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Gaule Les boucliers Gaulois
Article écrit par :
Claude Balmefrezol
Mis en ligne le
21/10/2026 à 22:31:24
Histoire d’une arme à travers cinq exemplaires reconstitués, et comparaison avec le scutum romain et l’hoplon grec
Sous les tentes d’un camp de reconstitution, les boucliers alignés contre les râteliers de lances attirent tout de suite l’œil : ovales ou à bords droits, peints de loups, de cerfs, d’oiseaux, de damiers et de spirales.
Ces répliques s’appuient sur ce que l’archéologie sait aujourd’hui du bouclier des Celtes de La Tène (environ 450 à 50 av. J.-C.), l’arme défensive principale du guerrier gaulois, bien plus répandue que le casque ou la cotte de mailles.
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La Tène est le second âge du fer en Europe, l’époque des Celtes et des Gaulois, d’environ 450 av. J.-C. jusqu’à la conquête romaine au Ier siècle av. J.-C. Elle succède à la période de Hallstatt, le premier âge du fer.
D’où vient le nom. Il vient d’un site au bord du lac de Neuchâtel, en Suisse, découvert en 1857. On y a retrouvé des centaines d’armes, d’outils et d’objets en fer, déposés dans l’eau, probablement en offrande. Le site a servi à nommer toute la période.
Les quatre phases, avec des dates approximatives :
- La Tène A, vers 450-380 : tombes princières, tombes à char (notamment en Champagne), premier art celtique.
- La Tène B, vers 380-250 : les grandes migrations. Les Celtes s’installent en Italie du Nord, prennent Rome vers 390-387 (avec Brennus), attaquent Delphes en 279, et certains, les Galates, s’installent en Anatolie.
- La Tène C, vers 250-150 : grands sanctuaires (Gournay, Ribemont), premières monnaies.
- La Tène D, vers 150-50 : les oppida, villes fortifiées comme Bibracte, Alésia ou Manching. L’économie devient proto-urbaine, avec une monnaie généralisée et des échanges intenses avec Rome. La période se termine avec la guerre des Gaules (58-51 av. J.-C.).
Ce qui caractérise cette civilisation
- Un art très particulier : courbes, spirales, triskèles, motifs végétaux stylisés et visages humains, sur les torques, les fibules, les fourreaux et les casques.
- La maîtrise du fer : longue épée de fer dans son fourreau, lance, bouclier à umbo, et aussi des outils agricoles performants.
- Une société hiérarchisée : aristocratie guerrière, druides, artisans spécialisés, paysans.
- Une religion organisée : sanctuaires construits, sacrifices et dépôts d’armes en offrande.
- Une économie qui s’ouvre : tour de potier, monnaies inspirées au départ des statères d’or de Philippe II de Macédoine, et importation de vin italien en amphores.
Comment on la date. Les archéologues s’appuient surtout sur l’évolution des fibules (les épingles de vêtement), des épées et fourreaux et des umbos de boucliers, d’où l’importance de séries comme celle de Gournay-sur-Aronde.
Comment elle se termine. Elle prend fin avec la romanisation de la Gaule après César et sous la pression des peuples germaniques à l’est. La culture celtique se maintient plus longtemps dans les îles Britanniques et en Irlande.
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Les auteurs anciens avaient déjà été frappés par ces boucliers. Diodore de Sicile rapporte que les Gaulois portaient des boucliers aussi hauts qu’un homme, ornés chacun à sa manière, certains avec des figures d’animaux en relief. C’est ce goût de l’ornement personnel que les reconstitueurs cherchent à retrouver.
Un bouclier de bois, de cuir et de fer
Le bouclier gaulois est avant tout un panneau de bois de grande taille, en général un peu plus d’un mètre de haut, ovale ou rectangulaire à angles arrondis. Les exemplaires conservés dans la boue du site éponyme de La Tène, au bord du lac de Neuchâtel, en donnent une idée précise : l’un est en aulne, un autre en chêne, un troisième en hêtre. Leur épaisseur décroît du centre vers les bords, d’environ 11 mm au milieu à 3 mm sur le pourtour. Le bouclier reste ainsi solide là où il le faut et léger dans l’ensemble.
Au centre, un élément caractérise le modèle celtique : la spina, une nervure de bois verticale qui court sur toute la hauteur et se renfle en forme de grain d’orge devant la main. Derrière, une poignée horizontale unique, logée dans une échancrure du panneau, permet de tenir le bouclier à bout de bras. La surface était probablement couverte de cuir ou de tissu, et le bord parfois renforcé d’une bordure métallique.
Pour protéger la main, les forgerons ajoutent devant la poignée une pièce de fer, l’umbo, dont la forme évolue au fil des siècles et permet souvent de dater les trouvailles :
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Ve-IVe siècle av. J.-C. : la spina de bois est simplement renforcée par une bande de fer posée sur le renflement.
