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France La Grande Armée ou l Armée des Nations Juin 1812

Article fait par :Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 10/05/2026 à 15:04:49



France La Grande Armée ou l Armée des Nations  Juin 1812
1e Partie L 'Etat Major et la Garde Impériale
2e Partie La Grande Armée


Voir photoscopes ICI

 
 
 Tableaux générés par IA sur mes indications ou tiré des ouvrages de François Houdecek
Introduction
La mise sur pied de la Grande Armée de 1812 constitue un effort organisationnel sans précédent dans l'histoire militaire.
En effet Napoléon, anticipant un conflit avec la Russie dès mars 1812, trace dès octobre 1810 — alors que la rupture avec Alexandre Ier n'est pas encore consommée la première esquisse d'organisation. Napoléon supervise personnellement chaque détail de cette gigantesque mise sur pied par une préparation minutieuse
En 18 mois il inonde les ministres responsables de lettres ainsi
Clarke ministre de la Guerre
reçoit 1 844 lettres entre janvier 1811 et juin 1812, Berthier 794, Lacuée 387 et Davout 343.

La préparation progressive (1811-1812)
La structure de l'armée se construit par étapes successives, chacune répondant à des impératifs militaires et diplomatiques
De l'automne 1810 au passage du Niémen en juin 1812, Napoléon orchestre durant vingt mois une préparation colossale diplomatique, humaine, logistique et matérielle — pour assembler une force de près de 680 000 hommes. Un effort sans précédent dans l'histoire militaire, qui pousse le système de la Grande Armée à son point de rupture avant même que la campagne ne commence.

Mais comment on en est arrivé là et pourquoi la guerre devient inévitable vers 1810
Depuis Tilsit 1807, la Russie et la France sont officiellement alliées.
Voici les termes principaux des traités de Tilsit — en réalité deux traités distincts, signés les 7 et 9 juillet 1807.
Ces traités mettent fin à la guerre de la Quatrième Coalition après la victoire décisive de Napoléon à Friedland le 14 juin 1807. La première rencontre entre les deux empereurs eut lieu le 25 juin 1807, sur un grand radeau construit en huit heures par les sapeurs de la Garde impériale sur le Niémen, surmonté des aigles de Russie et de France.

1er traité Franco-russe (7 juillet 1807)
Les termes accordent des conditions étonnamment favorables à la Russie, nation pourtant vaincue. La plupart des concessions consenties par Alexandre le furent aux dépens de la Prusse, la Russie ne perdant aucun territoire à l'exception des îles Ioniennes. Les clauses principales sont une Alliance formelle entre les empires français et russe. Reconnaissance par la Russie de la Confédération du Rhin sous la protection de la France. Dantzig (Gdańsk) devient une ville libre. Reconnaissance par la Russie du Royaume de Westphalie, dont le roi est Jérôme Bonaparte.
En échange de l'engagement d'Alexandre d'adhérer au blocus contre l'Angleterre, Napoléon laisse les mains libres au tsar pour s'emparer de la Finlande (appartenant à la Suède) et dans son projet de démembrement de l'Empire ottoman — une clause prévoit le partage des possessions turques entre la Russie et la France. La Russie promet de fermer ses ports au commerce britannique et même de déclarer la guerre au Royaume-Uni si ce dernier refusait son offre de médiation, ce qui aura lieu en octobre 1807.
Les deux alliés s'engagent sur un partage du continent : à l'Empereur l'Occident, au tsar l'Orient et Constantinople.

Mais des articles secrets vont encore plus loin : le traité occulte contenait l'engagement de faire cause commune en toute circonstance, d'unir leurs forces de terre et de mer, de prendre les armes contre l'Angleterre si elle ne souscrivait pas aux conditions fixées, et de sommer en commun la Suède, le Danemark, le Portugal et l'Autriche de fermer leurs ports à l'Angleterre.
Il y aussi un 2e traité Franco-prussien (9 juillet 1807)
C'est la Prusse qui paie la totalité de la facture. Le royaume de Prusse se trouve amputé de moitié, ne conservant que quatre provinces Brandebourg, Poméranie, Silésie et Prusse orientale perdant près de cinq millions d'habitants sur neuf et demi. Elle perd tous ses territoires à l'ouest de l'Elbe, qui forment le nouveau royaume de Westphalie, ainsi que sa part de Pologne.
Napoléon donne naissance au duché de Varsovie en privant la Prusse de la Posnanie et de la Mazovie. Dantzig devient ville libre. La Prusse doit également s'engager à rejoindre le blocus continental contre l'Angleterre.

Don si on replace ce traité dans le contexte du temps, on peut juger qu'il était bon pour l'Empire. Mais la francophobie de l'entourage du tsar et sans doute d'Alexandre lui-même fut décuplée. Dès les mois qui suivirent Tilsit, la rupture était programmée, qui allait intervenir cinq ans plus tard et conduire l'Empire français à sa perte.
En effet l'alliance se fissure rapidement. Le blocus continental pierre angulaire de la stratégie napoléonienne contre l'Angleterre étouffe l'économie russe, qui dépend des exportations vers la Grande-Bretagne. Le rouble s'effondre, une crise financière s'installe.
In memoriam Alain Houot

Aussi dès 1810, le tsar Alexandre Ier ouvre ses ports aux navires neutres, contournant de facto le blocus. Napoléon se sent trahi. Parallèlement, les tensions montent en Pologne, dans les Balkans et en Allemagne. À partir de l'automne 1810, Napoléon est convaincu : une guerre avec la Russie est inévitable. Il décide d'agir le premier.
La chronologie montre qu’ Octobre 1810 on a une première esquisse d'organisation qui touche armée d'Allemagne sous le commandement de Davout et celle d’Italie avec Eugène
En Février 1811 l'armée d'Allemagne est restructurée par une lettre de Napoléon à Clarke du 13 février 1811 qui ordonne la restructuration complète de l'armée d'Allemagne
C'est la première grande étape organisationnelle, environ 16 mois avant l'entrée en campagne. À cette date, la rupture avec la Russie n'est pas encore formellement consommée, mais Napoléon anticipe déjà le conflit.

