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1346 Bataille de Crécy

Article fait par :Claude Balmefrezol

Mis en ligne le 23/04/2020 à 22:30:08



Crécy 26/08/1346

 
 
 
Voir aussi Photoscope de Crecy en Ponthieu
 
le 26 Août 1346 deux armées se font face les anglais et les Français . Mais contrairement aux prévisions cette journée a vu une armée anglaise battre une armée française beaucoup plus importante
C’est la première grande bataille terrestre de la guerre de Cent Ans (1337-1453 .
Édouard III (. 1327-1377 ) et son fils le Prince Noir (1330-1376 ) ont mené leur armée professionnelle à la victoire grâce à un bon choix de terrain, à la discipline des troupes au cœur de la bataille, à l'utilisation d’une arme dévastatrice le longbow ou arc long et surtout grâce à l'incompétence de l’État Major français commandé en l absence du connétable ,par Philippe VI de France (. 1328-1350 ). Crécy sera suivi d'une victoire encore plus significative 10 ans plus tard à Poitiers en 1356
Le tout sera parachevé en 1415 à Azincourt qui voit pour la 3e fois la Chevalerie Française être laminée par une armée de fantassins
 

La situation Géopolitique Géopolitic situation
Cartes tirées de ce site qui est bien documenté

 

France 1328 (avec l 'autorisation de M. Alain Houot)

 

France 1360 (avec l 'autorisation de M. Alain Houot)
La guerre de Cent Ans
C ‘est guerre très longue qui a opposé le Royaume de France au Royaume d Angleterre . C’est une période qui a vu des périodes paix et de guerre plus ou moins longues avec une épidémie de peste noire qui touche toute l’Europe et qui par vagues successives va faire 30 millions de morts en 5 ans
Mais revenons à notre guerre de 100 ans
En 1328 le dernier capétien direct meurt sans descendance mâle et suite à diverses tractations et négociations la couronne passe à la branche collatérale des Capétiens Valois en la personne de Philippe de Valois qui devient Philippe VI
qui est le premier roi de France de la branche collatérale des Valois
Suite à  la mort de Charles IV dit le Bel le 1er février 1328  sa femme était enceinte de 7 mois  . Il devint régent  .Froissart dit (Chroniques, t. I, ch. 22) 
Charles le Bel sur son lit de mort déclara que si la reine accouchait d’une fille, se serait aux barons à adjuger la couronne à celui qui aurait le droit par droit.
Les barons s’assemblèrent : le droit de Philippe de Valois fut solennellement reconnu ; et, à défaut du droit, c’est l’aversion que les Français avaient pour la domination anglaise.
La régence fut donc unanimement déférée à Philippe, et, six semaines après, la reine étant accouchée d’une fille, ce prince se fit sacrer à Reims le 29 mai 1328. mais il se heurte au roi d'Angleterre Édouard III, petit fils par sa mère de Philippe le Bel qui commença par disputer la régence
Des jurisconsultes anglais et français débattirent longuement les droits des deux princes.
Édouard était fils d’Isabelle, sœur du dernier roi ; et Philippe n’était que le cousin germain de ce monarque, étant fils de Charles de Valois, frère de Philippe le Bel.
Édouard III fondait ses droits sur la proximité du degré, l’autre sur la loi salique.
Philippe réfutait les prétentions d’Édouard, par cette seule raison que la mère ne pouvait transmettre à ses enfants un droit qu’elle n’avait pas elle-même.
Il alléguait l’usage constant dès le commencement de la monarchie, et la loi faite dans les états du royaume (1316) après la mort de
Louis X le Hutin, loi qui prononça l’exclusion de la fille de ce prince,
Philippe  reçut le surnom de Bien Fortuné, parce qu’il était parvenu de fort loin à la couronne, ayant devant lui les trois fils de
Philippe le Bel Il a recu d'autres surnom  la long car il était grand et aussi e trouvé par les Flamands,
Les règnes de souverains issus de la branche des Valois durant presque 150 furent des règnes mêlés de quelques succès et de grands revers, lesquels conduisirent presque la France au bord du Gouffre


