Vedette Higgins Industries 78 pieds PT 309 Fredericksburg
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Vedette Higgins Industries 78 pieds PT 309 Fredericksburg
Vedette Elco Dragon Lady 80 pieds PT-617 Dragon Lady Battleship Cove Fall River, Massachusetts
Historique ICI
History Here
Le PT-309 est la seule vedette lance-torpilles restaurée ayant effectivement participé à des combats pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est le seul vedette lance-torpilles en bois ayant vu le combat pendant la Seconde Guerre mondiale exposée dans un musée. Ce double titre de gloire en fait une pièce absolument unique au monde.
Le PT-309 est une vedette lance-torpilles Higgins de 78 pieds (23,80 mètres). Elle fut mise sur cale le 9 avril 1943 par les Industries Higgins à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Elle fut achevée le 26 janvier 1944 et mise en service au sein de l'Escadron de vedettes lance-torpilles PTRon 22 sous le commandement du lieutenant-commandant Richard J. Dressling.
La différence Higgins / Elco
Il existait deux grands constructeurs de vedettes lance-torpilles américaines pendant la guerre Elco et Higgins. Les vedettes Higgins avaient beaucoup moins de superstructure que leurs homologues Elco. La PT-309 est donc une Higgins moins célèbre que les Elco mais tout aussi efficace au combat.
Conçues pour attaquer des navires bien plus grands à la torpille, les escadrons de vedettes lance-torpilles combattirent dans les théâtres d'opérations du Pacifique PTO et d'Europe. ETO
Cette vedette a recu comme nom de baptème« Oh Frankie » car le premier commandant du PT-309, Wayne Barber, était un grand fan de Frank Sinatra. Au dîner du soir précédant la cérémonie de mise en service du bateau, Barber croisa par hasard Sinatra, qui fut alors invité à la cérémonie de mise en service. Sinatra y assista effectivement, et le bateau fut baptisé « Oh Frankie » en son honneur par vote unanime de l'équipage.
Les opérations en Méditerranée MTO 1944-1945
Le PTRon 22 fut affecté à la Méditerranée, basé à Bastia en Corse et à Saint-Tropez en France, et mena des opérations le long de la côte nord-ouest de l'Italie et de la côte sud de la France, opérant sous commandement des Forces côtières britanniques.
Son bilan de guerre fut exceptionnel :
Stationnée en Méditerranée, elle tira plus de 100 torpilles pendant la guerre et fut créditée de la destruction de cinq navires ennemis. Elle fut également responsable de la capture d'un bateau MAS italien l'équivalent italien de la vedette lance-torpilles. le tout en 75 missions,
Après la fin de la campagne méditerranéenne en avril 1945, l'escadron fut rapatrié aux États-Unis pour reconditionnement et réaffectation dans le Pacifique mais la guerre se termina alors que l'escadron se trouvait encore à New York et elle fut mise décomissionée le 15 novembre 1945. Elle fut ensuite vendue à un propriétaire privé en 1960.
Acquise en 1988 par Lawrence G. Porter de Greenport, New York, elle fut rebaptisée « Brand X ». Elle servit alors de bateau de pêche à la ligne pour les touristes une reconversion assez peu glorieuse pour une vétérane de 75 missions de combat.
Avec l'assistance de PT Boats, Inc., fut acheté en 1994 par l'Admiral Nimitz Foundation pour le musée. Il rejoint par ses propres moyens le Texas en 45 jours.
Entre 1999 et 2002, le « Oh Frankie » fut restauré par le groupe texan Defenders of America Naval Museum. Après près de trois ans de travail acharné par une équipe de bénévoles comprenant des Seabees de la région de Houston, le PT-309 fut presque entièrement restauré.
Caractéristiques
Déplacement : 56 tonnes
Vitesse : 41 nœuds.
Armement
Torpilles MK 8,
Grenades sous-marines,
Canon Oerlikon de 20 mm à l'avant
Mitrailleuses doubles de calibre .50 montées sur le pont,
Canon automatique Bofors de 40 mm monté à l'arrière.
PT BOATS ELCO contre HIGGINS
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La « flotte moustique » une idée révolutionnaire
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, la US Navy disposait des cuirassés et porte-avions les plus puissants du monde mais elle manquait d'un outil essentiel pour les guerres côtières et insulaires qui allaient se dérouler dans le Pacifique et en Méditerranée : une vedette rapide armée de torpilles, capable de frapper des navires bien supérieurs en taille et de disparaître dans l'obscurité avant que l'ennemi ne puisse réagir.
