2e GM Stalnoï Nagroudnik 42 Plastron d'acier










2e GM Stalnoï Nagroudnik 42 Plastron d'acier
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Le plastron d’acier SN-42
La cuirasse des sapeurs d’assaut soviétiques
Deux plaques d’acier de 2 mm et trois kilos et demi sur la poitrine : le SN-42 est le plus répandu des plastrons pare-balles soviétiques de la Seconde Guerre mondiale. Cette armure n'était pas distribuée à l'infanterie standard. Elle équipait en priorité des unités d'élite spécialisées
  • Les ShISBr (Brigades du génie d'assaut de la Réserve du Commandement Suprême), chtourmavyyé injéniérna sapiornyyé brigady surnommées l'« infanterie blindée ».

    Les ShISBr  étaient le « génie de choc » de l’Armée rouge. Ces unités du génie étaient formées pour prendre d’assaut les positions fortifiées, pas seulement pour les déminer.

    Création. Elles apparaissent au printemps 1943, au moment où l’Armée rouge passe durablement à l’offensive. Elles sont rattachées à la Réserve du Commandement suprême (RVGK), qui les attribue aux fronts selon les besoins. Les 15 premières brigades sont formées à cette époque.

    Organisation. Une brigade comprend en général cinq bataillons d’assaut du génie (ShISB) et une compagnie de reconnaissance du génie. Cette compagnie relève en détail le dispositif ennemi avant l’attaque. À partir de 1944, on leur ajoute un bataillon de lance-flammes portatifs (ROKS-2 puis ROKS-3), et parfois des chiens détecteurs de mines. Les hommes sont sélectionnés pour leur compétence technique et leur robustesse physique.

    Équipement. Leur signe le plus reconnaissable est la cuirasse d’acier SN-42, qui protège le torse des éclats et des balles de pistolet. S’y ajoutent :

    des pistolets-mitrailleurs PPSh et PPS ; des charges d’explosif portées dans un sac à dos ; des grenades en grappe et des cocktails Molotov ; des fusils antichars ; des lance-flammes portatifs.

    Tactique. Le groupe d’assaut s’approche en silence, sans le « hourra » traditionnel, en ouvrant des passages dans les mines et les barbelés. Il neutralise le blockhaus par une charge, ou bien jette grenades et liquide incendiaire par les embrasures et les entrées d’air. Il prend souvent l’ouvrage à revers en perçant les murs à l’explosif. En ville, les groupes avancent de maison en maison, souvent à travers les murs plutôt que par les rues.

    Engagements. Ces brigades ont surtout servi contre les fortifications et dans les combats urbains. On les trouve notamment :

    dans l’isthme de Carélie en 1944 ; à Pozna? et à Budapest ; à Königsberg en avril 1945, leur emploi le plus célèbre ; à Berlin.

    Fin. Elles sont réorganisées puis dissoutes après la guerre. Selon certaines sources, cela se fait vers 1946, quand l’état-major juge qu’une guerre future se jouera plutôt au nucléaire qu’à l’assaut de fortins.


     
  • Les Tankodesantniki (l'infanterie de choc embarquée directement sur la carrosserie des chars). 

    Les tankodesantniki «Troupes  débarquement de chars ») étaient des fantassins transportés au combat assis sur le blindage des chars. C’était une réponse très soviétique à un problème simple : l’Armée rouge n’avait presque pas de véhicules de transport de troupes blindés.

    Pourquoi. Les Allemands et les Américains transportaient leur infanterie en semi-chenillés. Les Soviétiques n’en avaient quasiment pas, à part quelques véhicules reçus en prêt-bail. Pour que l’infanterie suive le rythme des chars lors des percées, la solution la plus simple était de la mettre dessus. La pratique se généralise à partir de 1942-1943, puis devient la norme des offensives de 1944-1945.

    Organisation. Les fantassins venaient le plus souvent du bataillon de fusiliers motorisés de la brigade blindée. Chaque char portait une escouade, soit en général 8 à 10 hommes sur un T-34, accrochés aux poignées soudées sur la caisse et la tourelle. Ces poignées avaient été ajoutées précisément pour cet usage, y compris sur les Sherman et autres chars reçus en prêt-bail. Les hommes restaient liés à « leur » char et à son équipage pendant toute l’opération.

    Rôle au combat. Le binôme fonctionnait dans les deux sens :

    les chars apportaient vitesse, puissance de feu et une certaine protection pendant le trajet ; les fantassins protégeaient les chars contre l’infanterie ennemie, surtout contre les porteurs de Panzerfaust en 1944-1945, et nettoyaient les tranchées, les villages et les rues que le char ne pouvait pas tenir seul ; ils servaient aussi à exploiter les percées : raids sur les arrières, prise de ponts, de carrefours et de gares avant que l’ennemi ne se reforme.

    En principe, ils sautaient à terre à l’approche du contact, puis suivaient les chars à pied. Dans la pratique, ils combattaient souvent directement depuis la plage arrière.