Cette restructuration de février 1811 consiste à réorganiser l'armée d'Allemagne commandée par Davout, qui constitue le noyau initial autour duquel toute la Grande Armée de 1812 sera construite. C'est la première brique d'un édifice qui mettra encore 16 mois à être achevé.
Trois mois plus tard seulement
en avril 1811 ce corps restructuré est déjà réparti en trois corps d'observation (Elbe, Rhin, Italie), ce qui montre la rapidité de l'évolution organisationnelle.
Voyons cette restructuration
Avec cette
restructuration de février 1811, Napoléon doit résoudre un problème diplomatique délicat : constituer une force militaire imposante orientée vers la Russie sans éveiller les soupçons. La solution est de créer des corps dont les noms géographiques masquent l'intention réelle un tour de passe-passe terminologique caractéristique de sa méthode.
Le Corps d'observation de l'Elbe
C'est le noyau central, formé directement depuis l'armée d'Allemagne de Davout. Il est positionné sur le cours de l'Elbe, fleuve qui constitue alors la frontière orientale des États vassaux français. C'est le corps le plus puissant des trois il sera d'ailleurs, en janvier 1812, scindé en deux pour donner naissance au futur 1er corps (Davout) et 2e corps (Oudinot) de la Grande Armée. Sa position géographique sur l'Elbe est déjà en elle-même orientée vers l'est, vers la Vistule et au-delà.
Le Corps d'observation du Rhin
Commandé par Ney, il est positionné plus à l'ouest, sur le Rhin. Son nom est délibérément trompeur le Rhin évoque la frontière avec l'Allemagne du Nord, pas la Russie. C'est précisément pourquoi Napoléon le rebaptise en juin 1811 Corps d'observation de l'Océan : pour faire croire que le dispositif est tourné vers le nord-ouest et donc vers l'Angleterre, et non vers le nord-est et la Russie. Ney prend ensuite la tête du camp de Boulogne. Ce corps deviendra le 3e corps de la Grande Armée en 1812.
Le Corps d'observation d'Italie
Issu de l'armée d'Italie du vice-roi Eugène de Beauharnais, ce troisième corps rassemble les forces stationnées dans le royaume d'Italie et en Illyrie. Il a une double fonction : couvrir le flanc sud du dispositif et rassembler les contingents italiens, croates et illyriens qui rejoindront la Grande Armée. Il deviendra le 4e corps d'Eugène en 1812 — celui qui comptera près de la moitié d'Italiens dans ses rangs (19 477 sur 44 798 hommes).
Il y a une logique d'ensemble car ces trois corps couvrent géographiquement tout le front de l'Elbe à l'Adriatique soit une ligne de 1 500 km. Leur déploiement répond à trois impératifs simultanés :
Militaire : constituer progressivement une masse de manœuvre sans déclencher une mobilisation générale prématurée
Diplomatique : maintenir l'ambiguïté sur les intentions françaises vis-à-vis de la Russie aussi longtemps que possible
Logistique : profiter du temps de mise en place (1811) pour accumuler les dépôts, les munitions et les équipages dans les places fortes de l'Elbe et de la Vistule
C'est en mai-juin 1811, lors de l'intégration des conscrits dans les unités, que ces trois corps sont refondus et qu'un
4e corps dit de Réserve est ajouté nouvelle étape vers la Grande Armée de 1812.
En Juin 1811 Il y ajout d'un 4e corps de cavalerie dit de Réserve sous le commandement de la Latour-Maubourg ,Il est composé de Régiments Cavalerie légère polonaise avec la division Rozniecki et de Unités de Grosse cavalerie mixte division Lorge, avec cuirassiers saxons et westphaliens
Murat est le commandant en chef de la Réserve de cavalerie, qui regroupe les 4 corps de cavalerie numérotés
(Nansouty, Montbrun, Grouchy, Latour-Maubourg).
Mais quel est le rôle de Murat
Murat en théorie ne commandait que La Réserve de cavalerie soit les 4 corps de cavalerie lourde et mixte, environ 40 000 cavaliers.Il faut avoir en tête que c‘est la plus grande concentration de cavalerie jamais réunie sous un seul commandement dans l'histoire militaire.
Par contre chaque corps d'infanterie avait sa propre cavalerie légère organique (hussards, chasseurs, lanciers intégrés au corps). Ces brigades légères dépendaient de leur général de corps d'armée, pas de Murat. Et pour finir La cavalerie de la Garde impériale commandée part Bessières était également indépendante de Murat car elle relevait directement de Napoléon.
Mais en pratique Murat était le grand chef de cavalerie de la campagne, celui qui menait les grandes charges et les poursuites.
Mais sa gestion de la cavalerie légère des corps fut souvent critiquée Napoléon lui reprochera notamment d'avoir épuisé les chevaux inutilement dès les premières semaines, avant même les grandes batailles.
Ce 4e corps dit de Réserve » est bien le germe de ce qui deviendra le 4e corps de cavalerie de réserve de 1812 sous Latour-Maubourg. La Réserve de cavalerie en tant que structure complète (les 4 corps sous Murat) n'est formellement constituée qu'en novembre 1811
Ses effectifs sont à l'entrée en campagne : 7 964 cavaliers répartis en 40 escadrons et 24 pièces d'artillerie.
il est placé sous les ordres du roi de Westphalie, Jérôme Bonaparte, avec les 5e, 7e et 8e corps d'infanterie.
4e Division de Cavalerie Légère — général Rozniecki
Formée exclusivement de Polonais. À la Moskova, elle déploie
ra trois régiments de lanciers polonais appuyés par deux batteries d'artillerie à cheval polonaises.
7e Division de Grosse Cavalerie — général Lorge

Elle comprend Gardes du Corps saxons : 29 officiers et 613 hommes Cuirassiers de Zastrow (saxons) : 31 officiers et 596 hommes 14e régiment de cuirassiers polonais : 21 officiers et 352 hommes
Il y aura aussi deux régiments de cuirassiers westphaliens, soutenus par une batterie montée saxonne et une westphalienne
En Juin 1811 Le Corps d'observation du Rhin est rebaptisé Corps d'observation de l'Océan pour ne pas donner l'impression que le dispositif est tourné vers le nord-est et donc vers la Russie
Ce renommage en 'Corps d'observation de l'Océan' est un détail révélateur de la façon dont Napoléon mène sa politique militaire : masquer ses intentions stratégiques par une terminologie trompeuse, tout en maintenant le dispositif réel vers l'est.

En Janvier 1812 la division du Corps d'observation de l'Elbe est divisée en deux corps distincts (Davout 1er corps, Oudinot 2e corps)
Le 1er février 1812 Berthier est nommé major général La messe est dite et les ordres sont expédiés
Le 3 mars 1812 les masques tombent enfin avec la suppression des corps d'observation,et l ‘ adoption d'une numérotation des corps à compter du 1er avril
Pour cette campagne qui s‘annonce Napoléon inaugure une nouvelle forme d'organisation fondée sur le groupement de plusieurs corps sous le commandement d'un général en chef une sorte d'armée d'armées.
Car jusqu'en 1809, Napoléon commandait directement ses corps d'armée. Avec 680 000 hommes répartis sur des centaines de kilomètres, c'est désormais physiquement impossible. Il invente donc un échelon intermédiaire : des groupements de corps placés sous un général en chef qui fait le lien entre Napoléon et les corps.
Avant 1812, le
corps d'armée était l'unité autonome maximale une armée en miniature avec infanterie, cavalerie légère, artillerie. Napoléon le gérait lui-même.
En 1812, il crée un échelon
supplémentaire au-dessus : plusieurs corps sous un commandant en chef délégué. C'est l'ancêtre direct de ce qu'on appellera plus tard le groupe d'armées structure qui deviendra standard au XXe siècle.
C'est une innovation structurelle géniale, mais dont le succès repose entièrement sur la qualité des commandants délégués.
Hors on va trouver des failles tout au long de cette campagne
Jérôme se révèle incapable, abandonne le commandement dès juillet Eugène s'en sort honorablement mais manque d'initiative et la chaîne de commandement reste très dépendante de Napoléon au centre quand il est absent ou hésitant (Moscou), tout se grippe
À l'entrée en campagne, trois grandes masses sont constituées, chacune confiée à un commandant en chef subordonné
Masse du centre commandait directement par Napoléon directement : Avec la Garde, 4e corps (Eugène), 6e corps bavarois + Grouchy
:Masse de gauche — Davout, Oudinot, Ney + Nansouty et Montbrun (cavalerie)
Masse de droite — Jérôme Bonaparte : 5e, 7e, 8e corps + Latour-Maubourg
Plus les Flancs gardes avec le 10e corps de Macdonald (nord) et corps autrichien de Schwarzenberg (sud)
Les deux armées d'Eugène et de Jérôme ont pour mission de couvrir les flancs de la masse principale, de mener des feintes et des démonstrations pour tromper les Russes sur les intentions de Napoléon, et de les forcer à se placer dans une situation favorable à l'armée principale. C'est une application à grande échelle du principe napoléonien de la manœuvre sur les flancs.
Ainsi la Grande Armée ou l armée des nations est en ordre de bataille
A sa tête l’Empereur voyons de quoi elle était composée

