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France Etat Major Machéchal Berthier

Article fait par :Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 23/05/2026 à 23:49:13



LE MARÉCHAL BERTHIER
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France Etat Major Machéchal Berthier
Armure Maréchal Berthier
Etat Major Maréchal Berthier Bicorne 1812 Moscou
Etat Major Maréchal Berthier Uniforme Moscou 1812
Napoléon I 1804 Baton Maréchal Louis Alexandre Berthier Paris
Napoléon I 1804 Baton Maréchal Louis Alexandre Berthier Moscou
Aide de Camp Maréchal Berthier
 
 
Chronologie — Louis-Alexandre Berthier

 
Date
Événement
20 nov. 1753
Naissance à Versailles, fils de Jean-Baptiste Berthier, ingénieur des camps et armées du Roi
1766
Ingénieur-géographe des camps et armées du Roi
1777-1783
Guerre d'Amérique — sert sous La Fayette — première expérience de la guerre moderne
1789
Chef d'état-major de La Fayette à la Garde nationale parisienne — lieutenant-colonel
1792-1795
Général de brigade — Guerres de la Révolution — reçoit quatre blessures à Saumur (1793)
27 mars 1796
Chef d'état-major de Bonaparte à l'armée d'Italie — date charnière de son existence
1798-1799
Campagne d'Égypte — chef d'état-major de l'armée d'Orient
1800
Marengo — blessé par balle au bras — début d'une série de grandes victoires
19 mai 1804
Nommé Maréchal de l'Empire — l'un des 18 premiers maréchaux
1804-1807
Ministre de la Guerre — Austerlitz — Iéna — Friedland
1806
Prince de Neuchâtel — rente annuelle d'un million de francs — château de Chambord
Mars 1808
Mariage forcé par Napoléon avec Marie-Élisabeth de Bavière — 30 ans de moins que lui
1809
Wagram — Prince de Wagram — Représente Napoléon au mariage avec Marie-Louise à Vienne
1er fév. 1812
Major-Général de la Grande Armée pour la campagne de Russie
Juin-sept. 1812
Avance vers Moscou — Borodino (7 sept.) — entrée dans Moscou (14 sept.)
19 oct. 1812
Début de la retraite de Moscou — catastrophe imminente
Nov.-déc. 1812
Retraite catastrophique — perte de tous ses bagages — argenterie — habits — effets personnels
24 déc. 1812
Lettre à sa femme de Königsberg — « J'ai perdu toute mon argenterie, tous mes effets... 80 000 francs »
Janv. 1814
Blessé d'un coup de lance à la tête à Brienne — dernière campagne
Juin 1814
Capitaine des Gardes du corps du Roi — Pair de France — rallie Louis XVIII
1er juin 1815
Mort à Bamberg (Bavière) — défenestration en circonstances obscures — veille de Waterloo
 
Biographie
Sa famille est une  famille au service du Roi .Louis-Alexandre Berthier naquit le 20 novembre 1753 à l'Hôtel de la Guerre de Versailles  dans les murs mêmes du pouvoir royal. Son père, Jean-Baptiste Berthier, était ingénieur ordinaire des camps et armées du Roi — un homme de technique et de service au service de l'État militaire. La famille venait d'être anoblie en 1763, après une ascension progressive dans les fonctions d'État.
Berthier entra très jeune dans la carrière des armes par la filière de l'ingénierie géographique — une formation qui allait marquer toute sa carrière. Ingénieur-géographe des camps et armées dès 1766, à treize ans seulement, il apprit à lire le terrain, à cartographier les positions, à organiser la logistique des armées. Ces compétences techniques allaient faire de lui le chef d'état-major le plus efficace de son époque.
Entre 1777 et 1783 1783, le jeune Berthier servit dans les forces françaises envoyées soutenir l'indépendance américaine sous le commandement de La Fayette et Rochambeau. Cette expérience fut formatrice à plus d'un titre  il y découvrit les réalités d'une guerre moderne sur un théâtre d'opérations immense, y affina ses techniques cartographiques, et y acquit une connaissance pratique de l'organisation des états-majors à l'américaine.