Mais la guerre de 100 ans ne commença pas immédiatement  car entre 1328 et 1346  les premières années du règne furent fastes Philippe mate les révoltés Flamands à Cassel le 24 d’août 1328 .18 800 Flamands,furent tués Les ducs de Bourgogne et de Bretagne, Bouchard de Montmorency et plusieurs autres seigneurs y furent blessés.
Édouard, qui n avait pas digéré l affront des juristes  ne vient pas assister au sacre de Philippe, quoiqu’il y fût obligé en qualité de pair de France. duc de Guyenne et comte de Ponthieu. Philippe le fit sommer de remplir ce devoir par Pierre Roger, abbé de Fécamp, le futur pape
Clément VI.
Devant l 'échec de la délégation le roi fit saisir les revenus du duché de Guyenne et du comté de Ponthieu. Il envoya une nouvelle sommation à Édouard qui enfin se rend  à Amiens  où il rend hommage le  6/06/1326 au Roi de France en présence des rois de Bohême, de Navarre et de Majorque,sans se mettre à genoux, tête nue, et sans avoir ses mains dans celle du roi, son seigneur Cet hommage imparfait ne fut accepté que par provision,mais les duc de Bourbon, les comtes de Harcourt et de Tancarville et plusieurs jurisconsultes, furent envoyés en Angleterre pour examiner avec le parlement, qui se tenait à Londres, les actes des hommages précédemment rendus aux rois de France par les rois d’Angleterre
En même temps, le
comte d’Alençon faisait campagne  en Guyenne  La ville de Saintes fut attaquée, emportée, et le comte d’Alençon fit raser les murailles de la ville et du château. Aussitôt Édouard  III signa l’acte de son hommage-lige . Édouard y prend les titres de roi d’Angleterre, seigneur d’Irlande et duc d’Aquitaine ; Édouard, ne se proclama point roi de France,
Mais tout changea avec le retour d'une vieille querelle familiale qui avait pourrie les dernières années du règne de Philippe IV  La succession d'Artois
 Après la mort de
Robert II, un grand procès s’était élevé (1318) pour la possession du comté d’Artois, entre Mathilde, fille de Robert, et Robert III son neveu.malgré la loi salique le duché fut accordé à Mathilde Après 2 procès et après avoir largement contribué à faire de Philippe de Valois il decida de refaire un procès
Il pensait que le roi allait pencher en sa faveur mais les documents produits par Robert d'Artois se sont révélés être faux. Robert III perdit son procès, et en même temps son honneur.


