Impression issue de Maquetland.com Le monde de la maquette | http://www.maquetland.com/article-phototheque/22454-rome-0-thermes-rione-monti-esquilin-thermes-de-trajan-la-cisterne-delle-sette-salles


Rome 0 Thermes Rione Monti Esquilin Thermes de Trajan La Cisterne delle Sette Salles



ome Rione Monti Esquilin Thermes de Trajan La Cisterne des Sept Salles
English Translation

 

 

Sources  ET Sources 

  
Historique Voir ICI

History Click HERE

Rione Monti
Regiones Quattuordecim    Regio III Isis et Serapis
English Translation
 


 

 
Tableaux Générés par IA sur mes indications
 
 
La Cisterne des Sept Salles ou  Le réservoir monumental des Thermes de Trajan, Colle Oppio, Rome
 
 
Nom
Cisterna delle Sette Sale (Citerne des Sept Salles)
Localisation
Colle Oppio, Rione Monti, Rome — Via delle Terme di Traiano, 5b
Construction
Époque de l'empereur Trajan, vers 104-109 apr. J.-C.
Fonction
Réservoir d'eau alimentant les Thermes de Trajan
Capacité
Environ 8 millions de litres
Dimensions
9 salles parallèles, largeur ~5,3 m, longueur 29 à 40 m
État actuel
Fermée au public ; restauration en cours (fonds PNRR, programme Caput Mundi)

 
Un monument méconnu au cœur de Rome
À deux pas du Colisée, sur le Colle Oppio, se dresse une façade percée de grandes arcades aveugles que beaucoup de visiteurs pressés ne remarquent même pas. Il s'agit pourtant de l'un des ouvrages d'ingénierie hydraulique les mieux conservés de la Rome antique :
la Cisterna delle Sette Sale, la « citerne des Sept Salles ». Construite pour alimenter en eau les gigantesques Thermes de Trajan tout proches, elle constitue un témoignage exceptionnel du savoir-faire romain en matière de gestion de l'eau.
Le nom de « Sette Sale » (sept salles) remonte au Moyen Âge, lorsque seules sept des neuf travées de l'édifice restaient visibles et accessibles ; l'appellation, bien qu'impropre puisque la citerne compte en réalité neuf salles, s'est perpétuée jusqu'à aujourd'hui.
Une construction liée aux Thermes de Trajan
Les Thermes de Trajan furent inaugurés le 22 juin 109 apr. J.-C., sous la direction de l'architecte Apollodore de Damas. Un tel complexe, parmi les plus vastes de la ville, exigeait un approvisionnement en eau considérable et régulier. C'est pour répondre à ce besoin que fut édifiée, en contrebas du Colle Oppio et légèrement en retrait du corps principal des thermes, cette immense citerne.
Pendant longtemps, l'orientation particulière de l'édifice  différente de celle des thermes avait laissé penser qu'il s'agissait d'un vestige de la Domus Aurea de Néron, sur les ruines de laquelle les thermes furent en partie construits.
Mais l'étude des estampilles retrouvées sur les briques de la maçonnerie a permis de dater avec certitude la citerne de l'époque trajanienne, confirmant qu'elle fut conçue en même temps que l'ensemble thermal.
L'eau provenait d'une dérivation de l'aqueduc arrivant depuis l'Esquilin, reliée semble-t-il à l'Aqua Iulia, et parvenait à la citerne par un système de tuyaux de plomb (fistulae) posés sur un collecteur parallèle à l'édifice.
Une prouesse architecturale et hydraulique
La citerne se présente comme un imposant bâtiment en opus caementicium (béton romain) revêtu de briques, en grande partie enterré dans le terrain, avec une paroi arrière incurvée. Elle est organisée sur deux niveaux superposés :
Chaque galerie mesure environ 5,3 mètres de large, pour une longueur variant de 29 à près de 40 mètres selon la position, en raison du tracé légèrement courbe de la paroi orientale. L'ensemble pouvait contenir environ huit millions de litres d'eau. L'intérieur était revêtu de cocciopesto, un mortier hydraulique à base de tessons de céramique pilés, qui rendait les parois parfaitement étanches  un procédé si efficace que certaines portions du revêtement sont encore intactes aujourd'hui.

Le cocciopesto (opus signinum)

Qu'est-ce que c'est ?
Le cocciopesto est un mortier hydraulique romain composé de chaux mélangée à des fragments de poterie brisée — tessons d'amphores, de tuiles ou de briques — utilisés comme granulat au lieu du gravier classique. C'est en quelque sorte une variante étanche du béton romain (opus caementicium).