De retour en France, il devint rapidement l'un des officiers d'état-major les plus réputés de l'armée royale— une réputation qui lui valut d'être choisi par La Fayette comme chef d'état-major de la Garde nationale parisienne dès l'automne 1789.
Mais la période de la Révolution est difficile pour lui  En effet Berthier n'est pas à laise durant cette période et il navigue à vue dans les tempêtes politiques. Son  manque d'enthousiasme lui valut les attaques de Marat et plusieurs destitutions successives  mais qui sont toujours suivies de reprises des postes  car ses compétences techniques étaient irremplaçables. Ce n'était ni un homme politique ni un idéologue c'était un technicien, et les techniciens étaient rares.Quoique la révolution n'a pas besion de savant aurait dit un juge du tribunal à Lavoisier
En 1793, lors de la prise de Saumur, il reçut quatre blessures  preuve que cet homme de bureau savait aussi se battre. Mais sa vocation profonde restait l'organisation, la planification, la coordination  pas le combat.
La date du 27 mars 1796 marqua le tournant absolu de l'existence de Berthier. Ce jour-là, il devint chef d'état-major de Bonaparte à l'armée d'Italie. Ils ne vont plus se quitter
Les deux hommes se comprirent presque immédiatement. Bonaparte avait le génie stratégique, la fulgurance décisive, l'intuition du champ de bataille  mais il lui manquait la capacité à traduire ses visions en ordres précis, coordonnés, transmis à temps à toutes les unités concernées. Berthier avait exactement ce qui manquait à Bonaparte  une rigueur administrative absolue, une mémoire extraordinaire, une capacité de travail surhumaine, et le talent rare de transformer en ordres clairs et exécutables les impulsions parfois contradictoires de son général.
Chef d'état-major incomparable de 1796 à 1814, Berthier fut présent à toutes les grandes campagnes napoléoniennes de l'Italie, Égypte, Marengo, Austerlitz, Iéna, Eylau, Friedland, Wagram, Russie, campagne d'Allemagne, campagne de France. Il exécutait de jour comme de nuit les ordres de l'Empereur, rédigeait les dépêches, coordonnait les corps d'armée, organisait les marches et les ravitaillements.
Napoleon a dit de lui à St Hélène  Il expédiait tous les ordres et les différents détails particuliers avec une régularité, une précision et une promptitude admirables... et il aurait conclus  Si j'avais eu Berthier, je n'aurais pas eu ce malheur.
Cette dernière phrase dit tout. À Waterloo, sans Berthier, Napoléon ne disposait plus de la machine administrative qui avait rendu possibles toutes ses victoires. Le Major-Général était irremplaçable  et son absence en juin 1815 fut l'une des raisons profondes de la catastrophe finale. Soult n" a pas pu le remplacer
Pas contre comme commandant chef d'une grande unité en temps que  commandant en chef  par deux fois ce fut un echec
Par deux fois, Napoléon confia à Berthier le commandement en chef d'une armée en Italie en 1798 et en Allemagne au printemps 1809. Les deux expériences furent des échecs retentissants. Berthier n'était pas un homme de guerre car il n'avait ni le coup d'œil tactique, ni l'audace décisive, ni l'autorité naturelle qui font les grands capitaines. C'était un exécutant d'un génie absolu, mais absolument incapable de prendre seul des décisions stratégiques.Cette limitation était connue de Napoléon, qui ne lui confia plus jamais de commandement autonome après 1809. Mais elle ne diminuait en rien l'admiration et la dépendance de l'Empereur envers son Major-Général.
Berthier après la Russie
Après la retraite de Russie, Berthier continua à servir Napoléon lors des campagnes de 1813 et 1814  mais dans un état de fatigue et d'épuisement moral qui transparaissait de plus en plus. À Brienne en janvier 1814, il reçut un coup de lance à la tête  une blessure de plus dans une longue liste.