Au dessus de tout se trouve le Grand Quartier Général Impérial
Internet

Le GQI est le cerveau de la Grande Armée :
Napoléon pense la manœuvre
Berthier
Major général de la Grande Armée, qui veille en commandant en second sur l'état-major général et entretient les liens avec les commandants de corps d'armée la traduit en ordres
Bessières — commandant de la Garde impériale, quatrième pilier du dispositif, présent en permanence auprès de l'Empereur.,
Duroc gère la vie quotidienne de l'Empereur, grand maréchal du palais, responsable de la sécurité de l'Empereur, du service de la table et de la bouche, du logement et de l'entretien des palais. Il mourra en 1813, remplacé par Bertrand
Caulaincourt assure ses déplacements et sa sécurité. grand écuyer, chargé de l'agenda de l'Empereur, de l'organisation de ses déplacements et de sa sécurité personnelle en campagne. C'est lui qui accompagnera Napoléon dans le fameux traîneau lors de la retraite de Russie.
Caulaincourt avait tenté en vain de dissuader Napoléon de son expédition en Russie. Il assiste à la bataille de la Moskova où son frère cadet, le général Auguste de Caulaincourt, est tué en conduisant l'assaut des cuirassiers sur la Grande Redoute russe. Drame personnel au cœur même du GQI.
Il en faut pas oublier aussi Bacler d'Albe qui est le cerveau cartographique de Napoléon
Bacler d'Albe est l'un des plus anciens compagnons de Napoléon artilleur comme lui au siège de Toulon en 1793, il fait encore partie des quelques noms cités dans le testament de Napoléon rédigé à Sainte-Hélène en 1821, pour l'éducation de son fils.
Son rôle au GQI est unique et irremplaçable avec son bureau topographique composé du baron Bacler d'Albe et de deux ingénieurs géographes. Tous trois ont pour mission de préparer les cartes que va utiliser l'Empereur, d'y porter les derniers renseignements ayant trait aux unités amies ou ennemies et, pour Bacler, de travailler de concert avec Napoléon aux manœuvres en cours d'élaboration. Voir la carte de Eugène de Beauharnais 
Son rang dépasse de loin celui de simple cartographe. Selon le colonel Vachée : « Aucun autre officier, y compris Berthier, ne nous semble avoir été associé d'une façon si intime au travail de pensée de Napoléon. À ce titre, Bacler d'Albe a tenu dans l'État-Major impérial une situation unique : seul, il a rempli auprès de Napoléon celles des fonctions d'État-Major qu'on doit considérer comme les plus élevées et qui consistent à préparer la décision du Chef. »

On connaît la scène mythique Napoléon et d'Albe couchés de tout leur long sur la table des cartes se heurtaient la tête.
La nuit Napoléon se levait et faisait appeler Bacler d'Albe qui dormait dans la pièce voisine de la sienne. Les dépêches étant appliquées sur la carte, l'Empereur venait en prendre connaissance, le suivait du doigt et faisait marcher le compas à travers les épingles — souvent les grandes dimensions des cartes forçaient l'Empereur à s'étendre de tout son long sur la table, et d'Albe d'y monter aussitôt pour rester maître de son terrain.
Mais si en 1811, le corps des ingénieurs-géographes compte 86 officiers. Après la campagne de Russie, ils ne sont plus que trois en comptant Bacler d'Albe. Tout le matériel et des centaines de cartes sont irrémédiablement perdus.
Pendant la campagne de Russie, Bacler d'Albe perd tous ses chevaux et bagages, dont les précieux cuivres de ses cartes. Le cabinet topographique de l'Empereur est décimé, le matériel, les précieuses cartes et les archives sont perdus ou pris par les Russes. dont la
 « Carte de l'Empereur »
C’était la première carte homogène de l'Europe au 1:100 000, réalisée en un seul exemplaire pour accompagner Napoléon dans sa conquête de l'Europe  en partie détruite pendant la retraite de Russie.
C ‘est donc une machine remarquablement rodée mais dont tout dépend d'un seul homme.
L'état-major que Berthier a organisé comprend deux groupes distincts
Les deux groupes de l'état-major selon Berthier
L'état-major que Berthier a organisé comprend deux groupes distincts :
le GQI impérial, lui-même subdivisé en maison de l'Empereur, état-major de l'Empereur sous la direction de Berthier, et cabinet topographique ;
Le Quartier Général Administratif
Le Grand Quartier Général Impérial (GQI)
Le grand quartier général impérial se compose de trois éléments : la Maison de l'Empereur, l'État-major général de l'Armée et l'Administration générale.
La Maison de l'Empereur

La maison militaire de l'Empereur est chargée de la sécurité de Napoléon et de l'assister dans le commandement en chef de la Grande Armée, notamment en transmettant ses ordres. Les officiers et les soldats qui la composent accompagnent l'Empereur partout.
Voyons en détail
La Maison de l'Empereur est au service particulier du souverain. Elle regroupe la cellule de commandement rapproché de Napoléon, avec deux figures centrales le grand maréchal du palais Duroc, qui supervise le logement, les cuisines et la sécurité personnelle, et le grand écuyer Caulaincourt, qui organise les déplacements, les chevaux, les équipages et les courriers.
Au cœur de la Maison se trouve le Cabinet la véritable cellule de travail et de renseignements. Le secrétaire Méneval gère la correspondance impériale. Lelorgne d'Ideville dirige le service d'espionnage et de renseignement. Le bureau topographique, confié à l'ingénieur géographe Bacler d'Albe assisté de deux adjoints, est chargé des relevés de terrain et de la cartographie — indispensable dans un pays aussi peu connu que la Russie occidentale de 1812.
Les aides de camp de Napoléon — Lauriston, Lebrun, Haxo, Mouton, Rapp, Ségur, Durosnel, Van Hogendorp, le comte de Pac, Sanguszko — constituent une réserve de cadres polyvalents, capables aussi bien de mener des missions diplomatiques (Narbonne et Lauriston auprès d'Alexandre) que de prendre la tête d'une unité au moment critique (Rapp remplaçant Davout à la Moskova).
Les équipages impériaux de la campagne de Russie représentent un effort logistique considérable 600 hommes, 500 chevaux et pas moins de 50 voitures accompagnent Napoléon.
Les fourgons impériaux partant de Paris contiennent 3 464 bouteilles de vins et liqueurs (dont 422 bouteilles de Chambertin), 155 kilos de gruyère, 36 kilos de chocolat, 227 kilos de gros lard et 50 kilos de moutarde.
Cette 'bulle' protectrice permet à l'Empereur de retrouver la même organisation et la même étiquette quelle que soit sa position du bivouac de tentes au palais de Moscou. Napoléon prendra conscience de son erreur et ordonnera l'année suivante de former des équipages plus simples.
L'État-major général qui est la machine à ordres