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Sur un bouclier gaulois, la spina (mot latin signifiant « épine » ou « colonne vertébrale ») est la nervure centrale en bois qui traverse le bouclier verticalement pour le renforcer.
Elle joue un rôle structurel et défensif majeur :
Renforcement de la structure : Les boucliers gaulois (souvent ovales ou oblongs) étaient faits de planches de bois minces. La spina servait de colonne vertébrale pour éviter que le bouclier ne se fende ou ne se brise sous les coups. Protection de la main : Au centre du bouclier, la spina s'élargissait ou s'évidait pour former une coque (l'umbo) qui protégeait la main du guerrier tenant la poignée (manipula). Déviation des coups : Sa forme bombée et verticale permettait de faire glisser les coups d'épée ou de lance vers les côtés plutôt que d'encaisser le choc de plein fouet.
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IIIe-IIe siècle : apparaît l’umbo à ailettes, une coque de fer bombée flanquée de deux ailes rectangulaires rivées sur le bois, qui lui donne une silhouette de nœud papillon.
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Le bouclier gaulois. C’est un grand bouclier ovale ou rectangulaire aux angles arrondis, de 1,10 à 1,20 m environ, en planches de bois souvent recouvertes de cuir. On le tient par une poignée horizontale placée au centre, dans une ouverture découpée dans le bois.
La spina. C’est une nervure verticale en bois qui court sur toute la hauteur du bouclier. Elle rigidifie les planches, et au centre elle s’élargit en un renflement (l’umbo de bois) qui couvre et protège la main posée sur la poignée.
L’évolution de l’umbo, de La Tène ancienne à La Tène finale :
Au début, la spina et son renflement central sont entièrement en bois. Ensuite apparaît l’umbo métallique « à ailettes », aussi appelé « en bande » : une coque de fer qui recouvre le renflement central de la spina, avec deux ailettes rivetées de part et d’autre. Ce métal ne remplace pas la spina, il la protège à l’endroit le plus exposé. On trouve aussi des umbos en deux pièces, dits bivalves. À La Tène finale (Ier siècle av. J.-C.), l’umbo devient circulaire, en forme de coupelle ou de cône. Il protège la main à lui seul, et la spina se réduit puis disparaît. C’est à ce stade que l’umbo remplace vraiment la spina.
Les autres pièces métalliques. Les bords sont souvent renforcés par un orle, une bordure en fer ou en bronze qui empêche le bois de se fendre sous les coups.
En résumé : l’umbo protège la main et sert aussi à frapper l’adversaire. Il passe d’un simple renfort de la spina en bois à une pièce autonome qui la rend inutile. L’umbo rond des boucliers romains et germaniques plus tardifs vient de cette dernière forme.
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Une grande partie de ce savoir vient des sanctuaires gaulois, comme celui de Gournay-sur-Aronde, dans l’Oise, fouillé par Jean-Louis Brunaux à partir des années 1970.
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Gournay-sur-Aronde est le sanctuaire gaulois le plus célèbre de France, et il a servi de référence pour comprendre la religion des Gaulois.
Où et qui. Le site se trouve dans l’Oise, près de Compiègne, sur le territoire des Bellovaques, l’un des peuples belges du nord de la Gaule. Il a été fouillé à partir de 1977 par Jean-Louis Brunaux, avec André Rapin pour l’étude des armes.
Chronologie. Le sanctuaire fonctionne du IVe siècle av. J.-C. jusqu’à la fin de l’époque gauloise. Un fanum gallo-romain, un petit temple carré, lui succède ensuite au même endroit.
Organisation
- Un enclos carré d’environ 40 m de côté, délimité par un fossé et une palissade, avec une entrée monumentale en forme de porche.
- Au centre, une fosse sacrificielle surmontée d’un bâtiment de bois.
Les sacrifices
- On sacrifiait de vieux bœufs et on laissait leurs carcasses se décomposer dans la fosse centrale, une offrande destinée aux divinités souterraines. Les os étaient ensuite récupérés et rejetés dans le fossé.
- Les porcs et les agneaux, eux, étaient consommés lors de banquets rituels.
Les armes
- Les fouilles ont livré environ 2 000 objets en fer : épées, fourreaux, fers de lance, et beaucoup d’umbos et d’orles de boucliers.
- Ce sont des trophées pris à l’ennemi ou des offrandes. Ils étaient d’abord exposés, sans doute sur la palissade ou le porche. Quand ils tombaient en ruine, on les rendait inutilisables, pliés ou cassés, et on les déposait dans le fossé.
Son importance
- Ce site a fait comprendre que les Gaulois avaient de véritables lieux de culte construits, et non pas seulement des clairières ou des bois sacrés comme l’avançaient les textes antiques.