Le concept du PT boat — Patrol Torpedo boat — répondait à cette nécessité avec une audace remarquable. Une coque en bois de 23 à 24 mètres, propulsée par trois puissants moteurs Packard, atteignant 40 nœuds (74 km/h), armée de torpilles, de canons et de mitrailleuses — et dont l'équipage de douze à quinze hommes devait affronter des destroyers, des croiseurs et des barges de ravitaillement ennemies dans les eaux les plus dangereuses du monde.
Ces petits bateaux en bois surnommés la « flotte moustique » par leurs équipages allaient jouer un rôle considérable dans deux théâtres d'opérations très différents : le Pacifique, où ils furent employés presque exclusivement par des unités Elco, et la Méditerranée, qui vit opérer principalement les vedettes Higgins.
Les origines
L'histoire des PT boats américains commence au Royaume-Uni. En 1939, l'ingénieur britannique Hubert Scott-Paine, de la British Power Boat Company, avait développé une vedette planante de 70 pieds particulièrement réussie. Il traversa l'Atlantique avec ses plans et proposa son design à la US Navy.
La Marine américaine, intéressée, organisa des comparaisons les fameux « plywood derbies » (derbies de contre-plaqué) entre les différents constructeurs. Deux firmes émergèrent rapidement comme les candidates principales :
Elco Electric Launch Company dont l'usine était située à Bayonne, New Jersey. Elco avait acheté le design Scott-Paine, le perfectionné et proposait une vedette de 80 pieds
Higgins Industries basée à La Nouvelle-Orléans, Louisiane, fondée par le bouillant entrepreneur Andrew Jackson Higgins, spécialisée dans les embarcations à faible tirant d'eau adaptées aux bayous louisianais
Une troisième firme Huckins Yacht Company de Jacksonville, Floride obtint également un contrat limité mais ses vedettes, plus lentes et moins maniables, ne furent jamais engagées au combat.
Les Vedettes Elco ou La Reine du Pacifique
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Elco était à l'origine une firme de construction de bateaux de plaisance haut de gamme, filiale du Electric Boat Company de Groton, Connecticut le même groupe qui construisait les sous-marins américains. Cette double expertise vedettes rapides et propulsion sous-marine — allait se révéler précieuse.
Après avoir acheté le design Scott-Paine et l'avoir soumis à de nombreux essais en mer, Elco développa ses propres variantes successives de 70 à 77 puis à 80 pieds en affinant à chaque fois la forme de la coque, la puissance motrice et l'armement. La version finale de 80 pieds (24,40 mètres) fut standardisée et produites en grande série à partir de 1942.
Caractéristiques techniques de l'Elco 80 pieds
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CARACTÉRISTIQUE
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VALEUR
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Constructeur
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Elco (Electric Launch Company) — Bayonne, New Jersey
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Longueur
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80 pieds — 24,40 mètres
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Largeur (maître-bau)
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20 pieds — 6,10 mètres
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Déplacement
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38 tonnes à pleine charge
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Propulsion
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3 moteurs Packard 12 cylindres de 1 350 ch chacun — soit 4 050 ch au total
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Vitesse maximale
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40 à 41 nœuds (74-76 km/h)
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Vitesse de croisière
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23 à 25 nœuds
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Autonomie
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500 milles nautiques à 20 nœuds
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Équipage
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12 à 17 hommes selon la version
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Construction
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Double couche de placage d'acajou encollée — fixée par des centaines de rivets en cuivre et des vis en bronze
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Armement standard
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4 torpilles de 21 pouces (533 mm) — 1 canon Bofors de 40 mm — 2 mitrailleuses doubles de 12,7 mm — 1 canon Oerlikon de 20 mm — grenades sous-marines
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Nombre construit
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399 unités — le chiffre le plus élevé des deux constructeurs
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Théâtre principal
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Pacifique — utilisées presque exclusivement dans ce théâtre
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La production industrielle
A son apogée, l'usine Elco de Bayonne employait plus de 3 000 hommes et femmes travaillant en trois équipes six jours par semaine. Elle produisait en moyenne un PT boat toutes les 60 heures soit presque deux par semaine. C'était une performance industrielle remarquable pour des embarcations nécessitant une construction soigneuse en bois lamellé.
