
Article fait par :Claude Balmefrezol
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Le 21 cm Nebelwerfer 42 (abrégé 21 cm NbW 42) est un lance-roquettes multiple tracté à cinq tubes de calibre 210 mm, développé par la Wehrmacht à partir de 1941 et mis en service en 1942. Il constitue l'évolution directe et le successeur du 15 cm Nebelwerfer 41, dont il reprend l'affût, la philosophie de conception et l'organisation des unités, tout en offrant une puissance destructrice nettement supérieure grâce à un calibre et une charge explosive bien plus importants.
Le programme trouve son origine dans les succès rencontrés par le NbW 41 sur le front de l'Est dès 1941. Face aux besoins croissants d'un appui feu massif capable de détruire non seulement le personnel adverse mais aussi les fortifications légères et les retranchements, les ingénieurs de Rheinmetall reçurent en 1941 l'ordre de développer une version à plus gros calibre. Le résultat fut le NbW 42, qui conserve cinq tubes au lieu de six — le poids plus élevé de chaque roquette de 210 mm imposant cette réduction disposés en étoile sur le même type d'affût modifié.
Comme son prédécesseur, il est attribué aux Nebeltruppen, le corps chimique allemand, dont la couverture nominale permettait de contourner les restrictions du Traité de Versailles sur l'artillerie lourde les roquettes n'étant pas explicitement visées par ce traité.
Désignation officielle : 21 cm Nebelwerfer 42 (21 cm NbW 42)
Il a été développé par Rheinmetall à partir de 1941 et Mis en service en 1942 sur le front de l'Est en priorité
Il sera utilisé sur tous les théâtres d'opérations : Front de l'Est, Afrique du Nord, Italie, France, Allemagne sauf en Norvège• Succédant au 15 cm Nebelwerfer 41 il en sera construit entre 1 487 à 1 587 exemplaires (1942-1945) ; Les Americains vont le copier mais ave cle T 36 mais il ne szera jamis mis en production
Description
Le NbW 42 se compose de cinq tubes lisses de 210 mm disposés en étoile (deux en bas rapprochés, deux écartés en haut, un au centre) sur un affût dérivé du canon antichar PaK 35/36 de 3,7 cm, identique à celui du NbW 41 mais renforcé d'une béquille stabilisatrice à l'avant pour absorber le recul plus violent des roquettes de plus gros calibre. L'ensemble repose sur deux larges roues routières et une bi-flèche permettant le remorquage rapide par camion ou semi-chenillé.
La masse totale est de 544 kg non chargé, pratiquement identique à celle du NbW 41 (540 kg), ce qui représente une performance remarquable pour une arme délivrant une charge explosive quatre fois supérieure. Cette légèreté relative environ un tiers d'une pièce d'artillerie classique de même portée confère au NbW 42 une excellente mobilité tactique et permet son déplacement à bras d'hommes sur de courtes distances.
Principes de fonctionnement
La mise à feu est entièrement électrique, par câble et magnéto depuis un abri situé à distance de sécurité. Les cinq roquettes se déclenchent une par une, en rafale cadencée, mais il est impossible de tirer une roquette isolément — l'arme ne peut tirer qu'en salve complète ou partielle séquentielle. Les fusées peuvent être réglées en percussion directe ou à retard selon l'objectif (personnel à découvert ou personnel enterré).
Une caractéristique notable est la compatibilité avec les roquettes de 15 cm : en équipant les tubes de rails adaptateurs (liner rails), le NbW 42 peut tirer les roquettes Wurfgranate 41 de 150 mm, y compris dans leurs versions fumigènes ou même à gaz — élargissant ainsi considérablement la palette des missions possibles sans changer de lanceur.
Performances balistiques
Portée maximale : 7 850 à 8 000 m
Vitesse initiale : 320 m/s
Cadence de tir (salve) : 5 roquettes en 8 secondes
Cadence opérationnelle : 3 salves en 5 minutes, soit 15 roquettes par pièce
Mise à feu : Électrique par magnéto — tir séquentiel obligatoire
Fusées disponibles : Percussion directe ou à retard
Malgré l'aérodynamique améliorée de la Wurfgranate 42 par rapport à la roquette de 15 cm, la dispersion reste un problème structurel inhérent à toutes les roquettes de l'époque : la combustion inégale du propulseur entraîne des écarts pouvant couvrir une zone de 500 m de long sur 130 m de large par salve de batterie. Cette réalité confirme que l'arme est conçue pour la saturation de zone, non pour la précision chirurgicale.
Munitions — 21 cm Wurfgranate 42
La roquette Wgr. 42
La roquette 21 cm Wurfgranate 42 présente la même architecture inversée que la Wgr. 41 de 15 cm : le moteur est placé à l'avant de la roquette, avec un assemblage de 22 orifices d'échappement répartis uniformément sur la jante arrière de la tuyère, inclinés à 16° par rapport à l'axe pour imprimer une rotation horaire à la roquette (spin-stabilisation). La pointe avant, d'apparence profilée, est en réalité creuse — la charge explosive se trouvant en position arrière pour maximiser l'effet de souffle à l'impact.
Masse totale : 109,55 kg
Longueur : 1,26 m
Charge explosive (HE) : 10,17 kg d'Amatol 40/60 (équivalent TNT)
Propulseur : 17,9 kg — 7 grains tubulaires de nitrocellulose et diglycoldinitrate
Tete Militaire Explosif HE uniquement — pas de version fumigène ou gaz en 21 cm
Compatibilité élargie : Rails adaptateurs permettant le tir des roquettes 15 cm Wgr. 41 (HE, fumigène, gaz)
La charge explosive de 10,17 kg représente plus de quatre fois celle de la roquette de 15 cm (2,4 kg de TNT). Cette puissance supérieure est la raison d'être du calibre 21 cm : là où le NbW 41 supprimait le personnel à découvert, le NbW 42 peut détruire des retranchements en bois et terre, endommager des véhicules légers et rendre inhabitable une zone de combat renforcée.
La version Luftwaffe — Werfer-Granate 21 (WGr. 21 / BR 21)
En 1943, la Luftwaffe adapta la roquette Wgr. 42 pour un usage air-air contre les formations de bombardiers alliés, notamment les boîtes de combat (combat boxes) de la 8e Air Force américaine. Rebaptisée Werfer-Granate 21 (WGr. 21, ou Bordrakete 21 — BR 21 — dans les manuels officiels), cette version modifiée se distingue par :
Fusée : À retard temporisé pour détonation au sein de la formation adverse
Charge explosive : 40,8 kg — soit quatre fois la charge de la version sol
Masse totale : Environ 112 kg
Emport : Un tube sous chaque aile du Bf 109 et Fw 190 (2 roquettes), deux sous chaque aile du Bf 110 (4 roquettes)
Objectif tactique : Disperser les formations serrées de bombardiers avant l'assaut des chasseurs
Le Me 410 Hornisse testa même une installation expérimentale de six tubes dans sa soute ventrale, similaire au châssis du NbW 41. En pratique, l'utilisation en air-air se révéla délicate : la roquette manquait de précision et les pilotes devaient s'approcher dangereusement des formations adverses pour avoir une chance d'atteindre leur cible, s'exposant alors au feu défensif des mitrailleurs des bombardiers.
Servants et organisation
Chaque pièce est servie par 4 hommes. Lors du tir, les servants se mettent à l'abri dans des tranchées individuelles à 10 à 15 mètres du lanceur pour se protéger du souffle violent et de la poussière soulevée par les roquettes de gros calibre.
L'organisation tactique est identique à celle du NbW 41 : une batterie regroupe 6 lanceurs (30 roquettes par salve), un bataillon comprend 3 batteries, et les bataillons sont regroupés en Werfer-Regiments ou Werfer-Brigades indépendants, opérant en appui direct des corps d'armée ou des armées.6. Emploi tactique
Le NbW 42 obéit à la même doctrine de saturation que le NbW 41, mais avec un spectre de cibles élargi. Sa charge explosive de plus de 10 kg lui permet d'agir là où le NbW 41 était insuffisant : contre les fortifications légères en bois et terre, les positions retranchées renforcées, les véhicules non blindés et les concentrations d'infanterie en terrain couvert. Il conserve les caractéristiques communes à toute la famille Nebelwerfer en matière de saturation de zone et d'effet psychologique.
Le principe de feu concentré et soudain reste la règle absolue. Une batterie isolée de 6 pièces représente déjà 30 roquettes en 8 secondes ; plusieurs batteries groupées permettent de saturer simultanément des zones de plusieurs centaines de mètres. Cet effet de masse soudain, impossible à reproduire par l'artillerie classique en un temps aussi court, constitue la valeur ajoutée irremplaçable du système.
Mobilité et survie — le problème de la signature au tir
Comme pour le NbW 41, la traînée de fumée et la poussière soulevée par les roquettes de 210 mm constituent le défaut opérationnel majeur du système. La signature visuelle d'une salve de batterie est considérable et repérable à grande distance, déclenchant quasi immédiatement une riposte de contrebatterie ou une frappe aérienne.
La réponse est identique : décrochage immédiat après toute salve, dans les cinq minutes suivant le tir. Cette contrainte, déjà pressante pour le NbW 41, est encore plus aiguë avec le NbW 42 dont les roquettes plus lourdes et plus puissantes produisent une signature encore plus visible. Le remorquage initial par semi-chenillé léger Sd.Kfz. 11 ou Demag d'une tonne assurait la mobilité nécessaire ; certaines unités utilisèrent ultérieurement des véhicules plus robustes pour améliorer la rapidité de redéploiement.
Supériorité par rapport au NbW 41
Le NbW 42 apporte trois avantages décisifs sur son prédécesseur. En premier lieu, sa puissance explosive quadruplée lui permet de neutraliser des cibles résistantes que les roquettes de 15 cm ne faisaient qu'endommager superficiellement. En deuxième lieu, sa portée légèrement supérieure (7 850 m contre 7 060 m) permet de tenir les positions adverses à distance tout en restant hors de portée de la plupart des armes antichars légères. En troisième lieu, sa compatibilité avec les roquettes de 15 cm via les rails adaptateurs en fait un système polyvalent, capable de basculer entre missions anti-personnel, fumigènes, voire chimiques selon les besoins sans changer de lanceur.
Engagements notables et évaluation de l'efficacité
Front de l'Est (1942-1945)
C'est sur le front soviétique que le NbW 42 démontra sa plus grande utilité. Déployé à partir de 1942 en complément des NbW 41 déjà en service, il apporta une puissance de feu accrue lors des grandes batailles offensives et défensives de 1942-1943. À Koursk (juillet 1943), les unités Nebeltruppen équipées de NbW 42 participèrent aux barrages préparatoires massifs de l'Opération Citadelle, contribuant à l'enfoncement initial des défenses soviétiques malgré l'échec global de l'offensive.
Face aux températures extrêmes du front de l'Est, un problème technique surgit : la pression interne de la chambre de combustion variait considérablement selon la température de la charge propulsive — de 106 kg/cm² à -40°C à 325 kg/cm² à +40°C. Des études balistiques soviétiques menées sur des exemplaires capturés (septembre-novembre 1945) confirmèrent que la charge fonctionnait malgré tout à basse température sans détruire la chambre.
Afrique du Nord et Italie
Engagé en Afrique du Nord puis en Italie, le NbW 42 y rencontra les mêmes contraintes que le NbW 41 : la végétation rare et le sol nu amplifiaient encore la signature au tir, rendant les batteries particulièrement vulnérables aux ripostes aériennes alliées. L'efficacité resta néanmoins réelle contre les formations d'infanterie alliées lors des combats de positions, notamment à Anzio (1944) où les barrages de roquettes contribuèrent à bloquer la tête de pont alliée pendant plusieurs semaines.