- C’est une collection de référence pour l’armement laténien. La série d’umbos de Gournay est justement l’une de celles qui permettent de suivre leur évolution : umbos à ailettes, puis umbos circulaires.
- On le compare souvent à Ribemont-sur-Ancre, dans la Somme, un autre grand sanctuaire guerrier du nord de la Gaule.
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Les guerriers y déposaient des armes, souvent volontairement brisées ou tordues, en offrande ou en trophée. Les umbos et les pièces métalliques de boucliers y ont été retrouvés en grand nombre, et l’étude des rivets montre que la planche faisait le plus souvent environ 1 cm d’épaisseur au centre.
Les boucliers photographiés sont des répliques modernes réalisées par des troupes de reconstitution. Leurs décors sont des interprétations : aucun bouclier gaulois n’a conservé sa peinture. Ils illustrent cependant fidèlement les grandes étapes techniques décrites plus haut.
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EXEMPLAIRE 1
Spina sculptée d’un visage, sur fond vert à losanges.
Le bouclier aux bois de cerf
C’est le type le plus ancien : une spina de bois sans renfort de métal visible, dont le renflement central a été sculpté en visage humain. Le motif fait écho aux têtes stylisées de l’art celtique, comme on en voit sur les fibules ou les fourreaux d’épée.
Le fond vert porte deux ramures de cerf en blanc et une frise de losanges. Le cerf est un animal majeur de l’imaginaire gaulois, associé au dieu cornu Cernunnos. Le bord, peint en bordeaux, imite une bordure de cuir.
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EXEMPLAIRE 2
Le bouclier aux cerfs et au damier
On voit ici de près la spina de bois : taillée dans une seule pièce, elle s’élargit au centre pour couvrir la main, et elle est fixée par des ligatures. Ses gravures, cercles et roue à rayons, reprennent des symboles fréquents chez les Celtes.
Les deux cerfs affrontés, aux pattes terminées en volutes, rappellent l’art des steppes et les représentations animalières de l’âge du Fer. Le damier rouge et blanc et les têtes de clous visibles montrent comment la planche était consolidée.
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EXEMPLAIRE 3
Umbo à ailettes en fer sur spina de bois ; à droite, un second bouclier à rinceaux jaunes.
Le bouclier aux oiseaux rouges
Ce bouclier illustre la phase suivante : la spina de bois est désormais couverte au centre par un umbo à ailettes en fer, avec ses deux plaques rivées de part et d’autre. C’est le modèle typique des IIIe et IIe siècles, bien attesté à Gournay-sur-Aronde.
Le décor rouge sur fond blanc associe un croissant, deux oiseaux à long cou et des volutes en S, dans l’esprit du style plastique de La Tène. Le bouclier voisin, brun à rinceaux jaunes, porte le même type d’umbo, recouvert de fourrure.
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EXEMPLAIRE 4
Bouclier ovale à bords droits, umbo circulaire, loups et frises en damier.
Le bouclier aux loups
Avec son umbo circulaire en coupole, sans spina, ce bouclier représente la dernière période gauloise, au Ier siècle av. J.-C., à l’époque de la guerre des Gaules. Sa forme, ovale aux bords droits, se rapproche de celle des boucliers des légionnaires de César.
Le décor est très soigné : deux loups blancs bondissants, la gueule ouverte, deux frises de damier bleu et jaune, des cercles concentriques et deux motifs en forme de feuille autour de l’umbo. La bordure à rayures noires et blanches évoque une couture de cuir.
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EXEMPLAIRE 5
Fond brun, animal fantastique jaune, soleil rayonnant et trois anneaux ; umbo circulaire riveté.
Le bouclier au sanglier et au soleil
Ce bouclier ovale allongé porte lui aussi un umbo circulaire en fer, maintenu par une couronne de rivets. Le décor jaune sur fond brun est plus rustique, peint à grands aplats.
L’animal, à la gueule ouverte et à la crinière dressée, peut se lire comme un sanglier ou un monstre, symbole guerrier par excellence chez les Gaulois, que l’on retrouve sur les enseignes militaires. Le soleil rayonnant et les trois anneaux reprennent des signes fréquents sur les monnaies gauloises.
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EN COMPLÉMENT
Bouclier ovale bleu et blanc, décor symétrique jaune.
Un bouclier à l’influence romaine
Ce sixième bouclier, que vous avez aussi photographié, se distingue des autres. Son décor parfaitement symétrique de volutes jaunes, rayonnant autour d’un umbo circulaire cerclé d’une torsade, est d’inspiration romaine. Ce type de motif évoque les boucliers des troupes auxiliaires, où servaient de nombreux Gaulois après la conquête. Il montre comment, dès la fin du Ier siècle av. J.-C., les traditions gauloise et romaine se mêlent.