Philippe l’envoya citer devant la cour des pairs.où il fut déclaré par contumace atteint et convaincu, et ses biens furent confisqués. Déguisé en marchand, Robert se sauva en Angleterre, où Édouard  l'admit dans son conseil. Philippe de Valois fit renfermer dans le château de Chinon sa propre sœur, femme de Robert, qui intriguait pour son mari ; et les enfants du comte furent conduits au château de Nemours.
Dans le même temps, Philippe se croisa avec les rois de Bohême, de Navarre et d’Aragon pou libérer l 'Espagne des Maures; il fit équiper une flotte à Marseille, nomma lieutenant général du royaume Jean, son fils aîné, et le terme du départ général des croisés fut fixé au 1er août 1336.
Mais l’ambition d’Édouard vint refroidir le zèle de Philippe : ce monarque proposa au pape de remettre la croisade à un autre temps, et le pape y consentit. Mais la Guerre continue entre les deux souverains
Si le roi d’Angleterre avait accueilli Robert d’Artois, le roi de France avait donné asile à
David Bruce, et soutenait le parti de ce dernier en Écosse. et les  deux rois refusent tout traité
On va vers un conflit  Édouard s’allia secrètement avec l’
électeur de Cologne, les ducs de Gueldre et de Brabant, le comte de Hainaut, le marquis de Juliers 
Le pape essaya  tout pour prévenir une rupture qui de jour en jour paraissait de plus en plus imminente.
Philippe fit publier le 7 mars 1337 un édit déclarant t Robert d’Artois ennemi de l’État, criminel de lèse-majesté ; défendait, sous peine de confiscation, à tous ses vassaux demeurant dans le royaume ou hors du royaume, de lui donner asile, conseil ou secours ; et leur enjoignait de l’arrêter prisonnier et de le mettre à sa disposition. par cet arrêt il  menace  ouvertement le roi d’Angleterre de la saisie de la Guyenne et du Ponthieu s’il continuait à protéger Robert d’Artois.
C’est vers ce temps que les Normands offrirent au roi de réunir une armée expéditionnaire et de la conduire à la conquête de l’Angleterre, dont la couronne serait conférée au duc de Normandie, fils de Philippe de Valois. Le roi accepta cette offre ; mais Édouard avait mis les côtes d’Angleterre à l’abri de toute invasion. Enfin la guerre fut déclarée par Édouard, et l’évêque de Lincoln fut chargé d’aller défier le roi de France. La campagne s’ouvrit par le siège de Cambrai, que les alliés furent contraints de lever.
Les deux armées se retirèrent chacune de leur côté mais la guerre avait commence en Guyenne  et elle se déroulait bien pour le roi de France .Plusieurs forteresses furent enlevées aux Anglais et lors de affrontement  maritimes l’avantage resta aussi aux Français, Portsmouth fut surpris et pillé, l’île de Guernesey ravagée. Édouard sentit alors la nécessité d’entraîner les Flamands mais les Flamands liées par les traités  ne purent rien faire dans un premier temps
Édouard hésita mais sur les conseils de Robert d 'Artois il se proclame roi de France. Les Flamands lui firent hommage, et lui prêtèrent serment comme à leur souverain (1339). Philippe fit d’inutiles efforts pour les regagner, en leur offrant de nouveaux privilèges.
Le pape s’offrit comme médiateur. Les premiers combats ’furent une série de défaites pour les Anglais Les comtes de Salisbury et de Suffolk, qui commandaient l’armée anglaise, furent faits prisonniers par les habitants de Lille.


Mais  Édouard débarque en Flandre, se dirige sur l’Écluse. Une flotte française composée de 120 gros vaisseaux, portant 40 000 Normands, Picards et Génois, attendit les Anglais vers l’embouchure de l’Escaut. La flotte d’Édouard s’avança en ordre de bataille,mais mieux placés sous le vent vont défaire la la flotte  française. Édouard  avait perdu 4 000 hommes  et Philippe  10 000  furent tués,et 10000 prisonniers Pour les anglais c'est la Battle of Sluys,
Philippe se retira sous Arras avec son armée. Robert d’Artois crut la circonstance favorable ; et voulant profiter pour son propre compte de la guerre qu’il avait allumée, y vint avec Artevelle assiéger Saint-Omer ; mais l’un et l’autre furent battus et repoussés par le duc de Bourgogne.
après diverses combat dont le siège de Tournai Édouard proposa à Philippe VI un tournoi qui deciderait de la suite.
Mais  une trêve fut signée le 20 septembre 1340,Les deux rois étaient convenus d’accepter, pour la conclusion de la paix, la médiation du Saint-Siège.Philippe voulait qu’avant toute négociation de la paix, Édouard renonce  au titre et aux armes de France  La mort de
Jean III, duc de Bretagne (1341), ralluma la guerre. Jean, comte de Montfort, frère du duc, disputa la couronne ducale à Charles de Blois, reconnu par les états, et qui avait épousé Jeanne de Penthièvre. Montfort fut appuyé par Édouard, Charles de Blois par Philippe, et cette guerre dura vingt-deux ans
La fortune parut favoriser Philippe de Valois car deux princes du sang déclarés contre lui, et qui avaient allumé la guerre, le comte de Montfort, était prisonnier dans la tour du Louvre  et, Robert d’Artois, mourut à Londres.
Édouard arriva en Bretagne, mais échoua Clément VI  négociât une trêve de trois ans.
En la trêve fut ainsi rompu Le Comte de Derby débarqua à Bayonne,et ravagea avec son armée durant un an la Guyenne . Il reprend ainsi la Gascogne pour la Couronne anglaise en 1345
Le trésor de Philippe était vide. Ce prince créa la
gabelle un impôt sur le sel  Les français vont se ressaisir . Effrayé à la nouvelle de ces conquêtes, Édouard débarque à la Hague, en Normandie   et il pille la Normandie Les français se mettent en ordre de bataille  Entretemps Édouard et son fils le Prince Noir   continuent leur marche en remontant la Seine.  Cette stratégie, connue sous le nom de  chevauchée, avait de multiples objectifs: semer la terreur dans la population locale, fournir gratuitement de la nourriture à une armée d'invasion, acquérir du butin et une rançon pour les nobles prisonniers, et assurer que la base économique de son adversaire était gravement affaiblie .