La chute de l'Empire en avril 1814 le surprit dans une situation impossible. Après avoir tout donné à Napoléon pendant dix-huit ans, il rallia Louis XVIII  une décision que l'Histoire lui reprocha longtemps, même si elle était compréhensible pour un homme épuisé, blessé, et qui avait trois enfants à protéger.
 La Mort de Berthier
Les Cent-Jours trouvèrent Berthier en Bavière, réfugié à Bamberg avec la famille royale française après l'arrivée de Napoléon à Paris. Il n'avait pas rejoint l'Empereur  une trahison que Napoléon ressentit profondément, et que certains attribuèrent à l'influence de sa femme bavaroise.
Le 1er juin 1815, cinq jours avant Waterloo, Berthier mourut à Bamberg dans des circonstances que l'Histoire n'a jamais complètement élucidées — une chute depuis une fenêtre du palais du prince de Hohenlohe. Suicide ? Accident ? Assassinat ? Chaque hypothèse a ses partisans.
La thèse du suicide est la plus souvent retenue  un homme épuisé, tiraillé entre sa loyauté à Napoléon et sa situation en Bavière, voyant défiler sous ses fenêtres les troupes russes et bavaroises qui marchaient contre la France. Selon certains témoins, il aurait regardé longtemps défiler ces armées avant de tomber.
« Du côté de Berthier, il y a une profonde fidélité, une immense admiration pour l'Empereur, même si ses sentiments vont s'émousser progressivement, à partir de 1812, face aux réponses impériales méprisantes. »
Il avait 61 ans. Son nom est inscrit sur la 23e colonne du pilier sud de l'Arc de Triomphe — l'un des rares maréchaux à n'avoir jamais commandé de grande victoire, mais sans lequel aucune des grandes victoires napoléoniennes n'aurait été possible.
Voyons le Train de Vie de celui qui sera prince de Neutchatel
Il fut largement récompensé par Napoléon Les services rendus par Berthier furent récompensés avec une prodigalité qui témoignait de l'estime  ou plutôt de la dépendance  de Napoléon envers son chef d'état-major.
Voici un état des titres et décorations 
Année
Récompense
1804
Maréchal de l'Empire — l'un des 18 premiers maréchaux nommés le 19 mai 1804
1804
Grand Aigle de la Légion d'honneur — le grade suprême de l'ordre
1804
Vice-Connétable de l'Empire — l'une des grandes dignités impériales
1804
Ministre de la Guerre — cumul avec les fonctions de Major-Général
1805
Château de Grosbois à Boissy-Saint-Léger — résidence princière
1806
Prince de Neuchâtel — souveraineté sur la principauté suisse
1806
Château de Chambord offert en dotation — le plus grand château de la Loire !
1806
Rente annuelle d'un million de francs — fortune colossale
1809
Prince de Wagram — second titre de souveraineté
Tout au long
Hôtel de Monaco à Paris (rue Saint-Dominique) — l'une des plus belles demeures de la capitale
Le château de Grosbois  acquis par Berthier en 1805, devint rapidement l'une des demeures les plus fastueuses de l'Empire. Berthier y investit des sommes considérables pour transformer ce château du XVIIe siècle en résidence digne d'un prince souverain.
Les intérieurs étaient décorés avec un luxe qui reflétait les goûts de Berthier  mobilier Empire de première qualité, tableaux de maîtres, argenterie, porcelaines de Sèvres. Berthier avait des goûts d'aristocrate — il aimait les belles choses, les arts, le raffinement. Cette passion du beau et du luxe allait se retrouver dans l'équipement extraordinaire qu'il emportait en campagne.
Le Grand Veneur de l'Empereur
Parmi ses fonctions officielles, Berthier était Grand Veneur de l'Empereur  responsable de l'organisation des chasses impériales. Cette charge lui donnait accès permanent à Napoléon dans les périodes de paix et renforçait encore sa position au coeur du pouvoir.
