Pompéi Regio VII Insula 12 Lupanar









Pompéi Regio VII Insula 12  Lupanar
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Merci à Carlo Raso pour les Photographies 

 

 

 

 

 


 


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Les Romains n'avaient pas pour les choses du sexe la pudibonderie que nous devons à la civilisation judéochrétienne. L'art d'aimer d'Ovide n'est pas un écrit pornographique, mais une oeuvre littéraire et il était même de bon ton d'exhiber des images érotiques sur les murs de sa chambre à coucher, voire dans son atrium.
Aux amours idéales que chantent tant de peintures murales inspirées des grands mythes grecs, les habitants de Pompéi préféraient parfois des amours moins éthérées, voire, pour tout dire, les amours tarifées du bordel, à moins qu'ils ne soient assez riches pour entretenir des esclaves voué(e)s à leur seul plaisir. Si l'on en croit Horace, dans les Satires, Caton l'Ancien encourageait lui-même les jeunes gens à jeter leur gourme au bordel : "Dès qu’un violent désir lui a gonflé les veines, c’est là que doit aller un homme jeune plutôt que d’épuiser les femmes d’autrui", aurait-il lancé à un jeune Romain, rouge de honte, qui sortait d'un lupanar. L'essentiel était, pour Caton comme pour ses contemporains, qu'ils ne jettent pas leur dévolu sur les matrones (les femmes mariées), et qu'ils ne prennent pas un goût immodéré des amours vénales : "Je t'ai loué d'aller chez les filles, aurait rectifié le censeur en voyant le même jeune homme sortir le lendemain du même endroit, je ne t'ai pas dit d'habiter chez elles !... "
En dehors de ces limites, le client n'encourait aucun blâme de ses concitoyens : "Personne n'interdit ni n'empêche d'acheter ce qui est offert en vente à tout le monde, si on a de l'argent pour le faire, dira un personnage de Plaute. Personne n'interdit à quiconque d'emprunter la voie publique. Pourvu que l'on ne trace pas un passage à travers une propriété enclose, pourvu que l'on ne porte pas la main sur une femme mariée, une veuve, une vierge, des jeunes gens et des garçons libres, que l'on fasse l'amour avec qui l'on veut".
il n'en allait pas de même pour le leno, le marchand de filles, qui était déchu de ses droits civiques. Régnant sur son petit peuple d'esclaves ou d'affranchies, qu'il n'hésitait pas à transférer d'un lieu à un autre pour donner à ses clients l'illusion de la nouveauté, il n'avait aucun scrupule : il achetait ses pensionnaires aux trafiquants orientaux, profitait sans vergogne de la misère des parents contraints de vendre leur progéniture pour survivre à moins que, "compatissant", il ne recueillît des enfants (des deux sexes) voués à l'exposition pour les façonner à leur futur "métier". Quelques-unes de ses jeunes recrues avaient "la chance" d'être éduquées à ses frais dans de véritables écoles où on leur apprenait le chant, le jeu de la flûte ou de la lyre. Celles-là étaient simplement louées à de riches amateurs pour un banquet ou pour une soirée mais la plupart finissaient au lupanar, comme celui de Pompéi. Assises sur un tabouret devant la porte du bordel, à demi-nues, elles aguichaient le client et devaient souvent se contenter d'avaler "gloutonnement", comme le dit un personnage de Térence, un peu de "pain noir trempé dans du ragoût de la veille" ...
Le corridor du lupanar de Pompéi, modeste immeuble à un étage où se pressait la foule des Pompéiens peu fortunés, ouvre sur cinq chambres minuscules, à peine éclairées par un soupirail ou, pour celles qui en étaient dépourvues, par une imposte. Les cinq chambres de l'étage, desservies par un balcon, sont un peu plus vastes. Aucune trace de porte : les chambres devaient être fermées par un simple rideau, tiré lorsqu'un client était là. L'équipement intérieur est fruste : un lit de maçonnerie fort étroit, des latrines rudimentaires, c'est plus qu'il n'en faut pour satisfaire le chaland...
L'essentiel consiste dans les spécialités de ces dames, que décline crûment une série de peintures murales dans le corridor où un Priape à deux (trois ?) verges (Priape est couramment dit le "trois fois membré") accueille le visiteur. Il leur promet ainsi d'éviter la panne sexuelle redoutée et protège les prostituées. Beaucoup de leurs visiteurs ont laissé sur les murs des témoignages de leur vantardise ou de leur satisfaction : on a pu déchiffrer plus de 120 de ces graffiti obscènes.
Un semblant de luxe est assuré, si l'on en croit les peintures, par la richesse des draps et des jetés-de-lit recouvrant la couche inconfortable des prostituées. Sur la plupart des peintures, celles-ci portent leur bandeau soutien-gorge, une seule est entièrement dévêtue.
Comme il se doit, le lupanar, situé à l'intersection de deux ruelles, est annoncé par un phallus en érection fièrement dressé au-dessus de la porte principale. Mais, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, cela n'a rien de spécifique aux lieux de plaisir : le même emblème, vigoureusement ithypallique, orne de simples boulangeries et l'entrée des maisons comme il faut, entre autres la Maison des Vettii.
Car Priape et le phallus sont avant tout pour les Romains des symboles apotropaïques, conjuratoires. Leur représentation, peinte ou sculptée, protège du mauvais oeil, assure la prospérité : les triomphateurs n'hésitaient pas à en exhiber l'image glorieuse sur leur char ; située aux carrefours dangereux, comme le grand phallus du Musée de Naples, elle évite les accidents et les mauvaises rencontres ; dans les jardins, elle éloigne les voleurs et un sacrifice à Priape, comme on le voit dans un cubiculum de la Maison des Mystères, rend aux hommes frappés d'impuissance leur virilité perdue.

Les zélateurs du christianisme s'indigneront évidemment devant ce qu'ils considéreront comme des obscénités sans nom. Beaucoup des "erotica" - des images érotiques - de Pompéi ont malheureusement été détruites : certaines ont été martelées par leurs premiers découvreurs scandalisés par leur caractère pornographique, d'autres ont été déposées et transportées au Musée de Naples dans lequel elles ont longtemps été reléguées dans un "cabinet secret" réservé à un public masculin trié sur le volet. Ce n'est qu'en 2000 que la très catholique Italie a enfin jugé bon de mettre à la disposition de tous (sauf les enfants !) ces témoignages d'une mentalité qui n'a rien à voir avec la nôtre. Curieusement, alors que personne n'a jamais songé à protéger quiconque des images évoquant les monstureux spectacles de gladiateurs, d'une cruauté inouïe, il se trouve encore de belles âmes pour s'effaroucher devant les choses du sexe.

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