Pourquoi c'était si utile ?
Son principal avantage, c'est qu'il est imperméable — d'où son emploi massif dans tout ce qui touche à l'eau : thermes, aqueducs, citernes, et pour l'étanchéité des sols contre l'humidité.

L'origine du nom
Le terme vient de Pline l'Ancien, qui décrit cette « composition signine » — une référence à Signia (aujourd'hui Segni), ville du Latium réputée pour ses tuiles.

D'où ça vient vraiment ?
C'est plus ancien qu'on ne le croit souvent : la technique aurait été inventée par les Phéniciens, attestée dès le VIIe siècle av. J.-C. à Tell el-Burak au Liban, avant de se répandre dans les colonies phéniciennes d'Afrique du Nord, puis vers la Sicile et enfin la péninsule italienne. On en trouve d'ailleurs abondamment dans les villes puniques d'Afrique du Nord et dans les maisons hellénistiques de Sicile, alors que c'est finalement resté assez rare à Rome même.

Deux usages distincts

  • Version brute/technique (le vrai "cocciopesto") : simple couche d'étanchéité, pour doubler les parois de citernes ou servir de sous-couche
  • Version décorative (proprement dite opus signinum) : on incrustait dans le mortier encore frais des petits éclats de marbre blanc (parfois noir), formant des motifs — souvent floraux — ancêtres directs de la mosaïque

Recette selon Vitruve
L'architecte romain donne des proportions précises : du sable très pur, un agrégat de silex concassé, de la chaux vive, avec un ratio d'environ cinq parts de sable pour deux parts de chaux.

Une découverte récente intéressante
Des fouilles menées entre 2019 sur l'Aqua Marcia (aqueduc romain, dans le Parc des Aqueducs de Rome) ont révélé un usage inédit du cocciopesto : au-delà du simple revêtement du canal, les Romains l'utilisaient aussi pour combler des rainures verticales entre les blocs, créant un second système d'étanchéité — la plus ancienne manifestation connue de cette technique précise, dès 144 av. J.-C.

Propriétés bonus
Le mélange chaux + tesson de terre cuite (qui agit comme une sorte de "pouzzolane artificielle", riche en métakaolin) donne un matériau non seulement étanche, mais aussi naturellement anti-fongique et respirant — des qualités toujours exploitées aujourd'hui dans la restauration de bâtiments historiques et les enduits décoratifs haut de gamme.

 

La façade extérieure, aujourd'hui visible depuis la Via delle Terme di Traiano, est rythmée par deux registres de niches en arc, alternant formes rectangulaires et semi-circulaires, qui assuraient à la fois l'aération de l'édifice et un jeu architectural sur une façade autrement purement utilitaire.
Une seconde vie après l'Antiquité
L'usage de la citerne comme réservoir d'eau cessa au Ve siècle apr. J.-C., probablement avec l'interruption de l'alimentation des aqueducs lors du siège de Rome par les Goths. Les salles ne furent pas abandonnées pour autant : les fouilles menées entre 1967 et 1975 ont révélé qu'une domus aristocratique s'était installée à proximité dès l'époque trajanienne, remaniée au IVe siècle en résidence dotée d'une salle absidale à charpente de bois et de sols en opus sectile.
Plus tard, au Moyen Âge, certaines salles restées accessibles furent utilisées comme lieu de sépulture : les fouilles du XXe siècle y ont mis au jour plus d'un millier de squelettes, témoignage de cette réaffectation funéraire d'un espace autrefois dédié à l'eau.
Le monument aujourd'hui
Fermée au public depuis plusieurs décennies faute d'entretien suffisant, la Cisterna delle Sette Sale fait aujourd'hui l'objet d'un vaste programme de restauration et de mise en valeur, financé par des fonds européens du PNRR dans le cadre du programme « Caput Mundi », destiné à préparer les grands sites archéologiques de Rome à l'affluence du Jubilé. Les travaux prévoient la consolidation des maçonneries, la restauration des éléments décoratifs, la création d'une couverture protectrice et l'aménagement de parcours accessibles au public, avec pour objectif de rouvrir ce joyau méconnu de l'ingénierie romaine aux visiteurs.
C'est précisément dans cet état — entourée d'échafaudages, de palissades de chantier et de grilles de protection — que le monument peut être observé aujourd'hui depuis l'extérieur, en bordure du parc du Colle Oppio, à deux pas du Colisée.