France et la défense de l'Allemagne (1944-1945)
Durant la campagne de Normandie et la retraite allemande vers l'Allemagne, le NbW 42 fut employé en appui des contre-attaques et dans les batailles défensives de haie et de bocage. Sa puissance accrue par rapport au NbW 41 se révéla particulièrement utile contre les véhicules blindés légers alliés et les positions de commandement.
La capture américaine et la copie T36
Le fait le plus révélateur de la valeur militaire du NbW 42 est sans doute la réaction américaine à sa découverte. Les États-Unis capturèrent plusieurs exemplaires intacts et les envoyèrent aux États-Unis pour évaluation approfondie. Cette étude aboutit à la réalisation d'une copie quasi conforme désignée T36, dont les tests démontrèrent les qualités du concept allemand. Si le T36 ne fut jamais mis en production — les Américains disposant d'autres solutions d'artillerie — cet épisode témoigne de l'intérêt suscité par le système auprès d'une armée qui accusait du retard dans le domaine des lance-roquettes de campagne.
Bilan d'efficacité global
Efficacité physique : supérieure à celle du NbW 41. La charge de 10,17 kg d'Amatol représente une menace réelle non seulement pour le personnel à découvert mais aussi pour les positions renforcées légères et les véhicules non blindés. Les rapports alliés, plus nuancés sur le NbW 41 (rapport britannique de Tunisie de mai 1943), reconnaissent davantage la destructivité du calibre 21 cm.
Efficacité psychologique : identique au NbW 41, voire supérieure. Le sifflement des roquettes de 210 mm, encore plus grave et sourd que celui des roquettes de 15 cm, et le souffle considérable à l'impact amplifient encore l'effet de terreur sur les troupes exposées. La saturation soudaine d'une zone par 30 roquettes de gros calibre en 8 secondes demeure une expérience démoralisante même pour des troupes entraînées.
Principale limite : la signature au tir et la lenteur de rechargement. Avec seulement 5 tubes au lieu de 6, et des roquettes beaucoup plus lourdes à manipuler, la cadence opérationnelle est légèrement inférieure à celle du NbW 41. La traînée de fumée reste le défaut structurel non résolu, condamnant les servants à une mobilité permanente pour survivre à la riposte ennemie.
Rapport coût-efficacité : excellent. Malgré sa puissance nettement supérieure au NbW 41, le NbW 42 conserve des coûts de fabrication raisonnables et une logistique simplifiée par la compatibilité partielle des affûts et des munitions avec le modèle de 15 cm. La production de 1 487 à 1 587 exemplaires en moins de quatre ans, dans une Allemagne sous pression industrielle croissante, confirme la priorité accordée par la Wehrmacht à ce système.
30 cm Nebelwerfer 42 abrégé 30 cm NbW 42
Le 30 cm Nebelwerfer 42 est le lance-roquettes le plus puissant de la série Nebelwerfer de la Wehrmacht. Il représente l'aboutissement logique d'une progression calibre par calibre : après le 15 cm NbW 41 (1940) et le 21 cm NbW 42 (1942), les besoins du front notamment contre les fortifications soviétiques de plus en plus solides exigeaient une charge explosive encore plus destructrice. Le programme de développement, conduit par Rheinmetall entre 1941 et 1942, aboutit à la mise en service du NbW 42 de 30 cm en 1943.
L'arme se distingue fondamentalement de ses aînées par sa conception : là où les NbW 41 et 42 utilisaient des tubes cylindriques fermés, le NbW 42 de 30 cm emploie des rails ouverts — de simples cadres métalliques tubulaires sur lesquels la roquette est posée plutôt qu'insérée dans un tube. Cette solution, héritée directement du 28/32 cm Nebelwerfer 41 dont il dérive par simple remplacement des cadres de lancement, permit une construction rapide et économique tout en acceptant les très volumineuses roquettes de 300 mm.
Son successeur direct, le 30 cm Raketenwerfer 56, apparu en 1944, utilise la même roquette Wurfkörper 42 mais sur un affût entièrement nouveau dérivé du canon antichar PaK 38 — plus léger, plus manœuvrable, et doté de rampes adaptateurs permettant le tir des roquettes de 15 cm. Le NbW 42 de 30 cm fut rapidement supplanté sur les lignes de production mais continua de servir jusqu'à la capitulation.
Le 30 cm Nebelwerfer 42 (30 cm NbW 42) fut developper par Rheinmetall entre 1941-1942 et mis en service en 1943
Il servit sur les Théâtres d'opérations duivant. Front de l'Est, Italie, France, Allemagne tous théâtres sauf Norvège et Afrique du Nord
Il fut Produit 700 à 954 exemplaires selon les sources Remplacant le 28/32 cm Nebelwerfer 41 il aurait eu comme successeur le 30 cm Raketenwerfer 56 (1944)
Description technique
Le NbW 42 de 30 cm se compose de six rails ouverts disposés en deux rangées de trois (3 x 2), montés sur une remorque à deux roues pneumatiques directement convertie du lanceur 28/32 cm Nebelwerfer 41.
Les rails, d'une longueur de 2,19 m, sont de simples cadres métalliques tubulaires sur lesquels les roquettes reposent sans être placés dans un tube contrairement aux modèles de 15 et 21 cm qui utilisaient des tubes cylindriques fermés.La masse totale de l'ensemble est d'environ 1 080 kg, soit le double du NbW 42 de 21 cm (544 kg). Cette masse est imposante à cause des roquettes de 125 kg chacune mais elle est compensée par la remorque à deux roues qui permet le remorquage par camion ou semi-chenillé. La pièce peut pivoter sur ses roues pour un débattement de 360° en azimut, avec un pointage vertical de 0° à +45° et un débattement rapide de 30° en azimut
La pièce nécessite un équipage de 6 hommes soit deux de plus que les NbW 41 et 42 Chaque pièce est servie par 6 hommes en raison du poids des roquettes. Le rechargement de six roquettes de 125 kg chacune représente un effort physique considérable, nécessitant souvent un véhicule porteur de munitions à proximité immédiate du lanceur.
Par rapport aux NbW 41 et 42, la roquette Wurfkörper 42 de 30 cm apporte une amélioration tactique significative : son propulseur plus avancé produit nettement moins de fumée et de poussière au départ. Là où une salve de NbW 41 révélait instantanément la position de la batterie à grande distance, le NbW 42 de 30 cm offre une discrétion relative supérieure. L'impératif de mobilité après tir reste néanmoins absolu, mais le délai avant détection par l'ennemi est allongé ce qui améliore les chances de survie des servants.
Performances balistiques
La portée théorique est de 6 000 m, mais la portée pratique au combat ne dépasse guère 4 550 m en raison de la dispersion inhérente à la roquette spin-stabilisée de gros calibre. La vitesse initiale de 230 m/s est significativement inférieure à celle des roquettes de 21 cm (320 m/s) et de 15 cm (342 m/s) : la masse considérable de la roquette (125 kg) absorbe une grande partie de l'énergie propulsive. Cette vitesse réduite contribue également à la dispersion accrue sur les longues distances.
Comme pour tous les Nebelwerfer, le tir individuel est impossible : l'électronique de mise à feu délivre la salve complète en rafale séquentielle. Il est toutefois possible de ne charger que certains rails et de tirer une salve partielle si les circonstances l'exigent.
Caractéristiques
Portée maximale théorique : 6 000 m
Portée pratique au combat : 4 550 m
Vitesse initiale : 230 m/s
Cadence (salve) : 6 roquettes en rafale séquentielle électrique
Rechargement : 2 à 3 minutes (roquettes de 125 kg à manipuler à 6 hommes)
Précision : Saturation de zone — peu adapté aux cibles ponctuelles
4. La Munition 30 cm Wurfkörper 42 Spreng
La roquette 30 cm Wurfkörper 42 Spreng (également désignée Wurfkörper Spreng 4491) est la munition la plus puissante de toute la famille Nebelwerfer. Avec 44,66 kg de charge explosive soit environ quatre fois la charge du NbW 42 de 21 cm (10,17 kg) et près de dix-neuf fois celle du NbW 41 de 15 cm (2,4 kg) elle est conçue pour tout detruire Sa forme est nettement plus aérodynamique que celles des roquettes de 28 et 32 cm qui l'ont précédée, avec un corps cylindrique régulier et une ogive profilée. Son rapport charge explosive / masse totale est le meilleur de toutes les roquettes allemandes de la Seconde Guerre mondiale : avec 44,66 kg d'explosif pour 125,7 kg total, le taux de remplissage atteint 35,5 % — là où les autres modèles dépassent rarement 10 à 15 %.
Caractéristiques
Désignation : 30 cm Wurfkörper 42 Spreng / Wurfkörper Spreng 4491
Longueur : 1,23 m
Diamètre : 300 mm
Masse totale : 125,7 kg
Charge propulsive : 15 kg
Charge explosive : 44,66 kg de HE (taux de remplissage : 35,5 %)
Stabilisation : Rotation par tuyères inclinées (spin-stabilisé)
Type de tête : Explosif HE uniquement — pas de version fumigène ni gaz
Pour le tir on peut utliser diverses pates-formes
Une caractéristique notable de la Wurfkörper 42 est sa grande versatilité en termes de plates-formes de lancement. Outre le NbW 42 et son successeur le Raketenwerfer 56, la roquette pouvait être tirée depuis :
Wurfrahmen 40 : Caisse en bois de transport équipée de pieds avant — utilisable comme lanceur rudimentaire au sol
Schwerer Wurfrahmen : Cadres en acier posés au sol ou montés sur Sd.Kfz. 251 pour usage automoteur
Cadres sur échafaudages : Plusieurs cadres empilés sur des structures en bois ou métal pour tirs en salve
Cette polyvalence permit aux unités de pionnier et d'infanterie d'employer la roquette de 30 cm même sans lanceur dédié — un avantage tactique certain lors des combats urbains et des assauts de fortifications.
L'organisation tactique suit le schéma standard :
une batterie de 6 lanceurs, trois batteries par bataillon, les bataillons regroupés en Werfer-Regiments et Werfer-Brigades indépendants. La puissance de feu d'une batterie complète représente 6 x 6 = 36 roquettes portant chacune 44 kg d'explosif, soit plus de 1,6 tonne d'explosif déversée en quelques secondes sur une zone cible.
Mais cette unité a unrôle fondamentalement différent des autres Nebelwerfer
Le NbW 42 de 30 cm occupe une niche tactique distincte de ses prédécesseurs. Là où le NbW 41 de 15 cm et le NbW 42 de 21 cm étaient avant tout des armes anti-personnel par saturation de zone, le NbW 42 de 30 cm est une arme de destruction. Avec 44 kg d'explosif par roquette,
Aussi cette arme peut
Détruire des fortifications légères : En bois, béton léger, terre renforcée — bunkers avancés et positions retranchées
Démolir des bâtiments : Usage urbain particulièrement redouté — effondrement de structures en quelques salves
Neutraliser des concentrations véhiculées : Véhicules non blindés, parkings d'artillerie, dépôts
Interdire des zones : Destruction de carrefours, ponts légers, points d'appui
En résumé le NbW 42 de 30 cm n'est pas employé en remplacement des NbW 41 et 42, mais en complément. La doctrine d'emploi typique combine les trois calibres : le NbW 41 de 15 cm sature le personnel et brise la cohésion adverse ; le NbW 42 de 21 cm détruit les retranchements renforcés ; le NbW 42 de 30 cm rase les points d'appui, bâtiments et fortifications plus solides. Cette complémentarité permet aux Werfer-Brigades d'adresser simultanément des cibles de nature très différente dans une même zone de combat.