    Le prix. Exposés à tout, sans aucune protection en dehors du char lui-même, ils subissaient des pertes très lourdes. Les tirs d’artillerie, les mitrailleuses, les mines et les éclats balayaient le blindage. Une rafale suffisait à décimer une escouade entière. Leur réputation est celle d’une des spécialités les plus meurtrières de l’Armée rouge, avec un temps de survie très court au front.

Elle s'est avérée redoutable lors des batailles urbaines à forte intensité (comme à Stalingrad ou Berlin), offrant aux troupes un excellent bouclier psychologique et une vraie protection physique lors du nettoyage de bâtiments pièce par pièce

 
Il reste donc attaché à l’image des brigades du génie d’assaut, que les soldats surnommaient « l’infanterie cuirassée ».
 
Plastron SN-42 exposé en musée, 
 
La pièce exposée

 Plastron d’acier modèle 1942 (SN-42). Moyen de protection individuelle. En étaient surtout dotées les brigades du génie d’assaut. Le plastron a fait ses preuves dans les combats de rue, lors de l’assaut des villes, et au corps à corps.
Matériau : acier de 2 mm, tolérance ± 0,2 mm. Structure : Composé de deux sections articulées (le plastron supérieur protégeant le torse et une plaque inférieure protégeant le bas-ventre/l'aine) pour permettre au soldat de se baisser. Le côté droit supérieur comportait une découpe asymétrique pour épauler correctement le fusil. Surface protégée : 0,2 m². Masse : 3,3 à 3,5 kg. »

SN est l’abréviation de stalnoï nagroudnik  « plastron d’acier ». Sur l’exemplaire photographié, on distingue la plaque de poitrine peinte en vert foncé, le bourrelet de toile rembourré qui protège le cou du bord de la tôle, la sangle d’épaule et la sangle de taille en toile, ainsi qu’une bande de toile horizontale à hauteur de la jonction entre la plaque de poitrine et la plaque abdominale. Les têtes de rivets fixent les sangles et la garniture intérieure.

Vue de face et vue de trois quarts e harnais de toile et le bourrelet d’encolure.

 

Des essais d’avant-guerre au concours de 1942

 

