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Tableaux Générés par IA sur mes Indications
Le side Gnome et Rhône AX2 et les dragons portés
Rôle des régiments de dragons portés et de leurs side-cars, et parallèle avec les Kradschützen de l'armée allemande
Avec son cadre en tôle emboutie, son bicylindre à plat et la roue motrice de son side-car, le Gnome et Rhône AX2 est la monture type des escadrons motocyclistes de la cavalerie française de 1940. Derrière la machine, il y a une idée : faire suivre les automitrailleuses et les chars par des combattants à pied aussi rapides qu'eux. L'armée allemande a eu la même idée au même moment ; elle l'a organisée autrement.
Une moto de motoriste d'aviation pour la cavalerie
Gnome et Rhône est d'abord un fabricant de moteurs d'avion. Venue à la moto au lendemain de la Grande Guerre, la firme se fait dans les années trente une spécialité du cadre en tôle d'acier emboutie et du bicylindre à plat. L'AX2 en est l'aboutissement militaire : elle dérive de l'attelage tout-terrain XA de 750 cm³ sorti en 1935, avec un moteur porté à 804 cm³ et simplifié, à soupapes latérales, qui privilégie la robustesse sur la puissance (18,5 ch à 4?000 tr/min).
Sa grande originalité est la roue motrice du side-car : un arbre entraîne la roue de la caisse en tout-terrain et se débraye sur route pour faciliter les virages. La machine de série est pour cette raison parfois désignée AX2-RM (« roue motrice »). Le side sort de chez Bernardet, fournisseur attitré de la marque ; sa caisse a été dessinée pour le tout-terrain et pour l'emport. Les trois roues sont interchangeables, d'où la roue de secours.
Le prototype est essayé avec succès par la commission de Vincennes ; l'armée passe commande en grande série à l'automne 1938 et les premières livraisons ont lieu avant la fin de l'année. Du 2 au 28 décembre 1938, des attelages relient Paris à Dakar, soit environ 5?300 km, sans incident majeur. Des AX2 sont aussi livrées à la Pologne, à la Tchécoslovaquie et à l'Union soviétique. Environ 2?700 exemplaires sortent avant juin 1940 ; la licence confiée à Terrot, à Dijon (1?000 machines commandées à la mobilisation), ne donne que quelques unités.
Les dragons portés, infanterie de la cavalerie
Le nom n’est pas choisi au hasard. À l’origine, aux XVIe et XVIIe siècles, les dragons sont des soldats capables de combattre à cheval comme à pied : le cheval leur sert d’abord à se déplacer vite, et ils mettent pied à terre pour faire le coup de feu. Devenus avec le temps une cavalerie à part entière, ils gardent cette double vocation dans leur tradition. Le dragon porté la retrouve : le moteur a remplacé le cheval.
En 1928, il est décidé de remplacer les groupes de chasseurs cyclistes des cinq divisions de cavalerie par des bataillons de dragons portés (BDP), mis sur pied en 1929. Leur transport repose d'abord sur des semi-chenillés Citroën-Kégresse, puis sur des side-cars : le 5e BDP reçoit dès 1930 un premier escadron complet sur side-cars, alors des René Gillet.
Avec la création des divisions légères mécaniques (DLM), les bataillons deviennent des régiments (RDP) : le 4e RDP à la 1re DLM et le 1er RDP à la 2e DLM dès 1936-1937, le 11e RDP à la 3e DLM en février 1940. Les divisions légères de cavalerie (DLC), mi-montées, mi-motorisées, ont chacune le leur : 5e RDP (1re DLC), 3e RDP (2e DLC), 2e RDP (3e DLC), 14e RDP (4e DLC) et 15e RDP (5e DLC). Le 7e RDP, de formation récente, rejoint à la mi-mai 1940 la 4e division cuirassée.
Le schéma est partout le même. Chaque bataillon aligne un escadron mixte d'automitrailleuses de reconnaissance (AMR) et de motocyclistes, des escadrons de fusiliers-voltigeurs portés et un escadron de mitrailleuses et d'engins. Les régiments des DLM comptent trois bataillons à deux escadrons de fusiliers, sur voitures tous terrains Laffly S20TL ou Lorraine 28 ; ceux des DLC, deux bataillons à un seul escadron de fusiliers, sur Citroën-Kégresse P19 ou sur simples camionnettes.
Point de doctrine essentiel : ces véhicules ne sont pas blindés. Le dragon porté se déplace vite pour occuper le terrain ; il ne combat pas depuis son véhicule, Le dragon porté met pied à terre, « fidèle en cela à la vocation première des dragons ».