 Cette une forme brutale de guerre a été conçue pour inciter le roi Philippe à se rendre sur le terrain et à affronter l'armée d'invasion, ce qui est exactement ce qui s'est produit.  
Édouard brûla les faubourgs de Pont-de-l’Arche, ceux de Vernon et de Meulan ; s’avança jusqu’à Poissy et poussa des détachements qui brûlèrent le château de Saint-Germain en Laye, Nanterre et Rueil. Du haut des tours de Notre-Dame on voyait l’incendie s’étendre jusqu’au pont de Neuilly. Cependant l’armée de Philippe, marchant sur l’autre rive de la Seine, Le roi de Bohême, le duc de Lorraine, le comte de Flandre, rassemblaient une autre armée à Saint-Denis.
Déjà la retraite d’Édouard était devenue difficile. Ne pouvant traverser la Seine à Poissy, dont le pont était rompu, et en présence de l’armée de Philippe, il feignit de vouloir passer au-dessus. Philippe donna dans ce piège, et, tandis qu’il allait camper au pont Antony, Édouard revint sur ses pas : le pont de Poissy fut promptement rétabli et l’armée anglaise se trouva sur l’autre rive .Philippe le poursuivit dans sa retraite. Beauvais, les bords de la Somme.Philippe arrivait à Amiens avec une nombreuse armée ;
Après diverse manœuvres les deux armées se trouvent face à face  à
Crecy le  26/08/1346  . Ce fut une cuisante défaite pour le Roi de France
Les forces en Présence

 

À Crécy, les deux camps possèdent une cavalerie lourde composé de Chevaliers dont contingent fourni par la Noblesse
On trouve aussi une infanterie venant pour les belligérants des paysans et des communes et enfin et là est la différence un corps d’archers pour les anglais et d’arbalétriers pour les Français
Auxquel j’ajoute pour les anglois un parc d’artillerie
La différence va se faire au niveau des armes offensives dont l’ Arc anglais Il faut savoir que l’arc long anglais était alors l’arme la plus dévastatrice du champs de bataille médiéval
Ces arcs longs ou longBow mesuraient environ 1,5 à 1,8 mètre de longueur et étaient le plus souvent fabriqués à partir d'ifs et cordés avec du chanvre. Les flèches, capables de percer des armures, mesuraient environ 83 cm de long et étaient faites de frêne et de chêne pour leur donner plus de poids. Un archer qualifié peut tirer des flèches à raison de 15 par minute ou une toutes les quatre secondes.

L'armée anglaise comprenait également un contingent d'archers à cheval qui pouvaient poursuivre un ennemi en retraite ou être déployés rapidement là où ils étaient le plus nécessaires sur le champ de bataille.
Les Français, bien qu'ils aient eu quelques archers, comptaient davantage sur les arbalétriers, car le tir d'une arbalète nécessitait moins de formation.
Le principal contingent de l'armée de Philippe était composé d'arbalétriers génois. L'arbalète, cependant, avait une cadence de tir beaucoup plus lente que l'arc long, environ pour 5 fléches tirées sur un carreau était tiré
Par contre la puissance de pénétration était supérieure à celle de la flèche
Avec cet important contingent de mercenaires arbalétriers génois arbalétriers réputés comme les meilleurs d'Europe.
Ces compagnies de tireurs d'élite ont combattu dans des conflits allant des sanglantes guerres internes italiennes aux croisades en Terre Sainte. L'armée française de Philippe VI n'était pas différente.
Pour lui, ses mercenaires génois étaient essentiels au plan de bataille français à Crécy car ils couvriraient l'avancée de ses chevaliers français
Mais en plus de leur arme les mercenaires génois n'étaient pas armés uniquement de l’arbalète.. Ils avaient une arme de mêlée secondaire généralement une épée et un grand bouclier rectangulaire appelé «pavois».
 Compte tenu de la vitesse de rechargement de l'arbalète, le pavois était un grand atout car il servait de protection