Les études soviétiques sur la protection individuelle du fantassin commencent en 1937-1938. Une présérie de plastrons SN-39, mise au point par l’institut NII-13 et l’usine métallurgique de Lysva, dans l’Oural, est essayée sur l’isthme de Carélie pendant la guerre d’Hiver. La 7e armée en rend un avis favorable en 1940, tout en demandant une meilleure résistance aux balles, ce qui conduit au SN-40A, plus épais.
En 1942, trois projets sont en concurrence : le plastron du NII-13, celui de l’Institut de l’acier de Moscou, et un gilet à plaques du NII-48. Le 8 août 1942, une décision du Comité d’État à la Défense signée par Staline commande 500 exemplaires de chacun pour des essais comparatifs en unité. Les troupes aéroportées les essaient de la mi-juillet au 5 août, puis deux divisions de la Garde de la 5e armée, sur le front de l’Ouest.
Le rapport de la 5e armée, daté du 5 septembre 1942, juge que le plastron du NII-13 protège le mieux et recommande de l’adopter en lui ajoutant la partie abdominale du modèle moscovite. La Direction principale de l’artillerie (GAU) le retient sous l’indice 56-F-002, et l’usine de Lysva lance la fabrication en série en novembre 1942.
Construction et port
Le SN-42 ne protège que l’avant du corps. Il se compose d’une plaque de poitrine emboutie et d’une plaque abdominale reliée par une charnière, qui permet de la replier. Le bord inférieur est gainé de coton pour limiter le bruit de la tôle. La charnière et la poignée de transport en sangle n’apparaissent que progressivement, au fil de la fabrication.
Une notice destinée aux cadres prévoit trois emplois : porté sur le corps, posé devant soi comme un petit bouclier pour progresser en rampant, ou tenu de côté pour couvrir la tête et le flanc. Elle le destine en priorité aux éclaireurs, aux sapeurs, aux groupes d’assaut, aux mitrailleurs, aux fantassins portés sur chars et aux transmetteurs.
En pratique, beaucoup de soldats le portent par-dessus la veste matelassée, qui amortit les chocs, parfois sans la plaque abdominale, et souvent sous une blouse de camouflage.
Ce que le plastron arrête
Le SN-42 est conçu contre les coups de baïonnette, les petits éclats et les balles de pistolet de 9 mm à noyau de plomb. Le contrôle en usine est sévère : six pièces prélevées par lot de 200 reçoivent le tir d’un pistolet-mitrailleur MP 40 à 10 m, sans perforation ni fissure admise.
Arme
Distance
Résultat
Fusil Mosin
Jusqu’à 400 m
Perforation ; enfoncements profonds et fissures à 450-500 m
Mauser Kar98k
550 à 600 m
Balles fichées dans la tôle à 550 m, plus de perforation au-delà de 600 m
PPSh
À bout portant
Fissures ; une rafale de quatre balles arrache un morceau de 13 cm²
Pistolet-mitrailleur allemand
Non précisée
Enfoncements sans fissure
Pistolets TT, P.08, C96
Non précisée
Enfoncements plus faibles
Tirs d’essai des troupes aéroportées, juillet-août 1942, d’après les archives citées par Warspot.
Le plastron arrête donc les balles de pistolet et de pistolet-mitrailleur ainsi que les éclats, mais pas une balle de fusil aux distances habituelles de combat. Son niveau est comparé à celui d’un gilet moderne de classe II.
L’« infanterie cuirassée »
Le SN-42 équipe surtout les brigades du génie d’assaut (chtourmovaïa injenerno-sapiornaïa brigada, ChISBr) de la Réserve du haut commandement. Les quinze premières sont formées fin mai 1943 à partir de bataillons du génie aguerris et montent au front en août. La 1re brigade reçoit son baptême du feu près de Spas-Demensk le 10 août 1943. Vingt brigades sont créées au total.
Chaque brigade compte environ 2 200 hommes : un état-major, une compagnie de commandement, une compagnie motorisée de reconnaissance du génie et cinq bataillons d’assaut de 388 hommes. Les soldats de plus de quarante ans environ sont mutés ailleurs. Le casque d’acier et le plastron leur valent les surnoms d’« infanterie cuirassée » (pantsirnaïa pekhota) et d’« écrevisses ».
Leur rôle est d’ouvrir la brèche dans les lignes fortifiées et de prendre les villes maison par maison, au pistolet-mitrailleur, à la grenade, à la charge explosive et au lance-flammes. Au printemps 1944, elles reçoivent des bataillons de lance-flammes portatifs ROKS-3. En juin 1944, la 1re brigade comprend en outre le 510e régiment de chars lance-flammes : c’est le cadre d’emploi des OT-34. On retrouve ces brigades à Dantzig en mars 1945 et à Königsberg en avril.
RETEX
Au combat : des avis partagés Les retours du front sont contrastés et dépendent du terrain.
En ville et au corps à corps, où l’on se bat debout ou en courant, le plastron est apprécié. Un vétéran, Andreï Tcherkachine, raconte avoir encaissé trois balles de pistolet-mitrailleur en pleine poitrine dans une tranchée allemande sans tomber.
En terrain découvert, où les groupes d’assaut progressent en rampant, il devient une gêne.
Les essais des troupes aéroportées relèvent d’autres défauts : la tôle fait du bruit, ce qui interdit toute approche discrète, le tir couché est malcommode et les sangles s’arrachent à leurs rivets. Le saut en parachute et le combat à la baïonnette ne sont en revanche pas gênés.
Variantes et suites
PZ-ZIF-20 : plastron conçu en janvier 1943 à l’usine n° 7 de Leningrad assiégée. Plus épais (2,5 à 2,6 mm) et plus lourd (4,8 à 5 kg), il est produit en plusieurs lots et en trois tailles.

Face à l'apparition des munitions allemandes de 9 mm à noyau de fer doux perforant (mit Eisenkern), les Soviétiques ont modifié le blindage en augmentant l'épaisseur de l'acier à 2,6 mm, donnant naissance à la variante SN-46
SN-46 : version renforcée, portée à 2,6 mm pour résister à la balle allemande de 9 mm à noyau d’acier doux.
Armée polonaise : la 1re armée polonaise, formée en URSS, en détient 1 000 exemplaires au 31 octobre 1944.
Points incertains
Production totale. Le plan de 1942 visait 250 000 à 300 000 plastrons au 1er janvier 1943, et l’usine de Lysva a reçu une commande de 100 000. 
Distance de protection. Plusieurs sites anglophones indiquent que le plastron arrête la balle du MP 40 « à 100-150 m ». Les documents d’archives cités par Warspot fixent l’épreuve de réception à 10 m, ce qui est plus exigeant et paraît plus fiable.
Épaisseur. Quelques articles de vulgarisation parlent de 3 mm. Le cartel du musée, le cahier des charges et les fiches de référence donnent 2 mm.
Dantzig. Les trente groupes d’assaut de mars 1945 sont attribués à la 1re brigade par une source et à la 3e par une autre.
 

 
Fiche technique
Caractéristique
Valeur
Désignation
Stalnoï nagroudnik obraztsa 1942 goda (??-42), « plastron d’acier modèle 1942 »
Indice GAU
56-F-002
Conception
Institut NII-13
Fabrication
Usine n° 700, usine métallurgique de Lysva (Oural)
Acier
36SG selon le cahier des charges du 7 août 1942 (noté 36SGN dans d’autres sources)
Épaisseur
2 mm, tolérance de 1,8 à 2,2 mm
Masse
3,3 à 3,5 kg
Surface protégée
0,2 m²
Garniture
Deux tailles ; ouate entre deux toiles de coton, drap de laine ouaté ou feutre
Sangles
Toile kaki de 35 mm
Début de la série
Novembre 1942

 

 

 

 

 

 

   


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