Le maréchal Alexandre Berthier, chef d'état-major de Napoléon depuis 1796, est nommé major général à compter du 1er février 1812. Son organisation ne diffère pas fondamentalement des campagnes précédentes.
Berthier dispose d'un état-major personnel dit 'petit état-major' composé de son cabinet et de ses aides de camp. Le Duc gère sa correspondance personnelle et l'archivage ; Salamon est chargé du suivi des mouvements des troupes poste clé Denniée fils, rappelé d'Espagne, gère la correspondance avec l'intendant général. Huit aides de camp (parmi lesquels le peintre-mémorialiste général Lejeune) relayent les ordres du major général.
Trois aides majors assistent Berthier dans sa fonction : Bailly de Monthion (sous-chef de l'État-major général), Guilleminot (qui commande également le petit état-major), et le baron Jomini — futur théoricien militaire et auteur de L'Art de la guerre chargé de l'historique.
Deux aides de camp de Napoléon assistent par ailleurs Berthier en tant qu'aides majors généraux : Mouton pour l'infanterie, Durosnel pour la cavalerie.
L'État-major général comprend aussi les états-majors des armes de soutien. L'artillerie est commandée en chef par le général Lariboisière, premier inspecteur général, assisté du général Charbonnel.
Le génie est dirigé par le général Chasseloup-Laubat.
Ces deux armes de soutien disposent chacune de leurs propres services techniques, parcs et équipages, qui suivent les corps d'armée dans leurs mouvements..
Le rôle concret de Berthier à la tête de cet ensemble est de saisir les pensées impériales exprimées le plus souvent de manière brève ou imprécise,les transcrire en ordres précis et intelligibles, organiser en détail le rôle de chaque officier au sein de l'état-major, pouvoir à tout moment du jour ou de la nuit répondre aux sollicitations impériales et donner à l'Empereur les informations qu'il souhaite. Berthier suite à son décès en 1815 avant Waterloo manquera cruellement à Napoléon pour les 100 jours
Le Quartier Général Administratif Il doit nourrir et soigner 680 000 hommes
C'est le groupe souvent oublié, mais indispensable. Les services administratifs sont en partie formés d'agents civils, placés sous la direction de l'intendant général de la Grande Armée, le général Dumas, qui a succédé à Daru le 25 février 1812.
Les services de l'intendant sont divisés en quatre sections
subsistances gère les places et dépôts rattachés à la Grande Armée
hôpitaux ave le chirurgien en chef e Larrey, le médecin en chef Desgenettes deux figures légendaires de la médecine militaire napoléonien
équipages Le service des subsistances distingue les vivres-pain (Bagieu/Teubell), les vivres-viande (Valette) et les fourrages (Aumont) cette dernière catégorie étant particulièrement critique pour une armée qui compte près de 170 000 chevaux.
secrétariats (personnel, habillement, fonds).
Chacune de ces sections est gérée par un ordonnateur ou un commissaire des guerres. La direction territoriale gère les places et dépôts rattachés à la Grande Armée.
Voici un tableau qui résume le tout


 
Groupe
Fonction
Responsable
Maison de l'Empereur
Sécurité, cartes, archives, agenda
Duroc, Caulaincourt, Bacler d'Albe, Fain
État-major général
Ordres, liaisons, transmission
Berthier + aides de camp
Quartier général administratif
Ravitaillement, hôpitaux, solde, habillement
Intendant Dumas

 
Le génie du système est que Napoléon pense, Berthier traduit et transmet, et Dumas nourrit et entretient trois cerveaux distincts pour une machine de guerre unique.
Passons aux corps de troupes
Et à tout seigneur tout honneur
La Garde Impériale qui est l'élite des élites


Elle forme un corps d'armée de 36 201 hommes et fait partie de la Maison militaire de Napoléon, . En 1812 elle forme un corps d'armée complet de 36 201 hommes sous les armes — un chiffre qui dépasse la taille d'un corps d'armée ordinaire.
Elle est sous l'autorité conjointe des maréchaux Mortier (infanterie) et Bessières (cavalerie), et dispose de son propre état-major général avec artillerie (général Sorbier) et génie (général Kirgener).

Comme toute armée elle est composée de Infanterie de Cavalerie d ‘artillerie de Génie Elle possède en général son corps de Santé propre
L'infanterie de la Garde est composée de la Vieille et Jeune Garde


L'infanterie de la Garde est organisée en trois divisions à l'entrée en campagne.
L'Infanterie de la Garde Impériale en 1812

En 1812, la Garde atteint son apogée avec 22 régiments d'infanterie, soit au total environ 56 000 à 60 000 hommes.
Le maréchal Mortier commande la Jeune Garde, le maréchal Lefebvre commande la Vieille Garde, le maréchal Bessières commande l'ensemble de la Garde impériale.
Mais l'infanterie de la Garde demeure organisée en deux corps parallèles
les grenadiers et les chasseurs
les régiments de Jeune Garde successivement créés étant rattachés à l'un ou à l'autre.
V
ieille Garde l'élite absolue
Pour faire partie des grenadiers de la Garde, il fallait avoir fait preuve de bravoure et beaucoup d'entre eux étaient décorés de la Légion d'honneur. Il fallait également une taille minimale de 5 pieds et 5 pouces (1,76 m) et un service minimum de 12 ans dans l'armée impériale.

1er régiment de Grenadiers à pied — les « grognards » par excellence, les plus anciens, les plus décorés. Vieille Garde absolue.
2e régiment de Grenadiers à pied — créé en 1806, Vieille Garde. Les sous-officiers et au-dessus seulement.
1er régiment de Chasseurs à pied — les chasseurs à pied constituaient l'autre unité d'infanterie de la Vieille Garde. Les critères de sélection étaient comparables à ceux des grenadiers, la taille exceptée. Le plus célèbre est certainement le général Cambronne.
2e régiment de Chasseurs à pied — créé en 1806, Vieille Garde.
Ces quatre régiments forment le noyau dur, l'ultime réserve demeurant le 1er bataillon des 1er grenadiers et 1er chasseurs.
M
oyenne Garde l'intermédiaire
Les fusiliers et les unités étrangères de la Garde étaient regroupés dans la Moyenne Garde.

1er régiment de Fusiliers-Grenadiers créé en 1806 à partir des vélites. Moyenne Garde.

