Lance Flamme Rantsevy Ognemiot Kliouïeva-Sergueïeva liekinheitin M/41-R (désignation finlandaise)









Lance Flamme  Rantsevy Ognemiot Kliouïeva-Sergueïeva  liekinheitin M/41-R (désignation finlandaise)
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Lance-flammes à dos ROKS-2 date de la fin des années 1930 et a servi jusqu'en 1942  Il a baptisé par les finlandais liekinheitin M/41-R
Le nom
ROKS est l’abréviation de rantsevy ognemiot Kliouïeva-Sergueïeva, « lance-flammes à dos de Kliouïev et Sergueïev ». V. N. Kliouïev et M. P. Sergueïev, ingénieurs de l’institut de recherche en machines chimiques, en ont conçu toute la famille : ROKS (ou ROKS-1), ROKS-2, puis ROKS-3, celui de la fiche précédente.
Le sigle M/41-R du titre est finlandais : liekinheitin M/41-R, « lance-flammes modèle 1941, russe ». C’est le nom que l’armée finlandaise donna aux ROKS-2 pris à l’Armée rouge à partir de l’automne 1941 et remis en service dans ses propres unités du génie.
La pièce exposée
Le réservoir à liquide et sa bouteille d’air comprimé.
 
Le réservoir est un caisson plat, en tôle d’acier soudée, aux angles arrondis, pensé pour se porter à plat contre le dos. Sa face est couverte de rangées régulières de petites cuvettes embouties. Elles correspondent vraisemblablement aux points de fixation de tirants internes, qui empêchent un réservoir plat de se bomber sous la pression de travail ; c’est une déduction tirée de la photo, aucune source consultée ne les décrit. Ce réservoir « plat embouti » est justement ce que le ROKS-3 abandonnera au profit d’un cylindre, plus simple à fabriquer.
Sur le flanc gauche, deux bouchons hexagonaux servent au remplissage et à la vidange ; des anneaux soudés tout autour reçoivent les sangles. À droite, une bouteille d’air comprimé verticale est tenue par deux colliers, avec son robinet à volant noir et un raccord en laiton qui conduit l’air vers le réservoir. En bas à droite sort le tube de prise sur lequel se vissait le flexible de la lance. Le numéro peint « …1358 » est sans doute une marque d’inventaire.
L’habillage en tôle qui déguisait l’ensemble en sac à dos manque ici : on voit le réservoir nu. Autre détail à noter : les descriptions finlandaise et russe placent la bouteille d’air sous le réservoir, couchée en travers, alors qu’elle est fixée ici debout sur le côté. Il peut s’agir d’une variante de fabrication, d’un premier modèle ROKS, ou d’un remontage de musée ; je n’ai pas pu trancher.
La lance-fusil, profil droit, avec crosse en bois et bretelle.
La lance (routchie-brandspoït, « fusil-lance ») est le second élément exposé. Elle reprend la silhouette d’un fusil Mosin : crosse et fût en bois, bretelle, pontet et détente. Le boîtier métallique au-dessus de la détente abrite la soupape qui libère le liquide ; à l’avant, autour du « canon », se trouve le dispositif d’allumage. Sous le boîtier, la pièce moletée noire est probablement le raccord du flexible. Derrière la vitrine, les affiches « Gloire au soldat vainqueur » situent la salle consacrée à 1941-1945.
Un lance-flammes déguisé
Pendant la Grande Guerre, les servants de lance-flammes, reconnaissables à leur appareil, étaient abattus en priorité. Le ROKS-2 répond à ce problème par le camouflage : le réservoir est enfermé dans un coffrage de tôle mince qui imite un sac à dos, et la lance ressemble à un fusil réglementaire. Vu de loin, le servant se confond avec un fantassin ordinaire.
L’efficacité de cette ruse est discutée. Le site finlandais Jaeger Platoon note que la bouteille d’air et le flexible restaient visibles, et que le premier jet de flamme trahissait de toute façon l’arme. Les sapeurs finlandais appréciaient pourtant ce lance-flammes, qu’ils jugeaient plus fiable que leur modèle italien M/40 et moins repérable.
Fonctionnement
  • Propulsion pneumatique : l’air (ou l’azote) de la bouteille, sous haute pression, passe par un détendeur qui le ramène à une pression de travail d’une quinzaine à une vingtaine d’atmosphères, puis pousse le liquide hors du réservoir.
  • Tir : en pressant la détente, le servant ouvre la soupape de la lance ; le liquide traverse le flexible et sort par l’ajutage. La durée de la pression règle la longueur du jet.
  • Allumage : une cartouche spéciale, montée dans un barillet à l’avant de la lance, est percutée ; sa flamme enflamme le jet à la sortie. Les étuis de ces cartouches sont ceux de la 7,62 × 25 mm TT. Ce système évite fil électrique et batteries, peu fiables par grand froid.
  • Fin de tir : le servant ferme le robinet de la bouteille et purge la pression restante du réservoir.
L’allumage est le point faible de la famille. Faute de cartouches ou de temps pour tourner le barillet, les servants recouraient parfois à de l’étoupe enflammée fixée au bout de la lance. Le premier ROKS souffrait aussi d’un détendeur mal fabriqué et de deux détentes séparées, l’une pour la soupape, l’autre pour l’allumage, ce que le ROKS-2 a corrigé.
Le liquide est un mélange de gazole, de mazout, de kérosène, d’essence ou de pétrole brut, selon la saison et les stocks. À partir de 1939, la poudre épaississante OP-2 permet des mélanges visqueux qui portent plus loin, collent aux surfaces et brûlent plus longtemps.
ROKS-2 et ROKS-3
 