Mais à la bataille de Crécy, les Génois avaient laissé leurs pavois dans le train de bagages français ce qui les a rendus très vulnérables et ils ont rapidement souffert lourdement de la puissance du Long Bow
La cadence de tir des arcs longs anglais était si rapide que, selon une source, il semblait à l'armée française qu'il neige ,Incapables de contrer le barrage des archers, les mercenaires génois battirent en retraite.
Voyant ses arbalétriers génois reculer, les chevaliers français se sont indignés.
À leurs yeux, ces arbalétriers étaient des lâches. Selon une source, en voyant les Génois reculer, le roi Philippe VI a ordonné à ses chevaliers de: "Tuez-moi ces scélérats, car ils arrêtent notre route sans aucune raison." Un massacre impitoyable a rapidement suivi.
15 charges de cavalerie française ont été repoussées par les archers grâce à la discipline des troupes anglaises où personne ne sort de sa formation sans ordre supérieur .Du fait de leur infériorité numérique, le roi Édouard III et son fils ne vont pas hésiter à bousculer les règles traditionnelles du combat.
Edouard à fait déployer ses archers dans une formation en forme de V appelée herse. C'était une formation beaucoup plus efficace que de les placer en bloc sur plusieurs rangs car cela permettait à plus d'hommes de voir l'ennemi en marche et de tirer avec précision et sans crainte de toucher leurs propres hommes.
L’infanterie,des deux camps possédait les mêmes protections et armement

 


Les hommes d'armes les mieux équipés portaient des armures en plaques ou des étoffes ou des cuirs renforcés renforcés de bandes métalliques
Cette infanterie était généralement maintenue en réserve jusqu'à ce que la cavalerie lourde ait fait son travail Après le choc des titans elle intervenait et maniait des armes telles que des piques, des lances, des haches et des outils agricoles modifiés.
Pour l artillerie l'armée d'Edward possédait quelques canons les premiers à être utilisés sur le sol français mais leur impact a été limité compte tenu de la faible technologie de l'époque car ils ne pouvaient pas, par exemple, tirer en site négatif

Bataille
Le 25 août 1346 près une longue course poursuite et des accrochages mineurs l ‘Host du roi de France a rattrapé les anglais près de Crécy-en-Ponthieu, une petite ville au sud de Calais.
Le roi Édouard, commande son armée en personne, Il avait débarqué à Saint-Vaast-La-Hougue près de Cherbourg le 12 juillet, puis avait marché vers l'est où il fait la jonction avec les troupes commandées par son fils le Prince Noir qu’il anobli en récompense de ses raids réussis
 Caen a ensuite été capturée le 26 juillet, et l'armée d'invasion s'est dirigée vers le nord à Poissy juste à l'ouest de Paris pour finalement arriver près de Crécy. Le roi Philippe, commandait son Host qui campait à proximité d'Abbeville.
Les chiffres de la bataille de Crécy sont contestés, mais les historiens s'accordent à dire que l'armée anglaise était nettement inférieure à celle des Français, peut-être autour de 12 000 contre 25 000 hommes. Certains historiens ont évalué l'armée anglaise à 15 000 hommes
L'armée du roi Édouard a tenté de palier son désavantage numérique en se disposant sur une position défensive sur une petite élévation surplombant la rivière Maie.
Le 26 août, à Abbeville, le jour n'est pas encore levé que toute la ville est en effervescence. Philippe VI se met en selle pour aller sus aux anglais alors qu’Édouard III ménage son armée et attend ses adversaires patiemment. L'armée française quitte la ville dans un désordre indescriptible. Mais
le roi de France comprend qu'il ne pourra pas acculer l'armée anglaise à la mer, envoie des éclaireurs dans toutes les directions pour la localiser. La colonne de l'armée française était si importante qu'elle mit, une demi-journée pour quitter Abbeville. Les ordres ont, dans ce cas, du mal à circuler.
Édouard divisa ses troupes en trois divisions les flancs étaient protégés d'un côté par une forêt et un sol marécageux, et de l'autre par le petit village de Wadicourt. 


