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History Click HERE Darracq 10 CV (1912)
La voiture de Suresnes qui a fait naître Alfa Romeo et Talbot : une torpédo quatre places de la Belle Époque
Capot bordeaux, radiateur et phares en laiton, châssis et roues jaune paille : cette Darracq de 1912 est une quatre places animée par un quatre-cylindres de 2 100 cm³ et 10 CV. Derrière ce nom aujourd’hui oublié se cache l’une des marques les plus influentes des débuts de l’automobile. Darracq a tenu le record du monde de vitesse, a inspiré Opel et a donné naissance, en Italie, à ce qui deviendra Alfa Romeo.
Alexandre Darracq, du vélo à l’automobile
Pierre-Alexandre Darracq naît à Bordeaux en 1855. Dessinateur industriel de formation, il fonde en 1891 les cycles Gladiator, qu’il revend avec profit en 1896. Avec cet argent, il crée la même année sa firme automobile à Suresnes, près de Paris.
Les débuts sont hésitants : un coupé électrique en 1896, puis un tricycle électrique en 1897, peu pratiques au quotidien. Darracq se tourne alors vers le moteur à essence, avec une idée forte : produire en grande série des voitures simples, légères et bon marché.
Le pionnier de la tôle emboutie
Darracq est l’un des premiers à fabriquer des châssis en tôle d’acier emboutie, plus légers et plus faciles à produire que les châssis en bois ou en tubes. Son type C de 1901, vendu à environ 1 200 exemplaires, est un grand succès. En 1904, Darracq produit plus de 10 % des automobiles françaises.
Records et courses
Les Darracq se distinguent en compétition. La marque bat deux fois le record absolu de vitesse : 163,6 km/h en 1904 et 174,8 km/h en 1905. En 1905, elle détient les six records de vitesse de l’époque. Elle s’impose aussi dans la coupe Vanderbilt, aux États-Unis.
1912 : une année charnière
La voiture du musée date d’une année décisive pour la marque. En 1911, Alexandre Darracq impose sur ses modèles économiques un moteur expérimental à distribution par soupapes rotatives, le système Henriod. C’est un échec coûteux. Darracq démissionne à la mi-1912.
La nouvelle direction confie la conception à l’ingénieur Owen Clegg, qui dessine des voitures classiques et fiables et introduit des méthodes de production en série. La marque se redresse. Pendant la Première Guerre mondiale, l’usine de Suresnes fabrique aussi des moteurs d’avions.
L’exemplaire du Musée automobile de Vendée
Une voiture qui a couru Paris–Rouen
La plaque avant, n° 12, rappelle la « Première rétrospective Paris–Rouen » du 6 juin 1964, organisée avec BP. Cette épreuve commémorait le concours Paris–Rouen de 1894, considéré comme la première compétition automobile de l’histoire. La voiture a donc roulé en rallye de véhicules anciens il y a plus de soixante ans.
6. La fin du nom Darracq
Après la guerre, Darracq rachète Clément-Talbot puis Sunbeam. En 1920, le groupe devient S.T.D. Motors (Sunbeam, Talbot, Darracq). En France, les voitures prennent le nom de Talbot, puis Talbot-Darracq. Le nom Darracq s’efface ensuite, mais sa descendance est prestigieuse : Talbot-Lago en France dans les années 1930, et Alfa Romeo en Italie. Alexandre Darracq, lui, se reconvertit dans l’hôtellerie et les casinos, à Deauville puis à Nice. Il meurt à Monte-Carlo en 1931.
4. Fiche technique
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