Cette fonction explique aussi une partie de son train de vie  le Grand Veneur devait recevoir avec éclat, organiser des chasses prestigieuses, entretenir des meutes et des équipages dignes de la majesté impériale.
Ses Amours
La vie sentimentale de Berthier fut marquée par une passion extraordinaire et tragique. Épris follement de la marquise Visconti depuis la campagne d'Italie de 1796, il l'aima pendant des années avec une fidélité absolue  entretenant avec elle une correspondance passionnée que ses contemporains considéraient comme l'unique faiblesse de cet homme par ailleurs si maître de lui.
Napoléon mit fin à cette liaison en 1808 en forçant Berthier à épouser Marie-Élisabeth de Bavière-Birkenfeld  une alliance dynastique qui consolidait les liens avec la Bavière. Le mariage eut lieu en mars 1808. Marie-Élisabeth avait trente ans de moins que son mari. Trois enfants naquirent de cette union  Napoléon-Alexandre en 1810, Marie-Anne et Caroline.
Le mariage forcé ne guérit pas Berthier de son amour pour la marquise Visconti  il continua à la voir en secret pendant des années, dans une situation dont ses contemporains témoignent avec une certaine compassion pour cet homme puissant mais profondément malheureux dans sa vie privée.
Le train de vie en campagne 
Ce qui rendait Berthier singulier parmi les maréchaux  et fascinait ou scandalisait ses contemporains  était son refus absolu de renoncer à son confort et à son luxe en campagne. Alors que d'autres maréchaux partageaient parfois les difficultés de leurs troupes, Berthier voyageait avec un équipage proprement princier.
Son train de campagne comprenait 
Plusieurs voitures de voyage luxueusement équipées  dont une berline de commandement et des fourgons pour les bagages
Une argenterie complète de table  assiettes, couverts, plats, saucières, candélabres
Une cave de voyage  vins fins de Bourgogne et de Bordeaux, champagnes
Une bibliothèque portative  cartes, ouvrages de référence, archives d'état-major
Plusieurs malles d'uniformes et d'habits grande tenue, petite tenue, habits de cour, habits de dignitaire
Un service de cuisine complet et son  cuisinier qui était réputé
Des tapis, rideaux et tentures pour aménager ses quartiers
De nombreux domestiques  valets, cuisiniers, secrétaires, palefreniers
Ce train de vie colossal était à la fois un signe de sa puissance et une vulnérabilité militaire  comme allait cruellement le démontrer la campagne de Russie.
Les aides de camp
Un détail significatif et souvent méconnu illustre le statut absolument exceptionnel de Berthier dans la hiérarchie impériale En effet  ses aides de camp personnels portaient une livrée rouge. Cette couleur était extraordinairement rare dans l'armée française napoléonienne  contrairement aux armées britannique, autrichienne qui en usaient largement.
Ce choix délibéré du rouge pour ses aides de camp distinguait visuellement l'entourage immédiat du Major-Général sur le champ de bataille et lors des cérémonies  un signe supplémentaire du rang quasi souverain qu'occupait Berthier dans la Grande Armée.
Les Habits et Insignes de Berthier
Les tenues sont nombreuses et complexes
Berthier cumulait tant de titres et de fonctions que son vestiaire officiel était d'une complexité extraordinaire. Chaque dignité, chaque ordre, chaque fonction correspondait à un habit réglementaire distinct  avec ses couleurs, ses broderies, ses boutons et ses accessoires spécifiques.Un grand dignitaire de l'Empire comme Berthier possédait ainsi :
L'habit de Maréchal de l'Empire  drap bleu nuit avec broderies d'or de feuilles de chêne et de laurier sur toutes les coutures
L'habit de Vice-Connétable  habit de grande dignité impériale avec broderies spécifiques à sa fonction
L'habit de Grand Aigle de la Légion d'honneur  fonctions liées à l'ordre
L'habit de Grand Veneur  habit vert sombre avec broderies or spécifiques à la vénerie impériale
L'habit de Prince de Neuchâtel  tenue princière souveraine
Les habits de cour grande tenue et petite tenue pour les cérémonies aux Tuileries
La Campagne de Russie 1812
Berthier aborda la campagne de Russie avec un mauvais pressentiment qu'il n'essaya pas de dissimuler. Dès le début de la préparation, il multiplia les réserves et les objections  chose rare chez cet homme habituellement si docile aux volontés de Napoléon. Cette campagne lui semblait une aventure démesurée et imprudente.