Les chariots sont disposés en cercle fermé proches des archers puisqu'ils recèlent les réserves de flèches. Ces flèches d'ailleurs constitueront dans quelques heures l'atout maître de la victoire anglo-saxonne.
Les Français devraient donc réduire leur ligne d’attaque et attaquer en montée.
Edward rendit les choses encore plus difficiles pour la cavalerie ennemie en faisant creuser des fossés et chausse trappes en avant ses propres lignes.
Juste avant le début de la bataille, le roi d'Angleterre qui se tient près d'un moulin  d’après le chroniqueur Jean Froissart (1337 1405 ) aurait prononcé un discours enthousiasmant


Puis le roi sauta sur un palefrois avec une badine blanche à la main… il passa de rang en rang, désirant que chaque homme prenne garde ce jour-là à sa droite et à son honneur. Il l'a dit si doucement et avec une si bonne mine et une joie joyeuse que tous ceux qui étaient découragés ont pris courage en le voyant et en l'entendant.


Le choc

 
Un orage transformer le terrain de manœuvre en un véritable bourbier Cela va géner les cavaliers dans leurs charge et va détendre en même temps les cordes des arbalètes .En effet la traction de la corde se fait par un ingénieux système de poulies et de manivelles, un peu long à mettre en place cependant.Un arbalétrier tire deux carreaux à la minute, tandis qu'un archer tire une douzaine de flèches dans le même temps. La formation d'un arbalétrier est toutefois beaucoup plus rapide que celle d'un archer, ce qui explique l'importance donnée à cette arme, particulièrement prisée par les milices bourgeoises.
Il est tard dans l après midi


La chevalerie française charge en premier, mais dans la confusion car l’ordre d’avancer a été aussitôt annulé car le roi d’est rendu compte que sa cavalerie chargeait directement face au soleil l bas en cette fin d'après-midi. En effet le soleil revenu est assez bas sur l'horizon et il interdit désormais de distinguer l'armée adverse
Mais certains cavaliers français ont continué d'avancer malgré tout tandis que d'autres battaient en retraite.
Les arbalétriers génois employés par le roi Philippe ont ensuite avancé avec tambours et trompettes, mais ont rapidement rompu leurs rangs après avoir étaient soumis à des tirs des archers anglais
Le roi de France, voyant la retraite des Génois, ordonna à sa propre cavalerie de charger sur eux et à travers eux, causant encore plus de confusion.
Il est presque 19h00 et les chevaliers décident de passer à l'action
La cavalerie lourde française continue alors d'attaquer par vagues, mais les archers gallois et anglais, positionnés sur les flancs font des ravages dans les rangs des cavaliers 
Edward utilisait la même tactique que celle utilisée lors de ces diverses batailles contre les Ecossais notamment 10 ans avant à Halidon Hill en 1333
La cavalerie française, alourdie par les armures qui ne servent que dans les combats rapprochés, mais nullement contre les volées de flèches. Les chevaliers chargent, mais bien peu arrivent à franchir les barrières d'archers pour engager le fer avec la cavalerie anglaise.
Les chevaliers français sont mis à, bas de leurs montures et ils sont blessés par les flèches anglaises venant de plusieurs directions.
Les Français ne peuvent riposter efficacement car ils ne peuvent arriver au contact de l ennmi tenu à distance par la portée, la puissance et à la précision de l'arc long anglais.
En effet sous une grêle de tirs d'archer des arcs longs anglais, les cavaliers blindés ont rapidement subi de lourdes pertes


