|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Tableaux générés par IA sur mes indications
Le Yak-PLO est le chaînon oublié entre le Hawkeye et le Yak-44
Un besoin né avec l'aéronavale soviétique
À partir de la fin des années 1960, l'Union soviétique entreprend de développer sa propre aviation embarquée à voilure fixe, en lien avec la construction de porte-aéronefs de plus en plus capables — d'abord les croiseurs porte-hélicoptères du projet 1143, puis le projet de porte-avions à catapultes 1160, et enfin le futur porte-avions « Oulianovsk ». Un tel navire ne pouvait être pleinement efficace sans un avion de guet aérien avancé capable de détecter les menaces aériennes et navales bien au-delà de l'horizon radar du bord — un rôle rempli, côté américain, par le Grumman E-2 Hawkeye depuis le début des années 1960.C'est dans ce contexte que le bureau d'études Yakovlev se voit confier, à la fin des années 1970, l'étude d'un avion de détection radar embarqué. Le projet, qui deviendra plus tard célèbre sous la désignation Yak-44, connaît durant sa longue gestation de nombreuses évolutions de formule, de motorisation et de mission. La maquette présentée ici, étiquetée « ??-??? ? ?????????? ??-12 » (« Yak-PLO à moteur NK-12 »), illustre l'une de ces étapes intermédiaires : une variante de lutte anti-sous-marine (???, protivolodotchnaïa oborona) de la même cellule, équipée d'un unique turbopropulseur NK-12 en position avant, entraînant deux hélices contrarotatives, plutôt que des turbopropfans définitifs du Yak-44? montés sous voilure.
Le programme Yak-44 : de la proposition de 1979 à la version définitive Yak-44?
En 1979, le bureau d'études Yakovlev répond à une demande conjointe de la Marine et de l'Armée de l'air soviétiques en préparant une proposition technique pour un avion de détection radar et de guidage, décliné en version terrestre et en version embarquée — cette dernière prévoyant un décollage au tremplin et un appontage sur brins d'arrêt. Dès cette étape initiale, deux architectures de complexe radiotechnique (RTK) sont mises en concurrence : « ????? » (Fakel), aux antennes logées dans le fuselage (une à l'avant, une à l'arrière), et ?-700, dont l'antenne tourne dans un radôme monté au-dessus du fuselage. En mars 1980, à l'issue d'une réunion réunissant les responsables de la Marine, de l'Armée de l'air et de l'industrie, c'est la solution Fakel qui est retenue.
La formule motrice de cette première mouture était elle aussi très différente de celle qu'on connaît aujourd'hui : à deux turbopropulseurs de croisière sous voilure s'ajoutaient quatre turboréacteurs de sustentation logés dans le fuselage, destinés à réduire la vitesse de décrochage au décollage et à l'appontage. Mais l'encombrement de ces quatre moteurs de sustentation compliquait l'installation du RTK, et le complexe Fakel lui-même accumulait les difficultés de mise au point ; les travaux sur cette version furent arrêtés en mars 1983.
À partir d'octobre 1984, le bureau Yakovlev relance le projet sur des bases nouvelles : les moteurs de sustentation sont abandonnés, la poussée nécessaire étant désormais confiée à deux turbopropfans (????) Progress D-27 de 14 000 ch chacun, et c'est le complexe ?-700, avec son antenne tournante dans un radôme « champignon » façon Grumman E-2C Hawkeye, qui est retenu. L'équipage passe à six personnes (deux pilotes, quatre opérateurs). C'est cette configuration, aboutie en avant-projet en septembre 1988 puis approuvée par une décision conjointe du Comité central du PCUS et du Conseil des ministres en janvier 1989, qui constitue le Yak-44? proprement dit — celui dont une maquette grandeur réelle sera plus tard évaluée à bord du porte-avions « Amiral Kouznetsov » en 1990.
C'est sur la base de cette version embarquée biréacteur D-27 qu'une déclinaison anti-sous-marine, officiellement désignée Yak-44PLO, fut étudiée en parallèle du programme principal ; elle atteignit elle aussi le stade de l'avant-projet avant l'arrêt général des travaux en 1992. La maquette présentée dans ce document, étiquetée « ??-???, ? ?????????? ??-12 », porte le même sigle « PLO » (lutte anti-sous-marine) que cette déclinaison tardive du Yak-44? — mais sa motorisation, un unique NK-12 en position avant plutôt que deux D-27 sous voilure, évoque plutôt une étude de motorisation antérieure, explorant une solution technique déjà éprouvée avant que le choix ne se porte définitivement sur le D-27. Dans toutes ses variantes, le programme Yak-44 ne dépassera jamais le stade des maquettes et avant-projets : la dissolution de l'URSS et l'arrêt de la construction du porte-avions « Oulianovsk » y mettront un terme définitif en 1992.
