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Rione Monti
Tableaux Générés par IA sur mes indications
La Cisterne des Sept Salles ou Le réservoir monumental des Thermes de Trajan, Colle Oppio, Rome
Un monument méconnu au cœur de Rome
À deux pas du Colisée, sur le Colle Oppio, se dresse une façade percée de grandes arcades aveugles que beaucoup de visiteurs pressés ne remarquent même pas. Il s'agit pourtant de l'un des ouvrages d'ingénierie hydraulique les mieux conservés de la Rome antique :
la Cisterna delle Sette Sale, la « citerne des Sept Salles ». Construite pour alimenter en eau les gigantesques Thermes de Trajan tout proches, elle constitue un témoignage exceptionnel du savoir-faire romain en matière de gestion de l'eau. Le nom de « Sette Sale » (sept salles) remonte au Moyen Âge, lorsque seules sept des neuf travées de l'édifice restaient visibles et accessibles ; l'appellation, bien qu'impropre puisque la citerne compte en réalité neuf salles, s'est perpétuée jusqu'à aujourd'hui.
Une construction liée aux Thermes de Trajan
Les Thermes de Trajan furent inaugurés le 22 juin 109 apr. J.-C., sous la direction de l'architecte Apollodore de Damas. Un tel complexe, parmi les plus vastes de la ville, exigeait un approvisionnement en eau considérable et régulier. C'est pour répondre à ce besoin que fut édifiée, en contrebas du Colle Oppio et légèrement en retrait du corps principal des thermes, cette immense citerne.
Pendant longtemps, l'orientation particulière de l'édifice différente de celle des thermes avait laissé penser qu'il s'agissait d'un vestige de la Domus Aurea de Néron, sur les ruines de laquelle les thermes furent en partie construits.
Mais l'étude des estampilles retrouvées sur les briques de la maçonnerie a permis de dater avec certitude la citerne de l'époque trajanienne, confirmant qu'elle fut conçue en même temps que l'ensemble thermal. L'eau provenait d'une dérivation de l'aqueduc arrivant depuis l'Esquilin, reliée semble-t-il à l'Aqua Iulia, et parvenait à la citerne par un système de tuyaux de plomb (fistulae) posés sur un collecteur parallèle à l'édifice.
Une prouesse architecturale et hydraulique
La citerne se présente comme un imposant bâtiment en opus caementicium (béton romain) revêtu de briques, en grande partie enterré dans le terrain, avec une paroi arrière incurvée. Elle est organisée sur deux niveaux superposés :
Chaque galerie mesure environ 5,3 mètres de large, pour une longueur variant de 29 à près de 40 mètres selon la position, en raison du tracé légèrement courbe de la paroi orientale. L'ensemble pouvait contenir environ huit millions de litres d'eau. L'intérieur était revêtu de cocciopesto, un mortier hydraulique à base de tessons de céramique pilés, qui rendait les parois parfaitement étanches un procédé si efficace que certaines portions du revêtement sont encore intactes aujourd'hui.
La façade extérieure, aujourd'hui visible depuis la Via delle Terme di Traiano, est rythmée par deux registres de niches en arc, alternant formes rectangulaires et semi-circulaires, qui assuraient à la fois l'aération de l'édifice et un jeu architectural sur une façade autrement purement utilitaire.
Une seconde vie après l'Antiquité
L'usage de la citerne comme réservoir d'eau cessa au Ve siècle apr. J.-C., probablement avec l'interruption de l'alimentation des aqueducs lors du siège de Rome par les Goths. Les salles ne furent pas abandonnées pour autant : les fouilles menées entre 1967 et 1975 ont révélé qu'une domus aristocratique s'était installée à proximité dès l'époque trajanienne, remaniée au IVe siècle en résidence dotée d'une salle absidale à charpente de bois et de sols en opus sectile.
Plus tard, au Moyen Âge, certaines salles restées accessibles furent utilisées comme lieu de sépulture : les fouilles du XXe siècle y ont mis au jour plus d'un millier de squelettes, témoignage de cette réaffectation funéraire d'un espace autrefois dédié à l'eau.
Le monument aujourd'hui
Fermée au public depuis plusieurs décennies faute d'entretien suffisant, la Cisterna delle Sette Sale fait aujourd'hui l'objet d'un vaste programme de restauration et de mise en valeur, financé par des fonds européens du PNRR dans le cadre du programme « Caput Mundi », destiné à préparer les grands sites archéologiques de Rome à l'affluence du Jubilé. Les travaux prévoient la consolidation des maçonneries, la restauration des éléments décoratifs, la création d'une couverture protectrice et l'aménagement de parcours accessibles au public, avec pour objectif de rouvrir ce joyau méconnu de l'ingénierie romaine aux visiteurs.
C'est précisément dans cet état — entourée d'échafaudages, de palissades de chantier et de grilles de protection — que le monument peut être observé aujourd'hui depuis l'extérieur, en bordure du parc du Colle Oppio, à deux pas du Colisée.
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