La coque Elco était construite selon un procédé soigneusement mis au point. Deux couches de planches d'acajou, orientées perpendiculairement l'une par rapport à l'autre, étaient collées et fixées par des centaines de rivets en cuivre et des vis en bronze. Le résultat était une coque légère, solide et facilement réparable avec des moyens de fortune sur les lignes de front avancées du Pacifique une qualité essentielle dans des opérations où les bases de maintenance étaient souvent à des centaines de milles des zones de combat.
La silhouette de l'Elco 80 pieds était reconnaissable entre toutes. Sa proue haute et effilée, sa superstructure relativement importante avec une timonerie bien dégagée, ses deux tourelles de mitrailleuses doubles bien visibles de part et d'autre du cockpit central tout contribuait à lui donner une prestance que les Higgins n'avaient pas tout à fait.
Cette superstructure plus développée avait un coût car elle rendait les Elco légèrement plus visibles et plus vulnérables en surface par temps calme. Mais elle offrait aussi plus de confort relatif à l'équipage lors des longues patrouilles nocturnes dans le Pacifique.
Les Vedettes Higgins
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Si Elco était une entreprise de tradition industrielle et navale, Higgins Industries représentait quelque chose d'entièrement différent avec l'énergie débordante d'un entrepreneur autodidacte du Sud américain, convaincu que ses bateaux pouvaient être les meilleurs du monde et prêt à se battre contre l'establishment militaire pour le prouver.
Andrew Jackson Higgins avait fondé sa firme à La Nouvelle-Orléans en 1930. Sa spécialité initiale était les embarcations à très faible tirant d'eau adaptées aux conditions particulières des bayous louisianais ces marécages côtiers où les fonds sont changeants et les obstacles nombreux. Cette expertise dans les coques capables de naviguer en eaux peu profondes allait s'avérer d'une valeur inestimable pour la conception des barges de débarquement qui portèrent les soldats alliés sur les plages de Normandie et du Pacifique.
Le général Eisenhower lui-même déclara après la guerre qu'Andrew Jackson Higgins était « l'homme qui a gagné la guerre » en référence à ses barges de débarquement LCVP (Landing Craft, Vehicle, Personnel) qui permirent les grands débarquements amphibies de la Seconde Guerre mondiale. Ses vedettes lance-torpilles, moins célèbres, méritent une attention égale.
Higgins Industries fabriqua au total 20 094 embarcations de toutes sortes pendant la guerre dont la grande majorité étaient des barges de débarquement. Seulement 199 de ces embarcations étaient des vedettes lance-torpilles PT boats.
Caractéristiques techniques de la Higgins 78 pieds
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CARACTÉRISTIQUE
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VALEUR
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Constructeur
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Higgins Industries — La Nouvelle-Orléans, Louisiane
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Longueur
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78 pieds — 23,80 mètres — soit 2 pieds de moins que l'Elco
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Largeur (maître-bau)
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20 pieds — 6,10 mètres — identique à l'Elco
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Déplacement
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35 à 56 tonnes selon version et chargement
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Propulsion
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3 moteurs Packard 12 cylindres de 1 350 ch — même motorisation que l'Elco
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Vitesse maximale
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40 à 41 nœuds — identique à l'Elco
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Autonomie
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Comparable à l'Elco
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Équipage
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12 à 17 hommes
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Construction
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Double couche de placage d'acajou — même technique que l'Elco mais aménagement intérieur différent
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Armement standard
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4 torpilles Mk 8 ou Mk 13 — 1 canon Bofors de 40 mm (à la poupe) — 1 canon Oerlikon de 20 mm (à la proue) — 2 mitrailleuses doubles de 12,7 mm — grenades sous-marines
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Différence de disposition
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Forepeak (partie avant) plus grand — offrant un espace de rangement supérieur à l'Elco
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Nombre construit
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199 unités
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Théâtre principal
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Méditerranée — aussi utilisées dans les Aléoutiennes et en Extrême-Orient
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La grande différence visuelle entre une Elco et une Higgins se voyait immédiatement au premier coup d'œil la Higgins avait beaucoup moins de superstructure que son concurrent de Bayonne. Sa timonerie était plus basse, plus compacte, et l'ensemble de la vedette donnait une impression de sobriété que les équipages appréciaient pour ses qualités de discrétion en opération.