C 'est donc dans le combat urbain que le NbW 42 de 30 cm révèle sa vraie valeur. Une roquette de 44 kg d'explosif suffit à effondrer les murs porteurs d'un bâtiment de taille moyenne ce que ni le NbW 41 ni le NbW 42 de 21 cm ne pouvaient faire de manière fiable.
Mais elle a comme handicap principal sa portée pratique limitée à 4 550 m En effet les autres armes arrivent à des portées de 7 060 m pour NbW 41 à 7 850 m du NbW 42 de 21 cm. Cette portée réduite contraint les batteries à s'approcher du front, les exposant davantage aux ripostes ennemies.
De plus temps de rechargement de 2 à 3 minutes contre 90 secondes pour le NbW 41 — limite également la cadence soutenue.
L'amélioration principale vient de sa discretion Le propulseur génère moins de fumée . Sur le front il y a un impératif de décrochage rapide après toute salve r Six roquettes de 125 kg constituent une signature visuelle et acoustique majeure, et la riposte de contrebatterie ennemie reste la menace principale pour les servants.
Engagements
Front de l'Est (1943-1945)
Introduit en 1943 au moment où le front de l'Est se stabilise après Koursk, le NbW 42 de 30 cm fut particulièrement précieux lors des batailles défensives de 1943-1945. Face aux assauts soviétiques contre des positions allemandes fortifiées, les batteries de 30 cm permirent de détruire les points de rassemblement adverses et d'empêcher la concentration des forces avant les grandes offensives. La relative discrétion du propulseur, par rapport aux modèles précédents, permit aux batteries de tenir leurs positions plus longtemps avant d'être repérées.
Campagne d'Italie (1943-1945)
En Italie, le terrain montagneux et les nombreux villages fortifiés offraient un terrain idéal pour le NbW 42 de 30 cm. Lors des combats autour de la Ligne Gustav et de la Ligne Gothique, les batteries de 30 cm jouèrent un rôle important dans la défense des positions fortifiées en altitude. La capacité de démolir rapidement les maisons transformées en points forts par les Alliés fit du NbW 42 de 30 cm une arme particulièrement redoutée dans ce théâtre.
France et défense de l'Allemagne (1944-1945)
Lors de la bataille de Normandie puis de la retraite vers l'Allemagne, le NbW 42 de 30 cm fut employé dans les combats de bocage et d'agglomération, où sa puissance de destruction sur les bâtiments compensait sa portée limitée. Dans la défense du territoire allemand en 1945, ces lanceurs participèrent à la destruction des voies d'accès et à l'interdiction des zones de regroupement alliées.
Bilan
Elle est dedoutable car elle est tres destructrice :C 'est lr vecteur le plus puissant dans la série Nebelwerfer. Avec 44,66 kg d'explosif par roquette, aucun autre système de la famille ne peut rivaliser en termes de puissance brute sur cible. Contre les fortifications légères, les bâtiments et le personnel en terrain couvert, le NbW 42 de 30 cm est redoutablement efficace.
Mais ellle moins effica en terme de saturation :Car sa portée pratique limitée à 4 550 m et le rechargement plus long réduisent la capacité à entretenir un feu continu. Le NbW 42 de 30 cm est une arme de coups de poing plutôt qu'une arme de harcèlement prolongé.
Et son rapport coût-logistique est élevé. Chaque roquette de 125 kg nécessite un véhicule porteur spécialisé et une logistique lourde. Ainsi entre 700 à 954 exemplairesseront produits bien moins que les milliers de NbW 41
Cela reflète à la fois les contraintes industrielles de l'Allemagne en fin de guerre et la spécialisation de niche de cette arme. Si le lanceur NbW 42 fut rapidement supplanté par le Raketenwerfer 56, la roquette elle-même continua de servir jusqu'à la fin du conflit sur de multiples plates-formes, confirmant la qualité de sa conception — notamment son propulseur amélioré à faible signature et son remarquable taux de remplissage explosif.
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30 cm Raketenwerfer 56
C'est le dernier lance-roquettes de la série Nebelwerfer monté sur un Affût PaK 38 · Dual-calibre 30 cm / 15 cm
Cette arme trouve sa genèse dans le programme de rationalisation de 1943
Le 30 cm Raketenwerfer 56 (abrégé 30 cm RW 56) est le dernier représentant de la grande famille des lance-roquettes multiples de la Wehrmacht, et l'aboutissement d'un long programme de rationalisation lancé dès 1943. Son histoire commence là où celle du 30 cm Nebelwerfer 42 s'arrête : si ce dernier avait permis de doter les Nebeltruppen d'une roquette de 300 mm puissante et aérodynamique, son affût — une remorque spéciale dérivée du 28/32 cm NbW 41 — était jug ée trop lourde, trop encombrante et trop coûteuse à produire dans le contexte d'une industrie allemande sous pression croissante.
Les ingénieurs allemands cherchent alors une solution plus économique. La réponse est brillante de pragmatisme : récupérer les affûts du canon antichar 5 cm PaK 38 dont la production venait d'être arrêtée en 1943, jugé trop faible face aux blindés soviétiques modernes. Ces affûts, en excellent état et stockés en grand nombre, sont simplement équipés des six cadres de lancement du NbW 42 de 30 cm avec des rails ouverts sur lesquels les roquettes reposent. Le résultat est le RW 56 : même puissance de feu que le NbW 42 de 30 cm, mais sur un affût plus léger, plus bas et plus manœuvrable.
La mise en service intervient en 1944, alors que l'Allemagne est sur la défensive sur tous les fronts. Le RW 56 est prioritairement envoyé sur le front de l'Est pour renforcer les défenses contre les offensives soviétiques, avant d'être également déployé en Italie et sur le Front occidental.
Un détail symbolique mérite attention : en 1944, la Wehrmacht abandonne officiellement le nom de code "Nebelwerfer" (lanceur de brouillard / fumée) qui avait servi à dissimuler la nature de ces armes depuis les années 1930 afin de contourner les restrictions du Traité de Versailles. Le "Raketenwerfer" (lance-roquettes) est désormais assumé publiquement signe que le secret n'avait plus aucune utilité stratégique en 1944.
Ains sa désignation officielle est le 30 cm Raketenwerfer 56 (30 cm RW 56) Il est monté sur l'affût du Canon antichar 5 cm PaK 38dont la production est arrêtée depuis 1943 .Il est mis en service en 1944 sur le front de l'Est en priorité
Il fut Produit à 694 exemplaires
En plus du front de l est il sera utilisé en Italie, France, défense de l'Allemagne et tous les théâtres sauf Norvège
Il aurait du avoir un sucesseur avec un roquette de 12 cm avortée par la fin de la guerre
2. Description technique
L'affût fit donc l 'objet d'une reconversion ingénieuse
L'affût du 5 cm PaK 38 est une pièce d'ingénierie allemande de qualité : une bi-flèche tubulaire en alliage léger équipée de roues à jantes acier et pneumatiques autorisant le remorquage à grande vitesse, d'un système de suspension à barres de torsion qui se déverrouille à l'ouverture des bras lors de la mise en batterie, et d'une petite roue de manutention sous l'affût facilitant le déplacement à bras d'hommes sur de courtes distances. Il comprend également le bouclier incurvé caractéristique du PaK 38 — deux feuilles de 2 mm d'acier espacées d'environ 2,5 cm — qui protège les servants frontalement contre les éclats et les armes légères.
Par rapport à l'affût spécial du NbW 42, l'affût PaK 38 offre trois avantages tactiques concrets. Il est premièrement plus léger, facilitant son déplacement et son décrochage rapide après un tir. Il est deuxièmement plus bas, réduisant le profil du lanceur en position et améliorant sa dissimulation dans la végétation ou les ruines. Il est troisièmement mieux équilibré, grâce à la bi-flèche à bras divergents qui assure une meilleure stabilité au tir malgré le recul des roquettes de 125 kg.
Le système de lancement avec rails ouverts est directement repris du 30 cm NbW 42 : six rails ouverts en fait de simples cadres métalliques tubulaires sont disposés en deux rangées de trois (3 x 2), sur lesquels les roquettes Wurfkörper 42 de 125 kg reposent sans être encaissées dans des tubes fermés. Cette conception ouverte, initialement héritée du 28/32 cm NbW 41, est la seule adaptée aux roquettes de très gros diamètre (300 mm) dont la géométrie extérieure complexe (tuyères inclinées, corps cylindrique irrégulier) est incompatible avec des tubes lisses fermés.
La mise à feu est entièrement électrique par magnéto depuis une position de sécurité à distance du lanceur. Comme sur tous les modèles de la famille, le tir individuel d'une seule roquette est impossible la rafale séquentielle complète est le mode de tir obligatoire
Mais il est polyvalent car la caractéristique la plus innovante du RW 56 par rapport à ses prédécesseurs est sa capacité à tirer deux calibres différents grâce à un système de barres adaptatrices pour roquettes de 15 cm. Lorsqu'on souhaite utiliser les roquettes 15 cm Wurfgranate 41 — bien plus légères (32 kg contre 125 kg) et à portée nettement supérieure (6 900 m contre 4 550 m) — on monte simplement les rails adaptateurs sur les cadres de 30 cm. Quand ils ne sont pas utilisés, ces rails adaptateurs sont stockés sur le dessus du lanceur même, sans encombrement supplémentaire.
Cette polyvalence confère au RW 56 une flexibilité tactique sans précédent dans la série Nebelwerfer. En quelques minutes, une batterie peut passer de la mission destruction lourde (roquettes de 30 cm contre fortifications et bâtiments) à la mission saturation anti-personnel (roquettes de 15 cm HE ou fumigènes contre concentrations d'infanterie). Les portées très différentes des deux calibres permettent également d'attaquer des objectifs à des profondeurs différentes sans changer de matériel.
Munitions
Roquette 30 cm Wurfkörper 42 Spreng
Les performances balistiques de la roquette de 30 cm sont identiques à celles tirées depuis le NbW 42 : portée pratique de 4 550 m, vitesse initiale de 230 m/s, charge explosive de 44,66 kg. La masse totale d'une salve de six roquettes de 30 cm atteint 754 kg, dont plus de 267 kg d'explosif pur — une puissance de saturation considérable sur une zone de plusieurs centaines de mètres de rayon.
Roquette 15 cm Wurfgranate 41
Avec les barres adaptatrices, les performances balistiques passent à celles du NbW 41 de 15 cm : portée de 6 900 m (HE) ou 6 905 m (fumigène), vitesse initiale de 342 m/s, rechargement en 90 secondes contre 2 à 3 minutes pour les roquettes de 30 cm. La cadence opérationnelle s'en trouve nettement améliorée, au prix d'une charge explosive réduite à 2,4 kg par roquette.
La dispersion inhérente à toutes les roquettes spin-stabilisées de l'époque reste le point faible commun des deux calibres. Au-delà de 4 000 m, l'écart probable en portée peut dépasser 100 m et la dispersion latérale atteindre 50 m — confirmant que le RW 56, comme tous ses prédécesseurs, est une arme de saturation de zone et non de précision chirurgicale.
L'équipage de pièce du RW 56 est estimé à 6 à 8 hommes selon les sources (6 selon les manuels allemands, 8 canonniers selon le Musée de l'Artillerie Royale Canadienne). Le nombre élevé s'explique par le poids des roquettes de 30 cm (125 kg pièce) qui requièrent plusieurs servants pour le chargement, notamment en conditions difficiles.
L'organisation tactique reste identique aux autres systèmes de la famille : une batterie de 6 lanceurs, trois batteries par bataillon, les bataillons regroupés en Werfer-Regiments et Werfer-Brigades indépendants. La puissance de saturation d'une batterie complète en roquettes de 30 cm représente 36 roquettes portant au total 1,6 tonne d'explosif déversée en une seule salve — un feu de saturation dévastateur sur une zone de 200 x 300 mètres.