Le 1er février 1812, il prit officiellement les fonctions de Major-Général de la Grande Armée pour cette campagne. Il accomplissait sa mission avec son professionnalisme habituel  mais sans la foi qui animait ses débuts. Les relations entre lui et l'Empereur s'étaient progressivement dégradées depuis 1812, face à ce que Berthier ressentait comme un mépris croissant de Napoléon à son égard.
Mais pendant l'avance vers Moscou, Berthier assura avec son efficacité coutumière les fonctions de coordination et de transmission des ordres. Il fut présent à la bataille de Borodino le 7 septembre 1812  la plus grande bataille de toute la campagne, qui coûta aux deux camps des pertes effroyables.
Le 14 septembre, la Grande Armée entra dans Moscou  une ville à moitié vide, bientôt en flammes. L'Empereur attendit en vain une capitulation russe qui ne vint jamais. Pendant les semaines d'attente au Kremlin, Berthier continuait à travailler  transmettant les ordres de Napoléon, maintenant le contact avec les corps d'armée dispersés, gérant les approvisionnements de plus en plus difficiles.
Le 1er octobre, Napoléon demanda à Berthier de faire augmenter l'armement et les fortifications du Kremlin. Le 14 octobre, il lui ordonna d'organiser l'évacuation des blessés vers Smolensk. Ces ordres témoignent que jusqu'aux derniers jours de l'occupation de Moscou, Berthier resta le pivot de toute l'organisation de la Grande Armée.
La retraite 19 octobre 1812
Le 19 octobre 1812, la Grande Armée quitta Moscou pour entamer ce qui allait devenir l'une des plus grandes catastrophes militaires de l'histoire. Berthier suivit l'Empereur dans la retraite, continuant à exercer ses fonctions de Major-Général dans des conditions de plus en plus dramatiques.La retraite fut une agonie progressive. Le froid s'abattit précocement et avec une violence inhabituelle  des températures de -25 à -30 degrés qui tuaient aussi sûrement que les balles. Les Cosaques harcelaient sans cesse les flancs et les arrières de la colonne, capturant isolés, traînards et bagages abandonnés. Les Cosaques avaient l'habitude de galoper autour de l'ennemi, attanquant les trains de bagages d' artillerie et encerclant les compagnies éparpillées ou isolées
La colonne s'étirait, encombrée par le butin amassé à Moscou et tiré dans diverses voitures. Des voitures qui finissaient toutes sur les bords des routes quand les chevaux succombaient à leur tour du froid et de la faim.
La perte des bagages de Berthier
Dans ce désastre, les bagages du Major-Général ne furent pas épargnés. Les fourgons de Berthier  chargés de son argenterie, de ses habits de cour, de ses uniformes de parade, de ses effets personnels, de ses instruments de travail  furent soit capturés par les Cosaques, soit abandonnés sur les routes de la retraite faute de chevaux pour les tirer.
C'est dans ce contexte que fut rédigée la lettre la plus poignante que Berthier ait jamais écrite  adressée à sa femme depuis Königsberg le 24 décembre 1812, alors que les lambeaux de la Grande Armée repassaient le Niémen :
« Je vous dirai mon amie que j'ai perdu toute mon argenterie, tous mes effets, que j'ai été obligé d'emprunter pour avoir le nécessaire J'ai perdu environ 80 000 francs. Le froid toujours excessif, on a peu mémoire d'un hiver si précoce et si rigoureux [...] L'armée souffre, on ne voit que morts, pieds, mains ou figures gelés, c'en est une calamité. Pour moi j'avoue que je suis fatigué, que j'ai besoin de repos. »
80 000 francs de pertes — une somme colossale, mais Berthier était l'un des hommes les plus riches de l'Empire. Ce n'est pas la perte financière qui compte ici  c'est le témoignage direct, dans sa propre écriture, de la catastrophe personnelle que représenta la retraite de Russie pour cet homme habitué au luxe absolu.