Cette silhouette plus basse avait des avantages tactiques réels — une vedette moins visible était une vedette qui survivait plus longtemps lors des approches nocturnes de côtes ennemies. En Méditerranée, où les opérations se déroulaient souvent à portée des canons côtiers allemands et italiens, cette discrétion pouvait faire la différence entre la vie et la mort.
L'aménagement intérieur de la Higgins était également différent de celui de l'Elco notamment avec un forepeak (compartiment avant) plus grand, offrant un espace de rangement supplémentaire précieux pour les longues patrouilles. Cette différence d'aménagement reflétait les priorités différentes des deux constructeurs — Elco privilégiait la vitesse pure et l'armement visible, Higgins l'efficacité opérationnelle et le confort relatif de l'équipage.
Elco contre Higgins
La rivalité entre Elco et Higgins ne se limita pas aux essais militaires — elle prit parfois des dimensions presque sportives, avec les fameux « plywood derbies » (derbies de contre-plaqué) qui voyaient les vedettes des deux constructeurs s'affronter en vitesse, en maniabilité et en tenue de mer.Ces essais comparatifs ne furent pas toujours menés de manière totalement équitable. Lors des premiers tests, les Elco furent testées à un poids inférieur à celui des Higgins avantageant mécaniquement les premières. La Marine dut ensuite organiser des tests plus rigoureux à Miami Beach pour établir une comparaison objective et les résultats montrèrent que les deux vedettes avaient des performances comparables lorsqu'elles étaient évaluées dans les mêmes conditions.
Cette rivalité eut une conséquence heureuse carelle poussa les deux constructeurs à améliorer constamment leurs designs, conduisant à des vedettes de plus en plus efficaces au fil de la guerre.
Tableau comparatif — Elco 80 pieds contre Higgins 78 pieds
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Critère
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ELCO 80 pieds
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HIGGINS 78 pieds
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Longueur
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80 pieds (24,40 m)
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78 pieds (23,80 m)
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Déplacement
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38 tonnes
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35-56 tonnes
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Moteurs
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3 x Packard 1 350 ch
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3 x Packard 1 350 ch
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Vitesse max.
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40-41 nœuds
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40-41 nœuds
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Superstructure
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Plus haute et développée
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Plus basse et sobre
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Forepeak (avant)
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Standard
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Plus grand — rangements supérieurs
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Tenue de mer
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Bonne — proue haute
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Comparable — différente en gros temps
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Production
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399 unités
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199 unités
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Théâtre favori
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Pacifique (quasi exclusif)
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Méditerranée (principale)
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Vedette célébre
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PT-109 — JF Kennedy
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PT-309 — « Oh Frankie »
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Survivantes
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Quelques exemplaires en musée
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PT-305 (New Orleans) et PT-309 (Fredericksburg)
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Malgré leurs différences, les vedettes Elco et Higgins partageaient de nombreuses caractéristiques fondamentales qui les rendaient interchangeables du point de vue opérationnel :
La même motorisation — trois Packard 12 cylindres de 1 350 ch chacun — avec le même carburant à haut indice d'octane
La même vitesse maximale — environ 40-41 nœuds — qui était leur atout principal
La même technique de construction en double couche de placage d'acajou
Le même armement de base — torpilles, mitrailleuses de 12,7 mm, canons de 20 et 40 mm
Les mêmes pièces de rechange — les Packard et de nombreux équipements étaient standardisés entre les deux types
Les mêmes tactiques d'emploi — approche nocturne, tir de torpilles, retraite rapide
Les Opérations
Pearl Harbor et les Philippines
Les PT boats étaient présents dès le premier jour de la guerre américaine. Le 7 décembre 1941, des vedettes lance-torpilles se trouvaient à la fois à Pearl Harbor et à Manille lorsque les avions impériaux japonais attaquèrent. Armées seulement de leurs mitrailleuses de 12,7 mm, leurs artilleurs abattirent deux avions torpilleurs japonais rasant les flots. Six vedettes arrimées sur le pont d'un pétrolier à destination des Philippines tirèrent 4 000 coups sur les assaillants.