Ceux qui ont atteint les lignes anglaises se sont retrouvés confrontés non seulement aux chevaliers à pied d' Henry, mais également à l'infanterie qui ont utilisés des armes vilaines ( du terme vilain non noble) pour faire tomber un chevalier de son cheval et le neutraliser
En outre,,plus la bataille avançait elle devient de plus en plus confuse, surtout du coté français cart l'armée du roi Édouard profitait de sa plus grande expérience de bataille et de sa discipline, qu’elle a acquis en combattant en Écosse et au Pays de Galles.
Jusqu'à 15 vagues d'attaques de la chevalerie française furent repoussées, et la discipline anglaise a jouée en plein car aucun combattant anglais ne quitte sa formation défensive pour poursuivre imprudemment la cavalerie en fuite où il aurait sûrement été défait par la piétaille française numériquement supérieure tenue à l'arrière. Car si les chevaliers français et leurs alliés européens sont expérimentés, l'infanterie de Philippe elle n’était composée que de milices mal entraînées et peu fiables,


Par contre le roi anglais opte pour une nouvelle tactique que la Chevalerie Française n’aurait jamais acceptée Il fait démonter ses chevaliers s’est à dire il transforme les chevaliers en Fantassins pour les utiliser en rangs serrés soutenus par des piquiers et avec une avant-garde d'archers comme une force cuirassée mais à pied
Les français sont épuisés, mais l'honneur exige de se laisser massacrer plutôt que de renoncer ; Jean l'aveugle prend même part au combat, prouesse inutile. Son fils Charles de Luxembourg a lui déjà pris le chemin de la retraite. Les anglais quand à eux ont reçu des ordres : Ne pas faire de prisonniers
Cela va entacher la réputation d’Édouard III car le meurtre de sang froid des chevaliers français capturés qu’ils soient blessés ou seulement capturés ne passent pas dans le monde de la chevalerie
Les règles de Chevalerie stipulaient qu'un chevalier devait être capturé et racheté, et pas tué. Hors les chevaliers furent égorgés après la bataille par des  valets cornouaillais et gallois équipés de grands couteaux apres que ceux ci aient reussià couper la gorge ou les jarrets des chevaux

 


Le roi Édouard III avait été informé ( à tort )du retour de l’Host français et ne pouvait s’encombrer de prisonniers.
Le prince Edward, alors âgé de seulement 16 ans, qui dirigeait l'aile droite de l'armée anglaise aux côtés de Geoffrey Harcourt.


Le jeune prince combat avec aplomb, mais lorsque sa division a été en grand danger quand les Français semblaient sur le point de submerger les troupes du Prince. En effet une troupe de chevaliers conduits par Jacques d'Estracelles parviendra au contact des troupes du Prince de Galles et le menacera
Geoffrey D Harcourt voyant le danger demande de l‘aide qui d’après le chroniqueur Jean Froissart lui aurait été refusé. En effet découvrant la demande d’aide Édouard, qui supervisé la bataille au pied d’un moulin à vent, a simplement déclaré que si son fils pouvait se sortir de ses difficultés, il gagnerait ses éperons ce jour-là


Les éperons faisaient partie de la panoplie du chevalier et étaient décernes lors de la cérémonie d’adoubement ce que le Roi fera plus tard pour son fils le futur Prince Noir qui sera sauvé par son porte-étendard Richard Fitzsimon .
La force de frappe de l’Armée française cette chevalerie formée de nobles a été en partie annihilée Il ne reste plus que l'infanterie française nombreuse mais n’ayant aucune valeur militaire
À la tombée de la nuit, le résultat était clair. Édouard avait gagné la bataille avec environ 300 victimes contre les 14 000 Français tombés,
Le nombre élevé de morts sera le résultat du fait que les Français avaient hissé leur bannière, l'Oriflamme de St Denis ce qui signifié pas de quartier
Les textes donnent traditionnellement, 1 542 chevaliers français tués mais certains historiens auraient estimé le chiffre à 4 000

 