La capture des pièces conservées à Moscou
Les objets aujourd'hui conservés dans les musées moscovites  l'habit de grand dignitaire, le bicorne de grande tenue, le bâton de maréchal  furent capturés par les forces russes lors de la retraite. Plusieurs scénarios sont possibles :
Capture par les Cosaques lors d'une attaque sur le convoi de bagages du quartier général
Abandon sur la route lors de la nécessité de se délester des voitures devenues impossibles à traîner
Récupération à Vilna en décembre 1812 lors de l'attaque cosaque de la côte de Ponari qui prit plus de 100 canons et pilla les bagages
Ces pièces furent ensuite collectées par les autorités russes comme trophées de la victoire  témoignages matériels du triomphe russe sur la Grande Armée. Conservées précieusement, elles parvinrent jusqu'à nous dans un état remarquable 
Les artefatcs conservés à Moscou
Un habit drap bleu nuit avec broderies d'argent absolument somptueuses couvrant le col, les revers, les parements et les pans correspond à un habit de grande dignité civile plutôt qu'à un habit militaire.
Plusieurs éléments orientent vers un habit de Grand Dignitaire de l'ordre de la Légion d'honneur ou de Vice-Connétable :
e fond bleu nuit — couleur des fonctions civiles et de la Légion d'honneur
Les broderies d'argent — et non d'or comme pour les habits militaires des maréchaux
La nature purement florale des motifs — fleurs, rinceaux, palmes — sans les feuilles de chêne ou de laurier caractéristiques des habits militaires
La densité exceptionnelle des broderies — réservée aux plus hauts dignitaires
La coupe de l'habit habillé — caractéristique des tenues civiles de cérémonie
Le bicorne de grande tenue
Le bicorne conservé à Moscou est un bicorne de grande tenue  immédiatement identifiable à plusieurs caractéristiques :
Feutre noir de haute qualité
Galon d'or large tout autour des bords  réservé aux maréchaux et grands dignitaires
Garniture de plumes blanches marabout ou autruche  exclusive à la grande tenue de cérémonie
Le bicorne de campagne n'avait pas de plumes et un galon beaucoup plus sobre
La présence d'un bicorne de grande tenue dans les bagages de Russie confirme l'extraordinaire richesse de l'équipement que Berthier emportait en campagne  avec des pièces destinées aux cérémonies et aux revues, absolument inutiles dans les bivouacs de la Grande Armée mais indispensables pour maintenir l'apparat princier du Major-Général.
Le bâton de maréchal
Le bâton de maréchal 
Les bâtons de maréchaux d'Empire étaient des objets d'une richesse et d'un symbolisme extraordinaires :
Velours bleu nuit recouvert sur toute la longueur de broderies dorées
Motifs alternant les aigles impériales et les fleurs de lys dorées
Feuilles de chêne et de laurier brodées
Embouts en métal doré ciselé aux deux extrémités
Devise brodée : « Terror belli, decus pacis » — Terreur à la guerre, ornement de la paix
Le bâton de maréchal n'était pas seulement un insigne — c'était l'incarnation même de la dignité martiale suprême. Le perdre pendant la retraite de Russie était une humiliation symbolique qui ajoutait à la douleur de la défaite.
Ces  objets conservés à Moscou sont les témoins silencieux de cet homme extraordinaire. Capturés dans la neige et le chaos de la retraite de Russie, ils racontent mieux que n'importe quel texte l'écart vertigineux entre la splendeur du Premier Empire et la réalité brutale de sa chute.