2e régiment de Fusiliers-Chasseurs créé en 1806 en parallèle. Moyenne Garde.
3e régiment de Grenadiers à pied les caporaux et soldats du bas de la hiérarchie des grenadiers. Moyenne Garde.
À ces unités s'ajoutent des corps particuliers comme les
flanqueurs et les vélites de Turin et de Florence.
J
eune gade deux divisions de 1812
À partir de 1809, l'introduction massive de conscrits sélectionnés forme la Jeune Garde. En 1812, deux divisions de Jeune Garde sont constituées.
À partir de 1810, les régiments de Jeune Garde prennent uniformément l'appellation de
tirailleurs pour ceux dépendant des grenadiers, et de voltigeurs pour ceux intégrés au corps des chasseurs. Branche des Tirailleurs (liés aux grenadiers) : du 1er au 6e régiment de Tirailleurs en 1812.
Branche des Voltigeurs (liés aux chasseurs) : du 1er au 6e régiment de Voltigeurs en 1812.
Les régiments de Jeune Garde, en revanche, sont employés au même titre que la Ligne, voire davantage compte tenu de leur plus grande solidité.
Le décret de janvier 1809 établit les conditions d'un recrutement interne : les fusiliers pourront être tirés de la Jeune Garde après deux ans de service et rejoindre les grenadiers ou chasseurs à pied de Vieille Garde deux ans plus tard, à condition de savoir lire et écrire.
C'est un véritable
cursus honorum militaire : tirailleurs/voltigeurs /fusiliers/ chasseurs/grenadiers de Vieille Garde, avec à chaque échelon une solde, des avantages et un prestige supérieurs.
Taille pour entrer dans la Garde et l épisode de Coignet
Pour entrer dans les grenadiers d'élite, il fallait mesurer au minimum cinq pieds six pouces (1,76 mètre), avoir au moins cinq ans de service et participé à deux campagnes.
La taille réglementaire était de 1,759 mètre pour les grenadiers à pied et à cheval de la Garde, l'artillerie et les sapeurs de la Garde ; 1,705 mètre pour les chasseurs à pied de la Garde.

On connaît Coignet qui glisse un jeu de cartes dans chaque bas afin de faire la taille minimum pour entrer dans la Garde.C'est l'une des anecdotes les plus célèbres de l'épopée napoléonienne
Le problème, c'est qu'elle est en grande partie
un mythe.
La réalité
que Coignet ignorait qu'il était dispensé
Le pauvre Jean-Roch ignorait qu'à l'époque le fait d'avoir été cité pour une arme d'honneur ce qui est son cas à Montebello — supprimait le critère de taille. Coignet avait été distingué au combat. Il pouvait entrer dans la Garde
de droit, quelle que soit sa taille. Il a donc mis des cartes dans ses bas pour rien ou plutôt, il ne savait pas qu'il n'en avait pas besoin.
Conclusion
La Garde des grands hommes impassibles au bonnet à poil est en partie une image d'Épinal. En réalité, Séliakus, le tambour-major du régiment, mesurait 2,30 m ! mais la moyenne du régiment était bien plus modeste, et les dérogations pour bravoure étaient courantes. Coignet lui-même, capitaine dans le 1er grenadiers, en est la preuve vivante — admis non pas grâce à ses cartes à jouer mais grâce à sa valeur au combat.

Tableau synthétique
Statut
Régiments d'infanterie
Emploi en 1812
Vieille Garde
1er et 2e grenadiers, 1er et 2e chasseurs
Réserve ultime, engagés en dernier recours
Moyenne Garde
Fusiliers-grenadiers, fusiliers-chasseurs, 3e grenadiers
Intermédiaire
Jeune Garde
1er à 6e tirailleurs, 1er à 6e voltigeurs
Employés comme la Ligne
Total : 22 régiments d'infanterie pour environ 40 000 fantassins à l'entrée en campagne en 1812.

3 La cavalerie de la Garde

La cavalerie de la Garde est organisée en six divisions sous Bessières son commandant général de sa création jusqu'en 1813 date du décès du maréchal au combat
A l'apogée du Premier Empire en 1812, la Garde impériale compte environ 7 000 cavaliers, quand la Grande Armée dans son intégralité en compte approximativement 77 000.
La Garde impériale aligne 6 régiments aux effectifs parfois beaucoup plus importants que les corps de la Ligne : 3 régiments de légère et 3 de grosse cavalerie.
G
rosse cavalerie (Vieille Garde)
Grenadiers à Cheval — « les dieux »
Le régiment le plus ancien et le plus prestigieux de toute la cavalerie de la Garde. Leur effectif est porté à cinq escadrons en 1812, à la veille de la campagne de Russie. Surnommés « les dieux » par le reste de l'armée, ils constituent la réserve ultime de la cavalerie lourde.
Dragons de l'Impératrice
Le régiment des dragons est créé en 1806. Cavalerie de ligne d'élite, intermédiaire entre la légère et la grosse cavalerie, ils peuvent combattre à pied comme à cheval.
Gendarmes d'Élite
Les gendarmes d'élite font également partie de la Garde impériale, mais leur rôle et leurs missions diffèrent de ceux des autres unités. Ils assurent la protection rapprochée de l'Empereur et la police de l'armée.
Cavalerie Légère
Chasseurs à Cheval — les favoris de l'Empereur
Le régiment le plus proche de Napoléon. En 1812, pendant la campagne de Russie, les chasseurs à cheval de la Garde protègent Napoléon lors du combat de Gorodnia, repoussant les cosaques avec l'aide des autres régiments de la cavalerie de la Garde. À la fin de la campagne, l'unité ne compte plus que 209 cavaliers.
Attachés aux chasseurs : la compagnie puis l'escadron de mamelouks, vivant rappel de l'aventure égyptienne.
Lanciers Polonais (1er régiment) — Vieille Garde
En 1812, un cinquième escadron est ajouté, portant à dix le nombre de compagnies. Légendaires depuis leur charge à Somosierra en 1808, ils sont recrutés dans la noblesse polonaise et constituent l'un des quatre régiments fournissant chaque jour l'escadron de service pour la protection de l'Empereur.
Lanciers Rouges (2e régiment) — Moyenne Garde
Cette unité est composée de quatre, puis cinq escadrons, soit 1 406 hommes au 1er septembre 1812. Sous les ordres du général Colbert, les lanciers participent à la campagne de Russie. Issus des hussards de la Garde hollandaise, leur uniforme à dominante rouge leur vaut le surnom d'« écrevisses de Colbert ».
Les nouvelles unités crées en 1812
Lanciers Lituaniens (3e régiment) créé et anéanti en 1812
Au début du mois de juillet 1812, Napoléon décide de constituer un 3e régiment de lanciers intégré à la Garde impériale, à effectif théorique de 1 218 hommes répartis en cinq escadrons. Deux escadrons sont alors formés à Varsovie avec des nobles lituaniens.Ce 3e régiment de chevau-légers lanciers de la Garde impériale est créé et détruit en 1812
Tartares Lituaniens
Ces Tartares sont habillés à la mamelouk avec une veste verte à dolman court de couleur rouge, un shako noir avec flamme verte et gland rouge, un turban jaune et un croissant sur le devant — tous les cavaliers de l'escadron sont Musulmans. Cette unité participe activement à la campagne de Russie et rares sont ceux qui échappent à la mort ou la capture à Slonim en octobre 1812.
Mais la campagne de 1812 est le tombeau de la cavalerie
En 1812, à la veille de l'entrée en Russie, les grenadiers à cheval, les chasseurs à cheval, les dragons et les chevau-légers polonais passent à 5 escadrons.
Mais la campagne est catastrophique pour les montures. La désastreuse campagne de Russie en 1812 fut véritablement le tombeau de la cavalerie impériale. Sur les 80 000 chevaux de selle et les 50 000 chevaux de trait, seulement 3 000 survécurent à la campagne.