Emploi tactique
L'emploi tactique du RW 56 est directement hérité du 30 cm NbW 42 : arme de destruction massive plutôt que de saturation anti-personnel, destinée à démolir les fortifications légères, les bâtiments transformés en points d'appui et les concentrations de matériel en terrain couvert. La doctrine de mobilité reste impérative : tirer et décrocher dans les cinq minutes suivant une salve, avant que la riposte de contrebatterie ennemie ne localise la batterie.
Le double avantage du RW 56 est sa légèreté et polyvalence car par rapport au NbW 42 de 30 cm, le RW 56 apporte deux avantages opérationnels concrets. L'affût PaK 38 est plus léger et plus bas, permettant une meilleure dissimulation en position et un décrochage plus rapide. La polyvalence dual-calibre — 30 cm pour la destruction, 15 cm pour la saturation ou les écrans de fumée donne aux commandants de batterie une flexibilité tactique inédite : une seule pièce peut répondre à des missions radicalement différentes selon la situation, simplement en changeant de munition et en montant ou démontant les barres adaptatrices.
Mais il a de nombreuses contraintes
Sa portée pratique des roquettes de 30 cm reste limitée à 4 550 m, contraignant les batteries à opérer relativement près du front — là où le risque de riposte est le plus élevé. Cette limite, inhérente à la roquette elle-même, n'est pas résolue par le changement d'affût.
La fumée au départ des roquettes, bien que réduite par l'amélioration du propulseur, reste visible à distance. La signature acoustique — le sifflement caractéristique des roquettes en vol surnommé "Moaning Minnies" par les Alliés — continue de trahir la présence de la batterie après chaque salve.
Le rechargement en roquettes de 30 cm reste physiquement exigeant : 125 kg par roquette, six à recharger, en conditions de combat, avec le risque permanent d'une riposte imminente. L'affût PaK 38 plus bas facilite quelque peu la manipulation des roquettes — un avantage concret par rapport au NbW 42.
Bilan
Le changement d'affût n'affecte pas la roquette ni sa puissance. Les 44,66 kg d'explosif de la Wurfkörper 42 conservent toute leur efficacité contre les fortifications légères, bâtiments et concentrations de matériel.
Sa Polyvalence : supérieure à tous les prédécesseurs. La capacité de tirer deux calibres très différents — 30 cm destructeur et 15 cm anti-personnel ou fumigène — sur le même affût est une innovation tactique réelle qui aurait pu, avec plus de temps de service, modifier significativement l'emploi des Nebeltruppen dans les opérations combinées.
Sa Mobilité : légèrement supérieure au NbW 42. L'affût PaK 38, plus léger et plus bas, facilite le décrochage rapide après tir. Le gain est réel mais modeste — la contrainte fondamentale reste la même pour tous les lanceurs tractés : la nécessité de déplacer physiquement une pièce lourde avant la riposte ennemie.
Mas une Production insuffisante : 694 exemplaires seulement. Introduit trop tard et en trop faibles quantités pour influencer le cours du conflit, le RW 56 reste une arme de fin de guerre déployée dans des conditions de plus en plus difficiles. Ses qualités intrinsèques étaient réelles, mais l'effondrement industriel et logistique de l'Allemagne en 1944-1945 empêcha toute exploitation cohérente à grande échelle.
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Tableau récapitulatif
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Engagements
Front de l'Est phase défensive (1944-1945)
Introduit en fin 1944 sur le front de l'Est, le RW 56 participa aux batailles défensives qui marquèrent le repli progressif de la Wehrmacht face aux grandes offensives soviétiques. Sa puissance de destruction contre les positions renforcées et les concentrations de matériel ennemi en fit une arme appréciée dans les défenses en profondeur alemandes. Sa plus grande légèreté par rapport au NbW 42 facilita son déploiement dans des positions difficiles d'accès, notamment dans les zones boisées et marécageuses du front de l'Est.
Italie et Front occidental (1944-1945)
Déployé en Italie et sur le Front occidental dans la phase finale du conflit, le RW 56 fut utilisé dans les combats de positions caractéristiques de ces théâtres. En Italie, le terrain montagneux valorisait sa légèreté relative. Sur le Front occidental, notamment lors de la défense du Rhin et des combats en territoire allemand, les batteries de RW 56 tirèrent indifféremment des roquettes de 30 cm contre les concentrations blindées alliées et des roquettes de 15 cm fumigènes pour masquer les replis d'infanterie — démontrant concrètement la valeur tactique de la polyvalence dual-calibre.
Un exemplaire du 30 cm Raketenwerfer 56 équipé de ses barres adaptatrices pour roquettes de 15 cm est conservé au Musée de l'Artillerie Royale Canadienne à Shilo, Manitoba, Canada. C'est l'un des rares exemplaires complets survivants, avec les barres adaptatrices encore en place sur les cadres de lancement — permettant de visualiser concrètement le système dual-calibre. Ce musée fournit d'ailleurs les données balistiques officielles citées dans la documentation alliée.
Le 15 cm Panzerwerfer 42 La version automotrice
Tableau récapitulatif
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Identification |
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Désignation complète |
15 cm Panzerwerfer 42 auf Selbstfahrlafette Sd.Kfz. 4/1 |
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Surnom |
"Screaming Mimi" / "Moaning Minnie" (comme le NbW 41) |
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Type |
Lance-roquettes automoteur blindé sur semi-chenillé |
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Fabricant |
Opel — Rüsselsheim |
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Développement |
Janvier 1942 (ordre d'Hitler) — premiers prototypes début 1943 |
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Mise en service |
Avril 1943 — front de l'Est (automne 1943) |
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Production |
300 Sd.Kfz. 4/1 (lanceurs) + 289 Sd.Kfz. 4 (ravitaillement) |
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Fin de production |
Mars 1944 (relance partielle juin 1944) |
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Théâtres |
Front de l'Est, Normandie, Italie, Front occidental, Allemagne |
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Châssis — Opel Maultier (Sd.Kfz. 3) |
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Base |
Camion Opel Blitz 3t modifié en semi-chenillé |
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Suspension chenilles |
Système Carden-Loyd (2 bogies à galets caoutchoutés, ressorts hélicoïdaux) |
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Chenilles |
260 mm de large — 82 maillons par côté |
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Roues avant |
2 roues directrices caoutchoutées (direction) |
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Moteur |
Opel 6 cylindres 3 600 cm³ — 68 ch |
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Poids total |
7 100 kg (lanceur chargé) |
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Vitesse max |
40 km/h sur route |
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Autonomie |
130 km |
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Radio |
FuG Spr G |
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Protection et armement secondaire |
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Blindage caisse |
6 à 10 mm d'acier RHA incliné (protection armes légères et éclats) |
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Blindage tourelle |
Cône métallique — protection éclats et gaz d'échappement roquettes |
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Armement secondaire |
1 x MG 34 ou MG 42 sur pivot — arrière de la cabine conducteur |
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Capacité de combat rapproché |
Limitée — blindage insuffisant contre armes supérieures aux armes légères |
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Système de lancement |
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Armement principal |
10 tubes de 150 mm (NbW 41) en 2 rangées horizontales de 5 |
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Disposition |
2 x 5 tubes sur tourelle rotative à l'arrière du véhicule |
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Rotation tourelle |
270° de débattement — élévation et dépression libres |
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Munitions embarquées |
10 roquettes prêtes en tubes + 10 en soute = 20 roquettes (2 salves) |
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Mise à feu |
Électrique — salve séquentielle obligatoire |
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Tir véhicule en mouvement |
Impossible — tir uniquement à l'arrêt |
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Performances balistiques (munition 15 cm Wgr. 41) |
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Portée maximale |
7 060 m (explosif) / 6 905 m (fumigène) |
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Vitesse initiale |
342 m/s |
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Cadence (salve) |
10 roquettes en rafale séquentielle |
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Munitions disponibles |
HE, fumigène — même que NbW 41 |
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Rechargement |
90 secondes environ (3 servants) — puis décrochage |
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Équipage et organisation |
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Équipage (lanceur) |
3 hommes : conducteur, chef de véhicule/radio, opérateur lanceur |
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Équipage (ravitailleur) |
3 hommes |
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Organisation batterie |
8 lanceurs en 2 pelotons de 4 + 8 ravitailleurs + 1 Sd.Kfz. 250/5 reco |
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Intégration |
Batteries autonomes ou attachées aux Werfer-Brigades Nebeltruppen |
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Emploi tactique et efficacité |
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Avantage majeur vs NbW 41 |
Mobilité : tir + repli en quelques minutes avant riposte ennemie |
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Doctrine |
"Shoot and scoot" — appui blindé mobile, saturation de zone |
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Rôle |
Appui feu direct aux formations blindées — opérations mobiles |
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Limite principale |
Faible blindage — vulnérable à l'artillerie et à l'aviation |
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Limite munitions |
Seulement 2 salves embarquées — dépendance totale du ravitailleur |
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Théâtre optimal |
Front de l'Est — vastes espaces permettant la manœuvre |
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Exemplaire conservé |
Musée des Blindés de Saumur (France) — récupéré en Normandie 1944 |
15 cm Panzerwerfer 42 auf sWS
| Uchronie |
C 'est le successeur avorté du Panzerwerfer 42 auf Maultier <mis ne faut consruit auà un exemplaire par Büssing-NAG / Tatra
Génèse et successeur du Maultier
Le 15 cm Panzerwerfer 42 auf sWS est le dernier maillon et le plus méconnu de la chaîne des lance-roquettes automoteurs allemands de la Seconde Guerre mondiale. Né de la volonté de remplacer le Panzerwerfer 42 auf Maultier (Sd.Kfz. 4/1) jugé insuffisamment blindé et trop peu puissant, il n'atteignit jamais le stade de la production en série victime de la conjonction de deux crises : la pénurie du véhicule porteur et l'effondrement industriel de l'Allemagne en fin de guerre.
Le Schwerer Wehrmachtschlepper (sWS) dont il est dérivé a lui-même une histoire mouvementée. Le 7 mai 1942, Hitler ordonna le développement d'un semi-chenillé simplifié, peu coûteux et robuste, spécifiquement conçu pour les conditions du front de l'Est avec la Rasputitsa, cette saison de dégel qui transformait les pistes en bourbiers impénétrables. La consigne était claire : aucun compromis sur la capacité tout-terrain, mais tous les sacrifices possibles sur le coût et la vitesse.
Le projet fut confié à Büssing-NAG à Berlin, qui présenta ses premiers prototypes au printemps 1943. La production en série débuta en décembre 1943 aux usines Büssing-NAG et chez le partenaire tchèque Ringhoffer-Tatra à Smíchov. Mais le programme souffrit immédiatement de retards catastrophiques : sur les 7 484 exemplaires commandés à livrer en deux ans, seulement 5 sWS furent livrés en décembre 1943, et la production cumulée n'atteignit que 825 exemplaires en mars 1945 soit à peine 11 % de la commande initiale.
C'est dans ce contexte de pénurie chronique que, le 9 août 1944, la firme Martini-Hütte de Salzkotten reçut la demande d'étudier la possibilité d'adapter une version entièrement blindée du sWS en lanceur de roquettes. Le résultat fut le Panzerwerfer 42 auf sWS probablement produit à un seul exemplaire prototype, qui tomba aux mains des troupes alliées à la fin de la guerre.