Une silhouette héritée du Hawkeye
La configuration générale de cette étude reprend ouvertement les grandes lignes du Hawkeye américain : voilure haute repliable pour faciliter le rangement sur le pont et dans le hangar, empennage à plusieurs dérives verticales destiné à limiter la hauteur totale de l'appareil, et surtout le radôme rotatif de forme discoïdale monté au-dessus du fuselage, abritant l'antenne du radar de veille longue portée. Cette architecture, bien que directement inspirée d'un concept occidental, devait être adaptée aux contraintes propres à la marine soviétique : un pont d'envol plus court, l'absence de catapultes sur les premiers porte-aéronefs envisagés, et donc un recours possible au tremplin pour le décollage.
Le choix du turbopropulseur NK-12 — le même moteur, dans ses grandes lignes, que celui qui équipait le bombardier stratégique Tu-95 et le transport ??-22 — témoigne d'une phase de conception où les concepteurs cherchaient à s'appuyer sur une motorisation déjà éprouvée plutôt que sur les turbopropfans contrarotatifs Progress D-27, plus modernes mais encore en développement, qui seront finalement retenus pour la version définitive Yak-44? au tournant des années 1988-1989. Sur la maquette, ce NK-12 unique est installé en position avant, dans le nez du fuselage, et entraîne à lui seul les deux hélices contrarotatives visibles de part et d'autre du cône avant — une disposition cohérente avec le fonctionnement même du NK-12, dont chaque exemplaire entraîne nativement deux hélices tournant en sens opposés sur un même arbre. Cette architecture monomoteur distingue nettement le Yak-PLO à moteur NK-12 de l'autre Yak, le Yak-44? définitif, dont les deux turbopropfans D-27 sont au contraire répartis sous voilure, un de chaque côté du fuselage, comme sur le Grumman E-2 Hawkeye dont il s'inspire.
Cette écope, visible sur le flanc avant du fuselage juste devant la jambe du train avant, apporte un indice supplémentaire en faveur de l'implantation frontale du moteur : elle correspondrait à l'échappement du NK-12, dérivé latéralement puisque le moteur, logé dans le nez, ne peut évacuer ses gaz directement vers l'arrière comme le ferait un turbopropulseur classique en nacelle sous voilure.
De l'étude de guet aérien à la variante anti-sous-marine
Parallèlement aux travaux sur la version de détection radar et de guidage (????/??????), qui deviendra le Yak-44? proprement dit, le bureau Yakovlev explore une déclinaison orientée vers la lutte anti-sous-marine : le Yak-44 PLO. Cette version aurait embarqué des équipements de détection sous-marine — bouées acoustiques, magnétomètre, système de traitement de données — à la place, ou en complément, du radar de veille aérienne, afin de compléter le dispositif de protection du groupe aéronaval face à la menace des sous-marins adverses. Les études se sont arrêtées au stade de l'avant-projet, sans donner lieu à la construction d'un prototype grandeur nature.
Le programme dans son ensemble a connu un sort difficile. Faute de financement suffisant après la dissolution de l'Union soviétique et l'arrêt de la construction du porte-avions « Oulianovsk » — dont la coque inachevée fut par la suite démantelée — les travaux sur le Yak-44 furent interrompus au début des années 1990, avant l'achèvement d'un exemplaire volant. Seule une maquette grandeur réelle du Yak-44? fut assemblée, aujourd'hui conservée dans les ateliers du bureau d'études Yakovlev, tandis que les études préliminaires comme le Yak-PLO à moteur NK-12 ne subsistent que sous forme de documents et de maquettes réduites, à l'image de celle présentée ici.
Monomoteur ou biréacteur : tableau comparatif
Le tableau ci-dessous résume, point par point, la différence essentielle entre les deux architectures évoquées dans ce document : la maquette monomoteur du Yak-PLO à moteur NK-12, et la version biréacteur D-27 du Yak-44? définitif.
Repères techniques
Cette maquette
L'exemplaire photographié fait partie d'une vitrine consacrée aux projets et prototypes de l'aviation soviétique, présentée aux côtés d'une autre étude d'avion de patrouille maritime à voilure haute et empennage bipoutre. Peinte en blanc et gris, porteuse des étoiles rouges de l'aviation navale soviétique et du numéro tactique « 47 », cette maquette illustre l'un des multiples chemins explorés par les bureaux d'études soviétiques avant que le programme ne se stabilise sur la formule à turbopropfans D-27 du Yak-44? — programme qui, lui non plus, ne dépassera jamais le stade de la maquette grandeur réelle.
|
|
Droit d’auteur La plupart des photographies publiées sur ce site sont la propriété exclusive de © Claude Balmefrezol Elles peuvent être reproduites pour une utilisation personnelle, mais l’autorisation préalable de leur auteur est nécessaire pour être exploitées dans un autre cadre (site web publications etc) Les sources des autres documents et illustrations sont mentionnées quand elles sont connues. Si une de ces pièces est protégée et que sa présence dans ces pages pose problème, elle sera retirée sur simple demande. Principaux Collaborateurs:
Nb
de visiteurs:9661790 Nb
de visiteurs aujourd'hui:1895 Nb
de connectés:35
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||