Mais c'est aux Philippines que les PT boats allaient connaître leur baptême du feu le plus dramatique. La Motor Torpedo Boat Squadron 3, sous les ordres du lieutenant John D. Bulkeley, ne disposait que de six vedettes — toutes des Elco — pour faire face à l'invasion japonaise des Philippines à partir du 8 décembre 1941.
Bulkeley et ses hommes firent preuve d'un courage remarquable dans des conditions impossibles — moteurs défaillants, manque de pièces de rechange, carburant sabotéau la cire, torpilles obsolètes, absence de relève. Ils menèrent des patrouilles nocturnes harassantes, attaquant les barges de ravitaillement japonaises et harcelant les côtes ennemies. Fin décembre 1941, Bulkeley s'infiltra dans la baie de Manille déjà occupée par les Japonais et coula plusieurs embarcations ennemies mouillées là
L'évacuation de MacArthur mars 1942
L'épisode le plus célèbre de toute l'histoire des PT boats fut sans conteste l'évacuation du général Douglas MacArthur de Corregidor en mars 1942 une opération menée avec des Elco.
En mars 1942, le général MacArthur commandant des forces alliées aux Philippines reçut l'ordre de quitter Corregidor pour l'Australie afin de prendre le commandement du théâtre du Pacifique sud-ouest. Il choisit Bulkeley et ses PT boats pour l'évacuer — préférant le risque d'une traversée en surface à bord de vedettes de bois plutôt que la sécurité relative d'un sous-marin dans lequel il refusait d'être « confiné sous les vagues ».
Le 11 mars 1942 à la nuit tombée, quatre PT boats — dont le PT-41 commandé par Bulkeley — quittèrent Corregidor avec MacArthur, sa femme Jean, son jeune fils Arthur, son aide de camp, son infirmière et ses principaux collaborateurs — soit 22 personnes en tout. Le voyage de plus de 800 kilomètres à travers les eaux contrôlées par la marine impériale japonaise fut accompli en trois jours malgré les tempêtes, les pannes de moteur et les rencontres avec des destroyers ennemis. MacArthur arriva à Mindanao le 13 mars, d'où il put poursuivre par avion vers l'Australie.MacArthur avait promis : « Je reviendrai ». Et en effet — le 2 mars 1945, il revint aux Philippines en débarquant depuis... un PT boat. Le cercle était bouclé.
Le Pacifique — la guerre des îles
Dans le Pacifique, les PT boats presque toutes des Elco — jouèrent un rôle crucial dans la guerre des îles qui s'étendit des Philippines aux Salomons, de la Nouvelle-Guinée aux Aléoutiennes.
Leur mission principale évolua rapidement. Théoriquement conçues pour attaquer les grands navires de guerre à la torpille, les vedettes lance-torpilles se révélèrent moins efficaces que prévu dans ce rôle — leurs torpilles des années 1920 n'atteignaient que 28 nœuds, bien en deçà de la vitesse des destroyers japonais qu'elles devaient intercepter. En revanche, elles excellèrent dans l'interdiction des lignes d'approvisionnement côtières — chassant et coulant les barges japonaises qui ravitaillaient les garnisons insulaires de nuit, le long des côtes de Nouvelle-Guinée, des Salomons et des Philippines.
Les conditions d'opération dans le Pacifique étaient particulièrement éprouvantes. Les équipages vivaient dans des conditions primitives sur des bases avancées — tentes, chaleur écrasante, moustiques porteurs de malaria, ravitaillement incertain. Leurs vedettes, malmenées par la navigation intensive dans des eaux semées de récifs et de corail, nécessitaient un entretien constant. Les moteurs Packard — puissants mais gourmands — dévoraient du carburant à haut indice d'octane dont l'approvisionnement était toujours aléatoire.
La Méditerranée
Pendant que les Elco combattaient dans le Pacifique, les vedettes Higgins étaient préférentiellement affectées au théâtre méditerranéen et particulièrement aux opérations le long des côtes italiennes et françaises.
Les conditions d'opération en Méditerranée étaient très différentes de celles du Pacifique. Les distances étaient moindres, mais les côtes ennemies étaient bien défendues — batteries côtières allemandes et italiennes, patrouilles de MAS (l'équivalent italien des PT boats) et de E-boats allemands. Les eaux étaient parsemées de mines. Et les opérations se déroulaient souvent en coordination avec les Forces côtières britanniques qui avaient leur propre tradition de guerre des vedettes.