Sa désignation complète est 15 cm Panzerwerfer 42 auf Schwere Wehrmachtschlepperabricant du châssis : Büssing-NAG (Berlin) et Ringhoffer-Tatra (Tchécoslovaquie)
Le châssis sWS est d'une conception délibérément spartiate. Cet engin incarne la nouvelle philosophie radicalement différente des semi-chenillés allemands qui l'ont précédé. Là où les Sd.Kfz. 251 et 250 étaient des véhicules soignés, aux chenilles caoutchoutées et à la mécanique élaborée, le sWS est délibérément rustique. Ses chenilles sont en acier brut sans revêtement caoutchouté mais si cette économie dégrade le confort et la durabilité sur route, elle réduit significativement le coût de fabrication. La cabine de conduite est initialement ouverte, avec un simple toit mou ; seules les versions spécialisées reçoivent une cabine blindée.
Le moteur est un Maybach HL42 TRKMS à 6 cylindres refroidis par eau, développant 100 chevaux pour déplacer 13,5 tonnes un rapport puissance/poids modeste qui explique la vitesse maximale limitée à 27 km/h. Cette lenteur, jugée acceptable pour un véhicule de ravitaillement, se révèle un handicap tactique sérieux pour le rôle de lance-roquettes automoteur où la capacité de décrochage rapide après un tir est vitale.
Les variantes du sWS
Le sWS fut produit en plusieurs versions distinctes, toutes sur le même châssis :
• Version cargo non blindée : Plateau arrière avec ridelles en treillis métallique — usage logistique et tractage d'artillerie
• Version semi-blindée : Cabine blindée 8-15 mm — plateau arrière ouvert — support FlaK 43 de 37 mm ou FlaK-Vierling 20 mm
• Version entièrement blindée : Caisse fermée blindée — lanceur Panzerwerfer 42 à 10 tubes (le sujet de cet article)
• Version ambulance : Plateau arrière aménagé pour 4 brancards — usage sanitaire
La version Panzerwerfer est basée sur la version entièrement blindée. Selon les sources (ArmedConflicts.com), le blindage de la caisse atteint 15 mm en frontal à 15° d'inclinaison, 12 mm sur les flancs et 8 mm à l'arrière, avec un blindage de 10 mm à 45° sur la tourelle conique portant le lanceur. Ce blindage est nettement supérieur à celui du Panzerwerfer 42 auf Maultier (6-10 mm uniformes) — mais la lenteur du sWS compense défavorablement cet avantage.
Le système de lancement
Le lanceur est identique à celui du Panzerwerfer 42 auf Maultier : le 15 cm Nebelwerfer 42 dit Zehnling (la dizaine), composé de dix tubes de 150 mm disposés en deux rangées horizontales de cinq, montés sur une tourelle rotative à l'arrière du véhicule. La tourelle offre 270° de débattement en azimut avec une élévation de -5° à +45°.
La différence fondamentale avec le Maultier est la mise à feu depuis la cabine blindée. Sur le Panzerwerfer 42 auf Maultier, le tir était déclenché par l'opérateur depuis l'extérieur du véhicule ou depuis le compartiment arrière. Sur le sWS, la commande électrique de mise à feu est installée dans la cabine, permettant au chef de véhicule ou à l'opérateur de déclencher la salve sans quitter l'abri blindé — un progrès tactique et de survivabilité réel.
Les munitions embarquées sont identiques : 10 roquettes en tubes prêtes à tirer, plus 10 autres en soute intérieure blindée, soit deux salves complètes. Le compartiment de stockage blindé des roquettes est une amélioration notable par rapport au Maultier dont le chargement était plus exposé aux éclats.
Les munitions HE sont la 15 cm Wurfgranate 41 Spreng — 32 kg — 2,4 kg TNT — portée 7 060 m
Les Munitions fumigènes : 15 cm Wurfgranate 41 w Kh Nebel — 35,9 kg — 6 905 m
Il peut embarqués : 20 roquettes (2 salves) dans la soute blindée
Le Panzerwerfer 42 auf sWS nécessite un équipage de 5 hommes : un conducteur, un chef de véhicule (qui sert également d'opérateur de tir depuis la cabine), un opérateur du lanceur, et deux chargeurs. Ce dernier point est significatif : le Panzerwerfer 42 auf Maultier ne nécessitait que 3 hommes. L'augmentation à 5 s'explique par les dimensions plus importantes du sWS et par la configuration du compartiment arrière blindé, qui impose une manutention différente des roquettes lors du rechargement.La disposition de l'équipage tire pleinement parti du blindage supérieur du sWS : le conducteur et le chef de véhicule sont protégés dans la cabine avant blindée, tandis que les chargeurs opèrent dans le compartiment arrière couvert et blindé lors du rechargement — une protection bien supérieure à la situation des équipages du Maultier qui devaient s'exposer partiellement lors du rechargement.
Le Panzerwerfer 42 auf sWS était conçu pour corriger les deux défauts principaux du Panzerwerfer 42 auf Maultier : un blindage insuffisant et une vulnérabilité au tir depuis l'extérieur lors de la mise à feu. Le sWS offrait un blindage nettement supérieur (jusqu'à 15 mm contre 10 mm maximum), une soute à munitions protégée, et la mise à feu depuis la cabine. Dans les opérations défensives de 1944-1945, où les équipages étaient soumis à des feux nourris d'armes légères et d'éclats d'artillerie, ces améliorations auraient eu une valeur réelle.
Mas il y a toujourd le problème de la vitesse car dans cette version sa vitesse maximale est de 27 km/h, contre 40 km/h pour le Panzerwerfer 42 auf Maultier. Or, la survivabilité de tout lance-roquettes automoteur repose sur sa capacité à décrocher rapidement après une salve, avant que la riposte de contrebatterie ennemie ne localise la batterie. Avec 27 km/h, le sWS Panzerwerfer aurait eu des difficultés à s'éloigner suffisamment vite de sa position de tir — annulant en partie l'avantage du blindage supérieur.
Cela illustre le dilemme permanent de la conception des véhicules de combat : le blindage et la mobilité sont deux facteurs antagonistes, et le sWS avait clairement sacrifié la seconde pour améliorer le premier, sans que ce choix soit nécessairement optimal pour le rôle d'artillerie automotrice.
Pourquoi le programme fut-il abandonné ?
La raison principale est simple : il n'y avait pas assez de sWS disponibles. Sur les 7 484 exemplaires commandés, seulement 825 furent produits. Affecter une partie de ces précieux véhicules à la conversion en lance-roquettes aurait encore réduit le nombre disponible pour leurs missions primaires de ravitaillement et de tractage d'artillerie — missions vitales pour des armées en retraite consommatrices de matériel logistique.
La décision fut donc prise de maintenir la production du Panzerwerfer 42 auf Maultier (Sd.Kfz. 4/1) jusqu'à la fin de la guerre, malgré ses imperfections reconnues, plutôt que de basculer vers le sWS en quantités dérisoires. Le programme Panzerwerfer auf sWS fut officiellement limité au prototype, qui servit à valider le concept sans jamais déboucher sur une série.
L'ironie de l'histoire est que le sWS conçu comme un véhicule économique et robuste pour compenser la sophistication coûteuse des Sd.Kfz. se révèle dans sa version Panzerwerfer un véhicule plus complexe, plus lourd et plus lent que le modeste Maultier qu'il était censé supplanter. La rusticité voulue du sWS (chenilles acier, vitesse réduite) se retournait contre lui précisément dans le rôle où la mobilité était cruciale.
Conclusion
Le Panzerwerfer 42 auf sWS est une arme qui n'a pratiquement pas existé opérationnellement avec un prototype unique dont la documentation complète est encore lacunaire. Sa valeur historique est davantage dans ce qu'il révèle des tensions et contradictions du programme d'armement allemand en fin de guerre que dans un quelconque impact militaire réel.
Il illustre parfaitement le cercle vicieux dans lequel se trouvait l'industrie allemande en 1944-1945 : chaque programme d'armement nouveau concurrençait les programmes existants pour des ressources industrielles de plus en plus rares, conduisant soit à l'échec du nouveau programme (faute de matière première et de capacité de production), soit à l'affaiblissement des programmes existants (par diversion de ressources). Le Panzerwerfer auf sWS fut une victime de ce cercle vicieux.
Mais le châssis sWS lui-même eut un destin plus heureux : Tatra continua sa production après la guerre sous la désignation T809 pour l'armée tchécoslovaque, prouvant que la conception de base était solide et adaptée aux besoins militaires d'après-guerre en Europe centrale. Le concept du semi-chenillé à usage logistique robuste et économique que Hitler avait commandé en 1942 s'avéra donc pertinent — mais trop tard et en trop petite quantité pour influencer l'issue de la guerre.
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Désignation complète |
15 cm Panzerwerfer 42 auf Schwere Wehrmachtschlepper |
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Abréviation courante |
Panzerwerfer auf sWS |
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Type |
Lance-roquettes automoteur blindé sur semi-chenillé lourd |
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Fabricant châssis |
Büssing-NAG (Berlin) et Ringhoffer-Tatra (Tchécoslovaquie) |
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Ordre de développement |
9 août 1944 — Martini-Hütte, Salzkotten |
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Statut |
Probablement un seul prototype — capturé par les Alliés en 1945 |
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Objectif initial |
Remplacer le Panzerwerfer 42 auf Maultier (Sd.Kfz. 4/1) |
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Raison de l'échec |
Trop peu de sWS disponibles — production Maultier maintenue jusqu'en 1945 |
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Châssis — Schwerer Wehrmachtschlepper (sWS) |
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Désignation châssis |
Schwerer Wehrmachtschlepper (sWS) — Gerät 71 |
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Conception |
Ordre d'Hitler du 7 mai 1942 — semi-chenillé simplifié pour front Est |
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Moteur |
Maybach HL42 TRKMS — 6 cylindres — 4,2 litres — 100 ch (74,6 kW) |
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Boîte de vitesses |
2 x 4 rapports avant, 2 x 1 marche arrière |
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Poids total |
13 500 kg (version Panzerwerfer blindée) |
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Longueur |
6,92 m |
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Largeur |
2,50 m |
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Hauteur |
2,07 m (châssis de base) |
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Vitesse maximale |
27 km/h sur route |
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Autonomie |
300 km (240 litres de carburant) |
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Capacité de charge utile |
4 000 kg — charge tractée : 6 000 kg |
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Chenilles |
Acier brut non caoutchouté — conception économique voulue |
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Production totale sWS (toutes versions) |
825 exemplaires (décembre 1943 — mars 1945) |
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Commande initiale |
7 484 exemplaires commandés — seulement 825 livrés |
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Après-guerre |
Tatra a continué la production sous la désignation T809 pour l'armée tchèque |
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Blindage — version Panzerwerfer |
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Blindage frontal caisse |
15 mm à 15° |
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Blindage flancs caisse |
12 mm |
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Blindage arrière caisse |
8 mm |
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Blindage tourelle (cône) |
10 mm à 45° |
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Bouclier canon |
Non applicable (tourelle blindée) |
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Supériorité vs Maultier |
Blindage plus épais et uniforme — protection nettement améliorée |
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Limite commune |
Toujours vulnérable aux canons antichars et à l'artillerie lourde |
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Système de lancement — 15 cm Nebelwerfer 42 (Zehnling) |
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Armement principal |
10 tubes de 150 mm — 2 rangées horizontales de 5 |
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Désignation lanceur |
15 cm Nebelwerfer 42 (Zehnling = « dizaine ») |
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Tourelle |
Rotative — 270° de débattement en azimut |
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Élévation |
-5° à +45° |
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Mise à feu |
Électrique depuis la cabine — rafale séquentielle |
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Munitions embarquées |
10 roquettes en tubes + 10 en soute intérieure = 20 roquettes (2 salves) |
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Munitions 15 cm HE |
15 cm Wurfgranate 41 Spreng — 32 kg — charge 2,4 kg TNT |
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Munitions fumigène |
15 cm Wurfgranate 41 w Kh Nebel — 35,9 kg — 3,86 kg fumigène |
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Armement secondaire |
1 x MG 42 sur pivot |
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Performances balistiques (munition 15 cm Wgr. 41) |
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Portée maximale (HE) |
7 060 m |
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Portée maximale (fumigène) |
6 905 m |
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Vitesse initiale |
342 m/s |
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Cadence de tir (salve) |
10 roquettes en rafale séquentielle électrique |
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Rechargement |
90 secondes environ (équipage de 5) |
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Masse projetée / salve |
10 x 32 kg = 320 kg — dont 10 x 2,4 kg d'explosif |
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Équipage et organisation |
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Équipage total |
5 hommes : conducteur, chef de véhicule, opérateur lanceur, 2 chargeurs |
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Équipage vs Maultier |
5 vs 3 — 2 chargeurs supplémentaires justifiés par la taille du sWS |
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Tir depuis cabine |
Oui — mise à feu depuis l'intérieur de la cabine blindée |
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Organisation batterie |
8 lanceurs en 2 pelotons de 4 (identique Maultier) |
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Rattachement |
Werfer-Brigades Nebeltruppen |
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Comparatif — Panzerwerfer auf sWS vs Panzerwerfer auf Maultier |
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Châssis |
sWS plus lourd (13,5 t vs 7,1 t) mais meilleure motricité tout-terrain |
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Blindage |
sWS supérieur (15/12/8/10 mm vs 6-10 mm Maultier) |
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Vitesse |
sWS plus lent (27 km/h vs 40 km/h Maultier) — handicap tactique réel |
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Tir depuis cabine |
sWS : OUI — Maultier : NON (commande extérieure) |
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Équipage |
sWS : 5 hommes — Maultier : 3 hommes |
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Munitions embarquées |
Identiques : 20 roquettes (2 salves) |
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Mobilité tactique |
Maultier supérieur grâce à sa vitesse — sWS trop lent pour le "shoot and scoot" |
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Production |
sWS : prototype unique — Maultier : 300 exemplaires |
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Vainqueur du comparatif |
Aucun : le sWS était meilleur en protection, le Maultier en mobilité tactique |
« Stuka zu Fuß »
Tous sont des systèmes de lance-roquettes 28/32 cm de la Wehrmacht
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les premières roquettes d'artillerie à entrer en service dans la Wehrmacht ne furent pas les célèbres roquettes de 15 cm du Nebelwerfer 41, mais bien les volumineuses roquettes de 28 cm et 32 cm, livrées aux unités dès 1940 — avant même les roquettes de calibre inférieur. Cette priorité s'explique par la logique qui prévalait à l'époque : pour saturer une zone ou démolir une position fortifiée, mieux vaut une roquette puissante et imprécise qu'une roquette précise mais légère.
