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Olive Drab US
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Monochrome
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Livrés aux unités de la 1re Armée blindée en Birmanie
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Chine KMT
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M5A1 Stuart
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USA
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1944–1945
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Olive Drab US
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Monochrome
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Birmanie — 1re Armée blindée chinoise sous cmd US (Stilwell)
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Chine KMT
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Blindés improvisés
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Chine
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1930–1945
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Variable
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Variable
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Camions blindés artisanaux, ferroviaires, livrées de fortune
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Mandchoukouo
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Type 94 Te-Ke
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Japon
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1935–1945
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Vert kaki japonais
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Monochrome
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Tankette légère IJA transférée à l'armée du Mandchoukouo
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Mandchoukouo
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Type 97 Te-Ke
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Japon
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1939–1945
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Vert kaki + bandes brunes
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Bicolore bandes
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Version améliorée, canon 37 mm, livrée bicolore bandes verticales
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Mandchoukouo
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Type 89 Chi-Ro
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Japon
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1935–1941
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Vert kaki japonais
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Monochrome
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Char moyen IJA en service dans les unités de garnison
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Mandchoukouo
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Type 94 Blindé rail
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Japon
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1933–1945
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Vert kaki / gris
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Monochrome
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Automoteur ferroviaire blindé très caractéristique de Mandchourie
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Mandchoukouo
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Ford TT Blindé
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USA/local
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1932–1938
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Kaki terne
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Monochrome
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Véhicule blindé improvisé sur châssis Ford, période initiale
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Mandchoukouo
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Type 92 Jyu-Sokosha
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Japon
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1934–1942
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Vert kaki japonais
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Monochrome
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Véhicule blindé léger à roues, reconnaissance et police
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Softkins Véhicules non blindés et matériels annexes
Chine nationaliste
Le parc automobile du KMT est l'un des plus hétéroclites d'Asie avec des camions provenant de tous les pays Ford T, Dodge, Studebaker et GMC américains, camions soviétiques GAZ et ZIS, quelques Citroën et Renault français, et de nombreux véhicules japonais capturés.
La livrée standard est un kaki olivâtre local, mais les véhicules américains conservent souvent leur Olive Drab d'origine. Les camions soviétiques livrés avec les chars portent le vert 4BO. Cette disparité chromatique est caractéristique des convois KMT de la fin du conflit.
Les tracteurs d'artillerie, principalement des modèles américains (M5 High Speed Tractor, M4) livrés via Lend-Lease, portent l'Olive Drab standard. Les motos de liaison sont généralement des Indian ou Harley-Davidson américaines, en kaki ou en couleur civile repeinte.
Mandchoukouo
Les véhicules motorisés du Mandchoukouo suivent les normes japonaises : camions Isuzu, Toyota et Nissan en vert kaki IJA monochrome, motos de liaison (Rikuo Type 97, copie de la Harley-Davidson) en vert kaki mat. Les véhicules de police et de gendarmerie (Kempeitai mandchoue) portent parfois une livrée gris-bleu distincte de celle de l'armée régulière— un détail de différenciation intéressant pour le modélisme.
Sources & Conseils pour modélistes générés par IA
Les maquettes chinoises et mandchoukouo de la période 1930–1945 couvrent un spectre chromatique unique, de l'Olive Drab américain au vert soviétique en passant par le kaki britannique et le vert IJA.
Recommandations pratiques :
Vickers du KMT (bicolore) : base Vallejo 70.921 English Uniform + taches Vallejo 70.921 English Uniform assombri de 70.950 Black ou Tamiya XF-64 Red Brown. Les taches doivent avoir des bords légèrement fondus à l'aérographe.
T-26 en Chine : base Vallejo 70.894 Camouflage Olive Green (vert 4BO) + taches éventuelles Vallejo 70.916 Sand Yellow pour les adaptations chinoises. Ajouter un wash brun foncé (Vallejo 73.200) pour simuler la boue des campagnes chinoises.
M4A4 Sherman KMT (Birmanie) : Vallejo 70.894 Camouflage Olive Green ou Tamiya XF-62 Olive Drab. Effets de boue rouge birmane avec pigments MIG P231 ou Vallejo 73.122 Red Ochre.
Te-Ke / Type 97 japonais (Mandchoukouo) : base Vallejo 70.979 German Camo Dark Green (vert IJA), bandes Vallejo 70.921 English Uniform ou Tamiya XF-52 Flat Earth. Contours de bandes plus nets que les taches amibiques européennes.
Camouflage hivernal mandchourien : appliquer du blanc (Vallejo 70.951 White) dilué au 1:3 à l'aérographe sur la livrée vert kaki, en laissant des zones de vert apparaître. Simuler l'écaillement avec un pinceau à éponge (stippling) en couleur de base.
Effets de rouille et d'usure : les chars chinois et mandchouriens souffrent d'un entretien souvent médiocre. Rouille sur les joints de tourelle, traces de gazole sur les bas de caisse, et usure du bord des chenilles sont très caractéristiques.
Caractères chinois : des décalcomanies spécifiques existent chez Archer Fine Transfers et Bison Decals pour les marquages du KMT. Pour les caractères japonais des unités du Mandchoukouo, les feuilles IJA standard (Cartograf, Fujimi) sont adaptées.