Les escadrons de Higgins basés à Bastia en Corse — comme le PTRon 22 du PT-309 — menèrent leurs opérations le long de la côte ligure et de la Riviera française, interdisant les routes de ravitaillement allemandes et attaquant les convois côtiers. Ces opérations étaient particulièrement dangereuses car les Allemands avaient mis en place un système de défense côtière dense avec des batteries de canons, des mines et des patrouilles régulières.
Parmi les épisodes les plus remarquables de la guerre des PT boats en Méditerranée, on notera la capture de l'état-major naval italien au large de la Sicile en 1943 — accomplie par deux vedettes qui intercept une embarcation transportant des amiraux italiens tentant de fuir après l'armistice. Et la participation d'un PT boat au Débarquement de Normandie du 6 juin 1944 — où une vedette engagea en duel une batterie d'artillerie côtière nazie.
Les Hommes Célèbres des PT Boats
Le lieutenant John D. Bulkeley fut sans conteste le plus célèbre commandant de PT boats de la guerre celui qui porta le mythe de ces petites vedettes de bois aux oreilles du grand public américain.Commandant de la Motor Torpedo Boat Squadron 3 aux Philippines, Bulkeley mena ses hommes dans des conditions impossibles pendant les premiers mois de la guerre dans le Pacifique. Son audace, son mépris du danger et ses succès dans des conditions désespérées lui valurent la Medal of Honor la plus haute décoration militaire américaine en 1942.
C'est Bulkeley qui commanda le PT-41 lors de l'évacuation de MacArthur — l'opération la plus célèbre de toute l'histoire des PT boats. Après les Philippines, il rentra aux États-Unis où il fut utilisé comme outil de propagande et de recrutement — parcourant le pays pour vendre des bons de guerre et recruter des candidats pour les vedettes lance-torpilles. C'est d'ailleurs lui qui admit le jeune John Kennedy dans le programme de formation des PT boats après l'avoir interrogé personnellement.Selon ses propres aveux, Bulkeley avait tendance à exagérer les performances des PT boats dans ses discours de recrutement — une habitude qui créa parfois une confiance excessive parmi les jeunes commandants qui osaient attaquer des cibles trop bien défendues. Cette culture de l'audace était à double tranchant.
John Fitzgerald Kennedy PT-109
Aucun épisode de l'histoire des PT boats n'a marqué aussi profondément la mémoire collective américaine que la nuit du 1er au 2 août 1943 dans le détroit de Blackett, aux îles Salomon la nuit où le PT-109 fut coulé.
Le lieutenant junior grade John F. Kennedy — futur 35e président des États-Unis — commandait le PT-109, un Elco de 80 pieds, depuis avril 1943. Dans la nuit du 1er au 2 août, quinze PT boats furent envoyés intercepter le « Tokyo Express » — les destroyers japonais qui ravitaillaient les garnisons des îles Salomon de nuit. Le groupe de Kennedy, composé de quatre vedettes, patrouillait dans le détroit de Blackett.
À 02h27, le destroyer japonais Amagiri surgit de l'obscurité à toute vitesse et percuta le PT-109 le coupant en deux. La moitié arrière coula immédiatement. La moitié avant, encore à flot grâce à ses compartiments étanches, demeura en surface pendant environ 12 heures avant de couler à son tour.
Deux hommes de l'équipage moururent dans la collision. Kennedy lui-même blessé au dos sauva plusieurs de ses hommes en les remorquant à la nage jusqu'à une île voisine, tenant dans sa bouche la courroie du gilet de sauvetage d'un homme gravement brûlé. Les onze survivants atteignirent une île tenue par les Japonais, puis une autre plus petite à l'écart de la route japonaise.
Après six jours de survie sur ces îles contactant des éclaireurs des Salomon qui transmirent leurs messages Kennedy et son équipage furent sauvés le 8 août 1943. Kennedy reçut la Navy and Marine Corps Medal pour sa bravoure et fut hospitalisé plusieurs mois pour ses blessures au dos des blessures qui allaient le tourmenter pour le reste de sa vie.Pendant ses campagnes électorales, Kennedy faisait régulièrement référence à son service sur le PT-109. Lorsqu'un journaliste lui demanda un jour comment il était devenu un héros de guerre, Kennedy répondit avec son humour caractéristique : « C'est involontaire ils ont coulé mon bateau. »
Les Vedettes des autres pays
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