Ces deux roquettes partagent le même moteur-fusée mais diffèrent radicalement par leur charge utile. La Wurfkörper Spreng de 28 cm est une roquette hautement explosive avec une charge militaire de 49,9 kg — suffisante pour démolir un bâtiment ou détruire un bunker en bois et terre. La Wurfkörper M Fl 50 de 32 cm est une roquette incendiaire contenant 50 litres d'huile inflammable (Flammöl) pouvant couvrir une zone de 200 m² de feu une arme redoutable contre les concentrations de personnel, les dépôts de matériel et les positions en forêt.
Leur défaut commun est leur portée limitée à environ 2 000 mètres et leur imprécision notable due à leur forme bizarre et peu aérodynamique avec un corps bulbeux et court, très éloigné des formes profilées des roquettes plus tardives. Cette combinaison défavorable (courte portée + imprécision) ne peut être compensée que par l'emploi en masse. C'est précisément ce qu'ont cherché à faciliter tous les systèmes de lancement développés autour de ces roquettes.
Les lanceurs fixes
Schweres Wurfgerät 40 et 41
Le premier système de lancement de masse développé pour ces roquettes est d'une simplicité rustique : le Schweres Wurfgerät 40 (sWG 40) est un simple cadre en bois — littéralement la caisse de transport de la roquette équipée de pieds réglables à l'avant permettant d'incliner l'ensemble pour pointer grossièrement vers l'objectif. Le sWG 41 est une version identique mais en tube acier, plus robuste et réutilisable.
Ces cadres sont utilisés par groupe de quatre, alignés ou en arc de cercle selon la configuration du terrain. La mise à feu est électrique depuis un détonateur à distance. Les servants ne s'approchent du dispositif qu'après le tir pour recharger — ou pour retraiter si la position est repérée.
L'emploi militaire est exclusivement statique et planifié : ces systèmes sont mis en place par les unités du génie de combat (Pioniere) Nebeltruppen avant un assaut, ou utilisés lors de sièges pour démolir méthodiquement des fortifications. Le siège de Sébastopol en 1942 est l'exemple le plus documenté : les Allemands mirent en place des batteries de sWG 40/41 pour démolir les fortifications soviétiques, roquette par roquette, en tirs de barrage planifiés sur plusieurs jours.
Le 28/32 cm Nebelwerfer 41
Pour remédier à l'immobilité des sWG 40/41, les Allemands développèrent une solution intermédiaire : le 28/32 cm Nebelwerfer 41, une simple remorque à deux roues portant six cadres de lancement disposés en deux rangées de trois superposées. Le système est directement dérivé des cadres sWG, simplement montés sur une remorque tractable par camion ou semi-chenillé.
Les cadres sont dimensionnés pour les roquettes de 32 cm, mais des rails adaptateurs permettent de tirer les roquettes de 28 cm — le même principe de polyvalence dual-calibre que l'on retrouvera plus tard sur le Raketenwerfer 56. La mise à feu reste électrique et la salve de six roquettes s'effectue en rafale séquentielle.Ce lanceur représentait à l'époque le principal matériel lourd des unités Nebeltruppen après le NbW 41 de 15 cm. Il apportait une mobilité tactique réelle par rapport aux sWG fixes : après une salve, le tracteur pouvait remorquer le lanceur vers une nouvelle position avant la riposte ennemie. Mais cette manœuvre restait lente et laborieuse — insuffisante face aux délais de réaction des artilleries adverses.
4. Le Wurfrahmen 40 / Sd.Kfz. 251 — le vrai « Stuka zu Fuß »
La solution aux limitations des lanceurs tractés vint d'une idée simple : monter les cadres de lancement directement sur un véhicule blindé automoteur. Après la bataille de France, l'état-major allemand ordonna le développement d'un tel système. Le Schwerer Wurfrahmen 40 — six cadres de lancement montés sur les flancs du semi-chenillé Sd.Kfz. 251 fut la réponse. Il entra en service fin 1940 et fut déployé pour la première fois à grande échelle lors de l'Opération Barbarossa en juin 1941.
Le résultat est surnommé « Stuka zu Fuß » (Stuka à pied) par les soldats allemands — référence directe au Junkers Ju 87 Stuka dont il reproduit l'effet psychologique de terreur au sol. Les Alliés et les Soviétiques le surnomment quant à eux « Heulende Kuh » (Vache beuglante), en référence au hurlement caractéristique émis par les roquettes en vol. Il peut être considéré comme l'ancêtre direct et la base technique du Panzerwerfer 42 de 1943.
Description
Le Sd.Kfz. 251/1 Ausf. C/D (version standard du demi-chenillé Hanomag) reçoit six cadres de lancement — trois de chaque côté — fixés sur les flancs extérieurs du véhicule. Les roquettes sont tirées depuis leur caisse de transport Packkiste, simplement posée dans les cadres. Les armatures sont orientables en élévation de +5° à +40°, mais le pointage en azimut s'effectue uniquement en orientant le véhicule dans la direction de l'objectif. Il n'y a pas de tourelle rotative — ce qui impose une manœuvre complète du Sd.Kfz. 251 pour corriger le pointage latéral.
La salve de six roquettes est déclenchée électriquement depuis l'intérieur du véhicule en environ dix secondes. Les servants se mettent à l'abri dans le compartiment arrière ou derrière le véhicule avant le tir — les gaz d'échappement des roquettes sont violents et dangereux pour quiconque se trouve sur les côtés du Sd.Kfz. 251 au départ. Après la salve, le conducteur redémarre et le véhicule décrocche bien plus rapidement qu'avec un lanceur tracté.L'armement défensif comprend une à deux mitrailleuses MG 34 ou MG 42. Le blindage de 8 à 14,5 mm protège l'équipage des armes légères et des éclats, mais pas d'un tir direct de canon antichar. L'équipage standard de la version lance-roquettes est de trois hommes : conducteur, chef de véhicule et opérateur.
Trois types de roquettes pouvaient être utilisées sur le Wurfrahmen 40 :
Wurfkörper Spreng 300 mm : Roquette HE — portée 1 900 m — (à partir de 1942, compatible via les cadres d'origine)
Wurfkörper Spreng 280 mm : Roquette HE explosive — portée 2 138 m — charge : 49,9 kg d'explosif
Wurfkörper M Fl 50 (320 mm) : Roquette incendiaire — portée 2 018 m — 50 litres de Flammöl — couvre 200 m²
La possibilité de tirer les roquettes de 300 mm (Wurfkörper 42) depuis les cadres Wurfrahmen 40 est une mesure de rationalisation tardive — les roquettes de 30 cm restant alors dans leur caisse de transport, comme les roquettes de 28/32 cm. Cette compatibilité inattendue prolongea l'utilité du système Wurfrahmen 40 bien au-delà de sa conception d'origine.
Les beuten équipés de Wurfrahmen
Une particularité notable de l'emploi du Wurfrahmen 40 est sa polyvalence en termes de véhicules porteurs. Face aux besoins croissants et à la pénurie de Sd.Kfz. 251, les Allemands n'hésitèrent pas à utiliser des véhicules capturés comme plates-formes de lancement.
La Renault UE Chenillette (f) la chenillet lorraine
Dès 1943, une quarantaine de chenillettes françaises Renault UE capturées lors de la bataille de France furent équipées de cadres Wurfrahmen et redesignées Selbstfahrlafette für 28/32 cm Wurfrahmen auf Infanterie-Schlepper UE (f). Deux versions furent produites : l'une avec les cadres montés sur les flancs latéraux (2 de chaque côté), l'autre avec une plateforme montée à l'arrière portant quatre cadres. La Renault UE, très petite et basse, offrait une cible difficile à détecter et une mobilité surprenante — compensant largement sa très faible protection.
Le Hotchkiss H35/38 (f)
Certains chars légers français Hotchkiss H35 et H38 capturés furent également équipés de deux cadres Wurfrahmen de chaque côté. Cette combinaison étrange — un char léger transformé en lance-roquettes — avait l'avantage d'offrir un blindage plus substantiel que le Sd.Kfz. 251 ou la Renault UE, au prix d'une maniabilité réduite.
M3 Half-track américain (capturé)
Après juin 1944, des half-tracks américains M3 capturés en France reçurent également quatre cadres Wurfrahmen (deux par côté). Cette adaptation de fortune illustre le pragmatisme extrême des unités de terrain allemandes en fin de guerre celle d' utiliser tout matériel disponible pour maintenir la puissance de feu.
Emploi tactique
L'emploi tactique de tous ces systèmes repose sur un principe unique : la saturation soudaine et massive d'une zone ciblée. La portée limitée à 2 000 mètres impose d'approcher l'objectif, mais le blindage du Sd.Kfz. 251 permet de le faire avec une relative sécurité. La salve de six roquettes est déclenchée en dix secondes un déluge de feu suivi d'un décrochage immédiat avant la riposte ennemie.