ROKS-2
Réservoir
plat, embouti, sous un coffrage imitant un sac
cylindrique, nu
Lance
longue, en forme de fusil
raccourcie, allumage et soupape améliorés
Fabrication
complexe
simplifiée pour la production de masse
Performances
voisines
voisines (environ 40 m, 6 à 8 jets)

 
Emploi
Chronologie incertaine. Les sources ne s’accordent pas sur les dates. Selon certaines, le premier ROKS est adopté en 1940 et le ROKS-2 n’en est que la version corrigée ; selon d’autres, le ROKS-2 sert dès le milieu des années 1930 et reçoit son baptême du feu contre la ligne Mannerheim pendant la guerre d’Hiver (1939-1940). Je n’ai pas trouvé de document d’époque pour départager ces versions.
1941. En juin, les sections de lance-flammes à dos appartiennent aux compagnies chimiques des divisions de fusiliers. L’ordre du 13 août 1941 les transfère aux régiments, sous forme d’équipes séparées. Les sources russes signalent un emploi en nombre près d’Orel à l’automne, mais l’arme reste peu utilisée dans les premiers mois : fiabilité médiocre et manque de doctrine.
En Finlande. Un bulletin de renseignement finlandais du 19 septembre 1941 mentionne les premiers « fusils lance-flammes » capturés, en Carélie soviétique. Devenus M/41-R, ils équipent les sections de lance-flammes des bataillons du génie jusqu’à la fin de la guerre : six équipes de deux hommes et douze appareils par section, chaque équipe gardant un lance-flammes plein en réserve. Après l’explosion d’un réservoir à l’entraînement, le 6 juin 1944, tous les M/41-R sont inspectés et les consignes de purge renforcées.
Remplacement. Les défauts constatés au combat conduisent Kliouïev et Sergueïev, alors à l’usine n° 846, à créer le ROKS-3 en 1942. Le ROKS-2 reste néanmoins en service quelque temps ; il est encore cité dans les combats rapprochés des premiers jours de Koursk, en juillet 1943.
Réserves

 
Caractéristiques
Élément
Valeur (selon les sources)
Liquide incendiaire
9 à 10 litres
Bouteille d’air
1,3 à 1,8 litre, chargée à 115 atm (sources finlandaises) ou 150 à 190 atm (sources russes)
Pression de travail
environ 15 à 19 atm après détendeur

 

Portée
25 à 30 m utiles ; 30 m avec le mélange finlandais, 36 à 45 m avec un mélange soviétique épaissi
Nombre de jets
6 à 8 jets courts d’une seconde, ou 1 à 2 jets longs (5 à 6 s de flamme continue)
Allumage
barillet de 10 cartouches sur étui de 7,62 × 25 mm TT
Lance
111 cm, 3,6 kg (manuel finlandais)
Masse
environ 23 kg chargé ; 26,7 kg en ordre de combat et 18,2 kg à vide selon le manuel finlandais
Servants
un porteur ; les Finlandais l’employaient en équipe de deux
 
 
   


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