Tableau récapitulatif
Régiment
Type
Statut
Effectif 1812
Grenadiers à cheval
Grosse
Vieille Garde
5 escadrons
Dragons de l'Impératrice
Ligne
Vieille Garde
5 escadrons
Gendarmes d'élite
Police/escorte
Vieille Garde
2 escadrons
Chasseurs à cheval + Mamelouks
Légère
Vieille Garde
5 escadrons
Lanciers polonais
Légère
Vieille Garde
5 escadrons
Lanciers rouges
Légère
Moyenne Garde
5 escadrons
Lanciers lituaniens
Légère
Créé/détruit 1812
2 escadrons
Tartares lituaniens
Légère
Créé/détruit 1812
1 escadron
Les cas des carabiniers et cuirassiers non présents dans la Garde
Napoléon Ier n'avait jamais voulu incorporer les cuirassiers dans la Garde au motif qu'ils étaient des troupes d'élite voir les épaulettes rouges comme les grenadiers
La Garde est le corps de récompense et d'émulation — on y entre après avoir prouvé sa valeur dans la Ligne. Mais cuirassiers et carabiniers avaient déjà ce statut d'élite par nature et par définition au sein de la Ligne elle-même :
Les carabiniers sont considérés sous l'Ancien Régime comme des unités d'élite. Ils portent d'ailleurs les épaulettes rouges exactement comme les grenadiers de l'infanterie — signal visible de leur statut d'élite dans la Ligne.
La cavalerie lourde de l'armée impériale est constituée par les cuirassiers, les carabiniers et les grenadiers à cheval. Ces derniers constituaient le régiment de cavalerie lourde de la Garde impériale.
Autrement dit, Napoléon avait
son équivalent de cavalerie lourde d'élite dans la Garde les grenadiers à cheval et n'avait pas besoin d'y faire entrer cuirassiers et carabiniers qui remplissaient déjà ce rôle dans la Réserve de cavalerie.
La preuve a contrario vient de son neveu : contrairement à son oncle, Napoléon III lors de la création de la Garde Impériale du Second Empire le 1er mai 1854, fit entrer immédiatement un régiment de cuirassiers, suivi le 20 décembre 1855 par un second.

Le choix différent de Napoléon III confirme bien que le refus de Napoléon Ier était une décision délibérée et assumée, pas une omission.
L'artillerie de la Garde — la grande batterie en réserve

Un état du matériel de la Garde daté du 31 juillet 1812 dénombre un total général de 216 bouches à feux, 1 001 voitures, 57 829 coups d'obusiers et 1 224 000 cartouches d'infanterie
L'Artillerie de la Garde Impériale en 1812

De sa création jusqu'en 1813, l'artillerie de la Garde est commandée par le maréchal Mortier, duc de Trévise, puis à partir de novembre 1813 par le maréchal Suchet, duc d'Albuféra.
Structure
avec 3 composantes
Le Régiment d'Artillerie à Cheval
Le régiment d'artillerie à cheval de la Garde impériale est une unité d'artillerie montée intégrée à la Garde. Bien que la formation en tant que régiment ne voie le jour qu'en avril 1806, son origine remonte à mai 1797 avec une première formation à l'armée d'Italie.
En 1812 : le régiment est composé de 4 compagnies d'artillerie à cheval, servan
t 24 pièces du Système de l'An XI soit 16 canons de 6 et 8 obusiers de 24.
Les quatre batteries à cheval sont commandées par le colonel d'Aboville et rattachées à la division de cavalerie de la Garde.
Le Régiment d'Artillerie à Pied
Par décret impérial du 17 avril 1808, quatre compagnies d'artillerie à pied sont incorporées dans l'artillerie de la Garde. Elles sont portées à huit en 1810, à neuf en 1812, et le tout organisé en un régiment.
Pour être admis dans ce corps d'élite, les conditions sont sévères : il fallait sortir de l'artillerie de ligne, avoir six ans de service et mesurer 5 pieds 5 pouces (1,76 m).
Le Train d'Artillerie
Le train d'artillerie comprend six compagnies formant un bataillon en 1806. L'effectif passe à huit compagnies en 1812. Il assure le transport des munitions, de la poudre et du matériel pour l'ensemble de l'artillerie de la Garde.
Un chiffre qui dit tout
sur sa puissance de feu
En 1812, les 212 canons et obusiers de la Garde représentent 26% du total détenu par la Grande Armée, alors qu'en termes d'effectifs, la Garde équivaut seulement à 7,98% des combattants. La composition des batteries s'avère tout aussi révélatrice puisque la proportion d'artillerie lourde y atteint 22,64%, contre 15,17% seulement pour l'ensemble de la Grande Armée.

Sa doctrine d'emploi coup de poing à un endroit et moment precis
Napoléon lui-même en formule le principe dans une lettre du 2 juin 1813 à Clarke : « C'est l'artillerie de la Garde qui décide la plupart des batailles parce que, l'ayant toujours sous la main, je puis la porter partout où il est nécessaire.
L'exemple de Wagram illustre parfaitement cette doctrine
bataille ou Lauriston dirige 112 pièces — 40 de la Ligne et 72 de la Garde dont 18 canons de 12 — qui enfoncent le centre autrichien.
La Garde, tenue en réserve pendant la phase d'usure, conserve son artillerie intacte pour le moment décisif. De 24 tubes en 1805 et 36 en 1807, on passe à 104 en juin 1812 puis à 196 en 1813, ce qui représente 1 100 voitures et 6 600 chevaux.
La Garde possède sa propre artillerie, à pied ou à cheval, célèbre pour ses pièces de 12 — surnommées « les plus belles filles de l'Empereur ». Ces canons lourds, concentrés dans les batteries de la Garde, sont la clef de voûte de la tactique napoléonienne : briser une ligne ennemie avant l'attaque de l'infanterie.

Lors de cette campagne l’'artillerie à cheval participe aux batailles décisives : à la Moskova, pas moins de 60 000 coups de canons sont tirés par les artilleurs français et alliés selon un bilan officiel soit environ trois coups de canon par seconde pendant les dix heures de bataille.
L'artillerie à pied est engagée tout au long de la campagne : Smolensk, la Moskova, Krasnoï et le passage de la Bérézina.
Mais le prix payé est terrible : en 1812, le régiment d'artillerie à cheval disparaît presque entièrement pendant la retraite de Russie, comme la majorité des unités engagées

L'Artillerie de la Jeune Garde en 1812
C ‘est une création récente née des besoins croissants
L'artillerie de la Jeune Garde n'existe pas dès l'origine. Elle naît directement de l'expansion de la Garde à partir de 1809. L'accroissement du nombre de pièces servies suscite tout à fait logiquement la création de compagnies d'artillerie à pied de Jeune Garde : 3 en 1809, 4 en 1812, puis 16 en avril 1813.
En 1812, la Jeune Garde dispose donc de
4 compagnies d'artillerie à pied, intégrées au régiment d'artillerie à pied de la Garde mais distinctes des compagnies de Vieille Garde.
Sa place dans l'ensemble de l'artillerie de la Garde
Au total en 1812, la Garde compte 13 compagnies d'artillerie, réparties entre