Le combat urbain
C'est en combat urbain que ces systèmes donnèrent le meilleur d'eux-mêmes. La roquette HE de 28 cm avec ses 49,9 kg d'explosif est capable de démolir un bâtiment en quelques tirs — une capacité que ni les mortiers ni l'artillerie légère ne pouvaient reproduire aussi rapidement. Les combats de Kharkov, Stalingrad et Leningrad virent un emploi intensif de ces systèmes pour démolir les positions soviétiques transformées en forteresses urbaines. La roquette incendiaire de 32 cm fut particulièrement redoutée en milieu urbain, transformant en brasier les immeubles servant d'abris à l'infanterie adverse.
L'insurrection de Varsovie (1944)
L'un des épisodes les plus sombres de l'emploi de ces systèmes est leur utilisation lors de la répression de l'insurrection de Varsovie en 1944. Les Allemands utilisèrent massivement les lanceurs de 28/32 cm — notamment des sWG 40/41 et des Wurfrahmen sur Sd.Kfz. 251 — pour démolir systématiquement les quartiers tenus par les insurgés polonais. La portée courte (2 000 m) était parfaitement adaptée aux distances de combat urbain de cette insurrection, et la puissance des charges explosives et incendiaires causa des destructions considérables dans le tissu urbain.
L'effet psychologique
Le hurlement caractéristique des roquettes de 28/32 cm en vol — à l'origine des surnoms « Stuka zu Fuß » et « Heulende Kuh » — exerça un effet de terreur considérable sur l'infanterie adverse. L'effet psychologique était amplifié par l'arrivée soudaine et groupée de six roquettes en dix secondes, sans avertissement préalable audible (pas de coup de départ distant comme pour un canon). Même des soldats aguerris éprouvaient une panique réflexe face à ce déluge soudain de feu et de souffle.
Engagements
Opération Barbarossa (juin 1941)
Premier déploiement à grande échelle du Wurfrahmen 40 sur Sd.Kfz. 251. L'arme surprit les Soviétiques par sa puissance de feu mobile et son effet psychologique dévastateur. Les vastes espaces du front de l'Est permettaient les approches discrètes nécessaires pour compenser la portée limitée.
Siège de Sébastopol (1942)
Emploi massif des sWG 40/41 en tirs de barrage planifiés contre les fortifications soviétiques. Les Allemands installèrent des batteries fixes de cadres pour démolir méthodiquement les défenses soviétiques — un emploi statique mais dévastateur, qui contribua à la chute de la forteresse en juillet 1942.
Stalingrad (1942-1943)
Emploi du Wurfrahmen 40 sur Sd.Kfz. 251 dans les combats de rue. La portée de 2 km et la puissance des roquettes HE furent particulièrement adaptées aux distances de combat dans les ruines de la ville. La roquette incendiaire de 32 cm servit à incendier des bâtiments tenus par l'infanterie soviétique.
Insurrection de Varsovie (août-octobre 1944)
Emploi des lanceurs 28/32 cm pour démolir les quartiers tenus par les insurgés polonais. Usage des sWG 40/41 en tirs directs sur les immeubles, combinés aux Wurfrahmen sur Sd.Kfz. 251 pour les attaques mobiles. L'un des emplois les plus intensifs et les plus documentés de ces systèmes.
Bilan
Efficacité destructrice : très élevée à courte portée. Les charges explosives de 49,9 kg (28 cm) et incendiaires de 39,8 kg (32 cm) sont parmi les plus puissantes de tout l'arsenal allemand rapporté au poids du vecteur. Aucun autre système portatif ou semi-portatif ne peut démolir un bâtiment aussi rapidement.
Efficacité psychologique : très élevée. Le hurlement en vol et la saturation soudaine d'une zone brisent la cohésion adverse bien au-delà de ce que les pertes matérielles justifient. C'est cette qualité qui valut au système ses deux surnoms — « Stuka zu Fuß » soulignant l'analogie avec le bombardier en piqué, « Heulende Kuh » décrivant le son.
Limite majeure : la portée de 2 000 m. C'est le défaut structurel non résolu de toute cette famille. Pour tirer, il faut s'approcher dangereusement de l'objectif — ce que le blindage du Sd.Kfz. 251 permet de faire un peu plus sereinement, mais pas sans risque face à un ennemi armé de canons antichars. C'est précisément cette limitation qui conduisit au développement du Panzerwerfer 42, utilisant les roquettes de 15 cm à portée de 7 km.
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C 'est la copie allemande du Katyusha soviétique
En fait c'est la Waffen-SS qui a extroplé cette arme du Katyusha
Le 8 cm Raketen-Vielfachwerfer est l'un des systèmes d'armes les plus originaux et les moins connus de l'arsenal allemand de la Seconde Guerre mondiale. Sa genèse révèle autant sur les rivalités institutionnelles internes au IIIe Reich que sur les qualités militaires du Katyusha soviétique.
Lorsque l'Opération Barbarossa démarre en juin 1941, les soldats allemands découvrent avec stupéfaction les roquettes BM-8 et BM-13 soviétiques. Le Katyusha — un lanceur de roquettes à stabilisation par ailerons monté sur camion — produit un effet de saturation massif et soudain que rien dans l'équipement allemand ne peut égaler en volume de feu. Les premiers rapports remontent immédiatement à l'état-major : cet équipement est simple, peu coûteux, produit en masse, et démoralise les troupes qui le subissent.
Des propositions de copie furent rapidement formulées — mais se heurtèrent à un mur. La Wehrmacht avait déjà investi lourdement dans ses propres systèmes de roquettes spin-stabilisées (la famille Nebelwerfer) et refusait de reconvertir ses usines vers un système concurrent. L'affrontement était autant idéologique (les officiers de la Wehrmacht méprisaient les méthodes industrielles « inférieures » soviétiques) qu'industriel.
C'est là qu'intervient la Waffen-SS. En tant que branche militaire du Parti nazi, la Waffen-SS était structurellement en compétition permanente avec la Wehrmacht pour les ressources, les hommes et les équipements. Elle disposait de son propre réseau d'approvisionnement (le SS-Waffenamt) et pouvait initier des programmes d'armement indépendants en dehors du circuit Wehrmacht. Ce fut précisément ce canal parallèle qui donna naissance au 8 cm Raketen-Vielfachwerfer.
Les ingénieurs du SS-Waffenamt s'inspirèrent directement du BM-8-24 soviétique la version à 24 rails du Katyusha tirant des roquettes de 82 mm. La copie allemande fut développée à partir de 1942, avec des prototypes fonctionnels en début 1943, et produite principalement aux Waffenwerke Brünn à Brno (Tchécoslovaquie occupée), qui adapta ses chaînes de production existantes de la Česká zbrojovka pour fabriquer les cadres à rails et les roquettes.
Si sa Désignation officielle est 8 cm Raketen-Vielfachwerfer (8 cm R-Vielfachwerfer) elle a recu comme surnom"Himmler's Organ" (Orgue d'Himmler)
Elle fut fabriquée par Waffenwerke Brünn (Brno, Tchécoslovaquie occupée) et mise en service en 1943-1944 principalement dans les unités Waffen-SS et Front Ouest
Le nombre total de système produit est inconnu mais probablement quelques centaines d'exemplaires
Description technique
La différence fondamentale entre le 8 cm R-Vielfachwerfer et tous les Nebelwerfer allemands est dans le principe de lancement. Là où les NbW 41, 42 et le Raketenwerfer 56 utilisent des tubes ou des rails ouverts pour des roquettes spin-stabilisées, le R-Vielfachwerfer emploie des rails perforés — de simples barres d'acier trouées sur lesquelles les roquettes à ailerons glissent et sont retenues pendant la combustion du propulseur. Ce principe, directement copié du Katyusha, est d'une simplicité de fabrication extraordinaire.
Le lanceur standard comprend 24 rails disposés en deux rangées parallèles de 12, chaque rail mesurant 2 mètres de long. L'ensemble est monté sur un cadre tubulaire en acier fixé à l'arrière du véhicule porteur. Le coût de fabrication est incomparablement inférieur à celui des tubes usinés des Nebelwerfer : pas de venturi usinés de précision, pas de mécanisme de chargement complexe — juste des rails d'acier percés et des roquettes simples à emboutissage.
La compatibilité avec les roquettes soviétiques capturées est un atout tactique majeur : les roquettes M-8 soviétiques de 82 mm, capturées en grandes quantités sur le front de l'Est, pouvaient être utilisées directement sur les rails allemands. Sur un théâtre d'opérations où les lignes de ravitaillement en munitions allemandes étaient sous pression, cette capacité à utiliser les stocks ennemis capturés était une véritable valeur ajoutée.
La roquette allemande est la 8 cm Raketen Sprenggranate qui est une copie quasi conforme de la roquette soviétique M-8, avec une modification notable : ses ailerons sont inclinés à 2° par rapport à l'axe de la roquette. Cette légère inclinaison imprime une rotation auxiliaire à la roquette en vol, améliorant sa stabilité et sa précision par rapport au modèle soviétique original une ingénierie subtile qui démontre que si les Allemands copiaient, ils cherchaient à améliorer ce qu'ils copiaient.
Le corps de la roquette est fabriqué en tôle d'acier emboutie — une technique radicalement plus rapide et moins coûteuse que les pièces usinées de précision des roquettes spin-stabilisées allemandes. La charge propulsive est de la cordite, un propulseur simple et disponible. La charge explosive de 3,2 kg de HE est légèrement supérieure à celle des roquettes de 15 cm du NbW 41 (2,4 kg de TNT), mais l'avantage réel du R-Vielfachwerfer est dans le volume de feu : 24 roquettes en 10 secondes contre 6 roquettes en 10 secondes pour le NbW 41.
pour une portée d'environ 6 700 m ce qui est comparable au NbW 41 (7 060 m)
Les Vecteurs ou plates-formes
Le Sd.Kfz. 4 Maultier est la plate-forme standard et principale du R-Vielfachwerfer Il est identique au Sd.Kfz. 4 Maultier utilisé pour le Panzerwerfer 42 de 15 cm La différence est dans le montage arrière : au lieu du lanceur Zehnling à 10 tubes de 15 cm, c'est un cadre à 24 rails ouverts pour roquettes de 8 cm qui est installé.
Certains Maultier reçurent un montage double à 48 rails — deux rangées de 24 — permettant d'emporter deux salves complètes avant rechargement. On a un film sur le tir d'un Versuchsschiessen mit dem 8-cm-Vielfachwerfer qui montre clairement un Maultier tirant une salve de 48 roquettes en rapide succession, suivi du rechargement et du déplacement vers une nouvelle position
La deuxième plate-forme notable est le SOMUA MCG un tracteur d'artillerie semi-chenillé français capturé lors de la bataille de France en 1940. Désigné S307(f) par les Allemands, il fut modifié pour recevoir le R-Vielfachwerfer par l'atelier du Major Alfred Becker à Paris — le célèbre Baukommando Becker, spécialisé dans la conversion de matériel capturé en armes opérationnelles.La désignation officielle de cette version est Raketenwerfer S303(f) auf SOMUA MCL / S307(f). Le SOMUA MCG offrait un châssis robuste et une bonne mobilité, et sa conversion par Becker lui ajoutait une cabine blindée et le cadre à rails du R-Vielfachwerfer. C'est cette version qui fut démontrée au Maréchal Rommel le 30 mai 1944 à Riva Bella sur la côte atlantique de Normandie — à seulement 7 jours du Débarquement allié.