La fine fleur de la noblesse française et celle de ses alliés a été éliminée, dont le Roi Jean de Bohème (1310-1346),époux de  Béatrice de Bourbon  le roi de Majorque, Louis de Châtillon comte de Blois, et Louis de Nevers, le comte de Flandre Charles, comte d'Alençon (frère du roi) ; le duc de Lorraine, Jean de Châlons, Louis de Sancerre, Jean d'Auxerre, Louis de Nevers (comte de Flandres), le Comte d'Aumale, l'évêque de Sens, l'Archevêque de Nîmes, Jean de Croï (sire d'Airaines), les comtes de Salm, de Blamont, d'Harcourt etc la liste est longue
Philippe VI a eu deux chevaux tués sous lui mais il peut échapper à la capture mais pas à la débâcle.Philippe VI se retire du champ de bataille escorté de Hainaut, Montmorency et Beaujeu et la nuit tombée le roi de France, flanqué de 50 hommes tout au plus, galope vers Amiens

 

 

 

Voir Photoscope


C'est après la bataille, du moins selon la légende, que le prince Edward a adopté l'emblème et la devise du roi déchu de Bohême - une plume d'autruche et Ich Dienou `` Je sers ' Par la suite une 3e plume sera ajoutée

.
Par la suite les plumes d'autruche sont devenues trois, et elles restent aujourd'hui le symbole du prince de Galles.
Bilan
Forces en présence :
France : 36 000 hommes dont 15 000 mercenaires génois (arbalétriers)
Angleterre : 12 000 hommes dont 7 000 archers
Pertes françaises :
11 princes dont Charles, comte d'Alençon, frère du roi et Jean de Luxembourg, roi de Bohème
1 250 chevaliers
15 000 hommes d'armes dont 6 000 Génois
Flèches anglaises tirées : Plus de 500 000 !

Conséquences
La victoire à Crécy est devenue une légende, et le fine fleur de la chevalerie anglaise qui était présente à la bataille sera récompensée par l'adhésion au nouveau ordre de chevalerie créé par Édouard III: l’ ordre de la Jarretière en 1348 CE
Cette victoire hisse l'Angleterre au même niveau que la France position qu'elle cherchait vainement depuis 1066 et date de la descente de Guillaume le Conquérant
On trouve une autre commémoration de cette bataille e, la cathédrale de Gloucester qui possède les restes de la fenêtre dite de Crécy qui montre de nombreuses figures nobles y ayant combattu et leurs armoiries.
La guerre continue car après un long siège les anglais s’emparent de Calais


Sur le sol anglais David II d'Écosse (1329-1371) et allié de Philippe VI, avait envahi l'Angleterre en octobre 1346 avec la ville de Durham comme cible
Mais il est battu et capturé à la bataille de Neville's Cross le 17 octobre 1346
10 ans plus tard, en septembre 1356 Poitiers voit encore une grande victoire anglaise mais le succès est encore plus significatif que Crécy car le roi de France y est capturé.
Après une période de paix à partir de 1360, la guerre reprend avec comme nouveau adversaire Charles V le Sage (1364-1380) qui beaucoup plus capable que ses prédécesseurs commence à récupérer les gains territoriaux anglais grâce à son Connétable du Guesclin.En 1375 les seules terres restantes en France appartenant à la Couronne anglaise n’étaient plus que Calais et une fine tranche de Gascogne.
 Pendant le règne de Richard II( 1377-1399 ) il y eu une période de paix entre les deux nations, mais le conflit reprend sous le règne d’Henri V( 1413-1422),
La bataille d’ Azincourt voit pour la 3e fois la Chevalerie française défaite par les anglais en octobre 1415
Henry est alors nommé héritier du roi de France Charles VI de France ( 1380-1422 )
Mais Henri V est mort avant qu'il ne puisse occuper le trône et l'épopée de Jeanne d’Arc (1429 1431 ) signe le renouveau spectaculaire de la puissance française avec Charles VII roi de France ( 1422-1461 )
La faiblesse d’ Henri VI (1422 1471) voit la défaite anglaise finale car ils ont perdu tous les territoires français sauf Calais et la fin de cette guerre en 1453 . Début alors la Guerre des deux Roses en Angleterre

 

 

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