Artillerie à cheval : 4 compagnies (Vieille Garde)
Artillerie à pied de Vieille Garde : 5 compagnies (dont les batteries de 12)
Artillerie à pied de Jeune Garde : 4 compagnies
La différence entre les deux
formations n'est pas dans le matériel mais dans les hommes. Les artilleurs de Vieille Garde sont des vétérans issus de l'artillerie de ligne avec six ans de service minimum. Ceux de la Jeune Garde sont des conscrits sélectionnés, encadrés par des sous-officiers de Vieille Garde.
La Jeune Garde est constamment employée au même titre que la Ligne, voire davantage compte tenu de sa plus grande solidité, tandis que la Vieille Garde conserve sa finalité de ressource ultime.
Elle voie en Russie le baptême du feu
En 1812, durant la campagne de Russie, l'artillerie à pied — Vieille et Jeune Garde confondues — est engagée dans les batailles de Smolensk, de la Moskova, de Krasnoï et au passage de la Bérézina. La logique du système
L'artillerie de la Jeune Garde répond à une logique simple : disposer de plus de tubes a
u combat tout en préservant les artilleurs d'élite de Vieille Garde pour les moments les plus critiques. La Garde est surdotée en artillerie en 1812 ses 212 canons et obusiers représentent 26% du total de la Grande Armée pour seulement 7,98% des effectifs. Les compagnies de Jeune Garde contribuent directement à cette supériorité proportionnelle.

Le Génie de la Garde Impériale

Le génie de la Garde impériale a été créé en 1804 comme corps de génie de la Garde consulaire, et a participé aux combats davantage que les unités de combat de la Garde, qui étaient généralement maintenues en réserve.
La création de la compagnie de sapeurs proprement dite est liée à un événement dramatique : la compagnie de sapeurs de la Garde, comptant 140 hommes, est créée en juillet 1810 à la suite du dramatique incendie de l'ambassade d'Autriche à Paris, pour faire le service des pompes dans les palais impériaux.
Effectifs et évolution
À sa création, l'unité se compose de 3 officiers, 15 sous-officiers et caporaux, 2 tambours et 104 sapeurs, pour un total de 139 hommes. 6 ouvriers et 10 conducteurs sont chargés du service des 8 pompes à eau placées à la suite du corps. En 1812, l'effectif est porté à 200 hommes. Par la suite, l'effectif augmente à presque 400 sapeurs en 1813, puis à environ 600 hommes en 1814 sous la forme d'un bataillon.
En temps de paix, le rôle civil des sapeurs de la garde se limite au service des pompes à eau pour la sécurité incendie des palais impériaux. En campagne, le corps remplit les missions réservées au génie.
Concrètement ces missions de génie comprennent : construction de ponts, ouverture de brèches, travaux de sape et de mine, franchissement d'obstacles, fortification de positions.
Lors de la campagne de Russie, la compagnie du génie de la garde est attachée à la division d'infanterie de la Vieille Garde et fait campagne à sa suite.
C'est un statut particulier : rattachée à la Vieille Garde, la compagnie bénéficie du prestige et de la protection de l'élite absolue de l'armée, tout en remplissant des missions techniques au profit de l'ensemble.
L'uniforme de combat
En endossant la tenue dite « de corvée d'ouvrages », portée lors des travaux de sape, le sapeur passe par-dessus l'uniforme une cuirasse en fer et substitue à son casque poli un casque « qui ressemblait fort à un morion ».
C'est l'une des tenues les plus singulières de toute la Grande Armée — un sapeur de la Garde en tenue de travaux ressemble davantage à un fantassin du XVIe siècle qu'à un soldat de 1812, avec sa cuirasse et son casque à crête.
En résumé
Le génie de la Garde c'est une petite unité d'élite — 200 hommes en 1812 — aux missions doubles et au statut exceptionnel : soldats de la Vieille Garde par le prestige, techniciens du génie par la fonction, et curieusement cuirassés comme des hommes d'armes médiévaux quand ils travaillent sous le feu.
Le Rôle des Sapeurs de la Garde lors de l'Incendie de Moscou (1812)
Rappelons que les sapeurs de la Garde avaient été créés précisément pour ce type de mission. Le rôle civil des sapeurs de la garde se limite au service des pompes à eau pour la sécurité incendie des palais impériaux. Ils disposaient à cet effet de huit pompes attelées.
Mais à Moscou, cette mission se heurte à un obstacle délibéré. Le fait d'avoir emmené ou rendu inutilisables les pompes à incendies plaide en faveur de la thèse que le général Rostopchine fut l'instigateur du sinistre.
Avant l'évacuation, le comte Rostopchine, gouverneur russe, a mis à l'abri les pompes à eau et a fait détruire celles qui ne peuvent être emportées.
Deux des pompes des sapeurs de la Garde seront emmenées pendant la campagne de Russie : elles iront jusqu'à Moscou mais, en nombre insuffisant, elles n'auront évidemment aucune efficacité et, surtout, ne reviendront pas en France.
C'est le verdict brutal : 2 pompes contre un brasier dévastant une ville construite à 90% en bois — l'impuissance est totale.
Le ravage des flammes ne s'arrête que dans la soirée du 20 septembre, lorsque près de 7 000 maisons en bois et 4 000 maisons de pierres, soit les neuf dixièmes de la ville, sont en cendres. 20 000 malades ou blessés sont victimes de ce désastre.
Dans ce chaos, les sapeurs participent à la protection de l'Empereur lui-même. Napoléon et ses officiers trouvent une poterne ouvrant sur le quai de la Moskova, mais une épaisse fumée ralentit leur progression. Guidés et encadrés par un peloton de la Garde, ils finissent par trouver la bonne direction, avançant, dira un témoin, « sur une terre de feu, sous un ciel de feu, entre deux murs de feu ».
Le rôle des sapeurs à Moscou est un
échec imposé par les circonstances et non par leur incompétence. Rostopchine avait organisé méthodiquement le sabotage : pompes russes évacuées ou détruites, incendiaires libérés des prisons, ville désertée. Face à un incendie allumé simultanément en mille endroits dans une ville de bois, deux pompes de la Garde ne pouvaient rien. Le Corps de Santé de la Garde Impériale

La Garde possédait un service de santé particulièrement bien organisé, en raison de l'attention spéciale qu'accordait l'Empereur à Larrey. Seule la formation de la Garde Impériale comportait des médecins et des chirurgiens dignes de ce nom, disposant d'ambulances, de caissons et de matériel, et accompagnés d'infirmiers.
Larrey
en est la figure centrale
Napoléon Bonaparte le distingue en le nommant chirurgien en chef de la Garde des consuls en 1802, puis de la Garde impériale en 1805, et enfin de la Grande Armée en 1812.
Son dévouement est absolu et sans distinction : il met au point des ambulances volantes pour ramasser les blessés qu'il soigne sans tenir compte de leur grade ou de leur nationalité, ce qui lui vaut l'estime des généraux des armées ennemies.
Napoléon lui rend hommage dans son testament de Sainte-Hélène : « C'est l'homme le plus vertueux que j'ai connu. »

Il invente les ambulances volantes
L'idée naît d'une observation sur le terrain. Larrey observe que les soldats blessés sur le champ de bataille n'obtiennent souvent des soins qu'après 36 heures, et propose un modèle d'ambulance volante inspiré de l'artillerie à cheval de l'armée française, capable de se déplacer rapidement.
Son idée est de donner les premiers soins aux blessés et de les opérer dans les vingt-quatre heures.
L'organisation concrète du service est la suivante : le service est organisé en trois divisions comprenant chacune 12 ambulances légères à deux roues, 4 ambulances lourdes à quatre roues et 2 fourgons chargés de matériels et de pansements. Ces groupes mobiles sont complétés par une ambulance sédentaire et deux hôpitaux temporaires. Chaque ambulance est servie par 7 chirurgiens, 2 pharmaciens et 8 infirmiers.
Et les effectifs de chaque division : Larrey avait divisé son ambulance volante en 3 divisions comprenant chacune 75 infirmiers à pied, 36 infirmiers à cheval et 60 conducteurs.