Les utilisateurs
La Waffen-SS est l'utilisatrice principale et le créateur du R-Vielfachwerfer. Plusieurs unités SS furent équipées de ces lanceurs, notamment intégrées dans des batteries d'artillerie de régiments SS. La rivalité avec la Wehrmacht était telle que le SS-Waffenamt protégea jalousement ce programme, refusant pendant un temps de transférer les lanceurs à la Wehrmacht malgré les demandes répétées de l'armée régulière.
La documentation tchèque (ArmedConflicts.com) mentionne la SS-Kampfgruppe Schill opérant en Slovaquie en septembre 1944 avec des R-Vielfachwerfer sur Maultier, et une batterie SS de la SS-Artillerieschule II Beneschau qui devait participer aux combats défensifs autour de Břeclav en avril 1945 — jusqu'aux derniers jours du conflit.
Malgré ses réticences initiales, la Wehrmacht utilisa également le R-Vielfachwerfer dans quelques unités. La 10e Batterie du Panzer-Artillerie-Regiment 155 (10. (Werfer) Batterie PAR 155) fut équipée de R.Vielfachwerfer sur SOMUA S307(f). Cette batterie indépendante soutint la Kampfgruppe Luck en Normandie — démontrant que le système trouva finalement un rôle opérationnel au-delà de son créateur SS.
La luftwaffe va tester le R-Vielfachwerfer L'unité Schwere Fallschirm-Werfer-Abteilung I — un bataillon de lance-roquettes parachutiste de la Luftwaffe — fut établie en février 1944 sur ordre du XI. Fliegerkorps. Sa première batterie comprenait deux pelotons de trois lance-roquettes automoteurs chacun, montés probablement sur Sd.Kfz. 4/1.
Les six R-Vielfachwerfer de cette unité provenaient directement de la Waffen-SS, qui les transféra à la Luftwaffe en échange de parachutistes pour l'entraînement du SS-Fallschirmjäger-Bataillon 500 — un échange institutionnel révélateur des marchandages internes au IIIe Reich en fin de guerre. Ces lanceurs furent utilisés à des fins de comparaison expérimentale avec le 15 cm Panzerwerfer 42 auf Maultier.
Emploi tactique
L'emploi tactique du R-Vielfachwerfer est directement calqué sur la doctrine soviétique du Katyusha : approche rapide, salve massive, décrochage immédiat.L'effet de saturation soudaine sur une zone large brise la cohésion adverse et crée une terreur psychologique comparable au NbW 41, mais avec une cadence volumétrique très supérieure. La compatibilité avec les roquettes soviétiques capturées fut un avantage logistique réel sur le front de l'Est, où les dépôts de munitions soviétiques tombés aux mains des Allemands contenaient souvent des milliers de roquettes M-8 — immédiatement utilisables sur les R-Vielfachwerfer sans adaptation.
Le R-Vielfachwerfer était parfois intégré dans des batteries mixtes comprenant aussi des 15 cm Panzerwerfer 42 auf Maultier. La complémentarité tactique était réelle : le R-Vielfachwerfer apportait le volume de feu (24 roquettes légères en 10 secondes) tandis que le Panzerwerfer 42 apportait la puissance destructrice (10 roquettes de 32 kg). Les rapports après-déploiement indiquent que cette combinaison offrait une couverture de zone supérieure à l'emploi d'un seul type de lanceur.
Mais l'évaluation de la Wehrmacht fut sévère. Les principaux griefs étaient les suivants. Premièrement, la faible puissance unitaire : avec seulement 3,2 kg de HE par roquette, chaque impact individuel était bien moins destructeur que celui d'une roquette de 15 cm NbW (2,4 kg TNT mais à titre comparatif beaucoup plus lourde) ou à fortiori de 30 cm. Deuxièmement, la production concurrente : lancer une production en série de roquettes de 8 cm et de lanceurs à rails aurait nécessité des investissements industriels dans un contexte de pénurie. Troisièmement, le manque d'enthousiasme institutionnel : la Wehrmacht avait ses systèmes, ses filières de production et ses doctrines et adopter un système issu de la Waffen-SS n'était pas dans ses habitudes.
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Désignation officielle |
8 cm Raketen-Vielfachwerfer (8 cm R-Vielfachwerfer) |
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Traduction |
"Lance-roquettes multiple de 8 cm" |
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Surnom troupes |
"Himmler's Organ" (Orgue d'Himmler) |
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Type |
Lance-roquettes multiple automoteur à 24 rails ouverts |
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Origine du concept |
Copie quasi conforme du BM-8-24 soviétique (Katyusha) |
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Initiateur |
Waffen-SS — SS-Waffenamt — en dehors du circuit Wehrmacht |
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Développement |
1942 — prototypes fonctionnels début 1943 |
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Fabricant |
Waffenwerke Brünn (Brno, Tchécoslovaquie occupée) |
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Mise en service |
1943-1944 — principalement Waffen-SS et Front Ouest |
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Production totale |
Inconnue — probablement quelques centaines (estimation ~300) |
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Théâtres |
Front de l'Est, France (Mur de l'Atlantique), Front occidental |
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Utilisateurs |
Waffen-SS (principal) · Wehrmacht limitée · Luftwaffe (Fallschirm-Werfer expérimental) |
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Le lanceur — rails ouverts |
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Nombre de rails |
24 rails en 2 rangées parallèles de 12 |
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Longueur des rails |
2 mètres chacun |
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Construction |
Cadres tubulaires acier — rails perforés — très simple et économique |
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Compatibilité munitions |
Roquettes allemandes 8 cm + roquettes soviétiques M-8 capturées (82 mm) |
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Disposition sur Maultier |
Montage arrière sur Sd.Kfz. 4 — 24 rails (version standard) |
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Variante 48 rails |
Sd.Kfz. 4 avec double rangée = 48 roquettes — 2 salves embarquées |
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Mise à feu |
Électrique — salve complète de 24 roquettes en moins de 10 secondes |
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Stabilisation roquette |
Ailerons (fin-stabilized) — pas de rotation comme les Nebelwerfer |
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Plates-formes — véhicules porteurs |
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Plate-forme principale |
Sd.Kfz. 4 Maultier (Opel) — semi-chenillé blindé — 24 ou 48 rails |
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Plate-forme française |
SOMUA MCG capturé (dés. allemande : S307(f)) — modifié par Alfred Becker |
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Modification Becker |
Atelier Baukommando Becker à Paris — cabine blindée + montage lanceur |
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Désignation version SOMUA |
Raketenwerfer S303(f) auf SOMUA MCL / S307(f) |
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Avantage SOMUA |
Châssis robuste — semi-chenillé à roues arrière — bonne mobilité |
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Autres plates-formes |
Camions divers, structures fixes — usage expérimental |
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Vitesse (version Maultier) |
40 km/h sur route |
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Autonomie (Maultier) |
130 km |
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Munition — 8 cm Raketen Sprenggranate |
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Désignation |
8 cm Raketen Sprenggranate (roquette explosive 8 cm) |
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Calibre réel |
78 mm (désignation arrondie à 8 cm / 80 mm) |
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Type de charge |
Explosif HE uniquement (Sprenggranate) |
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Charge explosive |
3,2 kg de HE (warhead) |
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Propulseur |
Cordite — propulseur simple et économique |
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Stabilisation |
Ailerons à 2° d'inclinaison (rotation auxiliaire améliorant la précision vs M-8) |
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Construction corps |
Tôle d'acier emboutie — fabrication rapide et peu coûteuse |
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Compatibilité BM-8 |
OUI — les roquettes soviétiques M-8 de 82 mm capturées utilisables directement |
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Portée maximale |
Environ 6 700 m |
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Différence vs Nebelwerfer |
Moins puissante (3,2 kg vs 2,4 kg TNT NbW 41) mais 24 roquettes en 10 secondes |
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Performances et organisation |
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Cadence de tir (24 rails) |
24 roquettes en moins de 10 secondes |
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Cadence (48 rails Maultier) |
48 roquettes en 2 salves — rechargement entre les 2 |
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Munitions embarquées (Maultier) |
48 roquettes totales (2 salves de 24) + rechargement ravitailleur |
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Masse projetée / salve (24) |
24 x roquette = environ 800 kg total — dont 24 x 3,2 kg explosif |
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Organisation batterie SS |
Batteries de 6 à 8 véhicules — intégrées aux Werfer-Abteilungen SS |
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Unité Luftwaffe expérimentale |
Schwere Fallschirm-Werfer-Abteilung I — 6 lanceurs sur Sd.Kfz. 4/1 |
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Unité 10e Batterie PAR 155 |
Panzer-Artillerie-Regiment 155 — R.Vielfachwerfer sur SOMUA — Normandie |
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Comparatif — R-Vielfachwerfer vs 15 cm NbW 41 |
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Calibre |
8 cm (78 mm) vs 15 cm (158 mm) |
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Charge explosive |
3,2 kg (8 cm) vs 2,4 kg TNT (15 cm) — par roquette |
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Nombre de roquettes / salve |
24 (8 cm) vs 6 (15 cm) — couverture de zone supérieure |
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Portée |
~6 700 m (8 cm) vs 7 060 m (15 cm) — comparable |
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Stabilisation |
Ailerons (8 cm) vs rotation (15 cm) — ailerons moins précis en général |
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Rails vs tubes |
Rails ouverts simples (8 cm) vs tubes fermés usinés (15 cm) |
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Coût de fabrication |
8 cm très inférieur — tôle emboutie vs pièces usinées |
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Compatibilité munitions ennemies |
OUI pour 8 cm (roquettes soviétiques) / NON pour 15 cm NbW |
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Utilisateur principal |
Waffen-SS / Wehrmacht limitée (8 cm) vs Wehrmacht / Nebeltruppen (15 cm) |
Attention je n'inclus dans cet article le Henschel 7,3 cm “Föhn” qui estfondamentalement différente d'un Nebelwerfer.
Cette armee Föhn (du nom du vent chaud et sec alpin) est une roquette sol-air allemande de la Seconde Guerre mondiale et aussi appelé 7,3 cm Raketen Sprenggranate. Le lanceur associé est le Föhn-Gerät. C'est donc une arme anti-aérienne, pas un lance-roquettes d'artillerie terrestre.
Le lanceur comprend 35 tubes individuels, chacun de 31 pouces (~79 cm) de long et d'environ 7,3 cm de section, disposés en 5 rangées horizontales et 7 verticales. Les roquettes sont mises à feu par des percuteurs à marteau montés sur des axes horizontaux, et tous les 35 sont actionnés par une seule gâchette.
La roquette mesure 29,5 cm de long, pèse 2,7 kg dont 280 grammes d'explosif en ogive. Elle est stabilisée par rotation, obtenue en inclinant les tuyères d'échappement sous la roquette. Sa portée verticale atteint 1,2 km.
L'arme était destinée à créer des barrages de roquettes contre les avions d'attaque au sol volant à basse altitude. Des lanceurs furent également positionnés le long de fleuves (Satzvey, Unkel, Hahn) pour protéger les sites de franchissement— ce qui explique son usage parfois en tir sol-sol.
Pour le déploiement de masse, elle fut officiellement rebaptisée Volks-Fla-R-Werfer (Volkssturm-Flugabwehr-Raketenwerfer) et en février 1945, cinquante unités avaient été livrées pour des tests en troupe.
Versions
Il existait deux versions principales : le Schießkarren (chariot de tir fixe orienté vers une zone aérienne prédéfinie) et le Föhngerät (statique, pour le Volkssturm). Un Hand-Föhn à 3 tubes tiré à l'épaule était en développement, mais n'a pas abouti avant la fin de la guerre.
En résumé : c'est une arme anti-aérienne à saturation — un barrage de 35 roquettes non guidées tiré en une seule salve contre des avions volant bas, conçue pour compenser le manque de canons Flak en fin de guerre, notamment pour le Volkssturm.