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Face au scutum romain et à l’hoplon grec
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Bouclier gaulois
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Scutum romain
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Hoplon grec
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Période
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La Tène, env. 450-50 av. J.-C.
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Du IVe s. av. J.-C. à la fin du IIIe s. ap. J.-C.
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Fin VIIIe s. à IVe s. av. J.-C.
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Forme
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Ovale ou rectangulaire arrondi, plat ou à peine bombé
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Ovale et bombé (République), puis rectangulaire et semi-cylindrique (Empire)
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Rond et très creux, en forme de coupe
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Dimensions
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Un peu plus d’un mètre de haut
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Env. 120 × 76 cm selon Polybe ; 105 cm à Doura-Europos
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Env. 90 cm à 1 m de diamètre
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Poids
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Léger : planche de 1 cm au centre, 3 mm au bord
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Env. 6 à 10 kg selon les estimations
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Env. 7 à 8 kg
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Construction
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Planches de bois (aulne, chêne, hêtre), spina de bois, couverture de cuir ou de tissu
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Bois contrecollé, toile et cuir de veau, bordure et umbo de fer
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Bois de peuplier ou de saule, souvent plaqué de bronze
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Prise
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Une poignée horizontale au centre
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Une poignée horizontale au centre
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Double prise : brassard (porpax) et poignée au bord (antilabe)
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Protection de la main
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Spina, puis umbo à ailettes, puis umbo rond
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Umbo de fer ou de bronze
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Aucun umbo : le bras est dans le bouclier
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Combat
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Combat mobile et individuel ; le bouclier se manie et frappe
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Ligne serrée, coups d’umbo, tortue (testudo)
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Phalange : chaque bouclier couvre aussi le voisin de gauche
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Décor
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Personnel : animaux, symboles, motifs géométriques
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Insignes d’unité normalisés
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Emblème de cité ou personnel (Λ de Sparte, chouette d’Athènes)
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Gaulois et Romains : deux cousins
Le scutum et le bouclier gaulois se ressemblent beaucoup : tous deux sont longs, tenus par une poignée unique derrière un umbo, et couvrent le corps du menton aux genoux. Le scutum est une arme italique très ancienne, déjà représentée dans la culture d’Este au VIIIe siècle av. J.-C., puis adoptée par les Celtes comme par les Romains. Les deux traditions se sont influencées mutuellement au fil des siècles de guerres et de contacts.
La différence tient surtout à l’usage. Polybe décrit au IIe siècle av. J.-C. un scutum fait de deux planches collées, couvertes de toile puis de cuir de veau, avec une bordure et un umbo de fer : un bouclier bombé, épais et lourd, conçu pour encaisser et pousser dans une ligne serrée. Le bouclier gaulois, plus plat et léger, convient à un guerrier qui se déplace, pare et frappe avec le bord ou l’umbo. Sous l’Empire, le scutum devient rectangulaire et semi-cylindrique, comme celui retrouvé à Doura-Europos en Syrie, puis disparaît à la fin du IIIe siècle au profit de boucliers ovales ou ronds, assez proches… du vieux modèle celtique.
L’hoplon : une autre philosophie
L’hoplon, ou aspis, est l’arme du fantassin grec de la phalange. Rond, profond comme une coupe et souvent plaqué de bronze, il se porte grâce à un brassard central, le porpax, et une poignée près du bord, l’antilabe. Le poids repose ainsi sur tout l’avant-bras, et le rebord peut s’appuyer sur l’épaule. En contrepartie, il est peu maniable : il est fait pour tenir une ligne, chaque bouclier couvrant aussi le flanc gauche du voisin.
Le bouclier gaulois est son exact opposé : tenu au poing, il se déplace librement devant le corps, protège de la tête aux genoux et sert aussi d’arme. On retrouve d’ailleurs, entre l’hoplon et le bouclier gaulois, un point commun : le décor comme marque d’identité, que ce soit la lettre lambda des Spartiates ou les animaux des guerriers celtes.
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En bref
Matériau : planches de bois amincies vers le bord, couvertes de cuir ou de tissu.
Signe distinctif : la spina, nervure verticale en bois, protégée successivement par une bande de fer, un umbo à ailettes, puis un umbo rond.
Vos cinq exemplaires : deux à spina de bois (cerfs), un à umbo à ailettes (oiseaux), deux à umbo rond (loups, sanglier), plus un bouclier d’influence romaine.
Avec le scutum : même principe de poignée centrale, mais le scutum est plus bombé, plus lourd et fait pour le combat en ligne.
Avec l’hoplon : principe opposé, un bouclier rond porté sur l’avant-bras pour la phalange.
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