Et il invente aussi ce qu'on appellera plus tard le triage médical : soigner en priorité ceux qu'on peut sauver, quelle que soit leur nationalité ou leur grade.
Avant chaque campagne, Larrey organise les hôpitaux d'évacuation. Le service de santé doit récupérer les blessés, les ramener vers l'arrière dans un centre de triage et les diriger vers un centre de soins équipé en fonction des blessures constatées — une idée nouvelle pour l'époque.

Avant la campagne de Russie, Larrey réunit à Berlin tous les chirurgiens, leur donne ses consignes techniques et les répartit en six divisions d'ambulances volantes, sachant qu'il y a déjà 60 000 malades traités dans les hôpitaux de l'arrière
À la Moskova, Larrey pratique 200 amputations. Puis très vite le combat change de cours et c'est la terrible retraite de Russie, sans soutien logistique, vestimentaire et nutritionnel, en ambiance de hivernale.
Sa présence incessante auprès des soldats lui vaut un surnom resté dans l'histoire : « la Providence des soldats »
En 1812, on compte 826 chirurgiens. En 1813, après la campagne de Saxe, il n'en reste que 273 survivants. Le corps médical militaire paie lui aussi un tribut considérable.

Le Train des Équipages de la Garde Impériale
La Garde dispose en réalité de
deux formations de train aux missions différentes, qu'il ne faut pas confondre.
Le Bataillon du Train des Équipages Militaires de la Garde

Créé le 24 août 1811 et mis sur pied à Vincennes, le bataillon est composé de 6 compagnies soit 17 officiers, 755 sous-officiers et soldats, 1 165 chevaux et quelque 270 voitures.
Ses missions sont très précises : la première compagnie est spécialement affectée au transport de la caisse, des effets et papiers de chaque corps de grenadiers, chasseurs et cavaliers. D'autres compagnies doivent assurer le transport de 10 jours de vivres pour 50 000 hommes.
En 1812, le bataillon participe à la campagne de Russie et se distingue lors de la bataille de la Moskova à Borodino, puis devant Moscou et à Wilna.
Le Train d'Artillerie de la Garde
C'est une formation plus ancienne et distincte. Un train d'artillerie de la Garde des consuls existait déjà avant la création de la Garde impériale. Le train d'artillerie de la Garde, héritier de ce dernier, comprenait six compagnies formant un bataillon en 1806. L'effectif passe à huit compagnies en 1812.
Sa mission est le soutien direct de l'artillerie de la Garde transport des munitions, du matériel, des pièces d'artillerie.
En Russie, il est durement éprouvé : pour la campagne de Russie, les deux bataillons sont mis au complet et participent activement aux grands combats — la Moskova, Maloyaroslavets, Krasnoï, et la traversée de la Bérézina les 27 et 28 novembre 1812. Le bataillon bis s'étant disloqué, le bataillon principal perd encore trois officiers lors de la retraite entre Vilna
ou Vilnius et le Niémen.
le Génie
 

 


Le génie de la Garde impériale gérait lui-même son charroi et ne disposait donc pas d'un service du train qui lui fut attaché.
Entre 1807 et le début de la campagne de Russie, le nombre de bataillons du train des équipages est porté à seize, plus un pour la Garde impériale, et le nombre de compagnies par bataillon est porté de quatre à six. À la fin de la campagne de Russie, les premiers bataillons créés en 1807 ont tous été soit anéantis soit dissous.
En résumé, la Garde dispose donc de
trois niveaux logistiques distincts :
le train des équipages militaires pour le ravitaillement et les bagages,
le train d'artillerie pour le soutien des canons,
et le génie qui gère lui-même son propre charroi — une autonomie logistique complète, confirmant que la Garde est bien une
armée dans l'armée.
Les Marins de la Garde Impériale

 

Le 17 septembre 1803, le Premier consul Napoléon Bonaparte ordonne la formation d'un bataillon de 737 marins incorporé dans la Garde consulaire. La mission de cette nouvelle unité consiste à garantir la sûreté du chef de l'État lors de ses déplacements dans les ports ou à bord des navires.
La taille minimale des recrues est exigeante : les marins de la Garde devaient avoir plus de 25 ans, mesurer entre 1m78 et 1m84, avoir une santé robuste, une conduite et des mœurs irréprochables, avoir accompli trois campagnes des guerres de la Liberté, savoir lire et écrire.

En 1805 le bataillon des marins compte 820 officiers, sous-officiers et matelots, répartis en cinq équipages pour un total de 818 soldats.
Les grades sont ceux de la marine et non ceux de l'armée de terre. Ainsi, chaque équipage est commandé par un capitaine de frégate ou de vaisseau et 4 officiers, et est composé de 15 sous-officiers et 125 matelots.
En 1810, l'effectif remonte brusquement à 1 136 officiers, sous-officiers et marins, répartis en 6 compagnies, auxquelles deux autres s'ajoutent en 1811.
C'est ce qui les distingue radicalement de toute autre unité de la Garde. Les marins ont de nombreuses aptitudes : ils peuvent être marins, bien sûr, mais aussi artilleurs formés au tir sur les navires de guerre, fantassins, et remplissent aussi quelques-unes des missions du génie grâce à l'expérience acquise au camp de Boulogne en aidant à construire les bateaux.
En Russie 'ensemble des 2 400 marins est placé sous l'autorité du général Éblé, commandant en chef des équipages de ponts de la Grande Armée. Ils franchissent le Niémen le 24 juin 1812 sur trois ponts construits par leurs soins. À partir de Smolensk, ils marchent en servant comme pontonniers et canonniers.
Leur moment de gloire absolu est la Bérézina. Les compagnies envoyées en Russie s'illustrent notamment à la bataille de la Bérézina. Sur les 282 marins engagés, seuls 85 en reviendront. L'uniforme
L'uniforme des marins de la Garde impériale est composé d'une veste bleue avec tresses et nœuds à la façon d'un dolman avec épaulettes à écailles. Chaque manche a un parement écarlate nommé Caraco. La coiffure consiste en un shako à cordons et raquettes surmonté d'un plumet écarlate et orné d'un aigle en laiton sur une ancre de marine. Le pantalon large est bleu avec soutaches et trèfles à la hongroise. D’ où leur surnom Les Hussards de la Marine
Jusqu'au bout
ils seront d’une fidélité absolue Un corps singulier : des marins sans mer qui traversent l'Europe à pied, construisent des ponts sur le Niémen et la Bérézina, servent les canons, combattent comme fantassins et qui, de Boulogne à Waterloo, ne quittent jamais Napoléon.
 
Les  11 corps d'armée de La Grande Armée
 
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