. Le rôle du side-car
Dans cet ensemble, l'escadron motocycliste est l'élément le plus rapide. Le peloton compte 13 attelages : trois pour le groupe de commandement et cinq pour chacun des deux groupes de combat. Un groupe, c'est dix hommes sur cinq side-cars avec deux fusils-mitrailleurs 24/29 et un lance-grenades VB, soit une puissance de feu élevée pour un si petit effectif. Ses missions sont de quatre ordres :
Le side Gnome et Rhône ne sert pas que chez les dragons portés. Il est livré en priorité aux escadrons motocyclistes de la cavalerie, puis, dans une moindre mesure, aux éléments motocyclistes des régiments d'infanterie et des bataillons de chasseurs portés. Le cartel du musée le rattache d'ailleurs aux groupes de reconnaissance de division d'infanterie (GRDI), qui associent un escadron à cheval, un escadron motocycliste et un escadron de mitrailleuses et de canons de 25.
4. Mai-juin 1940 : l'épreuve
Le 10 mai 1940, les DLC sont lancées en Ardenne et au Luxembourg pour une mission de découverte et de retardement face aux colonnes blindées allemandes ; elles sont refoulées en deux à trois jours. En Belgique, le corps de cavalerie (2e et 3e DLM) couvre l'installation de la 1re armée dans la trouée de Gembloux et livre du 12 au 14 mai la bataille de Hannut, où les points d'appui des dragons portés, ceux du 11e RDP en tête, encadrent les chars. La 1re DLM, elle, est poussée vers Breda avec la 7e armée.
Après Dunkerque, les régiments sont reconstitués début juin sur des tableaux réduits, avec des camions GMC en complément des Laffly ; de nouveaux régiments, les 12e et 17e RDP, sont créés à la mi-juin. Ils combattent jusqu'à l'armistice.
5. Le parallèle allemand : les Kradschützen
Outre-Rhin, les « fusiliers motocyclistes » (Kradschützen) répondent au même besoin et recrutent souvent, eux aussi, dans l'ancienne cavalerie. Comme les dragons portés, ils roulent pour arriver et mettent pied à terre pour combattre ; comme eux, ils n'ont aucun blindage.
La différence est d'échelle et de place dans le dispositif. Chaque Panzer-Division dispose d'un bataillon entier de Kradschützen. Celui de la 7e Panzer-Division, d'après les tableaux d'effectifs de 1938 encore en vigueur au printemps 1940, compte environ 800 hommes : deux compagnies de fusiliers motocyclistes dotées chacune d'une section de mitrailleuses lourdes et de mortiers de 5 cm, et une compagnie lourde avec canons antichars de 3,7 cm, canons d'infanterie de 7,5 cm, mortiers de 8 cm et pionniers. Une compagnie réunit une quarantaine d'attelages. On trouve en outre des motocyclistes dans les unités de reconnaissance et, dans certaines divisions, une compagnie motocycliste au sein des bataillons de fusiliers portés.
Les machines de 1940 sont des BMW R12 (745 cm³, 18 ch) et des Zündapp KS 600, dont le side n'est pas moteur : sur ce point, l'AX2 française a de l'avance, les Belges ayant ouvert la voie avec leurs FN et Saroléa. Les gros attelages allemands à roue de side motrice, BMW R75 et Zündapp KS 750, n'arrivent en unité qu'à partir de 1941.
C'est surtout l'emploi qui diffère. Le bataillon de Kradschützen marche en tête, souvent accolé à la reconnaissance : il déborde, saisit un pont ou un carrefour par coup de main, tient jusqu'à l'arrivée des chars et des fusiliers, puis repart en poursuite. Les motocyclistes français, à l'inverse, sont répartis par escadron dans chaque bataillon et dans chaque groupe de reconnaissance ; leurs missions sont d'abord la découverte, la sûreté et le combat retardateur.
La formule a pourtant la même faiblesse des deux côtés : un homme sur une moto n'est protégé ni du feu ni des intempéries. La boue et l'hiver de Russie en ont raison. En 1942-1943, les bataillons de Kradschützen sont fondus dans la reconnaissance blindée ou remplacés par des grenadiers sur semi-chenillés.
Dernière ironie : après juin 1940, la production de l'AX2 est relancée au profit de la Wehrmacht, qui l'emploie sur ses différents théâtres et demande un side plus petit. À la Libération, la chaîne repart une dernière fois, pour la Gendarmerie nationale, jusqu'en 1946.
France et Allemagne en 1940 : le même outil, deux emplois
Ce qu'il faut retenir
Fiche technique
Le cartel du musée. Il date la machine de 1936 et lui prête 27 CV ; la littérature spécialisée donne 18,5 ch et situe la commande de série à l'automne 1938. La date de 1936 correspond plus vraisemblablement à la mise au point du modèle qu'à son entrée en service.
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